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2008

Mois de juillet

Les Echos du 16 Juillet

 

SELINGUE, SIKASSO, KOUTIALA

Les producteurs croient en « l’Initiative riz »

Malgré des petits problèmes ça ou là dans l’approvisionnement des semences et dans l’acheminement des engrais, les producteurs de riz sont décidés à atteindre l’objectif fixé par « l’Initiative riz » dans la région de Sikasso. Pour constater de visu cet engagement, une mission de la Primature a conduit, du 11 au 14 juillet, des journalistes sur le terrain

Dans le but d’apporter une réponse structurelle à la crise céréalière généralisée et de mettre les populations à l’abri des soubresauts des marchés internationaux, le gouvernement Modibo Sidibé a décidé de mobiliser tous les atouts dont le pays dispose et les mettre en synergie dans une démarche volontariste à travers la mise en œuvre d’un plan d’opération dit « Initiative riz ».

« L’Initiative riz » entend accroître la productivité des différents systèmes de production par une intensification agricole basée sur la disponibilité de l’eau, l’approvisionnement correct en engrais et en semences, l’équipement des petits producteurs, la mécanisation… La production de riz attendue pour la campagne à venir est de 1 618 323 tonnes, soit une hausse de 50 % par rapport à la campagne précédente.

Pour constater le déroulement des travaux notamment l’approvisionnement en intrants (semences, engrais, équipements), une équipe de journaliste a sillonné du 11 au 14 juillet dernier des zones réputées dans la culture du riz notamment la variété Nerica, semée dans les champs de maïs, coton et pendant l’hivernage.

De Sélingué dans la zone Office de développement rural de Sélingué (ORDS), à Manicoura dans le Périmètre rizicole en passant par Niamala, Siembougou (Bougouni), la plaine des femmes à Niéna, N’tosso et Siguè (Sikasso), les hommes de médias ont touché du doigt les réalités du terrain en ce qui concerne l’opération « Initiative riz ». Une descente dans les champs de riz avec les producteurs, les encadreurs, les responsables leur a permis d’avoir une idée claire de la situation de l’approvisionnement, l’acheminement et s’imprégner de l’état d’avancement de la culture.

Ce qui a été vu dans la zone ODRS est rassurant malgré les petites difficultés. Les paysans rencontrés sont optimistes. « Nous sommes très heureux que le gouvernement ait pu prendre les mesures à la hauteur de la dimension par rapport à la situation que nous vivons. En tout cas nous sommes avec eux dans cette opération qui entend donner un plus à la culture du riz dans le pays », indique Fodé Traoré, président de l’Union des sociétés coopératives de la zone ODRS. Bakary Togola, président de l’Apcam, est on ne peut plus clair : « Avec la subvention des intrants, nous allons pouvoir aller au-delà de ce que nous faisions ».

Mais, l’adhésion des populations à l’initiative n’est pas sans conséquence. Contrairement à l’année dernière, les superficies emblavées ont doublé, voire triplé. Toutefois, que ce soit dans les zones de culture du riz « Nerica » à l’ODRS, à Manicoura, Niamala, dans les plaines de Niéna, Siembougou et N’tosso et Siguè, il a été constaté que la campagne agricole a démarré dans les délais.

Si certaines semences ont été repiquées il y a quelque 3 semaines, les journalistes ont pu constater que d’autres ont accusé un peu de retard et sont au stade des labours. « Cela est dû à l’installation tardive de la pluie », affirment la présidente de la Coopérative des femmes de Niéna et le chef de village de la Coopérative des femmes de N’tosso à Bougoula-Hameau.

Malgré ce léger retard pluviométrique par endroits, l’espoir est tout de même permis. L’espoir de produire plus de céréales n’est-il pas conditionné à l’approvisionnement correct des semences et des engrais ? Toujours est-il que le gouvernement a subventionné l'engrais pour que le producteur paye le sac à 12 500 F CFA, mais aussi les semences. C’est ainsi que dans toutes les zones visitées, il a été constaté qu’effectivement les engrais sont disponibles au prix fixé par l’Etat.

« Nous avons payé l’engrais à 12 500 le sac. Pour mes deux hectares de riz Nerica, j’ai exprimé un besoin de 6 sacs et tous m’ont été livrés » , témoigne Yaya Bagayoko, producteur à Zantiébougou, ce que confirme le chef de zone d’exploitation du périmètre de Manikoura « un producteur recensé qui exprime son besoin d’engrais et de semences est fourni ».

Cependant, les difficultés d’approvisionnement en semence existent même si les producteurs ne se plaignent pas assez de l’acheminement des engrais. Les échanges avec les producteurs ont permis de comprendre que les problèmes posés dans l’approvisionnement du Nerica concernent les nouveaux producteurs qui ont adhéré à « l’Initiative riz ». Et qui ont fait une extension des superficies.

Sinon à voir de près, les anciens producteurs n’ont aucun problème avec les semences. Certains ont même fini par vendre le reste à d’autres. « Effectivement, c’est cette année que nous avons commencé avec le Nerica. L’Initiative riz m’a conduit à faire une extension de mon champ. L’année dernière on a piqué 130 hectares et cette année nous avons ajouté 20 hectares, ce qui fait que nous avons des difficultés à repiquer tous les 20 ha rajoutés. Nous avons reçu 9 tonnes de semences avec Bakary Togola », souligne Mme Diallo Rokiatou Diallo, présidente de la Coopérative des femmes de Niéna Est.

Outre la solidarité entre producteurs, l’Etat, au-delà de la subvention, a distribué gratuitement des semences. Dans les périmètres de Manicoura, 45 tonnes de semences ont été données aux producteurs « L’ODRS m’a donné les semences à zéro franc. Je ne m’attendais pas à cela », affirme Nagoma Camara, producteur de la Coopérative« Benso » à Sansando Selefo.

3e campagne dans la zone ODRS

Pour le département de l’Agriculture, cette situation s’explique par le fait que la demande est plus élevée avec « l’Initiative riz ». « Des efforts ont été faits pour que tous reçoivent des semences cette année », assure Dr. Louis S. Kéita de la Cellule « Initiative riz ». « Les quantités nécessaires disponibles n’étaient pas disponibles dans le pays ». Sur ce manque à gagner, le programme a déjà la solution. « Le reste des superficies seront programmées sur la campagne de la contre-saison », dit le directeur de l’ODRS, Ibrahima Siby.

Sur ce plan, l’ODRS a déjà pris des dispositions. Une 3e campagne dans le périmètre de Sélingué prévue sur 100 ha est retenue entre novembre et février en raison de l’intensification de la production agricole dans la zone. Il a pour objectif d’absorber le manque à gagner dans la zone ODRS. « Par rapport au calendrier, il est bien possible de faire une expérimentation de 3e campagne. Les analyses, les observations ont été faites. Les paysans ont accepté de participer à cette activité intégrée dans l’Initiative riz à Sélingué », explique le chef appui conseil exploitation des périmètres de Manicoura et Sélingué, Gaoussou Mamari Traoré.

« L’Initiative riz », c’est aussi l’acheminement des engrais dans les zones de culture. Il a commencé seulement la semaine dernière. Les engrais (urée, nyéleni) ont commencé à être livrés la semaine dernière. Des camions étaient en train de décharger les engrais au dépôt de Sélingué. « Sur les 1450 tonnes attendues, nous venons de décharger 280 et d’ici dimanche 14 juillet le reste sera sur place », selon Mama Koné, représentant du fournisseur qui achemine les engrais à partir de la Côte d’Ivoire.

Les paysans dont certains sont rentrés en possession de l’engrais le 13 juillet dernier, ont dit leur fierté à payer l’engrais à 12 500 F CFA le sac « Si ce n’était pas cette subvention de l’Etat, nous ne savions ce qu’on allait devenir. Les prix des engrais ne cessent de grimper. Ici, nous l’achetions à 20 000, voire 22 500 FCFA » Néanmoins, M. Bagayoko demande à l’Etat de continuer à toujours les approvisionner en intrants.

A Sélingué comme dans les autres zones visitées, l’objectif de « l’Initiative riz » sera atteint et même dépassé. A Niamala, M. Togola à l’image de beaucoup de producteurs du riz Nerica et autres ont pour certains doublé voire triplé la surface emblavée. Les 80 ha du président de l’Apcam ont dépassé les 160 tonnes. « J’attends une prévision de plus de 150 tonnes pour cette campagne de riz Nerica ».

Les femmes de Niéna n’entendent pas demeurer en reste. « Si nous avons l’engrais comme on le souhaite, nous allons produire 75 tonnes contre une vingtaine l’année dernière », promet Mme Diallo, Rokiatou Diallo.

Dans la zone ODRS, il est prévu 15 000 à 16 000 tonnes. « Le rendement dépend fortement de la fertilisation. Cette année avec la baisse du prix des engrais, la fertilisation sera à un niveau souhaitable », dit le DG de l’ODRS.

Pour mener à bien ce travail, l’encadrement a été mis à contribution afin de contrecarrer les éventuels problèmes. « Nous avons reçu des informations sur comment faire une bonne campagne agricole dans le cadre de l’Initiative riz. Il est vrai qu’avant nous cultivions cette variété. Mais il faut reconnaître que pour cette campagne nous avons reçu fréquemment la visite des techniciens », reconnaissent des producteurs à l’image de M. Bagayoko.

Une des questions qui peut porter atteinte à « l’Initiative riz » dans les zones visitées est la dotation des paysans en équipements agricoles. Il est attendu des batteuses et décortiqueuses dans les zones de production du Nerica. Mais à la date d’aujourd’hui, aucune mention n’est faite de ses matériels que les paysans attendent beaucoup. « La culture du Nerica n’est pas facile surtout au moment du battage. Nous ne sommes pas encore à ce stade mais nous espérons beaucoup sur les matériels afin le travail soit bien et vite fait. L’immensité des surfaces l’exige ».

Amadou Sidibé

(envoyé spécial)

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GAO

Une région en manque de protection civile

Le plus petit incendie peut aujourd’hui occasionner la plus grande peur dans la Cité des Askia, snobée par la protection civile. Sans sapeur-pompier, la grande ville du Nord vit dans la psychose du moindre sinistre.

La région de Gao est aujourd’hui exposée à toutes sortes de dangers en raison de l’absence des services de la protection civile qui, outre les sapeurs-pompiers, procèdent aussi aux premiers secours à la suite d’un sinistre.

L’incendie qui a ravagé le Grand marché de Gao et ses alentours, il y a plus d’un mois témoigne de la gravité de l’absence de services de la protection civile. L’incendie n’a pu être maîtrisé que grâce à l’intervention énergique des forces de sécurité mobilisée pour la circonstance avec la logistique de l’aéroport de Gao.

Vendredi dernier, lors de la visite du ministre de Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, Sékou Diakité, parti apporter le message de solidarité du gouvernement aux sinistrés, le maire de Gao, Ali Alassane Touré a saisi l’occasion pour remettre la question sur le tapis.

Il a rappelé que « n’eut été l’intervention des forces de sécurité, l’on aurait assisté impuissants à une tragédie indescriptible ». Et à M. Touré de continuer : « Il est triste de rappeler que dans la nuit du samedi 31 mai au dimanche 1er juin 2008 aux environs de 21 h 30 le marché aux légumes et ses alentours immédiats ont été ravagés par un incendie. C’est aux environs de 3 h du matin que l’incendie a pu être maîtrisé et le pire évité par la sécurisation de la station et de la BDM-SA ».

« Il est fort regrettable que la région ne dispose pas encore d’une direction régionale de protection civile. Il urge donc de combler ce vide car la nature à horreur du vide » .

Gageons que l’appel n’est pas tombé dans des oreilles sourdes. Le ministre Diakité devra alors pousser son collègue de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Sadio Gassama, à diligenter l’ouverture d’une direction régionale de la protection civile dotée de tous les équipements nécessaires dans la Capitale des Askia qui devient un centre urbain dont l’apport est essentiel dans l’économie nationale.

Sidiki Doumbia

(envoyé spécial à Gao)

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SPECULATION FONCIERE A YIRIMADIO

La mairie de la Commune VI dans la tourmente

Des individus ont créé des titres fonciers (TF) sauvages sur la bande des 95 hectares de Yirimadio destinée au recasement des populations de Missabougou et de Niamakoro.

La mairie de la Commune VI dispose d’une réserve foncière de 95 hectares à Yirimadio et une autre de 18 hectares à Missabougou. Ces terres sont réservées aux populations victimes d’inondation à Missabougou et à certains déguerpis d’une partie de Niamakoro. Ces mêmes parcelles attribuées à des ayant droits avaient fait l’objet d’occupations anarchiques et illicites soit par la faute de propriétaires de champ soit par de chefs coutumiers croyant être des usufruitiers.

Dans le cadre de l’opération anti-occupation anarchique du domaine public, décidée par le gouverneur du district, la mairie de la Commune VI a procédé, au mois de mai 2008, à la démolition de toutes les concessions qui n’ont pas de titres de propriété, l’objectif étant de mettre les vrais bénéficiaires dans leurs droits.

Après les opérations de démolition, le conseil municipal a opté pour la moralisation de l’ancienne décision d’attribution de lots qui comporte plus de bénéficiaires que de parcelles disponibles. Aux dires du maire Souleymane Dagnon, les techniciens sont présentement sur le terrain pour procéder à la parcellisation qui aboutira à l’adoption d’un plan et à la distribution de lettres de notification.

Mais à Yirimadio, les techniciens sont tombés sur des titres fonciers dont les propriétaires ne sont pas encore connus. Difficile pour l’instant d’affirmer que les spéculateurs fonciers sont passés par là ou si ce sont des individus qui ont acheté des lots et qui les ont transformés en TF de bonne foi. Mais quelles que soient leurs motivations, leurs agissements risquent de compliquer la tâche aux techniciens et aux responsables communaux.

Selon le maire Dagnon, le conseil municipal, qui s’est prononcé sur la question, a donné mandat aux techniciens de poursuivre les travaux de parcellisation et qu’ils se réservent le droit de diligenter une enquête.

Comment un domaine dûment affecté à une collectivité territoriale par des autorités compétentes peut ressurgir en TF pour des tierces ? Ce sujet qui ne manquera pas de déclencher un conflit foncier entre la mairie de la Commune VI et les détenteurs de TF sur la bande des 95 hectares de Yirimadio doit être inscrit à l’ordre du jour du Forum sur le foncier dont les concertations locales viennent de prendre fin à Bamako.

Abdrahamane Dicko

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CORRECTION DU DEF

Amalgame à Tombouctou

Les correcteurs du DEF n’ont pas encore perçu leurs primes. Un retard que le directeur de l’Académie de Tombouctou impute au Trésor et à des erreurs de saisie de noms. « Le payement est prévu pour la fin de cette semaine ou le début de la semaine prochaine », nous a assuré hier au téléphone, le directeur de l’Académie d’enseignement de Tombouctou, Dramane Touré.

Selon les autorités scolaires, chaque année, depuis la décentralisation de l’école malienne, toutes les académies prennent en charge les problèmes des élèves et des enseignants. C’est ainsi que la liste et le numéro d’immatriculation des différents enseignants qui corrigent sont envoyés par les centres d’animation pédagogique (Cap) aux différentes académies.

« Le payement suit une certaine procédure administrative au niveau de l’enseignement. Cette année à Tombouctou, la procédure a pris un certain retard au niveau du Trésor » , a expliqué le directeur.

« Cette année pour la correction, les Cap nous ont envoyés la liste des différents correcteurs et nous avons constaté qu’il y a eu une erreur dans les noms et les numéros d’immatriculation. Elle vient peut-être au niveau de la manipulation lors de la saisie » , a reconnu M. Touré.

Le directeur de l’Académie de Tombouctou s’est dit soucieux de la situation, c’est pourquoi il a confirmé avoir contacté les représentants des syndicats d’enseignants représentés dans la commission en raison de deux représentants du Syndicat libre de l’enseignement fondamental (Syldef), deux du Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec) et deux du Syndicat des contractuels.

Ces syndicats ont procédé à une vérification à leur niveau et se sont rendus compte que cette erreur matérielle ne provient pas de l’Académie de Tombouctou.

Sètè Traoré

(stagiaire)

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RECRUTEMENT EN CATIMINI A LA DOUANE

Amis et affiliés de la mouvance présidentielle

La section syndicale de l’administration de la douane n’a pas la prétention de s’opposer à un recrutement de l’Etat . A condition que les dispositions qui le régissent ne soient pas violées.

En prenant sur lui la responsabilité de recruter en « catimini » 300 contractuels dans l’administration des douanes, le ministre de la Fonction publique, Me Abdoul Wahab Berthé, a délibérément choisi de se mettre au devant de l’actualité.

Aujourd’hui, le gouvernement, à cause de cette expérimentation hasardeuse, a maille à partir avec la section syndicale de la douane qui a déposé un préavis de grève, se réservant le droit d’observer une grève de 48 h les 24 et 25 juillet prochains si jamais la partie gouvernementale ne revoit pas sa copie au sujet du recrutement « abusif et illégal » au sein de l’administration des douanes.

Cette mesure a été arrêtée par le comité syndical mardi au cours d’une conférence de presse qu’il a animée à la Bourse du travail. Certes, reconnaît le syndicat, ce n’est pas la première fois que le gouvernement procède à des recrutements de conventionnaires au sein de la douane mais jamais de mémoire de syndicalistes, le record de cette année (300 agents) n’a été atteint.

Mais ce qui a le plus interloqué le syndicat, c’est la violation des articles 9 et 10 des règles établies par le décret 038/PRM du 27 janvier 2000 relatifs respectivement à la vacance d’emploi constatée et vérifiée et aux modalités d’organisation des tests de recrutement pour des emplois des catégories C, B, et A, etc.

A en croire le secrétaire général du syndicat, Yacouba Katilé, le ministre de la Fonction publique a, au mépris de ces dispositions, recruté des agents de constatation, contrôleurs et inspecteurs journaliers. Pour tout dire, le patron exige du ministre l’abrogation pure et simple de la décision d’intégration des recrues.

Sans concours

« La section syndicale des douanes n’a pas le droit de s’opposer à recrutement étatique. Mais nous ne sommes pas d’accord non plus avec les recrutements illégaux et abusifs. L’Etat es un sujet de droit comme les autres. Il doit respecter le cadre qu’il a lui-même tracé » .

Enfonçant le clou, M. Katilé laisse entendre qu’aucun besoin n’a été exprimé cette année par la direction de la douane relatif aux recrutements de nouveaux agents. Or, ajoute-t-il, l’organisation d’un concours direct à la Fonction publique obéit à des préalables qui tiennent au fait que les besoins doivent être exprimés par les différents départements ministériels. « Aucune de ces formalités n’a été respectée. Les dispositions du décret ci-dessus citées ont été violées par le ministre », charge le syndicat.

A l’analyse des dossiers, apprend-on de sources syndicales, sur les 300 agents 68 ont été envoyés au niveau des différentes structures de l’administration des douanes et les autres mis à la disposition des gouverneurs de région. Les mêmes sources indiquent que dans le dossier il y a un problème de référence qui se pose pour certaines recrues et un problème d’age pour d’autres.

Le syndicat qui a adressé une lettre de protestation à son ministre de tutelle avec ampliation au ministre de la Fonction publique entend user de tous les moyens légaux pour se faire entendre. « Ils sont en train de recruter comme ils veulent et qui ils veulent alors qu’on a jamais exprimé le besoin ».

Dans un pays où le chômage frappe inexorablement les jeunes, le ministre de la Fonction publique va-t-il revenir sur sa décision au nom du renouveau de l’action publique prôné par le Premier ministre ? Rien n’est sûr quand on sait les « heureux recrutés » peuvent se prévaloir de leurs relations dans un pays aujourd’hui plus que jamais frappé de népotisme.

Mohamed Daou

 

Bouche cousue sur les exo

Pour contrer la flambée du prix des denrées alimentaires, le gouvernement a distribué à tour de bras des exonérations à des commerçants. Pourtant, le citoyen lambda s’interroge sur la portée de ces exo qui ne profitent qu’à un groupuscule d’hommes. Sur la question, le syndicat n’a pas voulu se prononcer : arguant que le sujet n’est pas à l’ordre du jour.

M. D.

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LES BIOCARBURANTS AFFAMENT LA PLANETE

Révélations sur la crise alimentaire mondiale

Dans un rapport intern e dont « The Guardian » (Grande-Bretagne) a récemment publié des extraits, la Banque mondiale impute la flambée des prix des produits alimentaires à la politique des Etats-Unis et de l'Union européenne en matière de biocarburants. Ce qui relance le débat sur l’utilité et l’opportunité de promouvoir le développement des biocarburants.

« Si le panier de la ménagère flambe, c’est à cause des quelques gouttes de biocarburants qu’on ajoute dorénavant au plein d’essence » . Telle est la conclusion d’un rapport confidentiel de la Banque mondiale. Les biocarburants, depuis 2002, seraient en effet responsables à 75 % de la hausse des produits alimentaires selon cette étude « politiquement incorrecte ». Le rapport a observé une hausse de 140 % d'un panier de prix alimentaires depuis 2002 jusqu'en février 2008. Et il conclut que « la hausse des prix de l'énergie et des engrais ont contribué à une hausse de seulement 15 %, tandis que les biocarburants ont contribué à une hausse de 75 % sur cette période ».

Un document tenu secret autant que faire se peut car il dormait dans le tiroir depuis le mois d’avril 2008. Il a fallu les investigations de nos confrères du quotidien britannique « The Guardian » pour révéler le contenu au grand jour. Selon Don Mitchell, l’économiste réputé qui a mené l’enquête, « les autres phénomènes souvent avancés pour expliquer la flambée des céréales et des oléagineux n’auraient joué qu’un rôle mineur ».

La hausse généralisée des prix des denrées alimentaires a plongé depuis le début de l’année plus de 100 millions de personnes dans les rues à travers le monde. Selon des experts, cette crise mondiale est le résultat d’un faisceau de phénomènes : sécheresse en Australie, flambée du prix du pétrole, utilisation croissante des terres pour la culture de biocarburants et spéculation sur le marché des matières premières.

Mais, selon l’auteur du rapport, « ni l’appétit de la nouvelle classe moyenne chinoise ou indienne dénoncé par le président Bush, ni les sécheresses successives qu’a connues l’Australie, l’un des principaux pays exportateurs de grains, ni même l’envolée du pétrole et des fertilisants n’ont été déterminants » dans la crise alimentaire qui en train de déstabiliser les pays à travers le monde. Et il le démontre preuves à l’appui. Ainsi, il souligne que 30 % du maïs américain est détourné de l’usage alimentaire pour être transformé en éthanol.

En Europe, la moitié des huiles végétales sont dévolues à la fabrication de bio diesel. Voilà de quoi expliquer la baisse des stocks finaux qui font grimper les cours des matières premières agricoles sans pour autant être une alternative efficace à la hausse du prix du baril qui oscillait à 147 dollars US le 11 juillet 2008.

« L'augmentation rapide des revenus des pays en développement n'a pas débouché sur une hausse importante de la consommation mondiale de céréales et n'a pas été un facteur important de hausse des prix » , indique le rapport cité par le Guardian. Des sécheresses en Australie n'ont pas non plus eu un impact significatif, estime le rapport.

Mais c'est l'utilisation croissante de biocarburants en Europe et aux Etats-Unis qui a eu la plus grande influence sur les prix, selon le rapport. « Sans l'augmentation (du recours) aux biocarburants, les stocks mondiaux de blé et maïs n'auraient pas baissé autant et les hausses de prix causées par d'autres facteurs auraient été plus modérées », souligne le document dont le contenu n’est plus qu’un secret de polichinelle.

L'auteur ajoute que la course aux biocarburants a créé des distorsions sur le marché alimentaire, détournant une partie des céréales vers les carburants au détriment de l'alimentation. Elle a aussi alimenté une spéculation financière sur le marché des céréales. Les biocarburants, qui sont pour leurs promoteurs une alternative écologique aux énergies fossiles et permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre, étaient au menu du G8 au Japon (7-9 juillet 2008). Tout comme la hausse des prix alimentaires. Ce club de riches a, comme d’habitude, adopté des mesures moins contraignantes pour leurs pays.

Une nouvelle perspective pour le Mali

L’étude porte sur la période allant de 2002 à février 2008. Les réactions des opérateurs sont partagées. Des experts demandent à voir le modèle utilisé pour parvenir à ce résultat. Mais, certains négociants, notamment en huile, convaincus depuis des années de l’impact des biocarburants, abondent dans le même sens que l’économiste. « Il suffit de remettre sur le marché les quelque 4 millions de tonnes de colza absorbées par l’estérification pour ramener le cours des 500 euros vers la zone des 200 », parie l'un d'eux.

Curieusement, à Rome le sommet de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) avait réussi à contourner le sujet sous la pression des pays comme les Etats-Unis et le Brésil. Ce qui se comprend aisément puisque les Américains sont généreux avec l’organisation et le Brésil est un pays émergeant de plus en plus influent sur la scène internationale. On sait aussi que le gouvernement américain a toujours soutenu que les biocarburants n'ont fait grimper les prix alimentaires que de seulement 3 %.

Mais, comme le dit un confrère français, « la patate chaude est maintenant dans les mains des dirigeants du monde. Avec la divulgation de ce rapport, plus personne ne pourra dire qu’il ne savait pas ». Depuis quelques années, des groupes de pressions militent pour un moratoire sur le développement des biocarburants. Visiblement, ils prêchent dans le désert.

Cette étude ouvre néanmoins de nouvelles perspectives pour des pays comme le Mali où le biocarburant est produit à partir du pourghère, une plante non comestible. Le carburant produit à partir du pourghère est facilement utilisé pour remplacer du gasoil. Ce bio diesel joue déjà un rôle de plus en plus important dans l’électrification rurale à travers les plate formes multifonctionnelles.

C’est dire que le Mali peut promouvoir le développement des biocarburants sans compromettre ses récoltes céréalières. A condition bien sûr, comme on l’a vu pendant des décennies avec la cotonculture, que l’appétit du gain n’amène pas les paysans à consacrer l’essentiel de leurs surfaces cultivables au pourghère.

En dehors de cette plante, le Mali a encore d’autres possibilités de production de biocarburant sans trop compromettre son ambition de parvenir à la souveraineté alimentaire : la canne à sucre ! Deux grands projets sucriers vont bientôt prendre forme dans la zone de l’Office du Niger, notamment à Markala.

La mise en œuvre de ces projets va accroître les capacités nationales de production non seulement en sucre, mais aussi en éthanol, ce qui permettra aussi au Mali de faire d’une pierre deux coups. En effet, la hausse du prix du baril de pétrole entraîne aussi celle du sucre sur le marché mondial comme c’est le cas présentement.

« Si le prix du sucre remonte, c’est à cause de sa forte proximité avec le pétrole » , expliquent les investisseurs. Ainsi, le 2 juillet dernier, la hausse du baril de brut a été un tremplin pour faire rebondir la canne transformée à 60 % en éthanol au Brésil, le 1er pays producteur et exportateur de sucre.

La production du sucre peut donc être l’un des ballons d’oxygène dont l’économie malienne a besoin pour traverser la conjoncture mondiale, marquée par une crise énergétique et alimentaire sans précédent.

Alphaly

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