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2008

Mois de Fevrier

Les Echos du 08 Fevrier 2008

 

PENURIE D’EAU AU MALI

Un problème qui défie le discours politique

L’accès à l’eau potable hante aujourd’hui le sommeil de milliers de nos compatriotes pour qui elle est devenue un luxe. Rare pour certains, la denrée est désormais source de calvaire et cause de toutes les acrobaties et querelles inutiles dans de nombreuses localités. Une situation qui contraste avec les déclarations politiques, qui affirment que des « efforts colossaux » ont été fournis dans le secteur. Info ou intox ?

« L’eau, source de vie » , « l’eau, berceau de la vie » sont, entre autres, citations courantes pour mettre en relief la primauté de cette denrée dans la vie de l’homme. En aucun cas, elle ne doit manquer à l’homme, sinon c’est sa vie même qui se trouve en danger.

Hélas ! Le risque d’une pénurie pend sur la tête de milliers de Maliens, de l’intérieur et surtout de la capitale, le cas duquel devient de plus en plus intenable. Selon des enquêtes, « sur une population de plus de 12 millions d’habitants, près de 5,5 millions de Maliens sont encore privés d’eau ». Des statistiques qui riment bien avec la réalité, du moins aujourd’hui.

Les logements sociaux ont suscité une vive polémique sur leur utilité à cause de cette pénurie, dans la mesure où leurs résidents se demandent comment l’on peut habiter un bâtiment neuf, mais qui manque paradoxalement d’eau.

« Si le président de la République affirme qu’il nous a fait sortir du spectre de la location, qu’il mette d’accord de l’eau à notre disposition pour faire un travail complet » , nous disait, il y a quelques jours un bénéficiaire des logements sociaux de Samé.

« Cela fait 48 h que mon employé de maison veille en guettant l’eau au robinet. Rien à faire ! Nous sommes obligés de nous approvisionner avec des bidons transportés à moto à partir de Faladié ou Sogoniko » , se plaignait aussi un locataire des 1008-Logements sociaux de Yirimadio. La situation avait même entraîné un moment l’ire de certains bénéficiaires, peu motivés à emménager.

Mais nombre de nos compatriotes pensaient que l’accès à l’eau potable allait être plus facile, car espérant sur un sursaut d’orgueil des autorités en la matière. Surtout que le 31 mars 2007, lors de la présentation du bilan du gouvernement du 8 juin 2002 au 31 mars 2007, le Premier ministre d’alors avait « fièrement » informé la presse sur « des efforts importants effectués afin d’améliorer la distribution d’eau à Bamako ». Des résultats qui ne se sont guère répercutés sur les difficultés d’accès à l’eau de certaines populations.

Daoudabougou ne boit plus

La journée des milliers d’habitants de Daoudabougou est désormais régulée aux caprices du robinet. Et les populations ne savent plus à quel saint se vouer dans la mesure où elles se sentent privées d’un « droit inaliénable ».

« J’ai veillé hier soir à attendre le robinet qui ne s’est signalé qu’à 2 h du matin » , nous a indiqué une habitante, les yeux rouges. Elle n’était pas au bout de ses peines avec le signal du robinet, car elle n’a pu avoir qu’un sceau d’eau. « J’ai seulement pu remplir un sceau, dont j’ai déversé l’eau dans la jarre pour qu’on ait au moins à boire », a-t-elle dit sur un ton pitoyable.

La conséquence est que les alentours des puits ne désemplissent plus même souvent à des heures tardives de la nuit. En effet, il n’est pas rare de voir les femmes faire la queue devant des puits pour une eau dont la qualité laisse parfois à désirer.

« Nous sommes obligés de nous contenter de ça si l’EDM ne joue pas son rôle » , dixit une femme. Désabusées, des familles se ravitaillent chez leurs connaissances dans d’autres quartiers avec des bidons transportés à voiture ou à moto. « Ah égalité des Maliens, quand tu nous tiens ! », ont ironisé d’autres. La situation profite surtout aux charretiers d’eau, massivement convoités et qui cèdent le bidon de 20 litres à un prix exorbitant.

Ce ne sont pourtant pas les sources d’eau qui manquent au Mali pour sevrer des populations d’eau potable. N’avons-nous pas le fleuve Niger, qui, grâce à ses capacités, peut correctement approvisionner tout le Mali, à travers des réseaux d’adduction d’eau viables ? Il est incompréhensible que la corvée d’eau prive encore des Bamakois de sommeil.

A Ouagadougou (Burkina Faso), qui n’est traversé par aucun cours d’eau, l’engagement a permis de réaliser un lac artificiel pour mettre fin au calvaire des citoyens. C’est ce qu’on appelle la concrétisation de la volonté politique.

Le ministre des Mines, de l’Energie et de L’Eau, Ahmed Sow, qui dit avoir quitté le Centre pour le développement de l’entreprise (CDE) pour se mettre au service de son pays, devra agir promptement.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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FONDS EUROPEEN DE DEVELOPPEMENT

Pluie de milliards sur le Mali

La gouvernance, le développement économique des régions du Nord et du delta du Niger et l’appui budgétaire général sont les domaines concernés par le 10e Fonds européen de développement (Fed) dont l’enveloppe financière pour la période 2008-2013 devant être mise à la disposition de notre de notre pays est de plus de 366 milliards de F CFA.

S’il y a une coopération active, dynamique et exemplaire, c’est bien celle que le Mali entretient avec l’Union européenne. Pour la deuxième fois et en moins d’un mois, Maliens et Européens se sont retrouvés mercredi après-midi à Koulouba pour consacrer le dynamisme de leur coopération multilatérale à travers la présentation du document de stratégie pays et du Programme indicatif national pour la période 2008-2013.

La cérémonie, qui s’est déroulée dans la salle de banquet de Koulouba, était placée sous la présidence du président de la République, Amadou Toumani Touré, en présence du Premier ministre, des membres du gouvernement et des ambassadeurs accrédités dans notre pays.

Pour la présentation des documents, qui ont été paraphés entre le Mali et la Commission de l’Union européenne à Lisbonne, le 9 mars 2007, deux orateurs se sont succédé. Il s’agit du ministre des Affaires étrangères et la Coopération internationale, S. E. Moctar Ouane et du chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne, S. E. Hamann Gabin. Ils ont décrypté les circonstances qui ont concouru à l’atteinte de cet objectif.

Fruit d’un long processus de négociation, les deux documents fixent, l’un, les orientations générales de la coopération Mali-Union européenne pour la période 2008-2013 et, l’autre, les ressources financières programmables indicatives qui se chiffrent à 539,3 millions d’euros, soit plus de 366 milliards de F CFA que l’Union européenne envisage de mettre à la disposition de notre pays pour la période 2008 2013.

Ces ressources sont destinées à cinq axes prioritaires sur les six qui ont été définis dans le Programme de développement économique et social (PDES). Concrètement, il s’agira de mieux organiser l’action publique, améliorer la production primaire et renforcer la sécurité alimentaire ; mettre en place un environnement propice à l’émergence et au développement du secteur privé, insérer les femmes et les jeunes dans les secteurs productifs et développer les secteurs sociaux.

Dans cette perspective, dira le ministre des Affaires étrangères et ordonnateur national du Fed, les ressources mobilisées seront consacrées à la gouvernance, à l’appui au développement économique des régions de Kidal, Gao, Tombouctou, Mopti et Ségou, au renforcement de la zone de l’Office du Niger, etc.

Au regard des performances réalisées dans le cadre de la mise en œuvre du 9e Fed qui a enregistré de la part du Mali un taux de décaissement supérieur à 65 % avec une moyenne, sur les deux dernières années, de plus de 100 millions d’euros par an, soit plus de 65 milliards de F CFA, le chef de la diplomatie malienne a insisté sur le maintien et l’implication de cette tendance. Pour ce faire, il a proposé des mesures destinées notamment à rationaliser la fixation des objectifs, à diligenter l’élaboration des requêtes de financement destinées au Fed.

L’une des nouveautés du 10e Fed découle de l’importance accordée à la gouvernance. Le concept de bonne gouvernance est de garantir les droits et les libertés des citoyens, mais aussi d’assurer les fonctions régaliennes de l’Etat en matière de redistribution, de fourniture de services sociaux élémentaires.

Le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne, s’est félicité de la forte mobilisation qui s’est faite au tour du processus de programmation du 10e Fed et qui a permis, selon lui, d’aboutir à une stratégie ambitieuse et novatrice. « Ce n’est pourtant que le début d’une nouvelle phase. La mise en œuvre des activités va nécessiter également une forte implication de tous les acteurs au développement, car nous tenons à ce que toutes les parties soient impliquées à toutes les phases des interventions », a conclu Hamann Gabin.

Le Mali figure parmi les 32 pays qui ont reçu 25 % de la tranche incitative. Autant dire que le plan de réformes proposé est considéré comme pertinent.

Mohamed Daou

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EPILOGUE

La vie des partis politiques

Les partis politiques, en démocratie, naissent de la volonté des hommes politiques de parvenir au pouvoir par la voie des urnes et de l’exercer dans les normes fixées par le texte fondateur de la République, c’est-à-dire la Constitution. Leur vocation première est donc la conquête et l’exercice du pouvoir politique par la mobilisation des populations ayant adhéré à leur choix de société dans les domaines de l’économie, de la santé, de l’éducation, des loisirs et des sports, etc.

Au Mali, le chemin pour parvenir au règne des partis politiques fut long puisque le pays connut d’abord un régime de parti unique de fait (1960-1968), une dictature militarisée appelée CMLN (1968-1978) et enfin un régime de parti unique constitutionnel (1974-1991).

Présentement, les partis politiques (plus de 100 disent certains) sont régis par la charte des partis, mais leur fonctionnement interne est assuré par un ensemble de textes dont les principaux sont les statuts et le règlement intérieur qui les organisent, définissent leurs grandes orientations et précisent leurs modes de financement.

Deux générations de partis se partagent la scène nationale actuellement : les partis politiques nés de la lutte pour l’indépendance (US-RDA, PSP, PAI) et les partis issus de la lutte contre la dictature et le parti unique (UDPM) et donc du Mouvement démocratique. Mais, une tentative de restauration a permis à l’UDPM de renaître de ses cendres parce que des politiciens se réclamant de son héritage ont réussi par fanfaronnade à mettre sur pied une organisation politique semblable dénommée Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR).

Le simple fait que cette formation politique ait été portée sur les fonts baptismaux par d’anciens cadres de l’UDPM ou par leurs héritiers spirituels aurait dû inciter le Mouvement démocratique à empêcher son éclosion. Mais pour des scrupules de démocratie totale, la dictature a survécu et dispute maintenant la scène politique aux partis nés de l’opposition à l’autocratie.

Tous ces partis politiques affichent la volonté de développer le pays, estimant que peu a été fait dans ce sens de 1960 à ce jour. Pour cela, certains ont élaboré des programmes politiques, mais beaucoup d’autres aussi se contentent des déclarations d’intention. Mais même dans le camp de ceux qui se sont dotés d’un programme de gouvernement ou d’un projet de société, ces programmes et ces projets se ressemblent étrangement pour ne pas dire qu’ils se répètent ou se copient les uns et les autres, si bien qu’on se demande pourquoi tant de partis politiques.

Les 3/4 de ces partis bénéficient d’une implantation purement urbaine, c’est-à-dire qu’ils sont seulement présents à Bamako et dans quelques capitales régionales. Dans la réalité, les zones rurales les ignorent totalement alors que notre population est constituée de près de 85 % de ruraux. En dehors de l’US-RDA, qui a géré le pays de 1960 à 1968, et de l’Adéma qui l’a fait de 1992 à 2002, deux partis qui, de ce fait, ont eu le temps de s’implanter dans les campagnes, la plupart des partis de ce pays sont des partis urbains que les ruraux connaissent peu.

De plus, tous portent la marque du fondateur qui en détient les textes fondamentaux dont en premier lieu le récépissé administratif qui peut devenir un enjeu en cas de scission. Cette forte personnalisation des partis tend à les faire passer pour la propriété de leur président et c’est sur cette base que souvent les militants viennent aux partis.

D’un autre côté, les programmes (pour ceux qui en ont) sont rédigés en français, langue que la plupart des électeurs ne comprenant pas. Il revient donc aux responsables politiques d’aller vers les populations pour leur expliquer le contenu de ces documents, ce qui n’est pas souvent le cas. Les 3/4 des populations étant analphabètes, les partis échouent dans le travail d’explication des programmes parce que les cadres, même s’ils maîtrisent les langues nationales, ont la manie de ne s’exprimer qu’en français (certains par mégalomanie prétendent même ne pas les comprendre).

Il y a aussi le problème du personnel des permanences tenues par des militants dont les statuts ne sont clairement précisés. Dans certains partis (les grands comme l’Adéma qui sont bien organisés), les secrétaires permanents sont des fonctionnaires payés à la fois par l’Etat et par le parti ; dans d’autres (les moins structurés) ce sont des chômeurs, des compressés et des déflatés qui sont employés pour assurer la permanence. Le problème du salaire de ce petit personnel est un véritable casse-tête pour certains partis et généralement, ce sont les responsables politiques les plus riches qui mettent la main à la poche pour l’évacuer.

De la multitude des partis créés entre 1991 et 1992, plusieurs présentèrent un candidat à l’élection présidentielle de 1992, mais c’est l’Adéma/PASJ qui l’emporta et pendant 10 ans (1992-2002), ce parti garda le pouvoir et géra le pays avec des hauts et des bas. A l’épreuve de l’exercice du pouvoir, les partis politiques, pourtant issus du Mouvement démocratique, étalèrent leurs divisions pour des questions d’ambitions personnelles déçues, d’où les affrontements (parfois physiques) auxquels on assista entre 1992 et 1997.

La contestation du pouvoir politique issu des urnes en 1992 a caractérisé les débuts de la IIIe République et mis à nu les faiblesses des partis politiques. Si l’Adéma a réussi à se maintenir au pouvoir en 1997 dans des élections fortement contestées et même boycottées par beaucoup de partis politiques, elle se comporta autrement en 2002, remettant le pouvoir à un indépendant après 10 ans de règne. Par cet acte, elle a mis en panne le fonctionnement du jeu démocratique et empêché l’alternance de se réaliser malgré les efforts déployés dans ce sens.

De plus en plus d’ailleurs, les partis politiques délaissent leurs missions traditionnelles de conquête du pouvoir politique et de formation des militants. Ils sont dans cette voie utilisée comme un tremplin à des promotions individuelles ou collectives ou comme des bureaux de placement pour la poignée de militants très fidèles au président.

Facoh Donki Diarra

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MOUVEMENT DES JEUNES DU PARENA

Un tremplin pour le « Bélier blanc »

La frange jeune abat un travail de fourmi dans les partis politiques. Au Parena, le Mouvement des jeunes ne demeure pas en reste et joue un rôle central dans l’affirmation du parti.

Au parti du Bélier blanc (emblème du Parti pour la renaissance nationale, Parena), le mouvement des jeunes joue un rôle capital. Son président, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Moussa Balla Diakité, à la tête d’un bureau national de 45 membres, occupe le 13e rang dans la préséance du comité directeur du Parena fort de 52 personnes.

Comme recommandé par la ligne directrice du parti, les jeunes, aussi bien que les autres structures, sont organisés de la même façon. Au sommet se trouve le bureau national, présidé par Moussa Balla Diakité, dans les régions existent les coordinations, dans les communes sont élus les membres des sections tandis que les quartiers abritent les sous-sections et les comités.

Deux tâches essentielles sont confiées à la composante jeune : le recrutement de nouveaux adhérents et la mobilisation des militants dans le cadre des activités du parti. Le président Diakité soutient que « l’adhésion de nouveaux militants est une activité permanente au sein du parti que tous les militants peuvent faire ». Il arrive, selon lui, que des militants adhèrent par conviction au parti de leur propre chef. Le dernier cas s’est passé il n’y a pas longtemps.

Aux dires de M. Diakité, il y a eu une vague d’adhésions de citoyens séduits par l’intervention de l’honorable Me Amidou Diabaté dans les débats portant sur la Déclaration de politique générale du gouvernement (DPG). Une pratique courante au Parena dont la prise de position des responsables sur des questions d’importance est le plus souvent suivie d’afflux de nouveaux militants.

Avec ces arrivées, le Mouvement des jeunes se fait le devoir d’organiser tous les trois mois des rencontres au siège du parti entre les nouveaux militants et la direction du parti. Moments solennels au cours desquels ils prennent connaissance avec les objectifs et la vision du parti. Ils font également la connaissance des responsables au sommet, ceux des structures locales, entre autres.

La formation est l’un des domaines d’activités des jeunes. Le Centre Diossely Koné implanté au siège du Parena à Oulofobougou immortalisant un militant est même dirigé par Seydou Djimdé, l’adjoint au président national du Mouvement des jeunes du Parena. Le Centre, qui organise des sessions de formations décentralisées, a pour mission de former à la citoyenneté, aux concepts de démocratie, aux questions d’emplois des jeunes. Il est ouvert à tous les partis politiques.

Ce rôle essentiel joué par les jeunes du Parena ne fait pas pourtant perdre la tête à leur président. « Il serait prétentieux de notre part de dire que nous sommes la cheville ouvrière du Parena. Tout le monde y joue un rôle extrêmement important », affirme humblement M. Diakité.

Abdrahamane Dicko

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EN VUE DE LEUR FINANCEMENT PUBLIC

Des partis politiques falsifient les dossiers

Au Mali, pour bénéficier de l’aide publique, tous les moyens sont bons. Des formations politiques empruntent tout simplement le train de la tricherie nonobstant la clarté des textes.

Selon la loi du 18 août 2005 qui a consacré une nouvelle charte des partis, le montant annuel de l'aide financière de l'Etat aux formations politiques doit représenter 0,25 % des recettes fiscales de l'année. Selon la même loi, les partis politiques retenus à l’aide doivent remplir les critères de sélection prévus par la loi : tenue régulière des instances suprêmes (congrès et conférence nationale), possession d'un vrai siège, inventaire des biens meubles et immeubles, ouverture d'un compte dans une banque de la place, comptes annuels présentés à la Section des comptes de la Cour suprême.

La participation des partis aux législatives et communales fait également partie des critères de sélection. Mais aujourd’hui, rares sont ceux qui appliquent à la lettre ces conditions pour bénéficier de l’aide. Comment les choses se passent-elles donc ?

Au moment de l’appel à candidature de la Délégation générale aux élections (DGE), chargée de la répartition de l'aide publique aux partis politiques bénéficiaires, c’est une véritable Mafia qui se met en place pour falsifier des dossiers, des comptes bancaires… Ceux-là qui n’ont pas de sièges officiels, se décarcassent pour trouver une maisonnette, le temps d’empocher les sous. D’autres jouent au plus malin. Ils badigeonnent la devanture de leurs concessions et écrivent sur une plaque. « Vous savez, louer une villa durant toute une année n’est pas chose aisée. Ça nous revient à plusieurs millions de F CFA. L’essentiel, c’est de nous réunir, organiser quelques rencontres, se prononcer sur les sujets d’intérêts nationaux », dit un responsable de parti mourant qui s’est quand même débrouillé pour figurer sur la liste des bénéficiaires de l’aide exceptionnelle.

D’autres partis ne se donnent même pas la peine de soigner les apparences. Les bras croisés, ils attendent la perche tendue, sachant bien que la DGE n'a pas les moyens logistiques de les retrouver.

Flou et informel

Par rapport aux comptes bancaires la loi dit : « Tout parti politique doit tenir une comptabilité régulière et un inventaire de ses biens meubles et immeubles. Les documents et pièces comptables doivent être conservés pendant dix ans au moins. Le délai de conservation commence à la clôture de l'exercice comptable. Les partis politiques sont tenus de déposer au plus tard le 31 mars de chaque année leurs comptes annuels auprès de la Section des comptes de la Cour suprême… La Cour des comptes procède à la vérification de la moralité et de la sécurité des comptes du parti. Elle peut exiger toutes justifications et explications nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Elle a accès à tous documents, états de caisse et livres journaux. La vérification peut s'étendre à ses structures inférieures ».

Qu’est-ce qui se passe avec à ce niveau ? C’est le flou et l’informel. La difficulté fondamentale, c’est que les partis politiques ne peuvent fournir certaines pièces notamment les documents justifiant la tenue des instances. Pour résoudre ce problème, une mafia de falsificateurs de documents est mise en branle pour dire que « nous avons fait telles ou telles dépenses, nous avons fait telles formations et nous sommes en règle ».

Pour contourner ces tricheries, certains observateurs proposent que l’Etat écarte les formations qui ne sont pas parvenues à faire élire un candidat aux législatives et aux municipales, tout comme les partis qui ne jouent pas leur rôle de sensibilisation, de mobilisation ou d'encadrement de leurs militants sur les grandes questions qui concernent la nation.

A défaut, il faut, suggèrent-il, fixer un pourcentage d'électeurs que chaque parti doit réunir lors des scrutins pour prétendre à l'aide de l'Etat. Ils fondent leurs propos sur le fait que quand une formation n’existe pas que de nom, elle doive avoir un siège, un compte, former ses militants… et avoir au moins un élu surtout que la charte des partis politiques est claire à ce niveau : « Les partis politiques remplissent une mission d'intérêt général, en concourant par les moyens pacifiques et démocratiques, à la formation de la volonté politique, ainsi qu'à l'éducation civique des citoyens et des dirigeants ayant naturellement vocation à assumer des responsabilités publiques… ».

Une moralisation des responsables politiques et une vigilance plus accrue des autorités paraissent nécessaires pour une distribution équitable de l’aide publique.

Amadou Sidibé

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VIE DES PARTIS POLITIQUES

Un plus pour cinq formations

En répondant aux critères d’éligibilité au financement public des partis politiques, le MPR, l’URD, l’UFD, le RDR et le Mplus/Ramata ont prouvé à l’opinion le sérieux qu’ils mettent dans le travail politique.

Pour bénéficier du financement public pour leurs activités, les partis politiques, selon la loi n°05-047 du 18 août 2005 portant charte des partis politiques, doivent répondre à des critères, notamment la tenue régulière d’une comptabilité et l’inventaire de ses biens meubles et immeubles. De plus, les partis politiques sont tenus de déposer, au plus tard le 31 mars de chaque année, leurs comptes annuels de l’exercice précédent auprès de la Section des comptes de la Cour suprême, etc.

Il faut dire que les partis politiques bénéficient d’une aide financière de l’Etat inscrite au budget de l’Etat à raison de 0,25 % des recettes fiscales de l’année antérieure. Le montant annuel des crédits affectés au financement est divisé en 4 fractions : la première fraction égale à 15 % des crédits est destinée à financer les partis ayant participé aux dernières élections générales, législatives ou communales ; la deuxième, égale à 40 % des crédits, finance les partis politiques proportionnellement au nombre des députés.

Une troisième tranche fraction égale à 35 % des crédits est destinée à financer les partis politiques proportionnellement au nombre des conseillers communaux. Et une 4e fraction (10 %) des crédits est partagé entre les partis politiques proportionnellement au nombre des femmes élues à raison de 5 % pour les députés et 5 % pour les conseillères communales.

Cette année, les partis politiques qui ont été déclarés officiellement éligibles à ces différentes subventions sont au nombre de cinq : le MPR, l’UFD, l’URD, le RDR et le Mplus/Ramata. Bien que les autres formations politiques n’aient pas répondu aux critères d’éligibilité, il a été décidé de partager entre elles le reliquat qui devait normalement être reversé au Trésor public. Toujours est-il qu’en répondant aux critères édictés par la loi, les cinq partis ont prouvé aux yeux de l’opinion le sérieux et la rigueur qui les caractérisent.

Avec un peu plus de 33 millions de F CFA tombés dans l’escarcelle de l’Union des forces démocratiques (UFD) pour avoir satisfait aux conditions d’éligibilité, son président, Siaka Diarra estime que l’aide publique aux partis est importante pour la vie des partis politiques.

« Cet apport permet aux partis d’être mieux organisés pour un fonctionnement digne de ce nom. Pour bénéficier de la subvention, c’est une question de textes qu’il faut nécessairement respecter. Ce n’est pas chose aisée car il faut se conformer à beaucoup de paramètres : déposer le dossier avant le 31 mars, avoir un siège différent du domicile, le respect de la tenue des instances statutaires du parti, avoir un compte bancaire au nom du parti, un document comptable fiable. En un mot, il faut se conformer aux dispositions de la charte des partis politiques. En réalité, c’est un travail mesquin qui exige beaucoup de gymnastique en matière de comptabilité matière » , explique le président du parti UFD créé dans la clandestinité par Me Demba Diallo (paix à son âme) en 1970.

Maintenir le cap

Grand parti politique par principe, aux dires de Siaka Diarra, l’UFD dispose des documents qui attestent de la moralité de ses comptes. Se prononçant sur la gestion qui sera faite de l’aide, le président de l’UFD répond : « C’est le CE qui est l’instance de décisions et c’est lui qui programme le budget prévisionnel. Les fonds à l’UFD ont toujours été utilisés conformément au budget prévisionnel du parti. Ce n’est pas toujours facile de dire que l’argent est suffisant. Le montant mis à notre disposition va permettre à l’UFD de faire un travail de terrain approprié en termes de formation, de sensibilisation des militants et de l’implantation même du parti ». Avant d’assurer que le fonds reçu sera judicieusement utilisé.

Créée le 1er juin 2003, c’est la toute première fois que l’Union pour la République et la démocratie (URD) est déclarée éligible au financement public. Le secret du parti c’est qu’il s’est conformé cette fois-ci aux textes. « Nous nous sommes conformés aux textes régissant le financement public des partis politiques. Nos responsables aux finances ont eu à suivre un stage tout comme les responsables aux finances d’autres partis sur comment remplir le manuel, tenir le document comptable… Ce sont ces consignes que nous avons suivies. Ce qui nous a valu notre admission, c’est le sérieux mis dans le travail. Nous avons envoyé à nos secrétaires aux finances des lettres de félicitations pour le sérieux qu’ils ont mis dans la formulation du dossier », confie Abdoulaye Koïta, 3e vice-président du parti de la Poignée de mains.

Ayant bénéficié de plus de 214 millions de F CFA, l’URD, par la voix de son 3e vice-président, entend poursuivre sa mission quotidienne au plan national et communal. « Le financement des partis politiques a un objectif bien précis. C’est soutenir les partis dans la formation de leurs militants, dans l’éducation des citoyens… En tout cas bénéficier de l’aide après avoir rempli les critères dénote du sérieux d’un parti », soutient M. Koïta.

Autre formation politique à bénéficier de l’aide, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR). Il a reçu de l’Etat plus de 80 millions de F CFA. Selon un cadre du MPR, le parti continuera à mener les activités ordinaires, en l’occurrence la formation et la sensibilisation des militants. « C’est vrai que nous avons bénéficié de l’aide mais n’oubliez pas que le parti a ses réalités. Nous avons le siège à payer, un personnel à payer, des militants à former… Donc, l’argent sera utilisé à cette fin et pas à autre chose. Car, l’année prochaine nous sommes tenus de justifier l’utilisation faite du fonds et s’il est établi qu’il a été mal géré, nous n’allons pas bénéficier l’aide de l’Etat ».

Pour notre interlocuteur, le fait de ne pas verser le reliquat de l’aide au Trésor public est une entorse aux dispositions de la charte des partis politiques fixant les critères d’éligibilité.

Notons qu’au club sélect des bénéficiaires ayant répondu aux critères figurent le Mplus/Ramata et le RDR que nous n’avons pu rencontrer en dépit de nos multiples tentatives.

Mohamed Daou

 

De nombreux conseillers communaux et députés

Ne disposant pas de députés, l’Union des forces démocratiques (UFD) peut néanmoins se targuer de compter dans ses rangs 12 conseillers élus repartis surtout entre les régions de Koulikoro et Ségou.

Par contre, l’URD compte 34 députés et 1635 communaux. Au MPR, l’on dénombre 458 élus communaux et 8 députés.

M. D.

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FESTIVAL « MIX UP BAMAKO »

Passerelle entre musiques électronique et mandingue

A l’initiative du Centre culturel français de Bamako (CCF), le Festival Marsatac-Marseille, spécialisé dans les musiques électroniques, a conçu et réalisé le 1er Festival consacré aux musiques électroniques du Mali. Au programme, une nuit entière de rencontres entre tradition mandingue et l’électronique (hip-hop, dijaying, sampling, etc.) le plus novateur. Ce sera le 15 février 2008 au Studio Blonba de 21 h à l’aube !

Cette soirée originale sera l’occasion de découvrir ou de redécouvrir des artistes qui font la modernité de la musique mandingue en travaillant à la faire évoluer au contact d’autres influences culturelles. Ainsi, sur scène, on retrouvera tout d’abord Mangala Camara, l’ancien prix RFI, créateur du tube de l’année 2007 « Minyé, Minyé ». Meilleur artiste du Mali en 2007, l’enfant de Kéniéba (région de Kayes) a montré de nombreuses fois sa curiosité pour d’autres univers musicaux.

Suivra une création authentique initiée par le festival. Ce spectacle est issu d’une étonnante rencontre entre producteurs français et musiciens maliens. Ainsi David Walters et Alif Tree, jeunes révélations de la scène underground électronique française, seront associés à Ahmed Fofana, Issa Bagayogo dit Techno Issa, Aboubacar Koné et Massaran Kouyaté.

A côté des artistes connus comme Néba Solo, Mangala Camara, Lassy King Massassy, Kwal… les mélomanes vont donc découvrir deux jeunes talents du Mali. Il faut noter qu’Aboubacar Koné est un percussionniste très doué. Il est membre du Symetric Orchestra de Toumani Diabaté (second soliste) et appartient à la nouvelle vague de musiciens maliens qui fait évoluer la tradition par la composition de nouveaux rythmes et de nouvelles mélodies.

Quant à Massaran Kouyaté, elle est une jeune chanteuse malienne dont l’énergie et la passion sont à la hauteur de son talent. Elle est sans doute l’une des voix les plus prometteuses de la musique mandingue. Griotte, elle est avant tout une chanteuse hors pair remarquée par Salif Kéita qui l'a amené sur les plus grandes scènes d’Afrique et du monde.

Le clou de la soirée sera un gigantesque « Bamako Hip-Hop All Stars ». Un autre spectacle inédit qui verra se succéder sur la scène tous les plus grands rappeurs du Mali autour de Lassy King Massassy. Beaucoup d’autres surprises musicales attendent les mélomanes pendant cette nuit qui, finalement, paraîtra courte à cause de l’ambiance.

Cette expérience est inédite dans la mesure où c’est le premier festival consacré aux musiques électronique et mandingue au Mali. C’est une nouvelle opportunité de promouvoir la musique malienne en prônant son ouverture à tous les concepts qui respectent son essence.

L’un des mérites de cette belle initiative, c’est qu’elle mettra en évidence « une esthétique musicale » peu développée à Bamako. Cet événement est très important, car c’est une première au Mali, voire en Afrique de l’Ouest.

Alphaly

 

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

Prix:3000f cfa

Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

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Le mouvement mondial des femmes

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