Les Echos du 22 Decembre
ATTAQUE DU POSTE MILITAIRE DE NAMPALA
L’Etat face à ses responsabilités
Neuf militaires maliens tués (officiel) : c’est le bilan d’une attaque qui a visé le poste militaire de Nampala samedi et aussitôt revendiquée par Ibrahim Ag Bahanga. L’Accord d’Alger peine à son chemin de Damas dans le guêpier du Nord-Mali, l’Etat est plus que jamais interpellé sur la sécurité des personnes et des biens.
La nouvelle est tombée samedi comme un couperet, coupant le souffle à plus d’un Malien : la garnison militaire malienne de Nampala à la frontière avec la Mauritanie a été la cible d’un groupe de rebelles touaregs du chef rebelle Ibrahim Ag Bahanga, à en croire Radio France internationale (RFI).
Cette station étrangère, citant les sources de son correspondant local, Serge Daniel, a fait état de 20 militaires maliens tués et de nombreux civils. Ces habitants, victimes innocentes de cette attaque meurtrière, auraient été pris pour des militaires déguisés en civils, ajoute RFI.
Le communiqué, rendu public samedi soir par le ministère de la Défense et des Anciens combattants, avance le chiffre de 9 militaires tués, 11 blessés dans les rangs de l’armée et « 12 bandits tués et beaucoup de blessés ». A en croire les sources gouvernementales qui utilisent le mot « bandits », les assaillants seraient des combattants liés à de bandes de narcotrafiquants.
A Kayes pour l’ouverture de la Biennale artistique et culturelle, ATT, informé de la triste nouvelle, a réaffirmé l’indivisibilité du pays tout en qualifiant l’attaque de « provocation ». Si les propos du chef de l’Etat rassurent, il est plus que jamais temps que l’Etat assume ses responsabilités en engageant un dialogue franc et responsable avec les « bandits », en prenant les mesures idoines pour sécuriser les populations civiles.
En effet, de mémoire de Malien, l’agression du camp de Nampala est la plus sanglante attaque dans laquelle des populations civiles ont été la cible depuis le 23 mai 2006. Qu’est-ce qui a bien pu motiver cette attaque ? S’agit-il de forcer le gouvernement à aller à la table de négociation ou aux « bandits » de faire passer la drogue ? Rien n’est sûr, mais Ibrahim Ag Bahanga avait toujours réclamé à défaut d’un départ, un allégement du dispositif militaire dans la région de Kidal.
Le dialogue entre les autorités et le mouvement rebelle serait au point mort. En tous les cas, le Rassemblement pour le Mali (RPM) avait, il y a une semaine, dénoncé la rupture du dialogue et un chroniqueur malien à son tour, s’étonnait dans nos colonnes que l’Etat malien ne puisse mettre à profit la période de trêve observée jusqu’à l’attaque de samedi pour élaborer et mettre en œuvre de véritables projets de développement dans la partie septentrionale du pays.
Quoi qu’il en soit, l’attaque de Nampala vient donner un coup de massue à l'Accord d'Alger, supposé apporter la paix au Nord et au pays en général.
Denis Koné
Acceuil
DROITS DE L’HOMME
Menaces sur les droits civils et politiques
Le ministère de la Justice a organisé le samedi 20 décembre 2008 au Centre Djoliba une conférence débats sur « les droits civils et politiques », un sujet d’actualité à cause des atteintes graves aux droits dits fondamentaux des populations.
Les Etats ont l’obligation de garantir les droits civils et politiques de plus en menacés dans de nombreux pays.
L’un des conférenciers Mamadou Diakité, coordonnateur du Programme appui à la promotion et à la protection des droits humains et du genre au Mali (PCDHG), a défini les droits civils et politiques comme « l’ensemble des droits et libertés fondamentaux dont le respect impose à l’Etat l’obligation de ne pas empêcher la jouissance ».
Selon lui, ces droits consacrent d’une part les droits de l’individu face à l’Etat (respect de la vie privée, de la vie familiale, de la propriété), d’autre part la participation de l’individu à la vie collective (droit de vote, libertés fondamentales…)
« Les droits civils et politiques constituent les droits de l’homme de la première génération parce qu’ils sont les premiers droits de la personne humaine à avoir été revendiqués dans le combat contre l’arbitraire du pouvoir politique… » a expliqué M. Diakité qui a tenté de répondre à un certain nombre de questions pour mieux éclairer la lanterne de l’assistance sur le sujet.
Quels sont les droits civils et politiques ? Quels instruments juridiques assurent leur protection ? Quelles obligations ces instruments imposent aux Etats et quels sont les mécanismes de vérification du respect de ces obligations ?
Dans leurs réponses, Me Soyata Maïga, membre de la Commission de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) tout comme Mamadou Diakité, ont souligné que les droits civils et politique sont garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, la CADHP et d’autres instruments.
Parlant de l’effectivité des droits civils et politiques au Mali, ils diront que toutes les constitutions se sont référés à la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH). Selon eux, c’est surtout dans la Constitution du 25 février 1992, rédigée suite à la révolution de mars 1991, que les droits civils et politiques ont connu au Mali un essor particulier.
Cependant, en dépit des progrès enregistrés le coordonnateur du PCDHG a déploré que certaines droits civils et politiques suscitent des « préoccupations ». « Il s’agit notamment du droit à la vie, à cause de l’existence dans la législation de la peine de mort et la non ratification par le Mali du 2e protocole au Pacte international relatif aux droits civils et politique », a-t-il regretté avant de dénoncer l’insécurité des personnes et des biens dans notre pays.
Aussi, le conférencier a estimé qu’au Mali, le droit à la justice dont l’accès n’est pas, selon lui, facile à cause de divers facteurs (éloignement, coût élevé, complexité) est fortement atteint.
Il faut noter que cette conférence qui a enregistré les contributions du Barreau malien et de l’Amnesty International/Mali, entre dans le cadre des activités programmées pour la célébration du 60e anniversaire de la DUDH.
Amadou Waïgalo
Acceuil
FSJP
Le doyen révoqué
Le doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP),.
Pr. Harouna Dembélé, a été démis de ses fonctions le jeudi 18 décembre par décision du ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique suite aux irrégularités de dysfonctionnements constatées par le recteur de l’Université de Bamako qui lui avait adressé, il y a quelques jours une lettre d’explication,
Selon une source proche du ministère, le doyen de la FSJP a été jugé « incapable d’assumer ses fonctions ». Effet, il serait atteint d’une tumeur cérébrale aiguë provoquant chez lui des crises répétées. « Il lui arrivait même de piquer des crises en pleine réunion », a révélé notre source qui a indiqué que M. Dembélé doit en principe se rendre aujourd’hui en France où il sera admis dans un hôpital pour des soins appropriés.
L’administration de la FSJP a été provisoirement confiée à Bareyma Kamena, maître assistant, et Bandiougou Gakou, directeur de recherche, qui se sont aussitôt mis à la tâche, car avec les examens qui démarrent ce lundi 22 décembre, le temps presse à la FSJP.
A. W.
FAST
Un coup de feu crée la panique
C’est une ambiance de sauve-qui-peut qui prévalait le vendredi 19 décembre 2008 à la Faculté des sciences et techniques (Fast) suite à un affrontement entre militants de deux lices pour la tête du comité AEEM de la Faculté.
Au cours des échauffourées, un coup de feu a retenti dans la foule faisant une victime dont la vie est hors de danger. Un autre étudiant a été blessé au dos par, dit-on, une machette.
L’atmosphère n’est plus sereine à la Fast depuis le démarrage de la campagne pour l’installation du comité AEEM mettant en lice dix candidats qui n’hésitent pas souvent à user de méthodes agressives pour se faire élire.
A. W.
Acceuil