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2008

Mois de Fevrier

Les Echos du 28 Fevrier 2008

 

NOMINATION D’UN NOUVEAU DG A LA DOUANE

Cheick Kéita remplacé par Amadou Togola

La douane a un nouveau DG depuis hier. Le colonel Cheick Kéita a été relevé de ses fonctions par le Conseil hebdomadaire des ministres. Il a été remplacé par le colonel Amadou Togola, précédemment sous directeur du bureau du contrôle interne (BCI).

Le colonel Cheick Kéita occupait les fonctions de DG de la douane depuis environ six ans. Son départ avait plusieurs fois été annoncé dans les coulisses au vu des contre performances de son service. Pour certains, le changement de directeur serait lié aux difficultés de trésorerie dont fait face le principal pourvoyeur de fonds de l’Etat. Depuis trois à quatre ans, la douane peine à atteindre les objectifs de recettes annuelles qui lui sont assignés. Il n’est même pas évident qu’elle puisse recouvrer les 934 milliards de F CFA de recettes au titre de l’année 2008.

Il faut cependant noter que sous sa direction, la douane s’est illustrée dans la lutte contre le trafic de stupéfiants avec des saisies records. Les enquêtes douanières, le bureau des douanes de l’aéroport Bamako Sénou de Kourémalé, de Kidal, entre autres, ont mis le grappin sur des narcotrafiquants. Ces actes ont valu la semaine dernière la remise de distinctions à quatre douaniers par l’Organisation mondiale des douanes (OMD).

Le colonel Amadou Togola est en terrain connu. Il est même considéré comme un vieux routier de la douane où il a accompli les fonctions de directeur général adjoint pendant plusieurs années (sous les anciens DG, les colonels Seydou Diawara et Cheick Kéita).

La douane amorce un changement dans la continuité au vu du parcours du nouveau promu.

Abdrahamane Dicko

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AFFAIRE DE LA MOSQUEE DE KENENKOUN

La population met en garde la justice

La décision du tribunal de première instance de Koulikoro de mettre en liberté provisoire les présumés auteurs du saccage de la mosquée de Kénenkoun (région de Koulikoro) est restée au travers la gorge des habitants. Ils mettent en garde la justice à ne pas rendre une décision fâcheuse.

Le 13 janvier 2008 la mosquée de Kénenkoun, située à 45 km de Koulikoro qui était en chantier, a été saccagée par des individus fermement opposés à sa construction. Suite à cet acte de vandalisme, la gendarmerie de Koulikoro a procédé à des enquêtes pour mettre la main sur d’éventuels auteurs. C’est ainsi qu’ont été mis aux arrêts Bakary Kané, Abdoulaye Fané, Bakary Kané, Soumaïla Kané, Moussa Kané, Tidiane Kané, Sidi Kané, Bayoussou Kané...

Placées sous mandat de dépôt depuis janvier, les personnes incriminées ont comparu le 15 février dernier devant le tribunal de première instance de Koulikoro pour répondre de leur crime. Mais pour des raisons humanitaires comme l’a avancé le tribunal après l’intervention du représentant du ministère public, les accusés ont bénéficié de la liberté provisoire en dépit de l’insistance des avocats de la partie civile de les maintenir en prison jusqu’au jour du procès. Par cette décision, le tribunal de Koulikoro s’est attiré les foudres de colère des victimes de la casse. Selon ces derniers, la justice veut encore une fois banaliser cette affaire. Or, pour eux, c’est une question de vie ou de mort. Ils demandent à la justice de prendre toutes ses responsabilités en infligeant aux auteurs du saccage des sanctions à la dimension de leur crime.

Mais avertissent-ils, « si la justice classe cette affaire sans suite ou rend une décision légère nous allons nous assumer. Nous n’allons plus nous laisser faire car trop c’est trop ».

Les auteurs du saccage de la mosquée de Kénenkoun ne sont pas à leur premier forfait. Ils ont eu dans le temps à boucher les soubassements du chantier et à arracher les poteaux d’attente.

De sources bien informées indiquent que dans cette affaire, sont impliqués Bakoroba Kané, imam de la 2 e mosquée qui sert de lieu de réunions des opposants, Batiékoro Berthé, Badjan Kané et Bakary Barry.

Pour mémoire, c’est une partie des Kané qui est opposée à la construction de la nouvelle mosquée au motif qu’ils sont les propriétaires terriens. Mais à l’opposée, les initiateurs de la nouvelle mosquée ont reçu mandat du gouverneur de la région de Koulikoro, du préfet, du chef de village pour y ériger ce lieu de culte afin de désengorger la 1 re mosquée de vendredi.

Les accusés sont cités à comparaître mardi prochain pour s’expliquer sur les mobiles de leur acte.

Mohamed Daou

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IMMIGRATION

Les entreprises françaises défendent les sans papiers

Le gouvernement français condamne vigoureusement l’immigration clandestine avec le plus souvent de lourdes représailles contre les immigrés illégaux. De la sorte, il entend lutter contre le recours illégal à la main d’œuvre des sans papiers, d’où l’inquiétude, voire le dilemme des entreprises qui se montrent plutôt favorablement à leur régularisation.

Depuis le 1 er juillet 2007, le contrôle est rigoureux concernant l’embauche des étrangers dans les entreprises françaises. Dans le cadre de sa politique de lutte contre l’emploi des sans papiers, la France a exigé des entreprises, avant l’embauche d’un étranger, de procéder à la vérification de l’authenticité de son titre de séjour auprès des préfectures. Du coup, les entreprises locales font face à une très grande pression, car les « fautifs » sont lourdement sanctionnés. Aussi, en juillet dernier, selon un confrère français, deux responsables de l'entreprise de construction Cardinale ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Rennes, à trois ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir recouru à des sous-traitants employant des sans papiers.

L’historien et spécialiste de l’immigration, Patrick Weil a qualifié cette situation « d’une sorte de schizophrénie politico-administrative très anxiogène pour les entreprises ». Une anxiété des entreprises d’autant plus justifiée que l’emploi des sans papiers revient « moins cher » avec parfois des conditions peu amènes imposées par les employeurs. En plus, dans certains secteurs, du moins à en croire des enquêtes, la plupart des employés sont des étrangers n’ayant pas de titre de séjour. Pour ne pas être sanctionné comme ses homologues de l’entreprise de construction cardinale, Raynald Plateaux, qui gère une société de gardiennage et de nettoyage, s'est livré à la vérification auprès de la préfecture des papiers de la légion étrangère de sa structure, à la suite de l'interpellation d'un de ses employés, titulaire de faux papiers.

Condamnation des patrons

Le résultat est accablant : treize de ses salariés n'étaient pas en règle. Ils ont été par conséquent congédiés. Ce congédiement prend d’ailleurs de plus en plus de l’ampleur, à en croire le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti). « Depuis quelques mois, nous recevons des étrangers en situation irrégulière qui disent avoir été remercié par leur employeur », soutient-il.

Cependant, le directeur d’une société de câblage informatique, fait des démarches auprès de la préfecture de police de Paris pour régulariser et enrôler un immigré malien, qui semble jouer un « grand rôle » dans sa structure. « Je lui avais proposé plusieurs fois de l'embaucher, raconte M. Le Goff. Mais il a toujours refusé. Un jour, la boîte d'intérim ne me l'a plus envoyé. Elle avait découvert qu'il avait de faux papiers », a-t-il confié. Vu le fait que le secteur a un besoin pressant d’employés, le directeur est déterminé à le garder en essayant de trouver une autorisation de séjour pour lui. Il regrette que « c'est du temps et de l'argent, souligne-t-il. Je ne comprends pas que le gouvernement laisse des travailleurs sans papiers cotiser pendant des années et veuille ensuite les renvoyer chez eux ».

Un point de vue partagé par les responsables de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), qui souhaite la régularisation des sans papiers servant dans le secteur. Surtout que le secteur enregistre de plus en plus des sans papiers, dont « l’utilité » se fait ressentir. « Beaucoup de patrons nous disent qu'ils n'ont pas le temps de s'occuper des régularisations car ils ont une boîte à faire tourner. Mais ils devraient s'inquiéter un peu plus, il doit y avoir énormément d'étrangers sans titre dans notre profession », a laissé entendre André Daguin, le président de l'UMIH.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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INTER SESSION PARLEMENTAIRE A YANFOLILA

Les députés innovent dans la restitution

Rendre compte des lois adoptées à l’Assemblée nationale depuis la rentrée solennelle en octobre dernier, c’est à cet exercice républicain et démocratique que se sont livrés pendant la période d’inter session les députés élus de la circonscription électorale de Yanfolila .

La période d’inter session parlementaire n’a pas été de tout un repos pour les députés élus de la circonscription électorale de Yanfolila.

Yaya Sangaré et Souleymane Sidibé puisque c’est d’eux qu’il s’agit, l’ont mis à profit pour aller à la rencontre de leur base à qui, ils ont expliqué point par point les différentes lois votées à l’Assemblée nationale pendant les sessions de la législature 2007. Ce faisant, les députés de Yanfolila témoignent de leur volonté d’établir un pont avec les électeurs au nom desquels et pour le compte de qui ils agissent.

Pour cette restitution parlementaire, les honorables Yaya Sangaré et Souleymane Sidibé ont réussi un coup de maître au regard de leur expérience courte du travail parlementaire.

Animés par le devoir de rendre compte aux populations qui leur ont accordé la confiance, ils ont au-delà des meetings et autres assemblées générales, concocté un document qui fait la synthèse de toutes les lois votées et des actions menées par les députés.

Afin de permettre aux maires, au président du conseil de cercle, sous préfet et préfet du cercle de mieux cerner les contours des lois adoptées, chacune de ces personnalités suscitées ont gracieusement reçu une copie des lois votée

Le dit document a été également traduit en langue nationale, gravé sur cassette et diffusé sur les antennes des radios de proximité du cercle. Une copie de la cassette a été remise à chaque mairie du cercle pour la faire écouter par les populations. Le jeu en valait la chandelle d’autant que la cassette est aujourd’hui écoutée par des groupes dans les hameaux et villages de Yanfolila. Toutes choses qui permettront à la population de se faire une religion sur les tenants et des aboutissants des lois votées au nom du peuple malien.

Mohamed Daou

 

 

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JEAN-FRANCOIS JODAR, SELECTIONNEUR NATIONAL DES AIGLES

« Que chacun prenne ses responsabilités »

Après la mauvaise prestation des Aigles à la Can 2008 au Ghana, nous avons approché l’entraîneur national Jean François Jodar. Dans l’entretien qui suit, il nous retrace le film des évènements, donne des explications sur la débâcle de ses protégés, le choix des joueurs, sans oublier la préparation de l’équipe à travers le voyage périlleux aux Emirats Arabe Unis. Il évoque aussi son contrat, le poste de DTN, son rapport avec l’équipementier Malamine Koné, l’atmosphère autour des Aigles et son avenir au Mali.

Les Echos : Comment expliquez-vous la prestation en demi teinte de vos poulains face aux Eléphants de Côte d’Ivoire, et le résultat qui s’en est découlé ?

Jean François Jodar : Quand l’équipe gagne, on ne dit rien, et puis quand on perd c’est autre chose. Ce qui est sûr on n’a pas fait grand-chose puis que je l’ai écrit dans le rapport. Le problème, nous a très embêté avant le match puisque Mahamadou Diarra était suspendu, Momo Sissoko ne pouvait pas démarrer le match parce qu’il ne s’était pas entraîné pendant trois jours et il avait quitté le groupe. il avait voyagé dans les avions de ligne pendant deux nuits consécutives. On savait qu’il n’était pas apte physiquement à tenir tout un match. Donc il ne fallait pas le faire démarrer. Je ne tenais pas à lui faire démarrer parce que je ne pouvais pas justifier aux autres qui s’entraînent et qui ne jouent pas, qu’il faut continuer à rester dans le groupe. C’était une question du reste importante à gérer. Ça nous a privé déjà de deux éléments importants du milieu de terrain dès le départ du match. Ce qui a été surtout très embêtant, c’est qu’on avait prévu à la mi-temps des changements puisqu’on perdait un zéro cinq minutes avant. C’était de se préparer aux changements. Lorsqu’on est rentré aux vestiaires Police a dit qu’il était très souffrant qu’il ne pouvait pas continuer et surtout Kanouté aussi avait mal aux adducteurs, pas aux orteils comme j’ai entendu stupidement dans le débat (le débat de l’Ortm Ndlr). Le match d’après, il n’a pas joué avec son club. On était pris parce que il y a deux changements qu’on n’avait pas prévus et qu’il a fallu faire à la mi-temps. Quand tu fais deux changements à la mi-temps après ce n’est plus une question de coaching, surtout que Bassala était lui aussi blessé.

Les changements qu’on avait faits étaient imposés par les circonstances du match pour des maladies ou des blessures. Je dirai que la seule chose que moi je revendique à moitié, c’est celui de Police, qui, depuis la veille faisait une dysenterie. Mais si on regarde le Ghana par exemple, il y avait trois joueurs blessés dont Michael Essien, qui a quand même joué.

On a posé la question plusieurs fois à Police notamment avant de rentrer, est–ce que ça va ? Il a dit oui. A partir du moment où le joueur dit oui, on ne pouvait aller contre sa décision. Si les gens se souviennent, j’avais même fait échauffer Diamouténé. C’est une bonne leçon mais on apprend toujours. Pour nous c’était très perturbant à la mi-temps parce qu’on avait prévu d’autres changements pour apporter autres choses à l’équipe, et on était obligé de faire les changements imposés par les maladies ou par les blessures. Les trois changements effectués ne sont pas du coaching, c’est des changements imposés par les circonstances du jeu. Frederic comme Police avait un problème aux adducteurs. Kanouté est sorti parce qu’il ne pouvait pas continuer.

Les Echos :qu’en est-il de votre contrat ? C’est un contrat signé avec Malamine Koné ou Malifoot ?

J. F. J. : En ce qui concerne mon contrat il y a pas de problème, le contrat il a été signé devant tout le monde. C’est Salif Keita qui a signé. Mon contrat est avec Malifoot. Il n’est pas avec Airness. Tout le monde sait que c’est Malamine qui était chargé de chercher l’entraîneur. Malamine m’a proposé et après j’ai signé un contrat avec Malifoot. Il n’y a aucun problème là-dessus

Les Echos :Vous êtes indexé comme étant le principal responsable de la déroute des Aigles. Que répondez-vous aux accusations de votre employeur Malifoot, qui demande votre limogeage dans son rapport adressé à la tutelle?

J. F. J : Pour l’instant, je me réserve. Ce n’est pas le moment. Tout ce que je sais c’est qu’à ce jour, personne de Malifoot ne s’est assis en face de moi ou ne m’a convoqué en me disant qu’il ne voulait plus travailler avec moi. Si je n’avais pas ouvert mon téléviseur pour écouter, je ne saurais pas que Malifoot ne veut pas travailler avec moi.

Tout ce que je peux dire c’est que deux jours avant le débat j’ai eu une réunion avec le président Salif Kéita Ensemble on a discuté de la Can, de l’avenir. Dans les discutions on m’a laissé comme si je devais continuer. Donc je suis là toujours présent au bureau et je travaille. Maintenant ce qui s’est dit dans le débat, je n’ai ni à juger ni à répondre. Je répondrai peut-être en son temps et en son heure, en fonction des circonstances. Mais tout ce que je sais de ce débat c’est que beaucoup de choses ont été dites qui étaient fausses. Et la seule chose que j’aurais quand même à dire est que toutes les décisions que j’ai prises, contrairement à ce qu’on a laissé croire, elles ont été prises en concertation avec les dirigeants de Malifoot. Malifoot était toujours averti. Comment voulez-vous que je puisse diriger l’équipe sans en référer au président. Sans que les gens soient d’accord avec moi. Ce n’est pas possible. La seule chose que je puisse dire, c’est que pour l’instant personne ne m’a averti que je ne devais plus travailler. N’écoutez pas ceux qui disent que j’ai pris les décisions seuls ou que je me suis imposé. Il faut arrêter de faire croire au peuple malien que c’est moi qui organise les voyages, les visas. Que chacun prenne ses responsabilités.

Les Echos :Quels sont vos rapports avec le ministère de la Jeunesse et des Sports ?

J. F. J. : Très bons. J’ai eu d’excellents rapports avec monsieur le ministre pendant la compétition, notamment quand j’ai eu des problèmes avec « Momo ». Je suis allé le voir pour discuter avec lui, parler de la situation. Il n’y a pas de problème entre nous. Depuis qu’on est rentré il n’y a pas eu de contact particulier. Je ne suis pas parti au ministère. Par contre depuis l’arrivée du nouveau ministre, je l’ai rencontré trois à quatre fois. On a discuté du football, de beaucoup de chose. Nos rapports se situent dans le cadre normal des relations qu’on avait avant, pendant et après la Can. Mes rapports avec la tutelle sont exactement pareils qu’il y’a dix huit mois, ni plus ni moins.

Les Echos :Comment préparez-vous le match amical du 25 mars contre la France A’ dans cette situation conflictuelle avec Malifoot ?

J. F. J : J’ai organisé ce match parce que je suis ami avec Raymond Domenech. Donc Domenech connaît ma situation actuelle. Il n’attend que mon feu vert. Je ne sais pas pour l’instant. Si je vous dis que c’est moi qui vais prendre les décisions, ils vont dire encore qu’ils n’ont rien fait. Ce qui est embêtant dans cette situation c’est qu’on est un peu bloqué. On continue à travailler, mais ce n’est pas facile parce qu’il n’y a pas de décision. Je trouve qu’on a perdu beaucoup de temps. Parce que je pense que s’il fallait changer d’entraîneur il fallait le changer toute suite. J’ai été très honnête le lendemain d’Accra. J’ai dit à Salif s’il y a une décision à prendre, prenez-la vite. Il faut que vous puissiez faire le nécessaire très vite, et moi il faut que je puisse de mon coté essayer de retrouver quelque chose puisqu’il y’a des équipes africaines qui sont à la recherche d’entraîneurs pour rebâtir leur équipe. Si on prend la décision de m’éliminer dans un mois ça va être difficile pour moi. Ce que je trouve surprenant c’est que les problèmes surviennent trois semaines après. On est rentré, tout le monde a fait sa propre analyse. On a perdu un seul match depuis dix huit mois, et subitement les événements se sont précipités. On essaye de continuer à travailler, mais ce n’est pas facile, surtout aussi au niveau des contacts avec les joueurs. J’ai entendu que j’ai des problèmes avec les joueurs ce qui est faux. Jamais je n’ai eu de problème avec les joueurs. Quand on veut tuer son chien on l’accuse de rage. Dans les contacts avec les joueurs on est un peu bloqué parce que si j’appelle les joueurs, ils vont évidemment poser la question si je continue. Je ne peux vraiment pas répondre à la question.

Les Echos :Selon les jugements de Malifoot vous n’assumez pas votre rôle de DTN. Est-ce que vous aviez les moyens de travailler ?

J. F. J. : Je souhaite continuer parce que je n’ai pas l’impression d’avoir mal travaillé avec les Aigles. On a raté un match dans des circonstances bien connues. On avait réussi l’objectif à savoir la qualification. Si maintenant on est entrain de dire qu’on devait gagner la coupe c’est autre chose. Pour gagner il faut avoir les moyens et ne pas avoir les problèmes que nous avons connus avant le match contre la Côte d’Ivoire. Je n’ai pas le sentiment d’avoir été lâché. Les gens doivent prendre les décisions et tout de suite. Je suis à l’aise pour en parler pour avoir travaillé seize ans durant à la direction technique française. On peut remettre en cause mes qualités de sélectionneur, mais personne ici ne peut remettre en cause mes qualités de DTN. Un DTN fonctionne comment ? C’est à partir d’un programme du bureau fédéral. C’est le bureau fédéral qui doit avoir son programme et le DTN est là pour aider à mettre en place ce programme en donnant des idées de temps en temps, mais c’est pas au DTN d’arriver et dire qu’on va faire ceci et cela. Le DTN est au service du bureau fédéral. Mais pour être au service du bureau fédéral, il faut que le bureau fédéral me reçoive une fois. Je peux dire ici que je ne sais pas pourquoi mais pour le poste de DTN j’ai discuté de temps à autre avec le président Salif des problèmes mais en dix-huit mois personne ne m’a reproché de ne pas travailler à Bamako. Je pense que je suis l’entraîneur qui passe plus de temps au Mali. Certains sont venus la vielle des matches et repartent le lendemain des matches. Je vis au Mali les 2/3 de mon temps. Ce qui intéresse les gens c’est le résultat des Aigles. Point final. Mais personne ne m’a convoqué devant le bureau fédéral en me disant : voilà notre politique, voilà nos objectifs, voilà ce qu’on veut faire pour la formation des cadres, le football des jeunes afin que je donne mes idées.

Les Echos :Est-ce que vous avez envie de rester au Mali ? Si oui Pourquoi ?

J. F. J. : Si le pays me fait confiance. Il y a un bon groupe de joueur. Je pense qu’il y’a quelque chose à bâtir. Je donnerai la priorité au Mali qui m’a fait confiance. J’y suis bien installé et en plus je connais bien les problèmes du football malien. Le problème c’est qu’il faudra que les gens acceptent d’entendre certaines vérités. Comment voulez-vous travailler si à la première défaite (enregistrée en plus non pas contre la Sierra Leone ou le Bénin, ce que j’aurais compris), d’un seul coup il est dit que l’entraîneur a imposé les voyages, il n’a pas fait le visa des joueurs, il n’a pas voulu monter dans le même avion que le vice-président, il a mis des gens autour du staff, il a fait prendre la place…L’entraîneur a tout fait dans un seul match perdu.

Les Echos :Qu’est-ce qui a détérioré l’atmosphère autour de l’équipe ?

J .F. J. : Tout le monde l’a dit y compris les journalistes qui l’ont écrit. Il y avait une super ambiance autour des Eléphants. Mais contre l’Egypte, ils en ont pris quatre, ils ont perdu 4-2. C’est du football. Dans tous les sports, il y a des jours sans gloire. L’ambiance dans l’équipe a été toujours excellente à notre niveau. Le meilleur cas c’est l’affaire Momo Sissoko si l’ambiance était mauvaise quand Momo a quitté le groupe pour aller signer son contrat, les joueurs se seraient révoltés. Il y avait une solidarité à l’intérieur du groupe. Sinon en réalité ce n’est pas logique de quitter le groupe en pleine compétition comme la Can pour aller signer un contrat. Je prends partie pour défendre le football africain quand j’ai dis que je dois récupérer mes joueurs 14 jours avant la Can selon le règlement Fifa. En cela, la Fifa se bat contre les grands clubs européens qui ne veulent pas laisser leurs joueurs. Je vais dans ce sens et je défends l’Afrique.

Les Echos :En dehors du Mali. Est-ce que vous avez d’autres propositions ?

J. F. J. : J’en ai eu, il y a deux ou trois mois. J’avais des propositions pour des clubs à Dubaï. J’avais dis que la priorité pour moi c’était la Can. Et pour l’instant personne ne sait que je suis en danger au Mali. Et si vous appelez en France, hormis mon ami Domenech que j’ai appelé pour lui faire des confidences il y a rien qui soit sorti dans les journaux. Je ne me suis pas mis sur le marché. Ma priorité reste le Mali même si pour le moment le climat n’est pas bon.

Les Echos : Quelle est la nature de vos relations avec l’équipementier des Aigles, Malamine Koné ?

J. F. J. : Des relations humaines. Voilà il m’a encore appelé il y a deux jours. Dimanche je l’ai appelé. Je crois qu’il n’était pas non plus très content de ce qui lui a été dit dans le débat. Mais encore une fois je trouve qu’on parle beaucoup trop de problèmes, qui après n’ont aucune incidence sur l’équipe. C’est pas parce qu’on est bien ou mal avec l’équipementier, qu’on est bien ou mal avec la personne qui vous a amené. C’est comme dans un ménage. Ce n’est pas parce que ça ne va pas tous les jours qu’on va divorcer tous les jours ! Voilà, c’est un tout petit peu la même chose avec les gens avec qui vous travaillez. Pathé, mon adjoint, au bureau parfois on s’engueule dès fois, on n’est pas d’accord. Après il y’a quelque chose de plus fort, si vous êtes toujours d’accord si il y a jamais de problème, vous ne discutez pas, donc vous n’avancez pas. Mais c’est ça que les gens ne comprennent pas dès fois avec les joueurs. Admettez que dans un groupe de 23 joueurs, qu’il y ait des tensions par moment. Vous croyez que les joueurs qui s’entraînent et qui ne jouent pas sont contents de l’entraîneur ? Si vous posez la question à ses joueurs, ils vous diront que c’est un mauvais entraîneur. C’est logique.

Les Echos :C’est vrai que Malamine voudrait Philippe Troussier pour vous remplacer et que vous vous y êtes opposé ?

J. F. J : Même si Malamine avait voulu emmener Troussier il aurait fallu le payer trois fois plus que moi. Quand j’entends dire qu’il est difficile de travailler avec moi, Troussier, vous ne trouverez pas plus intransigeant que lui. Il exigerait à emmener tout son staff autour de lui. Déjà avec lui il y a pas de locaux qui travaillent avec lui. Et Troussier ne vient pas travailler avec le même salaire que moi. Si Malamine avait voulu l’emmener, de toute façon la meilleure réponse que j’ai donnée c’était de me qualifier. Vous pensez que Jean François Jodar a le pouvoir de dire à Malamine Koné qu’il ne faut pas qu’il emmène un entraîneur qu’il veut ? S’il voulait de Troussier, il l’aurait emmené. Il m’a pas demandé mon avis d’ailleurs. Je l’ai appris comme vous. Il y’a beaucoup trop des rumeurs. L’Afrique va mourir de rumeurs parce que les gens préfèrent parler alors qu’il faut travailler, moins parler et travailler davantage. La rumeur tue tout en Afrique. Il y a tellement de rumeurs par moment que les gens n’arrivent plus à travailler. On arrive plus à garder la sérénité. C’est très difficile. Vous savez les entraîneurs retiennent une chose, c’est de réussir l’objectif. Dans mon contrat l’objectif était de qualifier l’équipe pour la Can. C’était ça le contrat. Et après on s’est fixé des objectifs c'est-à-dire espérer aller le plus loin possible. Quand j’entends dire encore une fois par l’attaché de presse de Malifoot, Kaloga qu’on a pas d’ambitions quand on dit qu’il faut franchir étape par étape. Guy Roux en France chaque saison il dit aux journalistes qu’il joue le maintien cette année. Il faut arrêter de sous-estimer les adversaires et de prendre tout le monde par-dessus les jambes. Pensez qu’on est le plus fort. Il y a pas ça en football. L’exemple de la Côte d’Ivoire est assez illustratif, un match coincé, ils ont peut-être trop pensé à la finale au lieu de penser déjà à gagner la demi-finale. Bon voyez c’est ça le football.

Les Echos :Depuis que vous êtes au Mali, quel est le joueur qui vous a plus le donné de satisfaction ?

J. F. J. : Seydou Keita. Il démontre chaque jour qu’il a vraiment un très haut niveau. Je crois que c’est le joueur qui a montré le plus de progression. Je suis satisfait aussi de tous les jeunes qu’on a incorporés et qui sont pas encore prêts : Amadou Sidibé qui a fait vraiment de bons matches, Souleymane Dembélé qui est encore un peu timide, Alphousseyni Keita (Le Mans) avec qui j’entretiens de bonne relation, le petit Aboubacar Bangoura qui est à l’Espérance Sportive de Tunis.

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

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MALIFOOT

Malamine Koné démissionne de son poste de conseiller spécial

Les événements se bousculent au sein de la fédération malienne de football (Malifoot) aux lendemains de la débâcle des Aigles à Ghana 2008. Hier, dans la journée, Malamine Koné, conseiller spécial de Malifoot a déposé sa démission sur la table de son président Salif Kéita et du ministère de la Jeunesse et des Sports.

Le départ de Malamine Koné, PDG d’Airness et équipementier des Aigles, survient au moment où le football malien est dans la tourmente. Malifoot n’a pas encore fini de faire le ménage dans ses rangs à la faveur d’une réunion d’information avec les ligues, les clubs de première division ainsi que les présidents d’honneur de la semaine dernière, qu’elle enregistre la séparation d’avec son principal partenaire. Une séparation liée au climat délétère dans l’instance dirigeante du football malien.

B. D. S.

 

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