De sources bien informées le procureur de la Commune III a reçu une dénonciation en bonne et due forme contre le Vérificateur général pour faux et usage de faux et atteinte aux biens publics. Les éléments du dossier seraient d’autant plus précis et chiffrés que l’enquête qui devra être ouverte ne permettra aucun classement de cette affaire.
La Section des comptes de la Cour suprême a vérifié la gestion 2004 du Vérificateur. Il a les tares qu’il reproche aux autres.
La Section des comptes de la Cour suprême a vérifié le Bureau du Vérificateur général pour seulement son exercice 2004. « C’est sûr qu’aujourd’hui les résultats seraient pires, puisque le Bureau ne peut même plus faire de missions, fautes de crédits : tout est déjà épuisé », affirme une source.
La vérification a porté sur les textes de création, d’organisation et de fonctionnement du Bureau du Vérificateur ; la gestion budgétaire et comptable ; la tenue de la comptabilité matières.
En passant au crible cette gestion, la Section des comptes de la Cour suprême épingle le Vérificateur général sur tous les aspects : non-respect de la loi et des procédures administratives pour ce qui concerne les passations de marchés, établissement de factures fictives et non conformes, complaisances dans les recrutements de sociétés prestataires…
Le Bureau du Vérificateur général est au centre, ces temps-ci, de toutes les turbulences. Le Vérificateur général, qui n’a d’égards pour aucun de ses collaborateurs, n’avait pas besoin de ce rapport qui vient remettre en cause jusqu’à ses rapports et fait désespérer de bien de choses.
Nous y reviendrons.
LOI DE FINANCES 2009
Le Mali s’installe dans le déficit
Le Budget de 2009, se chiffre à 1001,800 milliards de F CFA en recettes contre 129,104 milliards de F CFA en dépenses. En 2008, les recettes étaient de 936,207 milliards de F CFA dans le budget rectifié, contre 1119,472 milliards de F CFA de dépenses. Le déficit qui était de 119,472 milliards de F CFA se creuse davantage et passe à 127,304 milliards de F CFA, ce qui dénote d’un certain laisser-aller.
L’accumulation des déficits budgétaires vient gonfler l’encours de la dette publique et augmente les charges futures de l’Etat. Or, plus un Etat est endetté, plus la charge de cette dette est élevée. Celle-ci pèse d’autant plus sur son budget qu’un niveau de dette important entraîne des taux d’intérêt élevés lorsque l’Etat veut contracter de nouveaux emprunts. A terme, le poids de la dette peut ainsi devenir insoutenable par rapport au niveau des recettes de l’Etat.
Selon le ministre des Finances, Abou-Bakar Traoré, « ce déficit sera financé par les ressources provenant des aides budgétaires extérieures et la mobilisation de l’épargne nationale », un saupoudrage.
Les lois de finances déterminent, pour une année civile, la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’Etat , ainsi que l’équilibre budgétaire et financier qui en résulte Ce sont des lois ordinaires, mais qui sont adoptées selon une procédure de vote spéciale. La loi de finances initiale (LFI) autorise notamment la perception des ressources de l’Etat et des impositions de toutes natures attribuées à des personnes morales autres que l’Etat. Les lois de finances rectificatives (LFR) ou « collectifs budgétaires » modifient en cours d’année les dispositions de la LFI. seule 31,83 %, du Budget national, celui-ci va plus dans les charges courantes que dans l’investissement, l’innovation ou la recherche. En un mot : nous avons plutôt un budget de consommation.
Le gouvernement table sur une croissance du PIB de 5,2 %, et une croissance à 7 %, supérieures de loin à toutes les prévisions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ou du Fonds monétaire international (FMI) et que ne sous-tend aucune activité économique. « Le renforcement des dépenses d’investissement public et l’amélioration de leur efficacité conjugués avec l’accélération du rythme des réformes économiques constitueront les leviers essentiels du rythme de croissance économique vers l’objectif de 7 %, conformément à la Stratégie de croissance accélérée que les partenaires techniques et financiers se sont engagés à appuyer au cours de la Table ronde des bailleurs de fonds du Mali » .
Ça sonne comme un vœu pieux dans la mesure où la conjoncture internationale dément de loin ces prévisions optimistes.
Attendons donc de voir !
Alexis Kalambry
Acceuil
AEROPORT DE SENOU
Négligence dans la sécurité
L’aéroport international de Bamako-Sénou est le principal aéroport du Mali. Construit en 1974 pour accueillir 250 000 passagers, l’aéroport peut en accueillir aujourd’hui 516 000. Or, la situation sécuritaire semble préoccupante.
D’importants travaux de sécurisation ont été faits à l’aéroport de Bamako-Sénou par le département de l’Equipement et des Transports. Mais, en dépit des efforts déployés pour lui donner un meilleur visage, force est de constater que des questions de sécurité se posent encore avec acuité.
Dimanche 14 décembre. Il est 12 h environ. Les passagers du vol Bamako-Cotonou sont convoqués pour l’enregistrement de leurs bagages et l’embarquement dans la salle d’attente après avoir passé quelques heures à dormir dans la salle d’attente (ce jour-là l’avion à destination de Cotonou accusait 3 h de retard).
Après les formalités aux différents niveaux de contrôle, les passagers sont convoqués dans la salle d’embarquement. Pour y accéder, obligation est faite à tous de se soumettre aux fouilles corporelles aussi bien que des bagages à main.
Notre surprise a été que nos bagages à main n’ont pas été fouillés. La machine était en panne. Des passagers ont tranquillement continué leur chemin. Beaucoup ont été étonnés du fait que les agents les ont laissés passer aussi facilement. Réagissant à l’absence de scanner, l’un des préposés assis derrière la machine en train de somnoler a répondu que l’appareil est en panne.
Quelles pourraient être les conséquences de ce laisser-aller à l’aéroport de Sénou en cette période d’attentats ?
Il y a quelques mois, des passagers en provenance de Douala avaient franchi la porte de l’aéroport sans être fouillés. Aujourd’hui, dans tous les aéroports du monde des mesures drastiques sont en train d’être mises en place. Au Mali, on se moque de la sécurité comme de son premier rot.
Amadou Sidibé
Acceuil