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2008

Mois de Janvier

Les Echos du 24 Janvier 2008

 

PARC INDUSTRIEL MALIEN

La décadence

Sur les 406 entreprises industrielles recensées sur l’ensemble du territoire, 44 ont mis les clés sous le paillasson, 18 sont à l’arrêt et une liquidée en 2006. Tel est le résultat d’un recensement effectué par le ministère de l’Industrie et du Commerce.

Premier constat de ce recensement général : les entreprises maliennes vont de mal en pis. Au lieu de s’accroître, le parc industriel se rétrécit d’année en année avec, en moyenne, une trentaine d’entreprises qui dépose les bilans. En 2006, ce sont 44 entreprises qui ont été fermées, 18 ayant cessé de fonctionner et une liquidée. Conséquence de cette décadence : de 13 127 emplois permanents en 2002, l’on est passé à la mi 2006 à seulement 4 466 emplois.

Du coup, la valeur ajoutée a ressenti un coup. De 303 milliards de F CFA de valeur ajoutée en 2003, les unités industrielles n’ont réalisé en 2004 que 283 milliards de F CFA et 301 milliards en 2005. La part du secteur industriel dans le produit intérieur brut calculé au prix du marché est de 12 %, 11 %, et 10 % respectivement en 2003, 2004 et 2005. Par contre, le chiffre d’affaires réalisé par les entreprises industrielles a évolué, il est d’environ 756 milliards de F CFA en 2003, 789 milliards en 2004 et 897 milliards en 2005.

Deuxième constat : les plus fortes concentrations industrielles se trouvent dans les activités de fabrication, 95 %, notamment dans de la fabrication des produits alimentaires 62 % et la branche Edition, Imprimerie et reproduction 13 %.

Un parc industriel « faible »

Ce qui prouve, selon les analyses d’un macro-économiste, que l’industrie malienne n’a pas encore atteint le degré de « soutenabilité » de l’économie du pays, en d’autres termes, le Mali ne peut pas encore compter sur ses industries pour bâtir un développement économique.

Troisième constat : la plupart des entreprises industrielles sont installées dans le district, soit un pourcentage de 7 entreprises sur 10. Et 83 % des actionnaires personnes physiques des entreprises industrielles sont des nationaux. Les emplois permanents féminins représentent seulement 7 % en 2006 contre 9 % en 2002.

Toutes ces entreprises ont en commun des difficultés qui sont, dans la plupart des cas, à l’origine de leur faillite. Il s’agit du coût élevé de l’électricité, des matières premières, la fraude et la concurrence déloyale ainsi que la lourdeur administrative.

Pour lever ces obstacles et rendre performantes et compétitives nos entreprises, les enquêteurs ont élaboré des recommandations. Au nombre de celles-ci, l’accès des entreprises au financement, un tarif préférentiel d’électricité plus soutenable pour les industries, l’assouplissement de la lourdeur administrative, la création de zones industrielles aménagées et équipées d’outils de traitement de déchets industriels, la mise en place d’un mécanisme efficace de suivi et d’évaluation des questions environnementales du secteur industriel etc.

Sidiki Y. Dembélé

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GREVE DE LA COSES

Les compositions prises en otage

Le bras de fer qui oppose la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses) et le département de l’Education se poursuit de plus belle et les compositions du premier trimestre prévues du 21 au 31 janvier sont compromises, si autorités et syndicats n’accordent pas leur violon.

Les compositions du premier trimestre dans les classes de 10, 11 e et terminale, selon le calendrier de l’administration scolaire, sont compromises au regard des évènements survenus hier mercredi dans les établissements de l’enseignement secondaire. Les enseignants qui voulaient reprendre du service, après une grève de 48 heures (lundi et mardi), largement suivie dans le district et à l’intérieur du pays, selon de sources fiables, ont été sommés par l’administration scolaire de ne point dispenser des cours. Motif : la période du 21 au 31 janvier est uniquement réservée aux compositions, explique-t-elle dans des circulaires adressées individuellement aux enseignants.

En plus, les autorités scolaires invitent les professeurs à déposer les sujets de composition au plus tard le 25 janvier. Nonobstant cette décision de l’administration scolaire, la coordination a recommandé à ses adhérents de se présenter à leur service pendant leurs heures de cours, indique le secrétaire aux relations extérieures de la Coses , N’Golo Marc Dembélé.

Ainsi tout porte à croire que le bras de fer qui oppose déjà et depuis trop longtemps les autorités aux syndicats du secondaire est loin d’avoir une issue acceptable pour tous. Vendredi 18 janvier une ultime rencontre avait regroupé le ministre des Enseignements Supérieur, secondaire et de la Recherche scientifique, Amadou Touré et le bureau de la Coses pour éviter la grève de lundi 21 et mardi 22 janvier (reconductible lundi et mardi prochain).

De sources syndicales, les deux parties n’ont pu aboutir à une solution parce que « les autorités n’ont pas de propositions qui prouvent leur bonne foi à trouver des réponses aux revendications de la coordination », nous a-t-on dit. Pis, accuse la coordination, elles n’ont pas également daigné mettre en place une commission de conciliation, comme cela se fait d’habitude, ni réclamer à la coordination un mémoire de défense.

Dans l’attente d’une solution à ce bras de fer, les élèves du secondaire, principales victimes, restent à se tourner le pouce.

Denis Koné

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UNITES DE FABRIQUE D’EAUX MINERALES

De l’eau souillée en vente

Les Bamakois doivent de plus en plus se méfier des eaux de consommation contenues dans les sachets en plastique, fabriquées industriellement. Un spécialiste en hygiène alimentaire fustige les conditions d’hygiène dans certaines unités.

Après la fermeture des unités de fabrique d’huile à Koutiala, voilà que des voix s’élèvent pour dénoncer des fabriques d’eaux dites minérales, vendues dans la capitale comme de petits pains. Elles demandent à l’Etat d’assainir le milieu.

Vendues dans les rues, sur les places publiques, dans les stades de football et un peu partout au Mali, à des prix plus ou moins abordables ( 50 F CFA), les eaux dans les sachets plastiques ont rapidement conquis le cœur des Bamakois. Des petites unités de fabrique ne cessent de pousser comme des champignons. Pour un spécialiste du laboratoire national de la santé, la plupart des unités ne disposent pas d’un laboratoire interne, pour le contrôle de sa production. Certaines n’ont même pas de matériel de filtrage ou d’ensachage d’eau cueillie directement au robinet.

Tout se fait à la main : le remplissage des sachets et leur fermeture. Les conditions d’hygiène sont à la limite du supportable. De l’eau impure est vendue au marché au vu et au su des autorités chargées de l’assainissement des aliments

Conditions d’hygiène déplorables

Des unités, aux dires de notre interlocuteur, reconnaissent qu’elles opèrent presque toutes en violation de la législation de fabrique d’eau minérale qu’elles mettent sur le marché sans la moindre inspection des services spécialisés. Beaucoup d’unités sont installées dans des concessions privées et travaillent dans des conditions d'hygiène déplorables, sources de certaines maladies récurrentes.

Le laboratoire national de la santé qui avait émis de sérieuses réserves sur la qualité de ces sachets d'eau, avait effectué des descentes dans les unités de production pour se faire une idée des conditions de mise en sachet. Après des analyses effectuées sur les échantillons saisis au cours des opérations sur le terrain, le Laboratoire national de la santé a constaté que le contenu des ces sachets n'est autre que de l'eau de robinet. Et pire, sa qualité pouvait se détériorer pendant la conservation. Le plastique utilisé par les producteurs, selon les spécialistes, n'est tout simplement pas adapté. « Le plastique généralement utilisé par les producteurs n'est autre que le polychlorure de vinyle (PVC). Alors que c'est le polyéthylène téréphtalae (PET) qui est le plastique adapté pour la conservation de l'eau », affirment nos sources.

Une visite inopinée des autorités en charge est nécessaire pour mettre un coup à l’empoisonnement en cours de nos populations.

Amadou Sidibé

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LYCEE PUBLIC DE KITA

Des besoins colossaux et pressants

Le seul lycée de Kita fait aujourd’hui face à des difficultés énormes qui influent négativement sur la performance de ses élèves. L’Etat doit faire face à ses responsabilités, au risque de voir « l’espoir » de la localité sombrer, du moins celui des enfants de pauvres.

En marge de la visite de terrain du ministre de l’Education de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo, à Kita (du 17 au 19 janvier), nous avons visité les installations du lycée public de la Capitale de l’arachide. Si l’enseignement fondamental semble voir le bout du tunnel, le secondaire bat de l’aile.

Une chose est de construire des salles de classe en grand nombre. Une autre est de faire en sorte que l’existence des infrastructures s’accompagne d’un certain nombre de conforts pour la réussite des usagers que sont les élèves et les enseignants.

Des problèmes, le lycée public de Kita en connaît sérieusement, selon nos propres constats et les dires de son proviseur, Bakary Kouyaté. Le lycée, qui compte plus de 1000 élèves, est confronté à la pléthore. Non seulement, il n’a pas suffisamment de classes, mais aussi et surtout, il accueille un bon nombre d’admis à l’examen du Diplôme d’études fondamentales (DEF) du cercle de Kita et de ses environs immédiats.

« Je ne sais pas comment nous allons faire l’année prochaine, car nous avons urgemment besoin de salles. Il nous en faut au moins quatre » , regrette M. Kouyaté. Les salles ne sont pas seulement insuffisantes pour les élèves. Les équipements sont quasi-inexistants. « L’Etat nous a offert des matériels informatiques, mais nous n’avons pas de salle pour les abriter », déplore une fois de plus le proviseur. Ce qui pose un sérieux problème pour initier les élèves aux Technologies de l’information et de la communication (Tic).

Les prestations des représentants du lycée de Kita à l’édition 2007 de « e-festival » n’ont pas été à hauteur de souhait. Les élèves et les responsables du lycée pensent que l’une des conséquences du manque d’initiation des élèves à l’outil informatique à cause du manque de salle est à l’origine de leur contre performance. « Ils se sont damés les pions par les autres », a ajouté le proviseur.

« L’école apaisée et performante » mise à mal

Pis, l’établissement n’a plus de professeur en informatique. « Celui qui s’occupait de cette matière a réussi à un concours et il est parti », nous a confié le premier responsable du lycée. Ce qui remet une fois de plus de mettre en cause les conditions de recrutement de certains enseignements. Ces derniers, qui ne se sentent pas liés par un « sacerdoce », croient qu’ils sont libres de partir quand ils veulent. L’informatique n’est pas la seule discipline affectée par le déficit d’enseignants.

Le lycée de Kita n’en finit pas avec ses problèmes. Le proviseur Kouyaté les égrène à bout de doigt. Il nous a fait cas des élèves des séries littéraires pénalisés eux aussi par le manque de professeur dans l’une de leur matière principale. « Nous manquons cruellement de professeurs de langues », a-t-il souligné.

Beaucoup de nos compatriotes se demandent ce qu’est devenu le « fameux » concept : « Pour une école apaisée et performante », couché sur un document signé entre l’Etat et ses partenaires (syndicats d’enseignants, parents d’élèves et l’AEEM). Les effets de ce protocole ne se ressentent point sur le terrain.

L’apaisement et la performance à l’école passent indéniablement par la sécurisation de l’espace scolaire. Cette protection ne peut être une réalité que si les écoles sont clôturées. Cela permettra de garantir la sécurité des élèves à l’école et de détecter la présence de personnes extérieures dans la cour de l’école. Consciente de cet état de fait, Mme Sidibé Aminata Diallo l’a répété maintes fois partout où elle est passée.

Cependant, le lycée public de Kita n’est pas à l’abri de ce fléau. L’établissement n’est pas clôturé quoiqu’il compte un peu plus du millier d’élèves. Sa clôture est l’un des vœux de son proviseur.

Ogopém Ouologuem

(stagiaire, envoyé spécial)

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DJELIBOUGOU

Y a-t-il des criminels nés

Il y a des indices, dans la vie, qui ne trompent jamais quand on analyse le parcours de vie de quelqu’un que l’on connaît.

Dimanche, 20 janvier, j’ai émergé de mon sommeil en pensant à une journée relax et bien tranquille qui me permettrait de récupérer. En ouvrant mon courrier électronique, ce sont des souvenirs vieux de près de 30 ans qui m’ont assailli. Terrible.

Dans ma boîte, il y avait ce courriel d’un ami d’enfance de Bamako : « Oussou, lis cet article sur notre ami d’enfance devenu maintenant un criminel endurci. Il est impliqué dans une histoire de vol de cellulaire et de meurtre. Une véritable tragédie. Sa mère est morte de chagrin il y a 4 ans, je suis sûr que c’est lui qui en est la cause ».

Et là, j’ai vu cet ami d’enfance en face. Je l’appellerai Ablo pour ne pas humilier davantage sa famille qui ne sait plus quoi en faire. J’ai connu Ablo en février 1977, dans la classe de 4 ième année de M. Dembelé à l’école de Quinzambougou appelée Bagadadji IV. J’avais commencé l’année scolaire à Sangha aux fins fond du pays Dogon et les aléas de la vie m’avaient ramené à Bamako. Je ne parlais que peul et Dogon, avec un bambara, disons rudimentaire. Ma première journée de classe, Ablo s’est pris d’affection pour moi en compagnie d’un certain Moussa Maïga qui habitait Missira I. Le dernier arrivé qui ne comprenait pas Bambara et ne savait que proférer des grossièretés avec l’accent de Mopti allait vite découvrir la nature de son nouvel ami.

Ablo a d’abord commencé (de mon plein gré, je le souligne), à m’entraîner dans les vergers de Bakaribougou, surtout celui qui appartenait à un certain Laminedjan, dans des vols de mangues, papayes, goyaves, etc. Dieu sait pourtant que nous n’avions pas faim. Ces menus larcins m’amusaient parce qu’adolescents, cela nous donnait une certaine forme d’affirmation de notre personnalité. Nous avons été, à maintes reprises, sévèrement fouettés par Laminedjan et d’autres exploitants quand ils réussissaient à nous attraper. Dans ma tête, tous les enfants ont commis ces impairs et il n’y avait là vraiment rien de grave. Avec le recul, je comprends pourquoi Ablo était prédestiné à devenir un criminel, puis un meurtrier qui finira certainement ses jours en prison.

Mon dernier accroc avec cet ami trop attentionné remonte au début de la cinquième année, fin 1977. Nous étions dans la classe de M. Moussa Traoré à Bagadadji II. Un vendredi, il me proposa d’aller voir le film « Les 7 Gladiateurs » au cinéma El Hilal. Je lui répondis que je n’avais pas d’argent. Il répliqua : « Tu as juste à voler ton oncle, je vois que quand il revient du travail, il accroche son boubou sous la véranda ! » Je lui ai fait comprendre que même si mon oncle et homonyme m’adorait et me permettait presque toutes les libéralités, il n’hésiterait pas à me tuer si je le volais. J’ai demandé le montant et je l’ai obtenu. Nous sommes allés voir le film. Ce jour-là, nous avons découvert que juste en face du mur d’enceinte du El Hilal, habitaient deux camarades de classe, Pauline Traoré et Rosine Diakité, deux demoiselles bien potelées et appétissantes (eh oui, à l’époque, il y avait des filles bien matures au premier cycle). Ablo, en ma présence, a fait du pickpocket pour se ramasser avec une liasse de billets avec lesquels il est allé impressionner Pauline et Rosine.

Mais, la véritable rupture entre nous se fera au début de l’année 78 quand un ami de classe Djibril Sylla, fils du commissaire du 3 ième arrondissement Youssouf Balla Sylla a quitté l’école, me laissant en la seule compagnie de ce garçon que Djibril, lui-même, n’a jamais aimé ni fréquenté. Un après-midi, alors que j’errais comme une âme en peine au champ hippique, paradant devant les écuries qui abritaient mes poulains préférés (Cher Ami, Poulori, Roi de l’air, etc.), Ablo surgit de nulle part et m’invita à l’accompagner au « zon soukouni » (littéralement, le marché des voleurs) qui se tenait en face de l’actuelle Assemblée nationale à l’époque un bâtiment complètement laissé à l’abandon. Puis, chemin faisant, il me montre quelque chose dans son sac d’écolier avant de claironner fièrement : « C’est un exemplaire du Coran, je l’ai volé à Karamoko toman ». (Karamoko Toman était notre maître d’école coranique à Bakaribougou, juste en face de l’élevage de poulet de M. Tandian, pas loin de la famille Bamba). Je n’ai pu m’empêcher de le menacer : Soit il rendait le livre saint à son propriétaire illico ou je criais au voleur. La mort dans l’âme, il a rebroussé chemin et rendu le livre. Naturellement, Karamoko Toman lui a servi toute une raclée.

Le lendemain, Ablo qui voulait me punir se mit à exhiber une chaîne de moto dans le quartier, menaçant de m’ouvrir le crâne à la première occasion. Quand je l’ai su, j’ai dérobé le pistolet douze coups de mon père et je l’ai montré à des amis. Evidement, mis au fait que j’avais un pistolet sur moi (ce qui était d’ailleurs faux), il a couru se réfugier chez sa marâtre à Djélibougou où toute la famille s’installera plus tard. Depuis ce jour, je n’ai eu des nouvelles de lui que par personne interposée et chaque fois, il grimpait dans l’échelle de la délinquance.

Ablo est devenu un criminel parce que depuis l’enfance, il en présentait les symptômes. Tous les enfants commettent des bêtises, mais il faut savoir s’arrêter. Des éléments de la personnalité d’Ablo étaient les signes prémonitoires que ce garçon ne s’arrêtera jamais.

Un : Ablo a une personnalité narcissique. Il pense que lui seul est important et que seul son bien-être mérite une attention. Il est incapable de comprendre une personne qui ne le considère pas comme une vedette. Il fait tout pour attirer l’attention et devenir le centre d’intérêt dans quelque endroit qu’il se trouve.

Deux : Ablo est un individu d’une jalousie maladive voire pathétiquement égoïste. Il est incapable d’apprécier le bonheur de son prochain ou de reconnaître un mérite à quelqu’un. Dans notre classe de 6 ième année avec M. Lamine Traoré, par exemple, il y avait trois « stars » parmi les garçons : Boubacar Traoré qui habitait Korofina parce que ce jeune homme semblait « pondre » l’argent tellement il en avait. B.A. Sacko, un pète-couille insupportable, terriblement arrogant mais toujours sapé comme un prince et qui attirait les gamines comme des mouches. Et enfin, Souleymane Cissé, un garçon attardé de presque 18 ans qui traînait encore en sixième année et venait les samedis matin sur la MZ de son père. Ablo passait son temps et perdait son énergie à les dénigrer.

Du côté des filles, il y avait F. Dramé dite Souraka de Bagadadji, Oumou Diarra, la fille d’un douanier prénommé Alexis et Oumou Sissoko qui habitaient, toutes deux, la zone industrielle, juste à la frontière avec Bakaribougou. Ablo passait son temps à mentir en fanfaronnant : « Je me suis tapé ces filles ! » Jusqu’au jour où une retentissante gifle de Souraka le ramena sur terre.

Trois : Ablo est un individu congénitalement paresseux, incapable de travailler à l’école (avec 5 ans de plus que moi, nous étions ensemble à l’école primaire), à la maison ou ailleurs. Ablo pensait que tout lui était dû dans la vie et ne visait que la facilité, encouragé par ses parents qui n’avaient, à l’époque, que lui comme seul garçon. Il copiait à l’école, imitait la signature de son père dans son cahier de composition, inventait des histoires de cotisations pour soutirer des sous à ses parents, volait et vendait les effets personnels de ses sœurs et de sa mère, juste pour dépenser devant les filles et faire monter sa cote de popularité à l’école.

Quatre : Ablo est un être incapable de compassion envers son prochain. Il ne pensait jamais au mal qu’il faisait à autrui, l’important était de combler les besoins de son ego hypertrophié, de pavoiser la ville avec des sapes dernier cri, de payer les entrées au cinéma de filles qu’il convoitait. Ablo n’avait aucune idée de la distinction entre le bien et le mal, le respect ou l’impolitesse. Il ne pouvait pas imaginer qu’un autre souffre et comprendre cette souffrance.

Enfin, cinq : Ablo a comme philosophie de vie « La fin justifie les moyens ». Dépouillé de scrupules, sans aucun sens de l’honneur et de la fierté, il ne vivait que pour ses objectifs : faire la belle vie sans fournir d’efforts. Pour Ablo, tuer, voler, mentir, trahir, calomnier n’avaient rien d’immoral du moment où il en tirait profit. La seule chose qui lui importait était son confort personnel.

Je pense que c’est cette logique absconse qui en fait un criminel d’habitude. C’est ce chemin tortueux qu’il croyait la voie royale qui l’a perdu. Cependant, jamais, au fond de mon cœur, je n’avais imaginé qu’un jour, Ablo tuerait quelqu’un pour un simple et vulgaire téléphone cellulaire. Je l’imaginais braqueur de banque, as de la fraude ou dealer de drogue. Mais, ultimement, je me sens soulagé aujourd’hui de savoir que sa triste escapade est finie si la justice fait son travail. Car, des individus comme lui ne sont pas loin des animaux et leur place est hors de la société, à vie. Mes condoléances à la famille de sa pauvre victime et surtout mes respects pour tous ceux qui ont souffert à cause de cet ami d’enfance dont je n’ai jamais été fier.

Ousmane Sow

Journaliste, Montréal

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ENTRETIEN COURANT DES ROUTES

Des professionnels à l’école des concepts théoriques

Le programme d’appui institutionnel de l’Union européenne au ministère de l’Equipement et des Transports, accorde une place à l’assistance technique et à la formation. C’est dans ce cadre qu’une table ronde de deux jours, organisée par l’Institut national de formation en équipement et en transport, a commencé hier à Bamako. Elle porte sur l’entretien routier et ses activités connexes.

La formation dispensée par l’entreprise Louis Berger SA est destinée à une douzaine de cadres du secteur public des routes, des représentants de la direction nationale des routes, des directions régionales des routes, l’autorité routière, l’Ageroute, l’Agetipe, l’Agetier, le CNREX/BTP, entre autres. Le secteur privé y participe avec autant de participants travaillant dans le domaine des routes dont plusieurs acteurs venant des entreprises et des bureaux d’études.

L’objectif de la présente table ronde, tel que défini par le colonel Bina Coulibaly, conseiller technique au ministère de l’Equipement et des Transports, vise essentiellement, à échanger sur des approches théoriques. Celles-ci seront validées plus tard lors d’autres rencontres.

Les échanges théoriques porteront sur trois concepts : les différentes familles de structures de chaussée ; l’inventaire des principaux types de dégradations des chaussées et les techniques d’entretien des routes qu’elles soient revêtues ou en terre.

D’autres sujets non moins importants ne seront pas occultés. Il s’agit notamment de l’introduction à la constitution des chaussées, des contenus essentiels des cahiers des prescriptions techniques, des bordereaux des prix unitaires et les unités de mesures pour les quantitatifs, etc.

La table ronde sera l’occasion pour les professionnels du secteur aussi bien que l’équipe de formateurs, de procéder à l’état des lieux des concepts tout en se fondant sur des cas concrets répertoriés par le département de l’Equipement et des Transports.

Abdrahamane Dicko

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  NIGERIA

Une équipe technique mais fébrile en défense

Le Nigeria vaincu par la Côte d’Ivoire et prochain adversaire du Mali est une équipe techniquement bien en jambe avec des joueurs d’un physique respectable. L’équipe souffre tout de même d’une fébrilité défensive.

Les Nigérians, mal partis lors du premier match du tournoi, auront à cœur de gagner leur deuxième sortie pour se relancer dans la course. Mais ils auront en face les Aigles du Mali, vainqueur du Bénin. Un adversaire qu’ils connaissent.

Le match entre maliens et nigérians prévu demain est tant attendu par tout le monde, dans la mesure où il opposera deux formations aux objectifs différents. En effet lors de leur rencontre contre les Eléphants Ivoiriens, dès le coup d’envoi, on sentait que les coéquipiers de Drogba étaient bien en jambes pour prendre le dessus sur les Nigérians en mal d’inspiration et qui donnaient l’impression d’avoir beaucoup perdu de leur football qui fait d’eux les favoris de l’édition en cours. D autant qu’ils sont venus au Ghana pour, d’une part, mieux faire qu’en Egypte et surtout suivre la trace de leurs Cadets (vainqueurs de la Can de leur catégorie au Togo), à savoir remporter le sacre pour la troisième fois après celui de 1980 à domicile et en 1994 à Tunis.

Les Maliens, bien organisés, vainqueurs de leur première sortie et en pleine possession de leurs moyens physique et technique, ne leur feront pas de cadeau. Mahamadou Diarra Djilla et ses coéquipiers sont prêts à leur barrer la route pour une qualification au second tour. Ils seront ainsi les protagonistes du second match du groupe B qui les opposera aux Nigérians, battus par ailleurs par un autre grand favori du tournoi, la Côte d’Ivoire.

Cette retrouvaille entre Aigles promet d’être palpitante. Le Nigeria qui se présente à cette rencontre, après son premier faux pas face aux Eléphants dispose cependant des moyens qu’on lui connaît. Et qui sont loin d être négligeables avec un jeu bien posé et qui tire sa force des capacités techniques de ses éléments dirigés par un John Mikel Obi, est en passe de retrouver toutes ses sensations pour s’imposer en véritable tour de contrôle au sein de son équipe. Il est l’homme des situations difficiles grâce à sa vitesse et son expérience.

Bon placement des joueurs .

Tout le dispositif Nigérian tourne autour de ce joueur, il est la plaque tournante de son équipe C’est lui qui fût à l’origine des dangers devant les buts ivoiriens, et trouve les solutions sur le terrain. Les balles récupérées par les défenses échouent dans la plupart des cas dans ses pieds pour qu’il en fasse l’usage adéquate dans la construction avec son rôle essentiel de pourvoyeur à partir de l’entre jeu. C’est incontestablement le point fort des « Supers Eagles » (le nom de l’équipe nigériane), mais il pourrait dans les circonstances particulières devenir sa faiblesse surtout quand il n’est pas dans son élément, ou mis sous bonne garde en dépit de sa technique raffinée, balle au pied.

Obi, c est à la fois un organisateur, un bon remetteur et aussi un buteur. C’est un joueur dont on doit se méfier, et ne jamais le lâcher. Le moindre moment d’inattention à son égard pourrait être fatal pour l’adversaire. Mais il n’y a pas que lui. Yacubu Ayegbeni auteur d une bonne prestation contre les Eléphants et qui est aussi doté d’une très bonne  technique peut assurer le rôle avec cette capacité qui lui permet de percer la défense adverse. Il a aussi le sens du but avec un bon jeu de tête. D'un point de vue collectif, le Nigeria excelle dans ce jeu. Face à la Côte d’Ivoire, il était de lion supérieur grâce au bon placement des joueurs, leurs appels de balle et le soutien constant qu’ils apportent les uns aux autres a l’entre jeu comme en attaque.

Très bonne assise collective

Par ailleurs, et outre cette bonne assise de jeu, les Nigérians ont démontré de grandes capacités dans les contres, la rencontre contre les Eléphants l’atteste. Ils étaient sur le point de concéder un second but, mais une fois la balle reprise en deux touches, ils ont réussi avec une belle ouverture en profondeur de la part de Yacubu qui alerta Utaka. Il faut dire que le jeu en déviation des Nigérians et les autres millimètres sont un véritable régal pour l’œil, mais cela suppose que le vis-à-vis concède les espaces nécessaires pour une telle manœuvre. Les protégés de JOD doivent bien le méditer pour éviter les erreurs commises par les Eléphants. Dans ce jeu, John Mikel Obi, est le seul maître incontesté.

Ainsi décortiqué les points forts du prochain adversaire des Aigles du Mali. Quant à ses faiblesses, elles sont à situer au niveau de sa défense. Et cela a toujours été de cette équipe portée vers l’offensive. C est une défense qui souffre souvent de son milieu, qui ne supporte pas trop la pression surtout sur ces flancs qui paraissent les plus vulnérables de ce compartiment. Le jeu sur les ailes gène beaucoup le Nigeria et rend moins alerte son axe central qui commet beaucoup d’erreurs, le but ivoirien en est la preuve. Tout cela pour dire qu’on sache mettre à profit leurs défaillances avec le marquage strict qu’on doit exercer sur les éléments moteurs de l’équipe, et le jeu en bloc qui doit les priver des espaces leur donnant la possibilité de manœuvrer. Mais attention à la défense en ligne, car la bonne technique des Nigérians leur permet de déjouer un pareil choix défensif

Boubacar Diakité Sarr

Harouna Traoré

(Envoyés Spéciaux)

 

Utaka encense Seydoublen

Après la victoire 1-0 des Aigles sur les Ecureuils du Bénin, lundi dernier au « Sekondi sports stadium » avec un énorme Seydou Keita alias Seydoublen, élu meilleur joueur MTN de la dite rencontre, l’attaquant Nigérian John Utaka s’est déclaré craintif à l’idée d’affronter son ancien coéquipier pour le second match décisif du groupe B entre le Nigeria et le Mali.

Pour moi, ça va être un peu spécial de retrouver Seydou, je l’ai côtoyé à Lens, c’est un génie. Il fait des choses exceptionnelles, il va falloir bien le cerner. Utaka espère également que la rencontre de vendredi face aux Aigles du Mali sera moins heureuse que le premier match face à la Côte d’Ivoire.

B. D. S.

 

 

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