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2008

Mois de juillet

Les Echos du 30 Juillet

 

APPEL D’OFFRES PORTANT SUR 20 000 TONNES

Bakoré mange 10 000 tonnes de riz à l’Opam

Un marché de vente de 10 000 tonnes de riz importé à l’Office des produits alimentaires du Mali (Opam) vient d’être adjugé à Bakoré Sylla du Grand grenier du bonheur (GGB) pour 3,6 milliards de F CFA. L’appel d’offres a fait des mécontents qui l’ont fait savoir à la plus haute autorité de l’Etat.

Au moment où le président de la République se penche sur la moralisation des marchés publics avec la création prochaine d’une Agence, ce domaine se signale en mal.

La semaine dernière, nous parlions du recrutement d’un consultant par le ministère de l’Equipement et des Transports où le moins disant a été écarté au profit du plus disant, ce qui a provoqué l’ire du principal bailleur de fonds. Aujourd’hui, l’appel d’offres de 20 000 tonnes de riz dont 10 000 tonnes attribuées au GGB de Bakoré Sylla pour un montant de 3,6 milliards de F CFA va immanquablement défrayer une fois de plus la chronique.

L’opération remonte à février 2008 quand le gouvernement a obtenu auprès d’un pool bancaire dirigé par la Banque nationale pour le développement agricole (BNDA), le financement de l’achat de 20 000 tonnes de riz local pour 5,7 milliards de nos francs. Au niveau de la région de Ségou une organisation paysanne dénommée Pacem et des opérateurs économiques locaux ont été retenus pour 4000 tonnes. Pour le district de Bamako, l’offre des mêmes postulants de Ségou de même que GGB de Bakoré Sylla et GDCM de Modibo Kéita l’a emporté.

Cette offre portant sur le riz local a été plus tard abandonnée au profit du riz importé (thaïlandais et indien) en vue de faire face à la crise céréalière. C’est ainsi qu’une nouvelle offre a été lancée par l’Office des produits agricoles du Mali (Opam) et le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) avec des soumissionnaires comme GGB, GDCM, Fikane-SA, SMCC-SA, Astan Kouma.

L’offre de Fikena-SA (335 000 F la tonne à Bamako) et celles d’Astan Kouma et SMCC-SA qui ont proposé chacune 350 000 F la tonne à Bamako ont été jugées moins disant. GGB de Bakoré avait proposé 360 000 F CFA la tonne à Bamako et Mopti et 370 000 F à Gao. GDCM de Modibo Kéita avait été écarté pour avoir proposé une autre qualité de riz que celle recommandée par l’appel d’offres, c’est-à-dire le riz thaïlandais et indien.

Le gouvernement juge et partie ?

Quoiqu’il soit le plus offrant, GGB a finalement eu la grosse part du gâteau avec 10 000 tonnes, soit 3,6 milliards de F CFA. Il est secondé par la dame Astan Kouma qui a eu 2500 tonnes ou 875 millions de F CFA. Comment le plus disant s’offre un marché remporté par des moins disant ? Y a-t-il eu favoritisme ou délit d’initié dans cette affaire ?

Le PDG de l’Opam, Youssouf M. Touré que nous avons rapproché dit ne rien reproché à la commission de dépouillement composée des agents du Trésor public, du CSA et de l’Opam. Dans la note technique qu’il a bien voulu lire en notre présence, la Primature via le CSA a fait injonction à l’Opam de lui envoyer les documents de l’offre. La démarche de la Primature visait, selon le PDG, à voir s’il n’y a pas eu faille dans l’opération. Il faut préciser que des voix s’étaient élevées pour protester contre les conditions d’attribution de l’offre. Ces protestations ont été certainement entendues en haut lieu.

Le document mis à la disposition de la Primature le 28 mai y a passé 18 jours. Entre-temps, les trois adjudicataires (Fikane-SA, SMCC-SA et Astan Kouma) se sont désistés. Aux dires du PDG, ces derniers ont signifié qu’ils n’étaient plus en mesure d’honorer leurs engagements pour des raisons de délai et d’engagement avec leurs fournisseurs. C’est ainsi que GGB Bakoré Sylla étant seul en course et ayant manifesté son intérêt et sa capacité à satisfaire le marché a été retenu.

La question qu’on est en droit de se poser est de savoir les raisons de l’implication de la Primature dans un appel d’offres attribué à des sociétés dont l’offre respecte toutes les conditions de forme et de fonds. Est-ce que le mécontentement d’un individu doit-il empêcher l’attribution du marché aux plus méritants ou le gouvernement est-il juge et partie dans cette nième affaire scabreuse ?

Abdrahamane Dicko

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TIEMOKO DAO, SG DE LA COSES

« Nous irons au Forum sur l’école »

Le doute sur la participation de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses) au Forum national sur l’école est levé. Aux termes d’une rencontre avec le comité d’organisation le mardi 28 juillet dernier, la Coses a confirmé sa participation à cette rencontre. Juste après la rencontre, nous avons rencontré le SG de la Coordination, Tiémoko Dao.

Les Echos : Vous venez d’avoir une séance de travail en compagnie de certains membres de votre bureau avec le comité d’organisation du Forum national sur l’éducation. Quelles sont vos impressions au sortir de cette séance de travail ?

Tiémoko Dao : Vraiment au niveau de la Coses, nous sommes vraiment contents de cette rencontre parce que nous l’avons dit : pour un forum sur l’éducation aujourd’hui, il faut la pleine participation de tous les acteurs. Je crois qu’à travers cette rencontre, nous sommes contents des termes de référence de ce forum.

Les Echos : L’opinion publique se pose beaucoup de questions quant à votre participation à ce forum. Est-ce que vous pouvez, de façon claire, levez toute équivoque ?

T. D. : Oui, il n’y a aucun problème. Nous sommes prêts à participer au forum. Nous l’avons dit, il faut le diagnostic des problèmes de l’éducation au Mali. Il faut le faire ensemble et nous sommes prêts à participer au forum.

Les Echos : Quelles sont donc vos attentes à ce forum ?

T. D. : Ce que nous voulons essentiellement, c’est qu’aux termes de ce forum, les conclusions soient appliquées. On va faire un diagnostic réel de l’éducation au Mali. Il faut que les conclusions soient appliquées pour que l’éducation retrouve sa forme d’antan.

Les Echos : Une des caractéristiques, c’est que ce forum n’est pas l’endroit approprié pour les revendications. Cela a été dit et redit plusieurs fois. Vous vous inscrivez dans cette démarche ?

T. D. : C’est le système éducatif qui est malade. Nous allons faire un diagnostic réel et trouver des solutions appropriées à ces différents maux. Alors, nous avons dit dès lors que l’éducation retrouve son style d’antan, il faut des conditions. Peut-être que l’amélioration des conditions de vie et de travail des militants se trouve là-dedans. Mais, nous en convenons, ce n’est pas le lieu approprié pour proposer des revendications.

Propos recueillis par

Amadou Sidibé

 

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PRIVATISATION DE LA SOTELMA

Les investisseurs maliens imprégnés

L’ouverture du capital de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma) se traduira par le désengagement de l’Etat de 80 % au profit respectivement du partenaire stratégique 51 %, des salariés 10 % et des investisseurs institutionnels et du grand public 19 %.

Le 3 juillet 2008 s’est tenu à Paris, un espace d’échanges interactifs avec les investisseurs étrangers intéressés par le processus de privatisation de la Sotelma. Plus de 200 entreprises de télécommunications, banques d’affaires et financiers ont répondu positivement à l’appel de Paris pour avoir le maximum d’informations sur l’opérateur historique.

C’est dans cette dynamique que le ministère de la Communication et des Nouvelles technologies a organisé hier au CICB la conférence des investisseurs maliens intéressés par la privatisation. Objectif : leur expliquer les tenants et les aboutissants du processus de restructuration de l’opérateur historique des télécommunications.

La lettre d’orientation stratégique de la privatisation de la Sotelma prévoit une nouvelle structuration du capital dont 51 % seront cédés au repreneur, 19 % au privé national, 10 % aux travailleurs de l’entreprise et les 20 % qui restent demeureront toujours la propriété de l’Etat.

La cérémonie, qui a été présidée par la ministre de la Commission, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, a été marquée par différentes présentations ayant trait à l’environnement économique du Mali, à la Communication de régulation des télécommunications (CRT) et à la Sotelma.

Dans la présentation relative à l’environnement économique du Mali et faite par le ministre des Finances, Abou-Bakar Traoré, il est apparu que la caractéristique dominante de notre pays est la grande stabilité du cadre macro économique. « Malgré les contraintes, nous sommes un pays qui s’en sort mieux ». Et au ministre Traoré d’assurer, que pour l’amélioration du climat des affaires, son département travaille à la mise en place du guichet unique et à la réduction du coût des transactions.

A l’entendre, toutes les conditions sont réunies pour permettre aux investisseurs de s’installer et la seule obligation qui leur est faite tient au respect du cadre juridique et réglementaire.

En 2002, le Mali comptait 46 000 abonnés mobiles GSM et 57 000 abonnés fixes. Mais en fin 2008, ce chiffre est passé à plus de 2,4 millions d’abonnés mobiles GSM et près de 90 000 abonnés fixes. De quoi satisfaire la ministre de la Communication qui a présidé la cérémonie.

« Le Mali est dans le peloton de tête des Etats qui ont le mieux amélioré leurs taux de pénétration téléphonique grâce à l’action croisée des 2 opérateurs qui détiennent des licences portant sur l’établissement et l’exploitation de réseaux et services de télécommunications y compris les services de téléphonie fixe, les services de téléphonie cellulaire GSM, les services de transmission de données et les services de télécommunications internationales » , a-t-elle souligné.

Pour l’atteinte des objectifs de la Déclaration de politique sectorielle des télécommunications, le gouvernement a décidé d’articuler sa démarche autour de deux axes : l’ouverture du secteur à la concurrence et l’ouverture du capital de la Sotelma qui est centré sur la nécessaire adaptation de l’opérateur principal à un environnement national et mondial en mutation.

Mohamed Daou

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GIGOLOS

La prostitution masculine fait fureur à Bamako.

Si, à Bamako, il y a un phénomène qui gagne en ampleur, crise économique et mondialisation aidant, c’est bien la prostitution, « le plus vieux métier du monde ». Il suffit, une fois la nuit tombée, de circuler dans certains grands espaces pour s’en convaincre. Mais jusque-là, c’est la prostitution féminine qui reste la mieux connue et aussi la plus décriée. Pourtant, celle-ci n’est que le côté émergé de l’iceberg. Il existe bien d’autres formes de prostitution : les gigolos.

Les gigolos, forme de prostitution masculine destinée à une clientèle féminine, n’est pas à confondre avec la prostitution masculine pour la clientèle masculine. Il y a très peu de données chiffrées sur les gigolos. Les services offerts par les gigolos sont très variés : ils peuvent aller du simple accompagnement d'une cliente lors d'une soirée à une prestation sexuelle complète au cours d'une nuit partagée avec la cliente. Au Mali, ce sont des jeunes entretenus pas des dames âgées et fortunées.

En effet, même si elles restent les plus nombreuses, parce qu’économiquement et socialement vulnérables, les femmes ne sont pas les seules à pratiquer le plus vieux métier du monde. Les garçons aussi se prostituent. Mais de façon bien différente. Dans nos vieilles traditions (et selon les communautés), les filles se mariaient entre 14 et 16 ans. L’âge du mariage pour les garçons, c'était de 18 à 20 ans.

C'est le garçon qui, à travers sa famille, faisait les premiers pas en demandant la main de la fille qu’il convoite. Ou plus précisément, ce sont les parents du garçon qui demandaient la main de la jeune fille pour leur fils, souvent dès la plus tendre enfance de cette dernière.

Une fois les deux familles d’accord, il revenait au garçon de continuer à entretenir la relation désormais officiellement établie. Il le faisait à travers des visites régulières dans sa future belle famille, en offrant des cadeaux à sa fiancée (bijoux, vêtements, chaussures) et à ses parents (des noix de cola).

Si les parents de la fiancée manquaient de bras pour les travaux champêtres, le futur mari de leur fille, accompagné de ses camarades d'âge, pouvait les aider à cultiver leurs champs et à les récolter. En ces temps-là, le mariage, même décidé par les seules familles, se faisait sur l’honneur et la dignité. Ce n’était pas de l’esclavage de la femme, contrairement à ce qu’on a tendance à penser aujourd’hui, mais l’union sacrée de deux familles, de deux clans, voire de deux communautés.

Emploi « fictif »

Ces types de mariages, aujourd’hui décriés et taxés de rétrogrades, duraient pourtant tout une vie et survivaient à toutes les épreuves. C’est parce qu’il ne s’agissait pas de la simple union de deux individus.

De nos jours, les choses ont bien changé, notamment dans les villes et dans certains milieux cossus. On se marie parce qu’on s’est aimés une soirée. Mais le lendemain, puisqu’on ne s’aime plus, on divorce. C’est aussi simple que ça ! Tandis que l’homme peut se remarier avec une femme plus jeune, ce n’est pas toujours le cas chez la femme. Et quand celle-ci a les grands moyens, une possibilité s’offre à elle : entretenir un jeune, souvent du même âge que son fils.

Il s’agit là des fameux gigolos qui font aujourd’hui florès à Bamako. En France, beaucoup de jeunes hommes, notamment africains ont recours à ce système, car selon eux, ils y font de bonnes affaires. Leur véritable activité est souvent cachée de leur famille par un « emploi » fictif. Ce qui permet de ne pas changer leurs habitudes de vie aux yeux de leur famille. Dans d’autres cas, les femmes assument le travail « du mari » et sont parfois elles-mêmes issues de ce milieu.

Ou encore, pour en revenir à la question de la prostitution masculine à Bamako, la grande dame, « Gros Bonnet », n’entretient pas un jeune concubin, mais se paye un jeune garçon tous les week-ends. C’est la vraie prostitution masculine. Comme dans le premier cas, le chômage et la précarité ont poussé beaucoup des jeunes à s’y jeter à corps perdu. Certains s’y sont même spécialisés et squattent les hôtels, les restaurants et les boîtes de nuit huppés et les lieux de rencontre des touristes.

Des femmes sont beaucoup plus libres et économiquement autonomes. Certaines d’entre elles, qui n’ont pas de mari ou n’en veulent pas du tout parce qu’elles tiennent à leur liberté, jettent leurs dévolus sur de jeunes Adonis économiquement fragilisés, mais physiquement beaux et musclés. Ces derniers, piégés, se plient à toutes leurs lubies, tous leurs fantasmes sexuels.

« Sakoromania »

Les rencontres ont généralement lieu à l’occasion de la recherche d’emploi, dans les boîtes de nuit, les cinémas où les « vieilles femmes » alpaguent leurs victimes, d’abord, en feignant de compatir à leur malheur. C’est le début du commencement de l’enfer pour la plupart.

Tel a été le cas de M. T. qui s’est retrouvé dans une relation qu’il ne voulait pas au départ, mais qu’il a fini par consommer avec le temps. M. T. est âgé d’une trentaine d’années, diplômé sans emploi. Dans sa recherche d’un travail, il s’est retrouvé dans la société de Mlle A. B., âgée de plus de 40 ans. Chef de son entreprise, Mlle A. B. l’a fait espérer en lui donnant rendez-vous le jour suivant.

Le jeune garçon est revenu le jour indiqué et depuis, lui et la dame se fréquentent. Quand les parents de M. T. en eurent assez (ils voulaient que leur fiston se marie enfin et leur donne des petits-enfants), les problèmes commencèrent car A. B. ne veut pas lâcher prise.

L’autre prostitution masculine en expansion à Bamako aujourd’hui, c’est d’homme à homme. Mais qu’elle soit masculine, féminine ou homosexuelle, le développement de la prostitution semble toujours trouver son explication dans la précarité des couches vulnérables, c’est-à-dire les jeunes.

(dossier réalisé par Sétè Traoré)

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PORTRAIT

M. T. : gigolo malgré lui

M. T. s’est retrouvé dans une relation dont il ne voulait pas au départ mais qu’il a fini par subir comme on subit un destin. M. T. est un jeune homme d’une trentaine d’années. Grand de taille et corpulent, il est de teint noir, d’une « noirceur plutôt agréable » comme on dit en bambara

Il est diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA) en économie. Il chôme depuis 2002, date de la fin de ses études. Courageux au feu, il ne se fatigue pourtant pas et hante les bureaux, les entreprises, bref, toutes les structures susceptibles de le recruter. C’est au cours de ces longues pérégrinations à la recherche d’un job donc que M. T. se retrouve un jour dans l’entreprise de Mme B. S. qui roule sa cinquantaine.

A la vue de ce beau corps jeune et tout de muscle, Mme B. S. est tout de suite « chaos », pour faire branché. C’est donc le coup de foudre chez elle. Mais comment faire pour avoir ce beau corps dans son lit, avec elle ? Dame B. S. est certes riche, mais sans avoir le double de l’âge de l’éphèbe M. T., elle aurait pu l’avoir comme fils !

Dame B. S. donne rendez-vous à M. T. Naturellement, ce dernier est aux anges. Il a enfin décroché son job libérateur des humiliations de toutes sortes qu’il essuie tous les jours en tant que chômeur. Mais voilà, avec B. S., le boulot qui l’attend est quand même assez… particulier. D’ailleurs, on ne le lui propose pas tout de suite. On le fait espérer. On l’appâte, longuement, patiemment, intelligemment. Chaque jour que Dieu fait, dame B. S. « convoque » M. T. dans son entreprise jusqu’au jour où… le piège à lui tendu par « la vieille fille » se referme sur lui, définitivement, hermétiquement.

Des dîners bien arrosés dans les restos huppés de la capitale suivis de parties de jambes en l’air dans les meilleurs hôtels. Au début, après chaque relation, M. T. a envie de vomir. Son propre corps le dégoûte. Il a envie de disparaître de ce monde… Mais, avec le temps et l’expérience de la vieille fille, il finit par s’y faire, et même y prendre goût. Et le voici amoureux à son tour ! La routine ajoutée au goût d’une vie facile a fait le reste.

Et depuis, les deux tourtereaux se fréquentent, au grand dam des parents de M. T. et aussi de son ex-jeune copine qui pleure toutes les larmes de ses yeux parce qu’une « sakoro » lui a ravi son Jules !

M. T. reste physiquement bien portant. Mais la pression de ses parents qui ont hâte de le voir se marier avec une jeune fille pour leur donner des petits-enfants et la forte réprobation de l’entourage le traumatisent profondément. Et d’autant plus que sa désormais copine (qu’il aime sincèrement), pour cause d’âge trop avancé, ne peut pas lui faire d’enfant !

Que faire ? M. T. se trouve entre deux feux : celui de dame B. S. qui fait un chantage monstrueux en le menaçant de licenciement même s’il rêvait de se marier à deux et celui de ses parents qui, de leur côté, menacent de l’exclure de leur héritage s’il ne se résout pas à quitter Mme B. S. pour épouser une jeune fille de son âge.

Un choix cornélien s’il en est ou la danse impossible.

 Sétè Traoré

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QU’EN PENSENT LES RELIGIONS ?

Unanime désapprobation

Toutes les religions, révélées comme traditionnelles, sont unanimes à condamner la prostitution, particulièrement celle masculine.

Pour M. S., prêcheur à Djicoroni, la condition économique et l’éducation sont les principales causes de ce nouveau phénomène et de bien d’autres dépravations de nos moeurs. Quand les chefs de famille sont pauvres au point de ne pouvoir satisfaire les besoins des siens, sa famille ne peut que lui échapper. Ce qui pose le problème de l’éducation.

En effet, autrefois, continue M. S., nos mères et pères nous ont donné une bonne éducation. Ainsi, ne pouvait-on pas imaginer un homme, encore moins un jeune garçon se faire entretenir par une vieille dame pour des motifs bassement sexuels. Le garçon était si bien éduqué et encadré que l’idée même de commettre l’adultère ne lui serait jamais venue.

Après la circoncision, il passait par les sociétés d’initiation et partageait, jusqu’au mariage, la même chambre que ses camarades d’âge. Mieux, il était enseigné aux garçons et aux filles que la vraie noblesse était de vivre à la sueur de sa vie.

On leur apprenait à se battre, à endurer des difficultés de toutes sortes sans jamais s’abaisser, à ne pas céder à la tentation de la chair, surtout quand ce n’est pas légitime, ce que les Bambaras appellent à juste titre le fanden to ! Le jeune qui a appris à se battre et à gagner dignement sa vie aura honte, quelles que soient les difficultés matérielles, de s’abaisser au point de se prostituer, à faire certaine chose dans la vie.

Aujourd’hui, les enfants sont laissés à eux-mêmes. Ni leurs parents ni leurs maîtres ne leur apprennent plus les bonnes manières. On enseigne mais on n’éduque plus. C’est ça le drame. C’est pourquoi les jeunes font ce qu’ils veulent parce qu’ils sont sans repère. Ils s’accrochent à n’importe quelle vie.

Tolérer, mais…

Pour D. K., un révérend aucun chef de famille ne doit admettre que son enfant soit ainsi. L’église n’admet pas de tels comportements. Une communauté est formée à partir d’une famille. C’est dire que personne ne doit se prostituer pour de l’argent : en bafouant sa dignité d’être humain. L’église est contre toutes sortes de prostitutions. Elle est contre la prostitution masculine, qui n’est pas du tout bon pour l’équilibre de la famille et de la société.

Elle est totalement rejetée par la Bible. Cependant, on doit être un peu tolérant avec eux parce qu’elle est le fruit d’une éducation ratée. Bien qu’elle soit acceptée dans certaines communautés, l’Eglise se prononce catégoriquement contre la prostitution car Dieu a créé le monde pour qu’il y ait de la vie. L’homme et la femme peuvent se marier même avec un certain écart d’âge.

L’éducation et la condition économique, aggravé par le chômage, poussent beaucoup de jeunes à adopter certains comportements condamnés par la morale et les religions. Pour notre révérend, l’homme ne doit pas admettre des pratiques qui l’humilient. La prostitution humilie ceux qui la pratiquent. L’homme doit préserver sa propre dignité pour se faire respecter.

Epilogue

L’autre prostitution masculine dont on n’a pas beaucoup fait cas ici est celle d’homme à homme qui elle, aussi, connaît un essor sans précédent à Bamako, dans les milieux homosexuels. Mais qu’elle soit masculine, féminine ou homosexuelle, la prostitution est condamnée et condamnable.

Sétè Traoré

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