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2008

Mois de juin

Les Echos du 02 Juin

 

LES FEMMES DU NORD PROTESTENT

« Halte Bahanga ! Ça suffit »

Les femmes œuvrant pour la paix et la promotion des droits de la femme et de l’enfant, main dans la main, ont lancé samedi 31 mai 2008 un cri de cœur à Ibrahima Ag Bahanga afin qu’il revienne à la raison, car disent-elles, il ne saurait y avoir de développement au nord sans paix durable.

Depuis le 23 mai 2006 et malgré les différents accords, le Nord du Mali est le théâtre d’attaques des éléments d’Ibrahima Ag Bahanga. Ils tuent à l’aide de mines antipersonnel, d’armes volées ou achetées dans les casernes. Le Mouvement national des femmes pour la sauvegarde de la paix et de l’Unité et la Fédération des réseaux de femmes africaines pour la paix (Ferfap), troublés, disent que trop c’est trop. « A chaque attaque, c’est un époux, un fils, un neveu, un père, un cousin qui perd la vie », martèle, la présidente de la Ferfaf, Dr. Mariam Djibrila Maïga. Et les femmes du Mali disent « Halte Bahanga ! Ça suffit ».

Le samedi, 31 mai au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba, elles ont rompu le silence à l’occasion d’une journée dédiée à la paix. La stratégie de bataille préconisée par les mères n’est pas celle des armes, mais le dialogue et la sensibilisation. « Les femmes de la Ferfap sont là pour dire non aux armes et le retour au dialogue », a affirmé Dr. Maïga. Le programme entrepris par les femmes s’intitule : « Initiative des organisations de femmes du Mali, Plaidoyer pour la paix dans la région de Kidal ».

Quand on sait que les femmes à chaque fois qu’elles se sont impliquées dans la gestion d’une crise ont vaincu, il n’a y pas de raison même pour les plus sceptiques de ne pas espérer sur l’issue de leur démarche. On le dit couramment, derrière chaque grand homme, se cache une femme.

Le cri de cœur des femmes a été de dire à Bahanga d’arrêter et de déposer les armes, de libérer les otages. En mères, sœurs, ces femmes de tous les horizons du Mali, tendent leurs mains à leurs frères qui ont pris le maquis afin qu’ils reviennent à la table de négociation, seul gage de paix durable.

A tour de rôle, les associations de femmes, les religieux, les jeunes, à travers le CNJ, le Parlement des enfants, la société civile, les élus de la nation, bref toutes les sensibilités du Mali ont dit : « Bahanga dépose les armes ! La paix acquise par les armes n’a pas longue vie ». D’ailleurs, des organisations des femmes œuvrant dans le domaine de la paix et de la promotion des droits de la femme et de l’enfant ont fait savoir leurs vœux à travers des affiches accrochées dans la salle Bazoumana Sissoko. « Non à la violence ! Non à l’usage des armes comme outil de revendication ! Oui au dialogue, à la concertation pour l’unité nationale et un développement durable » ou encore « Le Mali est un et indivisible. Respectons le Pacte national et les accords d’Alger ! »

Les enfants interpellent Bahanga

La présidente de la Ferfap, Dr. Mariam Djibrilla Maïga, a axé son intervention sur la nécessité d’un retour à la paix. « Il ne peut pas y avoir de développement sans paix », a-t-elle clamé. Celle qui entend mobiliser et renforcer l’engagement des organisations féminines du Mali dans la réconciliation entre les différents acteurs de la crise de Kidal et la consolidation de la paix estime que les crises internes, particulièrement celles armées, développent la haine entre des populations qui ont toujours cohabité dans l’entente et la cohésion.

« Quand il y a la haine entre les individus, elle crée l’antagonisme, affecte et retarde le développement » . A ses dires, les femmes du Mali ne connaissent pas cette façon de revendiquer « car on ne peut pas faire le développement dans la violence et dans la haine », a-t-elle souligné. Celles qui sont les premières victimes de toute situation de crise, affirment être pour le développement de stratégies de prévention des conflits, d’anticipation et de gestion non violente des crises.

Enfin, la Ferfap a invité les populations à ne pas « entraîner le pays dans une logique de guerre inutile et qui conduira à nous distraire de nos vraies préoccupations de développement ».

L’intervention de la présidente du Parlement des enfants, Fatoumata Sankaré a affecté plus d’un. Mlle Sankaré, après un long plaidoyer en faveur des enfants de Kidal, a supplié à Bahanga et sa bande à revenir enfin sur terre « pour que la paix s’instaure et que les enfants puissent aller à l’école dans un esprit serein ».

A travers la phrase du jour : « La plus belle vengeance, c’est d’aimer et pardonner tous ceux qui vous ont fait souffrir. Aimer et soutenez-les sans calcul et vous serez les plus heureux », les mères ont invité toutes les parties au pardon.

Le collage des messages des femmes et des jeunes sur la toile du plaidoyer des femmes du Mali pour la paix, qui va traverser tout le Mali à travers une caravane de la paix, a clôturé la conférence.

Elles ont demandé en outre la reprise de la médiation algérienne pour le retour de la paix. Une reprise pour laquelle le pays du président Abdelaziz Bouteflika a d’ailleurs donné son accord depuis deux semaines.

Amadou Sidibé

 

 

Les femmes du camp contournées

Les femmes du Mali, préoccupées par la crise au nord, ont tenu samedi une grande rencontre. L’événement fait suite au soulèvement des femmes du camp des gardes dont des enfants et époux ont perdu la vie lors de l’attaque d’Abeïbara. Celles-ci avaient décidé de marché sur le ministère de la Défense. Grâce aux efforts du chef d’état-major de la garde nationale, la marche n’a pas eu lieu.

Toutefois, les femmes du camp étaient toujours déterminées à manifester leur courroux. Pour mettre un peu d’eau dans leur vin, la rencontre de samedi a été initiée par l’Etat à l’intention de toutes les femmes du Mali. Les femmes du camp ont été transportées au Palais de la culture par des mini bus et des cars. Reste à savoir si cette action de l’Etat calmera les femmes des gardes qui étaient nombreuses à la rencontre.

 

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AXE BAMAKO-CONAKRY

Des coupeurs de route tuent un homme

Au moment où les autorités sont préoccupées par la crise du Nord, où les rebelles sèment la terreur, une autre forme de grand banditisme refait surface sur nos routes.

Après l’attaque perpétrée par des bandits sur l’axe Kita Bamako au début du mois de mai quand sept véhicules ont été arrêtés de force et dont les passagers ont été dépouillés de leurs biens, c’est sur la route Bamako-Conakry, précisément sur le tronçon Sébeninkoro-Kanadjiguila que des coupeurs de route ont élu domicile. Là-bas, ils n’hésitent pas à tirer à bout portant sur de paisibles citoyens.

Le dimanche 25 mai 2008, entre 19 h et 20 h, Oumar Sangaré dit Barou, âgé de 49 ans, teint clair, pétillant de santé, technicien supérieur du génie rural et faisant office de surveillant de la construction de ponts sur la route Bamako-Conakry a été sauvagement tué par des bandits armés.

Ce dimanche, Barou a quitté ses parents à Markala pour rejoindre son poste à Narena sur une moto de marque Yamaha YBR 125 de couleur rouge. Comme les travaux de la route battent leur plein présentement, au niveau de Kanadjiguila, une déviation est ouverte sur Samanko-II. C’est sur ce tronçon qui passe dans une forêt touffue que les bandits opèrent. Tapis dans l’obscurité, ils se servent des cordes pour faire tomber des motocyclistes qui viennent à passer pour s’enfuir avec leurs engins.

Barou qui ne se doutait de rien et qui n’avait qu’un seul objectif, celui de rejoindre son poste pour ne pas être en retard le lundi sur le chantier, est malheureusement tombé dans le piège. Après l’avoir déstabilisé à l’aide de la corde, les assaillants, qui ne s’attendaient pas à une farouche résistance, car il était gros et fort, ont certainement été obligés d’user de leurs armes. Son corps a été retrouvé, criblé de balles et son œil crevé. Ils ont pris la clé des champs avec sa moto.

Les éléments de la Brigade territoriale de Bamako ont ouvert une enquête. Mais, d’après de nombreux témoignages, cette attaque n’est pas la première du genre sur cette route qui devient de plus en plus dangereuse pour les personnes et leurs biens. Quelques jours avant l’assassinat de Barou, deux autres personnes ont été retrouvées mortes sur le même tronçon et leur moto Djakarta enlevée. Un autre motocycliste a échappé grâce à l’agilité de ses jambes en leur laissant sa moto.

Ces actes interpellent les autorités qui doivent prendre des mesures urgentes pour faire face à cette forme d’agression. Aussi les populations doivent-elles coopérer en dénonçant les suspects aux forces de l’ordre.

En attendant c’est dans la désolation que les obsèques de Barou ont eu lieu dans son Markala natal le mardi dernier.

Idrissa Sako

 

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RACHAT DE LA BIM-SA

De grands groupes sur la liste

L’Etat malien, dans le passé, avait tenté à plusieurs reprises de vendre la Banque internationale pour le Mali (BIM-SA). Mais, les repreneurs ne se bousculaient pas et les plus magnanimes offraient une reprise au franc symbolique. Cette fois-ci, les grands groupes se bousculent.

Le Crédit Lyonnais, déjà auteur d’une première tentative infructueuse, il y a quelques années, le marocain Attijariwafa Bank, à la recherche de capillarités pour son réseau africain, la Société Générale ou encore Ecobank, qui poursuit un programme effréné d’ouverture d’agences (une trentaine sont prévues à court terme), sont en gros les banques qui sont dans les starting-blocks pour le contrôle de la Banque internationale pour le Mali (BIM-SA).

Contrôler la BIM aujourd’hui, c’est d’abord prendre une banque au bilan particulièrement soigné, mais aussi un réseau de 55 points de vente et des parts de marché couvrant 15 % des dépôts et crédits. D’où l’âpreté du combat feutré qui oppose déjà les candidats à la reprise.

Le redressement de la Banque internationale pour le Mali (BIM) vient d’être bouclé, comme l’a annoncé Mamadou Igor Diarra, le PDG de l’institution, à l’issue du dernier conseil d’administration tenu mercredi 7 mai 2008.

Qui va alors l’emporter ? Wait and see !

Alexis Kalambry

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IL FAUT LE DIRE

Mourir en silence ?

« Vous pouvez marcher jusqu’à Gao ! » Ainsi parlait le président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) aux premières heures du processus démocratique dans notre pays. Nous n’allons pas nous étendre sur la charge ironique de la boutade parce que plus tard, le tombeur de GMT avait expliqué qu’au départ craintif, il s’était finalement vacciné contre la marche, alors expression la plus courante de la liberté pour laquelle le peuple a payé le plus lourd tribut.

Mais, revenu aux affaires par la grâce de Dieu et des urnes, le pouvoir du héros du 26-Mars se montre aujourd’hui particulièrement allergique à la marche. L’exercice n’est plus toléré tant qu’elle vise à dénoncer, à protester… Il faut plutôt voir dans la même direction que les princes du jour pour être autorisé à battre le pavé face à la crise alimentaire mondiale. Recul démocratique ?

Sans doute ! De fait, ces derniers temps, des associations et mouvements régulièrement constitués et totalement indépendants, sont empêchés d’exercer leur droit de marche contre la vie chère alors même qu’ils ont accompli les préalables et démarches nécessaires à leur action. Plus grave, à la moindre résistance, les organisateurs sont rudoyés par les forces de l’ordre ou interpellés. Dans notre Constitution non écrite, il serait donc interdit de marcher.

Il n’y a pas longtemps des citoyens ont marché et accepté jusqu’au sacrifice suprême pour qu’un nouvel ordre soit et l’on veut aujourd’hui que ce peuple dont ils sont issus continue de mourir de faim en silence. Pourquoi bon sang continue-t-on encore de citer le Mali en exemple de démocratie en Afrique alors qu’ailleurs (Cameroun, Burkina, Sénégal, Côte d’Ivoire…) des populations marchent à longueur de… semaine contre la flambée des prix ? Foutaise ! Et comme le dit l’autre, des gens peuvent toujours s’envoyer des lettres à eux-mêmes pour se féliciter et entretenir l’illusion qu’ici tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Pour notre part, nous disons adieu aux dix premières années de la démocratie au cours desquelles pour un oui ou un non, les Maliens marchaient, manifestaient leur mécontentement et s’en retournaient chez eux tant qu’ils ne cassaient pas ! Fini aussi le temps de la « Coppo-sition » où le mot d’ordre était à l’antipode même des règles du jeu démocratique ! Sous le règne en cours, tout le monde apparemment doit rentrer dans les rangs et mourir calmement d’inanition.

Au vu de la situation qui prévaut, des nostalgiques de l’ordre ancien pourraient se tordre de rire et expliquer qu’ils n’ont pas à rougir du multipartisme et de la consécration des libertés individuelles et collectives, car de leur temps on répondait à la marche par la contre-marche. Hélas ! L’arrestation de journalistes, les intimidations, les voies de fait et l’insécurité au nord… ajoutés à l’interdiction de fait des marches, font de notre démocratie un processus bien bancal.

« La faim sort le loup du bois », dit l’adage. Une nouvelle dose de vaccin contre la marche pour l’autorité suprême ne ferait de mal à personne parce que face à la mort il faut quand même qu’on nous laisse la possibilité de nous débattre et, en l’occurrence, à crier famine.

A. M. T.

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IBRAHIM KENO TRAORE, DIRECTEUR JEMENI

« Jemeni Motors achetera et vendra des véhicules »

La Caisse d’épargne Jemeni a créé une filiale, Jemeni Motors, qui s’est associée à la Coopérative des chauffeurs de taxi pour lancer une opération de renouvellement du parc. L’opération est montée avec les Iraniens d’Iran Kocro, qui sont arrivés depuis hier à Bamako. Nous avons approché le directeur de Jemeni pour savoir comment tout cela va se passer. Interview.

Les Echos : Qu’est-ce que Jemeni Motors ?

Ibrahim Keno Traoré : Jemeni Moters est une société anonyme qui a essentiellement pour objet l’achat et la vente de véhicules automobiles en partenariat avec la première société automobile d’Iran, Iran Kodro. Nous avons également pour objet, dans l’avenir, l’assemblage de véhicules au Mali. Jemeni motors est une société créée dans le cadre de l’Ohada et qui a essentiellement deux actionnaires : la Caisse Jemeni et la Fédération des chauffeurs de taxi qui a 12 %.

Les Echos : Comment l’opération est montée et quelles sont vos attentes ?

I. K. T. : La convention a déjà été signée en Iran en avril, lors d’une mission que nous y avions conduite. Cette convention porte sur la commercialisation d’un véhicule particulier appelé « Chamande ». Jemeni s’est engagé à mettre 500 à la disposition de la Coopérative des taxis courant 2008. C’est une opération qui porte sur 20 000 taxis sur 10 ans.

En plus du contrat de commercialisation de la « Chamande », il y a un contrat de marketing que nous avons signé avec une composante d’Iran Kodro appelée Iran Kodro Diesel pour la vente de minibus, camions, bennes et citernes à hauteur d’un million de dollars sur une année. Dans le cadre de la mise en œuvre de cette convention, un mémorandum a été signé dans lequel il est dit que les experts iraniens viendront à Bamako pour voir comment mettre en œuvre la convention. Une chose est de donner les véhicules, mais une autre est d’assurer la maintenance.

Les Echos : Quelle est l’implication du gouvernement malien dans ce grand projet de coopération entre Jemeni Motors et les Iraniens ?

I. K. T. : Le gouvernement malien s’est impliqué à trois niveaux essentiels : la facilitation effectuée par le chef de l’Etat en personne parce que lors des négociations préliminaires, les Iraniens avaient posé comme condition l’engagement des autorités du Mali, accompagner cette autorité de mise à disposition des taxis. L’Etat a joué un rôle de facilitation très important dans le cadre de la mise en œuvre de cette convention.

L’Etat nous a également assistés dans la négociation, parce que notre délégation a été accompagnée par un conseiller technique du ministère de l’Equipement et des Transports et par l’ambassade du Mali à Téhéran. Le troisième appui de l’Etat ne s’est pas encore matérialisé, mais a été affirmé net par le secrétaire général de la présidence. Il a dit que même s’il est besoin de garantir financièrement par rapport à ce projet que l’Etat est prêt à accompagner Jemeni.

Le quatrième aspect est que dans la mise en œuvre du second Projet sectoriel des transports, il y a des dispositions prévues au niveau du ministre des Transports concernant l’anneau de Bamako ou les couloirs de bus permettront de faciliter le transport en commun dans le district.

Les Echos : Nous savons que le transport en commun au Mali est très mal organisé. Que comptez-vous apporter comme changement au niveau des ressources humaines ?

I. K. T. : Je viens de vous parler du second Projet sectoriel des transports. Je crois savoir que l’Etat a prévu dans le cadre de la sécurité routière beaucoup de formation. Nos partenaires que sont les coopératives ont déjà bénéficié d’une 1re session de formation pour améliorer leur conduite dans le cadre du transport en commun. D’autres mesures sont certainement en cours dans ce sens.

Les Echos : Peut-on connaître le coût de l’opération ?

I. K. T. : Aujourd’hui, c’est une opération commerciale. Le coût pourra varier, mais selon les estimations, 5000 taxis coûteront 1 milliard et demi à deux milliards de F CFA globalement. Ça c’est le prix de véhicules livrés au dernier port iranien.

Propos recueillis par

Alexis Kalambry

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QUESTIONS AU PREMIER MINISTRE

Un citoyen interpelle le chef du gouvernement

Ces questions resteront sur les tablettes des journaux tant qu'elles ne seront pas répondues. Elles seront même commentées sur les antennes des radios libres afin de susciter une réaction de votre part.

1. Des jeunes ont accompli un travail d'enquête pour la DNSI (direction nationale de la statistique et de l'informatique). Depuis lors, ils peinent à se faire payer. On leur dit qu'il n'y a pas d'argent, alors que les fonds ont été versés par le partenaire.

2. On parle de plus en plus du recouvrement des 103 milliards volés à l’Etat. Je devrais dire la grogne monte à ce propos (on se souvient encore de la réponse, un peu trop facile, voire désinvolte que vous avez apportée devant les élus du peuple pendant votre Déclaration de politique générale). Peut-on savoir la stratégie que vous comptez mettre en place pour récupérer ces fonds ? Ou alors escomptez-vous mettre de votre côté le Temps, juge de tout ? On oubliera et plus tard on recommencera avec d'autres car vous, vous ne serez plus là. Vous aurez tiré votre épingle du jeu et tant pis pour celui qui aura en charge ce sale dossier comme vous avez en mains présentement celui légué par votre prédécesseur. Mais comment alors être crédible ? Vous dites aux syndicalistes que les caisses de l'Etat sont vides alors que d'autres, impunément, pillent ces mêmes caisses et vous ne dites rien. Ne pensez-vous pas que les syndicats eux-mêmes seraient vos soutiens si vous entreprenez une telle action d'assainissement ? Et qu'ils mettraient un peu moins d'ardeur à vous pousser dans vos derniers retranchements ?

3. Votre inamovible ministre des Finances a déclaré à la face des élus (juste à l'arrivée de M. Sarkozy en qualité de ministre) que l'Etat n'a pu entrer en possession de 75 milliards d'aide des partenaires faute d'avoir instruit les dossiers à temps. Peu après, il va casser la croûte, s'essuyer le front et se vautrer dans son fauteuil, satisfait de lui-même car il se fiche ou ne mesure pas la portée de ce qu'il a dit. Mais ce qui m'étonne, il est toujours là, et les bailleurs vont venir sous peu, et on va leur jeter de la poudre aux yeux. Quelles solutions ce cher ministre propose-t-il afin que de telles choses ne se reproduisent plus ?

4. Le récent passage des ministres en charge de l'Education devant les élus du peuple m'a laissé un goût amer (pas qu'à moi seul !) Mais surtout du côté de Mme. En effet, elle était visiblement mal à l'aise dans ses réponses et elle est restée entièrement dans le vague. Elle aurait pu donner l'information qu'il se fait beaucoup de choses en direction des écoles, grâce aux fonds publics et aux subventions des partenaires de l'école. Non, elle prend appui sur son pupitre, comme pour ne pas ployer sous le faix des réponses ou de la gêne, puis elle ne dit rien. Car, comment expliquer qu'on ne signale pas que des milliards sont consacrés à l'école (livres, classes, autres matériels) et que le mal demeure béant ? Pourquoi n'avoir pas avancé des chiffres aux représentants du peuple, même si ces chiffres ne profitent qu'à deux grands opérateurs, volontairement choisis par son département, au mépris de toutes les règles du marché que vous voulez davantage organiser ? Comment ne pas donner des informations sur les 50 millions de dollars de la BM, qui sont très certainement distribués et dont l'information est habilement camouflée ? Et les milliards du partenaire canadien ?

Cette proposition d'un député de procéder désormais au contrôle trimestriel des actions du gouvernement témoigne de la volonté des représentants du peuple de ne pas se laisser distraire, de vous apporter un appui, car il est avéré que les habitudes ont la vie dure et que votre équipe seule ne saurait éradiquer tous les maux et débusquer toutes les embûches dissimulées çà et là par d'habiles fossoyeurs de notre économie. Elle dénote aussi de la volonté de l'Assemblée de jouer pleinement son rôle. Elle veut dire en outre...

Attend-elle un autre audit du Végal, audit qu'on réfutera très probablement, encore une fois ? A quoi lui sert sa Cellule de communication, installée à grands bruits, et à la tête de laquelle se trouve un spécialiste chevronné ? Est-ce pour mieux biaiser la communication, pour emprunter l'expression de Les Echos ?

5. N'est-il pas temps de faire accompagner le compte rendu des activités de votre gouvernement par des chiffres ?

6. Enfin quel jugement doit-on porter sur un gouvernement qui déséquilibre son pays pour imprévision, négligence parce que des grèves interviennent trop souvent, et peu après, on éteint le feu, satisfait d'avoir laissé la démocratie fonctionner ? Quel jugement ou quelle sentence devrait-on prononcer contre un gouvernement qui refuse de sévir contre les grands voleurs et qui emprisonne les délinquants nés de souffrances et d'abandons... ?

7. Ces vendeurs de billets neufs ne vous gênent pas, M. le Premier ministre ? Ces sangsues qui nous vendent notre propre argent ? A un certain moment, on a tenté de les faire disparaître. Ils se sont « légalement » installés.

Je ne dirai pas beaucoup là-dessus : le jour où les banques, leurs complices, ouvriront leurs guichets et que personne ne se présentera pour y faire une quelconque opération, alors elles comprendront leurs douleurs. Sans clients point de banques. Alors, messieurs, exigeons de nos banques respectives qu'elles nous paient nos retraits en coupures neuves, chaque fois que nous faisons une opération ou alors nous demanderons à nos ministères respectifs de retourner à l'ancien système de paiement : le billetage. Cet appel s'adresse à tous les clients de toutes les banques. Avez-vous vu cette pratique ailleurs que chez nous ?

J'apprécie hautement « l'Initiative riz », qui résoudrait la « pénuriz » ; seulement qu'il y ait un suivi de toutes les actions afin d'éviter les prédateurs.

Mais à quoi donc servira votre truc sur la corruption ? A encore faire traîner les choses au niveau de la justice ? Pour que l'Etat n'entre jamais en possession de ses sous ? C'est de la diversion !

Allons donc !

Merci, à vous, et excusez-moi pour le ton quelque peu irrévérencieux. J'avais cela dans le ventre. Je devais l'en sortir.

Zantigui Coulibaly

(enseignant à la retraite à Sénou)

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