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2008

Mois de juin

Les Echos du 26 Juin

 

PROJET DE LOI SUR L’ABOLITION DE LA PEINE DE MORT

Cache-cache entre Koulouba et place de la République ?

Déposé depuis plusieurs mois sur la table de l’Assemblée nationale, le projet de loi sur l’abolition de la peine de mort tarde à être examiné par les députés. S’agirait-il d’un jeu de cache-cache entre Koulouba et les élus de la nation ou des prémices d’un rejet pur et simple du projet de loi ? Tout porte à le croire.

Le projet de loi sur l’abolition de la peine de mort est un sujet sensible. A Koulouba tout comme à l’Assemblée nationale, on est conscient de cela. Les pouvoirs publics veulent faire plaisir à l’Occident abolitionniste de la peine capitale. Selon certaines indiscrétions, il y en parmi eux qui conditionnent l’aide publique au développement à notre pays à l’abolition de la peine de mort dans son droit pénal.

Face aux pressions sociales venant surtout des religieux, le gouvernement, initiateur du projet de loi, est sur des braises ardentes. Il n’a pas le courage de le retirer et veut se cacher derrière l’Assemblée nationale. Les députés, eux non plus ne semblent décidés à l’examiner a fortiori l’adopter. Ainsi pourrait-on expliquer la lenteur qui entoure ce projet de loi.

De sources proches du bureau de l’Assemblée nationale, le projet de loi sera probablement renvoyé à la session d’octobre, consacrée à l’adoption du budget. A moins qu’une session extraordinaire soit convoquée à la demande du président de la République ou du Premier ministre pour son examen spécial. Ce qui serait bizarre comme une neige qui tombe en plein été. Selon nos sources, le projet de loi sera renvoyé à une session ultérieure « pour complément d’informations ». Notre source ajoute : « Les députés ne sont pas encore convaincus des arguments avancés pour le vote du projet de loi ».

Prudence

La prudence des députés n’est pas fortuite. Le législateur a aussi peur de la responsabilité d’une abolition que l’exécutif ne veut pas prendre. Mais quels arguments peut avancer le gouvernement pour convaincre les députés ? Selon des observateurs, tout porte à croire que le président ATT veut faire du législateur un bouc émissaire.

Le premier magistrat du pays ne manquera pas d’arguments pour justifier de la bonne foi de l’Etat à partir du moment où le projet de loi est sur la table de l’Assemblée nationale. L’opinion publique nationale et internationale ne verront que la main des députés en cas d’adoption du même projet de loi.

Le chapeau sera porté par l’hémicycle quelle que soit l’issue. Il se dit dans les coulisses qu’une campagne internationale est en cours. Le Barreau malien qui partage la cause des abolitionnistes, est en train de préparer un manifeste demandant l’abolition de la peine de mort au Mali. Une rencontre internationale est aussi prévue en novembre 2008 sur la question dans notre capitale.

La réalité est que de nos jours, nul, à commencer par les députés, ne voit en quoi l’abolition de la peine de mort peut constituer une priorité pour notre pays au moment où celui-ci est assailli de toutes parts par d’innombrables problèmes socio-économiques. D’ailleurs, l’UNPR, un parti politique l’avait fait savoir aux autorités en manifestant dans la rue pour dire leur opposition à la démarche du gouvernement.

Reste que ces différentes manifestations n’ont pas encore eu d’oreille attentive pour que ce projet de loi qui, en définitive en rajoute nos peines et nous éloigne des vraies préoccupations, soit purement retiré de l’Assemblée nationale.

Denis Koné

Abdrahamane Dicko

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CONVENTION SUR LES MAD A SIKASSO

La douane et les transitaires divisés

Les transitaires et les opérateurs économiques de Sikasso désapprouvent la convention signée en 2005 entre la direction générale des douanes et la Société malienne de transit et de magasinage (Somatram) portant sur la gestion des magasins et le dédouanement des marchandises (Mad).

La signature en 2005 d’une convention de gestion des magasins et le dédouanement des marchandises entre la direction générale des douanes et la Somatram a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase le 24 juin 2008 à Sikasso. Chagrinés par la signature de la convention, qui prévoit de faire payer aux transporteurs des frais de stationnement et de magasinage par tonne par heure et par jour, le Syndicat de la coordination régionale des transitaires de Sikasso a haussé le ton mardi dernier en ordonnant toute cessation d’activités au niveau du transit.

Joint au téléphone, le président du Syndicat des transitaires de Sikasso, Boubacar Bagayogo, a expliqué l’arrêt de travail des transitaires de la Cité Verte par le fait qu’ils n’ont été associés ni en amont ni aval à la signature du protocole d’accord portant sur la gestion des Mad. « Nous ne nous reconnaissons pas dans la convention. Elle n’engage que leurs auteurs, c'est-à-dire la direction générale des douanes et la Somatram. Nous protestons contre un tel engagement qui a été signé à notre insu », a fustigé le président de la Coordination régionale du syndicat des transitaires de Sikasso.

Pour M. Bayagogo, « cette convention n’est qu’une pure manigance de l’ancien DG des douanes, Cheick Kéita pour chercher noise aux opérateurs en leur fixant des prix de stationnement et de magasinage par tonne, par jour et par heure. Voyez-vous que c’est trop demandé ». Et de poursuivre que « ce qui est inadmissible c’est le fait que la convention ait été signée en catimini. C’est dire que quelque chose ne cloche pas. Sinon pourquoi ne pas associer les transitaires au moment de sa conclusion. Par ces motifs, nous la désapprouvons et nous ne sentons pas liés par une telle convention ».

L’arrêt de travail observé mardi par les transitaires, aux dires du président du Syndicat de la coordination régionale de Sikasso, n’est « qu’un avertissement qui risque de dégénérer si rien n’est fait par les autorités compétentes ». Pour éviter tout embrasement de la situation, le Syndicat des transitaires de la Capitale du Kénédougou demande qu’elle soit partie prenante de la convention qui, dit-on, « a été paraphée sans tenir compte de leurs observations et suggestions ».

A en croire notre interlocuteur, tout était bloqué avant-hier au niveau de la direction régionale de la douane de Sikasso suite au débrayage des transitaires. Le même jour, des opérateurs économiques de Bamako, à travers la CCIM, étaient en pourparlers avec le département des Finances dans le but de trouver un terrain d’entente entre les protagonistes. Parviendront-ils à éteindre le feu qui couve ?

Mohamed Daou

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CONCOURS D’ENTREE A LA FONCTION PUBLIQUE

La foire aux affaires recommence

Le dépôt des dossiers de candidature pour les 837 postes à pouvoir dans divers domaines pour le compte de la fonction publique de l’Etat vient de commencer. C’est une atmosphère de business qui règne à la direction nationale de la fonction publique. Des « parqueurs » aux vendeurs de timbres, avant que les loups ne réagissent en proclamant victoire.

L’on continue de soutenir tambour battant que des structures comme l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) et l’Agence pour la promotion des jeunes (Apej), tout comme la récente « Marche de l’emploi agricole » sont, entre autres, des initiatives des pouvoirs publics visant à réduire le chômage, ou à favoriser l’insertion des jeunes dans le monde professionnel. Le président de la République, dans son adresse de nouvel an, ne s’était pas empêché de dire qu’il créerait 8000 emplois en 2008.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quelle est la finalité de tout cela ? Nulle part. Le constat est tout simplement amer. Il suffit de faire un petit tour ces jours-ci à la direction nationale de la fonction publique et du personnel pour s’en rendre compte. C’est tout un capharnaüm avec une cour qui refuse du monde et un parterre de jeunes diplômés, désespérés par leur niveau de vie actuel et cherchant à déposer leur dossier de candidatures pour l’un des 837 postes à pourvoir dans divers secteurs de l’administration publique.

C’est tout un business qui entoure ce dépôt de dossier en attendant le grand saut dans l’inconnu, le saut de tous les caprices, de la désillusion. D’abord, devant la direction nationale de la fonction publique, les « parqueurs », jadis isolés, se frottent maintenant les mains et se permettent même de négliger des motocyclistes qui débordent sur le goudron. A côté d’eux, ce sont des vendeurs de timbres qui harcèlent les futurs candidats.

Des timbres dont la qualité n’est pas du reste garantie, car des postulants se plaignaient qu’on leur avait vendu des timbres périmés. Après avoir franchi ces « épreuves », timbres et parking, place au dépôt proprement dit. Il faut certainement de grands moyens humains et matériels pour faire face à la pléiade de candidats.

Pour les postulants, ce n’est pas du tout de la mer à boire étant donné qu’il faut endurer pour voir son tour arriver. Raison de plus pour se convaincre que nous sommes loin du scénario « paradis » proclamé à haute et intelligible voix par les autorités.

Dans l’attente du « précieux » concours, qui a habitué les citoyens à des contestations, des scénarios contradictoires, au népotisme et à l’application de l’adage « deux poids deux mesures », des supputations taraudent les esprits des postulants. Certains de ceux-ci songeraient même à bénéficier de la « protection d’un bras long », pour se faire une place à l’ombre.

Pauvre Mali !

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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ORDURES ET EAUX DE PLUIES

L’Etat abandonne les citoyens

L’assainissement est-elle une préoccupation des autorités ? Pendant que les citoyens souffrent des eaux de ruissellement et des ordures emportées par les pluies, laissant pendre une épée de Damoclès sur leur santé, l’Etat, contrairement à il y a quelques années, reste muet alors que les municipalités soutiennent n’avoir pas assez de moyens.

A peine l’hivernage installé, le calvaire des citoyens commence. Il ne fait pas du tout bon vivre dans plusieurs, sinon la majorité des quartiers du district de Bamako. Avec souvent des substances toxiques, les tas d’ordures de toutes sortes et les eaux usées se rencontrent partout : sur les goudrons, dans les rues, voire dans certaines familles. Ce qui met à nu l’échec des politiques hâtives et mal réfléchies de construction des caniveaux et autres collecteurs d’eaux. De même que le suivi-évaluation de ces décisions.

Il est vrai que certaines populations ont toujours opté pour la solution de facilité, en déversant leurs ordures dans les rues et les caniveaux. Mais il est tout aussi évident que ces actes sont surtout les conséquences de l’incurie des autorités compétentes. « Nous GIE n’en pouvons plus en cette saison pluvieuse. Il faut que les municipalités déploient de grands moyens pour nous assister dans l’évacuation des ordures, sinon nos efforts resteront vains. Parlant des canaux et autres fossés, n’en parlons pas, c’est pire. Des habitants décident tranquillement d’y déverser leurs ordures sous prétexte que la pluie va les évacuer », se plaint M. Diarra, responsable de GIE en Commune V.

Désabusés, les citoyens, même s’ils ne sont pas tous exempts de reproche, servent de bouc émissaire aux responsables, qui sont en panne de répondant face à ce problème collectif. Il incombe normalement aux municipalités d’accompagner les populations dans l’assainissement de leurs localités, qui résistent peu aux effets des pluies diluviennes. Mais, il n’existe aucun système d’évacuation efficace ni de sanctions contre les contrevenants.

Il y a quelques années, l’Etat avait décidé de combler ce vide en aidant financièrement et humainement les municipalités à assainir leurs quartiers. Le génie militaire et plusieurs millions de nos francs avaient été mobilisés pour les six communes de Bamako. Une opération avait été déclenchée, et les populations, sans être totalement débarrassées de leurs résidus, se réjouissaient tout de même que de telles initiatives aient été prises.

Risques sanitaires

Cette intervention étatique semble avoir cédé la place au désordre et au calvaire. L’indifférence des autorités peut être constatée par l’envahissement par les ordures, des années durant, de la devanture du domicile de l’ancien ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire, Marimantia Diarra, à Kalabancoro. Pendant que ces co-résidents se débarrassaient tant bien que mal des déchets, le ministre Diarra, insensible, les toisaient.

Ils sont nombreux les dommages subis par les populations. Pendant que l’Etat et ses partenaires débloquent des milliards de F CFA pour éradiquer certaines maladies, de l’autre côté, il ne fait rien pour contrecarrer les facteurs favorisant l’émergence de ces mêmes maladies.

L’une des principales, sinon la cause du paludisme est les moustiques. C’est pourquoi, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a procédé à des distributions de moustiquaires imprégnées et à des campagnes de sensibilisation pour s’en procurer. Cependant, force est de reconnaître que ces combats s’avèreront inefficaces tant qu’il n’y aura pas de mécanismes pour assainir les quartiers en les débarrassant des tas d’ordures et des eaux souillées.

Faut-il attendre que des épidémies se déclenchent et fassent des victimes pour songer à des mesures d’assainissement ? Des témoignages font état d’écoulement d’eau impropre vers certains puits.

En tout état de cause, la propreté incombe d’abord aux citoyens et à leurs élus municipaux, mais l’aide et l’engagement précieux des autorités constituent un véritable coup de pouce en vue d’avoir une cité assainie et par conséquent des citoyens bien portants.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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MARCHE NATIONAL DES ARTS

A la découverte de « Moutous »

Le talent de Mamoutou Traoré « Moutous » est à découvrir au Marché national des arts.

Au Mali, le chantier de la culture est immense et diversifié. De la même manière qu’on retrouve une multiplicité de la culture, l’on retrouve dans les autres régions, des jeunes talentueux à l’image Mamoutou Traoré « Moutous » de Ségou, un jeune artiste plasticien au talent incroyable. Rares sont les jeunes artistes plasticiens de Ségou et même du Mali qui peuvent lui damer le pion aujourd’hui. Ce jeune talent à la création confirmée étonne par ses œuvres à chacune de ses sorties. Son entourage et même certains de ses « maîtres » l’admirent.

A quelques mètres du Djoliba, le village d’expositions du Palais de la culture Amadou Hampathé Ba, émerge par l’originalité de sa verdure ainsi que par sa multifonctionnalité. Des artistes plasticiens peintres et sculpteurs du Marché national des arts y tiennent un atelier de formation. Parmi eux figure un artiste sculpteur de taille : Mamoutou Traoré alias « Moutous ». L’immensité et la diversité de la culture malienne fait que ce jeune est en train de faire un travail extraordinaire qui le différencie de beaucoup d’artistes. Ce qui caractérise « Moutous », c’est sa façon de faire son travail.

Pour cette 4e édition, ces quatre œuvres qui sont exposées au Musée national, à l’INA frappent par leur originalité et la finesse dans leur finition. Si la tendance actuelle est aux sculptures géantes ou aux figurines d'hommes et d'animaux, « Moutous » sculpte plutôt selon ses états d'âme et son inspiration.

La forme de ses œuvres n'est jamais définie par avance chez lui. « Il m'arrive parfois de m'asseoir avec la petite hache devant un morceau de bois sans savoir exactement ce que je vais en faire. Mais, par la suite, je me rends compte que je suis en train de sculpter quelque chose qui me tenait à cœur ».

Dans toutes ses œuvres, Mamoutou essaye de se singulariser. Cela se voit dans « Cœur de femmes » exposé au Musée national sur laquelle les visiteurs tardent longuement, du fait de son originalité. A travers cette sculpture, taillée en forme de cœur, Mamoutou montre le comportement de la femme. « J’avais un morceau de bois en observation. Après avoir glané les parties superficielles, une partie s’est révélée en rouge avec des filets. Cela m’a rappelé un cœur. J’ai donc décidé d’en faire un cœur ».

Autre œuvre de M. Traoré, admiré par un public qui ne cesse de roder autour, c’est « la Grogne des enfants » qui dénonce le comportement des adultes par les enfants qui, à leurs yeux, sont à la base de toutes leurs souffrances. Il y a aussi « Kotè », « Bénédiction, malédiction » : deux autres œuvres que « Moutous » a amenées de la Cité des Balanzans.

Ce talent et savoir-faire M. Traoré ne les a pas reçus dans une école d’art. Il est autodidacte. « C’est le destin qui m’a conduit sur cette voie ». L’homme est un produit de l’Ensec de Koutiala où il a reçu la formation de biochimie en 1982. « J’ai aimé ce métier depuis à bas âge ». Pour lui, l’art est un tout. « Juste après mes études, je me suis lancé dans l’écriture d’un scénario de film (Ne t-en va pas) » organisé par l’ORTM en 1996 où le 2e prix m’est revenu ».

L’appétit venant en mangeant, « Moutous », en 2000, se baignait dans une atmosphère de créativité propice à l’éclosion de son vrai talent d’artiste. Il remporte le 1er prix peintre organisé par Angoulême, la ville jumelle de Ségou (France). Ce n’est pas tout, à la 2e édition du Marché national des arts en 2004, il remporte le 3e prix.

En 2006 le jeune s’adjuge du prix « Sporting Marlian Art » en compagnie de son ami, Thierno Diallo, une autre révélation des arts plastiques maliens. L’homme s’est définitivement converti dans la sculpture. « La peinture évolue selon les moments alors que nous nous ignorons de toute évolution. Nous sommes loin de la capitale ».

Bon vent « Moutous » !

Amadou Sidibé

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STEPHEN KESHI, SELECTIONNEUR DES AIGLES

« Nous avons encore du travail à faire »

Nommé à la tête de l’encadrement technique de l’équipe nationale du Mali au mois d’avril 2008, le technicien nigérian Stephen Keshi a réussi de fort belle manière sa dernière sortie à l’occasion de la 4e journée des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010. Les Aigles ont surclassé à domicile les Crocodiles du Nil du Soudan (3-0) et conforté leur place de leader du groupe 10. Le triomphe modeste, Stephen Keshi juge son équipe…

Les Echos  : Quel bilan faites-vous des quatre premiers matches ?

Stephen Keshi : Dans un premier temps, ils m’ont permis de voir beaucoup de joueurs, de savoir leurs mentalités et leurs caractères. Les méthodes de travail également. Bref, je suis satisfait du bilan de ces quatre premiers matches même s’il reste encore du travail à faire. Je suis content des joueurs parce que pendant les quatre semaines que nous avons passé ensemble, ils ont été corrects. Je chercherai un noyau sur lequel je m’appuierai pour mener à bien ma mission.

Les Echos : Et si vous avez à juger vos adversaires ?

S. K. : Ils ont leur qualité de jeu. Le Congo, c’est une bonne équipe avec des techniciens. Le Tchad, encadré par un ancien international, est une équipe physique qui joue bien en contre-attaque. Le Soudan joue physique avec des espaces. Techniquement les Crocodiles du Nil sont forts, mais l’équipe a des déchets tactiques. Mais au-delà de ces jugements, j’ai du respect pour chacune des équipes de notre groupe.

Les Echos :Qu’est-ce qui n’a pas marché au match aller au Soudan ?

S. K. : Je ne saurais le dire exactement. Après la victoire au Tchad, nous étions motivés pour aller faire un troisième succès d’affilée et rentrer au pays. Donc nous avons passé quatre jours en Ethiopie et malgré les conditions climatiques avec 20 degré, la même ambiance régnait dans le groupe. Mais à notre arrivée au Soudan, il faisait 48 degré. Et c’était de trop pour nous. Je crois que c’est ça, mais je ne crois pas qu’on a mal joué parce que j’ai revu la cassette avant le match de dimanche dernier. On a bien joué sauf qu’on n’était pas agressif.

Les Echos : Quelles sont les grandes satisfactions du côté des joueurs ?

S. K. : Vraiment, à présent j’adore ces joueurs, ils sont disciplinés. Je n’ai aucun reproche les concernant sur le plan du travail aussi. Nous travaillons comme en famille, en frères et je ne pourrais mieux demander. Franchement, tout se passe bien, l’atmosphère est impeccable et nous continuons notre progression.

Les Echos : Peut-on dire aujourd’hui que vous avez l’équipe type que vous recherchiez ?

S. K. : Non, c’est loin d’être le cas parce que qu’il y a plein de joueurs que je n’ai pas encore vu. Je n’ai pas eu mon équipe type et je continue à chercher les meilleures combinaisons possibles avec des postes doublés pour palier d’éventuelles sanctions ou blessures. Je félicite les joueurs pour le progrès du groupe. Mon équipe type n’est pas encore là mais je travaillerai dans ce sens. Et ça viendra.

Les Echos : Quels sont les nouveaux joueurs que vous comptez essayer lors des prochains matches ?

S. K. : Au ce niveau, je ne pourrais rien dire car il y a plein de nouveaux joueurs qui sont annoncés, notamment par Séran Diabaté, le jeune manager malien installé en France. Ce dernier d’ailleurs m’a parlé récemment d’un joueur malien, un latéral, et qui vient de signer à Séville. Les prochains matches amicaux me serviront d’occasion pour les découvrir. Il nous faut encore des joueurs qui peuvent apporter à l’équipe.

Les Echos : Etes-vous satisfait de vos conditions de travail au Mali ?

S. K. : Oui jusqu’à présent je suis satisfait. Au staff ça va, au niveau de la presse également je suis satisfait car je commence à avoir sa confiance et son rôle dans ma mission est très important. J’ai conscience du boulot de la presse et même les joueurs sont contents de leur traitement ces derniers temps. Pour la simple raison que même en faisant bien, on est sous les feux des critiques. Mais actuellement tel n’est pas le cas. Les journalistes positivent les choses et je les félicite de ce travail. Au niveau de la Fédération, il n’y a rien à dire. Le ministre aussi est avec nous et joue sa partition, donne ses consignes. Je remarque que tout le monde est ensemble. Je ne veux pas parler du chef de l’Etat parce qu’il est avec nous, de loin certes, mais il est au courant de tout ce qu’on fait. Je remercie le public sportif, les supporters.

Les Echos : Etces prières avant, après chaque entraînement et après chaque but, c’est quoi ?

S. K. : Je crois en Dieu et tout ce que je fais dans ma vie, je le mets dans la main de Dieu. Et j’ai l’habitude avant d’entamer toute chose de prier pour la grâce de Dieu. Même au Nigeria, au Togo, partout où je vais tout commence par la prière et tout fini par la prière. Ça existe dans le Coran, la Bible. En priant ensemble on est toujours avec Dieu. Et je demande aux Maliens de prier avec nous pour la bonne santé des joueurs et dans l’atteinte de nos objectifs.

Les Echos : Contre le Soudan, les Maliens ont vu leur équipe évoluer selon un schéma tactique nouveau et avec des nouveaux joueurs surtout en attaque…

S. K. : Chaque entraîneur à sa façon de voir le football. Moi, je pense qu’un travail offensif doit être aussi marqué par une certaine flexibilité. On demande toujours aux attaquants d’être flexibles, de rechercher de nouveaux chemins, des couloirs. On n’était obligé parce que le travail de groupe doit s’adapter aux situations de jeu. C’est la raison pour laquelle nous avons eu différents schémas d’attaque contre le Soudan. On a joué avec 2 attaquants devant. Bref, il y a eu beaucoup de changements tactiques et d’hommes que le groupe a su assimiler et appliquer sur le terrain. Et c’était agréable à voir.

Les Echos : Pensez-vous que le message soit passé comme vous le souhaitiez ?

S.K. : Tout à fait ! La qualité du jeu produit par les Aigles m’autorise à affirmer que le travail effectué pendant les quatre dernières semaines est concluant. Au-delà du résultat d’un match, le plus important, c’est la capacité des joueurs à assimiler et appliquer les consignes sur le terrain, quel que soit le schéma mis en place. C’est en cela que nous voulons travailler pour arriver à jouer d’égal à égal avec n’importe quel adversaire, que ce soit l’Italie, la Turquie, l’Espagne ou la Russie.

Les Echos : Deux joueurs locaux, Souleymane Dembélé et Amadou Sidibé, ont été titularisés contre le Soudan. Avez-vous été satisfait de leur prestation ?

S. K. : De leur prestation contre le Soudan, je retiens que ces deux joueurs ont l’avantage de jouer dans n’importe quelle situation de jeu. Le travail produit par l’équipe a été bien rempli. Amadou et Souleymane ont fait un bon match comme toute l’équipe. Ces deux joueurs du championnat local n’étaient pas à leur première sélection avec les Aigles. Il faut dire d’abord que c’est toujours un geste à l’endroit du football malien et de la formation des jeunes qui se fait au plan local. Si les joueurs maliens qui évoluent dans les championnats à l’étranger n’avaient pas encore une bonne formation ici au Mali, ils ne seraient pas là où ils sont. Nous honorerons toujours ce travail fait à la base avec d’autres entrées de joueurs qui évoluent sur le plan local.

Les Echos : Après cette large victoire face au Soudan, le Mali est-t-il assuré d'être présent à la dernière phase des poules qualificatives ?

S. K. : Notre succès face au Soudan est un pas très important pour notre qualification à la dernière phase des poules qualificatives. En marquant trois buts, c’est bon à prendre pour le décompte final. Mais, il ne faut pas sous-estimer non plus le Tchad et le Congo. Cela n’aura servi à rien de marquer trois buts à la maison et d’aller perdre des points au Congo en septembre. Et la bonne impression que j’ai eue à l’issue des quatre journées disputées me laisse croire que nous irons au Congo pour livrer un match sérieux, en attendant la réception du Tchad pour la dernière journée.

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

 

 

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