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2008

Mois de Fevrier

Les Echos du 11 Fevrier 2008

 

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Le Snesup en grève illimitée à partir du 26 février

Profitant de leur assemblée générale d’information samedi dernier à la Faculté des sciences et techniques (Fast), des militants du Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) ont dénoncé les violences faites aux professeurs. Un préavis de grève illimitée à partir du 26 février sera en principe déposé ce matin.

Le Syndicat national de l’enseignement supérieur sera en grève illimitée à partir du mardi 26 février prochain. Ainsi en a décidé l’assemblée générale du Snesup, tenue samedi dernier dans l’amphi de la Fast. Le préavis de grève illimitée sera en principe déposé ce matin. Cette nième cessation de travail des professeurs du supérieur découle de la violence orchestrée sur leurs personnes par une poignée de « vandales » bien identifiés, mais qui, selon le syndicat, bénéficieraient protection.

« Nous sommes agressés dans les lieux de travail, dans les rues, des membres de nos familles sont menacés puis violentés. Les locaux de certains établissements sont saccagés ou incendiés… Nous ne pouvons plus supporter cette situation qui n’a que trop duré. Tant que notre sécurité n’est pas assurée, il n’y aura pas de travail. L’Etat doit s’assumer » telles sont, résumés, les propos introductifs du secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé.

Jadis circonscrite à la FSJP, l’agression des professeurs est en train de gagner du terrain. Des professeurs de la Fast vivent aujourd’hui la peur au ventre. Le mardi 5 février les premières violences à leur égard ont été enregistrées. Pour s’être interposé entre l’étudiant Hamadoun Touré, secrétaire général de la Flash qui avait trouvé refuge dans les bureaux du doyen de la Fast parce que pourchassé par des étudiants de la FSJP, un professeur a été battu à sang par des assaillants. Le 6 février, le domicile du doyen de la FSJP, Pr. Harouna Dembélé, a été attaqué avant d’être incendié par des vandales. Le bureau du secrétaire principal de la FSJP a été saccagé.

Des étudiants, selon le Snesup, ont également fait irruption dans la famille de Mamadou Koné, professeur à la FMPOS, ont violenté sa fille enceinte de 8 mois, volé des bijoux, emporté le téléphone fixe. Des menaces de mort ont été proférées sur la personne du secrétaire général du Snesup, Abdou Mallé, de Djibonding Dembélé. Il existerait aussi une menace d’agression sur la personne de Mme le recteur de l’Université…  « Trop c’est trop », a tapé du poing sur la table le Snesup.

Un Etat défaillant

Dans un amphi sous surveillance policière, des membres du Snesup, face à cette recrudescence de la violence en milieu universitaire en particulier s’en sont pris aux autorités. A la FSJP, elle est, selon eux, due à un problème d’élection du doyen. Parce que le nouveau doyen, dans sa réforme, a refusé de rentrer dans le jeu de l’AEEM qui avait pris la mauvaise habitude de fricoter avec l’ex-administrateur provisoire, fixait un taux de passage (60 %). « Depuis ce jour, les violences ont commencé. Nous sommes la cible des vandales. Chacun fait ce qu’il veut ». Ce que l’assemblée a déploré, c’est qu’aucune mesure ne soit prise à l’encontre des récalcitrants. D’autres ont accusé le ministre qui, de par sa politique, ne fait rien pour que la situation change. « C’est parce que la femme et la fille de certaines autorités n’ont pas passé que la violence doit continuer. Ils croient que nous allons céder à la pression pour que leurs protégés passent, qu’ils se détrompent. Nous n’allons pas nous laisser faire ».

Pour un autre professeur de la Flash, le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique lors d’une de ses sorties à la Fast a déclaré au moment où les professeurs observaient le mot d’ordre de rétention des notes : « Si vous ne rendez pas les notes, c’est vous qui êtes en face des étudiants ».

Cette phrase, aux yeux de beaucoup, en dit long sur ce qui pourrait être la suite des événements.

Amadou Sidibé

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LOTISSEMENT DE SENOU

De vrais faux numéros de parcelles distribués

Les travaux de réhabilitation de Sénou village suivent leur cours. Des spéculateurs fonciers sont dans leurs œuvres. Ils arnaquent des populations avec des faux numéros de parcelles.

La réhabilitation de Sénou village, concernant plus de 38 000 familles a été lancée, il y a trois mois environ et se poursuit normalement. La première phase portant sur le plan de morcellement et l’enquête ménage est presque à son terme. Avant même que tout soit mis au point, des spéculateurs fonciers sont entrés dans la danse.

Des spéculateurs fonciers sont en train de vendre à des populations des tickets portant des numéros de parcelles avec des faux cachets et signatures de la mairie. Ces mêmes personnes qui se sont fait avoir par des escrocs se sont présentées à la mairie le jeudi 7 février demandant les autres pièces de leur terrain. Ils se sont alors rendu compte qu’ils ne détiennent que de vrais faux numéros que la mairie a refusé de reconnaître. Le carnet de famille reste pour le moment le seul document remis par la mairie à des bénéficiaires de lots.

Le maire Souleymane Dagnon leur a fait comprendre que la mairie n’a pas encore commencé à délivrer des numéros de parcelles à Sénou et que ces faux documents sont l’œuvre d’une mafia.

M. Dagnon, qui avait promis à la chefferie traditionnelle que l’opération de réhabilitation de Sénou sera des plus transparentes, est décidé à faire toute la lumière sur cette affaire. La commission de lotissement et le commissariat de police de Sénou ont été saisis pour démanteler le réseau de magouilleurs. Selon le maire, le coupable ne sera jamais pardonné qui qu’il soit.

Abdrahamane Dicko

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Il faut le dire

Non-dits tchadiens

Tout est bien qui finit bien, dit-on souvent pour se féliciter du dénouement d’une situation difficile. C’est bien aujourd’hui le cas du Tchad, qui a récemment vécu des heures graves avec la prise de N’Djamena par des rebelles. Mais, face à une colonne de plusieurs pick-up avec à leur bord des guérilleros bien armés, le président Idriss Déby, dont il faut reconnaître la « témérité », a organisé la résistance et repoussé ses « ennemis ». On pouvait applaudir des deux mains parce qu’un régime élu venait d’échapper à un coup de force. Hélas ! Les derniers développements de la situation tchadienne conduisent plutôt à des non-dits.

M. Déby, une fois son fauteuil sauvé, ne s’est-il pas empressé d’annoncer son intention de gracier les Français de l’Arche de Zoé après avoir été intraitable à l’égard de membres de cette ONG, accusés de trafic d’enfants ? Est-ce un renvoi d’ascenseur à la France pour son soutien de dernière minute ? Si oui, devait-il donc payer pour avoir laissé la justice de son pays condamner des Français, quitte à laisser faire des rebelles malgré la présence de dispositifs comme l’opération « Epervier » et l’Eufor embryonnaire, des instruments à mettre accessoirement au service de pouvoirs élus au nom de la sauvegarde de la démocratie en Afrique ?

Que faut-il comprendre quand la France propose dans un premier temps l’exfiltration au chef de l’Etat tchadien et le conjugue au passé avant de se dédire : en soutenant son régime, une fois les rebelles « boutés hors de N’Djamena » ? Quelque part, il y a une sincérité douteuse dans cette affaire sinon quelqu’un n’allait pas croiser les bras et attendre que les rebelles traversent tranquillement le Tchad d’est en ouest sur plus de 700 km pour venir tenir la dragée haute au pouvoir dans la capitale même.

L’on regrettera encore une fois que ce soient les populations civiles qui font les frais des tergiversations ou inconséquences de ceux qui sont présentés comme les partenaires inconditionnels du continent. A présent, ce sont les Tchadiens moyens qui payent un lourd tribut à ce qui peut ressembler à un règlement de comptes. Et puisque la vengeance est un plat qui se mange froid, le président, sorti du moule de la guérilla, risque de se montrer désormais particulièrement féroce vis-à-vis de ses adversaires. De plus, l’afflux de réfugiés tchadiens en direction de pays voisins sera aussi de nature à compliquer davantage d’autres situations locales pas ou peu reluisantes.

Cependant, il ne serait peut-être pas trop juste de mettre tous nos maux au compte du seul Occident. Certains dirigeants africains, à cause des modifications inopportunes des constitutions, des parodies d’élections, de la corruption, du népotisme ou de leur tendance à favoriser une ethnie aux détriments d’autres, fragilisent pour ne pas dire enterrent la démocratie sur le continent.

Si l’Union africaine est prompte à condamner toute prise ou tentative de prise du pouvoir par la force armée, elle donne pourtant sa langue au chat s’agissant des brimades politiques, morales et économiques faites aux populations par des régimes à la légitimité suspecte. Ne ferme-t-elle pas les yeux sur les irrégularités qui entachent les scrutins africains ? Peut-elle jurer que le risque d’un embrasement est totalement écarté au Kenya alors même que la vérité sur la réélection de M. Mwaï Kibaki crève les yeux ? Pauvre Afrique !

A. M. T.

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CASCADE DE DEMISSIONS AU BDIA

Le Ben dément

La crise, qui a éclaté au sein du Bdia/Faso jigi suite à la démission de plusieurs responsables de son bureau exécutif national (Ben) à l’issue de son dernier congrès ordinaire en 2005, continue de secouer les puces de certains organes de ce parti dont le Ben qui était samedi face à la presse.

Le bureau exécutif national du Bdia/Faso jigi a animé en son siège une conférence de presse sur les défections qui ont récemment eu lieu. « Il y a quelques semaines, précisément le 26 janvier 2008, les médias faisaient état d’un événement qui concernait le Bdia/Faso jigi. Il s’agit notamment de l’adhésion de certains de nos anciens responsables à l’URD », a introduit Souleymane Makamba Doumbia, président du Bdia, principal conférencier. Et de poursuivre que cette situation trouve son origine dans une crise qui a éclaté au sein du Bdia, suite à la démission desdits responsables à l’issue du congrès ordinaire du parti, tenu les 28 et 29 mai 2005 et qui a consacré la mise en place d’un nouveau bureau exécutif national dans les conditions de transparence et de démocratie et conformément aux textes du parti.

Le président Doumbia a indiqué que ce n’est pas un plaisir pour un parti que des responsables quittent. « Mais, a-t-il précisé, leur départ a permis d’instaurer au sein du parti une certaine sérénité. Cela nous permettra de nous consacrer au travail. Nous avons élaboré un plan d’action. Nous allons nous étaler sur ce plan pour redynamiser le parti. Le Bdia/Faso jigi a actuellement plus de 200 conseillers communaux. Nous allons faire en sorte que nous puissions dépasser cela en 2009 ».

Aucune nouveauté

A la question de savoir si l’adhésion des anciens responsables de son parti à l’URD mettra en cause la relation des deux partis, Souleymane Makamba Doumbia a rétorqué que son parti continuera son partenariat avec l’URD sans tache, sans nuance. « Leur départ ne nous a causé aucun problème. Et ça nous met pas en mal avec l’URD. S’il fallait tenir compte à tous cela, les partis n’allaient pas s’entendre », a-t-il expliqué.

Pourquoi la négociation a-t-elle échoué ? M. Doumbia a répondu que « la tentative de réconciliation a commencé avant, au cours et après le congrès. Nous avons tout fait. Nous avons été obligés de les remplacer après plusieurs mois d’absence. Nous avons tous fait pour qu’ils ne partent pas. Nous regrettons leur départ. La porte ne leur sera pas définitivement fermée quand ils seront de retour », a ajouté Mohamed Kéita, son 1er vice-président.

En ce qui concerne la démission de plus de 30 sections, M. Doumbia indiquera qu’« à la direction nationale, nous n’avons enregistré la démission d’aucun comité, d’aucune sous-section encore moins d’une section du Bdia/Faso jigi. Si tel était le cas, ils ne se seraient pas privés de publier la liste des organes ayant fait défection ». Il développera que « c’est la propagande pure et simple. Si plus de 30 sections démissionnent, le Bdia ne va plus exister ».

Le parti de feu Tiéoulé Mamadou Konaté qui fut, aux termes des élections générales de 1992, la deuxième force politique dans notre pays, serait présentement, selon ses dirigeants, en butte à des tentatives de déstabilisation.

Sidiki Doumbia

(stagiaire

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COOPERATION MALI-UNION EUROPENNE

Les députés à l’école du 10e Fed

La coopération Mali-Union européenne était le plat de résistance d’un séminaire parlementaire organisé le week-end dernier par l’Assemblée nationale.

Le 6 février dernier, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le chargé d’affaires de la délégation de la Commission européenne au Mali étaient à Koulouba pour décortiquer au président de la République, le contenu du document de stratégie nationale et du programme indicatif national couvrant la période 2008-2013.

Moins d’une semaine après la présentation de ces documents qui s’inscrivent dans le cadre du 10e Fonds européen de développement (Fed), c’était au tour de l’Assemblée nationale sur initiative de l’Assemblée paritaire ACP-UE de statuer sur lesdits documents non pas pour les adopter mais les examiner et cela à la faveur d’un séminaire parlementaire tenu samedi dans la salle Aoua Kéita sur le thème : « la coopération Mali-Union européenne ».

A travers l’organisation de ce séminaire placé sous la présidence du président de l’Assemblée nationale et qui a réuni des membres du gouvernement, des ambassadeurs, des parlementaires et des partenaires, il s’agissait, pour les élus de la nation, d’échanger sur le présent et l’avenir de la coopération qu’entretient le Mali avec l’Union européenne. Et tout semble indiqué que l’atelier a gagné en pertinence du point de vue de son agenda et des thèmes qui ont été développés.

En effet, deux jours durant, gouvernement, parlementaires et société civile ont réfléchi sur la mise en œuvre du 10e Fed qui prévoit de mettre à la disposition du Mali, une enveloppe financière d’un peu plus de 366 milliards de F CFA pour la période 2008-2013. Ces ressources telles que présentées sont destinées aux secteurs de la gouvernance, à l’appui au développement économique des régions de Kidal, Gao, Tombouctou, Mopti et Ségou, aux infrastructures complémentaires.

A cet égard, le rôle de l’Assemblée nationale basé sur la sensibilisation des populations et l’édiction des normes relatives notamment à l’approfondissement de la démocratie, est déterminant. Ce qui a fait dire au président de l’institution que le séminaire parlementaire sur le 10e Fed revêt une importance capitale car, dira-t-il, « l’enjeu est majeur puisqu’il s’agit de la mise en œuvre de l’accord de Cotonou régissant la coopération ACP-UE ». Dioncounda Traoré a exprimé sa profonde reconnaissance aux autorités, en l’occurrence le président de la République qui, selon lui, n’a pas hésité un seul instant à associer les parlementaires non seulement au processus de programmation du 10e Fed mais également aux différentes négociations.

Signés en décembre 2007 à Lisbonne, le document de stratégie-pays et le programme indicatif national, traduisent si besoin en est, l’exemplarité de la coopération Mali-Union européenne. Si le premier fixe les orientations générales de cette coopération, le deuxième détermine l’enveloppe financière que la communauté envisage de mettre à la disposition de notre pays. En sa double qualité de ministre des Affaires étrangères et d’ordonnateur national du Fed, Moctar Ouane, tout en se félicitant de la pertinence du choix du thème, s’est montré pragmatique.

« La coopération financière à travers l’aide publique au développement est certes utile, mais insuffisante pour réduire durablement la pauvreté dans nos Etats et contribuer à l’amorce d’un développement économique véritable » . L’une des portes de sortie, pour le chef de la diplomatie malienne, reste que l’aide publique au développement soit combinée avec un accès accru au marché européen. Dans ce schéma, il a exhorté les honorables députés à amplifier le plaidoyer du gouvernement pour rationaliser la mobilisation des ressources allouées par une simplification accrue des procédures du Fed.

Axant son intervention sur les domaines d’intervention de l’UE, le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne, Hamann Gabin, a émis le vœu de voir le dialogue politique Mali-Union européenne se renforcer davantage.

Au sortir des travaux dimanche, les élus de la nation ont été mieux outillés sur le contenu du 10e Fed. En instaurant le débat sur la coopération Mali-Union européenne, le législatif a manifesté sa volonté d’engager un dialogue avec l’exécutif sur les priorités qui ont été définies par celui-ci pour un financement du Fed.

Comme quoi, l’Assemblée nationale veut aussi s’impliquer progressivement dans l’examen des politiques de coopération.

Mohamed Daou

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AIDE DE L’ETAT AU PARTIS POLITIQUES

Le cri du cœur d’un citoyen

On prête au gouvernement l’intention d’accorder une aide exceptionnelle aux partis politiques recalés par la Section des comptes de la Cour suprême, une sorte de remake de ce qui s’est passé il y a deux ans (décret du 4 janvier 2006). Cette décision est en contradiction avec l’esprit et la lettre de la loi n°05-045 du 18 août 2005 portant charte des partis politiques. Elle est aussi inopportune, car elle véhicule un certain nombre de messages inquiétants, facilement décryptables par les citoyens ordinaires. Quatre me viennent à l’esprit.

Premier message : quand on est Fama, on peut violer impunément la loi . Pour des raisons bassement politiciennes et en toute illégalité, le gouvernement se substitue au législateur pour procéder à une répartition de fonds publics entre des partis politiques défaillants. Le comble, c’est que hormis les organes de la presse, personne ne lève le petit doigt. Pourquoi s’étonner que des chauffeurs de « Sotrama » enfreignent les règles du code de la route, que des fonctionnaires déclenchent des grèves sauvages sans service minimum, que des professeurs confisquent les feuilles et notes d’examen des étudiants  ?

Deuxième message : la médiocrité paie autant que l’excellence. Les cinq partis qui ont fait l’effort de satisfaire aux critères fixés par la loi sont récompensés par le gouvernement, au même titre que les nombreux recalés. Pourquoi s’étonner que des partis qui n’ont aucun élu et n’existent que dans les registres du ministère de l’Administration territoriale exigent et obtiennent parfois des portefeuilles ministériels, que nos étudiants trichent aux examens ou soudoient les professeurs pour obtenir leur parchemin ?

Troisième message : le laxisme est une vertu, la rigueur un vice. Pour ne pas mécontenter des partis politiques, le gouvernement tombe dans la complaisance. Cette dérive existe dans beaucoup de nos services publics. Le chef de service qui est exigeant sur le respect des horaires de travail et sur le rendement de ses agents est taxé de méchanceté ; par contre, celui qui ferme les yeux sur le laisser-aller et la pagaille est traité de bon. Il est inutile de se fixer des règles si on ne veut pas les appliquer ou si on peut les contourner à tout moment. Pourquoi s’étonner que des marchands réoccupent illégalement la voie publique après mille et une mesures de déguerpissement, que des importateurs  ayant bénéficié de faveurs d’exonération créent une pénurie artificielle pour écouler des produits de première nécessité à des prix exorbitants, que des agents en faction dans les postes de contrôle routier laissent passer des véhicules de transport brinquebalants et surchargés ?

Quatrième message : les deniers publics n’appartiennent à personne ; on peut en faire ce qu’on veut. Dans le cas d’espèce, la cagnotte distribuée aux partis est loin d’être négligeable : elle est passée de 140 millions de F CFA en 2001 à 1,1 milliard en 2008. Pourquoi s’étonner que des gestionnaires puisent abondamment dans les caisses publiques, que des responsables politiques et administratifs usent et abusent des biens de l’Etat mis à leur disposition ?

Depuis quelque temps, les discours des dirigeants et des responsables politiques sur la soumission à la loi, le respect du bien public, la persévérance dans l’effort, le travail bien fait, le patriotisme, la citoyenneté, la discipline, n’ont pas d’écho auprès du citoyen lambda. La raison est simple : il est las d’écouter les verbiages de gens qui ne donnent pas le bon exemple. Comme le dit l’adage anglo-saxon : « ce que vous faites sonne si fort dans mes oreilles que je n’entends pas ce que vous dites ».

Ali Cissé

(administrateur civil Faladié, Bamako)

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ATTRIBUTION DE PLACES AU MARCHE DE TIEBANI

La mairie de Kalabancoro accusée d’affairisme

Pour des occupants du marché de Tiébani dans la Commune rurale de Kalabancoro, il y a un flou artistique qui entoure l’acquisition d’une place de hangar dans le marché. La mairie de Kalabancoro est mise en cause.

« Le travail foncier est collégial mais son attribution n’est pas démocratique » . Ce n’est pas le marché de Tiébani situé dans la Commune rurale de Kalabancoro qui fait exception à cette règle. Bien vrai qu’il en est à ses débuts mais s’agrandissant petit à petit, la gestion faite du marché de Tiébani par la mairie de Kalabancoro en matière d’attribution de places, de boutiques et immeubles est loin de faire l’unanimité. Les autorités communales sont accusées de gestion opaque.

Faisant partie de l’une des premières compétences transférées aux collectivités territoriales, l’aménagement du marché de Tiébani a conduit la mairie de Kalabancoro à des morcellements pour en faire des places au bénéfice des exploitants. Mais, à peine ce travail fini, des voix s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer ce qu’elles appellent « l’affairisme » de la mairie.

« La mairie a procédé au morcellement du marché de Tiébani pour attribuer des places à ses occupants. Mais avant la mairie, il y avait une commission au niveau du village de Tiébani qui s’occupait de cette question. Contre toute attente, la mairie de Kalabancoro est venue un jour remettre en cause le morcellement effectué par notre commission. Le problème aujourd’hui, c’est que les gens ne savent pas comment se procurer une place pour s’installer dans le marché » , dénonce un occupant.

Le hic, selon lui, est que la mairie est en train de vendre à prix d’or les places aux exploitants. « Les membres du conseil communal vendent les places à prix d’or. Mieux, à la mairie, l’on dit de plus en plus qu’il n’y a plus de places. Or, lorsqu’ils ont commencé à faire des morcellements, des gens sont partis se faire recenser. Mais lorsque ces mêmes personnes sont revenues après avec leur ticket d’enregistrement pour payer, il leur a été signifié que le ticket d’enregistrement ne suffit pas pour avoir de la place. Ils vendent aux gens qui déboursent plus gros, c'est-à-dire pas moins de 100 000 F CFA. C’est le flou total », charge un autre interlocuteur. Dans cette affaire, rapporte-t-on, pendant que certains ont toutes les peines du monde pour se procurer une place dans le marché, d’autres se sont taillés une dizaine. De quoi en rajouter à la frustration d’exploitants qui voient se dessiner une situation explosive dans les jours à venir.

Approché, le maire de Kalabancoro, Ibrahima Bamba assisté de son 2e adjoint, Mohamed Sylla, estime que le marché de Tiébani a été géré dans la collégialité. « Les marchés sont dans un cadre d’aménagement bien avant nous. Sur la vingtaine de marchés concernés dans la Commune, celui de Tiébani fait partie et il a été géré dans un cadre légal », explique M. Bamba. Sur un ton beaucoup plus explicite, le 2e adjoint soutient : « Nous avons respecté toute la procédure légale en la matière en ce se sens que nous avons fait une consultation à la base regroupant le chef de village et ses conseillers pour leur faire part de notre intention d’aménager le marché de Tiébani. Outre la consultation du village en assemblée, le projet d’aménagement a été soumis au conseil communal qui a délibéré en autorisant le bureau municipal d’organiser à la fois l’aménagement et de gérer l’attribution. Ensuite le bureau municipal a fait une consultation restreinte par rapport au bureau d’études pour le projet de plan d’aménagement. Après ce travail, le dossier a été envoyé au préfet de Kati pour approbation de même que les services administratifs et techniques ont donné leur avis. C’est ainsi que le préfet a approuvé la décision ».

Le maire et son 2e adjoint ont rejeté en bloc les accusations formulées. A en croire le 2e adjoint, c’est muni du mandat d’aménager et de gérer que le bureau municipal a envoyé une commission de recensement au marché de Tiébani. « Tous ceux qui étaient au marché à ce temps ont été recensés. Autrement dit, la mairie a donné la priorité à eux. Qu’ils soient demandeurs ou pas, nous leur avons affecté des boutiques et des places de hangar. Ça veut dire que les exploitants du marché ont été privilégiés », assure Mohamed Sylla.

A la mairie de Kalabancoro, l’on apprend que sur les 1000 places de hangar prévues, seuls les exploitants ont pour l’instant été bénéficiaires et personne d’autre. Par contre, précise-t-on, les immeubles et autres boutiques ont été attribués. S’agissant des prix de cession, la mairie parle de 20 000 F CFA pour les hangars, 40 000 F CFA pour les boutiques. Quant aux immeubles, leur prix de cession dépend de la surface. Par ailleurs, même si on ne se prononce pas sur le quota attribué aux chefs traditionnels, le maire et son 2e adjoint reconnaissent qu’ils ont été traités sans qu’ils aient adressé la moindre demande.

Aux dires de M. Sylla, en matière domaniale, la demande ne confère pas un droit d’attribution ni un droit de propriété. « Un marché n’est pas pour un village ni pour un quartier mais pour la Commune ».

Mohamed Daou

 

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