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2008

Mois de juillet

Les Echos du 15 Juillet

 

GOUVERNEMENT DU MALI

Faits et méfaits.

Je suis favorable à la tenue du forum sur l’éducation et à la tenue des états généraux sur la corruption. En revanche, mon jugement est tout autre concernant trois autres projets du gouvernement qui sont : l’Initiative riz, le projet de loi sur la peine de mort, la poursuite du projet de privatisation des sociétés et entreprises publiques sans au préalable faire un bilan des applications de cette chose au Mali .

Le gouvernement a décidé la tenue d'un forum sur l'éducation. J'ai, en compagnie de certains Maliens, applaudi des deux mains. Le gouvernement a décidé de convoquer les états généraux de la corruption. J’ai dit, avec d’autres : mais pourquoi pas ? J’ai aussi entendu de nombreuses voix contraires. En citoyens patriotes, nous devons accepter de débattre de nos différences d’opinion.

Différences entre le gouvernement et nous citoyens, mais aussi entre nous à l’intérieur de la société. En prolongement logique de ma position, il m’est venu de penser que combattre la tenue du forum sur l'éducation ou des états généraux sur la corruption relèverait d'un esprit anti-démocratique et antipatriotique de la part de toute personne reconnaissant la légitimité du régime politique actuel.

Le président de la République a été élu et reconnu, il a mis en place un gouvernement. Ni le président ni son Premier ministre n'ont un parti politique. Un Parlement a été élu. Ce dernier a voté, sans exception, tous les projets de loi et autres ordonnances du gouvernement et cela après avoir agréé la Déclaration de politique générale présentée par le Premier ministre.

Dans cette mesure, il est salutaire que ce gouvernement appelle au débat, appelle : (a) à éclairer l'opinion sur des sujets importants comme l'école et la corruption, (b) la société nationale à s'exprimer sur ces questions. Combattre une telle initiative revient à s'opposer à ce qu'un gouvernement légalement et légitimement reconnu s'appuie sur l’opinion du peuple pour diriger. Une telle attitude est donc anti-démocratique. Il est difficile de dire clairement ce qu’est la démocratie mais on peut indiquer clairement comment distinguer une attitude démocratique d’une attitude qui ne l’est pas.

Je ne crois pas du tout qu’il soit possible de mettre en cause la bonne foi du gouvernement dans la tenue de ces deux assises. Par ailleurs s’opposer à la renaissance de l’école malienne est antipatriotique. Peut-on imaginer une solution pire que la non-convocation de ces assemblées ? Qui donc a une solution prête en mains pour résoudre les problèmes de l’école ? Qui donc a une solution prête en mains pour lutter contre la corruption ?

Oui il est qu’il existe, concernant la corruption, des rapports de base provenant de la Casca et du bureau du Vérificateur général, par exemple. Mais précisément le simple fait que l’existence de ces rapports n’ait pu enclencher aucune procédure de lutte effective conduit à se poser des questions et à concevoir la nécessité de construire des instruments qui se mettront automatiquement en service dès l’existence de tels rapports.

Un tel mécanisme automatique s’appelle une stratégie nationale cohérente de lutte contre la corruption. Puisque ceux qui sont au pouvoir sont en général ceux qui sont suspectés, et pour cause, d’être en général les instigateurs et les bénéficiaires des actes de détournement et de corruption, alors comment accepter de laisser au gouvernement tout seul le soin de fabriquer une telle stratégie ? Qui d’autre que la société nationale est mieux habilitée à faire ce travail. Dans la situation actuelle, il est impossible d’être neutre. Ne pas agir c’est choisir le camp de la défaite du Mali.

Par contre, il est légitime de ne pas donner un blanc-seing au gouvernement. Et toutes les forces patriotiques devront se liguer pour le pousser à appliquer l’essentiel des recommandations. Nous devons faire en sorte que la sincérité du gouvernement dans l'application des recommandations qui sortiront des assemblées concernées soit déclarée facteur déterminant dans l'évaluation du régime lorsque sera venu dans la vie politique nationale le temps de procéder à cette évaluation.

Je suis donc favorable à la tenue du forum sur l’éducation et à la tenue des états généraux sur la corruption. En revanche, mon jugement est tout autre concernant trois autres projets du gouvernement qui sont : l’Initiative riz, le projet de loi sur la peine de mort, la poursuite du projet de privatisation des sociétés et entreprises publiques sans au préalable faire un bilan des applications de cette chose au Mali.

L’opération riz

J’adhère à l’opinion qu’un gouvernement responsable ne peut assister, indifférent, à la montée du risque de famine dans son pays. Surtout au Mali où la famine a contribué à façonner notre conscient et notre subconscient collectifs. Depuis plus de 2 ans, les prix agricoles ont entamé une montée régulière selon une pente faible au départ qui s’est redressée au fur et à mesure. Depuis, Oxfam, entre autres sources, n’a eu cesse d’indiquer que la détérioration de la situation alimentaire au Niger est une alerte pour toute la région soudano-sahélienne. Il existe au Mali un Commissariat à la sécurité alimentaire, qui est directement rattaché à la présidence de la République. Bon.

Je voudrais faire une digression pour faire remarquer que j’ai la religion de respecter deux institutions que sont le président de la République et le système judiciaire. Ils sont les derniers remparts contre le mal et sont le sanctuaire ultime pour le citoyen dans une République démocratique. Pour cette raison, il me coûte énormément chaque fois que je suis obligé de critiquer le président de la République ou le système judiciaire. Ainsi il m’est pénible en ce moment de me demander comment le président de la République pourrait-il ne pas être, hélas ! en première ligne, face aux doigts accusateurs si la famine venait à frapper notre peuple sous la vigie d’un commissariat directement rattaché à son bureau ?

Je suis en accord avec le gouvernement lorsqu’il suggère qu’il est plus qu’urgent de prendre (enfin) l’Office du Niger très au sérieux. Mais pour être crédible et efficace, le gouvernement doit faire une revue des problèmes de l’Office du Niger afin d’établir un plan disant entre autres : ce qui sera fait, quand est-ce que cela sera fait, qui en aura la charge, quels sont les moyens qui seront attribués à l’action.

Pour une fois, je suis d’accord avec les banquiers maliens qui refusent d’attribuer des financements à des entrepreneurs maliens qui, jusque-là, vivent de subsides généreusement attribués par l’autorité publique, refusent de moderniser leurs gestions et s’affirment en fin de compte comme des freins au progrès social et économique. Ces hommes se confondent avec leurs entreprises et semblent penser que la clé de la réussite dans les affaires est de vivre dans une obscure proximité avec le pouvoir.

Le Mali doit, en ce début du 21e siècle, abandonner tous les hommes d’affaires qui se comportent comme des crocodiles que l’on nourrit avec du poisson pêché. Je rêve aussi d’un Mali où vivent des milliardaires mais des milliardaires créant de la richesse pour la société et pour eux-mêmes. Plus vite le gouvernement précipitera la fin de cette race de mauvais entrepreneurs, mieux cela vaudra.

Le projet de loi sur la peine de mort

Sur ce chapitre, je serai vraiment bref dans la mesure où je ne vois pas pourquoi le gouvernement chercherait à créer un problème là où il n’y en a pas. Ceci est la parfaite illustration qui donne raison à ceux (nombreux) qui pensent que les Africains sont médiocres en capacité de résolution de problèmes et inégalables dans l’habileté à se créer des problèmes à soi-même.

La sagesse dans cette affaire serait de laisser cette situation où de facto une condamnation à mort est, au Mali et depuis longtemps, une condamnation à perpétuité ou même une condamnation à tant. La loi, le moment venu, lorsqu’au bout d’une génération l’école aura formé une majorité de citoyens aux droits de l’Homme, le temps sera venu de supprimer, de façon naturelle et sans heurt pour la cohésion nationale, la peine de mort à laquelle je suis personnellement opposé.

La poursuite du projet de privatisation

Dans ce domaine également je suis plutôt perplexe devant ce qu’il faut bien appeler un entêtement et une fuite en avant du gouvernement. On s’attaque à une entreprise pour résoudre un problème. En France, par exemple, les programmes de privatisation ont pour but de respecter les règles de concurrence au sein de l’Union européenne afin d’assurer une égalité entre les entreprises à la lutte pour la recherche de ressources financières.

Au Mali le problème est différent. Nous avons un triple problème qui est la mauvaise gestion, l’incompétence des cadres, l’irresponsabilité des cadres. Pour illustrer cela je vais considérer un exemple tiré de la CMDT. En juin 1999, des associations de jeunes et de femmes de 29 villages situés en zone CMDT et Office du Niger m’ont invité à les rencontrer et à visiter certains de leurs villages où j’ai rencontré également les anciens.

En essayant d’approfondir mes connaissances sur le fonctionnement de la CMDT, j’ai appris que les dirigeants de cette entreprise avaient établi une règle selon laquelle dès l’embauche, un cadre supérieur qui par ailleurs ne subissait aucun contrôle sur son curriculum vitae à partir du moment où il était coopté, se voyait attribuer une villa à Bamako, une voiture personnelle et bien d’autres avantages.

Sans aller plus loin, comment voulez-vous qu’un cadre travaille du mieux qu’il peut si au premier jour de son emploi il reçoit ce qui devait être la récompense de toute la vie professionnelle d’un excellent cadre. Des jeunes de ces villages m’ont conduit en voiture à Bamako où j’ai vu à Faladié des maisons attribuées de cette façon et j’ai été informé des noms de certains cadres connus ayant bénéficié de ces avantages. Lorsque les entreprises sont en faillite ou privatisées, les travailleurs sont mis au chômage, ces cadres non méritants gardent ces biens usurpés. C’est une honte.

Il se trouve être que le Mali procède à des privatisations depuis au moins 20 ans. Avant d’aller plus loin, il serait indiqué de procéder à une étude analytique de ces privatisations pour mettre d’un côté les cas de privatisations réussies et de l’autre celles qui ne l’ont pas été. L’analyse devrait faire ressortir les raisons du succès et le cas échéant les raisons de l’échec. Ce moratoire ne semble pas intéresser le gouvernement qui, cravaché par les institutions comme le FMI et la Banque mondiale, s’entête à forcer un destin qui ne s’annonce pas brillant.

Le plus dur est qu’on nous demande de croire que toutes ces fautes sont du fait de Dieu et non des hommes.

Dialla Konaté

(Blacksburg, 12 juillet 2008)

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CRISE ALIMENTAIRE

Le pire est à venir, selon les Américains

Aucun pays d'Afrique de l'Ouest ne pourra assurer son autosuffisance alimentaire d'ici 2017, selon une étude américaine, qui prévoit un aggravation des déficits à l'origine de l'actuelle crise alimentaire, déjà source de graves tensions et de troubles dans plusieurs pays.

Sur un total de 37 pays étudiés en Afrique subsaharienne, dont la totalité des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et la Mauritanie, aucun ne pourra faire face de manière adéquate à ses besoins alimentaires en 2017, selon les résultats d'une étude menée par le département de l'Agriculture des Etats-Unis consultés par Ouestafnews.

Les auteurs de l'étude sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement, dont les résultats viennent d'être rendus publics, affirment que la situation « va se détériorer dans ces pays dans la prochaine décennie » (2007-2017).

A l'opposé, toutes les catégories de populations en Afrique du Nord par exemple (à l'exception des 10 % les plus démunis en Egypte) pourront assurer leur sécurité alimentaire, prévoit le document, le « seul défi » étant pour les gouvernements en place dans ces pays de pouvoir continuer à supporter le coût de leurs importations.

« L'Afrique subsaharienne, déjà la région la plus vulnérable avec le plus faible niveau de calories consommées, sera celle qui souffrira le plus de la détérioration de la sécurité alimentaire » .

L'étude semble ignorer les annonces faites par quelques-uns des pays de la sous-région ouest-africaine suite aux soubresauts liés à la cherté de la vie : l'Initiative riz au Mali par exemple ou encore la Grande offensive pour la nutrition et l'abondance (Goana) au Sénégal, des programmes, il est vrai, lancés à la va-vite au lendemain des troubles liés à la flambée des prix des céréales au début de cette année.

Les résultats de l'étude américaine contredisent, ou en tout cas semblent donner très peu de crédit au contenu même de ces programmes, dont l'ambition clairement définie est d'arriver à l'autosuffisance alimentaire.

A l'échelle mondiale, les prévisions sont tout aussi catastrophiques, puisque « le nombre de personnes exposées à l'insécurité alimentaire dans les 70 pays à faibles revenus étudiés est passé de 849 millions en 2006 à 982 millions en 2007 », selon le rapport qui précise que sont classées dans cette catégorie les personnes qui consomment moins de 2100 calories par jour.

Le déficit alimentaire, estimé à 44 millions de tonnes pour ces 70 pays en 2007, passera à 57 millions de tonnes en 2017, soit un accroissement constant plus d'un million de tonnes par an - et le plus lourd fardeau sera porté par l'Afrique subsaharienne.

Déjà depuis le début l'année, des pays comme le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Sénégal ont connu des scènes de violences et des sérieux troubles liés à la crise alimentaire. Dans les autres pays (Togo, Bénin, Niger), même si les manifestations ont été moins violentes, les populations sont aussi sorties dans les rues pour protester contre « la vie chère ».

Jusque-là la réponse de la plupart des gouvernements concernés s'est limitée à des slogans ou à l'annonce de programmes jugés creux et peu crédibles par les experts ou alors à des accusations contre les commerçants et importateurs « véreux » comme en Côte d'Ivoire ou au Sénégal.

(Ouestaf News)

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L’AFRIQUE A LA RECHERCHE DE LEADERS

Quels hommes et femmes pour nous sortir de l’ornière ?

Nous nous en doutions : le sommet de l’Union africaine qui vient de se tenir en Egypte nous l’a confirmé.

Nous le craignions, les troubles du Kenya, du Zimbabwe ou encore certains événements (tripatouillages électoraux, marginalisation des esprits créatifs, abus en toutes sortes, corruption, népotisme, etc) survenus plus près de nous l’illustrent plus que jamais !

Notre espoir d’une Afrique débout, présent depuis les années 1960, s’effiloche de jour en jour et risque de flétrir à jamais en raison non pas de notre pauvreté, mais de notre mauvaise gouvernance, notre faible capacité à nous affranchir de nous-mêmes, de nos mauvaises habitudes, de notre inorganisation, de notre manque de solidarité… bref de notre mauvaise « façon de faire » de tous les jours.

Ces mots, nous les avons souvent entendus. Hélas ! trop entendu. Et pourtant il nous faut encore nous préparer à les entendre encore et encore car ceux qui sont chargés de les effacer font tout pour qu’ils demeurent, comme si ça ne les gênait pas. Eux chargés de nous diriger, de nos guider, de nous orienter. Eux chargés de conduire la destinée de leurs semblables. Eux n’agissent que pour mieux nous humilier encore. Que faut-il faire ?

On a souvent parlé de démocratie, de pluralisme politique, de liberté. Oui ! On a aussi évoqué la bonne gouvernance, le libéralisme économique, l’ouverture au marché. Sans doute ! On a enfin évoqué la reforme de l’Etat, le renouveau de l’action publique et la modernité des services publics. Evidemment.

On a toutefois peu évoqué l’homme ou la femme chargé de conduire ses sembles, le leader. Or, si on regarde tout ce qui précède, la place du leader est centrale et primordiale. Il est la clé de voûte. Il serait peut-être temps de regarder également de son côté. La promotion d’un leadership constructif est peut-être aujourd’hui la première tâche à laquelle on doit s’atteler pour assurer un nième renouveau continental !

Nos pays, plus que tout autre groupement d’humains, sanctifient le leader, font sa promotion et lui procurent un rôle primordial dans la conduite des nations. Cela s’explique par notre histoire dans laquelle les noms des leaders émergent plus que leurs œuvres. Notre histoire qui se caractérise par une faible institutionnalisation, une construction étatique fragile et éphémère, un processus de vécu collectif et d’organisation humaine entravé par les traites et la colonisation.

Nous n’avons pas hérité d’Etat sinon importé et imposé. Il nous reste à nous approprier de nous-mêmes à travers nos leaders, nos élites. Pour que ceux-ci nous guident et nous aident vers de nouveaux rivages ! Privilégions les hommes comme on l’a toujours fait, non pas de manière stérile et vaine mais de sorte à permettre aux meilleurs d’entre nous de nous aider à nous organiser. Ces organisations et ces regroupements qui nous permettront ensuite de dépasser l’individu et de croire au collectif.

En Afrique et au Mali, l’homme est encore providentiel. Jouons donc ce jeu et faisons en sorte qu’il soit vraiment providentiel, pas de manière fini (après moi le déluge), mais qu’il le soit afin que dans les années à venir l’homme providentiel n’existe plus ! Que l’homme providentiel nous aide à dépasser l’homme providentiel ! Que l’homme providentiel nous aide à tuer le mythe de « l’homme providentiel ».

Il faut un nouveau leadership, familial, communautaire, local, régional, national et africain pour que nos pays franchissent le pas du tribalisme, du repli identitaire, de l’intégrisme religieux comme refuge, de l’égoïsme, des dépravations et autres prévarications et de toutes les formes d’atteinte au « vivre ensemble ». Ce nouveau leadership repose sur le leader. Il repose aussi sur le soutien que les pouvoirs publics pourront lui apporter.

Leadership d’accord, mais leader d’abord

Etre un leader aujourd’hui dans nos pays relève d’une action de construction. Cela ne doit pas relever du hasard, de liens familiaux ou de proximité avec un pouvoir. Etre leader doit relever d’un parcours. Autrement dit, on est et on porte le leadership. On n’en hérite pas ou on ne nous le transmet pas !

Le leader doit avoir des qualités intrinsèques et en quantités suffisantes. Chaque groupement, chaque communauté, chaque ville et chaque pays doivent en avoir conscience et s’organiser pour que cela soit !

Le leader est moral et conscient. Il respecte les règles propres à sa communauté, à sa famille, à son pays, à sa religion. Le leader n’engage pas d’acte répréhensible ni d’action qui jure d’avec la conscience. Le leader est le premier promoteur et le premier protecteur des bonnes mœurs. Le leader s’organise et organise les siens contre toute forme de dépravation des mœurs et toutes les pratiques déviantes et malsaines. Le leader soutient les valeurs familiales, protège les plus faibles comme les enfants, soutient la morale et toutes les formes de renforcement de la conscience (éducation civique et morale, éducation religieuse…)

Le leader est intellectuel. Non pas un diplômé d’enseignement supérieur mais une personne qui recourre à son intelligence et à son savoir pour améliorer le sort du plus grand nombre !

L’intellectuel est celui qui est en veille permanente, à l’affût de toutes les idées pouvant être mises en œuvre pour agir de manière concrète sur la vie des personnes. L’intellectuel écrit, propose, présente, débat, discute, échange, contredit, enrichit les idées, contribue moralement ou physiquement à faire avancer les choses à tous les niveaux (dans la famille, dans la communauté, dans la ville, dans le pays, sur le continent et dans le monde). Un leader est aussi et surtout un intellectuel.

Le leader est compétent et soutient l’excellence. Le leader exerce un métier, fait des études pour ce faire ou apprend ce métier, l’exerce pour pouvoir produire et générer des revenus lui permettant de se prendre en charge et de prendre en charge ceux de sa famille qu’il doit ou peut supporter. Il exerce un métier qui doit également lui permettre de contribuer à la richesse nationale par ses impôts et taxes, des dons et autres moyens qu’il met à disposition des citoyens…

Il s’emploie pour être le meilleur dans l’exercice de ce métier, il s’emploie pour qu’en apprenant (élève, étudiant, stagiaires, apprentis…) il soit toujours le meilleur car c’est le meilleur qui produit le mieux et c’est le meilleur qui gagne le plus pour faire gagner le plus à la collectivité. Il fait partager cet esprit par sa famille, ses proches, sa communauté, son pays et ailleurs. Le leader se bat contre la médiocrité et soutient dans toutes ses initiatives le principe de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».

Le leader est constamment engagé. Le leader est en action pour le bien-être collectif, il s’informe et est informé, se forme en permanence pour maîtriser les sujets ayant trait à la vie collective, s’emploie à connaître les sujets d’intérêt communautaire, communal, local, national pour mieux s’organiser à y contribuer.

Le leader s’engage dans les organisations de quartier ou de village (pour le bien-être, soutien aux démunis, religieuses, scolaires…), les organisations de plus grande ampleur (à l’échelle de la ville ou du pays) et qui permettront simplement de faire avancer les choses. Il n’hésitera pas à fournir des ressources à ces organisations car de l’amélioration des conditions de vie de la masse dépendent son propre progrès et celui de sa famille et de sa communauté.

Le Leadership se soutient aussi

Le leader soutient la communauté. Au sein de son voisinage et dans son espace de vie, le leader donne des conseils, intervient pour aider, accompagner, guider, s’implique dans les questions d’ordre social, est solidaire avec les plus démunis et s’emploie à maintenir des activités et une énergie créatrice de richesse dans la communauté.

Le leader respecte le bien public et le fait respecter. Cela à tous les niveaux, que le bien public soit d’ordre local ou national, il est sacré car il est le symbole des efforts de tous pour que la vie collective se passe mieux ou il est légué par la patrie pour être utilisé dans l’intérêt du plus grand nombre ; en cela il est inviolable et ne doit en aucune manière être mis au profit d’un individu.

Le leader se sacrifie pour la masse (sur le plan communautaire, local, régional, national ou international). Il est humaniste et soutient le genre humain qu’il place forcément au-dessus de sa personne. Dans tous ses actes, il sacralise le bien public et s’emploie à donner l’exemple afin que d’autres puissent le suivre et engager ainsi un effet d’entraînement salvateur pour la collectivité. Le leader est celui qui contraindra son intérêt personnel pour l’intérêt collectif, il est celui qui n’hésitera pas à abandonner une responsabilité, un poste donné si l’intérêt collectif le demandait.

Le leader est équitable dans ses jugements et n’est mu que par l’intérêt collectif au nom de qui les jugements doivent être rendus et les décisions prises. Dans ses actions de tous les jours, dans ses décisions, le leader privilégie la compétence, l’impartialité, la vision de l’intérêt public. Le leader s’emploie à ce que la construction collective, l’édifice public qu’est l’Etat (depuis le pas de porte familial jusqu’au niveau suprême) soit toujours prioritaire et transcende nettement sa personne et la personne de n’importe quel citoyen.

Il s’emploiera à ce que cet édifice public ne soit tributaire d’aucune personne ni d’aucun groupe de personnes. Il se battra pour que cet édifice public soit équitable et juste, seuls gages de son acceptation par la population. Il s’organisera pour que l’Etat soit impersonnel, bâti sur des institutions crédibles et durables, servi par des citoyens honnêtes et compétents, organisé pour servir et protéger, disposé à soutenir les entreprenants et n’oubliant aucun citoyen.

Le leader garantira la forme démocratique de cet Etat au sein duquel la liberté et la responsabilité seront associées. Il soutiendra toute initiative allant dans ce sens même si celles-ci devaient remettre en cause ses responsabilités ou son pouvoir. Il en est par exemple du politique qui va s’employer à rendre un processus électoral transparent même ce processus devait l’emporter ! Il privilégiera l’intérêt public issu de la promotion d’une responsabilité légitime à l’intérêt égoïste de la promotion d’une responsabilité illégitime !

De la case au palais, le parcours d’un leader est ainsi ponctué de sacrifice, de privation et d’exemplarité. Si ce responsable parvient à exercer une charge, qu’elle soit locale ou internationale, il ne sera pas ce qu’on voit tous les jours sur nos écrans ! Non pas parce qu’il aurait des dons particuliers mais simplement parce qu’il aurait eu un vécu de leader et qu’une charge serait naturellement une occasion supplémentaire d’illustrer ce qu’il a déjà démontré. Sachons être des leaders ! Sachons choisir des leaders ! Sachons soutenir des leaders !

Les gouvernants quels qu’ils soient doivent s’employer à faire émerger des leaders et cela dans tous les domaines : politiques, économiques, sociaux. Il en va de leur sécurité et de la prospérité de ceux qu’ils ont la charge de guider. L’Etat lui-même doit être configuré pour la promotion du leadership. Cela doit pénétrer dans les familles, être enseigné à l’école, faire l’objet de débats publics, être soutenu par les organisations de la société civile.

La morale, la conscience, la compétence, l’engagement citoyen doivent être associés et faire l’objet de promotion à tous les niveaux. Les attributions de responsabilité doivent être transparentes et équitables et être organisées dans un grand souci d’alternance et de mouvement. L’Etat doit être organisé pour que les hommes passent mais que l’organisation reste et continue, ceci atténuera l’impact des responsables et contribuera à édifier davantage les services et les institutions ; ceci limitera le concept « d’homme providentiel » qui grâce, à l’apport de tous, cédera la place au concept de « l’Etat providence ».

En soutenant massivement et ouvertement le leadership, au jour le jour, chacun d’entre nous accompagnera ou induira les efforts des pouvoirs publics pour que les hommes ou les femmes méritants nous dirigent. Qu’ils gouvernent nos entreprises et nos services publics, qu’ils managent nos collectivités, qu’ils prennent possession de nos ministères et de nos palais afin qu’un jour, en Afrique, on puisse être fiers de nos représentants.

Qu’un jour, nous ne soyons plus les témoins malheureux de spectacles d’un autre temps où les perdants, les mauvais, les médiocres, continuent de nous narguer, fiers de leur médiocrité et de leur malhonnêteté.

Ce jour-là et seulement ce jour-là, pourra commencer enfin le compte à rebours inéluctable vers la réalisation des rêves de bien être, de quiétude, d’union et de fierté de centaines de millions d’africains !!!

Moussa Mara

(expert-comptable)

mara@diarrasec.com

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INCENDIE DU GRAND MARCHE DE GAO

L’Etat offre 10 millions CFA aux sinistrés

Porteur d’un message de solidarité du gouvernement aux victimes de l’incendie du grand marché de Gao, le ministre du Développement social Sékou Diakité a, au cours d’une cérémonie vendredi 11 juillet 2008 à la mairie de Gao, remis au gouverneur de la région, 10 millions de F CFA, représentant une aide aux victimes de l’incendie du Grand marché de Gao .

Accompagné d’une forte délégation, le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, Sékou Diakité était vendredi dernier à Gao pour manifester la solidarité gouvernementale aux victimes de l’incendie du Grand marché de Gao.

Avant de rencontrer les autorités administratives et municipales et les victimes de l’incendie, le ministre a fait le tour du marché incendié. Dans la nuit du samedi 31 mai au dimanche 1er juin, le Grand marché de Gao ou encore « Marché aux légumes » et ses alentours immédiats ont été ravagés par un incendie.

C’est aux environs de 3 h du matin que l’incendie a pu être maîtrisé. Plusieurs boutiques ont été atteintes par le feu et les marchandises ont été consumées par les flammes. Le pire a été évité grâce à la mise en branle d’un cordon sécuritaire autour de l’agence de la BDM-SA, située à proximité du marché.

Le ministre Diakité dira que « le bilan est lourd car les pertes matérielles enregistrées ont été estimées à plusieurs dizaines de millions de F CFA. Rendons grâce à Dieu d’avoir épargné les vies humaines ».

Malgré l’état désastreux du marché, certains commerçants continuent d’y mener des activités. Pour le ministre, les autorités administratives de Gao doivent prendre des dispositions afin de déguerpir le marché avant sa restauration. « Certains commerçants sont revenus sur le lieu qui est insécurisé. Il y a des hangars et des murs qui sont en train de s’écrouler. Il faut déloger le marché pour qu’il n’y ait pas un autre sinistre ».

600 millions pour reconstruire

Le rachat des dégâts causés par l’incendie qui a ravagé le Grand marché passe forcément par l’indemnisation des sinistrés et la reconstruction du marché. M. Diakité a promis que dans les jours à venir, les bâtiments qui ont été entièrement atteints vont être démolis et une autre disposition sera prise afin de les reconstruire.

Au cours de sa rencontre avec les autorités administratives et municipales et les victimes de l’incendie à la mairie, le ministre, après avoir fait part du message de solidarité du gouvernement aux victimes de l’incendie, a remis une symbolique contribution de 10 millions de F CFA au gouverneur de Gao comme appui à la région dans le cadre de la recherche de solution à ce douloureux événement.

Ali Alassane Touré, le maire de Gao, dira que cet acte de solidarité de la part du gouvernement réconforte et donne de l’espoir à des centaines de chefs de famille et des mères de famille en détresse qui ont perdu en une nuit ce qu’ils ont réalisé pendant des années de labeur. Et de continuer en indiquant que « le coût total des travaux de reconstruction et de réparation du marché est estimé à 600 millions de F CFA environ ».

« Je saisis l’occasion pour solliciter l’appui de l’Etat et de nos partenaires financiers en vue de donner la possibilité aux autorités communales de reconstruire le marché. Nombreuses sont les victimes directes et collatérales de ce sinistre car ce sont plus de 700 personnes qui gagnaient les moyens de subsistance de leur famille dans ce marché » .

Sidiki Doumbia

(envoyé spécial)

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CAN JUNIORS/MALI-TUNISIE : 1-0

Les Aiglons se qualifient

Les Aiglons, victorieux (1-0) le 29 juin dernier à Sousse, se sont imposés sur la même marque face à leurs homologues de la Tunisie dimanche au stade Modibo Kéita et se sont qualifiés pour le prochain tour de la Can des juniors, prévue au Rwanda en 2009.

Une équipe, qui joue avec une meilleure disposition tactique sur une situation standard comme le coup franc d’Oumar Koné, finit le plus souvent à emporter le gain de la partie. C’est le scénario qui a dominé le match Mali-Tunisie comptant pour les éliminatoires du 1er tour retour de la Can juniors « Rwanda-2009 ».

Dimanche dernier, bien qu’étant battus à domicile (1-0), les Tunisiens sous la houlette de leur excellent portier Benustafa Farouk, ont fait montre d’une préparation assez soutenue. A l’entame du match, c’est la Tunisie qui se fit remarquer par sa rigueur défensive et une promptitude dans la réception des balles balancées. Mais, comme à l’aller, les visiteurs se signalèrent par des jeux dangereux occasionnant la blessure de deux éléments clés du dispositif de Djibril Dramé notamment le capitaine Bassirou Dembélé.

Ensuite, ils se mélangèrent vite leurs jambes par précipitation concédant des corners successifs, notamment aux 13e et 15e. A la 36e, Akrem Saif commit une faute à 35 m de son but. Oumar Koné, d’une frappe limpide de l’intérieur du pied gauche marquera, l’unique but de la rencontre. Après quoi les Maliens imposèrent leur rythme. Toutefois, par deux fois Yacouba Diarra se compliquera la tâche devant les buts tunisiens.

A la reprise, les Tunisiens revinrent avec une nouvelle disposition pour déstabiliser la défense malienne, mais sans danger réel de scorer. Le scénario était quasi-identique à la première mi-temps. Le Mali dominera, poussera mais la Tunisie ne craquera pas.

Au prochain tour, les Aiglons rencontreront, plus précisément le 29 septembre à Bamako, les Ecureuils du Bénin, tombeur des Lionceaux de l’Atlas du Maroc. Nul doute que la sélection des moins de 20 ans confirmera sa bonne santé qu’on entrevoyait lors de son sacre au 1er tournoi corridor du Port autonome d’Abidjan.

Boubacar Diakité Sarr

 

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BOUBACAR M. TRAORE, LIGUE DE FOOT DE BAMAKO

« Un championnat d’honneur s’imposait »

Boubacar Monzon Traoré, le président de la ligue de football de Bamako situe les enjeux du championnat d’honneur dont la 2e édition a pris fin avec le sacre du CSK.

Les Echos : Quelle nécessité y a-t-il à mettre en place une compétition comme le championnat d’honneur ?

Boubacar Monzon Traoré : Nous avons mis cette compétition sur pied afin de permettre aux joueurs de la Ligue 1 d’être en jambes et compétitifs pendant toute la saison. Il fallait cette compétition pour permettre aussi aux joueurs qui reviennent de blessures d’avoir l’occasion de s’exprimer. Cette compétition a été donc imaginée pour permettre aux joueurs de la L1 d’être des titulaires potentiels comme ce fut le cas de beaucoup de joueurs qui ont davantage de chance de retrouver leur forme en milieu de saison.

Sur un tout autre plan, la compétition avait un intérêt, il s’agissait de faire disparaître l’animosité qui existe entre certains clubs. Personne n’ignore le cas Djoliba/Stade malien de Bamako. Et avec cette compétition les clubs, en l’occurrence le Djoliba et le Stade se fréquentent, se parlent. Les supporters des deux équipes se rendrent sur terrain adverse pour suivre le match. Ce qui n’était pas possible il y a deux ans. Aujourd’hui, avec cette compétition ce tabou est levé. Et la lutte contre ce phénomène était mon combat personnel.

Les Echos : Quelle est votre impression après les deux premières années de la compétition ?

B. M. T. : Je suis satisfait du niveau. Après la première édition, nous étions cette année à la 2e édition et je vous avoue que les deux nous ont permis de voir et mesurer le chemin parcouru. Le plus important n’est nullement le résultat mais la prestation d’ensemble des équipes et surtout la fête des supporters. J’ai une bonne impression de la compétition. L’année dernière nous avions avec les 9 clubs de D1 fait le tournoi avec deux poules : cinq équipes dans une poule et quatre dans l’autre. Après il y a eu le carré aux termes duquel le Djoliba a été sacré champion. Cette année, malgré le coût exorbitant de la poule unique, nous avons eu entière satisfaction d’autant plus que le champion a été désigné à deux journées de la fin de la compétition. Le CSK puisque c’est de lui qu’il s’agit fut un beau vainqueur.

Les Echos : Comment s’est faite la mise en place de ce championnat ?

B. M. T. : Nous avons sondé le terrain avant de le lancer. Ensuite, nous avons mis une commission de réflexion. Les différents échanges que nous avons eus avec les 9 clubs de la Ligue 1 de Bamako nous ont permis de savoir que les clubs, dans leur intégralité, étaient demandeurs. Ils ont adhéré au projet et apporté leur contribution à sa réalisation par le payement d’une somme de 200 000 F CFA. Par la suite, la Ligue, sans le concours de quelque sponsor que ce soit, a organisé le reste. Mais, déjà nous sommes à la recherche de sponsors. Entre-temps nous avons acheté une coupe que nous venons d’offrir au champion, le CSK.

Les Echos : Quel bénéfice tire la Ligue 1 de cette initiative ?

B. M. T. : La Ligue 1 est la grande gagnante de cette opération. Figurez-vous que pour une équipe ayant un joueur qui revient de blessure, le championnat d’honneur lui permet de retrouver le rythme de la compétition. Avant, les clubs mettaient immédiatement le joueur dans le bain. Mais avec cette compétition, ils apprécient leur niveau de forme avant qu’ils n’intègrent l’équipe fanion.

Pour les joueurs blessés, il était difficile de connaître leur réaction. Dorénavant, une tribune est offerte à l’encadrement technique pour pouvoir les voir à l’œuvre. Mieux, l’opération a créé l’humanisme entre les clubs qui se tolèrent. Des supporters dans un même stade, sur une même tribune sans grille de séparation, ni service de sécurité, échangent dans le fair-play. Je pense que ce championnat nous aidera beaucoup à cela. Et vivement la fin de l’animosité entre les supporters et clubs.

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

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