Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2008

Mois de Janvier

Les Echos du 08 Janvier 2008

 

AXE BOUAKE-GUINEE

Un soldat des FN dépouille des commerçants maliens

Plus de 76 millions de F CFA : c’est la somme qu’un « soldat » d’origine malienne et bénévole au sein des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion ivoirienne) a extorquée à un groupe de commerçants maliens après avoir agressé le « questeur » du groupe. Suite à un avis de recherche lancé par le Consulat général du Mali à Bouaké, le malfrat a été arrêté à Sikasso, où il est sous les verrous en attendant un jugement.

La crise ivoirienne qui est en passe de connaître son heureux dénouement a beaucoup pénalisé notre économie de 2002 à nos jours. Les opérateurs économiques, qui faisaient la navette entre le Mali et la Côte d’Ivoire, en ont été les grandes victimes. Certains parmi eux ont simplement choisi de s’installer en Côte d’Ivoire, plus précisément à Bouaké, une ville à forte coloration malienne.

Pour s’assurer de la rentabilité de leur choix, ils ont créé des liens d’affinité avec des éléments des FN dont Bouaké est le fief. Tel est le cas de ce groupe de commerçants maliens qui faisaient la navette entre Bouaké et la Guinée-Conakry. Tout cela avec la bénédiction du bandit et soldat, engagé volontaire au sein des FN, du nom de K. D.

Tout marchait bien jusqu’au 14 septembre 2007, où le soldat en personne fit irruption au domicile du « questeur » du groupe, Alousseini Baldé avec des armes à feu en main. Ce dernier fut non seulement grièvement blessé car ayant reçu dans les pieds une balle tirée à bout portant, mais surtout dépossédé de la somme de 76 400 000 F CFA « destinée à l’achat de marchandises pour les commerçants du groupe ». Véritable protecteur physique et matériel du groupe en tant que soldat des F.N., K. D. s’est révélé être un authentique escroc, qui a profité de son « statut » pour disparaître dans la nature avec le butin.

Alerté, le Consulat général du Mali à Bouaké a adressé un avis de recherche de K. D. à toutes les autorités compétentes afin de lui mettre le grappin dessus. C’est cet exercice qui a conduit à l’arrestation de K. D., il y a quelques jours à Sikasso. Il est en garde-à-vue avant que la justice ne règle son sort. Ses victimes, qui se demandent si le vagabond n’a pas un complice parmi eux ou dans leur proche entourage, souhaiteraient que la justice rende un verdict exemplaire.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

Acceuil


POUR EVITER LA HAUSSE DU PRIX

Du pain à base de sorgho et de maïs

  Les consommateurs de pain devront s’habituer à une nouvelle variété de pain. Il s’agit du pain fabriqué à base de farine de blé, de sorgho et de maïs vendu au prix de 125 à 250 F CFA.  

« Burunafama » ou pain amélioré est l’appellation trouvée au pain fabriqué à base de céréales locales comme le sorgho et le maïs avec un soupçon de farine de blé et qui sera bientôt vendue sur le marché national. Un compromis vient d’être trouvé dans ce sens entre le Cadre de concertation de la filière pain (CCFP) regroupant les syndicats de boulangers, meuniers et associations de consommateurs et le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie. La farine entrant dans la fabrication de « Burunafama » va être mixée avec une quantité de 65 % de blé avec du mil et 35 % de maïs. L’avantage, pour le consommateur, c’est que le nouveau type de pain sera vendu moins cher que celui fait exclusivement de farine de blé. L’alternative, pour le CCFP et le gouvernement, est de trouver une issue à la hausse vertigineuse du prix du blé dont le cours a connu une augmentation de 102 % sur le marché international entre juillet 2006 et octobre 2007. Le « Burunafama » gardera l’ancien prix de 125 F pour la baguette et 300 F CFA pour le gros pain.   Fin des subventions Un moratoire de deux mois avait pu être trouvé aux mesures urgentes préconisées par le CCFP courant septembre 2007 portant sur le réajustement du prix de la baguette de 150 g de 125 F à 150 F CFA et celui du gros pain de 300 g de 250 à 300 F CFA à compter du 15 octobre 2007. Au mois de novembre 2007, trois opérateurs économiques : Bakoré Sylla de GGB, Modibo Kéita de GDCM et Cyril Achcar des GMM ont contribué pour chacun 100 millions de F CFA pour « subventionner » 600 tonnes de blé. Cette subvention diversement appréciée parce que considérée comme n’étant pas désintéressée est arrivée à terme fin décembre 2007. La mesure de hausse initialement proposée par le CCFP entrera désormais en vigueur. Elle va porter sur le pain fabriqué avec de la farine de blé dont la baguette et le gros pain connaîtront une hausse sensible. Il se pourrait qu’ils soient vendus à 250 à 300 F CFA. Toutefois, l’accord entre le CCFP et le gouvernement fera l’objet d’une conférence de presse ce mardi.

Abdrahamane Dicko

 

 

[haut]

Acceuil


ECOLE

Le plan de renouveau du ministre Touré

Pour le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique qui présentait, jeudi, ses vœux de Nouvel an à son département, l'école malienne a besoin de renouveau. Pour cela, il a dévoilé les actions qu'il compte mener à la tête de ce département.

Si la vision de son prédécesseur Mamadou Lamine Traoré était de remettre l'école au travail, Amadou Touré, lui, pense que l'école malienne a besoin de renouveau. Pour y parvenir, le nouveau ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique a élaboré ce qu'on peut appeler son plan de sauvetage de l'école qu'il a présenté, jeudi dernier, aux différents partenaires de l'école.

Ce renouveau, a-t-il expliqué, passe par cinq axes majeurs : à savoir le développement du partenariat avec les universités africaines, européennes et américaines ; le développement d'un enseignement technique et professionnel liés à nos besoins, la moralisation du système éducatif par la lutte contre la fraude et l'information de tous les secteurs (personnel, enseignants, élèves et étudiants).

Une des perspectives majeures de ce plan sera, sans doute, la relecture de la loi d'orientation sur l'éducation qui permettra de revoir le système dans son ensemble, de corriger les insuffisances et de proposer des solutions idoines.

Un autre axe sur lequel le ministre compte mettre beaucoup d'énergie, c'est le développement de la recherche, considérée jusque-là, comme le parent pauvre de l'éducation nationale.

"Ces domaines sans être exhaustifs permettront d'améliorer sensiblement la qualité de notre enseignement et rendre compétitifs nos cadres et techniciens dans la sous-région et dans le mondeentier", a-t-il argumenté.

Sidiki Y. Dembélé

 

[haut]

Acceuil


PROTECTION DES DROITS DE L’ENFANT AU MALI

Des avancées à consolider

Le conseil des ministres du 26 décembre 2007 a examiné une communication relative au 1er rapport du Mali sur la mise en œuvre de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Le document met en exergue les avancées concrètes réalisées en matière de défense et de promotion des droits de l’enfant au Mali. Des acquis certes réels, mais fragiles.

« Notre pays a toujours placé la promotion des droits et la protection de l’enfant au centre de ses préoccupations majeures » , souligne la communication. A ce titre, il a souscrit à de nombreuses déclarations, conventions et autres instruments internationaux adoptés par les Nations unies ou l’Union africaine. Au niveau interne, le Mali a également pris des mesures courageuses et mis en œuvre des plans ou programmes relatifs à la promotion et à la protection des droits de l’enfant.

Le rapport qui a fait l’objet de cette communication écrite au conseil des ministres est relatif à la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Celle-ci a été ratifiée par le Mali en 1998 et est entrée en vigueur le 29 novembre 1999. Elle prévoit que les Etats parties soumettent à un comité des rapports sur les mesures qu’ils auront prises pour donner effet aux dispositions de la Charte et sur les progrès réalisés dans l’exercice de ces droits.

Ledit rapport est donc produit dans ce cadre. Il fait le point sur les mesures prises, les actions réalisées, les contraintes rencontrées et formule des propositions de mesures correctives dans les domaines touchant à l’enfant et notamment les droits civils et les libertés, l’environnement familial, la santé et le bien-être, l’éducation et les loisirs.

D’une manière générale, il apparaît qu’en dépit des difficultés objectives, la volonté politique visant à assurer l’effectivité des droits de l’enfant dans notre pays est demeurée forte et constante et au cours de la période 1999-2006 des progrès ont été enregistrés dans de nombreux domaines.

Ainsi, le Mali a institué un Parlement des enfants depuis juin 1996. Le pays a ensuite élaboré un Code de protection de l’enfant qui a été adopté en juin 2002. Et depuis 2001 il existe une loi portant minorité pénale et instituant des juridictions pour mineurs. Sans compter que les journées nationales de vaccination, régulièrement organisées, ont permis d’éradiquer ou de faire régresser sensiblement des maladies infantiles. Ainsi, le taux de mortalité infanto-juvénile est ramené de 229 pour 1000 à 191 pour 1000 sur la période 2001-2006. Au niveau de l’éducation, les taux de croissance des effectifs assez forts ont été enregistrés au niveau de tous les cycles d’enseignement.

Le rapport recommande la poursuite de ces efforts en vue d’améliorer davantage les indicateurs concernant la situation des enfants dans notre pays. Ceci est d’autant plus nécessaire que ces acquis sont fragiles. En effet, un nombre non négligeable d'enfants est toujours dans une situation de vulnérabilité dans la rue, voire dans les familles. Des fléaux comme la prostitution infantile, le mariage précoce, les pratiques néfastes à la santé de la femme et de la fille continuent de défier notre conscience et les valeurs socio-morales.

Et sur le plan de l’éducation, si le Mali est sur le point de relever le défi de la quantité, il reste beaucoup à faire sur l’aspect qualité de l’enseignement dispensé à ces nombreux enfants.

Alphaly

 

[haut]

Acceuil


FOURNITURE EN EAU POTABLE

Les limites de l’Energie du Mali

En attendant la construction de la station de Kabala, dont la capacité prévue est de 240 millions de litres d’eau par jour, l’approvisionnement en eau potable par Energie du Mali sera une fois de plus problématique cette année.

La société Energie du Mali est chargée de la production et de la distribution de l’eau potable dans les 17 centres du périmètre concédé (Kayes, Nioro, Kita, Koulikoro, Kati, Bamako, Sikasso, Sélingué, Bougouni, Koutiala, Ségou, Markala, San, Mopti, Sévaré, Tombouctou et Gao) plus la ville de Kidal qu’elle gère en affermage. En fin 2006, le nombre d’abonnés total des 17 centres s’élevait à 99 363 contre 93 734 en 2005, soit une hausse de 6 %. La ville de Bamako comptait 55 827 abonnés fin 2006, soit 56,2 % du nombre total des abonnés.

Dans une déclaration faite par le responsable de la communication de l’EDM-SA, Tiona Mathieu Koné à la faveur de l’atelier sur la gestion intégrée des ressources en eau, il est apparu que l’une des contraintes majeures de la société réside dans l’inadéquation entre l’offre et la demande dans certains centres dont le district aux périodes de pointe. Cette situation, selon lui, découle de la non-réalisation des investissements structurants à temps, faute de ressources financières disponibles.

Rien que dans le district, pendant que l’EDM a une capacité de production journalière de 150 millions de litres, le besoin de la population se chiffre à 165 millions de litres par jour. Autrement dit, la production est déficitaire. Ce qui fait que l’EDM a des problèmes pendant des périodes de pointe pour servir les zones montagneuses.

Pour inverser cette tendance, la solution définitive pour l’alimentation en eau des populations de la capitale réside dans la réalisation de la future station de traitement d’eau de Kabala qui aura, à terme, une capacité de production de 240 millions de litres par jour.

Pourtant, la réalisation de cette station la plus attendue par les Bamakois pour compenser le déficit d’accès à l’eau potable n’est apparemment pas pour demain. « On n’a pas encore posé la première pierre de la station de Kabala. Même si elle est posée aujourd’hui, vu les milliards à mettre, il y a 4 ans à attendre pour voir les premiers jets d’eau », a indiqué Tiona Mathieu Koné. Il ne croit pas non plus en la capacité des Etats à faire avancer le secteur.

« Je ne suis pas celui qui est contre la privatisation mais pas la privatisation laisse guidon. Très sincèrement, le temps des nationalisations est difficile à vivre. Je ne crois pas que les Etats à eux seuls aient les moyens à avancer dans ce secteur… » , a-t-il dit.

Comme quoi, les abonnés du district sont obligés de prendre leur mal en patience en attendant la station de Kabala.

Mohamed Daou

 

[haut]

Acceuil


DEBAT

Contribution pour rendre nos institutions efficientes

Pour Napoléon Bonaparte, les hommes passent, mais l’Etat demeure. Vérité d’airain que deux cents ans d’histoire ne sont pas parvenues à rouiller ; elle a même encore de beaux jours devant elle, le suffrage universel s’imposant de plus en plus dans le monde entier comme mode d’élection des dirigeants.

En raison de la haute idée qu’il avait de l’Etat et du sens élevé des responsabilités qui lui incombaient, Napoléon n’acceptait rien qui puisse entraver le fonctionnement des institutions qui constituent justement les pivots du trépied de l’Etat.

Le président Amadou Toumani Touré a paru s’inscrire dans une telle logique par sa volonté de renforcer les institutions nationales à travers la création du ministère de la Fonction publique, de la Réforme de l’Etat et des Relations avec les institutions confiées à Bady Ould Ganfoud. Ce ministère avait aussi dans ses attributions la modernisation des institutions. Mais, aujourd’hui, le chantre de l’Etat moderne qu’ATT a voulu être, semble bien s’être essoufflé dans son élan.

En effet, lorsque le président ATT a insisté dans son discours du 22 septembre sur la construction d’un « Etat fort, modèle de bonne gouvernance », l’on a cru que le chantier de la modernisation allait aussitôt démarrer puisque le temps, d’ici à 2012, est vraiment compté pour lui. Hélas ! Trois mois après, la pratique nous démontre autre chose dont la trame est la lenteur dans l’action préjudiciable au bon fonctionnement de la République et à la bonne marche des affaires.

La première lenteur, bien compréhensible et tolérable, a été déjà constatée à la nomination de l’actuel gouvernement. En effet, quand l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga démissionne le 27 septembre (soit cinq jours après la célébration du 22 septembre), le président ATT nomme aussitôt, le lendemain 28, comme Premier ministre, son principal collaborateur en la personne du secrétaire général de la présidence, M. Modibo Sidibé. Ce dernier mettra cinq autres jours pour rendre publique la liste des membres de son gouvernement.

La deuxième lenteur est notée dans la rédaction de la Lettre de cadrage du président, feuille de route sans laquelle le nouveau gouvernement était censé piloter à vue. Elle ne sera effective que plus d’un mois après, le 13 novembre.

La troisième lenteur part de cette date à partir de laquelle à aujourd’hui les cabinets ministériels n’ont pas fini de se constituer.

La quatrième lenteur, qui a tout l’air de nous indiquer la cadence normale de M. Modibo Sidibé, réside dans le temps mis par le Premier ministre à faire sa Déclaration de politique générale. Celle-ci interviendra pratiquement un mois après la réception de la Lettre de cadrage (13 novembre), c’est-à-dire le vendredi 14 décembre. En partant de la constitution du gouvernement (3 octobre), nous compterons alors plus de deux mois. Un record.

A ce rythme de tortue, nombre de nos concitoyens mais aussi de nos partenaires techniques et financiers se demandent bien si ATT à la réelle volonté de mettre en œuvre le Programme de développement économique et social (PDES), si toutes ses proclamations en la matière ne procèdent pas d’un dribble fantastique.

Mais le pire, c’est que la présidence de la République est elle-même décapitée sans qu’on se hâte de lui insuffler une nouvelle vie. Alors que la Lettre de cadrage du président est adressée au Premier ministre le 13 novembre, le chef de cabinet du chef de l’Etat, Daouda Tangara, décède cinq jours après à Paris, le 18 novembre. Depuis ce douloureux événement, le signe distinctif de la présidence malienne est la vacance des postes essentiels, de surcroît indispensables à la vie de la plus haute institution, partant de la République et de la nation.

L’ordre de préséance de la présidence de la République donne, en effet, dans l’ordre, après le chef de l’Etat, le secrétaire général, le chef de cabinet, le chef d’état-major particulier et le secrétaire général adjoint. Comme on voit, le secrétaire général ayant été nommé Premier ministre et le chef de cabinet décédé, c’est la présidence de la République qui est amputée de deux de ses piliers principaux.

Un manque de cadres ?

Le secrétaire général adjoint demeure tel car, à ce jour, il n’est pas encore désigné intérimaire à la place de M. Modibo Sidibé pourtant promu à la tête du gouvernement depuis le 28 septembre. Trois mois de vide ! On est donc légitimement amené à se demander si le décret qui a nommé en 2002 M. Sidibé secrétaire général de la présidence a été abrogé ou même s’il va l’être. M. Modibo Sidibé peut-il vouloir cumuler la Primature au secrétariat général de la présidence ? Ce serait une première au Mali.

L’édifice, c’est-à-dire l’administration du palais de la République, dans sa fonctionnalité institutionnelle, ne peut que chanceler dans ces conditions, avec toutes les conséquences que l’on sait sur la vie de l’Etat. On peut même dire que cette situation abracadabrante au sommet de l’Etat dure depuis plus de trois mois déjà, de la nomination de Modibo Sidibé à la Primature le 28 septembre à nos jours, la maladie du chef de cabinet ayant éloigné ce dernier de son bureau fort avant. On peut également imaginer que le président Amadou Toumani Touré est fort mal à l’aise dans cette situation…

A cet imbroglio institutionnel constaté, il faut ajouter l’inadéquation, voire l’incompatibilité de certaines attributions gouvernementales avec une gestion saine et efficiente de l’administration et de l’économie. Il se pose alors au président de la République une question fondamentale : faut-il concevoir les institutions (le gouvernement s’entend ici) au profit des gens ou en fonction des missions régaliennes de l’Etat ? C’est pourquoi nous devons tous aider ATT, en sa qualité de première institution de la République, à réformer nos institutions pour une meilleure gestion de notre pays, donc de notre devenir commun.

Le décret n°02-468/P-RM du 5 novembre 2002 fixant les attributions spécifiques des membres du gouvernement, mérite de ce point de vue d’être relu, réexaminé, voire passé à un toilettage à grande eau.

En effet, un gouvernement pléthorique et atrophié n’est certainement pas celui qu’il faut à un pays comme le nôtre à la recherche de son décollage économique. Pour ne prendre que quelques exemples, le ministre de l’Economie et des Finances est chargé de l’élaboration et de l’application de la fiscalité. Ce qui implique, d’une part, qu’il assure l’application de la législation fiscale et des impôts dont les domaines, le cadastre et la publicité foncière ; d’autre part que font partie de ses compétences les pensions et les études économiques tout comme les participations de l’Etat.

Selon cette définition, du reste classique, l’existence dans le gouvernement, en plus du ministre de l’Economie et des Finances, d’un ministre chargé des Domaines de l’Etat, des Affaires foncières et de l’Habitat paraît superflu, sinon taillée sur mesure.

Aussi, la coexistence dans un même gouvernement d’un ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales (assurant la gestion des frontières nationales et la promotion de la coopération transfrontalière, en plus de la mise en œuvre des aides d’urgence en liaison avec les autres ministères intéressés) et d’un ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile (chargé du respect de la loi et le maintien de l’ordre public, de la sécurité sur tout le territoire national, de la préparation et la mise en œuvre des mesures de prévention et de secours destinés à assurer la protection des populations, notamment dans le cas de sinistres ou de calamités) : terrible amalgame dont une saine gestion doit se débarrasser.

A titre de rappel, depuis la genèse des Etats, l’administration d’un territoire est toujours allée avec la disposition de la force publique par l’administrant. En France, par exemple, le ministre de l’Intérieur, depuis deux siècles, administre le territoire et garantit la sécurité des citoyens et des biens. Il s’y ajoute, au regard du décret n°02-468/P-RM du 5 novembre 2002, que la frontière entre le ministère de la Défense et les deux premiers cités n’est pas très étanche. Comme si tout cela ne suffisait pas, le ministre des Affaires étrangères, en lieu et place de son homologue de l’Economie et des Finances, fait de la gestion économique et financière en étant ordonnateur du Fonds européen de développement (Fed). C’est là une exclusivité malienne !

C’est sans doute pour ces raisons et ces considérations que déjà, en novembre 1999, s’est tenu à Bamako un atelier regroupant le gouvernement du Mali et les partenaires au développement pour examiner et discuter des « réformes institutionnelles pour une meilleure coordination de l’aide », avec trois thèmes majeurs : établissement d’un cadre de référence des politiques et stratégies de développement, coordination et gestion du financement de l’investissement public et coordination territoriale de l’investissement public.

Une exclusivité malienne

Par exemple, pour le 2e thème, à savoir, la coordination et la gestion de l’investissement public, donc de l’aide, l’atelier recommandera « l’attribution de la responsabilité de la coordination économique au ministère de l’Economie… qui doit être l’interlocuteur principal des partenaires… », « la responsabilisation du ministère chargé des Finances sur la coordination financière (gestion de crédits de paiement, procédures de décaissement, comptabilisation et audits) » et « la dotation du ministère de l’Economie en une structure chargée du suivi global des financements des investissements publics ».

Cette recommandation a été mise en œuvre par le président Alpha Oumar Konaré par la fusion, en février 2000, du ministère de l’Economie avec celui des Finances afin de faciliter l’application de ces recommandations selon le principe : une fonction = une structure. Il faut rappeler qu’avant cette fusion, il existait un ministère de l’Economie, du Plan et de l’Intégration dirigé par Ahmed El Madani Diallo et un ministère des Finances et du Commerce dirigé par Soumaïla Cissé .

Il faut signaler qu’un blocage « politique et institutionnel » résultera des propositions de redistribution des taches et fonctions entre le nouveau ministère de l’Economie et des Finances (celui issu des recommandations de l’atelier) dirigé par Soumaïla Cissé d’une part et le ministère des Affaires étrangères dirigé par Modibo Sidibé (actuel Premier ministre) d’autre part, ce dernier ayant à sa charge la direction de la coopération internationale, tout en demeurant ordonnateur du Fed et de la Cellule Nex, et aussi responsable des commissions mixtes et tables rondes avec les bailleurs de fonds.

En réalité, la question n’a pu être tranchée ni par le président de la République, ni par son Premier ministre. Il en restera ainsi malgré une lettre des partenaires au président de la République Alpha Oumar Konaré en décembre 1999 et une demande d’audience auprès du Premier ministre Mandé Sidibé en mars 2000 pour soutenir la proposition de l’atelier, mais aussi malgré une réunion interministérielle présidée par le Premier ministre en octobre 2000.

C’est alors que, lors de la dernière réunion de la commission mixte en juillet 2001, le ministre de l’Economie fit part à celle-ci de la décision du Premier ministre de maintenir le statu quo en attendant la mise en chantier d’une réforme de la Fonction publique. Ceci provoqua la colère de nos partenaires au développement. C’est ainsi que le Mali, qui était le pays pilote de l’Organisation pour la coopération et le développement économique/Comité d’aide au développement (OCDE/CAD) en 1996 pour une revue de l’efficacité, se trouvera exclu en 2002 de l’étude entreprise par l’OCDE/CAD dans 14 pays en voie de développement sur l’efficacité de l’aide.

Suite à son investiture le 8 juin 2002, le nouveau président de la République, Amadou Toumani Touré, créera au sein du nouveau gouvernement (du Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani) un ministère délégué chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire dirigé par Marimantia Diarra, un ministère de l’Economie et des Finances dirigé par Ousmane Issoufi Maïga et un ministère délégué chargé de la Promotion des investissements et du Secteur privé confié à Ousmane Thiam.

Cette solution palliative ne résoudra pas les empiétements. Les chevauchements entre les différents ministères cités, en plus de l’existence du ministère des Domaines de l’Etat, des Affaires foncières et de l’Habitat ainsi que de celui de l’Industrie et du Commerce, ont rajouté à la complexité et à l’inefficacité de l’architecture gouvernementale en matière économique et financière. Conséquence : autant l’appareil gouvernemental s’est alourdi, autant il rend les partenaires au développement encore plus sceptiques quant à la mise en œuvre réelle des réformes institutionnelles au Mali.

Ces derniers, que nous côtoyons régulièrement et avec lesquels nous avons donc des échanges francs, sincères et directs, se perdent dans les labyrinthes de nos structures économiques et financières. Ils ne nous cachent pas leur désappointement face à ce qu’ils estiment être de la part du Mali une regrettable marche à reculons. Ils ne comprennent en effet pas l’éclatement, lors de la composition du nouveau gouvernement le 3 octobre denier, du ministère de l’Economie et des Finances en deux et de celui de l’Education nationale également en deux. Tout ceci leur semble être une perte d’efficience dans l’analyse correcte des aspects macro-économiques de notre développement et des financements inhérents.

On peut donc penser que le président ATT aura à les entendre. Mais notre chef de l’Etat aura à gagner en comprenant en avance les leçons du passé et à donner la preuve qu’il les a assimilées pour pouvoir en tirer les meilleures conclusions. Au regard de son PDES, de sa sincérité à construire un Mali prospère et de la haute estime en laquelle les partenaires techniques et financiers le tiennent, c’est à cela qu’il est urgemment invité.

Dr. Moussa Salif Kamaté

(socio-économiste à Kati-Sanafara, consultant international)

N. B. : les intertitres sont de la rédaction

[haut]

Acceuil


 LES AIGLES EN ROUTE POUR « GHANA-2008 »

Jodar a-t-il tort de ne pas sélectionner Soumy ?

« Soumaïla Coulibaly a sa place chez les Aigles ». Cette phrase, on l’a souvent entendue dans le milieu des sportifs maliens. Mais serein et imperturbable, Jodar est toujours resté inflexible sur la question. Le sélectionneur national a-t-il vraiment raison d’adopter une telle position ? Soumy est-il indispensable aux Aigles ?

Les Aigles entament ce mercredi aux Emirats arabes unis la dernière ligne droite des préparatifs de la Can-2008. Jean-François Jodar, après les éliminatoires et le stage parisien, a pu dégager l’équipe devant participer à la prochaine « Ghana-2008 ». Un groupe solide constitué des meilleurs éléments à leur poste à l’heure actuelle.

La conquête du titre continental étant long et semé d’embûches, Jodar s’est intéressé à tous les meilleurs footballeurs maliens qui se trouvent partout dans le monde. A preuve : des joueurs comme Cédric Kanté, Sammy Traoré et autres… Souleymane Dembélé ont été sélectionnés de nouveau et ont eu l’occasion de montrer de quoi ils sont capables. Seulement voilà, nombreux sont ceux qui reprochent au technicien français de n’avoir pas mis le cap sur les bords du Rhin où évoluent des joueurs maliens, selon eux, très talentueux.

Des noms ont d’ailleurs été cités : celui de Boubacar Diarra « Becken », Boubacar Coulibaly et surtout Soumaïla Coulibaly, le sociétaire du Borussia Monchglenbach (Allemagne).

Jean-François Jodar avait reconnu sincèrement n’avoir pas eu le temps de se rendre en Allemagne, mais qu’il le ferait dès que possible. Et juste après le match contre le Togo à Bamako, il a fait le tour des différents championnats européens dont la Bundesliga.

Mais à son retour, Jodar n’a fait aucune communication officielle à la presse à ce sujet. Mais pour le stage à Narbonne (France) et surtout lors de la 3e journée des éliminatoires Can à Bamako contre les Ecureuils du Bénin, il a fait appel à certains éléments dont l’ancien capitaine des Aigles, Soumaïla Coulibaly. Mais depuis, point de Soumaïla Coulibaly, ni de Sidi Yaya Kéita ou même de Sammy Traoré parmi les sélectionnés.

Finalement l’absence de Soumaïla Coulibaly comme le prétendent certains, n’est pas le fait d’une quelconque raison de critère de la part de Jodar. Elle répond à un certain choix du milieu. « J’ai suivi tous les joueurs et discuté avec eux. Le problème, c’est que certains ne sont pas motivés et d’autres ne font pas mon affaire », a déclaré Jodar.

Voilà qui est clair. Le second problème évoqué par le sélectionneur national constitue l’une des raison fondamentales qui a prévalu à la non-sélection des joueurs comme Soumaïla Coulibaly. Car, quoi qu’on dise, quelle que soit sa valeur, Soumaïla n’aurait pas au Ghana le même rythme de jeu que Djilla, Seydou Kéita ou Momo qui ont joué tous les matches amicaux et toutes les éliminatoires.

D’aucuns, pour raisons diverses, diront que Djibril Sidibé (Châteauroux), Mohamed Lamine Sissoko (Liverpool) ou Amadou Sidibé, le jeune latéral du Djoliba ne valent pas mieux que Soumaïla. Soit. Mais ne font-ils pas partie du groupe de base de Jean-François Jodar ? A ce sujet, le technicien français des Aigles est on ne peut plus clair :» Le problème, avec cette liste, c’est que je suis libre avec ma conscience. Et puis, c’est également une question de choix tactique. Ai-je tort ? ».

On le voit donc, c’est un « choix » que Jean-François Jodar assume. Puisque jusque-là, ceux qui sont choisis lui ont donné entière satisfaction, il faudra attendre et éviter tout jugement hâtif. Demain, Soumaïla rejouera peut-être. Mais, pour l’heure, Jodar a bien le droit de composer avec les joueurs qu’il juge les plus aptes.

Boubacar Diakité Sarr

 

[haut]

Acceuil


Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

Prix:3000f cfa

Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

Prix:4000f cfa

Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org