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2008

Mois de juillet

Les Echos du 4 Juillet

 

CRISE POLITIQUE AU ZIMBABWE

L’Union africaine cautionne la parodie de Mugabe

L’histoire est en train de donner raison à ceux qui craignaient un net recul de l’Union africaine (UA) après le départ d’Alpha Oumar Konaré de la présidence de la Commission. Ils ne sont donc pas surpris que le sommet des chefs d’Etat ait cautionné la parodie d’élection, la barbarie et le chaos que Robert Mugabe est en train d’imposer à son peuple. Loin de le condamner, les dinosaures africains ont béni sa mégalomanie en lui déroulant le tapis rouge.

Il faut vraiment être démagogue, voire un démon pour détruire tout ce qu’on a réalisé pour un pays ! C’est pourtant à cela qu’on assiste au Zimbabwe où Robert Mugabe, en s’accrochant au pouvoir contre vents et marées, a mis son pays à genou politiquement, économiquement et socialement.

Pour conserver ce pouvoir, il ne recule devant rien, y compris la confiscation des résultats d’un scrutin, à museler ses opposants et à massacrer leurs militants. Le second tour « imposé » de l’élection présidentielle en est la parfaite illustration. Décrié par les puissances occidentales et la société civile africaine, le chien aboie la caravane passe pour ce tyran manipulé par une épouse atteinte de la folie du luxe.

Mugabe n’a peur de rien parce qu’il sait qu’il peut compter sur le soutien de la grande majorité de ses pairs africains. A commencer par Thabo Mbeki (Afrique du Sud) et Omar Bongo Odimba (Gabon). Et il est conscient que l’Union africaine ne peut rien contre lui parce que les temps ont changé au profit de dinosaures africains. Il est déjà révolu le temps où Alpha Oumar Konaré, un farouche opposant aux coups d’Etat militaires ou électoraux, empêchait des démagogues comme lui de dormir sur leurs deux oreilles.

Il était donc utopique de penser que l’UA allait condamner Mugabe et le mettre en demeure de restituer le pouvoir confisqué. A Charm el-Cheikh (Egypte), les chefs d’Etat se sont contentés d’un décevant texte appelant à la formation d'un gouvernement d'union nationale. Ils encouragent Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai à entamer le plus rapidement possible un dialogue politique.

Et pour se ridiculiser davantage aux yeux de l’opinion africaine et internationale, leur résolution a recommandé aux Etats concernés par le problème zimbabwéen de « s'abstenir de toute action pouvant avoir un impact négatif sur le processus en cours ». Une allusion à peine voilée aux pressions américaines et européennes exigeant le départ de Robert Mugabe.

Le vice-président botswanais a été l’un des rares dirigeants à avoir eu le courage et le réalisme politique de réclamer « l'exclusion pure et simple » de Robert Mugabe de l'Union africaine. Le représentant du Nigeria a, lui aussi, critiqué la politique du président zimbabwéen.

Une politique qui, selon lui, pourrait déboucher, toujours selon le responsable nigérian, sur une guerre civile. Quant à Abdoulaye Wade du Sénégal, il a pour sa part dénoncé la stratégie politique de son homologue, en insistant sur la nécessité de « mettre en place un gouvernement d'union nationale ».

Impuissance

Robert Mugabe a alors pris la parole, en déclarant que le Zimbabwe n'avait pas de leçon à recevoir et qu'il y avait dans la salle des pays où les élections présidentielles s'étaient beaucoup plus mal passées que chez lui. Ce qui est en partie vrai.

En effet, rares sont les dirigeants présents qui n’ont pas tripatouillé la Constitution de leurs pays et organiser des parodies d’élections pour rester au pouvoir. D’où l’acharnement des présidents comme Bongo à défendre vaille que vaille Mugabe. On comprend alors aisément que ce dernier ait été « adoubé par ses pairs » au sommet de Charm el-Cheikh.

Mais, à la différence des pays dont le prédateur des libertés fondamentales fait référence, on ne peut même pas dire qu’il eu des élections au Zimbabwe. Si les autres tyrans se contentent de tronquer les résultats pour s’accorder la victoire, Mugabe a confisqué le scrutin. Le résultat est le même ? Pas forcément parce que l’opposition a été décimée et ses militants massacrés pour les dissuader de voter dans l’ancienne Rhodésie. Son astuce a été de tronquer les résultats du 1er tour et d’utiliser une répression sanglante pour que l’opposition désiste au second tour.

Pour maquiller son impuissance, l’UA s’est abritée derrière un scénario à la kenyane : le partage du pouvoir avec l'opposition à travers la formation d’un gouvernement d’union nationale. Ce qui, comme l’ont écrit de nombreux confrères africains, est une « solution tordue », une « prime au brigandage électoral ». Mais, les observateurs avertis ne s’attendaient pas réellement à une condamnation du vieux président par l'UA parce que convaincus qu’il y a une « forme de solidarité entre les têtes couronnées d'Afrique ».

Et nous sommes d’accord avec nos confrères de L'Inter (Côte d'Ivoire), pour qui « le cas Mugabe risque de créer un précédent. En cautionnant ces réélections controversées, l'UA donne le sentiment de laisser prospérer une certaine façon de se maintenir au pouvoir, qui fait le lit des coups d'Etat et autres rébellions ».

Malheureusement, les dinosaures ont tout fait pour faire partir le seul arbitre qui avait le courage et la témérité de se battre pour qu’on donne « un carton rouge à tous les Mugabe d'Afrique qui entravent l'alternance démocratique par des élections tripatouillées » : Alpha Oumar Konaré. Ses acquis en matière de promotion de droits de l’Homme et d’avancées démocratiques sont plus que jamais menacés parce que son successeur n’a pas sa carrure pour éviter d’être une simple marionnette des tyrans d’Afrique qui ne se préoccupent réellement que de mourir au pouvoir ! Pauvre de l’Afrique !

Alphaly

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LA COUR D ’ASSISES EN TRANSPORT A SEGOU

Cinquante-cinq affaires, 102 accusés

C’est lundi matin que commence en principe, dans la salle de spectacles Miéruba, la 3e session ordinaire de la Cour d’assises en transport à Ségou. Cette session, qui se poursuivra jusqu’au 27 juillet prochain, a à son rôle, aux dires de Lancéni Kébé, procureur du Tribunal de 1re instance de Ségou, 55 affaires.

Parmi ces affaires, 6 concernent des cas de délinquance en col blanc, des cas d’atteinte aux biens publics dont, un cas de faux et usage de faux. Les cas de viol et tentatives de viol sont au nombre de 9. Durant les assises, 3 pédophiles passeront à la barre de même que deux mères accusées d’infanticide.

Les cas d’escroquerie ne seront pas en reste au cours de ces assises puisque une affaire d’abus de confiance grave et fraude en informatique, 7 affaires de faux et usage de faux et un cas d’escroquerie avec faux et usage de faux et complicité seront examinés.

Le jury se penchera également sur 5 assassinants et tentatives d’assassinant et complicité, 3 affaires de meurtres, 3 cas de coups mortels, un cas de blessure et une affaire de trafic d’enfant.

Nos juges se prononceront également sur 10 affaires de vols qualifiés avec détention d’armes à feu, tentative d’assassinat, complicité de vol qualifié et association de malfaiteurs, un cas d’attentat à la pudeur et un cas d’incendie volontaire avec menace de mort.

Toutes ces affaires concernent 102 accusés. Nous viendrons en détail sur chaque cas qui sera jugé.

Daouda Coulibaly

(Yéko)

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EPILOGUE

Les fous des stades

Le football est une activité sportive née en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle et qui, à la faveur de l’expansion britannique, s’est répandue dans le monde entier. Il faut d’ailleurs faire remarquer que tout comme pour le football, la Grande-Bretagne est le berceau de la plupart des disciplines sportives connues dans le monde d’aujourd’hui : rugby, boxe, cricket, volley-ball, etc. A la faveur de la colonisation, les Africains ont découvert le football qui s’est rapidement imposé aux pratiques sportives anciennes comme la lutte traditionnelle, la course des chevaux, celle des pirogues sur le Niger, l’acrobatie, etc.

Dans les colonies, le football fut longtemps un sport d’élite pratiqué par les seuls lettrés qui en comprenaient le sens et l’intérêt. Pour les larges masses populaires, c’était plutôt un sport violent au cours duquel on pouvait facilement et inutilement se blesser et qui, par conséquent ne nécessite pas qu’on y perde son temps. Même aujourd’hui, dans les campagnes où on ne comprend pas toujours le sens de l’engouement pour le football, les paysans ne se montrent pas chauds pour sa pratique et n’encouragent pas les enfants à taper dans le ballon et à fréquenter les terrains de football.

Dès le début, plus que les autres disciplines sportives, le football fut un jeu de passion ou derrière le divertissement se cachaient des ambitions de puissance et de domination de l’adversaire.

Dans les premières années de son apparition, les rencontres étaient jouées sur des terrains ne comportant pas de clôture et devant des spectateurs qui ne payaient pas pour voir les matches. Les équipes étaient aussi composées de gens de mêmes quartiers se connaissant ou d’ouvriers de manufactures travaillant ensemble. Ceci explique que les villes manufacturières d’Angleterre furent les premières villes où le football s’implanta facilement et s’y développa rapidement : Liverpool, Manchester, Leeds, etc.

En Occident, de façon générale, les équipes de football professionnelles commencèrent à voir le jour dans la période de l’entre-deux-guerres quand il apparut que le football pouvait devenir un business intéressant. Des dispositions furent alors prises pour encadrer la nouvelle conjoncture : construction de grands stades avec tribunes pour accueillir des personnalités de marque, formation de personnel d’encadrement, recrutement de supporters, etc.

Dans le même temps, les conditions étaient réunies pour permettre aux matches de se dérouler correctement dans le calme. Mais l’affaire rapportant de plus en plus gros, les professionnels du secteur songèrent à recruter de manière plus responsable des gens chargés d’encourager l’équipe de leur choix avec des cris de soutien, des applaudissements et même les insultes adressés aux adversaires.

Dans les pays européens et latino-américains où le football est devenu une véritable industrie, ces supporters sont organisés en comités qui assistent à toutes les réunions du club et sont écoutés par les dirigeants. Et contrairement à ce qu’on pense généralement, ils ne font pas qu’aider seulement l’équipe avec leurs coups de gueule ; ils participent à la vie financière par les cotisations qu’ils payent en plus d’autres contributions financières qu’ils font lorsque le club va mal.

Donc, non seulement ils payent le transport pour se rendre sur les terrains, mais également achètent le billet d’entrée dans le stade en cas de crise financière, certains, puissants économiquement, n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour aider l’équipe à se relever.

Actuellement dans beaucoup de pays dont ceux d’Afrique, le football est en passe de surclasser l’école moderne qui bat de l’aile en plusieurs endroits du continent et même du monde. Le fait qu’on y gagne rapidement beaucoup d’argent conduit les parents d’élèves à pousser leurs enfants vers les stades au détriment des salles de classe. Mais à bien garder de près, ce qui se passe en Europe avec les joueurs africains y évoluant, on se rend compte que dans leur masse il y a plus de déchets que de réussite.

Qu’il s’agisse de l’Europe et de l’Afrique, de l’Amérique ou de l’Asie, le football est né avec ses supporters qui ne sont pas toujours sages et pacifiques. Dans les années 1970-1980 apparut en Occident, plus précisément en Angleterre, une forme particulièrement violente de soutien à l’équipe et qu’on a appelé le hooliganisme parce que ses principaux acteurs portaient des blousons noirs.

Ces supporters anglais, lorsque leur formation était en difficulté, soit par chauvinisme, soit par calcul ou dépassés par l’alcool, commettaient des actes de violence et de vandalisme sur les terrains de football. L’origine de ce phénomène étant la passion pour le football, il a fini par gagner l’Afrique où sporadiquement des supporters s’affrontent à l’issue des rencontres, souvent pour un match perdu ou mal arbitré.

Mais, les cas les plus violents se produisent surtout en Europe où à l’occasion des rencontres internationales, les autorités sont obligées de mobiliser d’impressionnantes forces de l’ordre pour surveiller les stades et empêcher les hooligans de sévir.

Chez nous, le phénomène gagne du terrain pour des raisons différentes de celles de l’Europe et qui ont trait aux moyens matériels et financiers colossaux mis à la disposition de l’équipe nationale pendant que le peuple croupit dans la misère. Dans ces conditions, une défaite apparaît comme injustifiable et les supporters désemparés, songeant au gâchis, n’ont de choix que de s’attaquer à tout ce qui bouge.

On peut supporter son équipe, mais pas à la déraison et à la démesure même si le football est un jeu de passion. Mais quand la défaite relève de négligences coupables suite à d’énormes gaspillages économiques au nom de l’équipe, la colère des supporters devient alors lisible.

Facoh Donki Diarra

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CE QUE J’EN SAIS

Entre passion et folie de la victoire

« Lorsque mon club ou mon équipe nationale est battue, je suis abattu au point que cela me coupe le sommeil et l’appétit »  ! C’est ce que me disait récemment un grand supporter de la capitale.

« Quand mon équipe est battue, il vaut mieux s’éloigner de moi pour éviter que le foudre ne s’abatte sur toi. Toute ma famille le sait. D’ailleurs, quand mon équipe perd, je m’enferme » , dit un autre. Et pour ce dernier fan, « le football, c’est mon alcool, c’est mon tabac et ma drogue. J’aime le foot comme un aime une belle femme ».

Amour ! Passion ! Des sentiments auxquels est sans doute liée la genèse du mouvement des supporters. Le sport, notamment le football, est une question d’amour et surtout de passion. Une passion conduit aux plus grandes joies, mais aussi des scènes de débordement.

Le football, le sport le plus populaire dans le monde, génère un vaste mouvement de soutien populaire, parfois inconditionnel : le phénomène des supporters ! Les fans d'un même club peuvent s'organiser en mouvements appelés groupes ou associations de supporters. Et il n’est pas rare de voir certains groupes verser dans le hooliganisme.

Le phénomène des supporters existe depuis l'Antiquité. Et avant même la codification du football, tous les bénéfices et travers de ce mouvement étaient déjà bien connus. Le cricket anglais est ainsi durement touché par une vague de violence de ses supporters des années 1770 au début du XIXe siècle. Généralement, l'écrasante majorité des supporters sportifs sont pacifiques et festifs. Il est donc réducteur de traiter uniquement ce thème sous l'angle de la violence.

De même, réduire le supporter à un simple consommateur de produits de merchandising est également une confusion à éviter. Les autorités sportives, elles-mêmes, n'ont d'ailleurs toujours pas intégré de plein droit les supporters au sein de la « famille du foot ». Et Michel Platini, président de l'UEFA, a prévu de corriger cet oubli.

Les supporters ont pourtant un rôle déterminant dans le financement des clubs, l'animation des stades et permettent aux joueurs de donner le meilleur d'eux-mêmes sur le terrain. Au Mali, les supporters ont été les premiers mécènes du football. Les grands joueurs changeaient de clubs en fonction du poids du portefeuille de tel ou tel mécène qui n’est autre qu’un vrai supporter du club.

Le surnom de « douzième homme » n'est pas usurpé également puisque toutes études faites dans ce sens démontrent que le rôle des supporters assez décisifs dans les grandes victoires. Ainsi, le public est en partie responsable des deux victoires qui ont qualifié le Mali pour la Can« Tunis-94 ». C’était contre la Zambie et l’Egypte au stade Modibo Kéita de Bamako.

Le supporter est donc incontestablement un acteur du jeu, tout aussi important qu'un joueur ou un entraîneur, qui participe à la victoire de son équipe. Les actes accomplis par les supporters pendant les matchs tels que les chants, les rituels, les drapeaux agités, motivent l'équipe, intimident les adversaires et peut-être même influencent les décisions des arbitres. Le supporter est présent pour aider son équipe à gagner et non pour simplement observer.

Ce n’est pas pour rien que souvent les joueurs les exhortent à se manifester où ils viennent les saluer après un but ou une victoire. A domicile, il est difficile de battre des clubs ou sélections dont les supporters sont bien organisés. Même s’il faut souligner que ces groupes de supporters organisés ont souvent recours à la violence physique, verbale, voire psychologique pour intimider l’adversaire. Ce fut longtemps le cas au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan qui était un véritable « enfer » pour les équipes visiteuses.

Les supporters représentent également une forme de contre-pouvoir face aux dirigeants. Ainsi, en Angleterre et en France, des déménagements de clubs à l'américaine sont tentés par certains dirigeants à la recherche de meilleurs « marchés ».

La pression des supporters est telle, que ces déménagements purement mercantiles sont désormais interdits en France après la fusion controversée du Toulouse FC première version avec le Red Star en 1967 et exceptionnels en Angleterre : cas isolé du Wimbledon FC qui a déménagé à Milton Keynes en 2003 devenant le Milton Keynes Dons Football Club. En réponse à ce déménagement, les fans de Wimbledon ont créé leur propre club : AFC Wimbledon.

Les rivalités dans le football touchent principalement les supporters. Les derbies et autres affiches de gala constituent des rendez-vous importants pour les fans qui rivalisent alors dans les domaines du chant ou de l'animation des tribunes (et parfois de la violence) pour prendre un ascendant sur les supporters rivaux. Les rivalités les plus spectaculaires au Mali sont celles opposant Stade-Djoliba, Djoliba-COB, AS Réal-Stade malien…)

La vague ultra atteint la France au milieu des années 1980. Si la majorité de ces groupes affichent un pacifisme réel, la violence n'est pas étrangère au mouvement ultra. Les codes utilisés ne sont toutefois pas les mêmes que ceux en usage chez les hooligans britanniques, plus individualistes, et donc totalement étrangers aux rivalités opposant certains groupes au sein de mêmes clubs.

Sans être directement touchée, l’Afrique n’échappe pas à ce genre de débordements tragiques comme ceux de l’après Mali-Togo du 27 mars 2006 et le dernier Togo-Mali à Lomé. Les villes et les pays africains sont souvent endeuillés par la furia de supporters qui n’ont souvent rien à envier aux ultras qui passent facilement de la passion à la folie, voire à la haine !

Après le drame du Heysel, le terme de hooligan devenu synonyme de barbare. Un mouvement plus radical d'inspiration britannico-germano-néerlandaise, les hools, prend pourtant le relais. Ces derniers, un peu à la manière des ultras, ont un lien moins fort avec leur club et utilisent la violence à des fins purement privées.

Certains auteurs désignent du terme de hooligan tous les supporters violents, alors qu'il existe plus qu'une nuance entre un supporter lambda devenant subitement violent et une prise de tribune adverse. Ce qui n’est pas surprenant pour qui sait que le foot est « associé à la passion, l'émotion, l'excitation et l'engagement ». Pour beaucoup de supporters, ce sport est un exutoire qui leur permet de se laisser aller, d'extérioriser les frustrations de la vie quotidienne. C’est cela aussi la passion du foot pour un supporter !

Alphaly

 

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MOUSSA KEITA ALIAS DOUGOUTIGUI

« L’amateurisme tue nos clubs »

Le football malien a plus que jamais besoin d’aller vers le professionnalisme pour accéder à l’élite internationale. C’est ce qu’en pense Moussa Kéita dit Dougoutigui, entraîneur de l’AS Bakaridjan de Barouéli.

Entraîneur de l’AS Bakaridjan de Barouéli (ASBB) depuis bientôt trois saisons, Moussa Kéita, plus connu sous le sobriquet de Dougoutigui, ne manque pas d’ambitions pour son club de Ségou. Il a mené l’ASBB à la finale de la Coupe du Mali (2006-2007) après avoir laminé l’un des habitués au titre, le Stade malien de Bamako en demi-finale.

Le « Chef de Village » a aussi donné du fil à retordre au Djoliba en championnat national de D1. C’est ce coach, à l’avenir promoteur que nous avons rencontré. Dougoutigui nous parle de son club, de l’organisation des équipes nationales, des problèmes avant de dénoncer le manque de formation des entraîneurs par Malifoot.

« Aujourd’hui, le football malien a besoin d’un sang neuf. A cet effet, il faut que nos équipes sortent de l’amateurisme et se projettent dans le professionnalisme » . Ces propos de l’entraîneur de l’ASBB résument les maux de notre sport roi. En portant un œil critique sur les différentes formations mêmes les plus connues, le manque de moyens (matériels, financiers et même humains) crève les yeux.

Cela est dû à une mauvaise organisation des équipes. En ce sens que ce sont les présidents de club qui prennent les charges des équipes. « Je les félicite pour leur disponibilité. Mais, aujourd’hui, il faut un minimum d’organisation », tranche Dougoutigui.

« Il faut gérer les équipes comme une entreprise. Quand vous regardez les clubs européens, ils ont des sièges, des permanents et une comptabilité. En fin d’année, ils font un bilan pour voir ce qui est sorti, ce qu’ils ont gagné, en faisant des projections pour les années à venir. Ici, ce n’est pas le cas et ce n’est pas de cette façon qu’on peut avancer » .

A ses dires, ce n’est pas à la veille d’une rencontre qu’il faut chercher les moyens pour payer les primes des joueurs, payer le transport ou le carburant.

Toutefois, Moussa Kéita ne tarit pas d’éloge à l’endroit des dirigeants de son club qui, ne ménagent aucun effort pour que l’équipe se maintienne au sein de l’élite nationale et se faire un nom sur le plan international. « Ce sont des dirigeants ambitieux. Nous ne manquons de rien : alimentation, transport, primes de match. Les joueurs ne peuvent pas se plaindre d’où notre résultat en 3 ans de première division. Nous voulons faire de l’ASBB un grand club, afin qu’il soit un pourvoyeur de joueurs pour la sélection nationale ». Pour lui, le Onze national est la vitrine du pays, et pour avoir des résultats, il nous faut des clubs forts. Les équipes doivent s’inscrire dans cette logique-là et contribuer au rayonnement du football malien.

L’ancien défenseur des Aigles du Mali qui a décidé d’apporter ce qu’il peut pour le développement du sport à travers un club qui, aujourd’hui fait peur aux grandes formations du pays, estime qu’aujourd’hui, le football est un enjeu national qui mobilise beaucoup de ressources et d’énergie, et il passionne évidement les foules. Selon le coach du 3e du championnat en cours (33 points), il y a beaucoup de choses à faire « si nous sommes bien organisés, on arrivera à de bons résultats ».

« Ça nous flatte de voir le Stade malien, le Djoliba, le Réal champions du Mali, mais pour aller où ? S’il faut dominer le championnat malien pour se faire éliminer dès les préliminaires ou les 16es de finale de la Ligue des champions, je pense que ça n’a pas beaucoup d’intérêt » .

Le Djoliba et le Stade malien, le Réal de Bamako ont été champions du Mali plusieurs fois, de même qu’ils ont gagné à maintes reprises la Coupe du Mali, mais « je pense qu’aujourd’hui il faut faire ses preuves ailleurs, surtout en Ligue des champions. Si dans le court terme nous ne remportons pas la Ligue des champions, nous devons au moins aller en quarts de finale ou en demi-finales ».

Amadou Sidibé

 

 

DAC et SMB : les plus supportés

Au Mali, chaque équipe de football à ses supporters. Les clubs les plus supportés sont celles de la capitale. Cette situation s’explique par le fait que les formations de la capitale sont les premières à être connues et à remporter assez de trophées nationaux.

A cela s’ajoute le côté moyen financier qui leur permettent d’acheter des joueurs des régions. Le Stade malien et le Djoliba de Bamako sont les plus grands clubs de Bamako et du Mali. La section football est la plus célèbre. A chacun de leurs matchs, des centaines de supporters arborant ses couleurs se rendent aux stades. Des clubs de supporters sont créés dans les différents clubs.

Avec un conseil d’administration et des milliers de supporters au Mali et dans la sous-région, le Djoliba est l’un des clubs les plus structurés du Mali. Les supporters du Djoliba appelés « actionnaires » sont organisés au sein d’une structure. On ne peut être avoir son mot à dire dans ce club qu’avec la carte de membre et après avoir payé toutes ses cotisations. Avec son 16e titre de championnat, les Rouges et leurs rivaux Blancs de Bamako (17 titres) sont les deux clubs les plus en vue.

A. S.

 

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DJIBRIL DRAME, COACH DES AIGLONS

« Le plus dur est à venir »

Au lendemain de son retour de Sousse (Tunisie), Djibril Dramé, que nous avons rencontré mercredi dernier à la séance d’entraînement de son équipe, reste conscient que le match retour ne sera pas facile. L’entraîneur des Aiglons revient sur la victoire de son équipe sur la Tunisie (1-0) en match aller du 1er tour des éliminatoires de la Can juniors et juge son adversaire. Entretien.

Les Echos : Qu’avez-vous ressenti après le match ?

Djibril Dramé : C'était un grand moment. J'étais ému, j'étais très heureux. Et je vous avoue que c’était un sentiment de fierté et de joie. Les enfants se sont battus. Ils ont été conscients. En fait, le résultat de Sousse résumait notre objectif.

Les Echos : Et le transfert du match de Tunis à Sousse ?

D. D. : Vous savez, tous les moyens sont mis à profit pour se favoriser. Une distance de plus d’une heure 45 minutes par bus en aller-retour, il fallait le faire même dans l’improvisation. C’est une volonté du pays hôte parce qu’il estimait peut-être que les seniors battus en Can/Mondial à Tunis, le stade de la capitale pouvait porter malchance. Peu importe que le match a lieu à Tunis, Monastir ou Sfax ; l’essentiel pour nous c’était de faire un résultat.

Les Echos : Et votre adversaire ?

D. D. : C’est une bonne équipe. Elle est technique dans la vivacité, mais très agressive aussi comme dans le cas de la blessure sur Boubacar Bangoura. Cette équipe n’a pas mal de variantes dont il faut se méfier à Bamako. La Tunisie était très compliquée à jouer surtout que l'équipe revenait d'un sacre au Maroc. Mais ce fut difficile pour elle de nous contre-attaquer. C'était bien de leur mettre la pression.

Les Echos : Comment s'est déroulée la rencontre ?

D. D. : Au début, surtout après le premier quart d'heure, on était nerveux. Bassirou et Bangoura ont inquiété. Puis, nos milieux ont bien pressé et le lien entre les lignes s'est bien fait. Globalement, la rencontre fut d’un bon niveau sur le plan technique et tactique. Tout n’était pas parfait, mais les jeunes ont tiré leur épingle du jeu.

Les Echos : Quelle est la qualité de votre équipe ?

D. D. : Nous avons un groupe solidaire et les jeunes sont conscients de l’objectif recherché. Déjà, ils avaient affiché cette volonté lors du tournoi corridor d’Abidjan, puis lors des deux matches amicaux contre l’équipe championne d’Afrique junior en titre, le Congo-Brazzaville à Bamako. Bref, nous avons composé un groupe qui aime manier le ballon et qui s’adonne au travail. Certains jouent lentement, d'autres rapidement, mais nous formons un bon groupe.

Les Echos : Comment envisagez-vous le match retour ?

D. D : Comme à l’aller. D’ailleurs il s’annonce dur, car ils joueront ouverts et ne seront pas à Bamako pour une promenade de santé. Mais conscient de la tâche, entre temps nous avons commencé à corriger nos lacunes constatées à Sousse. Le plus important est à venir. Je demanderai aux jeunes d’être costauds dans leur tête, fort sur le plan psychologique pour avoir la qualification.

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

 

 

 

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