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2008

Mois de Janvier

Les Echos du 15 Janvier 2008

 

« 1008-LOGEMENTS » DE YIRIMADIO

Deux marchés, un conflit latent

Loin de connaître son épilogue, l’affaire du marché privé des « 1008-Logements » de Yirimadio est sur le point de dégénérer, car la princesse de la crise serait déterminée à faire avaler la pilule à tous ceux qui ne plieraient pas à sa volonté. Ses adversaires disent n’en avoir cure et promettent de belles représailles pour la mettre à sa « vraie » place.

Les résidents des « 1008-Logements » de Yirimadio sont aujourd’hui partagés entre deux marchés, l’ancien et le nouveau, source de tous les problèmes. L’occupation de l’ancien marché, situé à côté du groupe scolaire du quartier, a fait suite à une consigne de la mairie qui a autorisé les vendeurs à occuper temporairement le terrain prévu pour la construction de son siège en attendant celle du marché de la cité. La mairie avait ainsi craint le danger que couraient les marchands en s’asseyant aux abords de la route.

Mais, la tension est montée d’un cran avec la construction du marché des lieux. Selon des témoignages sur place, la construction du marché aurait été confiée à un entrepreneur privé du nom de M. Mallé qui aurait dit aux marchands qu’il avait bénéficié de la subvention de partenaires pour plusieurs millions de F CFA et avait utilisé ses propres fonds pour bâtir l’équipement marchant. Il aurait voulu récupérer les sommes injectées en confiant la gestion dudit marché à une certaine Mme Sissoko Mariam Yattara.

« Mme Sissoko est venue nous présenter les prix des places du nouveau marché dont elle disait avoir obtenu des autorités l’autorisation de gérer. Au départ, nous n’avions pas voulu, car notre commerce marche bien sur le premier site. Cependant, pour nous faire changer d’avis, elle a corrompu des marchandes à qui elle a gratuitement offert des places » , nous a dit un groupe de femmes locataires de l’ancien marché, prêtes à en découdre avec leur « ennemie ».

Avec le transfert de la première vague et face à l’intransigeance des récalcitrants, « Mme Yattara a décidé de nous faire quitter de force en amenant des policiers jeudi dernier. Elle aurait menti à ces policiers que de grandes batailles se dérouleraient au sujet du marché », ont expliqué d’autres femmes. C’est ainsi que les forces de l’ordre ont assiégé le marché jeudi dernier, empêchant toute présence sur les lieux. Les vendeuses auraient même été privées de devanture de leur maison. Pis, à leurs dires, elles ont été sommées de répondre à la convocation des policiers du 13e arrondissement, qui n’avaient pas bien cerné le « complot ».

Le hic : c’est que certains occupants du nouveau marché, par peur d’être perdants si jamais le transfert devait réellement avoir lieu, ont payé de l’argent à la « reine » de la gestion.

Des pertes

« Mme Sissoko nous a dit qu’une place couverte par un hangar coûte 25 000 F CFA et une place non couverte 20 000 F CFA, payables tous les deux ans et éternellement » , s’est indigné le groupe de femmes. Et d’ajouter que « comme si cela ne suffisait pas, elle nous a demandé de payer des taxes quotidiennes de 100 F CFA chacun ».

Quant aux bouchers, qui avaient également rejoint le nouveau marché, ils disent avoir payé une somme colossale. « J’ai payé 120 000 F CFA pour une petite place. On m’a informé que ce même montant devait être payé tous les deux ans aussi. Comme si cela ne suffisait pas, on nous réclamait une taxe journalière de 600 F CFA », a informé Amara Sidibé, vendeur de viande à l’ancien marché. Et dire que « nous n’avons reçu aucune preuve de paiement », se sont indignés des commerçants sur place.

Incapables de supporter tout cela, certains transfuges ont fait un come-back à leur place initiale. Ce que n’arriverait pas à supporter Mme Sissoko, qui, à en croire les témoignages, affirmerait haut et fort à qui veut l’entendre qu’elle jouit de bonnes grâces du pouvoir. « Si vous quittez le marché, vous reviendrez car moi j’ai eu l’accord d’en haut », laisserait-elle entendre. Après avoir identifié son domicile, nous avons cherché à la voir à notre passage, mais elle était absente. Son portable que nous avons appelé ne répondait pas.

Le nouveau marché se trouve à la rue 616 de la cité des « 1008-Logements ». Selon nos constats, il n’est pas totalement achevé. Des marchands y étaient présents avec des magasins et des places non occupées. « Nous sommes là mais c’est vraiment dommage car les clients ne viennent pas du tout. S’il nous faut payer les taxes dans ces conditions, ce sera la ruine de notre commerce », s’est plainte une commerçante. Et une autre de regretter que la situation n’est guère plaisante. « Hier, j’ai gagné 125 F CFA et j’ai payé 100 F CFA comme taxe. Je ne suis rentrée à la maison qu’avec 25 F CFA », a-t-elle déploré avant de préciser que, comme la plupart de ses semblables, elle aide son mari à subvenir aux dépenses familiales.

Un responsable du ministère des Domaines de l’Etat, des Affaires foncières et de l’Urbanisme nous a informé qu’à l’issue des échanges avec la mairie de la Commune VI, le comité de gestion des « 1008-Logements » et le commissariat de police du 13e arrondissement, un accord a été trouvé sur proposition du président du comité de gestion. Le commissariat a ainsi décidé d’autoriser les marchands à occuper provisoirement l’ancien marché en attendant de trouver une solution définitive.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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ASSEMBLEE NATIONALE

Le terrorisme dans la mire des député.

Les députés sont depuis lundi dans les commissions de travail à la faveur d'une session extraordinaire convoquée par le président de la République. Les élus de la nation, au cours de cette session extraordinaire, vont examiner et adopter 8 projets de lois dont celui qui est relatif à la répression du terrorisme au Mali .

Les élus de la nation ne devaient regagner l'Assemblée nationale qu’en avril prochain. Mais à la demande du président de la République, ils sont depuis hier en session extraordinaire. L'ordre du jour de cette session porte sur huit projets de lois. Il s'agit du projet de loi portant modification du code des impôts, le projet de loi portant modification de la loi 06-057 du 29 décembre 2006 portant livre de procédures fiscales, le projet de loi créant un privilège général pour garantir les créances de la Banque de l'habitat du Mali (BHM-SA) et le projet de loi portant répression du terrorisme au Mali.

Les quatre autres projets de lois sont : le projet de loi relatif au contrôle de la qualité des engrais, le projet de loi portant modification de l'ordonnance 05-014/P-RM du 22 mars 2005 portant statut du personnel des greffes et des secrétaires de greffes et parquets ; le projet de loi autorisant la ratification de l'accord de prêt signé à Tunis le 16 novembre 2007 entre le gouvernement de la République du Mali et le Fonds africain de développement (Fad) pour le financement partiel du Projet d'appui à la décentralisation et au développement économique régional (Pader) et le projet de loi autorisant le gouvernement à prendre certaines mesures par ordonnance.

L'examen du projet de loi sur la répression du terrorisme au Mali par nos députés se déroule dans un contexte particulier dans notre pays et dans la bande sahélienne en général marqué par les prises d'otages et les récentes attaques de ressortissants européens à Arawane dans la région de Tombouctou dont notre confrère L'Indépendant a rapporté des échos dans son édition du 14 janvier 2008.

Ce projet de loi est déposé sur la table de l'AN au moment où le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), reconverti depuis en branche Al-Qaïda du Maghreb, se fait de plus en plus menaçant dans la bande sahélienne au point qu'elle est parvenu à empêcher la tenue du Rally Paris-Dakar.

Mais il reste à savoir quelle définition nos honorables députés et le gouvernement maliens vont donner au terme terrorisme. Celui-ci ayant fait et continuant de faire un grand débat au niveau international.

Denis Koné

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ZONE CFA

Quand la passion occulte le débat

Le CFA peut être considéré comme le concentré des maux africains (assistanat, dépendance, non résolution…), mais également peut être la première étape d’une formidable aventure monétaire, économique et sociale.

Dévaluation ! Le mot fait peur aussi bien dans les salons dorés de nos palais que dans les gargotes des villes de Niamey à Brazzaville en passant par Lomé ou Malabo. Or, évoquer maintenant le F CFA rime presque à aborder sa valeur et donc à poser la question d’un éventuel ajustement de celle-ci, d’où la dévaluation.

La dévaluation qui nous fait peur est celle de 1994 et de ses conséquences sur le pouvoir d’achat des citadins principalement. Celle qui a vu notre pouvoir d’achat de produits importés baisser de manière sensible et donc agir dans le sens d’une détérioration de notre qualité de vie. Ce n’est pas l’augmentation des ressources de nos exportateurs et peut être de celles de certains ruraux qui nous convaincront d’accepter cette situation.

La dévaluation est synonyme d’échec et de recul pour les citadins. Est-ce le cas pour l’économie en entier ? C’est une question importante à laquelle, à défaut de répondre franchement, il faut réfléchir. Cette réflexion et ces analyses sont peut être l’exercice le plus important auquel il nous faut nous atteler en Afrique francophone dans le domaine économique cette année 2008. C’est l’objet de cette contribution. Le faire l’esprit ouvert et dépassionné. Le faire à l’abri de l’émotion et animé du souci collectif, le seul qui vaille vraiment !

Il est nécessaire de fixer le cadre du F CFA pour en percevoir les contours historiques et économiques mais également en saisir la portée politique. Ce cadre est indispensable pour comprendre son mécanisme actuel. Il permettra dans un second temps de poser clairement les acquis que cette monnaie a constitués pour les pays qui l’ont adoptée. A l’inverse, la présentation des contraintes importantes que le F CFA nous impose doit également être faite afin d’entrevoir les voies et moyens nous permettant d’adopter une politique économique et financière qui préservera les acquis en levant les contraintes.

Le CFA a eu plusieurs noms et sans doute plusieurs vies. De franc des colonies françaises d’Afrique, il est devenu le franc de la communauté financière africaine en passant par le franc de la communauté française en Afrique. Ces noms différents reflétaient chacun un moment d’histoire, une péripétie des stratégies africaines de la France qui connurent une accélération fulgurante après la Seconde Guerre mondiale débouchant ainsi sur les indépendances.

Une monnaie, plusieurs vies

Au moment où nous recouvrâmes nos souverainetés, les Etats ont choisi librement leur politique monétaire en fonction de leur proximité avec la France d’alors. La Guinée a par exemple quitté la zone CFA suivie par notre pays en 1962. La Guinée n’a plus jamais réintégré le CFA, ce qui ne fut pas le cas du Mali. Notre pays a réintégré la zone sur base d’accord d’association d’abord en 1967 et ensuite totalement en 1984 avec à chaque fois le prix de la dévaluation de sa monnaie.

L’Afrique centrale a adopté le CFA de l’indépendance jusqu’à nos jours. Elle ne connut pas de défection. Finalement la zone franc sut tenir tant bien que mal et fonctionna à peu près normalement pendant ces presque cinquante dernières années selon le même système.

La base de ce système est la garantie donnée à notre monnaie par la France à travers son Trésor public, ce qui confère à la monnaie une convertibilité sans limite à l’extérieur car adossée à une monnaie d’un pays fort. Cette garantie repose sur deux éléments importants : le maintien au niveau du Trésor français d’une quantité donnée des réserves de change de chaque Etat et la mise en place d’une politique monétaire commune à travers principalement deux banques centrales communes.

Le placement de devises au niveau du Trésor français est un dispositif classique de contre garantie qu’on offre à celui qui se porte caution pour nous. Cet argent nous appartient mais on ne peut en faire ce qu’on veut tant que nous demandons à la France d’assurer la convertibilité de notre monnaie.

En l’occurrence quelque soit la situation, la France interviendra pour que la monnaie ait son cours actuel. Par exemple, au cas où nos économies seraient affaiblies au point que nous soyons en position difficile face à nos partenaires (multiplication de dettes, difficultés de paiements…), la France s’organisera pour que notre monnaie ne subisse pas de baisse comme cela arrive dans un système libre de change dans lequel la monnaie reflète le niveau de confiance que les partenaires ont en une économie.

Dans ce système, n’importe quel événement est susceptible d’avoir une incidence sur le cours d’une monnaie. Dans notre cas, quel que soit l’événement (politique, social, économique…), le cours reste invariable. La mise en place d’une politique monétaire commune impose un dispositif de sécurité et de rigueur monétaire qui est mis en place pour éviter essentiellement les incidents de paiements et couvrir les bailleurs de fonds. C'est-à-dire que la monnaie employée soit toujours remboursée et donc qu’au niveau de l’économie les risques soient couverts.

Cette politique dite restrictive reprend dans les grandes lignes celle de la France et de l’Europe (Banque de France et ensuite la Banque centrale européenne) et permet par ailleurs de limiter la hausse des prix en restreignant la circulation de l’argent. Ce dispositif fonctionne tant bien que mal et n’a connu qu’une seule remise en cause significative qui s’est traduite par une dévaluation importante, elle-même induite par un recul global des économies des pays de la zone et donc une baisse substantielle des devises gardées en France (le niveau est descendu en dessous de 15 jours d’importation en fin 1993 contre un niveau qui dépasse aujourd’hui plus de 150 jours d’importation).

Sans le CFA…

Au sens financier du terme, le dispositif du CFA est une réussite car il a atteint ses deux objectifs majeurs à savoir maintenir la convertibilité de la monnaie et contenir la hausse des prix. Ces deux facteurs sont financièrement positifs. La stabilité et la convertibilité de notre monnaie sont des gages importants de crédibilité. Cela facilite les échanges et les contacts et permet une bonne circulation des capitaux tout en limitant fortement le marché noir.

Il n’y a pas de divergences dans les taux de change pratiqués au sein d’un même pays et surtout il n’y a pas de réseaux monétaires parallèles, ce qui facilite le pilotage économique et permet aux politiques de pouvoir définir et mettre en œuvre leurs stratégies sans trop d’incertitude. On maîtrise bien la masse monétaire et on la suit aisément ; situation qui facilite la gestion financière, elle-même élément de crédibilité et de maîtrise de la masse monétaire.

Cela crée ainsi un cercle vertueux crédibilisant davantage les pays et leur monnaie et propice aux actions de prospectives. Le second facteur positif de cette situation est le niveau limité de la hausse des prix et l’installation d’un environnement de désinflation (maîtrise de l’inflation). Depuis plus d’une décennie, les prix dans la zone, restent contenus dans certaines limites, ce qui maintient le pouvoir d’achat et rapproche l’économie réelle de l’économie officielle.

La maîtrise des prix permet une gestion prévisionnelle des entreprises et est susceptible de créer un environnement propice aux investissements. Les partenaires investiront sans le souci de voir laminer leur marge par une hausse des prix et donc une baisse du pouvoir d’achat. Ils ne ressentiront que peu la nécessité de se couvrir contre ces risques ; ce qui évitera des surcoûts liés aux investissements dans notre zone et donc la rendra plus attractive qu’ailleurs.

La politique rigoureuse mise en œuvre et l’arrimage de notre monnaie au franc français et maintenant à l’euro a eu comme effet de nous maintenir dans un sillage de hausse par rapport au dollar qui ne cesse de baisser. Comme certains produits s’échangent en dollars, ces produits auront automatiquement un coût moindre pour nous. Il en est ainsi des produits pétroliers dont le coût induit celui de beaucoup d’autres produits et services (transports, constructions, produits alimentaires…)

De 2002 à 2007 le dollar a perdu environ 40 % de sa valeur par rapport à l’euro et donc par rapport au F CFA. Ceci veut dire que sur la même période, le prix des produits pétroliers par exemple (hors mécanisme d’ajustement interne décidé par l’Etat qui amortit un peu la hausse des prix) devrait augmenter d’autant car sur la même période le prix du baril de pétrole a augmenté d’environ 100 %. En terme monétaire, le prix du litre de gasoil aurait été d’environ 800 F CFA si on n’avait pas un F CFA fort. Cela mérite d’être su par le plus grand nombre de nos concitoyens. Notre politique monétaire restrictive n’a pas que des inconvénients.

Le dernier avantage de cette politique est justement qu’elle est une politique commune et partagée, même si elle est mise en œuvre sous tutelle. Cette politique et cette monnaie commune constituent des moyens importants d’intégration économique. C’est peut être ce qui fait qu’elle n’a été que rarement remise en question même par les nombreux régimes marxistes qui ont été au pouvoir dans certains pays membres de la zone.

Reproches

Cette politique monétaire commune est aussi malheureusement une des faiblesses du dispositif du F CFA car elle est plus économique que politique. Elle semble plus obéir à des impératifs monétaires et financiers qu’à des impératifs de développement. Elle est plus aux mains des financiers du Trésor et des banques centrales qu’à celles des décideurs et des élus. Or, la politique monétaire doit être une politique de développement. Les deux ne sont d’ailleurs pas inconciliables.

Dans notre cas, on regrette une prédominance des financiers, plus intéressés par l’équilibre et le solde des balances des paiements que par le portefeuille du cousin du village ! Le fait que ce domaine soit assez technique n’est pas étranger à cette situation. Mais les politiques feraient mieux de s’imposer pour espérer donner d’autres impulsions et d’autres directions à cette aventure monétaire commune.

Le second reproche formulé à l’encontre du système CFA et qui est fondé, est l’impact de la politique monétaire sur l’activité économique. Le coût d’intervention des financiers est trop lourd pour entraîner un financement important de l’économie. Le coût est financier (niveau élevé des taux d’intérêt) mais il est aussi procédural, ce qui limite forcément l’accès au crédit et donc la perspective de l’emploi des ressources vers des activités économiques.

De l’autre côté, les établissements financiers ne s’impliquent pas assez dans l’accompagnement des opérateurs pour leur permettre de bénéficier d’expertises et de produits adaptés. Nous voyons régulièrement des banques disposant des ressources et des opérateurs ayant des besoins mais nous sommes aussi témoins de l’impossibilité de la collaboration entre ces deux catégories d’acteurs au préjudice de l’économie et de nos sociétés. La politique monétaire n’est pas étrangère à cette situation. Elle est ainsi synonyme d’occasion ratée de financement et de soutien aux économies qui auraient pu générer de la richesse et de la croissance au bénéfice de tous et donc d’elles aussi.

La perte concurrentielle est sans doute le reproche le plus couramment fait au CFA fort que l’on constate actuellement. Les exportateurs de produits de rente et de produits industriels sont les premiers à monter au créneau. Les uns entraînent dans leur croisade les millions de ruraux qui vivent des subsides liées à leur rente et montent cette situation en épingle souvent pour masquer leur perte de compétitivité. Il est quand même clair que la valeur de notre monnaie est un frein concurrentiel important. Il n’est pas de jour où l’on ne voit un produit, généralement d’origine asiatique, arriver sur le marché de nos pays moins cher que son équivalent du cru.

On le voit dans tous les domaines (dans l’agriculture par le riz aux matériaux de construction ou aux produits de consommation courante). La cote d’alerte est atteinte. Les importations ont tendance à augmenter mais au prix de la destruction de certains pans de nos économies. Les produits de première nécessité importés sont abordables mais à terme, ne faut-il pas craindre la disparition des productions locales et la transformation de nos pays en consommateurs de produits importés dans les villes et d’autoconsommation dans les campagnes. Ce modèle économique est-il viable ? Nous devons agir pour faire en sorte d’inverser la tendance et l’arme monétaire, qui n’est pas la seule loin de là, a aussi son rôle à jouer.

Notre monnaie bénéficie des avantages du système de la zone franc. Il est indéniable que ce système a du mérite et a permis d’accroître notre crédibilité internationale. Mais une monnaie est un instrument, ce n’est pas un objectif. La stratégie et la politique monétaires doivent être orientées et dédiées à la cause du progrès. Surtout dans notre contexte.

Manque de leadership

La politique est un moyen vers un destin collectif qui doit être celui du progrès et du bien-être du plus grand nombre. Mais la politique doit obéir à une vision, c'est-à-dire quel avenir collectif nous souhaitons nous définir et quels sacrifices nous sommes prêts à consentir pour la réalisation de cet avenir commun. Ensuite le leadership adéquat pour mettre en œuvre ce chantier et enfin les moyens à y consacrer sont à mettre en place. Or, force est de constater, nous manquons de visions et surtout nous manquons de leadership.

Nous avons les fondamentaux pour avoir une monnaie commune en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Centre, mais nous n’avons pas le leadership pour gérer la monnaie de manière dépassionnée. Si on se réfère à la gestion de la question des Accords de partenariat économique (APE), on devrait être pessimiste sur la crédibilité de notre leadership. Si on se réfère à la guéguerre en Afrique de l’Ouest autour de la direction de la Banque centrale, on devrait craindre l’avenir !

La question de l’avenir est à tracer et à conduire de manière résolue. A l’échelle ouest-africaine, nous devons nous poser la question de l’avenir monétaire et poursuivre le sentier de la convergence monétaire entre le F CFA et la seconde zone monétaire en cours de constitution et qui est composée des pays anglophones avec la Guinée et le Cap-Vert. Dans cette perspective, nous devons mieux nous approprier de notre monnaie et de sa gestion.

Notre banque centrale doit se situer dans cette perspective qui doit voir sur une dizaine d’années l’arrimage progressif de la monnaie à un panier de monnaies internationales dont au moins pour un quart au yuan reminbi chinois. Ceci va avoir l’avantage d’ajuster la valeur du CFA aux évolutions de plusieurs monnaies et donc de mettre en phase la devise avec l’environnement. Il nous faut aller progressivement vers la réalité des valeurs et des prix et surtout larguer les amarres avec l’assistance. Le faire progressivement mais de manière résolue. La future monnaie ouest-africaine doit être programmée d’ici 15 ans avec une banque centrale unique comme toile de fond monétaire de l’intégration ouest-africaine.

Les leaders, à l’aune de la Cédéao, doivent prendre fermement cet engagement et s’y inscrire. Des politiques de convergences et des politiques de développement communes soutiendront le dispositif.

La politique monétaire doit être plus souple que celle en cours avec comme objectif d’augmenter la masse monétaire en circulation, quitte à permettre un peu d’inflation. Une augmentation de l’inflation de 2 à 5 % ne serait pas dommageable si elle s’accompagne par une croissance économique induite par le crédit et par les investissements liés au crédit de manière endogène.

L’inflation créée de manière endogène est facteur de progrès si elle reste dans une certaine limite. Nous avons la marge de manœuvre monétaire pour nous le permettre. Essayons-le ! Là également sous impulsion politique suivie par une application technique et non le contraire !

La monnaie ne résout pas les problèmes économiques mais si elle est gérée de manière intelligente, elle peut créer les conditions pour l’application des solutions économiques. La Chine gère une monnaie volontairement sous-évaluée avec de bons résultats économiques. Nous pouvons au moins essayer de l’imiter.

Le CFA peut être considéré comme le concentré des maux africains (assistanat, dépendance, non-résolution…), mais également peut être la première étape d’une formidable aventure monétaire, économique et sociale. Il est un cadre établi avec des résultats indéniables et des marges de manœuvre appréciables. Il nous reste à nous l’approprier et à lui donner une orientation conforme à nos attentes. Pas celles d’une frange de la population, mais celles de la majorité d’entre nous. Ce nouveau destin monétaire que nous devons nous tracer préfigurera peut-être ce dont cette monnaie avait la vocation, en l’occurrence l’édification d’une véritable communauté financière africaine.

Moussa Mara

(expert-comptable)

N. B. : les intertitres sont de la rédaction

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CHRONIQUE D’OUSMANE SOW

La planète menacée, vraiment ?

Nous subissons une avalanche de dissertations sur les périls qui menacent la Terre. Est-ce vraiment le cas ?

Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis a reçu le prix Nobel de la paix pour un documentaire controversé sur le réchauffement climatique. Il présente des schémas apocalyptiques sur ce qui attend les prochaines générations de terriens si nous continuons à polluer allègrement la seule planète habitable du Cosmos.

Il parle de fonte des glaciers, de relèvement du niveau des mers, d’inondations, de sécheresse, de pénurie d’eau potable et tutti quanti pour conclure que la menace est réelle. Ce n’est ni plus ni moins que l’existence de la Terre qui est en jeu selon lui et plusieurs autres scientifiques ou militants gnangan qui embouchent la trompette du pessimisme. Un peu plus on croirait que Bilali en personne est sur le point de dépoussiérer son vieux cor qui sonnera la fin du monde.

Qu’en est-il réellement ? Je pense tout simplement que l’Homme a encore mis en évidence sa capacité extraordinaire à faire de l’anthropocentrisme, se considérant le nombril du Cosmos, le point focal autour duquel tout doit tourner. Je le dis avec force : aucune menace ne pèse sur la Terre. Quel que soit ce qui se passera, la Terre restera encore là pour des millénaires et des millénaires.

En réalité, c’est l’Homme dans ce qu’il a de plus égoïste, mesquin, jaloux, violent et insouciant qui est menacé. C’est l’espèce humaine qui est menacée de disparition et non la Terre. Bien sûr, il y a des raccourcis à faire : L’humain pense que sa disparition sonnera le glas de la Terre. Il n’y a rien de plus faux ! Nous allons certainement, par notre irresponsabilité, rendre impossible la vie telle que nous la connaissons, mais assimiler l’anéantissement de l’humaine à celui de la planète qui l’héberge est un monstrueux égarement.

Le réchauffement climatique, les gaz à effet de serre, la destruction de la couche d’ozone, la surexploitation des fonds marins, l’épuisement des ressources naturelles, le massacre de la forêt tropicale ne sont que les conséquences de la cupidité inextinguible de l’Homme, toujours avide de richesse, de confort et complètement insouciant. Nous finirons par nous rendre compte que les réserves de la Terre ne sont pas illimitées. Mais, nous serons les seuls à en payer le prix et très fort. La Terre sera encore là, et la nature comblera le vide laissé par l’humain.

Je n’adhère pas au discours écologiste de salon parce que j’estime qu’il ne s’incruste que dans l’hypocrisie ambiante. Oui, il est possible de faire quelque chose, d’avoir un comportement plus responsable, d’inventer de nouveaux modèles énergétiques mais pour la survie de l’espèce humaine. Ne faisons surtout pas croire que c’est la Terre que nous essayons de sauver. Elle est assez vieille pour se sortir d’affaire. Même un milliard d’explosions nucléaires continues ne pourront la désintégrer.

Si nous voulons léguer quelque chose à nos enfants, il faut changer de discours et comprendre que nous sommes la génération la plus irresponsable et la plus égoïste qui ait existé et agir en conséquence. S’il n’y a plus de poisson dans l’océan, c’est l’humain qui ne pourra plus en manger pas l’océan.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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12e SOMMET DES CHEFS D’ETAT DE L’UEMOA

Le dossier brûlant des gouvernorats de la Bcéao et de la BOAD

Ouagadougou, la capitale Burkinabé, accueillera le jeudi prochain le 12e sommet des chefs d’Etat de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), un sommet qui s’annonce sous des orages…

L’année dernière, les chefs d’Etat, n’arrivant toujours pas à trouver un remplaçant à l’Ivoirien Konan Bany à la tête de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bcéao), ont commandité l’audit de l’institution. Un résultat « pas très fameux », de l’avis de personnalités ayant vu le draft.

Le sommet qui a déjà commencé lundi avec la conférence des ministres des Finances aura à discuter de sujets récurrents comme le bilan de santé de l’Union, les rapports annuels des institutions (Uémoa, BOAD, Bcéao…) ; à tracer les grands contours à insuffler à la politique d’intégration pour un an.

Mais, les dossiers brûlants concernent la nomination des gouverneurs de la Bcéao et de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

Les faits : le gouverneur de la Bcéao, Charles Konan Bany, a été nommé Premier ministre de Côte d’Ivoire. Son poste est occupé par le Burkinabé Damo Justin Baro dont le pays compte bien le garder. Le président ivoirien ne voudrait pas non plus lâcher car, depuis la création de l’institution, ce poste est allé « de droit » à la Côte d’Ivoire, qui fait à elle seule les 40 % du PIB de l’Union.

Ce 12e sommet est le troisième round des négociations parce que les chefs d’Etat ne sont pas parvenus à s’entendre sur un nom encore moins sur une modalité de désignation. Car, si la majorité se dégage pour « un gouvernorat tournant », le président Laurent Gbagbo tient à garder le fauteuil.

En 2007, au 11e sommet qui s’est tenu à Ouagadougou, le président burkinabé Blaise Compaoré a été commis par ses pairs pour trouver une solution. Mais, à ce stade, tout porte à croire que c’est toujours le statut quo.

C’est à peu près la même chose au niveau de la BOAD. Le poste revenait de droit au Bénin suivant des règles non écrites, mais respectées par tout le monde.

Le gouverneur béninois Yayi Boni étant devenu chef d’Etat, l’intérim est assuré par le Mali. Cependant, si notre pays éprouve des « scrupules » à postuler officiellement, vu que c’est notre compatriote Soumaïla Cissé qui est président de la Commission de l’Uémoa, il est cependant pour une rotation à ce niveau.

A priori , le Bénin n’y est pas opposé, mais la seule condition qu’elle pose est que cette remise à plat soit valable pour tout le monde. En attendant, et après les ministres des Finances, ce sont les journalistes économiques qui se réunissent aujourd’hui et demain, en prélude à la rencontre des chefs d’Etat.

Alexis Kalambry

(envoyé spécial)

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MECONTENTS DE LEURS MAUVAIS RESULTATS

Des étudiants de la FSJP incendient un bureau

Des étudiants recalés de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), protestant contre leurs mauvais résultats aux examens de fin d’année, ont mis le feu au bureau du secrétaire particulier de l’établissement.

Suite à la publication des résultats jugés catastrophiques, des étudiants de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) ont, dans la nuit de dimanche à lundi 14 janvier 2008 incendié le bureau du secrétaire principal de la Faculté.

Hier, à cause du niveau d’alerte, il était impossible d’accéder aux locaux de la FSJP surveillés par les forces de sécurité déployées sur les lieux depuis le lendemain de la publication des résultats.

Mais, selon le secrétaire général du Syndicat des enseignants du supérieur (Snesup), Dr. Abdou Mallé, les dégâts causés par l’incendie sont très importants. Cependant, il s’est félicité du fait qu’aucun blessé n’a été enregistré.

Pour Dr. Mallé, l’acte, hautement condamnable, a été commis par les étudiants « insouciants qui n’ont plus leur place à la Faculté ». Ces derniers seraient appuyés par quelques récalcitrants de l’administration scolaire. Au sein du corps professoral de la FSJP, l’unanimité tarde à s’instaurer depuis l’élection du doyen en la personne du Pr. Harouna Dembélé.

Comme leurs frères de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) qui, on se le rappelle, ont mis le feu aux bureaux de l’administration scolaire au lendemain d’un concours d’internat contesté, les étudiants de la FSJP, selon de nombreux observateurs, n’ont fait que confirmer, à travers cet acte, des problèmes de l’école malienne ; à savoir : la violence et le laisser-aller.

Malgré des repêchages, les résultats des examens de fin d’année à la FSJP ont été une hécatombe, notamment pour les étudiants de 1re année. Aujourd’hui, le comité AEEM de l’établissement exigerait le repêchage jusqu’à 7 sur 20. Il menace d’user de tous les moyens pour se faire entendre.

Amadou Waïgalo

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 PRISE EN CHARGE DE MALADES

Soixante patients du noma bientôt opérés

Soixante malades atteints par le noma vont dans les jours à venir retrouver la santé physique grâce à l’association française « Au fil de la vie ».

Jadis considéré comme une « sorcellerie », « le mauvais œil » qui s’abat sur toute la famille et même sur le village, les enfants atteints du noma étaient cachés au fond des cases et les familles souvent rejetées par la société.

Aujourd’hui, le rêve est en train de devenir une réalité : traiter le noma. S’il y a quelques années, les patients étaient évacués en France pour y recevoir des interventions chirurgicales au prix d’importants moyens financiers, « Au fil de la vie » après 4 opérations réussies en France a décidé de faire venir les équipes chirurgicales sur place afin de transférer les compétences et permettre d’opérer à moindre coût.

Lundi, à la maternité d’Hamdallaye (maisons d’accueil), 60 malades du noma, venus de tous les horizons du pays pour subir des interventions, étaient présents au lancement de la 2e opération chirurgicale. L’événement était présidé par le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées. Sékou Diakité avait à ses côtés le directeur général du Fonds de solidarité nationale (FSN), Adama Diarra, le représentant du ministre de la Santé et le maire de la Commune IV.

Cette 2e mission intervient après celle de janvier 2007 qui a vu l’intervention réussie d’une trentaine de réparations des séquelles du noma. L’opération va se dérouler au service ORL du CHU Gabriel Touré et se fera par une équipe chirurgicale « Les enfants du noma » et par une équipe d’infirmières suisses de l’association « Ensemble pour eux ». Cette dernière interviendra dans les soins post-opératoires.

L’opération, selon la présidente de l’association, Sylvie Caroline Pialoux, va s’effectuer sur deux semaines d’ici la fin de ce mois. Pour les cas nécessitant une chirurgie en plusieurs étapes, une 2e équipe reviendra fin février pour une semaine pour faire les soins nécessaires.

Il faut dire que le FSN n’a ménagé aucun effort dans l’accueil, l’hébergement et la prise en charge des malades et de leurs parents.

Maladie bucco-dentaire qui touche principalement les enfants entre 2 et 6 ans le plus souvent suite à un sevrage brutal, mal géré, le noma affecte aujourd’hui, aux dires de la présidente « Au fil de la vie », des adultes. De ses explications, la maladie apparaît dans les pays du monde où sévissent malnutrition et manque d’hygiène. Les défenses immunitaires étant affaiblies, la bactérie du noma trouve alors une porte pour s’installer.

Si elle est au départ une simple infection de la bouche, négligée et pas très vite traitée, elle se transforme alors rapidement en une infection gangreneuse qui ravage le visage. A en croire Mme Caroline, le noma n’est pas contagieuse mais il tue et son développement est très rapide. Plus de 80 % des enfants atteints décèderont avant d’avoir eu accès aux premiers soins et en trois semaines toutes les différentes phases de son évolution seront installées.

« Si le malade survit, il portera toute sa vie de lourdes séquelles : visage dévoré, mâchoires bloquées sans pouvoir parler ni s’alimenter correctement » , a-t-elle ajouté. Toutefois, l’espoir est permis nonobstant la méconnaissance du mal par le personnel de santé qui ne peut la soigner rapidement, la maladie peut être prévenue par une meilleure information « Nous demandons à toute la communauté à la faire connaître à temps ».

Emu, le ministre Sékou Diakité a promis que son département s’engage jusqu’à l’éradication de la maladie. La maladie a été découverte au Mali par « Au fil de la vie » lors d’une de ses missions de sensibilisation en brousse.

Amadou Sidibé

 

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