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2008

Mois de juillet

Les Echos du 25 Juillet

 

MODIBO SIDIBE, PREMIER MINISTRE

« J’ai besoin de l’accompagnement de tous »

Pour la première fois, le Premier ministre, Modibo Sidibé se confie à la presse nationale. Avec lui, nous avons évoqué toutes les questions brûlantes de l’heure. Interview exclusive.

Les Echos : M. le Premier ministre,quelles sont vos priorités en tant que chef du gouvernement ?

Modibo Sidibé : Mes priorités sont définies dans la mission qui m’a été impartie par le président de la République ; et cette mission, c’est la mise en œuvre du Programme de développement économique et social (PDES) qu’il a proposé à nos compatriotes lors des dernières élections présidentielles et qui lui ont renouvelé leur confiance si largement. Nos priorités découlent des axes qui sont contenus dans le PDES, qui vise à assurer le décollage économique et social du pays à l’horizon 2012. Le PDES a des priorités qui se rapportent à la fois à la gouvernance et au renouveau de l’action publique ; au développement de l’agriculture et à l’expansion des infrastructures ; au développement du secteur privé ; à l’investissement dans les ressources humaines.

Les Echos : Est-ce que vous avez les mains libres pour conduire toutes ces actions ?

M. S. : Je ne sais pas ce que vous entendez par « avoir les mains libres ». Pour ma part, j’ai reçu une mission à mener sur la base de la confiance que le président a placée en moi. Cette mission, j’entends la conduire avec sa confiance et sous son impulsion et avec le gouvernement. Je puis vous assurer que le gouvernement dispose de la marge de manœuvre nécessaire à l’accomplissement de la mission qui lui a été assignée par le président de la République.

Les Echos : Quels sont vos rapports avec les partis politiques, les regroupements de partis politiques ?

M. S. : Ce que je peux vous dire, je l’ai déjà indiqué lors de la présentation de la Déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale. La mission qui nous est confiée est difficile. Mais par la grâce d’Allah et par l’accompagnement de l’ensemble des Maliens et Maliennes nous serons à mesure de relever le défi. Je l’ai dit dans ma Déclaration de politique générale : je suis favorable au dialogue, à l’écoute, aux discussions. Je pense que chaque Malien et Malienne a le droit d’avoir son opinion, ses convictions par rapport au développement de notre pays. Et d’avoir la possibilité de les exprimer et les discuter. Nous avons une démocratie pour cela, nous avons les institutions. Ce sont donc les partis politiques qui en fonction de ce choix, et des projets politiques qui sont les leurs, soutiennent une action gouvernementale ou se démarquent d’une action gouvernementale. Nous avons aujourd’hui, une majorité présidentielle qui est constituée par les partis de l’ADP, le Mouvement citoyen et les associations de soutien au président de la République.

Nous avons également une opposition constituée par le FDR et le parti Sadi. Comme je l’ai dit, ils ont fait un choix politique que nous respectons. J’ai rencontré les membres de l’ADP pour discuter largement avec eux. Je les rencontrerai prochainement (Ndlr : notre interview a eu lieu le mercredi 16 et le PM a rencontré la classe politique le samedi 19), parce que je considère que le dialogue politique doit exister entre la majorité présidentielle et le gouvernement qu’elle soutient. Ce sont des discussions franches, d’expression de point de vue et donc d’accompagnement. De la même manière, je respecte l’opposition que je dois rencontrer. J’entends le faire si toujours l’opposition est disponible. Je vous rappelle qu’on a déjà eu des discussions et des échanges extrêmement intéressants sur les points concernant la vie de la nation et je crois qu’il est bon d’écouter tous les points de vue des Maliens sur la vie de la nation.

Les Echos : Vous avez parlé du PDES parmi vos priorités, comment comptez-vous vous prendre pour le décliner en action palpable sur le terrain ?

M. S. : Mettons-nous d’accord ! Le PDES est à la base de mes priorités. La mission du gouvernement est claire, mettre en œuvre le PDES, c’est-à-dire traduire en résultats les engagements pris par le président de la République. Le PDES est en lui-même un plan d’actions ; il définit les objectifs et axes stratégiques, c’est un tout en un. L’objectif c’est de préparer le Mali à être un pays émergent, ce en améliorant la gouvernance, en développant une véritable stratégie de croissance accélérée basée sur l’agriculture, les infrastructures et le secteur privé et en investissant dans les ressources humaines. Dans ce cadre, le rôle du gouvernement, c’est de focaliser les ressources et les énergies sur les priorités fixées par le président de la République, c’est aussi de rechercher les synergies nécessaires entre les secteurs prioritaires pour un plus grand impact sur les conditions des Maliens en milieu urbain et rural.

Dans ce cadre, le gouvernement finalise actuellement un document de stratégie de développement agricole axée sur la promotion volontariste de la modernisation de l’agriculture familiale et l’appui à l’émergence d’un secteur agro-industriel structuré, compétitif. Il s’agit essentiellement de créer les conditions pour une augmentation de la production pour atteindre la souveraineté alimentaire mais aussi pour permettre aux producteurs de gagner plus. Le second exemple, est le Programme de développement du secteur des transports (PST 2) qui va accélérer le désenclavement intérieur et extérieur et relier mieux les zones de production des zones de consommation.

Le développement du secteur privé est aussi une priorité. En plus de l’Agence pour la promotion des investissements (API-Mali) qui est en train de devenir opérationnelle, le gouvernement travaille sur deux projets qui vont transformer radicalement le paysage du secteur des affaires, la Loi d’orientation du secteur privé et l’Agence de développement des exportations. Ce programme concernant le secteur privé repose sur la promotion des petites et moyennes industries et également les très petites entreprises (TPE) qui doivent nous permettre, autour du développement agricole et tout ce qui est la chaîne de valeur non agricole, de constituer le tissu industriel du pays. C’est à cela que nous travaillons. Evidemment, il faut investir dans les ressources humaines. Parce que pour assurer le développement, il faut des ressources humaines de qualité. Et c’est pour ça que l’école est fondamentale, car elle conditionne la croissance économique. Avec la bonne gouvernance et le renouveau de l’action politique, les politiques économiques qui sont mises en place, l’Etat œuvre à la réalisation de la stratégie de croissance accélérée qui est dans le PDES.

Les Echos : Vous avez reçu de la part du président de la République le rapport du Vérificateur général. Quel sort sera réservé au rapport ?

M. S. : Le président de la République a effectivement instruit au gouvernement d’analyser le rapport et de prendre les dispositions pour mettre en œuvre les mesures qui s’imposent. Avant notre arrivée, le gouvernement précédent s’était déjà penché sur le rapport, nous avons poursuivi le travail entamé. Je puis vous assurer que dans les tout prochains jours, nous rendrons public ce que le gouvernement a fait du rapport : les recommandations, leur mise en œuvre, les sommes recouvertes ; ce qui a été fait, ce qu’il y a à faire encore aujourd’hui.

Les Echos : Est-ce qu’il y a jamais eu de sommes récoltées à partir du rapport du Végal ou d’autres structures de contrôle ?

M. S. : Mais biensûr ! C’est le rôle du Pôle économique et financier, qui travaille dans ce sens. Je prends simplement un des volets du rapport du Vérificateur concernant les hydrocarbures. Le Pôle économique et financier reproche un manque de 15 milliards F CFA. Je peux vous dire que les actions en cours ont permis de récupérer déjà 8 milliards F CFA. Je veillerai à ce que l’information soit donnée à l’opinion, pour donner les chiffres exacts et dire où nous en sommes également avec les rapports de la Casca. La Casca a produit des rapports et le président de la République nous a instruit également d’informer l’opinion publique des mesures qui sont prises à l’issue de la publication de ces rapports qui condensent l’ensemble des vérifications et contrôles effectués par les différentes structures de contrôle. Il est bon qu’on puisse dire aux citoyens, voilà ce qui a été fait en termes d’investigations, de recommandations dans telles affaires, et aussi s’il y a eu des poursuites judiciaires.

Aujourd’hui, le rapport est entre les mains de la justice, pour des aspects qui relèvent de ce niveau. Vous conviendrez avec moi que dans ma position, je ne puisse pas commenter les affaires qui sont entre les mains de la justice.

Les Echos : Qu’entendez-vous exactement des Etats généraux sur la corruption ?

M. S. : Ecoutez, j’ai entendu même dire que les Etats généraux, ce serait encore un gadget hors PDES ! En fait, une bonne lecture du PDES permet de comprendre que ce forum est un axe majeur de la gouvernance et du renouveau de l’action publique. Dans le cadre du renouveau de l’action publique, le président de la République a souhaité que l’ensemble des dispositions de renforcement du système de contrôle, qui a culminé avec la création du bureau du Vérificateur général, puisse fonctionner pleinement. Même si cela fonctionne pleinement, on entend dire tellement de choses !

Les Etats généraux seront un forum au cours duquel les Maliens et les Maliennes vont dialoguer, se parler. Le phénomène a une telle ampleur qu’il est bon que les gens eux-mêmes se prononcent. Dire ce qu’on va faire, peut-être même redéfinir l’éthique républicaine, redéfinir les voies et les principes qui doivent prévaloir dans la gestion des ressources publiques et à l’émergence d’une nouvelle citoyenneté. Je crois que si on a en partage un véritable projet de lutte contre la corruption, forcément nous aurons plus de chance que l’ensemble des systèmes mis en branle soit renforcé et avec les évaluations, qu’on puisse effectivement faire émerger les valeurs et les principes qui sont absolument indispensables à une administration efficace, à un service aux citoyens qui soit un service de qualité, dénué de toute insuffisance au regard de la gestion de la chose publique.Nous attendons des Etats généraux sur la corruption un nouveau contrat social.

Les Echos : Votre Initiative riz a vraiment fait couler beaucoup d’encre. Est-ce juste un slogan ou pensez-vous obtenir vos résultats ?

M. S. : Slogan ! Si c’est un slogan, c’est le meilleur slogan qu’on puisse trouver pour la mise en œuvre de la stratégie de puissance agricole impulsée par le président de la République. Lorsqu’on ambitionne d’atteindre 10 millions de tonnes de céréales à l’horizon 2012 et qu’on veut, rien qu’au niveau de l’Office du Niger produire 1 million de tonnes de paddy, cela veut dire qu’il faut engager des actions qui répondent à ces ambitions. L’Initiative riz s’inscrit dans la grande campagne de rupture qu’on a envisagée pour faire de cette première campagne de ce second quinquennat, une campagne de rupture, qu’on sente une nette différence au niveau de l’agriculture qui est le socle du programme du président de la République.

Que les campagnes agricoles ne soient plus ce quelles étaient, et qu’on sente une volonté politique très forte derrière cette campagne. Et cette volonté nette autour de ce programme est de faire en sorte que toutes les spéculations augmentent de façon significative ; et de voir comment les différents leviers en termes de subventions, d’encadrement, d’équipement peuvent permettre au monde agricole d’apporter toute la qualité en termes de production et de productivité au pays. Les acteurs du monde rural peuvent être les leviers du développement.

Aujourd’hui, l’environnement, ce que vous connaissez de la situation des produits agricoles, est venu conforter une politique lancée par le président de la République depuis quelques années, d’accélération et d’intensification des aménagements hydro-agricoles. Politique qui aujourd’hui prend un essor particulier dans le contexte que vous savez et sur lequel par conséquent on peut prendre des paris. A une volonté de puissance agricole, il faut des paris de production. L’Initiative riz répond à cela. C’est dire également aux Maliens et Maliennes que le combat que nous menons est sur deux axes : d’une part faire en sorte que, par le jeu du bouclier fiscal, on arrive à atténuer l’impact de l’inflation sur les prix des produits agricoles ; et, dans le même temps, ils doivent savoir que nous travaillons de manière à ce que l’essentiel de nos productions et de nos spéculations qui soutiennent notre alimentation, soit maîtrisé d’autre part.

Il nous faut prendre notre souveraineté alimentaire en main, tel que le préconise la Loi d’orientation initiée par le président de la République.

Les Echos : Est-ce que vous pensez que les intrants et les matériels agricoles seront disponibles ?

M. S. : Pour la campagne qui est en cours, les engrais sont là. Quand on a de grands programmes de cette nature, ce sont des accélérateurs à un moment donné. On ne peut pas dire qu’on va les mettre en œuvre sans difficulté. Il y a eu des difficultés. Nous avons rencontré des difficultés, mais nous nous sommes battus avec l’appui de tout le monde pour essayer de résorber ces difficultés.

Les producteurs qui sont organisés, qui sont solvables avaient déjà leurs engrais. Le problème, c’était les producteurs qui n’étaient pas éligibles parce qu’il faut comprendre qu’au centre de l’Initiative riz, c’est surtout l’intensification de la production agricole et l’extension notamment avec la semence Nerica. Dans l’intensification, la question des engrais est centrale. Il faut donc que l’optimum soit utilisé par les paysans, par les producteurs et nous savons qu’au prix de l’engrais sur le marché, la difficulté des paysans, c’est comment faire pour y accéder et à une quantité optimale pour une production nettement plus intéressante.

En ce qui concerne les semences, il faut dire que dans toutes les zones irriguées, les semences sont disponibles, il n’y a eu aucun problème. Maintenant dans toutes les zones où il y a eu la culture de Nerica l’année dernière, celles-ci non plus n’ont pas eu de problème de semence. Le problème de semence se pose pour tous ceux qui ont voulu étendre leurs surfaces et aussi pour les nouveaux producteurs qui veulent se lancer dans la culture du Nerica, tel que souhaité par l’Initiative riz.

Aujourd’hui, on a eu quelques difficultés dans l’approvisionnement en semences. Effectivement sur la partie extension, on a eu un gap de près de 1500 tonnes de semences Nerica. Nous n’avons pas pu les acquérir. Cela a été compensé en partie d’abord par une meilleure solidarité entre les producteurs. Deuxièmement par d’autres semences de nature fluviale qui ne sont pas le Nerica. Troisièmement, on a calculé la surface affectée par ce manque. L’incidence en notre entendement sur notre schéma opérationnel est de l’ordre de 3 %. Ces 3 %, si on s’organise, on peut le trouver dans l’amélioration du rendement. On peut aussi le trouver dans le rendement de la campagne de contre-saison.

Quand on fait le calcul, la production de l’Initiative riz est de 1,6 million de tonnes de paddy pour la campagne agricole dont 1,5 million de tonnes à peu près pour la saison et plus de 100 000 tonnes pour la contre-saison.

Il faut à peu près plus de 8000 hectares dans la contre-saison pour rattraper ce gap éventuellement. Autrement dit, si on renseigne bien ce qu’on est en train de faire dans la saison, on peut apporter mieux à la contre-saison, laquelle ne commence que l’année prochaine à partir du mois de février. Donc, on a le temps de pouvoir gérer les problèmes en tirant tous les enseignements de ce que nous aurons vu dans la saison. Aujourd’hui, je peux vous dire qu’il n’y a aucun retard sur les calendriers de campagne.

Les Echos : Est-ce qu’il y aura les financements annoncés. Avez-vous l’accompagnement des banques ?

M. S. : L’accompagnement des banques n’a pas connu véritablement de difficultés, pour les producteurs éligibles en tout cas. Pour ce qui concerne les producteurs non éligibles, l’impulsion donnée par le président de la République lors de la Journée du paysan a permis de débloquer la situation, pour que le gouvernement et les banques puissent arriver à s’entendre. Deuxièmement, sur le financement que l’Etat doit mettre en place, je vous rappelle que c’est de l’ordre de 11 milliards F CFA : 10 milliards F CFA à peu près pour le soutien aux engrais et aux semences et le reliquat pour l’achat d’équipements agricoles. Nous avons déjà mis en place plus de 5 milliards F CFA dans les comptes affectés à cela.

Ce qui a facilité le soutien aux garanties des intrants. D’autre part, les appels d’offres sont déjà lancés pour l’acquisition des motoculteurs, des décortiqueuses, des motos pour les encadreurs qui vont aller sur le terrain. Et en même temps, nous avons certains de nos partenaires techniques et financiers qui ont décidé de nous accompagner. Le Canada, pour près de 5 millions de dollars canadiens, les Pays-Bas pour 1,5 millions d’euros, le Danemark qui a financé une bonne partie, mais aussi la FAO, la BOAD, etc. Pour les partenaires techniques, il n’y a aucune difficulté ; ils ont salué l’Initiative riz. Ils ont évalué chacun comment nous appuyer. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on n’a pas un problème de financement de l’Initiative riz. Je peux vous le dire. Et s’il y a des difficultés qui surgissent dans les modalités, nous sommes à mesure de pouvoir résoudre le problème dans le dialogue entre les producteurs, le gouvernement, les banques et les partenaires techniques et financiers.

Les Echos : Vous n’avez pas eu de période de grâce. Les crises ont commencé avec les syndicats, les étudiants juste à votre arrivée. Comment vous gérez ces situations ?

M. S. : Je l’ai dit au début de cet entretien, la situation n’est pas facile. Il n’y a rien qui vaille le dialogue social. Nous discutons avec les syndicats autour de leurs revendications. Nous partageons les problèmes, les contraintes, les projets qui nous attendent. Ce dialogue franc et ouvert est de nature à permettre que les partenaires sociaux et le gouvernement essayent de se comprendre et de trouver à chaque moment ce qui leur permet de passer un pas difficile ou de résoudre un problème. En ce qui concerne le protocole avec l’UNTM, le gouvernement et l’UNTM ont travaillé pour la mise en œuvre de ce protocole. Avec l’UNTM, comme avec la CSTM et les autres syndicats, le maître mot, c’est le dialogue. Souvenez-vous que les premiers mots du Président à l’endroit de l’équipe gouvernementale que j’ai l’honneur de conduire, ont été d’être franc envers le pays, de ne pas prendre d’engagement que le gouvernement ne peut pas tenir. Voilà notre ligne de conduite.

Nous allons continuer le dialogue avec les partenaires sociaux. Comme je l’ai dit dans ma Déclaration de politique générale, nous avons connu le Pacte de solidarité pour la croissance et le développement. Maintenant, il est temps qu’on discute avec les partenaires sociaux, les représentants du secteur privé, la société civile, les partis politiques, parce que parfois, il faut trouver des synergies nécessaires. Il faut qu’on discute ensemble sur les efforts à fournir par les uns et les autres, afin que nous puissions avoir ce que nous souhaitons en termes d’objectif de croissance et que nous puissions partager en toute transparence, les fruits de cette croissance. Sur ces questions, il y a des discussions qui sont en cours. Nous espérons pouvoir trouver le terrain propice à une telle compréhension et à une telle synergie, qui fera que les Maliens et Maliennes vont s’engager durablement dans un projet de croissance et de développement.

Les Echos : On ne vous a pas beaucoup entendu par rapport à la crise du Nord. Est-ce que vous n’êtes pas intéressé ou qu’est-ce qu’il en est exactement ?

M. S. : Le président de la République dernièrement, à l’occasion du 8 juin, a dit ce qu’il y a à dire sur la question du Nord, sur le rôle du gouvernement, et les missions qui lui sont confiées à travers le ministre de l’Administration territoriale, et l’ensemble des autres ministres.

Le Forum de Kidal s’est tenu. Nous en sommes à la première rencontre du schéma de mise en œuvre du forum. Prochainement, nous aurons une rencontre avec nos partenaires techniques et financiers sur la mise en œuvre de cet important programme. Dans le cadre de l’Accord d’Alger qui reste un cadre de règlement de toutes les questions relatives au nord, le président de la République a indiqué la qualité et l’évaluation de tout ce qui concerne l’application des différents points de l’accord. Je pense et j’espère que dans ce cadre principal, nous pourrons assurer durablement la stabilité et la paix.

Les Echos : Avez-vous des nouvelles des otages maliens ?

M. S. : Nous avons des nouvelles des otages. Nous nous tenons informés. La question des otages est parfois délicate. Et vous comprenez qu’on ne puisse pas en parler d’une certaine manière. Mais nous avons souci de ces otages.

Les Echos : Il y a une crise également au niveau scolaire du côté des étudiants comme des enseignants. Il y a le problème des amphithéâtres que les étudiants ont refusé. Comment allez-vous gérer tout ça ?

M. S. : Ecoutez, les problèmes relatifs à l’école ne datent pas d’aujourd’hui. Tout le monde sait que quand nous arrivions en fin septembre-début octobre, on ne savait pas comment l’année scolaire allait démarrer. La Faculté de médecine, les grèves illimitées du Snesup, les revendications des uns et des autres, etc. Certains de ces problèmes ont été résolus. Les facultés ont pu effectivement redémarrer. Maintenant sur le fond, si nous prenons l’ensemble des revendications, y compris celles des enseignants du secteur privé, il y avait plus de 39 revendications d’ordre financier, matériel et institutionnel posées sur lesquelles, des différentes discussions et du dialogue avec les représentants du gouvernement, il y a à peu près 29 points sur lesquels il y a eu accords. Vous conviendrez avec moi quand même que c’est là un pourcentage important.

Maintenant pour qu’on puisse sortir de la crise comme j’ai eu à le dire dans ma déclaration, il faut un moratoire sur l’école. C’est une stratégie qui va consister à dire qu’il y a des problèmes, mais que nous avons un pays, nous avons une année scolaire à préserver et à sauver. On peut continuer à discuter, mais l’année scolaire a une fin qui répond à des normes académiques. Nous avons dit : sur les revendications sur lesquelles nous ne sommes pas tombés d’accord pour une raison ou une autre, faisons un moratoire, c’est-à-dire suspendez vos revendications sur ce plan-là. Je dis bien suspendre, pas parce que ces revendications ne sont pas légitimes, mais simplement pour une raison ou pour une autre, nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord. Maintenant tout ce sur quoi, on s’est mis d’accord, le gouvernement prend l’engagement de les mettre en œuvre pour que l’année scolaire puisse se terminer normalement dans l’ensemble des cycles. Je prends par exemple, le lycée, les normes académiques en termes d’enseignement avaient été faites, mais sans les évaluations. Donc, trouvons une solution à cela. Imaginez-vous que le secondaire reste en panne, vous connaissez le nombre d’élèves qui sortent du cycle fondamental…

Au moins s’il y avait une raison académique valable qui fasse que ceux qui sont dans ce cycle ne répondent pas à ces normes. Le gouvernement peut prendre la décision en accord avec les enseignants pour répondre à cela. Mais dès lors que cela n’est pas le cas, nous devons tous avoir le souci de sauvegarder l’année scolaire et de continuer nos discussions. Puisque nous avons presque 10 ans de mise en œuvre du Prodec, il est important peut-être que les Maliens se penchent de nouveau sur l’école et c’est le deuxième point de notre stratégie qui consiste en l’organisation d’un forum sur l’école pour qu’on puisse discuter à fond sur toutes les questions qui ont trait à l’école.

L’objectif de ce forum est qu’on arrive à tirer tous les enseignements de toutes les réformes qu’on a eu à conduire jusqu’à présent. Je peux vous dire que l’école a fait de grands bonds dans beaucoup de domaines. Maintenant, comment consolider ce qui est bien, qualitatif. Comment faire face aux défis du niveau de scolarisation croissante que nous voulons atteindre. Comment faire face au défi du secondaire, technique, professionnel et supérieur adapté à nos besoins de maintenant et à venir ?

Voilà des interrogations, la situation des étudiants, la qualité de notre école : la situation des enseignants, leur dignité, leurs conditions de travail, mais aussi leurs obligations. Les principes et les valeurs qui ont quitté l’école et qui devraient y revenir. Et çà, on ne peut le faire que dans un dialogue citoyen.

Notre histoire récente nous donne les enseignements : le Prodec qui a fait l’objet d’un grand débat est un projet de société de sortie de crise proposé par les Maliens. Le Prodej c’est la même chose, le Programme de développement sanitaire et social aussi. Il y a d’autres programmes encore sur lesquels on a eu la chance de fédérer les efforts de façon participative, dans les débats citoyens pour faire émerger les points de vue. Donc l’école, il faut qu’on en reparle, pour qu’au sortir de là, nous ayons une école sur laquelle les Maliens et les Maliennes se seront mis d’accord. Un secondaire ou une université telle que nous le voulions, et que nous puissions dire qu’est-ce que la nation est prête à engager comme moyen ?

Je ne parle pas de sacrifice parce que ce n’est pas un sacrifice, ce sont des investissements à consentir dans les ressources humaines. Et qu’est-ce que la nation entend exiger de ceux à qui elle a confié la formation et l’éducation de ses enfants ? Qu’est-ce que la nation est prête à leur accorder en termes de valeur et de conditions de travail, en termes d’obligations également et finalement de dignité de la profession ?

Les Echos : Qu’est-ce qui n’a pas marché dans l’initiative pour une école apaisée et performante pour qu’on en soit à ce niveau ?

M. S. : Le Forum aura à tirer les leçons de toutes ces expériences. Apparemment, il y a eu des problèmes, des avancées aussi. Par exemple prenez les étudiants, ils avaient dit qu’ils renonceront aux sorties intempestives ; qu’ils revendiqueront tout en restant en classe ; qu’ils veulent régler tels et tels problèmes dans le dialogue. D’autres n’ont pas suivi, il y a eu des difficultés. La preuve, c’est qu’on a eu des crises à répétition.

Les Echos : Est-ce que le Forum n’est pas mort-né puisque déjà la Coses a dit qu’elle ne va pas y participer ?

M. S. : C’est un raccourci que je ne prendrai pas. Je ne sais pas si la Coses a dit véritablement qu’elle ne viendra pas au forum. Le Forum, c’est le forum des Maliennes et des Maliens. Il est un exercice républicain, de démocratie et de citoyenneté. Le peuple malien va dialoguer avec lui-même parce que l’ensemble de notre peuple reconnaît qu’il y a un problème de l’école et que ce problème nous interpelle tous et qu’il faut s’y impliquer pour effectivement voir comment de nos débats, après avoir écouté tous les points de vue, nous pouvons sortir avec véritablement une vision stratégique de l’école, de tous les cycles d’enseignement. Comment nous pouvons sortir avec les éléments d’une université tournée vers l’innovation et la recherche. Voilà l’enjeu.

Je crois que personne ne doit rester en dehors de cela parce que vous comprenez, on a fait beaucoup d’investissements dans les infrastructures et cela va continuer. Des lycées sont en train d’être construits ; les instituts de formation, les recrutements, tout cela va continuer et cela demande des efforts supplémentaires et ces efforts ont besoin de reposer sur des valeurs, sur le partage de responsabilité. Quant à l’Ecole de la République, elle repose sur les engagements conjoints des uns et des autres par rapport à l’éducation et à notre devenir. Le PDES, c’est la volonté d’être un pays émergent. Il n’y a pas de pays émergent sans ressources humaines de qualité. Il n’y a pas de ressources humaines de qualité s’il n’y a pas une école. Voilà tout l’enjeu, qu’on ne s’y trompe pas.

Les échos que nous recevons, sont des échos qui montrent que les Maliennes et les Maliens ont envie de dialoguer. J’ai entendu des appels lancés par des jeunes sur le site de la Primature. J’ai même reçu des communications étrangères. Par exemple, si je peux revenir à l’une de ces personnes-là, elle disait que la question est simple et bonne à condition que les Maliennes et les Maliens se gardent de faire du saupoudrage, qu’ils s’engagent à parler des vrais problèmes de l’école, qu’ils s’engagent à construire l’école de demain. Donc, une école républicaine de qualité, une université performante, des ressources humaines de qualité et croyez-moi, nous serons à mesure de bâtir notre prospérité à partir de là. A la suite du Président, je fais confiance à la qualité des Maliennes et des Maliens.

Parfois, nous nous sous-estimons, c’est vrai qu’il ne faut pas se surestimer non plus. Mais, nous avons de grandes qualités. Ce sont les grandes qualités qu’il faut qu’on cultive si nous voulons construire véritablement notre pays. Nous en avons la possibilité, or aujourd’hui la situation économique est telle que ce qui apparaissait comme des contraintes à un certain moment de développement de nos potentialités, sont devenus de fantastiques opportunités et ça il faut les saisir.

Les Echos : Si vous permettez, on va un peu parler de vous. Vous passez pour un homme mystérieux, très peu de Maliens peuvent parler longtemps de vous. Qu’est-ce que vous voudriez qu’on retienne de Modibo Sidibé ?

M. S. : (Rires) Je pense que ce serait un peu présomptueux de ma part que je dise ce que je souhaite que les Maliens retiennent de moi. Ils retiendront ce qu’ils voudront, comment ils m’auront perçu. Mais, je sais que j’ai besoin de leur accompagnement pour accomplir la mission qui m’a été confiée aujourd’hui.

Les Echos : Est-ce que vous êtes candidat pour 2012 ?

M. S. : (Rires). Moi, j’ai une mission et croyez-moi que c’est une grande mission. C’est à ça que je me consacre et à rien d’autres. Aujourd’hui ce dont on a besoin, c’est qu’on se rassemble. C’est ça que le président a proposé dans le PDES, qu’on se rassemble parce qu’il y a de grands défis à relever. Comme on le dit, il est des nations, des peuples comme des familles : lorsque les difficultés sont là, on se serre les coudes. On est solidaire et l’on se bat ensemble.

Aujourd’hui, les difficultés auxquelles nous faisons face, impliquent la solidarité, c’est l’appel que le président a lancé dans un de ses récents discours. Dans la solidarité, tout nous est possible, les grandes qualités dont je parlais peuvent jouer. Nos partenaires techniques et financiers ont récemment renouvelé et affirmé leur confiance dans la stratégie de croissance accélérée, à l’occasion de la tenue de la table ronde des bailleurs de fonds. Ils entendent nous apporter le soutien nécessaire à cela. Mais les premiers efforts, seront pour nous-mêmes Maliens, pour une bonne gouvernance, une bonne gestion des ressources publiques. Il faut qu’une autre citoyenneté émerge, plus engagée et plus généreuse, pas une citoyenneté passive.

On ne peut rien faire tout seul. Chaque Malienne et Malien peut faire quelque chose pour lui-même et pour le pays et peut faire quelque chose avec les autres. Ma préoccupation est cela, elle n’est pas ailleurs, mais elle est là.

Les Echos : C’est bientôt les vacances gouvernementales. Où est-ce que vous allez passer les vôtres ?

M. S. : (Rires). Je ne sais pas (rires). J’avoue n’y avoir pas encore pensé, ce sera certainement au Mali. Les vacances gouvernementales servent aussi à préparer la rentrée politique en septembre, la rentrée scolaire et universitaire en octobre. Je saisis cette opportunité pour appeler nos compatriotes à la vigilance sur les risques d’inondations. Les prévisions annoncent de fortes pluies dans la sous-région ouest-africaine.

Les prémices sont un peu là déjà. Le gouvernement a mis en place une commission pilotée par le ministre de l’Administration territoriale et comprenant le ministre en charge de la Protection civile pour évaluer les risques et mettre en place un dispositif de prévention et de prise en charge d’éventuels catastrophes que nous ne souhaitons pas. Ce dispositif est opérationnel sur l’ensemble du pays, et une campagne de sensibilisation est actuellement en cours pour porter l’information aux populations.

Il reste entendu que nous fondons beaucoup d’espoir sur la saison de pluies que nous souhaitons bonne pour tirer la croissance économique. Nous espérons que nous puissions à l’issue de l’hivernage qui va coïncider en partie avec le carême prochain, nous réjouir de l’accomplissement de nos obligations religieuses, mais aussi de récoltes qui combleront les espérances des Maliennes et des Maliens.

Propos recueillis par

Alexis Kalambry

Acceuil


SOTELMA

Un léger mieux

La Société des télécommunications du Mali (Sotelma) a tenu jeudi dans les locaux de sa direction la 32e session ordinaire de son conseil d’administration.

Il s’agissait, pour les administrateurs, de faire le point d’exécution des recommandations issues de la 31e session, d’examiner et d’adopter le rapport d’activités, les états financiers de l’exercice dernier, le point d’exécution du budget au 30 juin 2008 et d’examiner les notes sur l’augmentation du capital social et l’affectation des résultats.

L’une des recommandations de la session budgétaire de 2007 était d’assainir la situation financière de l’entreprise et la consolidation de ses infrastructures en vue de la conduire à une privatisation réussie. Aujourd’hui, avoue le conseil d’administration, cet objectif est en passe d’être atteint avec des indicateurs qui font ressortir que le déficit de 12 milliards affiché par le compte de résultat à la fin 2006, a été résorbé de 50 % à la fin 2007.

Cet état de fait, aux dires du conseil, découle de la hausse de près de 20 % du chiffre d’affaires qui est passé, dit-on, de 59,170 milliards de F CFA en fin 2006 à 70,550 milliards en fin 2007. « Ces deux indicateurs illustrent une nette amélioration de la situation de la société… » selon le conseil d’administration.

Pour l’année en cours, le point d’exécution du budget à la date du 30 juin, indique une réalisation de 35,4 milliards de F CFA en produits d’exploitation et 32 milliards en charges d’exploitation. La 32e session ordinaire du conseil d’administration de la Sotelma intervient à un moment où le processus de privatisation de la société a amorcé son dernier tournant.

Mohamed Daou

 

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ARBRE AUX VERTUS MULTIPLES

Le karité pourrait être une chance pour le Mali

Le karité est un produit agroalimentaire, qui pousse naturellement au sud du Sahel (zones soudanienne et soudano-guinéenne). Il est riche en vitamines et a des vertus cosmétiques et pharmacologiques.

Le karité est un arbre qui se développe dans des zones où la pluviométrie est comprise entre 600 et 1500 mm par an. Il commence sa floraison entre février et avril, ses premières productions débutent en mai.

Les observations des paysans nous permettent de classer le karité en trois variétés reconnaissables par leurs feuillages et leurs fruits, dont le « n’gondjè » de feuillage vert blanchâtre avec ses noix grosses et blanchâtres qui donnent peu d’huile et de pulpe sucrée ; le « barabani » de feuillage mince et de petite noix, mais riche en huile et le « shidiouma » de feuillage vert avec une noix moyenne, de couleur brune, riche en huile et de pulpe sucrée.

D'après les experts du Programme de compétitivité et de diversification agricole (PCDA), les zones de productions couvrent toutes les régions du Mali exceptées les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Mais Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou sont réputées zones plus productives en karité.

Les produits et sous-produits commercialisés du karité sont nombreux et variés : amande de karité, beurre de karité, savons, etc. La collecte des noix de karité se fait dans les champs et dans la broussaille. Après les noix sont conservées soit dans des fosses, ou dans des sacs.

Mais, selon Oumou Traoré, paysanne à Zantièbougou, « ce type de conservation donne une mauvaise qualité de beurre ». « La meilleure façon de conserver les noix de karité, enseigne-t-elle, c’est de les faire bouillir, les sécher et les garder dans des sacs pour obtenir une qualité supérieure de beurre ». Les différents traitements des noix portent sur le dépulpage, le fumage ou l’étuvage, le séchage et le décorticage.

« Ensuite, elles sont conservées dans des sacs de 50 à 100 kg. En plus de cela, il existe trois types de transformations de l’amande de karité en beurre. Il s’agit de la transformation manuelle dite traditionnelle des femmes, de semi-industrielle (moulin, presse à karité et industrielle (Huicoma) » , continue notre interlocutrice.

S’adapter à la demande

Traditionnellement, le beurre est emballé dans les feuilles d’arbre en tas de 5 à 10 kg pour être vendu. En semi-industriel et industriel, le beurre de karité est stocké dans des fûts en plastique pour la conservation. Vendu à 250 F CFA/kg par les producteurs, le karité est très utile et à usages divers en agroalimentaire comme huile de cuisine, margarine. Il est utilisé comme huile lampant en milieu rural. En cosmétique, soins de la beauté, fabrication de savon ou savonnerie, il est indispensable pour l’agencement des médicaments pharmacologiques.

Mais en dehors de son utilité, le tri des noix est un facteur très important pour l’extraction du beurre : « les industriels, qui représentent les principaux acheteurs d’amandes de karité au Mali, exigent des paramètres de qualité de plus en plus élevés. A défaut de pouvoir répondre convenablement à leur prescription, la qualification de l’offre malienne est peu enviable. Cette situation occasionne des pertes importantes de la valeur de la filière malienne et un retard par rapport aux principaux pays concurrents comme le Ghana, le Bénin et le Burkina Faso », témoigne Action for entreprise (AFE) dans son étude de filière amande de karité au Mali.

Il convient de fournir aux acteurs certaines informations sur les options techniques et les conditions préalables d’accès au marché des amandes de karité. De ce fait, la qualité du produit devient un facteur central à considérer pour que le Mali soit plus compétitif. Selon l’AFE, « il est donc essentiel d’entreprendre des mesures qui permettront d’adapter la production malienne à la demande du marché ».

Il faut reconnaître que malgré les difficultés rencontrées la filière karité joue un rôle important au Mali. Avec l’augmentation du prix de l’huile d’arachide, le beurre de karité, très nutritif et relaxant, peut être une alternative pour les consommateurs.

Assitan Haïdara

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FEDERATION MALIENNE DE BASKET-BALL

Les empreintes indélébiles d’Hamane Niang

Quant il arrivait à la tête de la Fédération malienne de basket-ball (FMBB), personne ne donnait chère de sa vie. En effet, cette Fédération était alors minée par des conflits de personnes empêchant ses dirigeants d’atteindre leurs objectifs.

En moins d’une décennie, Hamane Niang (c’est de lui qu’il s’agit) a hissé le basket malien dans le gotha africain. Même s’il reste du chemin à faire chez les seniors masculins et dans la mise en place d’une administration performante, l’homme a laissé ses empreintes indélébiles à la FMBB avant sa nomination comme ministre de la Jeunesse et des Sports.

En 2007, le Mali a participé à trois coupes du monde : junior et espoir/dames et le Mondial espoir/hommes. Et cette année, les Aigles basketteuses vont également défendre les couleurs du Mali et de l’Afrique aux Jeux olympiques « Pékin-2008 ». En l'espace d'un an (octobre 2005-décembre 2006), le basket malien a remporté trois trophées continentaux. Il s’agit du championnat d'Afrique féminin des clubs avec le Djoliba, la Can féminine junior et le championnat d'Afrique espoir/dames.

A ces trois consécrations, il convient d'ajouter la 2e place - synonyme de qualification à la Coupe du monde - obtenue au Championnat d'Afrique espoir/hommes par la sélection olympique. Et le 30 septembre 2007, Hamchetou Maïga et ses coéquipières sont entrées dans l’histoire en remportant le trophée du 20e Championnat d’Afrique de basket féminin. Ce qui leur a largement ouvert la voie de la participation aux JO.

Ces meilleurs résultats sont à l’actif d’une équipe qui a fait des pas de géant sous la férule d’un grand manager : Hamane Niang. Le basket malien n’a jamais été aussi bien managé que quand Hamane Niang a présidé la Fédération. Cet homme a avant tout compris que ce n’est pas l’argent qui est primordial dans la gestion sportive, mais les idées et la synergie d’action d’une équipe d’hommes et de femmes qui partagent la même passion : servir une discipline pour qui ils sont dévoués corps et âme !

Une équipe qui n’a pas peur des défis et qui a toujours cherché ses propres moyens au lieu d’attendre tout de l’Etat. « J’ai toujours reconnu que l’Etat malien fait de son mieux pour les fédérations. Quelle est la fédération capable de payer 20 billets d’avion pour les déplacements d’une sélection ? Sans compter les matches de préparations, les primes… Mais, il ne faut pas prendre l’appui de l’Etat comme une fin en soi. Cela doit être un complément », nous disait l’homme juste avant l’envol des Aigles pour le 20e Championnat d’Afrique de basket féminin.

Le mérite de Hamane a aussi été d’avoir planifié ses ambitions pour le basket sur le court, le moyen et le long terme à travers des initiatives comme les conférences et l’augmentation des clubs participant aux championnats et à la Coupe du Mali. Le championnat est ainsi passé du carré d’as au Top 8 en faisant une large place aux clubs de l’intérieur. En bon manager, il n’a pas perdu son temps à courir derrière les sponsors, mais les résultats.

Lettres de noblesse

C’est cela aussi une différence fondamentale entre le simple dirigeant et le manager sportif qui sait que quand les résultats sont bons et constants, les sponsors vont se bousculer. C’est à cela qu’on assiste aujourd’hui avec le basket. La preuve, c’est le contrat de sponsoring signé le 18 mars 2008 entre la FMBB et la société Orange-Mali. Il porte sur 210 millions de F CFA pour trois ans. Et c’est Hamane qui a posé les jalons de ce partenariat très envié aujourd’hui par les autres fédérations sportives nationales.

Avec une riche expérience forgée par le management dans les secteurs public et privé, Hamane Niang a donné au basket-ball malien ses lettres de noblesse. En effet, depuis qu’il a pris en main les destinées de ce sport en 1999, il a engrangé des résultats considérables, tant aux niveaux, sous-régional que continental ou même mondial.

Avec lui, le basket malien a été de toutes les rencontres. L’homme ne s’est pas ménagé lui-même, comme il n’a pas ménagé ses proches pour porter à bras le corps cette discipline qui fait aujourd’hui la fierté de toute la nation. Une discipline pourtant longtemps clouée au plancher par des querelles mesquines et des conflits d’intérêts. Malgré les peaux de bananes, les trahisons et les complots savamment ourdis, Hamane a poursuivi son chemin parce qu’il n’avait qu’une seule ambition : développer la balle au panier au Mali ! Et pour ce faire, il était déterminé à braver tous les menaces et périls.

Le mérite, au-delà de tout, revient personnellement à l’homme, car dans les pires adversités, il ne s’est jamais découragé ou n’a jamais arrêté de croire en un avenir du basket malien. Obstiné, déterminé, audacieux comme tout bon manager, il a toujours su ce qu’il voulait et cru à ce qu’il faisait. « Si nous y croyons et si nous nous y investissons, nous pourrons rivaliser avec les grandes nations de basket », dit-il toujours, pour amener d’autres à partager son idéal. La consécration des basketteuses à Dakar, revenues avec le titre prestigieux de champion d’Afrique, devant le Sénégal, l’Angola, la RDC ou le Cap-vert accrédite éloquemment sa thèse.

La Fédération malienne de basket-ball (FMBB) est une association d’intérêt public créée en 1961. Elle est affiliée à l’Association des fédérations africaines de basket (Fiba/Afrique) et à la Fédération internationale de basket.

Alphaly

 

 

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EPILOGUE

Les fédérations sportives

Au Mali, l’organisation du domaine sportif fut confiée depuis l’indépendance à l’Etat qui l’a divisé en grandes fédérations correspondant chacune aux disciplines pratiquées : football, basket-ball, volley-ball, boxe, etc. Il faut d’ailleurs souligner que ce schéma qui reconnaît à l’Etat un rôle central dans le développement des activités sportives fut celui de tous les Etats issus de la colonisation française.

La Ière République, confrontée aux multiples problèmes de développement et d’administration, ne négligea pas pour autant le sport, mais n’en fit vraiment pas une priorité. Le régime se contenta de mettre en place les directions régionales de la jeunesse et des sports qui firent de leur mieux pour développer les disciplines sportives dans lesquelles la région excellait et possédait le plus grand nombre d’athlètes. Ces responsables firent le choix de ne pas tout développer ensemble et en même temps, préférant se limiter aux sports qui avaient le plus grand nombre d’adeptes et qui pouvaient faire gagner la région lors des compétitions.

La IIe République mit en place sous Alpha Oumar Konaré, comme ministre, des directions régionales de la jeunesse, des sports, des arts et de la culture avec des démembrements dans les cercles et les arrondissements. En dépit de la bonne volonté des responsables sportifs de cette époque, cette politique fit peu de résultats et le Mali ne fut présent sur aucun podium. Il faut dire que ces structures étaient trop lourdes et trop bureaucratiques pour qu’on puisse en espérer des résultats tangibles, surtout que l’Etat n’avait fait que les créer sans leur donner les moyens de leur survie et de faire des résultats.

Dès la IIe République, en principe, beaucoup de régions disposaient de leur direction régionale de la jeunesse et des sports avec des fédérations dans les différentes disciplines. Depuis cette époque, la capitale fut privilégiée par rapport aux villes de l’intérieur dont certaines n’avaient, à vrai dire, que des bureaux et quelques fonctionnaires. Depuis cette époque aussi, quand à Bamako, les sports de masse étaient massivement pratiqués, à l’intérieur c’étaient les disciplines individuelles qui avaient la faveur des sportifs.

Il faut souligner aussi qu’en raison du fait que toutes les fédérations ayant leur siège à Bamako, beaucoup de disciplines y furent plus développées que dans les régions. Au niveau du football, les clubs de Bamako, bien appuyés par la Fédération malienne de football (FMF), avaient toujours le dessus sur les autres. Le résultat fut que de 1960 aux années 1980-1990, tous les titres furent gagnés par les équipes de football (et même de basket-ball) de la capitale.

La FMF est de loin la structure sportive la plus riche et la plus populaire à cause des enjeux liés à ce sport. S’il y a un renouvellement de bureau qui fait beaucoup de bruit, c’est bien celui de cette Fédération qui ne passe jamais inaperçue. Elle est cycliquement secouée par les crises pour diverses raisons liées aux mauvais résultats de l’équipe nationale et des clubs malgré les sacrifices financiers consentis, un comportement des dirigeants et même aux querelles de personnes. Mais la frustration des supporters et des sympathisants a toujours été impuissante à imposer des dirigeants responsables intéressés par le développement du football parce qu’à la place de ceux-ci, on préfère des hommes d’affaires ou des politiciens fatigués et exclus des partis politiques.

La FMF est suivie de celle du basket, le 2e sport au Mali. La Fédération est moins riche que celle du football et le renouvellement de son bureau ne mobilise pas trop les foules. Cela ne veut pas dire que dans ce domaine les résultats sont bons et que des titres ont été gagnés ; tout simplement les responsables de cette Fédération sont soit d’anciens sportifs conscients de la noblesse de leur charge, soit des amoureux de ce sport intéressés par son développement et non par les affaires qu’on y peut gagner.

Il existe aussi une Fédération de volley-ball, de hand-ball et de boxe et plus récemment des arts martiaux. Le volley-ball est surtout pratiqué, avec le hand-ball, dans les établissements scolaires aux postes desquels pratiquement ces sports s’arrêtent par manque d’adeptes. Dans tous les cas, il s’agit d’activités pratiquées exclusivement à Bamako et dans quelques villes de l’intérieur, généralement les capitales régionales.

Pour ce qui est de la Fédération malienne de boxe, il n’est pas sûr qu’elle ait vu le jour en même temps que les autres dans les 1ères années de l’indépendance ; vraisemblablement, elle est venue dans la suite des succès enregistrés par les premières écuries installées à Bamako et des victoires remportées par des boxeurs maliens en France et en Europe.

Quoi qu’il en soit, cette fédération existe maintenant et elle fait souvent plus que d’autres qui ont plus de moyens, mais dont les dirigeants, même comptables de résultats catastrophiques n’acceptent de partir que poussés vers la sortie.

Il existe une Fédération malienne d’athlétisme qui a en principe des implantations régionales et locales. Mais généralement, en matière d’athlétisme, les installations sportives les plus modernes sont celles qu’on observe à Bamako et non dans les régions nettement favorisées par rapport à la capitale. D’ailleurs dans beaucoup de régions, les fédérations elles-mêmes n’ont pas de siège et sont logées dans les directions régionales de la jeunesse alors qu’à Bamako des sièges neufs leur sont construits.

Les fédérations, au Mali, sont à l’image du pays, c’est-à-dire sans grands moyens matériels et financiers. Généralement dominées et gérées par des hommes d’affaires dont le dernier souci est le développement du sport, nos fédérations ne semblent exister que pour la forme ou pour se mettre en règle avec les instances internationales du sport comme la Caf et la Fifa.

Facoh Donki Diarra

 

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MALIFOOT

Mode de fonctionnement

Le football malien, depuis l’arrivée du 1er Ballon d’or africain à sa tête, se caractérise plus par une accumulation de ratages que de succès éclatants.

Les fonds Fifa, du Projet Méridien de la Caf, de l’UEFA et les recettes des matches des compétitions internationales constituent les grandes sources de financement de la Fédération malienne de football.

Pour la désignation de l’instance dirigeante du football national, il convient tout de suite de préciser que le président et les membres du bureau exécutif sont élus pour un mandat de 4 ans. Une élection cataloguée sur la Fifa et la Caf. « C’est une élection poste par poste, et seul le secrétaire général est nommé par le comité exécutif. C’est la raison pour laquelle le secrétaire général n’est pas assujetti aux turbulences et autres », affirme Tidiane Niambélé, ancien secrétaire général et président de Malifoot.

Comme sources de financement, l’Etat accorde une subvention pour le championnat. Il prend en charge les délégations sportives visiteuses lors des compétitions internationales. Au niveau du sponsoring, c’est toujours le flou surtout avec l’équipe de Salif où le seul cas du contrat Ikatel révèle bien des mauvais souvenirs.

A l’époque, le refus du bureau exécutif de communiquer le contrat Ikatel au ministère des Sports, les clauses inacceptables du document pour les clubs et les gestionnaires des stades notamment, entraîneront l'interruption du championnat national pendant plusieurs semaines. Il faudra le renoncement par Ikatel du contrat et l'intervention du Premier ministre pour que la compétition reprenne.

Comme sources de financement de Malifoot, il existe aussi le fonds spécial Fifa. Doté d’une enveloppe financière de 1 million de dollars sur 4 ans à raison de 250 000 dollars par an, ce fonds est lié à des programmes précis édictés par l’institution de Sepp Blatter et en fonction des activités.

Tout comme le fonds Fifa, il existe le Projet Méridien. Notre pays, depuis 1997, est en partenariat avec la Norvège dans le cadre de la promotion du football féminin à travers des stages et tournois. Présentement, une sélection composée en majorité de joueuses du Super Club de Quinzambougou séjourne en Norvège dans le cadre de ce partenariat.

La subvention de l’Etat accordée aux clubs et équipes nationales doit faire l’objet d’une justification au niveau de la Daf du ministère de la Jeunesse et des Sports. Quant à la Fifa, il fait faire un audit interne par un cabinet indépendant.

Les droits de télévision issus de la participation des équipes nationales aux compétitions nationales et mondiales font l’objet d’une gestion de Malifoot. « C’est un produit de la Fédération et qui doit être investi pour le développement du football », déclare Tidiane Niambélé.

Ces fonds font l’objet d’une incompréhension entre les différentes entités comme ce fut le cas entre Tidiane Niambelé et l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Dr. Moussa Balla Diakité, dans l’affaire des ristournes de la Can-2004. « Pendant la Can, la Caf restitue une partie des recettes de la compétition aux fédérations et non à l’Etat pour le développement », poursuit M. Niambélé.

Pour son fonctionnement, le bureau exécutif est composé d’un groupe de travailleurs appelés les fonctionnaires de la Fédération. Il s’agit du secrétaire général et de l’ensemble du personnel. Un deuxième groupe est constitué de commissions de travail dont les présidents sont les membres élus par la Fédération et le poste de DTN qui s’occupe des questions d’ordre technique.

Comme prévu dans les chartes, la Fédération reçoit l’agrément et les délégations de pouvoir au département. L’agrément lui permet d’organiser les compétitions sur le territoire et la promotion de la discipline en conformité avec la politique définie par la tutelle.

La Fédération est représentée à l’intérieur par les ligues régionales, au niveau local. Ces structures ont les mêmes objectifs que le bureau exécutif de Malifoot.

Boubacar Diakité Sarr

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