Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2008

Mois de Fevrier

Les Echos du 27 Fevrier 2008

 

POUR CAUSE DE DETTE IMPAYEE

Les fibres de la CMDT saisies à Abidjan

Bakary Togola n’a pas été capable de rembourser les dettes d’un fournisseur qui a réussi à faire comdamner la CMDT.

Depuis la création des syndicats de producteurs, ce sont ceux-ci qui s’occupent des questions d’intrants. Ainsi, c’est le président du Groupement des producteurs de coton et vivriers (GSCVM), Bakary Togola, qui signe les contrats de passation des marchés avec les fournisseurs. La CMDT ne jouant qu’un rôle de conseiller.

Le plus gros fournisseur de la zone est la Société inter africaine de distribution (IAD). Pour la campagne 2006- 2007, l’IAD, à travers son président, Nouhoum Yattassaye, a signé un contrat avec le syndicat, GSCVM. Le marché en question, d'un montant de trois milliards dix millions de Francs CFA (3 018 000 000 de Francs CFA), enregistré sous le n°15/01/04/GSCVM du 25 octobre 2004 et son avenant n°l5/01/04/GSCVM du 22 février 2005, passé de gré à gré entre le président du GSCVM Bakary Togola et IAD, à l’insu de la Commission des Appels d'Offres du Groupement et de la CMDT. Normalement, dans le cadre de leur partenariat, la CMDT doit préfinancer les marchés d'intrants du Groupement des Producteurs à travers des prêts bancaires. Mais, la condition à cela, c’est que même si le GSCVM donne le marché à un fournisseur, il y a un prix de vente admis et une commission dépouille les offres, ce qui n’a pas été le cas dans l’octroi du marché à IAD.

En plus, d’après les calculs, le prix des herbicides était sur le marché de 9 895 F CFA le litre et ce que Bakary amenait était facturé à 15 000 F CFA le litre. La CMDT, du coup, a refusé d’être complice de cette surfacturation, et donc, de payer.

« A ce prix, la filière allait supporter, rien que pour les herbicides, une perte sèche de près de deux milliards F CFA » , affirme un interlocuteur. IAD ne voulant pas non plus laisser les choses en l’état, a deposé une plainte contre la CMDT et le GSCVM. La cour d’Appel de Bamako, en son audience du 19 décembre 2007, a donc condamné la CMDT et le GSCVM à payer solidairement à la société IAD la somme de trois milliards F CFA (3 017 715 000 FCFA) et deux cent millions de franc CFA à titre de dommages intérêts à payer à Nouhoum Yattassaye de IAD.

Et en exécution de cette décision de justïice, IAD, le 22 février dernier, a fait saisir au port d’Abidjan, la fibre de la CMDT.

Affaire à suivre.

Alexis Kalambry

 

Acceuil


EDUCATION

La Fen marche sur le MESSRS

La Fédération de l’éducation nationale (Fen) a manifesté hier son mécontentement à l’égard du silence et de l’immobilisme des autorités sur ses points de revendications depuis la prise de fonction du nouveau gouvernement, à travers une marche de protestation sur le département des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique.

Les militants de la Fen, sortis massivement, ont marché mardi dans la matinée à pas de caméléon sous les fenêtres du ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique. La marche est partie de l’école Sainte Thérèse du fleuve en passant par l’Avenue Mamadou Konaté jusqu’aux abords du ministère. Par cette marche, la Fen protestait contre « une mauvaise volonté des autorités à satisfaire ses revendications majeures ».

«  La Fen exige l’intégration immédiate des contractuels à la fonction publique de l’Etat ». « Les enseignants motivés et respectés pour une école performante et apaisée  », pouvait-on lire sur des banderoles et des « A Bas les innovations pédagogiques sans lendemains », « l’école, priorité nationale », scandaient des militants.

Escortés par des agents du groupement mobile de sécurité (GMS) tout au long de l’itinéraire, les marcheurs ont été contraints à ne pas s’arrêter devant le département. Toutefois, ils ont été reçus à quelques mètres de là par Dr. Yaya Coulibaly, chef de cabinet du ministre. Toutes choses qui ont fait monter encore la tension d’un cran. « Je veux qu’on déclare une grève illimitée. On a été reçu en dehors de la cour du ministère seulement par le chef de cabinet. L’école malienne est morte et le ministre se fiche de tous », a déploré Thérèse Traoré.

Satisfaction

« On a marché pour protester contre les mauvaises attitudes du gouvernement à notre égard. Depuis qu’on a mis en place le nouveau gouvernement, il n’y a pas eu de débats francs entre nous et les autorités sur nos points de revendication. Nous avons décidé d’aller en grève pour obliger le gouvernement à ouvrir le débat  », a affirmé Youssouf Ganaba, le secrétaire général de la Fen. Dans la lettre remise à Dr. Coulibaly, la Fen déclare, que « nous exigeons ici et maintenant : la relecture de la convention collective de l’enseignement privé catholique. La levée des obstacles juridiques à l’accès des contractuels aux postes de responsabilité et à la formation. La mise en place du conseil supérieur de l’éducation. L’octroi d’une indemnité de logement à tous les enseignants eu égard aux exigences spécifiques de leur fonction ».

Des militants du Syndicat libre et démocratique de l’enseignement fondamental (Syldef), du Syndicat des enseignants contractuels de l’enseignement fondamental (Sycef), du Syndicat national des travailleurs de l’enseignement catholique (Syntec) et de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (Cstm) ont pris part à cette marche de protestation. On notait la présence d’Ousmane Amion Guindo, le secrétaire général de la Cstm.

Selon le secrétaire général de la Fen, le bilan de la marche a été satisfaisant. Il poursuivra que, « nous continuons avec les cours. Dans le cas où les revendications ne seront pas satisfaites, d’autres activités poursuivront cette marche. Nos revendications sont réalisables, il suffit de mettre un peu de volonté ».

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

[haut]

Acceuil


NEGOCIATIONS ETAT-CENOU

Un terrain d’entente trouvé

Après la grève de 72 heures observée la semaine dernière par le Centre national des œuvres universitaires, l’Etat a rencontré les représentants du personnel du Cenou. C’était au ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique sous l’égide du comité de conciliation mis en place auparavant.

C’est un secrétaire général du Snesup-Cenou, M. Abdoulaye Dramé tout souriant qui nous a reçus dans son bureau désormais équipé d’un ordinateur connecté. Un compromis a, en effet, été trouvé avec le département de tutelle, qui a d’ailleurs commencé à s’exécuter cette fois-ci, nous a-t-il dit.

Sur les différents points de doléances, l’Etat a pris des engagements dont les retombées se font ressentir sur le cadre de travail des agents du Cenou. Le volet équipement, particulièrement la dotation des différents départements en matériels de bureau, a vu le consentement « d’efforts », avec notamment l’arrivée des ordinateurs (avec connexion web) et l’installation progressive de l’interphone entre les bureaux.

« J’ai personnellement fait le constat. Tous les matériels des agents ont été amenés. En plus de cela, il a été donné à chaque agent technique la somme de 50. 000 F CFA pour qu’ils se paient deux tenues » , s’est félicité Abdoulaye Dramé.

Quant à la confection des badges, elle est en bonne voie, à en croire M. Dramé, car « 80 % des agents ont été photographiés depuis vendredi ». La dotation de la commission bourse en matériels adéquats est en cours, mais c’est un équipement continuel, a ajouté le secrétaire syndical. Pour le recyclage du personnel composé entre autres, des médecins, pharmaciens, des juristes…, « une commission interne a été créée et la direction s’est engagée à le débuter dans un bref délai ».

Le « nerf » de la grève, c’est-à-dire la tenue du premier conseil d’administration du service créé en 2001, n’a pas été ignoré au cours des négociations entre les deux parties. « Lors de la réunion, le ministre Amadou Touré a affirmé que le décret portant nomination des membres du Conseil d’administration du Cenou a été adopté et qu’il reste la signature du président de la République et du Premier ministre. Il a précisé que dans les conditions normales, il faut attendre un mois pour la tenue du conseil », a dit M. Dramé.

Toutes choses, qui, à l’image de l’Assemblée générale de lundi, l’ont poussé à déclarer « qu’à l’heure où nous sommes, il faut le dire en toute franchise, la tension est vraiment apaisée. Les engagements sont entrain d’être tenus ». Cependant, a-t-il insisté, « nous attendons le fameux Conseil d’administration ».

Toutefois, le bureau syndical déplore la « tentative d’intimidation » du directeur général adjoint du Cenou, le Pr. Mamadou Koné, qui, lors de la grève, aurait « menacé de licencier » les chauffeurs des bus du Cenou s’ils ne reprenaient pas le travail.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

[haut]

Acceuil


ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Le Synesup en grève illimitée

Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Synesup) a mis hier en exécution son préavis de grève illimité, tandis que le gouvernement a intensifié ces derniers temps les négociations visant à le convaincre que tout sera mis en œuvre pour assurer la sécurité des enseignants.

Joint au téléphone, le secrétaire général du Snesup le Dr. Abdou Mallé a confirmé que la grève des enseignants était effective. Toutes choses qu’on a pu vérifier lors de notre passage à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) et à la Faculté des lettres arts et sciences humaines (Flash). Dans ces établissements, les professeurs étaient absents.

La veille, le lundi 25 février, une rencontre entre le Snesup et les ministres des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique Amadou Touré, de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Sadio Gassama, du Travail, de la Fonction publique et de la Reforme de l’Etat Abdoul Wahab Berthé, avait fait le point des négociations qui devraient en principe amener les enseignants à revenir sur leur décision d’aller en grève. Mais, les grévistes ont jugé nécessaire d’aller « informer leur base » avant de prendre une décision.

Le personnel enseignant et l’administration scolaire sont devenus la cible de toutes sortes de violences, un phénomène qui n’est plus étranger dans le milieu scolaire et universitaire mais qui a récemment pris une ampleur inquiétante avec l’agression d’un professeur à la Flash et l’attaque du domicile du doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP).

Pour protester contre ces agissements, le Snesup a déposé le 11 février 2008 un préavis de grève illimité dont l’unique point de revendication est « la sanction totale des auteurs des agressions physiques et morales du personnel enseignant et administratif du supérieur et le rétablissement total de la sécurité, dans les Facultés, instituts de l’université de Bamako et grandes écoles ».

Selon M. Mallé, les négociations devraient se poursuivre hier.

Gageons que les pourparlers dirigés par la Commission de conciliation du MTFPRE aboutissent à un compromis.

Amadou Waïgalo

 

 

[haut]

Acceuil


 

IBRAHIM FEFE KONE, GOUVERNEUR DU DISTRICT DE BAMAKO

« Les voies seront libérées »

Le Gouverneur du district de Bamako, Ibrahim Féfé Koné évoque ici les problèmes récurrents de la cité des trois caïmans: insécurité, litiges fonciers et les dispositions prises pour y remédier. Il évoque également ses projets pour notre capitale.

Les Echos : Quels sont vos rapports avec les mairies ?

Ibrahim Féfé Koné  : Nous avons des rapports de partenariat. Nous assurons également la tutelle des mairies. Le chef de la collectivité est le maire qui est la tête des communes, des collectivités décentralisées qui s’administrent librement par des conseillers. Ce sont les conseillers qui délibèrent sur tout ce qui concerne la vie de la commune. Les délibérations faites par les conseillers sont mises en oeuvre par le bureau municipal dirigé par le maire et composé entre autres, du maire et ses adjoints. C’est la commune donc qui gère ses affaires de manière autonome, mais il y a certaines décisions que les maires ne peuvent pas prendre. Il y a également certaines délibérations que les conseillers communaux ne peuvent pas appliquer sans qu’elles ne soient approuvées par l’autorité de tutelle qui est le représentant de l’Etat. En d’autres termes, l’Etat a créé les collectivités, mais les suit de près dans leurs décisions importantes.

Les Echos : En matière domaniale par exemple quelles sont les prérogatives du gouvernorat et de la mairie ?

I. F. K. : Les textes en la matière disent que les domaines appartenant aux collectivités sont gérés librement par les maires. Les maires demandent la parcelle au nom de la commune, au ministre chargé des Domaines, par la voie hiérarchique. Ce dernier à son retour transmet au ministre de l’Administration territoriale qui le transmet au ministre des Domaines. Le ministre des Domaines fait procéder à la délimitation et introduit ensuite le dossier en conseil des ministres pour qu’il accepte la parcelle en question à la mairie pour les besoins de la collectivité.

Dès que le maire a cette superficie à sa disposition, il fait procéder au morcellement par les services techniques topographiques de l’Institut géographique du Mali, contrôlé par l’urbanisme.

On aura alors un plan de morcellement qui doit être approuvé par le gouverneur avant sa mise en œuvre par la commune. Les demandes de parcelle émanant des populations sont centralisées par le maire, qui en fait une liste soumise ensuite au conseil municipal. Si le conseil est d’accord, la liste adoptée est transmise au gouverneur pour approbation. Après, la liste retourne à la mairie. Il revient au maire de mettre par la suite en œuvre et le plan adopté et la liste approuvée. Le maire procède à la répartition des parcelles entre ceux qui sont inscrits sur cette liste.

Il délivre les documents domaniaux afférents. Les compétences du gouverneur en matière domaniale également sont définies par les textes. Le gouverneur peut donner au niveau du district de Bamako jusqu’à deux hectares, mais, c’est sous forme de titre foncier. C’est dire que la personne qui a besoin de parcelle fait la demande au gouverneur, qui la transmet à la direction régionale des domaines et du cadastre. Avec la direction nationale, cette dernière fait les études nécessaires pour voir si la partie qui fait l’objet de la demande n’appartient pas déjà à quelqu’un. Après, le service des domaines fait retourner la demande accompagnée du projet et arrêté de cession. Le projet revient au gouverneur. Une fois que l’arrêté de cession arrive au domaine, les services du domaine font l’autorisation de paiement nécessaire afin que l’intéressé paye les droits de la parcelle au Trésor. Le domaine est en ce moment transmis au directeur national des domaines pour en faire un acte administratif. Le directeur national des domaines et le demandeur signent cet acte. C’est avec cet acte administratif de cession qu’on établit la copie du titre foncier pour le demandeur.

Les Echos : Il y a beaucoup de litiges fonciers à Bamako, notamment en Commune I où on a vu des problèmes liés aux recasements et réhabilitations de Sotuba et Nafadji. Quel rôle le gouvernorat a joué dans tout ça ?

I. F. K.  : Au départ, les enquêtes menées par les techniciens de l’urbanisme et les agents de la mairie dans les années 2001 ont montré que les besoins de recasement de la Commune I s’élèvent à 91 hectares. Les autorités d’alors ont décidé de leur donner 7 hectares à Babouyabougou et 84 hectares à Doumanzana-Nafadji.

Les 84 hectares ont été mis bien sûr à la disposition des autorités municipales d’alors, qui ont procédé au morcellement et ont établi des listes au niveau de la mairie, adoptées par le conseil municipal et approuvées par les autorités de tutelle, le Haut commissariat en son temps. Mais, entre temps, quand ces listes-là ont été élaborées et quand la mairie a pris la décision d’attribution, il y a des chefs de village qui se disent propriétaires de champs qui ont vendu des titres de propriété. Les premiers et légitimes acquéreurs, se sont retrouvé en présence d’autres. La mairie a demandé de donner des forces de sécurité pour dégager ces occupants illicites. En la matière, la démolition se fait au frais de l’occupant sans droit ni titre.

Bien sûr, pour la commune il n’y a pas eu de démolition au frais de l’occupant, mais il y a eu des démolitions quand même. Donc, les parties démolies vont retourner à leurs propriétaires, il n’y aura pas de nouvelle liste concernant les 84 hectares. Les 7 hectares de Babouyabougou ont été entièrement distribués par la mairie d’abord en 2002-2003 et par la délégation spéciale en 2004.

Quand l’équipe actuelle de la mairie arrivait, les 7 hectares de Babouyabougou avaient été distribués et attribués pour des besoins de recasement des populations de Babouyabougou.

En plus de ces 7 hectares, la délégation spéciale a morcelé deux hectares du titre foncier d’un particulier et donné à des cas sociaux, c’est-à-dire à des gens à qui la délégation spéciale a jugé nécessaire d’en donner.

Cela faisait donc 9 hectares au lieu de 7 donnés légalement par l’administration. La délégation spéciale n’avait pas le droit de prendre ces deux hectares supplémentaires parce que la mairie ne peut pas occuper un mètre carré sans que ça ne soit donné par le département des domaines. Tout cela s’est passé avant notre arrivée au gouvernorat. Nous avons quand même pu gérer cette situation.

Je suis à l’aise pour gérer ce problème parce qu’il y a des titres. Avec moi, tout ce qu’on fait dans la zone est sur suggestion du comité de suivi. A chaque fois que le comité de suivi propose quelque chose, j’écris d’abord au ministre de l’Administration territoriale, mon supérieur hiérarchique, pour voir sa position. Quand nous avons négocié avec les propriétaires du titre foncier par rapport au repositionnement de leurs titres et quand il y a eu entente, nous avons écrit au ministre pour l’informer que les négociations ont abouti. Les populations peuvent par conséquent rester. Tout le monde a été recasé. Néanmoins, il reste 35 parcelles qui pourront éventuellement être données à des nécessiteux pour terminer avec le problème de Babiyabougou. Mais entre temps, à travers mes investigations, j’ai su qu’il y a eu beaucoup de spéculations. Certaines personnes n’ont pas du tout intérêt à ce qu’il y ait une gestion administrative équitable parce que ce faisant, elles iront en prison. J’ai quand même ordonné à la police de mener une enquête sur ce dossier pour pouvoir identifier les gens qui vendent et ceux qui achètent pour les mettre à la disposition de la justice.

Les Echos : En plus, l’autre problème est que les espaces verts disparaissent de plus en plus à Bamako. Quand on demande, on dit que c’est vendu à des intouchables. Est-ce que c’est le gouvernorat qui autorise ces ventes-là ?

I. F. K.  : Dans un plan d’urbanisme, un espace vert est un équipement public. C’est un domaine qui est inaliénable, c’est-à-dire qu’on ne peut pas vendre. On ne peut rien faire que de le préserver comme place publique, comme espace vert ou autre. Le problème, c’est que nous sortons d’une période où il y a beaucoup de lotissements qui ont été faits dans les communes par-ci par-là et qui n’ont pas fait l’objet d’une approbation par le ministre de l’Urbanisme en son temps. Maintenant, c’est le gouverneur qui approuve ces plans. Dans beaucoup de ces cas, les plans n’ont pas été approuvés. Vous trouverez que dans un quartier donné, il y a un premier plan qui consacre un domaine à équipement public. Vous trouverez un autre plan qui le consacre équipement commercial et dans un troisième plan, vous trouverez que ce sont des parcelles à usage d’habitation.

Tout ça parce que le plan n’a pas été au préalable approuvé avant d’être attribué. Partout où on a des plans d’abord approuvés puis distribués après, le problème d’occupation des équipements est limité parce que la zone n’est pas approuvée, ça ne doit être qu’une simple référence, mais quand, c’est approuvé, ça devient un document juridique. Ce qui fait que souvent un équipement ou un espace vert est dans un plan non approuvé. Tout de suite, ils peuvent reprendre le plan en le faisant approuver. Là, au lieu que ce soit un espace vert, ils donnent une autre vocation et ça peut être occupé. Mais, il se trouve également qu’il y a des gens qui vont occuper des espaces verts pour dire qu’ils vont les

gérer. Généralement dans ce cas, il y a des difficultés parce que souvent, il y a des complicités en des liens entre ceux qui sont censés surveiller ces espaces verts et les occupants qui font qu’ils ne peuvent pas intervenir avec efficacité. C’est pourquoi, lors de ma dernière tournée, j’ai dit qu’on va identifier des espaces verts partout où c’est occupé. Si c’est à partir d’un plan approuvé, un document juridique, nous allons libérer l’espace vert.

Les Echos : Quels sont vos projets pour Bamako ?

I.F.K.  : La lutte contre l’occupation illicite de la voie publique par les marchandises qui doivent rester dans le magasin et non être déposées devant. En les déposant sur le trottoir, vous allez obliger les piétons à marcher là où les motocyclistes roulent. Ces derniers seront obligés de s’ajouter aux piétons, d’où un climat d’insécurité pour le piéton et les boutiquiers dont les hangars peuvent, pendant la nuit, servir de lieu de cachette pour les bandits. Il faut donc que la voie soit libérée. Souvent en pleine circulation, vous rencontrez un âne ou un troupeau de bœufs comme au village, Il ne faut pas que Bamako se ruralise. Les charrettes à bras causent actuellement d’énormes dégâts à Bamako. Il faudrait que ces charrettes se mettent à l’écart sur les goudrons. Je ne veux pas du tout voir dans la ville de Bamako les charrettes à traction animale transportant entre autres des briques en banco. Celles-ci doivent circuler sur les routes non goudronnées. Elles peuvent emprunter les goudrons quand elles veulent seulement traverser.

Les gros porteurs aussi causent d’énormes désagréments. Nous sommes en train d’aménager vers Yirimadio une zone qui constituera une gare routière, où tous les gros porteurs resteront. Toutes les marchandises seront déposées à ce niveau et ce sont les véhicules dont le poids est inférieur ou égal à 10 tonnes qui ravitailleront les commerçants détaillants. Cela sécurisera davantage la circulation et créera de la main d’œuvre pour ceux qui sont chargés du ravitaillement de la population. En attendant, les gros porteurs peuvent seulement rentrer dans la ville entre 11 heures et 15 heures et 22 heures à 6 heures du matin. Il faut bien suivre cette réglementation en attendant l’interdiction totale des gros porteurs. Nous avons remarqué aussi que beaucoup de feux tricolores ne marchent pas, à partir de ce mois de février, nous essayons de tout mettre en œuvre pour qu’ils fonctionnent tous. Il faut aussi doter de feux certains carrefours qui n’en ont pas.

A ceux-ci, il faut étendre l’éclairage public dans toutes les zones où il y a l’insécurité à cause de l’obscurité.

Dans le cadre de l’assainissement général, nous allons surveiller de près la propreté dans les familles. Il y a des familles qui déversent directement les eaux usées dans la rue et cela crée des nuisances pour les passants, les voisins et tout le monde. Nous renforcerons le contrôle à ce niveau dans la mesure où ce sont des choses punies par la loi. Nous allons aussi prendre des dispositions pour le transport des ordures ménagères et les dépôts de transit.

En tout cas, la situation actuelle est appelée à évoluer, car l’anarchie, le manque d’autorité ne peuvent pas continuer.

Nous devons laisser aux générations futures une vie meilleure. C’est à cette seule condition que nous pouvons dire que nous avons fait notre devoir de génération.

Propos recueillis par

Alexis Kalambry

[haut]

Acceuil


 

OCCUPATION DU DOMAINE PUBLIC EN COMMUNE IV

Opération coup de poing contre les occupants illégaux

Une mesure gouvernementale prise avec le gouvernorat du district ordonne la libération du domaine public dans le district de Bamako. Hier, au sortir d’une réunion, la mairie de la Commune IV a privilégié la voie de la sensibilisation avant d’engager l’opération coup de poing dans deux semaines.

Le maire Issa Guindo et certains de ses adjoints ont pris langue hier avec les chefs de quartier, les notabilités, les chefs religieux et représentants des détaillants et artisans pour échanger sur la procédure de déguerpissement du domaine public. Selon le maire Guindo, la mesure a été prise conjointement par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales et celui de la Sécurité intérieure et de la Protection civile de concert avec le gouverneur du district.

A l’en croire, la libération du domaine public concerne les six communes du district et vise à décongestionner les voies et les abords du grand marché et rendre la capitale plus attrayante.

Le maire a initié cette rencontre, qui s’inscrit dans une démarche pédagogique mettant en avant la sensibilisation plutôt que l’épreuve de force. En Commune IV, trois voies sont concernées. Ce sont les deux côtés de la route qui va du monument de la colombe en passant par Djicoroni Para jusqu’au 9 e arrondissement (Sébénicoro). Celle qui va du monument de la colombe et qui passe par l’avenue Kwame Krhumah et aboutit au monument de l’éléphant (Hamdallaye). Enfin la troisième voie concerne le côté gauche de l’avenue Cheich Zayed situé entre le monument de l’éléphant et qui se termine au pont de Woyanko.

M. Bah, une notabilité de la commune a cherché à élucider la clause des autorisations accordées par la mairie aux occupants des trottoirs, qui pourraient être un frein à l’opération. Le maire Guindo a répondu, que « toute autorisation délivrée par la mairie pour ce genre d’occupation a un caractère provisoire. Le détenteur est même invité à ne pas utiliser de matériaux lourds parce qu’il peut être déguerpi à tout moment sans préjudice de poursuites ».

Sensibilisation

Cette réponse du maire était aussi destinée au représentant de la chambre des métiers de la Commune IV, Mamadou Diawara, qui demandait si les déguerpis seront recasés.

Son camarade Amadou Maïga du groupement des commerçants détaillants de la Commune IV a demandé, quant à lui, un sursis de trois semaines dans l’application de la décision. Son inquiétude était, que des gens ont réalisé des investissements colossaux, qu’il n’est pas facile de démonter rapidement. Trois semaines de délai ont été jugées trop longues par la réunion. Aux dires du maire, il envisageait de passer aux actes dans une semaine au plus tard.

Un sursis de deux semaines a été accordé à ceux qui ne se seraient pas soumis volontiers à la démolition. La mairie veut surtout que les occupants procèdent à « l’auto-démolition » de leurs kiosques, sans friction avec les forces de l’ordre. Pour les besoins de la cause, l’opération de démolition des kiosques a été fixée au 7 mars 2008 sur toute l’étendue de la commune.

Mais auparavant, la réunion a décidé d’entamer dès hier une vaste campagne de sensibilisation par voie de presse. Une commission mise sur place entre ce matin dans la danse. Son travail consiste à approcher individuellement les principaux concernés pour leur expliquer de porte en porte le sens de l’opération.

Abdrahamane Dicko

 

[haut]

Acceuil


Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

Prix:3000f cfa

Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

Prix:4000f cfa

Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org