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2008

Mois de Janvier

Les Echos du 14 Janvier 2008

 

PRIVATISATION DE LA CMDT

L’UNTM dit « non à la vente du Mali »

Selon le chronogramme de l’Etat, la privatisation de la Compagnie malienne du développement des textiles (CMDT) doit être effective dans quelques mois. D’ici là, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), en collaboration avec la section syndicale de la filière-coton derrière laquelle les travailleurs de la CMDT sont réunis, se mobilise pour « dire non à la vente du Mali ». Mais, si la privatisation devait avoir lieu, c’est le plan social 2003 qui serait appliqué, a de son côté promis l’UNTM.

L’histoire de la privatisation est très sombre dans notre pays. Les compressés en sont toujours les grandes victimes et l’économie se retrouve complètement décapitée. C’est fort de tout cela que les travailleurs de la filière-coton sont déterminés à empêcher le « démantèlement » de la CMDT ou du moins à faire valoir leurs droits avant la « catastrophe ». Pour cela, ils ont formé un bloc uni derrière leur centrale syndicale. Surtout que les syndiqués sont convaincus que « l’UNTM peut tout au Mali pourvu qu’elle le veuille ». C’était lors de l’assemblée générale organisée par l’UNTM jeudi dernier à la direction générale de la CMDT devant des travailleurs et leurs représentants déjà avertis.

Cette visite à la direction générale de la CMDT entre dans le cadre d’une série de rencontres programmées par la centrale syndicale avec le personnel des sociétés en voie de privatisation. Pour ce cas, l’UNTM n’est pas en terrain inconnu, car elle avait « stoppé le processus de cette privatisation en 2003 qui était faite de jeux de cache-cache, de duperies », aux dires de Tibou Telly, secrétaire général adjoint de la première centrale syndicale malienne. En plus, la question fait partie du protocole d’accord du 18 juillet dernier signé entre l’UNTM, le patronat et le gouvernement.

Le protocole stipule l’application du plan social 2003 de la CMDT, mais il demeure le dernier ressort tant la question est alarmante, a expliqué le secrétaire général de l’UNTM. Siaka Diakité a poursuivi que le syndicat préservera les intérêts des travailleurs et du Mali. Et d’ajouter qu’ « aucune chose ne nous détournera de notre objectif ».

Des propos vite renforcés par son adjoint Tibou Telly. « C’est la mort dans l’âme qu’on se pliera à cette privatisation dont nous sommes encore très loin. Il y a des examens de passage qui doivent être réussis », a-t-il martelé. A l’en croire, notre pays vit des heures extrêmement graves dans la mesure où l’un de ses « deux poumons », qui sont le coton et l’or est sur le point d’être amputé. Tout en prévenant que le chemin à parcourir est long et peut-être dur, il a invité à la bataille et à la mobilisation collectives. Ce qui est d’autant plus nécessaire si l’on considère les nombreux cas avortés de privatisation comme celui du « drame social » de l’Huicoma et d’EDM dont les compressés sont aujourd’hui malmenés par la précarité, a-t-il continué.

Le PDES dénoncé

Soucieux de leur propre devenir et de la « vraie catastrophe pour le Mali » avec notamment la perte annuelle de 200 milliards de F CFA par notre économie, les travailleurs de la filière, par l’intermédiaire de leur secrétaire général, Zakariyaou Diawara, ne sont pas allés avec le dos de la cuillère tant leur rejet est ferme et catégorique. Compte tenu des conséquences économiques et sociales énormes du démantèlement, M. Diawara a affirmé qu’il ne serait point judicieux de tomber dans les mêmes erreurs du passé avec une solution qui a été un échec cuisant partout.

Les travailleurs, par la voix de M. Diawara, ont proposé des solutions au nombre desquelles l’arrêt du processus de « liquidation », le maintien de la CMDT et l’adaptation de ses structures actuelles aux nouvelles missions qui lui seront confiées. En guise de conclusion, les travailleurs ont rejoint Siaka Diakité en prônant l’application du plan social 2003 si la privatisation devait inévitablement avoir lieu. Un plan qui a été appliqué à une première vague de travailleurs il y a quelques années. Il est tellement attrayant qu’il prévoit des dédommagements substantiels aux compressés. Certains cadres moyens et supérieurs déflatés de 2003 ont pu empocher entre 30 à 50 millions de nos francs.

Le patron de la Bourse du travail, siège de l’UNTM, met en garde l’Etat sur la présentation du bilan de la privatisation qui reste une de leurs doléances majeures mais qui n’a pas été prise en compte par le protocole d’accord UNTM-gouvernement-CNPM du 18 juillet 2007.

Le Programme de développement économique et social (PDES) du président de la République a été sur la sellette de certains intervenants, qui se sont montrés contre ce projet dont l’agriculture est l’un des piliers. En effet, ils ont du mal à comprendre que le PDES, le socle de l’action gouvernementale, prétende moderniser notre agriculture et en faire une référence à l’horizon 2012 alors que nos dirigeants persistent dans leur volonté de brader la filière coton. « L’Etat veut privatiser la CMDT et ambitionner une agriculture prospère avec le PDES. Ce n’est vraiment pas raisonnable », a laissé entendre un intervenant.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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CHRONIQUE D’OUSMANE SOW

Y a-t-il un avenir pour le Mali ?

Dans un monde appelé à connaître de terribles bouleversements liés à la rareté des ressources vitales, quelle sera le sort du Mali ?

J’ai récemment rencontré un ingénieur malien qui œuvre dans la haute technologie à Montréal depuis près de 20 ans après de brillantes études à l’EN Sup de Bamako. De prime abord, j’étais étonné de découvrir que l’homme était originaire du Mali puisqu’il parlait un anglais sans accent et semblait merveilleusement intégré à son environnement en Amérique du Nord. Il est spécialiste dans un domaine scientifique extrêmement rare. Si l’on se réfère à la Théorie de l’accomplissement d’Abraham Maslow, notre homme est vraiment « arrivé » sur cette terre et ce à la sueur de son… cerveau.

Une fois passé le sujet de la rencontre, j’ai entamé une discussion personnelle avec lui. Naturellement, je ne pouvais ne pas évoquer la terre natale. Sur un éventuel geste d’engagement envers le Mali, sa réponse a été sèche : « Mon cher frère, je te donne un conseil d’ami : oublie ces républiques de banane et concentre-toi sur ton travail ici au Canada. Des pays comme le Mali n’ont aucun avenir, c’est comme les tocards aux courses de chevaux. A part le blablabla habituel, rien ne changera rien n’avancera. Ne parle surtout pas de ce pays natal à tes enfants, tu vas les déstabiliser en leur faisant croire qu’il y a quelque chose de bon là-bas. Personnellement, je n’ai aucune intention de m’y installer même après ma retraite et franchement, je suis content que mes enfants n’y aient rien à cirer. Ce genre de pays est appelé à faire partie des reliques de l’Histoire de l’humanité ! »

J’avoue que sur le coup, je suis resté sonné, sans mot. Je ne pouvais pas répliquer tellement la charge était empreinte de mépris. Il ne semblait y avoir aucune forme de nostalgie ou de reconnaissance dans sa voie. Pour lui, le Mali se conjugue au passé et passons à autre chose. Et ce n’est pas la première fois que j’entends ce genre de discours de la part d’autres nationalités africaines ou antillaises. Mais d’un Malien !

De par ma nature, je fuis systématiquement les personnes négatives, celles qui répètent ad nauseam qu’il n’y a pas de future, ne sont pas capables de faire des nuances. Franchement, je n’aime pas les fatalistes et les défaitistes. De même que je n’aime pas les personnes soumises, incapables de se rebeller, prêtes à tout accepter sans broncher tant que cela leur procure un cure-dent.

De mon point de vue, la grâce de l’Homme sur terre est son intelligence. Nous devons remercier Dieu de nous avoir pourvus de cette extraordinaire capacité de raisonnement et d’action qui nous permet de dompter la nature et d’améliorer notre sort. C’est cette intelligence également qui offre à l’homme le libre-arbitre : se coucher devant l’incurie ou se mettre debout chaque fois qu’il en sent le besoin.

Une fois à la maison, la discussion avec ce scientifique m’a longuement taraudé l’esprit. J’ai pensé à ce Mali : un pays de 1 240 000 km2 (et des poussières) ; deux des plus grands fleuves d’Afrique (le Niger et le Sénégal) ; un delta central du Niger qui fait presque dix fois la superficie de la Belgique ; de l’or en quantité dans le sous-sol ; deux ethnies (les Soninké et les Diawando) parmi les plus douées du monde en commerce et surtout un capital humain impressionnant.

Et pourtant, ce pays continue tristement à figurer dans le peloton de queue des plus pauvres parmi les pauvres, l’Afrique. Que se passe-t-il donc ? Je n’avais aucune envie de foncer à la bibliothèque municipale pour dévorer des prescrits de sciences économiques ou autres documents ésotériques qui décortiquent la misère du continent noir. Encore moins les élucubrations lassantes des « spécialistes de l’Afrique ».

Il m’est simplement revenu en mémoire une conférence publique de l’ancien Premier ministre du Québec Jacques Parizeau. M. Parizeau, ce jour-là, s’était longuement appesanti sur la situation du Québec de la fin des années 1950 : « A peine 10 % des Québécois savaient lire et écrire. La misère crasse régnait partout. Les femmes faisaient en moyenne 10 enfants. La pauvreté se transmettait de génération en génération. Et une élite pourrie, corrompue, nous répétait sans cesse que nous étions nés pour un petit pain, que nous ne devions pas avoir d’ambition, que la richesse est satanique et que les riches iront tous en enfer, etc. » .

Le début des années 1960 a marqué une rupture fondamentale. Grâce à des réformes audacieuses dans tous les domaines, le Québec a comblé son gap de développement par rapport au reste du Canada. Mais, au-delà du travail titanesque réalisé par une génération qui s’était débarrassée de tous ses complexes, j’ai retenu ces mots extraordinaires de l’ex-Premier ministre : « La richesse ou la pauvreté d’un peuple est d’abord un état d’esprit. Il y a des peuples qui meurent de misère, qui se complaisent dans leur misère et prient abondamment le ciel de leur venir en aide sans comprendre qu’ils doivent d’abord s’aider. Il arrive aussi des moments où un peuple en particulier se lève et dit : trop c’est trop ! Nous ne voulons plus nous suicider dans des complaintes et des lamentations stériles. En 1960, nous aurions pu continuer à brailler et rejeter toutes nos misères sur le dos du régime obscurantisme du Premier ministre Maurice Duplessis. Nous avons dit que le passé est le passé, se plaindre de l’histoire est de l’enfantillage. Mes chers amis, le développement d’une nation est un état d’esprit. Nous n’avons pas ouvert une usine de billets de banque mais nous sommes fiers de ce que nous avons fait du Québec. Il n’y a aucun miracle sur cette terre : soit un peuple décide de se prendre en main et d’avancer soit il se morfond dans le fatalisme et laisse les autres le diriger. Nous avons décidé que plus jamais nous ne serons les porteurs d’eau d’une autre nation. Et dans l’histoire, tous les peuples qui ont pris conscience de leur misère et l’ont refusé ont réussi des prouesses. Par contre, d’autres ont sombré, par défaitisme et fatalisme ».

Le souvenir de cette conférence m’a dopé momentanément le moral. Et pourtant, j’ai repensé immédiatement au scientifique malien et aux questions qu’il me posait : « Que deviendra le Mali si le baril de pétrole atteint 200 dollars ? Que l’eau manque ou tout simplement qu’une nouvelle donne mondiale oblige les pays du Nord à couper l’aide publique au développement. Réfléchis bien au sort d’un pays qui n’existera plus une fois sevré de l’aide internationale. Tu verras des gens s’entretuer dans la rue pour deux kilos de riz ou des bananes pourries ! »

Oui certes, il a fait son choix mais je ne suis pas capable de penser comme lui : cette terre qui abrite mon cordon ombilical ne sortira jamais de mon cœur, même en devenant une version 21e siècle de la cité perdue de l’Atlantide. En même temps, comment rester serein en pensant que tout est possible quand on le veut réellement ; en pensant à ce que sera le Mali dans 100 ans ; en pensant à ce pays que les colons voulaient transformer en grenier de l’Afrique de l’Ouest ?

Mon ambivalence et mon chagrin, c’est peut-être le souvenir de ce que disait mon grand-père il y a près de 30 ans : « Ada wawi yeguitindè lawi adounarou Allah fou, A yeguitata abada lawol soudou baba ! » C’est du peul from Macina et je n’ai aucune envie de traduire. Et surtout, je n’ai aucune réponse à la question du titre.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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« BONS IMPAYES AU TRESOR »

Le management en questions

Dans l'édition n°3009 des Echos du 12 décembre 2007, l'article intitulé « Bons impayés au Trésor public, la gourmandise des agents en cause » de M. Abdrahamane Dicko a attiré mon attention. Je souhaite partager ma réflexion sur le sujet avec votre lectorat pour contribuer à la compréhension de la situation présente.

Dans un système de gestion de la dépense publique qui laisse libre cours aux ordonnateurs sur l'opportunité d'ordonnancer la dépense, je veux dire un système où l'on ne pratique pas la régulation budgétaire, il peut advenir que le payeur du Trésor admette des mandats budgétaires qui dépassent sa trésorerie.

Si la Paierie générale, qui est un service essentiellement dépensier, est soumise à un afflux important de mandats et que la couverture financière de ceux-ci n'est pas assurée, il s'ensuit forcément des tensions dans tous les sens du terme. Tension de trésorerie et tension dans les rapports humains entre les usagers et les fonctionnaires du Trésor. Mais, la plus belle fille du monde ne pouvant offrir que ce qu'elle a, la Paierie ne peut payer qu'à la hauteur des fonds qu'elle reçoit. Cependant, sa trésorerie disponible doit être gérée avec parcimonie, sans gabegie.

En pareil cas, le leadership a la responsabilité de la maîtrise du budget de trésorerie en assurant au payeur la liquidité nécessaire à la couverture de la dépense publique puisqu'il existe des outils de gestion de la trésorerie censés identifier les déficits de trésorerie sur l'ensemble d'un exercice budgétaire, de planifier les mesures appropriées de couverture des déficits et de négocier à l'avance leur financement.

La gestion de la trésorerie est un exercice de prévision par objectifs. Malheureusement, la gestion est à vue puisque le Trésor fonctionne sans objectifs. Du moins, si l'objectif est d'assurer la couverture de la dépense publique, il n'est pas atteint. L'utilisation ici de ces outils ne saurait constituer en aucun cas un luxe dès lors que des pays voisins ont la parfaite maîtrise de leur maniement et que le Trésor public regorge de cadres les plus compétents dans des domaines multiples : finances publiques, monnaie, banque, assurance, informatique, droit public, économie.

La situation actuelle rappelle les crises des années 1980 au point que les questions de paiement actuelles encombrent l'agenda des ministres. Face à l'accumulation d'impayés, l'attitude quasi-insurrectionnelle des usagers de la Paierie du Trésor relatée dans votre article dégrade l'image du Trésor, discrédite les performances clamées de nos finances publiques.

Clanisme et fuite des cerveaux

La comparaison de M. Dicko de l'efficacité dans les services de Trésor public au Mali et au Burkina Faso est très opportune. Elle pose des questions d'organisation institutionnelle déjà réglées au Faso où les organigrammes n'autorisent aucun flou dans la structure des postes et les fonctions des agents qui sont en formation continuelle. Les tâches sont bien définies.

Les autorités et le personnel sont correctement et régulièrement informés sur l'activité du service grâce à la Revue du Trésor qui paraît douze mois durant sans discontinuer. Le service est animé par des programmes d'activités correctement menés. Enfin, le Trésor au Burkina est dans une quête de qualité de ses prestations au bénéfice des usagers de l'administration burkinabé, loin du brouhaha ahurissant de notre Trésor et de la misère de ses agents.

Le clanisme et le favoritisme découragent les cadres. En conséquence, les gens partent, plutôt que de se fondre dans ce conformisme ambiant en espérant attirer une contingente attention bienveillante. « Plus jamais le Trésor ! », disent tous les cadres qui, las de tourner en rond, s'en vont faire le bonheur d'autres administrations.

Il y en a moult qui partent et de plus en plus chaque année. Le Trésor n'est plus qu'un vivier de formation permanente de compétences qui le quittent à leur parfaite maturité. Même si le service a vocation à pourvoir les postes de comptable dans le secteur public en général, l'hémorragie des dernières années s'avère une fuite de cerveaux si aucun des partants ne compte plus retourner au bercail.

L'administration du Trésor est malade d'un environnement soupçonneux. Les rapports professionnels sont biaisés. Ils sont empreints de roublardise et de ruse. En lien, la méfiance s'est installée entre des cadres qui ont inhibé l'initiative dans l'indifférence au manque d'orientation et regardent faire, attendant un ordre. L'information qui véhicule les décisions de politiques publiques est retenue, la devise étant « si l’on sait ce que tu feras, tu es un homme mort... »

Le navire prend l'eau de toutes parts. Mais, il n'est jamais tard pour réconcilier le Trésor avec ses clients et pour lui insuffler le dynamisme et l'efficience attendus d'une administration vitale responsable de toute la politique financière de l'Etat.

Cheick Cissé

(économiste à Bamako)

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Vérité dite, vérité cachée

Pour pallier la hausse du prix de la farine, l’Etat a cru trouver la parade : en récréant « Burunafama », c’est-à-dire un pain, mélange de farine de blé et de céréales locales. Parce que même si c’est un pis-aller (l’expérience a déjà prouvé que ça ne tient pas la route), si les choses devaient rester en l’état, le pain fait uniquement de blé serait ôté de la bouche du plus grand nombre. Mais enfin, dorénavant, il y a un pain pour riches et un pain pour pauvres.

La chose formulée ainsi pourrait choquer, mais elle est sûrement une manifestation de notre réalité : jamais, nous ne seront égaux dans la vie ni devant la loi, en dépit de la proclamation solennelle inscrite dans le préambule de la Constitution de 1992 qui met tous les Maliens sur le même pied en termes de droits et devoirs.

Il y a une nourriture pour riches, une nourriture pour pauvres ; il y a une école pour riches et une école pour pauvres… il y a une justice pour les riches et une autre pour les pauvres. C’est visible aujourd’hui plus qu’hier. Cependant, dire la vérité, quelle que soit sa cruauté, permet souvent de désamorcer des crises, des incompréhensions.

Mais là où le bât blesse, c’est qu’elle est volontairement dissimulée dans trop de cas. A preuve : des résidents des « 1008-Logements » de Yirimadio ne seraient jamais sous le coup d’une menace d’expulsion si on leur avait expliqué que la cité a été construite avec les impôts de tous les Maliens et qu’ils se devaient de respecter les termes du contrat de location-vente, sans autre considération.

Au lieu de cela, l’occasion leur a été donnée d’entretenir l’illusion que les alouettes peuvent leur tomber toutes rôties du ciel. Inscrits sur la liste des bénéficiaires par telle ou telle autorité suprême, ils ont cru ne rien devoir aux services de recouvrement. Le retour sur terre s’annonce brutal pour beaucoup d’entre eux.

Pourquoi ne pas aussi dire aux populations que ce sont leurs impôts qui servent à construire des routes, à installer des feux tricolores, à faire des centres de santé, des écoles, des barrages, des aménagements agricoles… ? s’interroge un collègue, qui pense qu’en tenant ce langage de la vérité, les autorités contribueraient à les préserver contre non seulement d’éventuels actes de vandalisme mais aussi mobiliseraient plus les contribuables à s’acquitter de l’impôt.

Que non ! Ici, on se plaît à attribuer la paternité de tout ce qui paraît grandiose ou généreux à un seul homme. Mais, on a beau être riche comme Crésus, construire seul un pays où tout est à faire dépasse largement les capacités d’un seul humain, fut-il président de la République. C’est surtout cette vérité qui doit être dite dans l’intérêt supérieur du Mali.

A. M. T.

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1008-LOGEMENTS DE YIRIMADIO

Tension autour d’un marché privé

La tension couve aux logements sociaux de Yirimadio. Un marché construit par un privé est boudé par les populations contraintes pourtant de s’y installer.

Les logements sociaux de Yirimadio n’en finissent pas d’alimenter la chronique. Notre dernière édition évoquait le recouvrement d’arriérés de frais de location par voie d’huissier sur des occupants croyant être dans les bonnes grâce du pouvoir. Au moment où ce contentieux reste pendant, un autre problème pointe le nez. Il oppose cette fois-ci les occupants de l’ancien marché à une dame promotrice d’un marché privé qu’elle entend faire occuper de gré ou de force.

La propriétaire du marché privé qui serait, elle aussi dans de bonnes dispositions du régime sème la terreur à Yirimadio. Dans un premier temps, elle avait réussi à installer des commerçants dans son marché moyennant des sommes variant entre 15 000 et 30 000 F CFA. Certains déclarent avoir payé sans reçu et le contrat de location a été conclu tacitement.

La plupart des contrats ont été conclus dans l’opacité. La promotrice s’est même arrogée le droit de rendre obligatoire l’occupation de son marché. Elle disait à qui veut l’entendre que l’ancien marché serait fermé définitivement et tant pis pour ceux qui refusent de venir chez elle. Beaucoup de personnes ont mordu à l’hameçon.

Les relations entre elle et ses clients se sont dégradées la semaine dernière. Un beau matin, elle a demandé à ses locataires de payer en plus des frais de location des taxes journalières dont les prix étaient fixés à la tête du client. Des gens s’étant sentis victimes d’escroquerie ont décidé de bouder le marché en réintégrant avec armes et bagages l’ancien équipement marchand. Une attitude que leur bailleur a prise pour une défiance.

La police de Yirimadio ayant refusé de se mettre à son service, elle a sollicité le concours d’autres policiers pour ramener les récalcitrants à l’ordre. Certaines femmes, qui n’entendaient pas se laisser faire, ont noué leur pagne et porté des culottes pour affronter les agents de sécurité.

La mairie de Yirimadio et le comité de gestion des 1008-Logements de Yirimadio disent tout ignorer du marché privé dont le propriétaire pense apparemment avoir droit de vie et de mort sur les autres. L’affaire sent une grosse arnaque et la dame ne serait qu’un prête-nom. Les autorités sont avisées.

Abddrahamane Dicko

 

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KOUTIALA

Le calvaire des licenciés d’Huicoma

Ils sont au total 136 personnes licenciées, en octobre dernier, par l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) pour cause de restructuration économique. Et depuis, leur vie n’a rien à envier à un chemin de croix. Rencontre avec quelques-unes de ces victimes au bord de la clochardisation.

Ousmane Sogoba est quinquagénaire. Marié à trois épouses et père de 16 enfants, il a travaillé à l’Huicoma de Koutiala pendant 19 ans. Il fait partie des 136 agents qui viennent d’être remerciés par le nouvel acquéreur de la société, le Groupe Tomota.

L’homme n’a plus le sens, la joie de la vie et, comme tous les autres, il s’interroge, sa théière en main. « Pourquoi avons-nous été mis à la porte comme des malpropres après tant d’années ? Je ne suis pas du tout convaincu par les explications qu’on nous donne sur la rupture de la matière première d’autant plus que la société détient ce monopole au niveau de la CMDT  », argue-t-il.

M. Sogoba conteste également la manière dont ils ont été licenciés. « On nous a d’abord mis en chômage technique pour rupture de graines de coton pendant trois mois. A la fin de ce délai, quand nous nous apprêtions à reprendre le travail, ils ont sorti une longue liste de personnes licenciées. Sans commentaire ».

Dans la Capitale de l’Or blanc, l’annonce de ce licenciement massif est tombée tel un couperet. C’est l’espoir de toute une génération qui venait d’être ainsi brisé. Des assemblées générales et une marche pacifique sur la préfecture n’ont produit aucun effet. C’est ainsi que les licenciés se sont regroupés pour engager un avocat en vue de défendre leur droit.

« Vous ne pouvez pas imaginer la galère que nous avons vécue au cours des trois mois de chômage technique. Et après, on nous licencie tout en refusant de payer nos droits. Dans quel pays avez-vous déjà vu cela »  ? s’interroge notre interlocuteur surexcité qui se demande « s’il y a encore des dirigeants consciencieux dans ce pays. On nous avait dit qu’il n’y aura pas de licenciement ou qu’on allait adopter un plan social. Rien de tout cela n’a été respecté, les autorités nous ont livrés à la boucherie, nous et nos familles ».

Au bout du rouleau

La réaction d’Ousmane Sogoba se comprend dans la mesure où toutes les charges familiales pèsent sur ses épaules, déjà fragilisées par le poids des ans et la pauvreté. « Je ne sais plus à quel saint me vouer. J’ai toujours des problèmes financiers avec mes épouses. Trois de mes enfants ont été mis à la porte pour non-paiement des frais de scolarité. Le boutiquier du coin a tout un cahier rempli de mes dettes, etc. Que faire ? », se lamente-t-il.

A l’image de cet homme au bout du rouleau, ils sont nombreux les licenciés qui fondaient un peu d’espoir sur les droits dont ils ont bénéficié, « malheureusement, révèle un autre, cet argent n’a même pas permis de couvrir mes dettes à la banque qui a tout pris. Je n’ai pas eu même le prix d’un petit sac de mil ».

Oumar Coulibaly, après 14 ans de loyaux services à Huicoma se trouve aussi dans la rue avec en charge deux épouses et ses 9 enfants. Très en colère, il passe le plus clair de son temps à maudire et les autorités du pays et le Groupe Tomota. « Nous sommes devenus la risée populaire, nous avons perdu toute notre dignité à cause de ces gens-là », dit-il.

Avec huit ans d’expériences dans la même boite, le plus jeune du groupe, Arouna est l’un des plus touchés par ce « tremblement de terre » à l’Huicoma. Car, il a été licencié trois mois seulement après son mariage. « Je suis endetté jusqu’au cou, je ne vois pas comment vais-je m’en sortir. Je suis devenu comme un mendiant. Que Dieu paye tous ces gens pour leur acte, c’est tout le bien que je leur souhaite », fulmine-t-il.

Issa, membre du défunt syndicat de la société et licencié, raconte la mésaventure d’un vieux chauffeur licencié. « Le pauvre ! Sa femme n’a pas supporté la galère et dire qu’il n’avait même pas le prix du transport pour son déménagement à Kati. Il a fallu que l’on contacte de bonnes volontés pour l’aider. Ce qui l’a sauvé d’ailleurs du suicide qu’il avait envisagé ».

La vie de ce groupe de licenciés de l’Huicoma se limite aujourd’hui à quémander, qui un verre de thé, qui une mèche de cigarette de gauche à droite, en attendant que la porte de l’enfer se ferme définitivement sur eux.

Sidiki Y. Dembélé

 

L’usine fermée

L’usine Huicoma de Koutiala ne tourne pas cette année. De mémoire de Koutialais, cela est une première dans la vie de cette société qui, jadis, faisait la fierté du Miankala. Dans la cour de l’usine règne un silence assourdissant.

Certains agents ont été mutés à l’usine de Koulikoro, les rares employés épargnés pour l’heure à Koutiala sont tous sur le qui-vive, ne sachant pas dans quelle sauce ils seront mangés.

Les vendeurs à la sauvette, les gargotières ont tous plié bagage, le géant aux pieds de coton s’est couché pour de bon avec son cor qui sonnait l’heure et ses lumières qui illuminaient le ciel de Koutiala.

Privatisation, quand tu nous tiens !

S. Y. D.

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 ASSEMBLEE GENERALE DU CNOSM

La confiance renouvelée à Habib Sissoko.

L’assemblée générale du Comité national Olympique et sportif du Mali (Cnosm) s’est tenue samedi dernier à Bamako. La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de la Jeunesse et des Sports. Il avait à ses côtés le président du Cnosm, le représentant du Comité international olympique et le directeur de la Fondation internationale Olympafrica. Cette assemblée a été surtout marquée par la réélection du président Habib Sissoko pour un nouveau mandat de 4 ans.

« Les hommes et les femmes que vous avez élus au nouveau comité exécutif vont investir tout leur savoir-faire afin de maintenir le sport malien sur cette courbe ascendante qu’il a amorcée depuis quelques années » . Telle est la promesse faite par le président Habib Sissoko réélu à la tête de cette nouvelle équipe pour 4 ans.

En plus du président, tous les titulaires des postes clefs (secrétaire général, trésorier…) ont été reconduits. On note néanmoins l’arrivée de Mme Sangaré Aminata Kéita à la 1re vice-présidence à la place d’Issaka Sidibé dit Isaac. Cette dynamique dame est membre de la Fédération malienne d’athlétisme et est actuellement la directrice du Centre d’entraînement pour les sportifs d’élite Ousmane Traoré de Kabala.

Ce choix pour la continuité n’a surpris aucun observateur car les travaux se sont déroulés dans le consensus, l’entente et la cohésion. Sans compter que le bilan de l’équipe sortante est assez éloquent. La preuve, c’est que le rapport moral et financier ont été adoptés à l’unanimité par acclamation. Et M. Sissoko a promis de tout mettre en œuvre pour continuer sur cette lancée afin de consolider les acquis et ouvrir de nouveaux chantiers de développement du sport et de l’olympisme au Mali.

« Nous nous félicitons de l’atmosphère de consensus qui prévaut autour de cette assemblée générale, fruit de la cohésion et de la bonne entente au sein de la grande famille sportive. En accueillant les Marcheurs de la paix, qui ont porté ce message au peuple ivoirien et à son gouvernement, mercredi dernier (le 9 janvier 2008 Ndlr), je disais qu’on ne peut rien entreprendre de grand et de durable sans la paix et l’entente », a déclaré le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hamane Niang, dans son discours d’ouverture.

Le ministre a ajouté : « Les actions nobles et louables réalisées, de 2000 à nos jours, par le Comité national olympique et sportif du Mali sont connues de nous tous. Je ne juge pas nécessaire de m’appesantir sur ces résultats réalisés notamment dans la formation des dirigeants, des responsables techniques, des athlètes et des médias, l’apaisement du climat au sein du mouvement sportif national, etc. ».

Une nouvelle page

Il a assuré que « nous sommes conscients de l’immense contribution du Cnosm au développement du sport malien. C’est pourquoi, nous ne cesserons jamais de conforter la collaboration entre notre département et le Comité olympique. L’ouverture de la réunion mensuelle du cabinet élargi au Comité olympique en est une preuve. Nous espérons que le bureau qui sera issu de cette assemblée générale va continuer à réussir cette noble et exaltante mission ».

« Nous assurons le ministère de la Jeunesse et des Sports de notre disponibilité, comme par le passé, dans le cadre d’un partenariat où prédominent l’esprit de collaboration et le respect. Aux fédérations nationales sportives, nous réitérons notre foi dans l’avenir du sport malien. Mais, c’est dans l’union et la concorde que ce potentiel s’exprimera à la satisfaction de l’ensemble de nos compatriotes » , a souligné Habib Sissoko après sa réélection.

Pour le président du Cnosm, « une nouvelle page de l’olympisme s’ouvre dans notre pays à partir de ce 12 janvier 2008 ». Le ministère de la Jeunesse et des Sports, les fédérations nationales sportives et l’ensemble du mouvement sportif malien se sont engagés de contribuer à la rédaction de cette nouvelle page.

Il faut noter la présence de deux personnalités de l’olympisme à cette assemblée générale. Il s’agit de MM. Michel Filliau et Alassane Thierno Diack, respectivement responsable des programmes au département des relations avec les Comités nationaux olympiques du CIO et directeur de la Fondation internationale Olympafrica. Il faut également souligner que, à l’occasion de cette assemblée générale, la famille olympique s’est enrichie d’une nouvelle fédération, celle de l’escrime qui a accompli des progrès en un an d’existence.

Alphaly

 

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