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2008

Mois de juin

Les Echos du 03 Juin

 

NORD-MALI

Zeïda, mon oncle touareg

Au Mali, il est aujourd’hui plus que jamais utile de nouer des ponts de dialogue et de compréhension entre la minorité et la majorité.

Le colonialisme a été un des événements les plus dramatiques de l’Histoire africaine avec la Traite. La colonisation a réussi, d’abord par la politique du « diviser pour mieux régner » et ensuite, en semant les graines tenaces de la chienlit de l’intolérance, de l’extrémisme et de l’explication « scientifique » d’un banal phénomène tribal.

Au Rwanda, la création artificielle d’une « ethnie » tutsie rivale d’une autre hutue, a conduit au génocide de 1994. Des peuples qui avaient toujours vécu ensemble se regardent désormais en chiens de faïence, notamment au Kenya, au Zimbabwe ou en Somalie. C’est dire que les élites africaines ont la responsabilité historique d’effacer les traces, les survivances de ce cancer qui entrave toute œuvre de développement.

Ce détour me permet d’aborder le cas spécifique du Mali où, depuis l’indépendance, des rébellions ou révoltes successives secouent le Septentrion. A la vérité, il faut dire qu’entre le Nord et le Sud, entre la minorité tamashek (touareg) et la majorité noire, il n’y a jamais eu de dialogue direct, très peu d’échanges et surtout il y a beaucoup d’ignorance.

Il se trouve aujourd’hui des milliers sinon des millions de Maliens qui n’ont jamais vu un Touareg en chair et en os, même s’ils sont citoyens du même pays. Ce n’est pas seulement la faute de la colonisation. Mais il faut reconnaître que l’œuvre coloniale, du moins dans son agonie, n’a pas facilité les choses en campant des portraits sociologiques sommaires, partiaux, erronés et grossiers des uns et des autres.

Le Noir du Sud est devenu cet éternel enfant fêtard, insouciant, procréateur devant l’éternel, daba à la main et travaillant comme une bête de somme ; le Touareg du Nord s’est vu coller cette fausse représentation de brigand amateur de razzia pour vivre et incorrigiblement esclavagiste, refusant d’aller à l’école ou de se soumettre à une autorité organisée.

En 2008, hélas, comme on le voit au Niger, des Africains font encore appel à d’anciennes puissances coloniales pour arbitrer des conflits qu’un dialogue national sans préalable ni préjugés peut trancher à la satisfaction de tous. Parce que dans un pays, la première règle doit être la connaissance de l’autre et non l’indifférence. Après 48 ans d’indépendance, il est triste de constater que des préjugés de 1960 continuent encore à alimenter les débats au Mali. Chacun est convaincu de sa vérité et personne ne souffre d’entendre le point de vue l’autre.

Il y a deux semaines, j’ai laissé un message avec mon courrier électronique sur un forum en demandant aux participants de me donner des informations sur la situation à Kidal dans le cadre d’une rencontre avec des étudiants. Quelqu’un qui se cache lâchement derrière un pseudonyme m’a envoyé un message dont voici l’extrait le plus nauséeux : « Tu montres maintenant ton vrai visage d’ennemi du Mali en revenant fréquenter kidal.info, le site Internet des bandits armés. Continue à faire ami avec ces vipères et tu verras… » S’ensuit une série d’injures, d’appels à la violence et à la haine que je ne peux reproduire ici.

Je ne connais pas les bailleurs de fonds de kidal.info. Cependant, je peux certifier une chose : Kidal.info n’est pas le site de Bahanga et de ses amis. Il y a, parmi les forumistes, des pompiers et des pyromanes, mais, globalement, la majorité des contributions sont faites par des gens pondérés, adultes, mesurés et ayant une connaissance de leur sujet. En plus, une équipe de modération filtre les messages afin d’empêcher les appels à la haine ou à la violence. Le reste relève de la liberté d’expression. Toutefois, le plus important dans ce message haineux n’est pas l’attaque contre un site, mais la charge négative contre tout un peuple. Et cela m’a rappelé de mauvais souvenirs.

Selon les lois de la guerre

Nous étions au milieu des années 70 à Sendégué (non, ce n’est pas sur la planète Mars, juste un arrondissement de la région de Mopti, sur un bras du Bani). Le gouverneur de région, Ibrahim Harwalo Maïga, un gendarme surnommé « 5400 », deux de ses collègues et mon père étaient en conversation devant la porte d’entrée du bureau d’arrondissement.

Puis, soudain, un gendarme se tourne vers mon père et lui lance en tirant de manière méprisante les lèvres : « Mon commandant, je ne savais pas que vous aviez des amis parmi ces gens-là ! »« Ces gens-là » avaient pour représentant Zeïda, un Touareg de la zone de Menaka, ami de mon père jusqu’à ce que la mort les ait séparés en 1977. Le paternel avait répliqué au gendarme en ces termes : « Ces gens-là sont des Maliens comme vous et moi, ce monsieur a sauvé la vie de mon fils sans me demander une fortune alors que vos docteurs le disaient condamné. Ces gens-là sont mes amis. Ça va ? »

Le gouverneur Maïga fit un sourire et se contenta de murmurer : « En voilà une discussion ! ». Le gendarme enchaîna : « Je parie que si je prononce tout de suite Diby Sillas, il va détaler comme un lapin ! » Un autre lui répondit : « En tout cas, nous savons tous comment Diby a fini ses jours. Ce type a commis trop d’atrocités dans le Nord… »

Je me souviens que mon père avait cité Sékou Sallah Sidibé, le sage qui repose à Ouoro Boubou (Que Dieu l’accueille dans son paradis) : « La force n’a d’utilité pour le pouvoir que quand il peut la montrer en priant de ne jamais avoir à l’utiliser car, le jour où il en fait usage, il perd sa légitimité ». Lui, formé dans la mentalité coloniale pour casser du Nègre au profit des Blancs, avait ajouté : « Si vous croyez que Diby Sillas a fait œuvre utile au Nord, détrompez-vous ! Car, les enfants qui ont vu leur père, mère, frères et sœurs sauvagement assassinés n’oublieront jamais. Ils vivront et grandiront avec la boule de la vengeance dans la gorge. Tôt au tard, ils prendront les armes et cette-fois, 1963 sera une plaisanterie ».

Le lendemain de cette conversation qui s’était poursuivie avec les quolibets et propos racistes du gendarme surexcité qui avait de la peine à se contrôler, nous étions (les enfants du coin) autour de Zeïda qui nous racontait des contes touareg. Nous aimions beaucoup ceux ayant trait à la cosmogonie locale qui nous représentait un monde féérique.

Peu avant le crépuscule, quand il vit le même gendarme passer, Zeïda lui dit, dans son propre français, sans colère et je reconstitue de mémoire : « Mon frère, ce que tu as dit hier n’est pas bien. Je ne suis pas illettré. J’ai étudié en arabe et si je ne sais pas écrire le français, c’est parce qu’il n’y pas d’école chez moi. Je ne suis pas idiot et t’entendre vanter Diby Sillas m’a fait mal. Si tu ne connais pas ce que Diby Sillas a fait, viens chez nous, je vais te le montrer. Un militaire en armes, à la tête d’une troupe, qui débarque dans un village, aligne des femmes, des enfants et des vieillards et se met à les tuer au hasard ne mérite pas l’honneur d’un uniforme. Je ne te demande pas de m’aimer ou d’aimer les miens, mais tu n’es pas obligé de nous mépriser, de dire que nous avons mérité le massacre de 1963. Si j’étais un paresseux, je ne ferai pas la moitié du Mali assis sur le dos de mon chameau pour gagner ma vie ». Le gendarme a baissé les yeux. Il n’a jamais répondu.

Je pense que chaque Malien du Nord devrait avoir un ami du Sud et chaque Malien du Sud un ami du Nord. Ainsi, des gens comme Bahanga n’auraient jamais existé. La vraie vie, ce n’est pas faire l’apologie de la barbarie en se disant réaliste. Si l’armée malienne doit faire le travail pour lequel elle existe, ce sera pour protéger le Mali et laisser au Nord l’image d’une force démocratique qui sait défendre la patrie selon les lois de la guerre, sans commettre de crimes. C’est ce que veut la majorité des Maliens aujourd’hui. C’est ce que voulait mon oncle Zeïda qui avait épousé une peule du Macina en secondes noces, une femme peule très très noire.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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8e SESSION ORDINAIRE DU CESC

L’école, la vie chère et le Nord noient le recueil 2008

Le Conseil économique, social et culturel (CESC) a ouvert lundi à son siège à Koulouba sa 8e session ordinaire sur le recueil annuel 2008 des attentes, besoins et problèmes des populations. Mais l’actualité brûlante (école, la vie chère et la crise au nord), évoquée par le président Moussa Balla Coulibaly, a ravi la vedette à l’ordre du jour.

Le plus souvent, les sessions du CESC servent de tribune à son président, Moussa Balla Coulibaly, pour aborder les questions brûlantes de l’heure en vue de donner son point de vue reflétant celui de son institution et de faire des propositions. Il n’a pas dérogé à la tradition le 2 juin 2008 en parlant de l’école, de la vie chère et de la crise du Nord. Des thèmes qui se sont invités dans son discours inaugural de la 8e session du CESC.

Moussa Balla Coulibaly a affirmé, parlant de l’école qu’il « s’agit d’une préoccupation nationale majeure » à laquelle son institution a consacré plusieurs sessions avec des résultats disponibles. La vie chère constitue, selon lui, un phénomène économique plus conjoncturel que structurel se traduisant par le fait, que les revenus ne couvrent pas les besoins. A ses dires, l’action sur les prix et « l’Initiative riz » tentent d’y répondre.

Par contre, les actions perpétrées par les bandes armées au nord-est de notre pays sont une menace pour la nation. Il a interpellé cette même nation en invitant le Premier ministre et son gouvernement à organiser la réponse de la nation et que « cette réponse sera nécessairement politique et militaire ».

L’article 107 de notre Loi fondamentale donne mandat aux membres du CESC, de rencontrer tous les ans, les populations en vue de recenser leurs attentes, besoins et problèmes. Cette année, ils ont sillonné les 8 régions et les 6 communes du district de Bamako .

Analyser et adopter

Eu égard à l’importance de la colonie malienne vivant à l’étranger, le CESC a jugé utile d’élargir la concertation à la diaspora malienne de France et de la Côte d’Ivoire qui ont été rencontrées par le vice-président de l’institution, Mohamed Bassirou Camara.

Pendant deux semaines, les membres du CESC sont conviés à l’exercice consistant à analyser et adopter le recueil 2008 des attentes, besoins et problèmes des populations qui leur ont exprimé leur vécu quotidien, leurs préoccupations et des idées assorties de recommandations.

Moussa Balla Coulibaly, a par la même occasion, rappelé les événements qui se sont déroulés au CESC ces derniers mois. Il a parlé de la tenue du 19 au 21 mars 2008, de la 2e session ordinaire du CESC de la Cen-SAD dont le thème était « la problématique de l’eau dans l’espace Censad, besoins et attentes des populations ».

A en croire le président Coulibaly, les plus hautes autorités du pays ont instruit au CESC de revoir le cadre institutionnel d’analyse de la situation et de mener la réflexion sur notre système électoral, le statut de l’opposition, l’organisation et le fonctionnement des institutions de la République, l’objectif étant de faire des propositions visant à conforter le cadre juridique et la pratique de la démocratie.

Le président du CESC a indiqué que le résultat de leurs réflexions sur la réforme des institutions a été transmis à l’équipe chargée de ces consultations.

Abdrahamane Dicko

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ECOLE MALIENNE

Equation sans solution ?

Il est impératif que nous affirmions clairement les deux priorités absolues du système éducatif et scolaire : construire des citoyens et former de telle sorte que les diplômés trouvent un emploi.

Le Mali a mal à son école ! Cette affirmation est partagée par tous le pays et particulièrement par ceux qui sont les acteurs de l’école : les enseignants, les autorités, les parents d’élèves et les étudiants eux-mêmes. Chacun reconnaît que l’institution scolaire qui a jadis été une structure dont nous étions fiers constitue aujourd’hui un motif de désolation voir de honte !

Tous les maux de la société s’y retrouvent avec une acuité intolérable. Depuis presque deux décennies, l’école malienne se déambule comme un paquebot en déperdition. Qui prend du volume mais qui perd de la contenance. Qui s’alourdit mais en s’effritant menaçant de se rompre et de déséquilibrer l’ensemble de la nation dans ce qu’elle a de plus précieux, ses fils et ses filles !

Le Premier ministre vient de lancer le processus devant permettre de situer les maux dont souffre notre école et identifier les solutions adéquates à y apporter. Le Comité préparatoire du Forum national sur l’éducation à travers son président a reçu le 22 mai dernier sa lettre de mission.

Ce document indique clairement la volonté des autorités à restaurer les valeurs de l’école que sont l’éthique, la discipline, le travail et la réussite. Pour ce faire, il a été demandé au président du Comité de s’employer à ce que toutes les composantes majeures de l’éducation soient associées, écoutées et participent à cet exercice souhaitable. Avec l’objectif d’établir un consensus sur les difficultés et sur les voies d’amélioration.

Le Forum est prévu pour le mois d’août prochain avec au préalable des concertations décentralisées qui vont débuter incessamment et dont les conclusions serviront de trame à la rencontre nationale. Au sortir du Forum, à la rentrée 2008-2009, souhaitons que notre institution solaire puisse renouer avec un nouveau destin !

Les maux dont souffre notre école sont assez bien connus quoi que peu analysés dans le fond. Il est souhaitable que les acteurs de l’éducation n’évitent pas la critique et l’autocritique pour que les solutions puissent être envisagées sereinement. Les critiques à formuler sont variées et nombreuses et leur formulation sous l’angle de reproches faits à chaque acteur eu égard à ses responsabilités permettra de cerner de manière assez exhaustive l’ensemble des maux dont souffre l’école malienne.

Les parents d’élève que nous sommes sont l’un des premiers responsables de la situation que vit l’école malienne et qui est aussi une crise de l’éducation de manière globale, voire une crise de société. L’éducation a fui le champ familial pour être cantonné pratiquement à l’école. A ce titre, il est d’ailleurs illustratif de voir la dénomination du ministère de « l’Education nationale » qui n’est que le ministère de « l’Enseignement national ».

Nous avons décidé de confier l’éducation de nos enfants à l’école et uniquement à l’école alors que tout le monde sait qu’environ 60 % des facultés de l’enfant (sa personnalité, ses sentiments et émotions, ses moyens intellectuels…) sont pratiquement acquis avant qu’il n’ait 6 ans, âge où il entre à l’école. Or cette période de 0 à 6 ans est la période par excellence de l’éducation parentale.

Démission parentale

Au moment où l’enfant est à l’école, il passe encore plus de temps dans sa famille que sur les bancs (le temps scolaire dure en moyenne 6 h par jour) ; ce qui nous donne encore plus d’occasion de renforcer ses connaissances techniques et sociales, de bonifier sa conscience et sa morale et de lui inculquer des valeurs qui en feront un citoyen responsable.

Que faisons-nous ? On le laisse à lui seul et à la rue. On le laisse choisir ses champs d’intérêts, on est peu attentif à ses questionnements, interrogations, évolutions… Pour ceux qui ont la télévision y compris dans les zones rurales, on lui permet de s’occuper en consommant littéralement tous les programmes y compris les plus influençant et les moins recommandables. Ceux qui ont les moyens de s’offrir des enseignants à domicile, du personnel de maison… mettent leurs enfants entre les mains de ceux-ci pour compléter le tableau sombre de la démission parentale. Nous avons perdu l’autorité et nous ne la revendiquons plus.

Nous avons renoncé à la présence et à l’encadrement. Nous prétextons de nos occupations et de l’absence de parents ou de proches pour expliquer la situation. Peut-être ! Mais, toujours est-il que l’éducation a quitté la maison, l’endroit par définition qui fut son creuset. Autrefois, la communauté, le foyer, la famille, le clan (le « kabila » comme on le dit en bambara) complétaient ou suppléaient les parents.

Aujourd’hui, y compris dans les zones rurales, nous n’avons plus de « kabila », de clan ou de famille au sens premier du terme. L’exode rural, les migrations, la « modernité » et ses avatars (famille constituée du père, de la mère et des enfants, les enfants quittant la grande famille pour s’installer à part et jouir égoïstement de leurs ressources) sont passées par là.

Par nos choix de vie, la plupart importés, nos occupations, nos intérêts et désintérêts, nous sommes en train de nous éloigner de nous-mêmes !

L’autre facteur illustratif de la démission parentale est le peu d’intérêt qu’on accorde à la vie scolaire, aux établissements fréquentés par nos enfants et à leur gestion. Peu de parents connaissent les enseignants de leurs enfants. Peu de parents participent aux manifestations scolaires concernant leurs enfants. Peu de parents s’enquièrent de la situation de leurs enfants à l’école.

Peu de parents participent à la gestion des associations de parents d’élèves et autres comités de gestion qui, par ces faits, deviennent des coquilles vides et vident par la même occasion l’école de sa substance participative. Ces instances démocratiques doivent retrouver grâce aux yeux de tous. Elles doivent être présentes à tous les niveaux d’enseignement et fonctionner comme de véritables interlocuteurs des autorités, au moins au même titre que les organisations estudiantines. Nous devons tous nous y investir.

Caricatures

L’élève, l’étudiant, l’enfant est le bénéficiaire par excellence de l’école. Il s’y forge une personnalité et y acquiert une aptitude lui permettant d’exercer un métier devant lui permettre de mener son existence d’être humain, fonder un foyer, participer à la vie de sa communauté et de son pays. L’école est un élément crucial de l’éducation et un moyen unique d’affirmation de la personnalité de l’individu car constitue indéniablement le premier pourvoyeur de connaissances indispensables à sa vie sociale en tant qu’agent de production, de création de richesse et de soutien de famille. Nos enfants doivent intégrer intimement ces éléments et placer l’enseignement au dessus de tout.

Hélas ! Quand on écoute les élève et étudiants, on se rencontre que la plupart se pose en victime, en ayant des droits et s’exonère de toute obligation et surtout s’affranchit de toute limite pour obtenir ce qu’elle estime comme des « droits acquis ». Or, chacun sait qu’on a surtout les droits de ses devoirs !

Les enfants n’ont aucune conscience de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas. Ils sont perméables aux idées pernicieuses et aux tentations faciles (fraudes, corruption, quête d’avantage indu, manœuvres dilatoires…) et sont susceptibles d’utiliser des moyens condamnables et intolérables dans une société organisée.

L’organisation estudiantine n’est pas exempte de reproche. Sa tentation à utiliser des arrêts de cours pour se faire entendre, son mode de gestion qui n’est pas totalement démocratique, l’utilisation faite de certains équipements placés sous sa responsabilité, le mode de désignation de ses leaders qui ne fait pas place à la promotion de l’excellence, la virulence irraisonnée de certains propos employés… sont à porter au débit de cette association.

Ces facteurs, auxquels il faut ajouter l’évolution de nos sociétés déboussolant fortement la jeunesse, rendent les élèves et étudiants également responsables de la faillite du système éducatif. Mais ils ont des circonstances atténuantes car ont été plusieurs fois instrumentalisés, gavés de promesses et de fausses illusions, laissés à eux-mêmes par leurs parents et ont dû finalement essayer de trouver eux-mêmes leurs propres voies. Ce qui est un peu trop lourd pour leurs frêles épaules.

L’enseignant est la pierre angulaire du dispositif scolaire, celui qui procure le savoir et quelque fois le savoir être. Celui qui constitue l’une de nos références, celui dont on se souviendra toujours car il contribue à faire de l’individu un responsable. L’enseignant doit être le bâtisseur de l’école. Cela fut longtemps le cas mais l’est de moins en moins malheureusement. L’enseignant est devenu syndicaliste jusqu’à la caricature ! Il a plus de considération pour le revenu et le confort que la qualité du savoir enseigné. Il s’intéresse plus à ses avantages qu’au sort des apprenants. L’enseignant ne vise plus la performance, l’excellence pour lui-même et ses étudiants. La formation, l’autoformation, la recherche sont devenues de simples mots sans contenu dans nos facultés à quelques exceptions notables près !

Les enseignants donnent l’impression d’un corps bigarré d’éléments très dispersés et aux intérêts quelque fois divergents. La division syndicale accroît cette impression et est à la base de plusieurs situations dommageables.

Les maux qui minent la société comme la corruption, la dégradation des mœurs, la quête de la facilité et l’utilisation des « raccourcis » pour progresser ont malheureusement imprégné le monde de l’enseignement avec des conséquences dommageables en termes de qualité d’enseignement mais aussi et surtout en termes de moral et de conscience des enseignés.

L’administration scolaire n’est malheureusement pas épargnée par cette situation. Elle illustre en cela les nombreuses insuffisances imputables aux autorités dans le domaine scolaire.

L’Etat est l’autorité vers laquelle tout le monde se tourne quand on parle de l’école. A juste titre, car il est chargé de la mise en place et de l’organisation du dispositif et surtout est chargé de s’assurer de son fonctionnement optimal. En cela, il est le premier responsable du fiasco même si sa responsabilité n’exonère en rien celle des autres composantes évoquées ci-dessus.

On peut reprocher à l’autorité une carence dans la vision qu’elle doit avoir de l’école. Quand on parle d’école, l’Etat présente des chiffres en ce qui concerne le taux de scolarisation (près de 70 %), de construction d’écoles (presque une école par village au Mali, soit environ 12 000 établissements), de salles de classes, de manuels scolaires distribués (environ 2 millions chaque année)… Mais rarement de taux d’emploi, de réussites post-universitaires… Autrement dit, on évoque les moyens mais pas le résultat. Or en matière d’enseignement comme dans d’autres matières, c’est le résultat qui compte ! Nous disposons de peu d’information sur l’école que nous devons avoir, qui est nécessaire pour le pays et qui contribuera à son progrès. Il nous faut cette vision. S’il y a un secteur qui a besoin d’orientation, c’est bien celui de l’enseignement !

Nécessaire adaptation

Les programmes d’enseignement datent de plusieurs décennies, conçus à une époque où les enjeux étaient différents dans des circonstances particulières. Ils doivent être revus et rendus modulables en fonction de l’orientation qu’on se fixera. Leur conception et leur application nécessiteront un effort sans précédent de formation des enseignants. Un domaine où le bât blesse au niveau des actions de l’Etat. Nous n’avons pas eu ces vingt dernières années une véritable politique de formation des enseignants, faute à l’ajustement structurel s’entend-on dire !

En la matière l’Etat a comblé ces déficits par un effort sans précédent de recrutement de contractuels dont le nombre dépasse les effectifs de fonctionnaire, ce qui manque de déséquilibrer le système. La qualité de l’enseignement a aussi baissé du fait des profils quelque fois contradictoire entre l’enseignant et la matière enseignée. Dans le supérieur les fonctionnaires sont encore majoritaires, mais ne disposent pas de système de formation continue et post-universitaire, sont pénalisés par l’inexistence de cadre de recherche et l’absence de toute collaboration avec le secteur privé.

L’une des critiques importantes et fondées qui est faite à l’Etat est la perte d’autorité sur l’école. Cette perte d’autorité va de la petite école dont l’espace n’est clôturé à l’université ou le campus est le lit de tous les trafics, de toutes les manœuvres frauduleuses et de toutes les dépravations possibles et imaginables. L’école est sacrée et cela s’illustre d’abord par l’inviolabilité de ses enceintes et de toutes ses enceintes.

En pénétrant dans un environnement scolaire, toute personne doit savoir qu’il s’engage dans un cadre d’ordre, de sérieux, de rigueur qui sied à un espace d’apprentissage ! L’autorité, c’est également le respect de l’administration, des enseignants, de la propreté, de l’hygiène et le bannissement de tout comportement négatif. L’autorité, c’est le respect et la soumission aux décisions des autorités administratives qui doivent bénéficier de toute la sollicitude et de toute la sécurité pour exercer leurs attributions.

Il arrive également dans les analyses que l’Etat se voit reprocher la multiplication des engagements non tenus ou l’utilisation de manœuvres de diversions, de divisions, de création de motifs de confrontations entre les acteurs ou, pire, de manipulation des uns contre les autres. Ce sont là des attitudes incompatibles avec l’exercice de missions régaliennes et d’exercice de responsabilités d’Etat. Il est difficile la preuve irréfutable de ces faits mais s’ils devaient exister, il faut les bannir et les agents utilisant de pareils subterfuges n’ont pas leur place dans le service public.

L’Etat doit assumer ses fonctions et engager des réflexions autour de certains axes importants mêlant la vision aux mesures courantes dans un cadre participatif mais respectant strictement certains principes de base que doit retrouver le système éducatif.

Notre système éducatif est à la croisée des chemins. Tout le monde en convient. Le Forum sur l’éducation doit permettre de déboucher sur les éléments stratégiques qui mettront de nouveau cette locomotive de la nation sur les rails du progrès. Pour ce faire, il doit permettre de dégager des priorités, déterminer les voies et moyens permettant de les atteindre et identifier les tâches revenant à chaque acteur pour ce faire.

Il est impératif que nous affirmions clairement les deux priorités absolues du système éducatif et scolaire : construire des citoyens et former de telle sorte que les diplômés trouvent un emploi.

Nous devons ensuite définir les voies et moyens permettant d’aller vers cela en l’espace d’une génération, soit 25 ans environ : mieux gérer les flux d’élèves et d’étudiants (environ 400 000 enfants par an arrivent dans le primaire et 30 000 diplômés sortent de nos écoles supérieures chaque année) en fonction des choix stratégiques, s’occuper du stock d’étudiants dans les écoles et universités par les dispositifs existant et à renforcer, utiliser les technologies d’informations et de communication de manière massive, utiliser toutes les ressources de la diaspora (réseaux, connaissances, moyens), utiliser fortement le marché de l’emploi et le secteur privé…

Aux décideurs enfin d’engager tout le monde dans cette voie avec quatre éclairages majeurs : tout doit se faire à la lumière des moyens de l’Etat, l’enseignant doit être sacralisé, l’autorité à tous les niveaux doit être restaurée et tout doit se faire de manière participative (Etat, corps d’enseignement, parents d’élèves, marchés de l’emploi).

Moussa Mara

(expert-comptable)

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RECHERCHE SUR LES MIGRATIONS MALIENNES

La Flash ouvre le débat

« Actualité de la recherche sur les migrations maliennes » est le thème d’un atelier qui a démarré lundi à la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines. Organisé par la Flash et l’Institut de recherche pour le développement, son objectif est de rassembler durant 3 jours des chercheurs ayant travaillé sur le sujet.

Pr. Amadou Touré et Dr. Badra Aliou Macalou, respectivement ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine ont coprésidé la cérémonie d’ouverture d’un atelier sur l’actualité de recherche sur les migrations maliennes.

Il est attendu de cette rencontre entre chercheurs africains, européens et américains, en poste et doctorants, un premier état des lieux de la connaissance sur les migrations maliennes. La rencontre, qui durera 3 jours, vise, selon ses organisateurs, à valoriser les recherches déjà effectuées, notamment celles des jeunes chercheurs, mais aussi à identifier les axes de problématisation de futures études.

Tous les compartiments de la migration seront discutés. En tout une vingtaine de présentations, regroupées selon une logique thématique de façon à favoriser la discussion, permettront de mettre en relief les trois orientations des mouvements migratoires.

« Migrations et réseaux professionnels » , « regard historique sur les migrations transafricaines », « itinéraires migratoires », « les migrations vers l’Europe », « migrations et développement » sont, entre autres sujets, qui seront développés par des chercheurs venus de la France, du Sénégal, des USA et du Mali.

Pour le doyen de la Flash, Salif Berthé, depuis un certain temps, face aux vicissitudes liées à la migration, le Mali accorde une importance marquée à l’étude du phénomène migratoire. A ses dires, sur le plan de la recherche, de nombreux travaux ont été menés. « Cependant, il n’existe pas véritablement de cadre de concertation permettant aux chercheurs d’échanger entre eux sur leurs travaux respectifs, de les valoriser et de les enrichir collectivement ».

Les ministres, qui se sont réjouis de la tenue de l’atelier, ont félicité la Flash et son partenaire l’IRD.

Pour le Pr. Amadou Touré, lorsqu’on voit les conditions des migrants refoulés et expulsés et des travailleurs sans papiers, plusieurs questions viennent à l’esprit. « Toutes ces questions interpellent non seulement les associations de la société civile de ces pays et du Mali, mais aussi le monde des chercheurs en sciences sociales ».

Les travaux qui seront sanctionnés par une synthèse assortie de recommandations, prendront fin demain.

Idrissa Sako

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CASE SANGA

Dabara et Fanaday réconciliés

Le lauréat 2007 de la 1re édition de l’émission de télé réalité Case Sanga, Mamadou Dembélé dit Dabara, a empoché le reliquat de sa prime s’élevant à deux millions de F CFA. Son contentieux avec Fanaday est éteint.

La cérémonie a eu lieu le vendredi 31 mai à Africabale. Accompagné de son manager, Alassane Fofana, du musicien Barou Diallo, Dabara a reçu des mains d’Ander Baba Diarra, DG de Fanaday, une enveloppe de 2 millions de F CFA en espèces. Cet argent représente le reliquat des 3 millions prévus pour la production du lauréat de la 1re édition de Case Sanga.

Dabara avait empoché un acompte d’un million et le reste était conditionné à la signature d’un contrat de production. Mais comme Dabara avait rechigné à honorer ses engagements, Fanaday avait de son côté bloqué l’argent.

Le contentieux est définitivement clos depuis le vendredi 31 mai 2008. Fanaday a accepté de lui payer son dû sans autre conditionnalité. Chacune des parties est désormais libre de ses engagements. Dabara a témoigné des bons souvenirs des rapports de collaboration avec Fanaday pour qui il s’est montré disponible à toujours travailler. Car, selon lui, il doit tout à Case Sanga et Africable, qui l’ont découvert. Pour joindre l’acte à la parole, Dabara a animé la soirée de présentation des cinq candidats de Case Sanga saison II le vendredi soir.

Le PDG d’Africable, Ismaël Sidibé, qui a assisté à la cérémonie, a salué la volonté des parties de se concilier. Il a encouragé Dabara à persister dans l’effort pour faire davantage découvrir son talent de musicien. Selon lui, les émissions de télé réalité Case Sanga et Case Saramaya « c’est moi la plus belle », coproduites par Africable et Fanaday, sont faites pour les jeunes et elles rentrent dans le cadre de la promotion de l’art et la culture malienne.

Abdrahamane Dicko

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MALI-CONGO : 4-2

La nouvelle page du foot malien ?

Le premier match des éliminatoires de la Can/Mondial-2010 sonne-t-il le renouveau du football malien ? En effet, avec un nouvel entraîneur et des joueurs requinqués, les Maliens s’attendaient à un bon résultat contre les Diables rouges du Congo. Djilla et ses coéquipiers leur ont offert cela en s’imposant par 4-2. Ce qui leur permet de mieux entamer les éliminatoires dans ce groupe 10 avant les déplacements périlleux de N’Djamena (7 juin 2008) et de Khartoum (14 juin 2008).

Visiblement, les Maliens par une forte mobilisation, voulaient vite tourner la triste page de l’élimination peu glorieuse de la Can« Ghana-2008 ». Le football a reconquis sa place dans la vie des Maliens depuis la célébration du « Ballon d’or » de Frédéric Oumar Kanouté (24 et 25 mai 2008) par le gouvernement malien.

On avait dépoussiéré les drapeaux et d’autres gadgets dont les vendeurs avaient repris d’assaut les carrefours stratégiques de la capitale. De Sikasso à Bamako, il était difficile de traverser un village sans voir le Vert-Jaune-Rouge de la souveraineté malienne. Il devait en être partout dans le pays. On était loin de la ferveur populaire dans laquelle le Mali était tombé à la veille de la Can« Ghana-2008 ». Mais, les Maliens se montraient disponibles à réécrire avec les Aigles la nouvelle page du football malien.

Et même le ciel, quelques heures avant le match, avait apporté sa bénédiction à cette ambition en arrosant Bamako. Ce n’était pas le déluge purificateur, mais une pluie bienfaisante qui a apporté plus de fraîcheur aux Aigles et à leurs nombreux supporters. Les protégés de Stephen Keshi se devaient donc d’être à la hauteur.

Et ils étaient là pour ouvrir le score dès l’entame de la partie, c’est-à-dire à la 55e seconde, par Seydou Kéita dit Seydoublen. Hélas, un bonheur de courte durée puisque Maha permettait aux Congolais de remettre les pendules à l’heure (4e minute) sur l’une de ses bévues monumentales. Heureusement que Police (Adama Coulibaly) était là pour faire le ménage et redonner espoir aux Maliens de la tête à la 32e minute.

Et pour donner à la rencontre une allure de vraie fête, Soumaïla Coulibaly a triplé la mise sur un boulet de canon à quatre minutes de la pause. Ces deux derniers buts ont été occasionnés par la vivacité de Seydou Kéita, de loin le meilleur joueur des Aigles sur le terrain.

D’ailleurs, c’est Seydoublen qui va exploiter une remise de la tête de Frédéric Oumar Kanouté pour marquer le 4e but des Aigles du Mali. Sans s’avouer vaincus, les Congolais réduisaient le score à la 74e minute par celui-là même qui avait égalisé à la 4e minute : Mouithym Mickalad.

Comme l’espérait le doyen Gaoussou Drabo, le déclic tant attendu a visiblement eu lieu ce dimanche 1er juin 2008 au stade du 26-Mars de Yirimadio. «Ce groupe de joueurs qui est l'un des meilleurs que nous ayons eus tient sans doute là sa dernière chance de se forger un destin qui le transporterait dans deux ans en Afrique du Sud. Et qui satisferait une attente populaire longue de quatre ans »… avait écrit le doyen. Et son appel semble avoir été entendu par Djilla (Mahamadou Diarra) et ses coéquipiers.

Le prologue a été écrit avec le cœur, le talent, la volonté de rachat et l’amour de la patrie. Gageons qu’il en sera ainsi pour tout le reste du parcours des Aigles dans ces éliminatoires Can/Mondial-2010 dont les phases finales auront lieu respectivement en Angola et en Afrique du Sud.

Alphaly

 

L’HOMME DU MATCH

L’étincelant Seydou Kéita

Fidèle à sa réputation, Seydou Kéita dit Seydoublen s’impose de plus en plus comme le métronome incontesté des Aigles du Mali. Dimanche, face aux Diables rouges du Congo-Brazzaville, la nouvelle recrue du FC Barcelone a confirmé tout le bien qu’on pense de lui, en parcourant la pelouse de long en large, en relayeur, en attaquant, en défenseur, mais aussi et surtout en buteur.

Toutes les actions dangereuses des Aigles portaient sa griffe avec sa force physique séduisante, sa maîtrise et son toucher de balle phénoménal, l’ancien joueur du FC Séville (Espagne) aura été le meilleur des Aigles et de loin le bourreau d’Oscar Ewolo, le capitaine congolais, et ses partenaires. Il n’a fallu que quelques secondes de jeu pour qu’il étale tout son talent en débloquant le tableau d’affichage sur une frappe lumineuse en pleine course au milieu d’une forêt de pieds congolais.

Comme si cela ne lui suffisait pas, Seydoublen, en complicité avec son désormais ex-coéquipier Kanouté, a inscrit le quatrième but du Mali et son doublé personnel. Après avoir amorti le ballon de la poitrine, il a battu le pauvre portier congolais Barrel Mouko.

Sa belle prestation a valu à l’ancien capitaine de Lens tous les honneurs et la standing-ovation du public. Son nom était sur toutes les lèvres à l’intérieur et à l’extérieur du stade. Si les Aigles ont dorénavant un maître à jouer, c’est bien Seydou Kéita, l’homme qui ne ménage aucun effort pour porter haut le flambeau national.

O. Ouologuem

 

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