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2008

Mois de Fevrier

Les Echos du 04 Fevrier 2008

 

PROCES CNPM-COTECNA

Le Mali court une saignée financière

Le revers judiciaire, essuyé le 31 janvier dernier, par le Conseil national du patronat (CNPM) dans le procès contre la société d’inspection suisse, Cotecna, n’a pas encore fini de susciter des commentaires. Les conséquences financières pourraient s’avérer très importantes, une saignée que l’on chiffre déjà au-delà de la dizaine de milliards F CFA.

En plus de l’atteinte portée à sa crédibilité en terme de bonne gouvernance, l’affaire Cotecna contre le CNPM a été également portée devant la Cour d’arbitrage de l’Uémoa qui doit, en transport à Dakar, connaître du refus du CNPM d’honorer les factures régulièrement dues à Cotecna pour les dernières prestations de son contrat.

Aussi faut-il croire que l’instance communautaire pourrait bien s’inspirer de l’arrêt de la Cour suprême du Mali, nonobstant son appréciation propre du contentieux, mais en se fondant sur le simple principe des obligations sans conteste du débiteur envers son créancier. Ses décisions, outre qu’elles sont sans appel, constitueront un désaveu cinglant au plan international en terme de transparence dans la pratique de la gestion publique.

C’est pour dire qu’en suivant aveuglément et sciemment le CNPM dans une croisade sans issue, le gouvernement malien va au-devant d’énormes risques économiques et financiers. Le gouvernement malien peut, comme l’a prouvé cette affaire, se permettre d’instrumentaliser sa justice, mais sur le plan international, la facture multiforme pourrait être très salée.

Certes, la Cour a rejeté la demande de dommages et intérêts des conseils de Cotecna, mais cette décision était fondée sur le fait que l’exigence n’a été formulée qu’en cours d’appel et non en première instance. Au demeurant, les avocats de Cotecna ne s’en sont formalisés outre mesure qui n’attendent que l’issue administrative de l’arrêt de la Cour pour remettre la question sur le tapis, fort cette fois du verdict du 31 janvier dernier. Et il faut s’attendre, en plus des dépens, à d’importantes sommes exigées, relativement au Programme de vérification des importations, mais surtout aux dommages subis par la multinationale suisse qui défend aussi son image.

Le verdict met également en cause l’administration malienne, à travers le comité technique de suivi (composé pour partie de cadres des départements des Finances et du Commerce), en charge d’assister et d’accompagner le CNPM dans la gestion du PVI. En effet, la décision de la Cour suprême a été fondée sur les multiples violations des textes en matière de conception, de passation et d’attribution des marchés publics.

Faut-il noter que tout le long du processus, aucune administration compétente n’a pu rectifier le tir, laissant le CNPM opérer comme le souhaitait son président. Car, comme la révélation en a été faite à l’époque, Choguel Maïga alors ministre de l’Industrie et du Commerce, a régulièrement mais en vain insisté sur les incohérences du dossier. D’où le caractère politique qui entache un dossier qui, par essence, ressort du domaine commercial.

Cette confusion des rôles et des intérêts a fini par ternir l’image même du Mali, à travers également des conséquences sur les pratiques bancaires, en faisant élever les indices de risque des investissements. En confiant la gestion de plusieurs centaines de milliards à un syndicat du secteur privé, l’Etat malien fait face aujourd’hui à une ardoise d’autant plus salée financièrement que la succession des affaires sombres aura durablement écornée sa cote auprès des partenaires techniques et financiers.

Mohamed Daou

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POUR ATTEINTE AUX DROITS DES ETUDIANTS

Les mises en garde de l’AEEM

Dans une virulente correspondance qu’il vient d’adresser aux deux ministres de l’Education avec ampliation au Premier ministre, le bureau de coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) dénonce des atteintes graves aux droits et aux conditions de vie et d’études des élèves et étudiants. Il exige la résolution diligente de quatre points de revendication qui sont d’une « nécessité impérative ».

Menace, mise en garde ou interpellation ? Toujours est-il que l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), qui s’est illustrée ces dernières années par la non-violence, vient de sortir de ses gongs. En effet, dans une lettre adressée aux ministres Amadou Touré et Aminata Diallo Sidibé, chargés de l’Education, elle tape du poing sur la table pour manifester son mécontentement. « Depuis un certain temps, les élèves et les étudiants vivent un malaise dans leurs chairs et dans leur esprit suite a des cas graves d’atteinte à leurs droits, à leurs conditions de vie et d’études », écrit le secrétaire général du bureau de coordination dans la lettre.

Ce malaise, selon lui, est illustré par quatre points dont l’examen et la résolution sont d’une nécessité impérative. Il s’agit du retard dans le payement des bourses des étudiants omis au titre de l’année 2006-2007 à la FSJP, la confusion sur les résultats de la session de cette Faculté, l’absence dangereuse d’évaluation dans les écoles secondaires publiques et la problématique de la non-orientation des élèves admis au DEF.

La disgrâce

En outre, l’AEEM dénonce le manque de diligence dans le traitement du cahier de charges. Et pourtant le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Amadou Touré, avait promis d’ouvrir, dans les meilleurs délais, des négociations sur les 22 points de ce cahier, à la clôture du dernier congrès de l’Association en décembre dernier. Pour le syndicat estudiantin, la diligence dans le traitement et la résolution de ses revendications sont des préalables à la réussite d’une école apaisée et performante.

Une façon de dire aux autorités scolaires et universitaires que trop, c’est trop et que la période de grâce est terminée. Et vivement le slogan « oser lutter, c’est oser vaincre, la lutte continue », souligné en gras en bas de la lettre. « L’AEEM a prouvé à toutes les occasions sa volonté de respecter le protocole d’accord pour une école apaisée et performante. Mais elle ne peut cacher aujourd’hui son inquiétude face à sa mise à l’écart dans la gestion quotidienne des problèmes de l’école », avertit M. Baby.

Autant dire que les ministres en charge de l’Education nationale ont du pain sur la planche. En plus des crises de la FSJP, de la grève de la Coses qui a eu pour conséquence le boycott des compositions du secondaire, c’est l’AEEM qui déterre la hache de guerre.

Sidiki Y. Dembélé

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IL FAUT LE DIRE

A qui profite le « crime » ?

Entre un président de la République, qui est supposé avoir fait abstraction de la loi, et des partis politiques, qui tendent leur sébile en direction de l’argent public, il y a peut-être lieu de faire la part des choses.

Certes, le chef de l’Etat, garant de la Constitution, se doit de tenir comme sur la prunelle de ses yeux, au respect des lois et règlements. Mais que dire des partis politiques qui vont bientôt se bousculer aux guichets pour recevoir leur part « indue » de financement public ? Si « crime » il y a, il est alors certain que c’est à eux qu’il profite. Voilà pourquoi aucun d’eux n’a levé le petit doigt en guise de protestation. Il est vrai que dans les circonstances actuelles, l’argent n’a plus d’odeur pour beaucoup de Maliens.

Incapables de mobiliser leurs militants dans le cadre de leur financement et à l’occasion des consultations électorales, beaucoup de chapelles politiques ont aussi fini par montrer à suffisance leurs incapacités à se gérer à l’interne au point de ne pas être en mesure de justifier leur existence, passage obligé de leur accès à l’aide publique. Fragilisés par des contradictions internes, des querelles de leadership et des guerres de positionnement… ils se laissent malmener à tous bouts de champs.

En mettant à la disposition de la centaine de partis politiques quelque 800 millions de F CFA, le chef de l’Etat pourrait donc apparaître aux yeux de beaucoup d’entre eux comme un bienfaiteur, qui mérite reconnaissance ou respect. A défaut de nouvelles allégeances, il pourrait, en retour, compter sur une certaine gratitude des bénéficiaires. Ne dit-on pas chez nous que la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit ? Quel parti, qui n’a pas objectivement droit à l’aide mais qui la reçoit finalement, pourrait plus tard regarder le président droit dans les yeux et condamner une mauvaise conduite des affaires de l’Etat ?

Les partis membres de l’opposition ne risqueraient-ils pas de tomber dans un piège s’ils acceptaient la « mesure exceptionnelle » au lieu de la condamner ? Ne devraient-ils pas s’en laver les mains pour être au moins en harmonie avec eux-mêmes et privilégier strictement leur rôle de contre-proposition ?

Et si par extraordinaire tous les partis étaient soucieux de bien-être et de progrès, ils renonceraient à cet argent qui pourrait servir à résoudre en partie de nombreuses questions en suspens comme par exemple le cas des militants de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses), qui boycottent depuis plus de dix jours les compositions du premier trimestre au motif que l’Etat se serait rétracté après avoir promis de satisfaire certaines de ses doléances.

On le voit, dans une démocratie organisée, certaines fautes ou erreurs d’appréciation peuvent être facilement corrigées si chacun jouait sincèrement son rôle. Dommage !

A. M. T.

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DEVELOPPEMENT DU MALI

Qui se moque de qui ?

Le développement ne se décrète pas. Il découle de la mise en œuvre des politiques favorables au progrès économique et social, notamment les réformes douloureuses, mais nécessaires. C’est un processus long, certes, mais plus on y pense plus on se rend compte que le Mali peine encore à trouver son chemin. Il en est ainsi parce que les règles élémentaires et le bon sens sont absents dans nos politiques de développement. Les acteurs et agents de développement passent à côté de l’essentiel.

Les règles les plus élémentaires du bon sens sont ignorées par nos politiques. La logique nous apprend que dans ce monde où nos envies sont illimitées et nos moyens si limités, qu’on fasse une analyse coût/bénéfices de toute action publique pour comparer son rendement à celui des alternatives. Spécifiquement, avant d’entreprendre quoi que ce soit impliquant des dépenses publiques, l’Etat a le devoir de se poser la question suivante : est-ce une nécessité ou un luxe ? La question devient encore plus importante lorsqu’il s’agit de l’un des pays les plus pauvres. Que fait le gouvernement ? Il crée de nouvelles institutions qui, à leur tour, créent des rapports.

Il y en a assez des rapports des institutions inutiles avec des budgets annuels dépassant plusieurs milliards de F CFA et dont l’effet sur le quotidien des Maliens ne vaut pas plus que l’indifférence tant affichée de ceux censés être garants du denier public. Qui peut honnêtement défendre une quelconque utilité du Bureau du Vérificateur général à part que celui-ci est là à rendre publics des rapports qui ne sont ni pris au sérieux et ni lus par qui de droit. Quelle suite donner à ce rapport qui faisait état d’une perte de plus de 100 milliards à l’Etat ? Ne savez-vous pas que cette somme suffit pour envoyer tous les enfants de la rue à l’école ? A alimenter des milliers de villages en eau potable ou à connecter des milliers d’écoles à Internet ?

Qu’en est-il du Médiateur de la République, qui a publié récemment son rapport annuel ? De part et d’autre, l’occasion est toujours bonne pour faire un tapage médiatique lors de la rencontre du président de la République et les présidents desdites institutions. Place à la routine : on félicite les bureaux pour le travail bien fait, on prend soins de mettre le rapport dans le placard et à l’année prochaine pour un autre rapport coûteux et sans effet. Comme le Bureau du Vérificateur général, censé aussi intervenir entre le gouvernement et les administrés, le Médiateur de la République ne dispose d’aucun pouvoir contraignant envers qui que ce soit. A quoi bon ?

Certains n’hésiteront pas à dire que ces institutions sont en partie financées par les partenaires techniques. Autrement dit, un pays frère nous donne de l’argent gratuitement pour le fonctionnement de ces institutions. Mais là n’est pas le problème. Ce n’est pas parce que vous avez de l’espace vide dans votre cour que vous accepterez de la transformer en des chambres d’hôtel. Ce n’est point les institutions qui manquent au Mali. Plutôt, c’est la volonté politique qui est négligée. Qu’on mette un terme à la création des institutions qui n’ont ni utilité et dont le seul effet est de recommander des actions à entreprendre. Cessons de gaspiller l’argent du contribuable.

Le développement n’a pas de raccourci. Il existe un chemin bien connu, testé par des pays et qui sont à notre portée sans besoin de faire recours à un quelconque partenaire. Le bon sens veut qu’on pose des actes dès maintenant sans lesquels le développement ne sera jamais possible. Ces actes ne coûtent pas un franc, mais nous aideront tout de même à consacrer l’essentiel de nos ressources là où le besoin est le plus pressent, tout en rendant les leaders exceptionnellement populaires. Parmi ces actes :

Des préalables

1. Réduire les avantages liés aux postes stratégiques. Un ministre n’a pas besoin de plus d’une voiture. Un ministre n'a pas besoin de voyager en première classe. Savez-vous qu’en Norvège, 3 ministres se partagent une voiture et un chauffeur, et qu’un ministre ne voyage qu’en classe économique ? Pourquoi le font-ils ? Ils veulent s’assurer que seules les personnes désireuses de rendre service au public se retrouvent dans des fonctions stratégiques. En Norvège, un prétendant ne va pas voir un devin pour être ministre. Chez eux, les gens refusent d’être ministre. Qu’on interdise la circulation des voitures officielles en dehors des heures de travail (avec le prix du baril à 100 dollars, les économies seront énormes). Qu’est-ce qu’une Mercedes immatriculée G ou K fait dehors à minuit ou sur la route de Sélingué un samedi soir ?

2. La réforme de notre fonction publique est un passage obligé et le plus tôt serait le mieux. Qu’on soit un étranger ou un national, le constat est unanime : l’administration malienne est paralysée et démotivée, et un cadre normal au Mali ne travaille pas plus d’une heure par jour. Entre l’arrivée au bureau à 10 h, le thé en trois temps, les courses et appels téléphoniques payés par l’Etat, la productivité et l’efficacité de nos services publics sont sûrement les plus médiocres. Pis, l’attitude des chefs de service rappelle le diktat de Georges Clemenceau qui dit que « les fonctionnaires sont un petit peu comme les livres d’une bibliothèque. Ce sont les plus haut placés qui servent le moins ». Quelle réponse à l’inertie des bureaucrates ? Le gouvernement promet de recruter davantage.

Nous n’avons ni les moyens, ni le besoin de recruter dans la fonction publique. La fonction publique est surpeuplée et nous estimons qu’un pays comme le nôtre n’a pas vocation à payer des gens pour ne rien faire. Dans les autres pays, les gens se battent pour des postes dans le privée ; au Mali il n’y a que la fonction publique qui intéresse et la raison est connue : on est payé pour ne rien faire.

3. Qu’on ouvre un débat national sur notre développement, représentant toutes les sensibilités politiques pour définir le rôle et la responsabilité de tous les acteurs. Consulter le peuple au nom duquel on gouverne sur ce qu’il attend de ses serviteurs est d’une légitimité incontestée. Quand on est consulté, on prend la part de responsabilité qui est la sienne.

4. Finalement et non moins le moindre, le support populaire est capital. Les leaders changent parce que la population l’exige. Le rôle de la société civile est crucial. Elle constitue un blocus permettant d’observer toute action des politiques en les rendant accessibles aux populations et aux médias. Mais quand la société civile peine à trouver toute sa place du fait de sa dépendance par rapport gouvernement et quand l’écrasante majorité de la population ne connaît ni son droit ni son devoir, on est à la merci des décideurs politiques. Une telle situation rend tout possible, y compris le pire.

Dire « je veux développer mon pays » ne suffit pas plus que « vouloir guérir » ne guérit pas un malade. Personne ne dispose de la formule magique pour développer un pays. Mais il existe des idées à appliquer et des comportements à éviter. Que les politiciens maliens comprennent une chose : gouverner veut souvent dire prendre des décisions provisoirement impopulaires, mais qui, dans le long terme, transforment la vie des millions de citoyens en un océan de bonheur. Qu’ils cessent d’exploiter l’ignorance de ceux qui leur sont aveuglement fidèles !

Soya Djigué

(économiste)

 

 

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TRANSFORMATION LOCALE DE COTON

« Daoula » attire l’attention sur la technologie

L’association « Routes du Sud » a animé samedi une conférence de presse sur la tenue de la 2e édition de « Daoula » (rencontre autour du coton). Placé sous le signe du dialogue culturel et de la créativité autour du coton, cette édition se tiendra du 2 au 4 mars au Palais de la culture et au Musée national.

« Coton et technologie » est le thème de la 2e édition de « Daoula ». Au cours d’une conférence de presse sur son déroulement, Awa Meité de l’association « Routes du Sud », conférencière, a attiré l’attention sur tous les aspects de la production locale de coton ; qu’il s’agisse des planteurs de coton, des fileurs, des artisans, des teinturiers, des brodeurs, tailleurs et des marchands.

« Le Mali est un des principaux producteurs de coton de l’Afrique et pourtant moins de 5 % de notre coton est transformé localement. Pour apporter une réponse appropriéeaux problèmes rencontrés par la filière cotonnière dans notre pays, il faut forcément développer la transformation locale du coton », a souligné la conférencière qui espère que la technologie servira d’outil d’éducation et de documentation sur les anecdotes concernant l’économie et la viabilité de la production locale de coton.

En tant que promotrice du projet « Daoula », la conférencière ajoutera que les nouvelles technologies permettront à des initiatives comme « Daoula » de mettre en lumière la multiplicité des possibilités qu’offre le coton et la diversité des créations que le coton peut occasionner.

Pour Mme Meité, « les nouvelles technologies sont un moyen qui permet de donner la parole aux producteurs de coton en milieu rural et renforcer l’efficacité des relations commerciales des producteurs et des créateurs au Sud avec des confrères du Nord, des clients nationaux et internationaux ».

« Daoula » est une initiative de l’association « Routes du Sud ». Il est une alternative économique, sociale et culturelle autour du coton dont notre pays figure parmi les plus importants producteurs en Afrique.

Cet événement engagé, met en lumière le monde du coton sous une perspective élargie, qui part de la production à la transformation et qui sensibilise aux problèmes rencontrés par la filière cotonnière africaine. C’est un projet qui s’appuie sur les savoir-faire artisanaux dans la perspective de redynamiser la filière cotonnière avec la participation d’acteurs nationaux et internationaux.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

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FREDERIC KANOUTE JOUEUR AFRICAIN DE L'ANNEE 2007

La consécration d’une fierté nationale

Frédéric Oumar Kanouté, l'attaquant international malien du FC Séville, a été élu vendredi dernier (1er février 2008 à Lomé) footballeur africain de l'année 2007 par la Caf. Et cela suite au vote de 53 sélectionneurs d'équipes africaines. C'est la première fois qu'un joueur né en Europe est ainsi récompensé. Il devance Didier Drogba, vainqueur en 2006, et Michael Essien.

« C’est avec un immense honneur et une légitime fierté que nous avons appris la désignation de Frédéric Oumar Kanouté commeBallon d’or africainde 2007 »  ! C’est par ces mots que débute le message de félicitation du ministre de la Jeunesse et des Sports, Hamane Niang, adressé au joueur quelques heures seulement après sa désignation comme le « footballeur africain de l'année 2007 » par la Confédération africaine de football (Caf).

« Je ne m’y attendais pas, d’autant que j’étais en compétition avec de très grands joueurs. C’est un privilège de recevoir ce trophée prestigieux » , a dit le joueur du FC Séville, qui a dédié son Ballon d’or à sa famille, au peuple malien et à l’Afrique unie.

L'attaquant du FC Séville est le premier joueur né en Europe à remporter le trophée décerné après le vote de 53 entraîneurs issus de 53 fédérations de la Caf. Et si Salif Kéita a été le premier Ballon d’or africain, il n’est plus désormais le seul Malien à figurer au palmarès de cette distinction.

Kanouté succède à l'Ivoirien Didier Drogba, qui faisait partie, avec le Ghanéen Michael Essien, des trois joueurs nominés. Une consécration amplement méritée car, à part la Liga espagnole, Frédéric Oumar Kanouté a tout eu avec le FC Séville la saison écoulée.

En effet, l'ancien joueur de Lyon et de Tottenham Hotspur a été récompensé à l'issue d'une année qui l'a vu qualifier le Mali pour la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations (Can) et remporter la Coupe de l'UEFA et la Coupe du Roi avec Séville. Comme l’a dit le ministre Hamane Niang, ce trophée est donc « une distinction amplement méritée par ce joueur talentueux, humble et qui a le sens de la responsabilité ».

Kanouté a inscrit le seul but que les Aigles du Mali ont marqué avant de quitter la phase finale de la Can 2008 à l'issue du premier tour. Comme le disait un fervent supporter des Aigles, cette distinction est tombée au bon moment pour réconforter les Maliens après l’élimination précoce et douloureuse des Aigles de la Can« Ghana-2008 ». Gageons qu’elle annonce d’autres récompenses prestigieuses pour Kanouté avec son club, le FC Séville, et les Aigles du Mali.

Alphaly

 

Les lauréats des Glo-Caf Awards 2007

Meilleure joueuse de l’année : Cynthia Uwak (Nigeria)

Meilleur joueur compétitions inter-clubs : Amine Chermeti (Etoile du Sahel)

Meilleur club : Etoile du Sahel (Tunisie)

Meilleure équipe nationale : Côte d’Ivoire

Meilleur jeune joueur : Clifford Mulenga (Zambie)

Meilleur entraîneur : Yemi Tella (champion du monde cadets, Nigeria)

Meilleur footballeur de l’année : Frédéric Kanouté (FC Séville, Mali)

* A noter par ailleurs que la Caf a décerné des prix spéciaux aux 10 meilleurs joueurs africains de ces 50 dernières années. Il s’agit, entre autres, de Kalusha Bwalya, Samuel Eto’o, Abedi Pelé, Al-Khatib, George Weah, Roger Milla, Didier Drogba

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LES AIGLES DU MALI A LA CAN-2008

Des révélations sur un rêve brisé

Les Aigles se sont cassé les ailes au moment où on s’y attendait le moins. Fatigue physique ou faiblesse psychologique ? Chacune des parties a-t-elle joué réellement joué sa partition comme on l’attendait ?

Il doit être écrit quelque part que le Mali attendra longtemps avant de battre la Côte d’Ivoire. Cela fait maintenant plus de 30 ans que les Aigles ne parviennent pas à vaincre ce signe indien qui les handicape à chaque confrontation avec les Eléphants de la Côte d’Ivoire. Pourtant, tout concourait cette fois à les voir surmonter ce handicap.

Avant cette rencontre décisive, les Aigles avaient été mis sur orbite par la courte et précieuse victoire (1-0) face au Bénin et le nul vierge devant le Nigeria lors de leurs deux premières sorties. Face aux Ivoiriens, ils étaient soutenus par des supporters évalués à plus de 800 personnes venues des quatre coins du Mali jusqu’à Sekondi-Takoradi pour être à leurs côtés.

La tournure des événements a même laissé croire à une résurrection de Bassala (capitaine à la place de Djilla suspendu) et ses camarades. Deux corners consécutifs et une contre attaque quelques minutes après le début de la rencontre laissaient présager une issue heureuse pour les Maliens. Mais, voilà : ce qui devait arriver arriva après seulement neuf minutes après le coup d’envoi. Une hésitation défensive, au niveau de l’axe central, ouvre la voie à Didier Drogba pour tromper de près le gardien Maha pourtant idéalement placé. Drogba venait ainsi de donner sa première leçon du jour à Sammy Traoré qui avait crié sur tous les toits qu’il ne pouvait pas lui échapper et qui a remué ciel et terre pour être aligné dans ce match.

Après ce premier coup à encaisser, la suite ne fut point à la hauteur de l’attente des millions de Maliens médusés devant les téléviseurs par la piètre prestation de leurs stars. Les Aigles ont succombé là où l’on s’y attendait le moins. Ils ont ainsi laissé filer une qualification en quarts de finale que même un match nul suffisait à leur assurer.

La défaite des Aigles s’explique en partie par une stratégie collective inappropriée car reposant sur une défense à trois et un duo dans l’axe central (Police et Cédric Kanté) et deux centres souvent assignés à un rôle purement défensif. Cette disposition tactique a posé d’énormes problèmes de placement et de marquage à une défense malienne noyée dans cette camisole de force du technicien français, Jean-François Jodar.

Les Aigles du Mali ont donc dit adieu à leur rêve de sacre continental au Ghana. Ils ont quitté la compétition sur la pointe des pieds. Une terrible désillusion pour eux qui étaient venus jouer les premiers rôles avec le soutien de tout un peuple.

Malifoot indexée

Mais, si l’Etat et le peuple ont joué leur partition, ce ne fut pas le cas pour tout le monde. Un certain nombre de dispositions étaient à prendre autour des Aigles avant la compétition. Il s’agissait par exemple de préparer, en amont, l’organisation des conférences de presse d’avant et d’après match, d’élaborer le calendrier des entraînements… Des tâches qui reviennent naturellement à la Fédération et qui n’ont pas été exécutées. Cela a beaucoup contribué à polluer l’environnement autour de l’équipe. Mais parmi les équipes de notre groupe, notre pays avait la plus mauvaise organisation autour de l’équipe nationale.

On avait l’impression que les membres de Malifoot étaient partis en touristes. Et certains ne cachaient même plus leur volonté de saboter la participation malienne afin de faire porter le chapeau au département de la Jeunesse et des Sports. « S’il pense que nous sommes en basket, nous allons voir », déclaraient certains, certainement mécontents du nombre de places accordé à la Fédération par le département. Et pourtant, rien n’empêchait Malifoot de faire partir d’autres responsables par ses propres moyens comme c’était le cas avec d’autres pays.

Cette volonté palpable de la Fédération de prendre ses distances vis-à-vis du ministère a surpris plus d’un. Il faut noter que les deux entités ont rarement tiré dans la même direction au Ghana. Mais, dès sa nomination, le ministre Hamane Niang avait pourtant tendu sa main et ouvert sa porte à toutes les fédérations, notamment à Malifoot. Il tenait par exemple à ce que Salif Kéita soit présent à toutes les cérémonies de remise de chèque à la Commission nationale de recherche de financement pour la participation du Mali à la Can-2008.

Les préparatifs du dernier match de qualification de la Can à Lomé prouvent également à suffisance l’ouverture du ministre Niang vers les responsables de notre football. Mieux, le département a suivi la Fédération dans toutes les grandes décisions relatives à la participation des Aigles à cette compétition. A commencer par le plan de préparation, la fixation des montants des primes… Mais, ce que certains responsables fédéraux reprochent à Hamane Niang, c’est de « vouloir tout vérifier dans les moindres détails ». Ce qui pourtant découle de son souci de transparence.

Avec ce que nous avons vu et entendu autour de l’équipe, c’est comme si nous venons de nous mettre la main dans nos propres yeux. Une drôle de manière de faire la Can. Et comme le hasard semble s’acharner sur nous, ils créent une situation peu respirable autour des Aigles. Et cela commence avec la première conférence de presse d’avant match qui a été un échec, car l’attaché de presse commis par la Fédération n’a pu à temps demander la salle aux responsables d’El Mina Beach, l’hôtel où résidaient les Aigles. Et en une demi-heure, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Bénin nous ont donné une vraie leçon d’organisation en la matière.

Retour à la case départ

Que dire des tentatives de diviser les joueurs en clans et de pousser d’autres à la dissidence contre l’encadrement technique et des cadres de l’équipe comme Djilla, Seydou Kéita et Frédéric Kanouté ? Il y a bien d’autres révélations que nous nous gardons de faire ici afin de permettre aux bonnes volontés de rapidement recoller les morceaux de cette débâcle malienne au Ghana.

Si pour les avertis du football cela ne pouvait en être autrement dans un groupe traité a priori de relevé, pour le commun des Maliens (eux qui ont contribué à hauteur de 500 millions de F CFA pour accompagner leur équipe), la déception est totale. Avec un Etat qui s’est impliqué dans la préparation de l’équipe et un peuple uni derrière sa sélection nationale, les regards sont déjà tournés vers la Can et le Mondial-2010.

Mais avant, il faut rendre compte au peuple qui n’attend plus que ça. Et comme dans tout malheur, il faut chercher le côté positif des choses, il se pourrait que cette élimination, aussi dure soit-elle, remette à sa véritable place un football qui n’évolue plus depuis quelques années. La preuve, c’est l’absence des équipes nationales des cadets, des juniors et des Espoirs aux grands rendez-vous des dernières années.

Le sélectionneur français, lors d’une conférence de presse animée au lendemain de la défaite de son équipe, a indiqué avoir axé son plan en vue des compétitions de 2010 si, entre-temps il n’est pas éjecté de son siège comme il est de coutume. Après tout, la Can« Ghana-2008 » est déjà un triste souvenir dans la tête des Maliens.

Il faut tourner la page et se concentrer sur une meilleure préparation des échéances capitales (Can en Angola et Coupe du monde en Afrique du Sud) de 2010.

Boubacar Diakité Sarr

(envoyé spécial au Ghana)

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