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2008

Mois de juin

Les Echos du 06 Juin

 

SUR LA PRIVATISATION DE LA CMDT

Les travailleurs démontent les arguments du pouvoir

La privatisation de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) est imminente et l’Etat ne semble plus ménager aucun effort pour concrétiser sa volonté de bradage. Au cours d’un point de presse hier à la direction générale de la CMDT, la section syndicale de la filière-coton a une fois de plus sorti ses griffes contre les autorités et la « privatisation orchestrée » en se montrant déterminée à défendre les intérêts du pays et des travailleurs. Le plan social 2003 paraît inévitable.

La privatisation de la CMDT occupe de nouveau le devant de la scène quelques jours seulement après que l’Etat eut fait part de la concrétisation de sa volonté de restructuration de la Compagnie couplée avec l’arrivée d’un nouvel acquéreur. Comme ils l’avaient déjà fait savoir maintes fois, les travailleurs, ont, à travers leur section syndicale, dit à l’unisson « non à la vente du Mali ». Car, « la filière-coton apparaît comme la plus importante et la plus large redistribution de revenu au Mali et le meilleur instrument de lutte contre la pauvreté » avec des milliers d’emplois directs et indirects et des centaines de milliards de nos francs comme chiffre d’affaire.

A preuve, la filière a injecté « dans l’économie du Mali environ 1400 milliards de F CFA, dont 800 milliards au profit du monde rural à travers l’achat du coton graine, 80 milliards pour les banques ; 100 milliards pour le secteur des transports, près de 100 milliards pour le Trésor public au titre de divers impôts et taxes ; 70 milliards de salaires et près de 220 milliards pour divers prestataires dont les activités sont directement liées à celles de la CMDT ».

Inutile de dire alors que le Mali, jadis réputé, à cause de son « or blanc » tire beaucoup du coton. Les travailleurs se sont dits attristés de voir ce « joyau » partir à cause d’une privatisation inédite et « orchestrée ». Pour Zakariatou Diawara, secrétaire général du syndicat de la filière-coton, l’argument avancé par les autorités est que la CMDT est une « charge » pour l’Etat et que sa privatisation serait salvatrice. Or, tout serait parti d’une « mauvaise gestion » de ces mêmes autorités, entraînant du coup un déficit cumulé de 172 milliards de F CFA de 1999 à 2007.

Soucieux du devenir de la nation et des travailleurs, la section syndicale de la filière-coton dit donc non au démantèlement de la CMDT. A en croire M. Diawara, leur refus est motivé par le fait que la privatisation de la filière a été un échec partout en Afrique (Côte d’Ivoire, Burkina, Bénin, Togo, Zambie). Et d’ajouter que les nouveaux acquéreurs n’ont pas pu redresser la situation en assurant la pérennité des filières et la sécurisation des producteurs. « Bien au contraire, ils l’ont envenimée ».

« Tiémoko Sangaré a menti »

Un autre motif du refus de cession des travailleurs est le cas avorté de l’Huicoma. « L’Etat nous a trahis concernant la vente de l’Huicoma et veut en faire de même avec la CMDT. Nous ne sommes pas d’accord ». Le sort des travailleurs après la privatisation reste l’un des enjeux majeurs. Et ils en sont préoccupés, surtout si la privatisation doit inéluctablement avoir lieu.

M. Diawara a laissé entendre que « le ministre de l’Agriculture, Pr. Tiémoko Sangaré a affirmé que personne ne sera licencié. Ce n’est pas vrai. Nous, les travailleurs sommes convaincus que l’objectif zéro licenciement visé par le gouvernement est un leurre. La première ambition des repreneurs sera de diminuer le personnel. Ils veulent nous laisser entre les mains des repreneurs qui nous tueront pour ensuite nous enterrer ».

A cet égard, les travailleurs déclarent haut et fort qu’ils ne tomberont pas dans le même piège que l’Huicoma « où à ce jour, on note plus de 800 travailleurs licenciés sans aucun plan social et dont certains n’ont encore reçu aucun droit ». Une manière de mettre à nu les drames sociaux engendrés par les privatisations au Mali. C’est le plan social de 2003 qui sera appliqué en cas de privatisation, a précisé M. Diawara.

Le secrétaire général de la filière-coton a déploré la « fuite en avant » des autorités, à commencer par le Premier ministre, le ministre de l’Agriculture et le président de l’Assemblée nationale qui n’ont même pas daigné répondre à leurs correspondances, a fortiori les recevoir.

D’ailleurs, a-t-il souligné, ils sont les maîtres de cette privatisation montée de toutes pièces parce que leurs « actions ont entraîné une crise de confiance entre les paysans et la CMDT et ont sevré les cultivateurs d’intrants agricoles qui auraient dû être disponibles depuis septembre 2007. Tout ça pour prouver à l’opinion que la CMDT est incapable et qu’il faut la privatiser ».

Abondant dans le même sens, le 2e secrétaire général adjoint de la filière-coton a indiqué que « la privatisation de la CMDT est une chose bien préparée, une question d’individus et non d’intérêt étatique » avant d’ajouter que « ceux qui veulent le plus la privatisation de la CMDT ont de rapports solides avec ceux qui veulent l’acquérir ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

Le ministre des Finances aussi chargé

Les représentants des travailleurs de la filière-coton n’ont pas mâché leurs mots hier. « Dans son intervention à la télévision nationale, le ministre des Finances Abou-Bakar Traoré a montré que la CMDT est une charge pour l’Etat en soulignant seulement ses côtés négatifs. Nous disons que c’est faux. La télévision leur appartient, mais nous nous appuyons sur la presse privée pour avancer nos arguments et preuves », s’est-il emporté.

« L’Initiative riz », un échec sans le coton ?

Zakariatou Diawara a mis l’accent sur l’utilité des céréales sèches en général et du coton en particulier dont la « disparition » porterait un coup dur à la sécurité alimentaire. « Dans la mesure où le coton reste la locomotive des cultures céréalières, sa disparition entraînerait infailliblement une hypothèque sur la sécurité alimentaire des zones cotonnières, voire celle du Mali. Car on ne peut pas réaliser la sécurité alimentaire au Mali en ignorant les céréales sèches », a-t-il prédit.

 

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ARMEE

Les colonels remplacent les généraux

Le conseil des ministres de jeudi a apporté d'importants changements dans l'Armée. Le colonel Gabriel Poudiougou est devenu le chef d'état-major général des Armées. Le gouverneur de Kayes, le colonel Mamadou Adama Diallo, est nommé chef d'état-major de l'Armée de terre. Quant au gouverneur de Tombouctou, le colonel Mahamadou Togola, il va désormais s'occuper de l'Armée de l'air. Niamey Kéita pour sa part prend les rênes de la police nationale en qualité de directeur général. Quant au colonel de gendarmerie Ousmane Sissoko dit "Man", il est nommé chef d'état-major particulier du président de la République du Mali.

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« L’INITIATIATIVE RIZ »

Une utopie ?

« L’Initiative riz » du gouvernement qui vise à résorber le déficit céréalier au Mali, serait un vœu pieux ? Le Parena en doute sérieusement et l’a dit au cours de sa conférence de presse du mercredi 5 mai 2008 .

« Impréparation » , « opération hasardeuse », le président du Parena, Tiébilé Dramé, n’a pas manqué de qualificatif pour annoncer l’échec de « l’Initiative riz ». Cette opération du gouvernement Modibo Sidibé table sur une production de plus de 1,6 million de tonnes de paddy ou 1 million de tonnes de riz destinés au marché pour la campagne agricole 2008-2009 pour un coût global de 42,65 milliards de F CFA. Les objectifs visent à atteindre 50 % de hausse sur la précédente campagne.

Le scepticisme de Tiébilé Dramé découle de prime abord de l’ambition démesurée du projet à réussir des quantités de production records de riz à l’hectare. Les prévisions indiquent 5,5 t/ha à Kayes (Pdiam), 6 t/ha à Tombouctou (Daye-Hamadia-Koriomé), 6,5 t à l’ON, 7 t/ha à Saouné (Tombouctou). Pour la variété Nerica, il est prévu une croissance accélérée de taux de croissance de 1,5 t/ha à 3 t/ha. Au vu des performances affichées, le président du Parena affirme que « les experts disent que ces prévisions sont simplement irréalistes ».

Le retard pris dans la livraison des engrais et des semences Nerica constitue l’un des constats d’échec du président du Parena. Pour lui, dans la mise en œuvre de « l’Initiative riz », le 15 juin est la date retenue pour la livraison aux points de dépôts des semences Nerica. Ce qui ne pourra pas être respecté apparemment à cause du voyage infructueux de la mission de prospection et d’achat de semences Nerica en Guinée et en Gambie en fin mai, indique M. Dramé.

La fourniture d’engrais connaît aussi des problèmes liés à la flambée du prix de l’engrais sur le marché international et qui dépasse les estimations de « l’Initiative riz ». Les 92 000 tonnes destinées à l’opération cherchent désespérément fournisseurs alors que l’échéance de livraison est le 8 juin 2008.

« Dans les cercles des experts de l’agriculture, le scepticisme est quasi général sur la faisabilité de l’Initiative riz » , conclut M. Dramé. La proposition faite par le Parena consiste à différer l’opération à la saison 2009-2010 pour mieux la préparer et sensibiliser les paysans et les bailleurs de fonds. Ces derniers semblent traîner les pieds.

Selon Tiébilé Dramé, c’est à ce prix qu’on pourra éviter au pays un gâchis financier. Le Parena conseille au gouvernement d’accorder une grande attention à la culture du mil, qui constitue l’aliment de base de nos populations plus que le riz. Ces constats seront-ils pris en compte et les propositions entendues ?

Wait and see !

Abdrahamane Dicko

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DEVEROUILLAGE DE LA CONSTITUTION

Un expert en gouvernance répond à Marie-Antoinette

Parler de lever le verrou de la limitation du mandat présidentiel au Mali, c’est accepter aussi le retour des coups d’Etat. Ce sera un juste retour des choses.

Ces derniers temps, en lisant tous ces articles commandités par celui qui a le plus intérêt au forfait, car c’en serait réellement un, je me suis dit, pensant à ces gens, mais ils sont fous, complètement déréglés, car on ne peut pas jouer ainsi avec le feu, dans une case remplie de coton et de produit inflammable.

Il s’agit de cette fameuse théorie qui veut faire croire au Malien, que la limitation du mandat présidentiel est anti-démocratique, et que ce serait une véritable atteinte à la libre expression du choix populaire. Au Mali, sur cette question, on joue avec le feu.

Dans un article paru le 2 juin 2008, sous la plume d’une certaine Marie-Antoinette Sidibé, politologue et constitutionnaliste, on a pu lire des énormités qui me conduisent à dire qu’elle n’est pas plus constitutionnaliste que je ne suis astronaute. Par des pratiques pareilles, ces gens, de parfaits farfelus, discréditent les vrais intellectuels et créent la méfiance du peuple en ceux qui intelligemment et objectivement veulent distiller de sages conseils.

En écrivant « force serait-il donnée au fait majoritaire qui s’exprimera alors contre un diktat imposé par des conférenciers dits nationaux », cette bonne dame (si elle en a le sexe) met bas le masque, car tout constitutionnaliste digne de ce nom, apprécie à sa juste valeur, ceux qu’on appelle « constituants » dans la vie politique. La Conférence nationale a été l’acte institutionnel fondateur du Mali démocratique, tout comme la Déclaration d’indépendance en 1776 aux Etats-Unies, les Etats généraux de 1789 en France, la Conférence nationale du Bénin en 1990 et j’en passe. A partir de ces assisses, des textes ont été adoptés, soumis au peuple souverain qui par voie de référendum a décidé de l’organisation des pouvoirs.

Pour le cas du Mali, il est indécent de prendre à la légère tout le processus qui a conduit à l’émergence de la démocratie. C’est une page de notre Histoire, écrite avec des lettres de sang, que nul n’a le droit de déchirer au nom d’intérêts égoïstes et bassement matérialistes. Ce sont en effet de pures logiques subjectives qui commandent les initiatives pour le déverrouillage du mandat présidentiel. Cette prétendue constitutionnaliste a l’outrecuidance de citer comme exemple à la base de son analyse des dinosaures décrépits et spécieusement qualifiés par tous les politologues sérieux de dictateurs.

Elle cite pêle-mêle : Paul Biya du Cameroun, Zine El-Abidine de Tunisie, Hosni Moubarak d’Egypte, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Lassana Conté de Guinée, Idriss Deby Itno du Tchad, Omar Bongo Ondimba et j’en passe, des hommes qui ne sont des références en rien pour le bien-être de leur peuple. Ce sont de tels personnages, honnis par tous, qu’une prétendue politologue constitutionnaliste cite pour illustrer ses propos. Honte à elle. Comment voulez-vous qu’avec des intellectuels de cet acabit, les jeunes générations aient confiance en leurs aînés dans la voie de la quête du savoir ?

Attention à ne pas jouer avec le feu

Ce n’est pas parce que la France ou des pays de l’Union européenne ont assisté sans piper mot que ces messieurs ont raison. Cette France et cette Europe où étaient-elles quand par milliards des dictateurs ont pillé nos caisses publiques ? Est-ce pour autant qu’il faut admettre la corruption et la délinquance financière et économique qui gangrènent la gouvernance démocratique de nos pays ? Si comme elle le dit le souhait de ATT est de se pérenniser au pouvoir et par cela modifier la Constitution que le Mali s’est donné après le sang et les larmes de ses enfants, je lui souhaite bonne chance.

Toutes ces personnes qui parlent de modifications constitutionnelles ne savent pas de quoi elles parlent, car ce que l’on peut en retenir, en Afrique, les révisions constitutionnelles tournent toujours autour des pouvoirs du président de la République, de son renforcement et de la soumission des autres institutions à l’exécutif sur le rallongement du mandat ou sur sa non limitation.

On ne verra rien d’autre. C’est à n’en pas douter une véritable escroquerie politique, car c’est étant au pouvoir, tenant en main toutes les cartes, dont celle de la répression, que l’homme fort abuse de son pouvoir et tripatouille comme il le veut les textes fondamentaux.

Or, lorsque en 2000 à Alger, le sommet de l’Organisation de l’unité africaine décidait de donner un carton rouge à tous les putschs, l’OUA entendait s’inscrire dans une dynamique où l’alternance au pouvoir se ferait sur des bases juridiques objectives, sans modification malicieuse des règles du jeu politique. C’est cela que l’on retrouve dans la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Dans le préambule de cette Charte, les Etats africains déclarent qu’ils sont : « soucieux d’enraciner dans le continent une culture d’alternance politique fondée sur la tenue régulière d’élections transparentes, libres et justes, conduites par des organes électoraux nationaux, indépendants, compétents et impartiaux ;

Préoccupés par des changements anticonstitutionnels de gouvernement qui constituent l’une des causes essentielles d’insécurité, d’instabilité, de crise et même de violents affrontements en Afrique ».

Pour ce faire, la Charte s’insurge contre « tout amendement ou toute révision des constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique ». Article 23 paragraphe 5 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

ATT et les siens peuvent bien dire, l’Union africaine on s’en fout.

Ce sera alors du pain béni pour les Maliens de s’opposer par la force à tout coup d’Etat institutionnel, suite au déverrouillage de la limitation du mandat présidentiel, ce qui instaurerai un pouvoir monarchique et personnel. De plus, des mécanismes dans l’ordonnancement juridique international admettent alors la violence comme ultime recours du citoyen, contre l’ordre établi.

Nous convierons les Maliens à cela, nous exigerons toutes les formes possibles d’actions, de la désobéissance civique à l’affrontement armé, car lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. Ces mots étaient écrits dans la première mouture de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 24 juin 1793 en son article 35.

Des références

Sur ce point des références existent dans la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, un pays que sauf mauvaise foi, on ne saurait suspecter de ne pas pratiquer la démocratie dans son préambule dispose : « Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future ». C’était parlant du peuple des 13 colonies, qui se révolteront contre la couronne britannique.

La Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen dont le préambule fait de la violence l’ultime recours contre la tyrannie : « Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'Homme soient protégés par un régime de droit pour que l'Homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression ».

L’Afrique s’en est sortie des années du parti unique mais par l’incurie de potentats bornés, elle est en train de reculer dans les affres du pouvoir absolu. En effet, tout politologue sérieux sait qu’avec la démocratie, l’alternance est le ferment essentiel pour sa consolidation. C’est en cela que la démocratie célèbre et magnifie l’Etat, lequel demeure, alors que les régimes qui sont en perpétuels mouvements, passent.

La démocratie s’oppose au régime de dictature, caractérisé par le règne d’un homme et de son clan, la patrimonialisation du pouvoir qui devient héréditaire comme on l’a vu en Syrie, peut-être en Egypte, voire au Sénégal. C’est bien là signe de régression.

Dans son manuel de Droit constitutionnel, le doyen Marcel Prelot, dans les mécanismes de prise du pouvoir cite volontiers celui effectué par la violence. D’autres constitutionnalistes, comme Hauriou, Burdeau et même Mazeaud, justifient ce mode de prise de pouvoir lorsque les règles sont faussées pour asservir l’intérêt général à des intérêts personnels ou claniques. Le Mali connaît le prix qu’il a payé pour s’affranchir de la dictature militaire. L’Histoire nous apprend qu’un peuple qui s’est libéré, fera tout pour éviter les chaînes.

Il serait sage pour tous les apprentis sorciers de ne pas réveiller le chat qui dort. ATT a échoué, il le sait. Ce ne sera ni son PDES ni aucune autre formule magique qui le sortiront de son incompétence et de son incapacité à gérer ce pays. La source du pouvoir, c’est aussi l’adhésion populaire, enthousiaste de toute une nation. C’est ainsi qu’on réalise de grand dessein.

Or, élu dans les conditions qu’on sait, par une fraude sans pareille dans l’histoire du Mali démocratique, et là c’est non seulement l’ancien président de la Cour constitutionnelle qui a fait le constat, mais aussi, le directeur national de l’Intérieur, maître d’œuvre des élections, ATT ne peut se prévaloir d’aucune légitimité. Attention donc à ne pas toucher à ce qui est issu du plus cher des Maliens leur sang. Conformément aux vers de notre Hymne national :

« Si l’ennemi découvre son front

Au-dedans ou au dehors

Debout sur les remparts

Nous sommes résolus de mourir… »

Le Mali n’a pas besoin d’un messie, comme on semble présenter ATT. Ces hommes providentiels, les cimetières en sont remplis. Alors qu’on laisse cette démocratie malienne vivre ses alternances, sans tripatouillage de la Constitution, le peuple décidant librement, à qui il confiera son destin.

Les faits démontrent déjà à suffisance les libertés que le général-président prend avec la loi :

- arrestation de journalistes ;

- interpellation tous azimuts ;

- violation de la loi par ses soins ou ceux de ses affidés ;

- banalisation de la corruption et de la délinquance financière et économique ;

- promotion de personnes épinglées par les structures de contrôle pour fait de malversation ;

- interdiction de marche ;

Et plu grave, une gestion à vue du pays sur tous les plans d’où :

- une école sclérosée et anémiée intellectuellement ;

- une administration sans âme et sans repère ;

- une justice aussi corrompue qu’inefficace ;

- une armée incapable de défendre l’intégrité du territoire ;

- une police maladivement corrompue

- un service de santé ressemblant plus à un mouroir, etc.

En quoi le principal responsable d’une telle déconvenue peut-il se targuer de vouloir continuer à gérer le pays au point de s’affilier des mercenaires de la pensée ou de la plume, comme ce cacique du clan CMDT, ancien ministre de Alpha Oumar Konaré et artisan du hold-up électoral de 2002, j’ai nommé Ousmane Sy. Toutes ces personnes devraient laisser en paix ce Mali, ne serait-ce que pour le repos de l’âme des martyrs, qu’ils ont souillé par leur pratique.

Et puis, tant qu’on y est pourquoi ne pas aussi sauter le dernier alinéa de l’article 121 de la Constitution : « tout coup d’Etat ou putsch est un crime imprescriptible contre le peuple malien » et le remplacer par cet autre, « le coup d’Etat est la solution à l’organisation chaotique des élections. Le peuple a le droit d’en user ».

Almamy Z. Touré

(expert en gouvernance)

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EXAMENS DE FIN D’ANNEE

La CPS se dit confiante pour le DEF

En dépit des perturbations de l’année scolaire 2007-2008, dues aux grèves intempestives des enseignants, la Cellule de planification et de statistique (CPS) du ministère de l’Education nationale se dit confiante de la bonne préparation de l’examen du diplôme d’études fondamentales (DEF).

A la CPS, on note que les établissements du fondamental ont épuisé leur programme. Ce qui font dire aux autorités scolaires le bon niveau de préparation des élèves. Initialement prévu pour le 5 juin, le DEF a été finalement reporté au mercredi 11 juin 2008 à cause de la grève des enseignants du secondaire.

Pour les autorités scolaires, qui n’ont pas été en mesure de nous donner le nombre de candidats au DEF, tout est fin prêt pour que les épreuves se déroulent dans des conditions optimales. Cependant, à la CPS on reconnaît un léger retard dans la réception des listes des candidats en provenance des centres d’animation pédagogique (Cap). Comme d’habitude, les épreuves auront lieu dans un intervalle de deux jours pour les candidats réguliers et une semaine pour les candidats libres, avec les professeurs, assure-t-on, disponibles pour la surveillance.

Au Centre d’animation pédagogique (Cap) de Banankabougou tout comme au Cap de Kalabancoro, l’on nourrit déjà l’espoir de la bonne réussite de l’organisation du DEF aux plans matériel et humain. Le responsable de la CPS affirme par ailleurs avoir prévenu les Cap censés informer les établissements retenus comme centres d’examens.

Sètè Traoré

(stagiaire)

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EPILOGUE

La hausse intolérable du prix du ciment

L’architecture au Mali ainsi que dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, a été pendant des siècles à base de banco, de bois et de paille. La case ronde en banco (argile), surmontée d’une toiture en paille, fut dans les siècles antérieurs à la colonisation, le type d’habitat le plus répandu que l’on retrouverait chez presque toutes les ethnies.

Des matériaux comme la pierre et le fer y étaient absents et ne furent sollicités que sous la colonisation. Le travail du banco se fait simplement par les villageois, sans maçon professionnel et généralement en groupe. Lorsqu’un habitant décidait de construire sa maison, il confectionnait d’abord des briques en banco puis se faisait aider dans la construction par d’autres villageois qui n’exigeaient pour cela aucun salaire.

La case ronde ainsi construite était ensuite recouverte d’un toit en chaume. Les maisons dites en terrasse, imitées des maçons d’Afrique du Nord (dans certains textes, on les dit arabes) qui vinrent assez nombreux chez nous dans la foulée de la conquête marocaine de 1591, étaient aussi construites en groupe dans les pays du Sud.

On dit bien dans les pays du Sud, car au nord et dans le delta central qui connurent ces types de maisons avant ceux du Sud, très tôt des corporations de maçons professionnels virent le jour dans des villes comme Tombouctou, Djenné etc., qui avaient le monopole de la construction des maisons.

Dans ces villes, le style architectural, bien que de terre comme au sud, était plus compliqué que dans les autres parties du couloir nigérian à cause du professionnalisme des maisons construites par les architectes maghrébins et qui y érigèrent des mosquées et des maisons en étage. Toutefois qu’il s’agisse du Nord ou du Sud, les maisons étaient toutes en banco, en argile travaillée de différentes manières avec de matériaux plus ou moins résistants comme le bois, le bambou et les lianes.

Le ciment, obtenu à partir du calcaire ou d’une autre substance analogue, ne fut introduit dans notre société que sous la colonisation. Il fut d’abord utilisé dans la construction des camps militaires et des postes administratifs à la fin de la conquête militaire, puis plus tard dans celle des colons et des administrateurs civils.

Dans tous les cas, ce ciment provenait essentiellement de la France et de quelques colonies comme le Sénégal où de la France était présente depuis la deuxième moitié du XIXe siècle (vers 1850). Durant la période coloniale, après 1945 quelques usines de ciment se créèrent dans les colonies et fonctionnèrent jusqu’aux indépendances en 1960. Mais en fait de cimenteries, c’étaient plutôt des points de vente du ciment, des magasins et des entrepôts de ciment que géraient certains colons de véritables usines de ciment.

Quoi qu’il en soit, la maçonnerie à partir du ciment va modifier le comportement des travailleurs du banco parce que le travail de celui-ci est plus simple que celui du ciment qui demande un peu d’apprentissage.

A l’indépendance en 1960, la France arrêta ses livraisons de ciment au Mali et le régime de l’US-RDA implanta une cimenterie à Diamou dans la région de Kayes avec l’aide de l’assistance technique soviétique. La société ainsi créée porta le nom de Société de ciment du Mali ou Socima, qui était une entreprise d’Etat spécialisée dans la production du ciment et des canaux à partir du calcaire extrait de la mine de Diamou.

En dépit des problèmes, de son ouverture en 1969 à sa fermeture vers 1991, elle permit, à moindre coût, de couvrir les besoins du pays en ciment. L’usine fonctionnait à plein régime et le ciment s’achetait très bien. La preuve, c’est que dans cette période, au Mali, à part quelques riches citoyens qui faisaient venir leur ciment d’ailleurs (pour des motifs politiques le plus souvent), l’essentiel des constructions se fit avec ce ciment local.

Quand on regarde les prix du sac de ciment de cette époque et qu’on les compare à ceux de maintenant, on a le sentiment qu’il ne s’agit pas du même produit et du même pays, tellement les prix ont grimpé, s’étant presque multipliés par 10.

Dans les années 1991, la Socima dut fermer ses portes pour des raisons économiques assez difficiles à comprendre, mais découlant de l’application du Programme d’ajustement structurel (PAS). Tant que le Mali produisait lui-même son ciment, ce produit fut à la portée du citoyen moyen, mais dépendant de l’extérieur à cause de la liquidation de sa cimenterie, ce matériau est devenu un bien précieux que seuls les riches peuvent s’offrir.

Le ciment importé des pays de la sous-région (Sénégal, Togo, Côte d’Ivoire) coûte si cher que présentement la plupart des chantiers sont arrêtés. Sous le prétexte que le transport est très onéreux et que la hausse des prix des articles est mondiale, et non plus seulement malienne, les commerçants imposent à notre peuple des conditions drastiques d’acquisition du ciment. De surenchère en spéculation, le prix du ciment est devenu incontrôlable et chaque commerçant, au nom de la liberté du marché, le vend au prix qu’il veut.

Maintenant, les gens se disent que la Socima n’a été fermée que pour permettre aux importateurs de ciment de le faire entrer à des conditions favorables et de réaliser ainsi de gros bénéfices sur le dos du peuple. Et ce sale boulot se fait en collision avec des hommes politiques qui par ailleurs se disent patriotes et démocrates.

Facoh Donki Diarra

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