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2008

Mois de Fevrier

Les Echos du 05 Fevrier 2008

 

NOUVELLE REPARTITION DES ATTRIBUTIONS DES MINISTRES

Le Premier ministre porte atteinte à son gouvernement

Suite à la « gaffe » de Mme la ministre chargée des Relations avec les institutions, porte-parole du gouvernement, le Premier ministre a-t-il décidé de la décharger de son rôle de porte-parole ? Toujours est-il que la nouvelle répartition des attributions des membres du gouvernement est un nouvel épisode dans la conduite des affaires de l’Etat qui porte la marque de l’amateurisme parce qu’elle s’attaque à l’essence d’un décret présidentiel.

Le 22 janvier 2008, le Premier ministre Modibo Sidibé, par décret n°08-039/PM-RM, a procédé à une nouvelle répartition des services de l’Etat entre la Primature et les différents départements ministériels. Troisième changement du genre depuis son arrivée, le fait marquant cette fois-ci est l’allègement des charges de la ministre porte-parole du gouvernement.

Mais, le Premier ministre ne peut, sans abus de pouvoir frappé de nullité absolue, prendre un décret qui jure avec celui du président de la République. De ce qui précède, le décret n°08-039/PM-RM du 22 janvier 2008 portant répartition des services publics entre la Primature et les départements ministériels est illégal, nul et de nullité absolue.

En supprimant une fonction dévolue à un ministre par le décret de nomination des membres du gouvernement, le Premier ministre porte atteinte à la structure de l’équipe gouvernementale. Or, si constitutionnellement, il est le chef de l’Administration et repartit à cet égard à bon droit les services publics entre la Primature et les différents départements ministériels, c’est au président de la République, en vertu de l’article 38 de la Constitution, qu’il revient de nommer et de mettre fin aux fonctions des membres du gouvernement. « Le président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement. Sur proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions ».

Enfin, le Premier ministre ne peut supprimer la fonction « porte-parole du gouvernement » des attributions de Mme la ministre chargée des Relations avec les institutions sans abroger ou modifier le décret (présidentiel) n°07-387/P-RM du 15 octobre 2007 portant attributions spécifiques des membres du gouvernement. Parallélisme des formes exige.

Or, dans ce décret présidentiel qui est toujours en vigueur, s’agissant des attributions du ministre en question, on peut lire à l’article 27 : « Le ministre des Relations avec les institutions, porte-parole du gouvernement a pour mission la gestion et le suivi des rapports entre le gouvernement et les autres institutions de la République. Il assure, en outre, la fonction de porte-parole du gouvernement.

A ce titre, il est chargé notamment :

- des relations avec l’Assemblée nationale et les autres institutions de la République ;

- du suivi du travail parlementaire et des activités des autres institutions ;

- de la présentation à la presse et à l’opinion publique des décisions et actions du gouvernement ainsi que des positions de celui-ci concernant certains événements ou sujets d’intérêt national ou international » .

Un décret pris par le Premier ministre doit-il entrer en conflit avec un décret présidentiel ? Dans le cas présent, c’est manifeste.

Alexis Kalambry

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STATION TOTAL DE MAHINA

Le règne de la spéculation

En cédant le litre d’essence à 1000 F CFA, le gérant de la station Total de Mahina (région de Kayes), expérimente une pratique qui sort de l’ordinaire.

L’Etat, pour éviter la spéculation sur le prix des hydrocarbures, a officiellement fixé à 635 F CFA le prix du litre d’essence à la pompe. Manifestement, le gérant de la station Total de Mahina dans le cercle de Bafoulabé (région de Kayes), n’a que faire de cette décision. Laissé à lui-même d’autant que la station qu’il représente est la seule dans la localité, le gérant de la station total de Mahina apparemment gagné par la recherche du profit a eu l’outrecuidance de contourner la mesure gouvernementale, en fixant le prix du litre d’essence à 1000 F CFA sans l’aval de son employeur.

« Nous achetons le litre d’essence à 1000 F CFA à Mahina. Les gens n’ont pas le choix puisque c’est la seule station dans la zone. Lorsque les citernes viennent le 1er jour, il vend le litre à 750 F CFA mais le lendemain, il voit à la hausse ce prix, soit à 1000 F CFA. C’est avec des bidons de 20 litres que nous nous présentons à la station pour prendre notre dotation en carburant. Nous pouvons comprendre s’il y avait une différence de prix de 50 à 100 F CFA mais vous voyez que la marge est grande » , dénonce un client.

Il nous est revenu que le gérant a toujours expliqué sa pratique qui sort de l’ordinaire par le fait que Mahina est une zone fortement enclavée et qu’en conséquence le coût du transport est élevé. Mais ce que le gérant de la station Total de Mahina n’a pas dit ou feint d’ignorer c’est que le port de provenance du carburant qui est Dakar est plus proche de Mahina que Gao ou Tombouctou. Dans ces localités, malgré la distance qui les sépare du port de provenance des hydrocarbures, le litre d’essence n’a pas atteint le seuil des 1000 F CFA, convient la direction générale de Total. Approché, le directeur administratif de la société, Moussa Traoré dit ne pas être au fait d’une telle information.

« Je viens de l’apprendre à travers vous. Je n’ai jamais été informé de la vente du litre d’essence à 1000 F CFA à la station Total de Mahina. Avez-vous un reçu attestant que le prix du litre est de 1000 F CFA ? Nous, à notre niveau, nous n’avons pas la moindre information concernant cette situation » , s’est étonné notre interlocuteur.

Toutefois, M. Traoré reconnaît qu’au nom de l’unicité des prix, il ne doit pas y avoir de différence. « A partir du moment où les prix sont fixés par arrêté ministériel, l’on doit se conformer à cela. Et ce prix plafond doit être impérativement affiché à la pompe. Il n’y a pas de raison qu’on fixe un autre prix au-dessus de celui arrêté par le gouvernement. La direction et les stations de Total Mali se sont toujours conformées à cette règle », a-t-il dit.

Tout porte à croire que le comportement du gérant procède de la logique selon laquelle plus le produit est rare plus il est cher car les gens n’ont pas le choix. « Je suis en mission à Bamako, de retour je vais acheter quelques litres d’essence pour échapper au moins pendant deux jours à cette spéculation », assure un fonctionnaire à Mahina, de passage à Bamako. Selon lui, cette situation ne s’explique ni plus ni moins que par l’impunité, la corruption et le libéralisme sauvage décrété en 1991.

Il faut dire qu’au Mali, il n’y a pas de barrière pouvant empêcher certains de commettre des abus. Non seulement, les autorités ne s’occupent pas du contrôle des prix mais également dans les zones enclavées où c’est le règne absolu de la spéculation.

Il appartient à la direction générale de Total Mali de corriger cette situation anormale et au besoin d’avoir ses propres agents de contrôle pour dissuader des agents mus par la recherche du profit sur le dos du contribuable. Surtout que la différence perçue sur le prix normal du litre par le gérant n’est pas versée à la caisse de la société.

Mohamed Daou

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PRIVATISATIONS AU MALI

La fuite en avant de l’Etat

Depuis un certain temps, la privatisation des sociétés d’Etat semble devenir une forme de gestion.

La raison principale avancée par l’Etat sur les privatisations est la mauvaise gestion, la non-rentabilité ou les charges élevées pour l’Etat. Bref, l’Etat se désengage de tout ce qui ne marche pas. A première vue, les raisons avancées peuvent prendre, mais elles résistent rarement à l’analyse ou du moins font ressortir l’incohérence entre ce que l’Etat prône (rendre la vie facile aux populations) et son désengagement des sociétés prestataires de service public.

En plus, ces raisons étalent au grand jour l’incapacité de l’Etat à mettre en place de véritables systèmes de gestion assainis, de contrôle et de suivi de ses entreprises. A la limite, l’Etat n’arrive plus, par des démarches adéquates, à trouver des cadres compétents et intègres pour gérer ses entreprises.

La plupart des sociétés aujourd’hui sur la « liste noire » de la « privatisation » ont plus de vingt ans d’existence. Ce qui signifie qu’elles ne sont pas allées en faillite dès leur naissance. Alors, la question est de savoir comment elles en sont arrivées à la privatisation.

Toute société peut tomber sous le coup d’une baisse de régime et être menacée de privatisation. Elle peut être victime de la concurrence seule raison valable. La fraude, la mauvaise gestion, l’incompétence ne sauraient être considérées comme des calamités naturelles poussant au désastre. En vingt ans d’existence, les sociétés à privatiser ou privatisées n’ont jamais eu de concurrent direct sur le terrain (les chemins de fer, la Sonatam, l’Itema, EDM, Huicoma, la CMDT). Toutes ces sociétés sont en passe d’être victimes de la mauvaise gestion, de la fraude et de leur incompétence à faire face à la demande, à la concurrence ou tout simplement à vivre avec leur temps.

Mais se débarrasser d’elles ne saurait être une solution. Pour le bien-être de la population, l’Etat ne doit en aucun cas souscrire à cette pratique. Il a un devoir de responsabilité par rapport à l’assainissement de ses sociétés, car les gérants sont des agents qu’il a lui-même choisis en connaissance de cause. « On ne refuse pas de laver sa figure parce que les yeux sont crevés », dit un adage bambara.

A ce jour, l’Etat sait où se trouve le mal dans nos sociétés. Pourquoi au lieu, de jeter des milliers de salariés dans la rue, il ne prend pas ses responsabilités pour assainir et injecter des fonds pour les rendre compétitives et rentables afin de pérenniser le service public durable et accessible à la population. Chaque société privatisée est une nouvelle difficulté qu’on nous apporte. Le privé n’a que faire du social. Il peut certes améliorer la qualité du service, mais à quel prix ? Si ce n’est le licenciement des agents, le non-respect des clauses, l’augmentation du coût à la consommation.

Notre Etat devrait être un peu plus rigoureux et un peu plus présent. Les privatisations ont toujours posé deux problèmes que sont des crises sociales (chômage, non-paiement intégral des indemnités aux licenciés et la mort progressive de la société privatisée).

Pourtant, il est plus facile, à notre avis, de procéder à un assainissement et à renforcer la capacité d’une société que de s’immiscer dans la gestion du privé. A l’annonce de chaque privatisation, le commun des mortels voit la main du gouvernement. Cependant, l’aval est toujours donné par les élus du peuple. A ceux-ci aussi, nous exigeons un peu plus de rigueur, car chaque projet de privatisation qu’ils cautionnent a des conséquences incalculables sur les populations qu’ils sont censés représenter.

Bakary Sangaré

(imprimerie Jamana)

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7e SESSION DU CESC

Pleins feux sur la culture

Le Conseil économique, social et culturel (CESC) a ouvert la 7e session de sa 3e mandature à son siège à Koulouba. « La culture : élément identitaire national » est au cœur des débats.

Le CESC, comme l’a souligné son président, Moussa Balla Coulibaly à l’ouverture des travaux, avait perdu l’habitude d’accueillir un chef de gouvernement à ses sessions inaugurales. Le Premier ministre Modibo Sidibé, présent à la cérémonie d’hier, avec à ses côtés le ministre chargé des Relations avec les institutions, ex-porte-parole du gouvernement, Mme Diabaté Fatoumata Guindo et six autres ministres, entend certainement renouer avec la tradition.

L’institution présidée par Moussa Balla Coulibaly a pour rôle essentiel de recueillir les besoins et attentes des populations au compte des gouvernants pour qu’ils en fassent une politique de développement. Cette prérogative constitutionnelle n’entame en rien la démarche des responsables du CESC à disséquer des sujets d’importance. Le thème , « La culture : élément identitaire national », s’inscrit dans cette dynamique.

Pour Moussa Balla Coulibaly, il s’agit d’une démarche pour répondre à la quête de notre identité nationale. Selon lui , « l’élément identitaire est établi quand on se situe, se définit par rapport à autrui. Et le groupe, la société ainsi définie engendre une nation ». Le sentiment d’avoir la même culture est l’élément déterminant la nation à laquelle les populations sont censées appartenir. Dans notre cas, il s’agit effectivement de la nation malienne.

Aréopage

Citant le Petit Larousse, le président du CESC a indiqué : « culture : ensemble des structures sociales et des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent un groupe, une société par rapport à une nature ». Il ajoute une autre définition du Petit Larousse : « culture de masse, culture produite et diffusée à l’intérieur de l’ensemble du public par les moyens de communication de masse (grande presse, télévision etc) ». Cette assertion, à ses dires, montre le caractère vivant de la culture, qui incite à une vigilance continue pour préserver le caractère national de notre culture sans pour autant refuser les apports fécondants.

Pendant les 15 jours de session, la culture sera revisitée dans ses moindres détails par d’éminentes personnalités de la société civile comme le chercheur Youssouf Tata Cissé du CNRS de Paris, le linguiste et ancien ministre de l’Education de base, Adama Samassékou, la pionnière du mouvement associatif et syndical malien, Mme Diop Sira Sissoko, Dr. Seydou Badian Kouyaté, écrivain et ancien ministre, le cinéaste et ancien ministre de la Culture Cheick Oumar Sissoko ainsi que l’actuel ministre de la Culture Mohamed El Moctar. Ils débattront chacun en ce qui le concerne des sujets comme « histoire et culture », « langue et culture », « création artistique et culture », « médias et culture », « tourisme et culture » et « politique culturelle du gouvernement ».

Des artistes sont invités à participer aux panels. Ce sont les dramaturges Gabriel Magma Konaté et Habib Dembélé, les musiciens Salif Kéita et Oumou Sangaré et le cinéaste Souleymane Cissé.

En marge de la session, les questions relatives au péage et à la sécurité routière et au Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) s’inviteront dans les débats. Le ministre de l’Equipement et des Transports devra faire une communication sur le premier sujet tandis que le président de la commission du MAEP s’expliquera sur le second.

Abdrahamane Dicko

 

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UNIVERSITE

Le Cenou en grève à partir de demain

Face à un interlocuteur qui, avoue-t-il, ne s’exécute pas malgré ses promesses, le personnel du Centre national des œuvres universitaires (Cenou) ne décolère plus. A l’origine de cette grève « inévitable » de 72 h, la non-satisfaction de certains points clés de son cahier de doléances soumis à l’Etat, qui s’était pourtant engagé à les répondre favorablement en contrepartie de la suspension de la grève d’il y a quelques mois. Les grévistes estiment avoir donné assez de temps aux autorités pour respecter leurs engagements.

Dans notre pays, les gouvernements se suivent mais avec des politiques différentes n’assurant pas la continuité de l’Etat, croient savoir beaucoup de Maliens. C’est cela certainement la triste réalité dont est victime le Centre national des œuvres universitaires (Cenou). En effet, ce dernier avait obtenu l’engagement « solennel » du gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga à prendre en compte toutes leurs requêtes seulement quelques mois après la suspension de son mot d’ordre de grève. C’était sous le contrôle d’un comité de conciliation composé d’illustres personnalités comme le Pr. Younouss Hamèye Dicko.

Cependant, les travailleurs du Cenou sont aujourd’hui peinés de se voir « floués » par les autorités dans la mesure où tout a été réglé sauf l’essentiel. Dans le cahier de charges du Cenou, créé en 2001, figure en premier lieu la tenue de son 1er conseil d’administration. « Nous ne pouvons pas comprendre que dans un service créé il y a plus de sept ans et qui a un budget annuel d’environ 6 milliards de F CFA qu’il n’y ait pas de conseil d’administration », s’indigne Abdoulaye Dramé, le secrétaire général du comité syndical Snesup du Cenou.

Bien au contraire, la question de CA est passée sous silence par les premiers responsables du service, qui tirent apparemment profit de la situation actuelle. « A chaque fois que nous soulevons le problème de conseil d’administration, on nous montre des correspondances sur lesquelles il n’y a jamais de réponses et d’actes matérialisés », regrette M. Dramé. A l’en croire, la tenue d’un CA, à travers la création de régie permettra de faire un audit du service dont la « gestion budgétaire est loin d’être comprise ». Le CA rendra aussi possible l’opérationnalisation de tous les départements (santé, action sociale, restauration), qui sont pourtant pris en compte dans le budget annuel.

Le manque d’équipements est un autre problème sérieux dans ce service, qui compte plus de 100 employés. « Nos bureaux sont insuffisamment équipés. Par exemple, là où nous avons besoin de trois ordinateurs, nous n’en avons qu’un seul », ajoute le secrétaire général qui fustige l’attitude des autorités, qui comme dans le cas du CA et des autres points de doléances, s’était données « comme délai de rigueur septembre 2007 ». Le recyclage est aussi l’une des préoccupations « ignorées » des agents du Cenou. « Avec l’évolution du temps, nous avons besoin de formations, de séminaires, de stages pour nous perfectionner », explique M. Dramé.

Des mesures de représailles

La non-satisfaction d’autres revendications non des moindres du Cenou portant sur la confection de badges, la dotation en matériels des agents techniques, les frais de tenue pour les conventionnaires est à l’origine de l’ire du personnel du Cenou et de son secrétaire syndical.

« Nous sommes des fonctionnaires de l’Etat affectés dans un service doté d’une autonomie financière et d’une responsabilité morale. Pourquoi ne pas nous satisfaire pour l’accomplissement de notre mission comme on le fait avec des services non moins importants que le Cenou ? » s’interroge M. Dramé.

« Si nous parents d’élèves n’assumons pas nos responsabilités pour garantir l’avenir de nos enfants, ils souffriront demain car dans ces conditions, ils vivront certainement un avenir sombre » , pense un parent d’élèves. Ainsi, il fait allusion à l’ « atmosphère maléfique » qui entoure notre école avec une « passivité criarde » des décideurs.

A quelle école performante peut-on prétendre sans mettre les étudiants dans les conditions minimales de travail ? C’est la question que se pose plus d’un. Incontournable dans le succès de notre école, le Cenou gère le transport des étudiants majoritairement frappés par la misère, les bourses et s’occupe des réparations dans les internats.

C’est conscients de tout cela que les étudiants avaient sollicité, lors de la dernière grève du Centre, une intervention diligente du ministre de l’Education nationale par intérim à l’époque, Cheick Oumar Sissoko. Cette fois-ci aussi, la grève aura d’énormes conséquences sur les étudiants, promet M. Dramé. Il avertit que si leurs revendications ne sont pas satisfaites au bout des 72 h de grève qui commencent mercredi, « nous enclencherons une série de grèves » avant de continuer que « nous prendrons aussi les bourses en otage y compris leurs paiements et leurs traitements ». Comme pour dire que le personnel du Cenou est résolument engagé et ne se fera pas avoir cette fois-ci.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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FESTIVAL SUR LE NIGER

L’autre face cachée de Ségou

Les rideaux sont tombés dimanche dernier sur le festival sur le Niger. Quatre jours durant, plus de 10 000 festivaliers venus des quatre coins du monde ont, à travers musiques, fora, expositions, contes, découvert l’autre face cachée de Ségou.

Faire de Ségou une destination touristique sûre, en mettant en valeur tous ses charmes est l’un des objectifs du festival sur le Niger. En quatre éditions, cette mission que se sont assignées les entreprises touristiques et culturelles initiatrices du festival est en train de devenir une réalité. La Cité des 4444 Balanzans, aux grandes richesses culturelles, est devenue un lieu de convergence.

Le pays invité cette année a été le Mexique. Ce pays, selon le chef de la délégation, Jose Luis Cruz, directeur du festival de Mexico, a une culture qui s’apparente à celle des Maliens. « C’est pourquoi je n’ai pas hésité à accepter l’invitation ».

A Ségou, les festivaliers, venus d’Amérique, d’Europe, d’Asie et d’Afrique s’étaient donnés rendez-vous autour du thème : « Ségou, ville d’architecture ». A une semaine du festival, les hôtels et les restaurants de la ville affichaient complet. Les villas de particuliers n’ont également pas désempli. Des terrains de football ont été transformés en dortoir pour touristes. « Nous avons quitté Montpellier à voiture uniquement pour être témoins oculaires de ce qui se passe à Ségou », a confié Gérard Bideau qui, en compagnie d’une dizaine de ses compatriotes, a érigé des tentes à l’occasion de l’événement.

D’ailleurs, toute la ville vivait au rythme du festival. Il était impossible d’emprunter les grandes artères sans s’en rendre compte. Le rond-point central, les devantures des hôtels, des bâtiments administratifs, des rues et ruelles étaient tous ornés de banderoles et affiches aux couleurs du festival sur le Niger.

Sur les berges du fleuve, les techniciens son et lumière faisaient les derniers réglages pendant que des techniciens de Malitel s’activaient à connecter les ordinateurs de la salle de presse installée sur le bateau « Kankou Moussa » et décoré de symboles des différents partenaires de la fête. Bref, chacun se surpassait pour ne pas être le responsable d’un quelconque couac.

Le 31 janvier aux environs de 20 h, la ville était en ébullition avec une seule destination en tête : le Quai des arts (site de la manifestation). Chacun se dépêchait afin qu’un seul moment de la cérémonie d’ouverture ne lui échappe. Jeunes, femmes, enfants à taxi, à moto, à dos d’âne, à pied ont convergé vers le Quai. Là-bas, toutes les dispositions sécuritaires avaient été prises pour barrer la route aux trouble-fête. Impossible d’accéder à l’enceinte sans être contrôlé et sans montrer son ticket ou son badge aux agents de sécurité.

A une heure de l’ouverture de la fête, il n’y avait plus de place disponible sur les berges. Aux environs de 21 h, les officiels : le ministre de la Culture, son collègue de l’Artisanat et du Tourisme, le gouverneur Abou Sow et d’autres invités de marque ont fait leur rentrée sous un tonnerre d’applaudissements.

Invité surprise

Arborant un boubou en bogolan, le directeur du festival, Mamou Daffé, sur un podium installé sur l’eau, a levé le voile sur ce qui pouvait être le festival. « Chaque année nous nous approchons un peu plus de la réalisation de notre mission. Nous devons sauver notre façon d’être par la culture. C’est cela que le festival sur le Niger vise ». « Si un festival est la création d’emplois, la valeur ajoutée, le festival sur le Niger fait partie de ses grandes rencontres culturelles qui participent à cette mission », s’est félicité le ministre de la Culture, Mohamed El Moctar.

Entre le mot de bienvenue de M. Daffé et celui d’ouverture du ministre de la Culture, un fait inhabituel s’est passé. Il s’agissait de l’innovation apportée par les organisateurs : l’arrivée de la reine des eaux (Bafaro) sous forme de marionnette sur l’eau. Elle était escortée par plus d’une centaine de piroguiers. Le génie des eaux a été accueilli par le roi Biton et sa suite sous le son de musique du jeune groupe de danse contemporaine de Kadjirgué Laico Traoré, qui a retracé l’histoire entre le Bafaro et Biton Mamary Coulibaly.

Un moment d’émotion qui rappellait les vieux temps de l’empire de Ségou et qui a été différemment interprété par les festivaliers. « C’est extraordinaire ce que je viens de voir. J’ai assisté à plusieurs festivals, mais je vous avoue que celui-ci m’impressionne déjà », s’est réjouie Sandrine Pollet, une sexagénaire qui, pour la première fois, effectuait le déplacement de Ségou. « On dirait une vraie Mami Wata. Rien que par ça, le festival a démontré sa maturité. Le pari est gagné ! », s’est exclamé Namory Diarra, un historien burkinabé.

Les musiciens n’ont pas failli. Pendant trois nuits, Néba Solo, Paye Camara, Abdoulaye Diabaté, Habib Koité, Salif Kéita, Afel Bocoum, Bassékou Kouyaté, Madina Ndiaye, Cheick Tidiane Seck, Mangala Camara, les Espoirs de Coronthié de la Guinée… ont tenu en haleine les festivaliers. Ceux qui ne pouvaient pas faire le déplacement nocturne devaient se contenter des manifestations traditionnelles comme le Gomba, la danse du Cèblenkè, les masques Wèlentigila, les Koroduga, le Donsow mais aussi des courses des pirogues. Toute choses qui démontrent que le festival a été une fête grandiose.

Des espaces d’exposition ont été mis à la disposition des artistes afin que les arts visuels puissent s’exprimer parmi les autres formes artistiques tandis que les « Veillées sous les Balanzans » ont proposé aux festivaliers des contes sur les mythes et les grands personnages de l'histoire du Mali.

Parallèlement aux festivités culturelles et artistiques, le festival a mis en place un forum de discussions et d’échanges autour des grands thèmes et enjeux de la société malienne avec comme problématique principale cette année : « Savoir local, moteur du développement ».

Amadou Sidibé

(envoyé spécial)

 

Des retombées économiques importantes

En quatre éditions, le Festival sur le Niger a enregistré des retombées économiques incontes­tables pour la ville et la région de Ségou. L'affluence de festivaliers augmente considérablement l'acti­vité économique.

« Cette année nous avons enregistré la présence de plus de 10 000 festivaliers. Ce qui a eu une forte répercussion sur toutes les chaînes de commerce, d'élevage, de maraîchage, etc. » , ont annoncé les organisateurs. Pour M. Daffé, le festival est également devenu, pour les agences de voyages, un événement incontournable de la région et du Mali. Une vitalité tou­ristique, culturelle et économique.

« Ce rendez-vous culturel qui constitue une réelle symbiose de la musique moderne et traditionnelle est en train de contribuer au développement d'un tourisme durable en sauve­gardant nos richesses culturelles et naturelles » , a poursuivi M. Daffé.

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Potins

Habib Koité dans les eaux

L’artiste Habib Koité se souviendra longtemps de ce qui lui est arrivé lors de sa prestation au festival sur le Niger. En effet, en plein show, l’auteur de Afriki s’est retrouvé dans l’eau avec sa guitare. Ayant le sens de l’animation, il a passé quelques secondes en train de jouer dans l’eau du Djoliba. Mouillé en partie, Habib a continué comme si de rien n’était. Certains ont, sur un ton comique, affirmé que Habib voulait draguer la reine des eaux, une très belle fille « sortie » des eaux qui a dit bonsoir aux humains.

Guerre entre Bavaria et Bramali

Comme en 2007, le festival sur le Niger a connu un quiproquo entre des fabricants de boissons Bavaria et Bramali. N’eût été l’intervention de certains, ils allaient en venir aux mains. Dans la salle d’exposition, des bouteilles de Bramali ont servi de supports aux tableaux d’un exposant. Cet état de fait n’a pas plu aux représentants de Bavaria, le sponsor officiel du festival côté boisson et qui ont vigoureusement protesté.

A.S

 

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

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Droit et pratique du droit au Mali

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Le mouvement mondial des femmes

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OpeneNRICH

 

 




 
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