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2008

Mois de Fevrier

Les Echos du 07 Fevrier 2008

 

UNIVERSITE DE BAMAKO

Des étudiants vandalisent des bureaux de la Fast

Le doyen de la Faculté des sciences et techniques (Fast) et ses collaborateurs ont passé de mauvais quarts d’heure le mardi 5 février 2008 aux environs de 9 h suite à une altercation entre les étudiants de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) et ceux de la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash). Les vitres de leurs bureaux ont été gratuitement brisées.

Hier, au cours d’un entretien le vice-doyen de la Fast, Pr. Gaoussou Traoré, a expliqué que tout est parti de l’internat, où le secrétaire général du comité AEEM de la Flash, Hamadoun Traoré, a été alerté par un de ses camarades de l’intention du comité AEEM de la FSJP de le « liquider ».

C’est pour échapper à ses poursuivants que le secrétaire général de la Flash, logé à l’internat de la Fast à Badalabougou, a trouvé refuge dans le bureau du doyen de la Fast. Selon le vice-doyen de l’établissement, il était pourchassé par des étudiants de la FSJP, armés de machettes et de gourdins…

N’eut été sa promptitude à fermer à clé la porte du doyen, le vice-doyen de la Fast s’est dit convaincu qu’Hamadoun Traoré serait passé de vie à trépas, ses poursuivants ayant détruit les persiennes du bureau alors que la police, informée, n’est arrivée sur les lieux que trente minutes plus tard. Le doyen et tout son staff s’étaient retranchés au fond du bureau en même temps que « l’ennemi » du jour.

Le doyen de la FSJP sans abri

Les jets de pierre des poursuivants ont blessé un professeur qui, au moment de notre passage hier, était parti se soigner. Ces incidents ont provoqué la colère de l’administration scolaire de la Fast qui se dit être perpétuellement victime des violences perpétrées par des étudiants d’autres établissements.

Pr. Gaoussou Traoré a ajouté que des étudiants de son établissement ont riposté par des jets de pierre pour disperser les assaillants qui venaient de s’attaquer à leur administration. L’on peut rendre grâce au Ciel, car à la Fast on soutient mordicus que si le secrétaire général du comité AEEM de la Flash avait été rattrapé par ses poursuivants acharnés, le drame serait inévitable.

Comme un malheur ne vient pas seul, le secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup), Dr. Abou Mallé, que nous avons croisé sur les lieux, nous a informé que le domicile du doyen de la FSJP, Pr. Harouna Dembélé, a aussi été attaqué puis incendié par des inconnus dans la nuit du mardi à jeudi 6 février 2008.

Amadou Waïgalo

Ramara Kéita (stagiaire)

 

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PRIVATISATION ANNONCEE DE LA CMDT

Des paysans tournent le dos au coton

Le secteur coton traverse l’une des crises les plus graves de son histoire dans notre pays. Le pire est à craindre. La privatisation de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) pourrait amener les paysans à ne plus cultiver le coton. Des cotonculteurs ont déjà tourné casaque.

L’Or blanc n’a cessé d’être au cœur des débats ces derniers temps. Beaucoup a été dit concernant sur les problèmes qui assaillent le secteur. L’Etat, sous la contrainte des bailleurs de fonds, n’a trouvé d’autres solutions que de privatiser la CMDT, chargée de vulgariser la culture du coton. Cela pourrait amener les paysans à ne plus cultiver le coton qui est pourtant l’un des principaux produits d’exportation de notre pays et nourrit des millions de personnes.

La privatisation de la CMDT prévue d’ici la fin de cette année et à la laquelle il a été trouvé le vocable « filialisation », n’augure pas de lendemains meilleurs pour le Mali. Elle est le signe annonciateur d’un Mali sans coton. Les paysans travaillant dans le coton ayant, semble-t-il, senti le coup venir.

Avec l’augmentation vertigineuse des prix des intrants agricoles et l’escompte du prix du coton, les paysans ne savent plus à quel sain se vouer. D’ores et déjà, beaucoup d’entre eux ont commencé à se livrer à d’autres activités. A Béléko, une sous-préfecture de Dioïla, à une centaine de kilomètres de Bamako, des cotonculteurs commencent à changer de main pour se familiariser avec la culture d’autres céréales. Dans cette zone, grande productrice de coton, la culture de l’oignon s’est développée cette année.

« Les pris des intrants augmentent de façon croissante. Dans notre zone, les villages qui cultivaient chaque année mille hectares de coton, n’ont pas dépassé 200 hectares cette année  », nous a confié Zoumana Coulibaly, un jeune cotonculteur à Dioïla, émigré à Bamako depuis quelques mois.

Sortir de l’impasse

« Je suis venu à Bamako pour chercher l’argent afin de faire sortir ma famille du pétrin. On a pris les intrants à crédit tandis que le coton n’a pas procuré assez d’argent cette année. On est dans l’obligation de payer ce crédit. Je suis obligé de sortir pour aider ma famille. Beaucoup de jeunes ont fait comme moi. D’autres sont partis plus loin » , se justifie M. Coulibaly.

Selon lui, « malgré les encouragements de la CMDT, beaucoup de villages voisins ont cessé de cultiver le coton. Le coton suscite des problèmes et des inquiétudes. On commence à ne cultiver que des céréales. Si le coton ne marche pas, on doit obligatoirement chercher de quoi survivre. Il est sûr que si on privatise la CMDT, il n’y aura plus de cotonculteur. Le remède aux problèmes que connaît actuellement la filière cotonnière n’est pas la privatisation de la CMDT. Il réside plutôt dans la réduction des prix des intrants et l’augmentation du prix du coton aux producteurs ».

Le secteur coton, qui fait vivre plus de 20 millions de personnes en Afrique, traverse une grave crise. Le Mali qui en est le plus gros producteur en Afrique subsaharienne, avec plus de 3 millions de producteurs, en subit les conséquences. En 2005-2006, il a été le premier pays africain producteur de coton fibre, qui représente 60 % des recettes d’exportation agricole et qui joue un rôle central dans la lutte contre la pauvreté et l’immigration.

Trouver des réponses aux problèmes de la filière est une voie pour le Mali de sortir de l’impasse. La privatisation de la CMDT n’étant pas la bonne solution pour les producteurs de coton et pour beaucoup d’autres concitoyens, de nombreuses associations se sont créées dans le but de trouver la solution idoine.

Le coton est la principale source de devise de notre pays. Il est du devoir de l’Etat de prendre sérieusement le problème en main : en cherchant des solutions à la crise créée par l’exportation de la quasi-totalité de notre coton alors que les efforts des producteurs ne sont pas rétribués à leur juste valeur.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

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AUTOEVALUATION

La gouvernance malienne au crible

Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine s’est rendu mardi après-midi au siège de la Commission nationale de gouvernance (CNG) où il a été accueilli par le président de la Commission et le coordonnateur du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep), respectivement l’ancien ministre Ousmane Diallo et Housseynou Dicko.

Sous l’impulsion de l’Union africaine (UA), les pays africains se sont engagés, à travers le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep), à procéder à un jugement interne de leur gouvernance. Le but principal est « d’encourager l’adoption de politiques, normes et pratiques en vue de promouvoir la stabilité politique, une croissance économique élevée, un développement durable et une intégration économique sous-régionale et continentale accélérée grâce au partage des expériences et au renforcement des meilleures pratiques et acquis ».

Le Mali, qui a commencé son processus Maep en juin dernier, a mis en place une Commission nationale de gouvernance (CNG) chargée de faire le rapport national d’auto-évaluation (RNAE). Elle joue donc un rôle primordial dans le processus d’évaluation. Une raison, qui a certainement poussé le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Dr. Badra Alou Macalou, à se rendre personnellement aux locaux de la CNG pour s’enquérir de ses conditions de travail et transmettre les encouragements des plus hautes autorités à ses membres.

Le ministre, point focal servant d’interface entre le gouvernement et le secrétariat permanent du Maep, a rappelé à la Commission l’exaltante mission qui lui est confiée, son devoir patriotique et surtout les attentes des autorités par rapport à l’évaluation. Une attente, qui, espère-t-il, contribuera au « rayonnement de notre pays dans le concert des nations ».

Tout en affirmant que l’un des objectifs des autorités est de faire participer « l’écrasante majorité des Maliens » à l’auto-évaluation, le ministre Macalou a assuré que « c’est dans une indépendance totale que la Commission aura à faire son travail et bénéficiera d’appuis de personnes de l’extérieur qui feront aussi leur rapport ».

Un fait dont se félicite déjà Dr. Macalou est que l’évaluation permettra de « déceler les forces et les faiblesses de notre système et d’en apporter des solutions » et aboutira à « un plan national d’action ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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ELIMINATION DES STOCKS DE PESTICIDES

Un casse-tête chinois pour le Mali

L’Afrique, en particulier le Mali, a peu de moyens de venir à bout des pesticides obsolètes. Mais elle compte sur une nouvelle législation internationale qui permet de confondre pesticides anciens et actuels.

Les pesticides se définissent comme toute substance ou association de substances qui est destinée à repousser, détruire ou combattre les ravageurs, y compris les vecteurs de maladies humaines et animales et les espèces indésirables de plantes ou d’animaux causant des dommages ou se montrant autrement nuisibles durant la production, la transformation, le stockage, le transport ou la commercialisation des denrées alimentaires, des produits agricoles, du bois et des produits ligneux, ou des aliments pour animaux, ou qui peut être administrée aux animaux pour combattre les insectes, les arachnides et les autres endo ou ectoparasites.

Près de 70 000 produits chimiques sont commercialisés un peu partout dans le monde et malgré cette très grande variété, 1500 molécules nouvelles sont mises sur le marché chaque année. Pour la seule année 2007, le Mali a importé 1 930 551 litres de pesticides en raison de 4560 F CFA le litre. Elles sont utilisées en agriculture, en santé humaine, animale et dans la conservation de denrées et biens. En 1999, l'importation des pesticides représentait 2,6 % des importations totales du pays.

Et pourtant, ces produits représentent pour l’espèce humaine et animale de même que la végétation un danger aux conséquences incalculables : cancers, malformations congénitales, troubles neurologiques, maladies chroniques, stérilité.

A Gao, le Programme africain relatif aux stocks de pesticides obsolètes (PASP-Mali) a dénombré en 2005, 65 000 litres de pesticides dont 42 000 litres de dieldrine, un polluant organique persistant hautement dangereux. L’inventaire a révélé un écoulement de plus de 2000 litres de dieldrine infiltrés dans le sol. Une situation préoccupante pour le gouvernement qui avait fait appel à ses partenaires notamment la Banque mondiale et la FAO pour circonscrire le mal.

Le problème des pesticides obsolètes n’existe pas qu’à Gao, il est presque partout où la lutte contre les criquets, les insectes ou les granivores a nécessité la constitution et l’utilisation d’un stock. Il a sévi dans les zones de Niogomera et Youwarou où l’on a enregistré des victimes. S’il s’agit d’un stock à Niogomera, ce sont des emballages de pesticides, des bidons vides qui ont causé la mort des personnes à Youwarou. Deux morts dans une famille en décembre 2004.

La Convention de Rotterdam, en vigueur depuis 2004, reconnaît désormais le danger potentiel de ces produits, leur gestion représentant un défi pour les gouvernements, notamment en matière de contrôle. Le traité met également l’accent sur le fait que parmi tous ces produits chimiques, un grand nombre de pesticides sont désormais interdits dans les pays industrialisés. D’autres sont encore utilisés mais de manière très réglementée. D’autres enfin continuent d’être commercialisés et utilisés dans les pays en développement.

50 000 tonnes de pesticides périmés en Afrique

« Dans beaucoup de pays en développement, les conditions ne permettent pas aux petits paysans d’utiliser sans danger des pesticides à haute toxicité. Il en résulte de dégâts permanents aussi bien sur la santé des agriculteurs que pour l’environnement » , déclarait Jacques Diouf, directeur général de la FAO, au moment de l’entrée en vigueur du traité. « La mise en œuvre de la Convention aidera les pays à réglementer l’accès aux pesticides reconnus pour leurs graves effets sur la santé et l’environnement, ainsi qu’aux pesticides extrêmement toxiques, que les petits paysans des pays en développement ne peuvent pas manipuler en toute sécurité », affirmait encore Jacques Diouf.

Officiellement, la FAO dénombre 100 000 tonnes de pesticides en Afrique dont 50 000 périmés. « Les 50 000 tonnes de pesticides périmées en Afrique sont stockés dans de mauvaises conditions, des puits sont contaminés, les aliments et les cours d’eau aussi. Il y a danger, il faut faire vite », a indiqué Abou Thiam, coordonnateur régional de Pesticide Action Network, une ONG internationale en réseau ayant un bureau à Dakar. « Ces pesticides obsolètes tuent, il y a des intoxications, il faut rassembler les stocks, les détruire par les moyens les plus modernes », a-t-il conseillé.

Les organisations internationales ne se sont pas encore attelées au devenir de ces nouvelles décharges, mais dans le cadre de la Convention de Rotterdam, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), le Réseau d’action contre les pesticides (Pan), le Fonds mondial pour la nature (WWF), ont commencé à travailler à l’élimination de ces pesticides, dont l’existence est reconnue dans l’inventaire officiel.

La Banque mondiale est impliquée dans ces projets. La FAO a également demandé aux fabricants de financer le processus d’élimination car, estime l’organisation agricole, les agences d’aide des pays donateurs ne sont pas à même de couvrir la totalité des coûts. L’industrie s’est engagée il y a plusieurs années déjà à participer à l’incinération de ces substances périmées mais jusqu’à présent sa contribution est restée dérisoire.

Les pays africains n’ont pas les fours nécessaires à la destruction de ces substances, il faut les transporter dans des pays industrialisés, ce qui entraîne la protestation des écologistes locaux et pose le problème du coût. L’une des solutions à ce fléau passe également par la formation des agriculteurs. Au Mali, il y a une montée inexorable de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture notamment dans les grandes exploitations agricoles, les périmètres cultivés périurbains et les plantations de cultures de rente.

Sidiki Y. Dembélé

 

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LE « SANANKOUYA »

Un instrument de régulation sociale

Fraîchement nommé citoyen d’honneur de la ville de Ségou par le festival sur le Niger (4e édition), le Pr. Youssouf Tata Cissé nous parle du « sanankouya ». Un système de solidarité inter-clanique et inter-ethnique qui agit comme une thérapie qui participe quotidiennement à la régulation sociale.

Le « sanankouya » ou « parenté à plaisanterie » est un système de solidarité inter-clanique et inter-ethnique très répandu en Afrique de l’Ouest. Il ne repose pas sur une parenté réelle entre alliés à la différence de la « parenté à plaisanterie », qui concerne des personnes ayant des liens de parenté avérés. Selon le Pr. Youssouf Tata Cissé, la manifestation la plus remarquable du « sanankouya » réside dans les échanges de plaisanteries entre alliés. A ses dires, les propos souvent injurieux qu’échangent en toute occasion les partenaires ne peuvent donner lieu à aucune conséquence. Mais au-delà de cet aspect ludique, l’alliance requiert une assistance mutuelle entre alliés (sanankoun) en toutes circonstances, un devoir, voire une obligation de médiation lorsque l’un des partenaires est en conflit avec un tiers.

De nombreuses études consacrées à ce phénomène typique des sociétés ouest-africaines ont donné lieu à des interprétations différentes quant à ses origines et à sa signification. M. Griaule et V. Pâques, cités par le Pr. Doulaye Konaté, l’ont interprété comme étant une « alliance cathartique avec fonction purificatrice » reposant au départ sur un serment qui scellait un pacte de fraternisation. L’alliance engage donc les contractants et leurs descendants. Elle unit des groupes portant des patronymes différents et qui se repartissent entre différentes ethnies vivant dans différents pays de l’Afrique de l’Ouest. On peut citer les alliances Diarra-Traoré, Kéita-Coulibaly, Touré-Cissé-Diaby, Bathily-Soumaré.

Le « sanankouya » chez les Dogons peut avoir un caractère inter-ethnique (Mandingue-Peul, Bamanan-Peul, Sonrhai-Dogon, Dogon-Bozo, Minianka-Sénoufo, etc.) L’alliance peut unir aussi des groupes ethniques à des castes (Peuls-Forgerons) ou des castes entre elles (forgerons-autres castes) ou encore des contrées entre elles dans la mesure où celles-ci ont un peuplement relativement homogène.

Quant aux fonctions du « sanankouya », Pr. Cissé dira que les échanges verbaux à caractère irrévérencieux entre alliés « permettent de canaliser les tensions éprouvées dans les rapports de parenté clanique et avec les alliés matrimoniaux ». En effet, le « sanankouya » établit une relation pacificatrice qui joue le rôle d’exutoire de tensions qui, autrement, dégénéreraient en violences. Comme l’écrit fort justement Sory Camara « il s’agit de désamorcer la guerre, de la jouer pour ne pas la faire ».

D’après ce dernier, le « sanankouya » permet aux Africains de l’Ouest de différentes contrées de fraterniser au premier contact, de dédramatiser des situations qui, ailleurs, conduiraient à des conflits ouverts. « Il est plus renforcé au Mali que dans n’importe quel pays. C’est ce qui fait d’ailleurs notre force. Jamais les vrais sanankoun ne peuvent se faire du mal sans le regretter », a acquiescé le Pr. Cissé. Au Mali, ajoutera-t-il, le « sanankouya » agit comme une thérapeutique qui participe quotidiennement à la régulation sociale. Les plaisanteries qu’échangent les alliés contribuent à détendre l’atmosphère, à rétablir la confiance… Toutes choses indispensables au dialogue.

Amadou Sidibé

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ABDUL RAZAK KARIM, EX-INTERNATIONAL GHANEEN

« Les Blacks Stars peuvent renouer avec les exploits »

C’est un Abdul Razak souriant que nous avons revu au Ghana peu avant les quarts de finales de la Can-2008. L’ancien entraîneur des Blancs de Bamako nous parle du football africain, de son passé à la Can et de la présente édition, estimant qu’Essien et ses partenaires ont les moyens de rééditer les exploits de 1963 et 1978 et de 1982.

Les Echos : Comment voyez-vous l’avenir du football africain ?

Abdul Razak Karim : Il est sur un bon pied. Il appartient aux acteurs de le rendre plus crédible avec une bonne organisation en amont et en aval. C’est vrai, nous, à l’époque, n’avions pas la même vision que le football actuel, mais le football reste le football, même si chacun vit avec son temps. Sinon en jetant un regard dans le rétroviseur, il reste beaucoup à faire surtout pour nos clubs. Au plan technique, pour avoir vécu différents championnats, il y a trop de déchets techniques.

Les Echos : Comment trouvez-vous le niveau de la Can-2008 ?

A. R. K. : C’est un niveau acceptable dans l’ensemble, avec un nivellement de valeur comme en témoignent les rencontres Sénégal-Angola, Ghana-Namibie, etc. Le niveau, à mon avis, est assez bon.

Les Echos : Quelles sont les équipes qui vous ont le plus impressionnées ?

A. R. K. : Je pense naturellement au Ghana, au progrès de la Namibie, même éliminée, et surtout à l’Angola. Mais la Côte d’Ivoire avec ses joueurs de qualité, l’Egypte avec son football plaisant sont des équipes avec lesquelles il faut compter jusqu’au bout. Bref, nous avons noté un progrès dans le jeu comme en témoigne le nombre de buts déjà inscrits.

Les Echos : Jusqu’où peut aller le Ghana dans cette Can ?

A. R. K. : Nous sommes optimistes, même s’il reste encore plein de choses à faire car tout n’est pas rose dans cette équipe. Mais en qualité de pays organisateur, il possède un atout majeur. Ce que nous avons vu jusque-là nous rassure. Et je crois que les jeunes, comme leurs aînés en 1963, 1978 et 1982, rééditeront l’exploit à domicile.

Les Echos : Pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel en Can ?

A. R. K. : J’ai disputé seulement deux éditions de Coupe d’Afrique des nations (1978 à domicile et 1984 en Côte d’Ivoire). D’abord en 1978 quand nous avons remporté la Can, le pays nous a fait une fausse promesse, et après j’ai consacré mon temps à mon club de l’époque Cosmos de New York, et par la suite j’ai raté quelques éditions dont 1980, 1982, etc.

Les Echos : Quel souvenir gardez-vous du Mali ?

A. R. K. : Je garde un souvenir ému du Stade malien de Bamako, de ses dirigeants, de mes titres de champion dont les doublés.

Les Echos : Et ce surnom de « Golden Boy », d’où vient-il au juste ?

A. R. K. : Parce que j’étais mauvais comme joueur ou c’est peut-être parce que, selon un ami, j’étais très clair.

Propos recueillis , au Ghana, par

Boubacar Diakité Sarr

 

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RC LENS

Sidi Yaya Kéita sort la tête de l’eau

Transféré au Racing club de Lens (L1, France) en provenance de Strasbourg en juin 2006 pour 5 millions d’euros (plus de 3,2 milliards de F CFA), l’international malien Sidi Yaya Kéita, qui peinait à retrouver ses marques sous ses nouvelles couleurs, est aujourd’hui une référence dans son club, où dirigeants, techniciens et supporters s’accordent à dire qu’il a un potentiel énorme.

Si Sidi Yaya Kéita n’a pas eu la chance d’être retenu par Jean-François Jodar pour la Coupe d’Afrique des nations 2008, il peut se soulager d’avoir obtenu une place de titulaire au sein du RC de Lens pendant la période qu’a durée la Can. Il a conquis le cœur de ses dirigeants et de son entraîneur, qui ne tarissent plus d’éloges à son égard.

« Sidi Yaya Kéita a eu une marge de progression remarquable ces derniers temps et il contribue beaucoup au jeu de l’équipe. S’il continue comme ça, les portes d’un avenir certain lui seront ouvertes » , a déclaré son entraîneur Jean-Pierre Papin, qui l’avait pourtant mis sur la liste de départ du club. Mais l’ancien joueur du Djoliba AC, qui faisait face à une très forte concurrence notamment de son compatriote Seydou Kéita et du Serbe Nenad Kovacevic, a tenu à rester à Lens pour lutter et décrocher une place de titulaire. Cette année encore, ce n’était pas évident avec les belles recrues du club comme l’ex-Stéphanois Julien Sablé, un habitué de la L1.

Décidément, l’année 2008 sourit bien à Sidi Yaya Kéita, du moins pour le moment, car il n’était que remplaçant à la trêve hivernale. Son ascension fulgurante a commencé au début du mois de janvier avec des victimes dans son sillage comme le champion en titre Lyon, balayé 3 buts à 0.

Grâce au jeune Malien, Lens s’est éloigné de la zone rouge et peut maintenant continuer sereinement sa marche vers l’avant. L’ancien joueur du Djoliba AC, âgé aujourd’hui de 23 ans, n’est point surpris par ses performances actuelles.

« Personnellement, j’ai toujours eu confiance en moi. Je connais mon niveau et ce que je suis capable de réaliser sur le terrain. Je n’ai jamais douté même dans les moments difficiles. Franchement, absolument rien n’a changé ! J’ai toujours travaillé et aujourd’hui le fruit de mes efforts paie », a-t-il expliqué sur le site officiel de son club. Il a aussi confié que le club a encore besoin de points pour le reste de la saison malgré les récentes victoires.

Les supporters lensois ne sont pas en reste du plébiscite du Malien. Certains parmi eux n’hésitent pas à le comparer à Mickael Essien ou Seydou Kéita. D’autres, par contre, pensent que l’arrivée de Daniel Leclerc dans le staff technique du club nordiste a été déterminante pour lui.

Sidi Yaya Kéita a donc maintenant un devoir de rendement et doit prouver davantage son talent, qui contribuera certainement à renforcer le potentiel humain des Aigles.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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