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2008

Mois de juin

Les Echos du 16 Juin

 

IL FAUT LE DIRE

L’homme comme solution

Nous espérions qu’après un premier mandat placé sous le signe du consensus mou, il allait cravacher dur pour débarrasser la République de certaines de ses tares pour qu’au sortir de son dernier quinquennat, il reste cet homme dont les Maliens garderaient éternellement un souvenir ému.

Un an après, force est de constater que nous faisions fausse route ; que rien à l’horizon n’incite à l’optimisme ! A preuve, la décision d’organiser prochainement des assises nationales sur l’école et la corruption… qui ont fini par écorner l’image des gouvernants et qui est surtout la reconnaissance implicite des reproches à eux faits. Comme quoi, on a beau faire, un arbre de prospérité ne peut jamais cacher la forêt de misère.

Mais à quoi vont servir les forums en vue si leurs résolutions et recommandations comme les précédents doivent aller tout droit au fond des tiroirs de l’oubli ? Que n’a-t-on dit pour la bonne marche de l’école, sur la lutte contre la corruption, sur l’homme malien, sur le renouveau de l’action publique depuis plus de six ans !

Toujours est-il qu’avec une multitude de services de contrôle, dont les rapports apparemment n’émeuvent plus les décideurs, organiser un forum sur la corruption procède manifestement d’une volonté de noyer le poisson. Il est évident que les mêmes critiques, les mêmes observations, les mêmes analyses vont fuser de toutes parts. Les mêmes solutions seront proposées. Mais après ?

Et bien, une fois les rideaux tombés et après des millions et des millions dépensés dans l’organisation et les perdiems dans un pays aux ressources limitées, l’école demeurera toujours sur le chemin de la déperdition, la corruption va davantage profiter aux « intouchables », la gestion des affaires publiques restera une affaire de « proximité » aux détriments de la compétence, de l’intégrité, du sens de la responsabilité… aujourd’hui voués aux gémonies.

En réalité, nos maux sont connus. Leurs solutions se trouvent dans les textes et les règlements de la République. Point besoin donc de causerie-débats. Il s’agit simplement de trouver les ressources humaines qualifiées pour les appliquer dans toute leur rigueur. A vrai dire, c’est bien de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » dont on a le plus besoin si l’on ne veut vraiment pas rater le coche.

Attachons-nous les services de tous ces Maliens, honnis parce que techniquement aptes et patriotes, et l’on reverra le pays sur les rails ! Passons un coup de balai sur tous ceux qui nous induisent en erreur, juste pour satisfaire leurs seuls intérêts matériels et l’on reverra le peuple applaudir à tout rompre étant entendu « que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».

Telle est et demeurera la seule porte de sortie.

A. M. T.

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TABLE RONDE DES BAILLEURS DE FONDS

Une moisson de 3215 milliards de F CFA

Les lampions se sont éteints, le vendredi 13 juin au CICB, sur la 6e Table ronde des bailleurs de fonds du Mali. La moisson a été bonne pour notre pays, qui reçoit de ses partenaires au développement, un engagement financier de 3215 milliards de F CFA, pour la période 2008-2012.

L’examen de passage a été réussi pour le Mali, qui devait convaincre ses partenaires au développement à mettre la main à la poche pour lui permettre d’enclencher une croissance accélérée de son développement. La 6e Table ronde des bailleurs de fonds, qui a enregistré la participation de 250 personnes représentants les partenaires bilatéraux, multilatéraux et organismes financiers sous-régionaux et internationaux, a été l’occasion, pour le Mali, d’exprimer ses besoins réels de financement.

Les partenaires du Mali ont fait le constat, selon lequel, le gouvernement s’est engagé à mobiliser des ressources internes par l’augmentation des recettes fiscales et la recherche de ressources extérieures complémentaires par des dons et des prêts à des taux préférentiels. Les participants ont alors jugé utile de renouveler leur confiance à notre pays en réitérant leur engagement à poursuivre leur coopération dans le carde des orientations et priorités définies par le gouvernement.

Deux annonces de financements ont été faites à notre pays par les bailleurs de fonds. L’une sur la période 2008-2011 pour un montant de 2634 milliards de nos francs ; et l’autre pour l’année 2012 à hauteur de 581 milliards de F CFA. Le total des promesses de financements se chiffre à la bagatelle de 3215 milliards de F CFA.

La stratégie de croissance accélérée du gouvernement a ainsi eu l’assentiment de ses partenaires, qui ont accepté de poursuivre les consultations pour une mobilisation des ressources indispensables à sa mise en œuvre et à celle du plan décennal des OMD. La conférence a préconisé la tenue, dans de brefs délais de consultations sur les thèmes relatifs au plan de développement agro-sylvo-pastoral 2008-2012 ; la promotion des exportations et l’intégration du Mali dans le commerce mondial ; le schéma directeur statistique et son plan d’action de mise en œuvre ; l’initiative de localisation des OMD dans les 166 communes du PNSA et son impact sur la sécurité alimentaire.

Risques pour les OMD

La tâche consistait, pour le Premier ministre Modibo Sidibé, de prouver que le Mali connaît des avancées en matière de démocratie, d’Etat de droit, de respect des droits humains, de paix et de sécurité, de libertés individuelles et collectives, de pluralisme de l’espace médiatique. Le Premier ministre a fait part de son ambition de booster notre économie en développant l’agriculture et la culture du riz destiné à l’exportation.

La communauté internationale a pris connaissance des grandes réformes structurelles engagées par notre pays dans les secteurs financiers, bancaires et non bancaires, les télécommunications, le coton et l’énergie ayant pour but d’améliorer la performance du pays d’une manière globale. La finalité pour le Mali est le maintien d’un cadre macroéconomique stable, l’amélioration de la gestion des finances publiques et la mise en œuvre de la réforme de l’administration.

A la cérémonie inaugurale, Ad Melkert, l’administrateur associé du Pnud, chef de file des partenaires au développement, a salué les avancées du Mali en matière de paix et de démocratie, entre autres.

Les préoccupations de la Table ronde portent toutefois, sur le risque pour notre pays de ne pas atteindre plusieurs Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015. La réussite des OMD, selon la conférence, butte à des obstacles comme la poussée démographique, la crise alimentaire mondiale, qui constitue un obstacle supplémentaire même si elle demeure aussi une opportunité de développement de la production céréalière du Mali.

Le Premier ministre Modibo Sidibé a, dans son allocution de clôture, salué l’engagement des partenaires au développement du Mali à nos côtés. « Nous sortons de cette conférence avec la conviction renforcée que le Mali peut envisager la réalisation de ses ambitions avec l'accompagnement réaffirmé de partenaires décidés à lui apporter l'appui et l'accompagnement nécessaires ».

La prochaine Table ronde est prévue en 2012 et sera l’occasion de jauger de la pertinence du cadre de concertation mise en place depuis 6 ans.

Abdrahamane Dicko

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HAUSSE DES PRIX

Le mal vivre de Maliens

Les prix des céréales augmentent considérablement sur les marchés. Manger à sa faim est devenu est une équation à plusieurs inconnues que beaucoup de Maliens s’efforcent de résoudre au quotidien .

Les prix des céréales ne cessent d’augmenter jour après jour sur nos marchés locaux et leur baisse n’est pas pour bientôt surtout avec la période de soudure qui s’annonce. C’est du moins le constat que nous avons fait après un détour sur certains marchés de la capitale. Parmi les céréales les plus chères, figurent le riz, le haricot et le fonio. Le kilo de haricot est cédé au marché de Daoudabougou à 400 F CFA.

Idem sur les marchés de Niamakoro-Koko et de Kalaban Sud, où il a même atteint la barre des 450 F CFA. De quoi faire sortir de leurs gonds les revendeuses de beignets comme Assitan Coulibaly dite Mamou. Cette dame, qui n’a que le commerce de beignets comme source de revenus, trouve que la hausse du prix compromet sérieusement son activité.

« Avec cette hausse du prix, je ne dispose d’aucune marge bénéficiaire, car l’huile, le charbon de bois… tout a augmenté de prix. Je serai obligée de diminuer la taille de mes beignets comme l’ont fait les boulangers pour le pain, mais je pense que je ferai mieux d’abandonner l’activité parce que déjà beaucoup de mes clients se plaignent qu’ils sont devenus petits. Les clients ne se rendent pas comptent que nous achetons notre matière première à 450 F CFA le kg sans compter les autres dépenses » .

Mamou n’est pas la seule à se plaindre de cette hausse du prix du haricot. Des gérantes de petits restaurants tout comme certaines vendeuses de produits alimentaires à la sauvette, installées sur les trottoirs, affirment aussi avoir maille à partir avec leurs clients sur la quantité qu’elles leur desservent et qui sont exclusivement à base de haricots.

« Nos clients nous font le reproche d’avoir diminué la quantité des repas faits à base de haricot. La remarque est pertinente, mais nous ne pouvons rien car le kilo de haricot a augmenté ces derniers temps » , explique Awa Samaké, vendeuse d’aliments à la gare routière de Sogoniko.

Le haricot n’est pas la seule céréale à augmenter de prix, les mil, sorgho, petit mil et le riz sont aussi concernés. Le kilo du mil, qui était de 125 F CFA, il y a deux ans seulement, tutoie de nos jours les 275 F CFA. Cette hausse de prix a aussi conduit les vendeuses de galettes à diminuer le poids de leurs produits tout comme les vendeuses de « dèguè » la quantité de leur produit emballé souvent dans les sachets plastiques.

Demande croissante

Mme Cissé Fatoumata Sangaré, vendeuse de « dèguè » depuis plus d’une dizaine d’années raconte : « Tous les ingrédients qui entrent dans la préparation de cet aliment ont vu leurs prix s’envoler. Il s’agit notamment du sucre, du lait. Il est donc normal, si nous voulons faire du bénéfice ou que notre commerce survive, de diminuer la quantité de l’aliment ».

La hausse des prix des céréales est également sentie jusque dans les moulins. S’il éprouvait souvent de la peine à moudre à temps le grain que les femmes lui apportaient, Cheick Oumar Kéita, minotier de son état, raconte que les temps sont durs pour son métier. « En deux temps trois mouvements, j’ai fini de moudre du grain et reste une bonne partie de la journée à tourner le pouce ».

Le kilo de riz Gambiaka est cédé à 375 F, soit 37 500 F CFA le sac de 100 kg à la place de Niono. La hausse du prix du riz, explique Abdoulaye Camara, vendeur en gros, s’explique d’une part du fait que le riz est, en cette période de pré-soudure, très sollicité par les consommateurs. A partir de cette céréale, avance-t-il, il est aisé pour une famille de préparer plusieurs plats. Il n’est plus une denrée des seules personnes supposées riches et dans les villages et les coins de brousse les plus reculés, il est devenu un aliment quotidien de base, argumente-t-il.

Pour M. Camara, la hausse du prix du riz s’explique aussi par le fait qu’il devient rare sur le marché international parce que des pays grands producteurs comme la Chine, l’Inde imposent, dit-il, maintenant des taxes à leurs opérateurs économiques.

A ses dires, ces opérateurs économiques ne peuvent plus exporter une grande quantité de riz au risque de créer une pénurie dans leurs pays. Mais au Mali, un pays qui a toutes les potentialités pour satisfaire ses besoins nationaux en riz, la hausse des prix, s’explique, pense-t-il, surtout par la faiblesse de la production nationale.

Dans la zone Office du Niger, les rendements sont loin d’atteindre les 6 tonnes à l'hectare comme le prétendent souvent ses autorités, ajoute notre interlocuteur, qui dit que l’ON, les producteurs, au cours de cette campagne, devront d’ailleurs faire face à la flambée du prix des intrants. Seul le riz importé (celui de la Thaïlande) demeure le plus accessible aux consommateurs en raison de son prix qui varie entre 300 et 310 F CFA, suivant les marchés.

Le kilo de sorgho est vendu au consommateur dans la fourchette de 175 à 225 F.

Le Fonds international pour le développement agricole (Fida) indique qu’entre fin janvier 2007 et fin janvier 2008, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 35 %. A partir de cette date, ils se sont envolés pour atteindre un taux de 65 %. Le Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne que pour la seule année 2007, la hausse est de 80 % pour les produits laitiers et de 42 % pour les céréales.

Denis Koné

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DEVERROUILLAGE DU MANDAT PRESIDENTIEL

Réplique à l’article de Marie-Antoinette Sidibé

Plaise à vous m’autoriser cet échange d’inconnu à inconnu qui a été suscité par l’article combien surprenant que vous avez bien voulu nous servir à la table intellectuelle. Plaise à vous comprendre ma réaction somme toute logique du juriste au juriste. N’est-ce pas la confrontation des idées qui fait toute la beauté de ce monde auquel vous et moi appartenons !

« Je n’entre pas dans ce débat » . Le chef de l’Etat est, pour une fois, on ne peut plus clair sur un sujet. Même ses plus virulents détracteurs sont unanimes pour reconnaître sa hauteur de vue. Reconnaître la valeur d’un homme, fut-il, un ennemi, c’est en soi une preuve de grandeur. Bravo ATT !

Je ne suis pas en mission commandée. Ma carrière politique est aussi pauvre qu’est riche votre cursus universitaire présumé et au nom duquel, vous vous érigez en « Doyen Vedel ». Rien ne peut me compromettre quant à une quelconque appartenance politique. Mes motivations sont d’ordre scientifique, intellectuel et je ne réagis qu’en ma qualité de juriste indigné par un subterfuge aussi criant.

Gardez-vous de me voir dans un puritanisme de mauvais alois, je suis un juriste moderne qui ne vous répond qu’en tant qu’intellectuel. Votre argumentation est si fantaisiste que je ne juge pas avantageux de le disséquer, je m’en tiendrai aux réponses d’ordre purement intellectuel.

Le déverrouillage de la limitation constitutionnelle du mandat présidentiel… Allah Akbar ! Une hypothèse scandaleuse et piètrement défendue par une vacancière qui veut nous faire la leçon. La mise au point du chef de l’Etat vient couper l’herbe sous les pieds de ceux qui se prennent plus royalistes que le roi.

Défendre une cause n’est pas mauvais en soi, mais quand on perd l’occasion et les mots pour le faire, on dessert la cause. L’occasion n’est ni opportune, les mots ni bien trouvés pour convaincre de la justesse de votre postulat. Autrement dit, vous avez loupé le coche. Le silence est souvent plus grand que certaines sorties malencontreuses comme la vôtre, hélas !

Jusqu’à cette publication, peu de lecteurs vous connaissent tout comme moi d’ailleurs, un illustre inconnu. Vous auriez pu réussir votre entrée dans l’arène politique (puisqu’il s’agit de cela), si vous aviez publié autre chose que cet article insultant. Je ne vous propose aucun sujet car je présume que votre séjour vous a suffisamment profité pour savoir ce que nous, « les résidents » vivons au quotidien.

L’école pour l’universitaire comme sujet ; quoi de mieux qu’une ruche pour les abeilles ! L’énergie consacrée à la rédaction de ce pauvre article aurait pu servir l’universitaire pour nous éveiller sur des systèmes de gestion qui conviennent au contexte particulier du Mali. La gestion de l’école est devenue une géométrie résistible à tous les efforts déployés ces dernières années. Elle appelle à la contribution des tous, même des vacancières et surtout des universitaires.

L’œil trop vigilant de l’analyste aurait pu voir les décrépitudes de la société car il y en a bien. Le meilleur service que vous auriez rendu à votre pays serait de l’aider à sortir de la tourbière ; non pas à exciter les nigauds. Le pays patauge dans la marée de toutes les incertitudes, assurez-vous, ce n’est qu’une mauvaise passe qui ne saurait durer. L’intellectuel que vous êtes prétendument aurait pu proposer mille et une solutions pour sortir de ces multiples crises, renverser les mauvaises tendances et patati et patata.

Hélas ! Le pied est posé là où il ne fallait pas ; c’est alors un mauvais pas. Je ne vous nie pas le droit d’écrire, mais celui de m’induire en erreur, je ne vous le concède pas, pas plus que je ne vous reconnais la qualité de constitutionnaliste du moins à la limite de la lecture ce votre article.

« Le rôle véritable de l’écrivain devrait et doit toujours être : aider la masse à prendre conscience de sa situation en expliquant et en posant clairement les problèmes ; proposer des solutions pendant les périodes de crises et d’angoisses » (Aron Tollan) ; autrement ; vous êtes dangereux pour votre peuple.

L’écriture au service d’une cause, c’est bien la distinction des intellectuels. Certains en ont payé le prix fort. Elle (l’écriture) postule plusieurs préalables que vous avez volontairement ou involontairement foulés aux pieds. Non, les règles sont ce qu’elles sont c’est-à-dire valables pour tous. Pour prétendre écrire au service de la cause d’une personne, il faudrait s’assurer du soutien, ne serait-ce que moral, du « servi ».

Tel n’est pas le cas. Pis, celui que vous prétendez servir même si vous ne le dites pas a désavoué votre démarche. Alors l’isolement putréfie le talent. J’adhère à la démarche de celui qui initie le débat, étant entendu que le débat pose la question. Edmond Jales écrit : « privilégier la question, c’est soumettre la réponse à l’interrogation sans fin ; c’est faire basculer le pouvoir, préserver l’ouverture ».

L’écriture est une arme ; l’une des plus merveilleuses armes pour défendre une cause et qui revêtit l’homme du statut de ce que Maurice Barres appelait non sans ironie l’intellectuel. Les dreyfusards Zola, Mirabeau et France ont démontré jusqu’où l’écriture peut servir une cause fut-elle juridique.

Quand Vidal Nacquet s’insurgeait dans ses écrits contre la torture en Algérie et que Noam Chomsky stigmatisait la politique étrangère des USA, ils répondaient à des appels. Mais leur démarche est logique ; la vôtre ambiguë. Car personne ne vous a appelé. Vous avez loupé le coche.

ATT a été l’un des plus illustres artisans de la Constitution. C’est lui qui l’a promulguée. Cet acte vaut tout pour un homme qui a servi sous le drapeau. Peu d’hommes réussissent comme lui cette entrée dans l’Histoire de leur peuple. Vous ignorez la symbolique que représente pour votre « servi » cet acte (de promulgation de la Constitution) marqué d’un point particulier dans les annales de l’histoire démocratique malienne, voire africaine. ATT ne saurait se dédire. Vous loupez le coche encore une fois.

L’homme est venu mettre fin au désarroi du peuple malien qui a durant vingt-trois ans souffert le martyre d’un régime de dérive. La Constitution que vous banalisez est un acte non seulement historique de la marche inexorable du peuple malien vers la liberté, mais qui nous rappelle à jamais le sacrifice des femmes, hommes et jeunes qui ont offert leur vie à l’avènement de la démocratie.

Puisqu’il s’agit de cet acte, il s’agit de l’orgueil du peuple malien, de sa possession la plus prestigieuse. Sacrée Constitution ! Pauvre Constitution par le fait de pauvre constitutionnaliste ! En banalisant la Constitution, vous insultez le peuple fier du Mali car insultant ses morts. Plaise à vous mesurer la gravité de l’acte que vous posez ainsi. Respectons la mémoire de nos morts, de nos martyrs !

Ce qui est troublant, c’est moins l’état de l’analyse que le statut de l’auteur. Un charretier dans ce postulat n’aurait pas été plus ridicule que vous êtes ambiguë et insinuante. Le Mali ne sera jamais comme ces pays auxquels vous faites référence. Ces pays ont leurs coutumes politiques que nous respectons, le Mali a les siens et n’a que faire de parallèle insensé.

ATT ne sera jamais ceux que vous citez. Il est un modèle pour le monde en matière de démocratie et d’alternance et le démocrate qu’il est, ne tombera jamais aussi bas que vous le souhaitez. Il a de la valeur et le Mali en bénéficie. Alexis Carrel écrivait dans l’Homme, cet inconnu« chaque homme est une histoire qui n’est identique à aucune autre » ; ATT est l’Histoire du Mali qui gagne sur le chemin de la démocratie dans toute son acceptation.

Un bilan fut-il des plus prestigieux ne peut justifier la prétention d’un homme à s’éterniser au pouvoir. Nul n’a le monopole du succès ; la règle vaut pour ATT. Lui le sait déjà ; apprenez-le ! On n’a pas besoin d’être au pouvoir pour tout réaliser. On fait ce qu’on peut ; ATT a fait ce qu’il a pu, nous lui seront pour l’éternité reconnaissants. Que vaut une Constitution qui consacre le pouvoir à vie ? Nous sommes progressistes, progressistes, progressistes !!!

Koulouba n’est pas le seul nid indiqué pour réaliser ce qu’on veut pour le Mali. ATT a démontré toute sa classe et tout son mérite en étant l’un des rares militaires à avoir fait un coup d’Etat et à remettre le pouvoir aux civils après un processus électoral qu’il a dirigé de manière magistrale. Il s’est mis à côté pendant dix ans pour servir le Mali autrement, et de belle manière. Ne voyez-vous ce qui se passe au Quai Branly ? Chirac continue son combat non pas à l’Elysée mais ailleurs quand bien même il avait toutes les possibilités non comme ATT de briguer un troisième mandat.

Nelson Mandela ne chôme pas ; pourtant un deuxième mandat ne lui était guère impossible. Alpha Oumar Konaré, Abdou Diouf, Jimmy Carter, Lech Walesa et tant d’autres anciens chefs d’Etat continuent de forger davantage leur siège dans la cour des Immortels.

ATT ne saurait manquer de prendre exemple sur ces illustres devanciers pour lesquels il a lui aussi un moment servi de modèle. La sagesse qui est la sienne et que vous perdez de vue est assez forte pour l’insuffler des orientations non comme les vôtres mais celles qui finiront par forger sa place au Panthéon national.

Pour finir, plaise à vous ressasser les propos combien religieux de cet ancien chef d’Etat (Alpha Oumar Konaré) qui a compris fort longtemps tout le sens de la démocratie : « Homme oui, serviteur de Dieu, du peuple et de son prochain et pour lequel les choses les plus sûres sont la vulnérabilité et la certitude de passer un jour proche ou lointain la main (mars 1992) ».

Gousmao

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MORIBABOUGOU

Les divergences politiques chassent l’eau potable

La Commune rurale de Moribabougou sur la route de Koulikoro connaît des besoins cruciaux en eau potable. Des préoccupations prises en charge par une société de distribution d’eau potable dont les efforts sont contrariés par des luttes politiciennes sur fonds de spéculations foncières.

Zeina Hydro est une société de distribution d’eau qui a pignon sur rue dans la Commune rurale de Moribabougou et ses environs. Son implantation dans la localité a été d’une bouffée d’oxygène pour les populations qui ployaient sous le poids de la corvée d’eau. Pour les besoins de son extension, la société s’est vue obligée de construire un château d’eau en vue de la desserte des habitations situées sur les hauteurs de la colline.

Les travaux d’extension de la desserte en eau potable ne sont apparemment pas du goût du maire Diarah Diarra et de son proche entourage. Ces derniers voient en la promotrice de Zeina Hydro, Mme Cissé Zeina Haïdara, une adversaire politique, qui ne serait mue que par des ambitions politiques à quelques mois des élections municipales.

Une fronde bien organisée et ayant à sa tête la présidente de la Coordination des associations et regroupements des femmes de la Commune de Moribabougou (Carfecm), Mme Yorobo Diarra, a été planifiée depuis la mairie.

La présidente de la Carfecm, Mme Yorobo Diarra, incite et manipule des jeunes désœuvrés et des femmes de la Commune pour empêcher les travaux d’extension de Zeina Hydro. Des appels à la mobilisation sont souvent faits par des crieurs publics. Des populations qui ont soif d’eau n’entendent pas les choses de cette oreille. Le chantier a déjà fait les frais de loubards, la semaine dernière. Du sable et du gravier ont été emportés et éparpillés. La radio FM de Moribabougou a été vandalisée suite à un reportage sur cet événement dramatique.

Ces actes aux conséquences graves pour des populations innocentes qui seront à la longue sevrées d’eau potable, se passent au vu et au su des autorités préfectorales de Kati et des plus hautes autorités du pays. Selon des indiscrétions, la dame Yorobo Diarra, qui jouit des amitiés de la première Dame et qui s’en vante, ne recule devant rien.

Idem pour le maire Diarrah Diarra dont le soutien indéfectible au chef de l’Etat lors de la présidentielle et des législatives de 2007 a été récompensé par une 4x4 neuve. Il s’adonne d’ailleurs au morcellement tous azimuts de parcelles sans crainte du préfet et des autorités judiciaires.

C’est le comble du désespoir quand des combines politiques chassent l’eau potable d’une localité qui en a tellement besoin.

Abdrahamane Dicko

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ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE

La CAD-Mali exige la révision des APE

La Coalition des alternatives africaines (CAD-Mali) a tenu jeudi au Centre Aoua Kéita, un atelier d’échanges sur le positionnement des acteurs non étatiques (ANE) sur les APE en langue nationale bamanankan.

L’atelier qui était présidé par la présidente de la CAD et le président du Comité de pilotage des ANE avait pour thème : « Positionnement des acteurs non étatiques et l’état des négociations des APE ».

Selon Mme Barry Aminata Touré, présidente de la CAD-Mali, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique d’échanges, d’informations et de sensibilisation sur l’Accord de Cotonou en général et les APE en particulier, amorcée par la CAD depuis quelques années et se déroulait au même moment que le gouvernement et ses partenaires se réunissaient sur le financement du développement du Mali.

Le président du Comité de pilotage des acteurs non étatiques (ANE), Boubacar Tékété, a affirmé que dans la perspective de fournir des arguments contre la signature des APE dans leur forme actuelle que la CAD-Mali a réalisé une étude qui se focalise spécialement sur les impacts des APE sur les services sociaux de base.

«  La CAD, après la validation de cette étude a poursuivi des actions d’information et de sensibilisation dans les régions de Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti et Gao » , a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’elle envisage également de rencontrer les parlementaires et la délégation de l’UE, activité qui se situe dans le cadre du projet de campagne contre la signature des APE, financé par Oxfam-Novib.

Les conférenciers, Moctar Coulibaly et Alou Badra Sacko, ont, au cours du débat, évoqué l’impact négatif que joueront les APE sur l’éducation, la santé et l’alimentation si toutefois ils sont signés dans leur formulation actuelle. Selon eux, avec la suppression des tarifs douaniers dans le cadre des APE, il faut s’attendre à une réduction du budget de l’Etat, au désengagement progressif de l’Etat dans le secteur sanitaire et social.

Les APE, à leurs dires, contraindront l’Etat à se désengager davantage et à libéraliser plus encore le secteur de l’éducation qui connaîtra des problèmes de financement. Les effets possibles des APE sur la santé et le développement social vont se sentir essentiellement au niveau d’une diminution du financement du secteur de la santé et alors provoquer une prolifération des services de santé privés inaccessibles aux couches sociales démunies.

Ils ont aussi déclaré qu’en cas de signature des APE, nos marchés seront inondés par des produits européens subventionnés et moins chers que les nôtres, ce qui aggravera la dépendance alimentaire et la cherté de la vie sera continuelle.

Les conférenciers se sont également prononcés contre les accords intérimaires signés par la Côte d’Ivoire, le Ghana et craignent que l’Union européenne qui appelait à l’intégration sous-régionale dans les APE ne soit pas elle-même en train de les diviser pour arriver à leur but. La CAD a affirmé qu’elle n’est pas contre les APE, mais q’elle demande certaines modifications afin qu’ils soient profitables à tous. C’est pour cela qu’ils ont élaboré un document qui comporte plusieurs points notamment l’appel à l’intégration sous-régionale, la mise en œuvre de la politique agricole de la Cédéao, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action au niveau des entreprises, l’investissement pour la création des nouvelles entreprises, le renforcement des capacités des secteurs publics, l’implication effectif des ANE à tous les niveaux et d’autres.

La rencontre a permis aux participants d’échanger sur les APE et de faire des suggestions et recommandations. Ainsi les intervenants ont demandé à ce que la campagne de sensibilisation sur le contenu et les enjeux des APE soient faits dans toutes les localités et en langues nationales pour une meilleure compréhension de la société civile.

Ramata Kéita

(stagiaire)

 

 

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Du nouveau aux éditions jamana

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