Les Echos du 19 Decembre
CHASSE DES PRINCES ARABES A MENAKA
Quand l’Etat viole la loi…
Dans le Nord, des autorisations de chasse sont accordées au mépris des lois en vigueur, car elles constituent des sources de fortune pour certaines autorités au détriment du Trésor Public. Pires, les règles édictées pour la sauvegarde des espèces rares sont foulées aux pieds par les autorités à commencer par leministre del’environnement.
La faune malienne fait la fortune de beaucoup de personnes. Et un grand trafic est organisé autour de notre faune chaque année notamment dans le Nord. D’ailleurs, bien malin qui pourrait dire quelles sont les périodes d’ouverture ou de fermeture de chasse au Mali, et combien la chasse rapporte au trésor public.
Grâce à nos zones climatiques, il existe des animaux spécifiques au désert, au Sahel, à la savane, …
Pendant longtemps, pour protéger les animaux, le gouvernement avait fermé la chasse. Mais, selon les spécialistes, « cette fermeture a été une erreur. Au lieu qu’elle permette de développer la faune, la fermeture a juste entraîné le massacre des animaux et permis le développement d’un trafic important d’armes et de munitions ». La fermeture ne s’étant pas accompagnée de la sensibilisation des populations notamment des chasseurs et de moyens de contrôle.
Malgré la fermeture de la chasse, un braconnage officiel était organisé au profit des princes arabes au nom de la coopération internationale. En effet, ils venaient, « arrosaient d’argent tout le monde et les autorités fermaient les yeux sur un massacre organisé ».« Nous avons même vu des chasseurs avec des armes de guerre automatiques », confirme un agent des eaux et Forêts, ancien de la zone, pour qui, « il existe des restaurants en Arabie Saoudite qui commercialisent de la viande d’outarde ou de gazelle du Mali ». Pour y remédier, il a été décidé d’ouvrir la chasse en vue de la promotion de l’écotourisme pour la valorisation de la faune malienne. Cette faune malienne est très prisée par les princes arabes qui sont nombreux à venir chasser les outardes et les gazelles, et à pratiquer la chasse au faucon.
En 1995, l’Etat malien a adopté une loi pour une meilleure gestion de notre faune. Aux termes de cette loi, une période annuelle de fermeture de la chasse est fixée par arrêté du ministre de l’environnement et un étranger qui ne réside pas au Mali ne peut obtenir d’autorisation de chasse que sous le couvert d’une société nationale agréée pour accueillir des touristes. « Cette décision a pour but de faire en sorte que les opérateurs du tourisme soient impliqués dans la valorisation de la faune et que les populations et le Trésor Public en profitent », explique un de nos interlocuteurs. « Malgré tout, les Arabes viennent et chassent au mépris des lois, sans passer par les structures agréées, en période de fermeture de la chasse et à l’aide des moyens et méthodes interdits par la loi malienne ».
En 2003, en vue de mettre fin à la chienlit, Nancoma Kéita, alors ministre de l’Environnement, a décidé de créer des « zones d’intérêt cynégétique » conformément à la loi. Ceux qui veulent chasser au Mali peuvent investir dans ces zones pour exploitation durable de la faune en contribuant au développement local.
Au lancement de la création de ces « zones d’intérêt cynégétique », seul un citoyen de Dubaï, Sheikh Ahmed Maktoum s’est montré intéressé. À cet effet le ministre de l’Environnement à créé une zone par arrêté n°04-1958/MEA-SG du 04 octobre 2004 et la Direction nationale de la conservation de la nature a passé un contrat en septembre 2004 avec ce citoyen de Dubaï qui a créé au Mali la société « Chasse Sheikh Ahmed Maktoum et fils SARL ». Il a construit sa résidence entre Koulouba et Kati pour démontrer sa foi dans les respects des lois du Mali.
Aux termes du contrat, qui est assorti d’un cahier de charge, la société « Chasse Sheikh Ahmed Maktoum et fils SARL » bénéficie d’une zone d’intérêt cynégétique située sur le territoire des communes rurales de Tidermene et de Alata, dans le cercle de Ménaka (région de Gao), « en vue d’assurer une exploitation durable de la faune dans le cadre de la concession du droit de chasse à des personnes physiques ou morales, en vertu des dispositions de la loi n°95-031 du 20 mars 1995 fixant les conditions de gestion de la faune et de son habitat ». La société « Chasse Sheikh Ahmed Maktoum et fils SARL » a donc demandé et obtenu l’amodiation de la zone en vue de l’organisation de la chasse sportive sans but lucratif.
D’ailleurs, à ce jour, le contrat n’étant à terme, le gouvernement n’a aucune raison de se plaindre de la société « Chasse Sheikh Ahmed Maktoum et fils SARL » qui a respecté les textes du Mali et son cahier de charge à la lettre. La société a investi plus d’un milliard de FCFA, créée une société de tourisme. Il a financé l’élaboration et la validation d’un plan d’aménagement, conduit du reste par un bureau d’étude national, Agefor. Ce plan d’aménagement précise comment repeupler la zone, comment participer au développement des communes riveraines, comment l’exploiter de manière durable…
Et Le gouverneur de Gao s’en mêla
Car vint un prince saoudien, Bandar Ben Mohamed Ben Abdrahamane El Saud, connu dans la zone pour les carnages qu’il organise. Selon nos sources, il aurait mis en jeu plus de 400 millions de FCFA beaucoup d’autres promesses. En tout cas, il a réussi à faire en sorte que le gouverneur de Gao se substitue au ministre de l’Environnement, au directeur national de la conservation de la nature, et aux agents forestiers sur le terrain, pour s’impliquer directement dans le dossier. Il s’interpose à la mise en œuvre du contrat d’amodiation d’Ahmed Maktoum au profit Bandar et tous autres arabes qui seraient passés par lui. Le gouverneur a voulu créer une zone pour Bandar englobant déjà la zone créée par arrêté du Ministre de l’Environnement et accordée à la société « Chasse Sheikh Ahmed Maktoum et fils SARL » conformément aux textes en vigueur en la matière. Cette affaire a tourné au tragique, puisque le Directeur régional de la conservation de la nature de Gao en son temps qu’il aurait impliqué dans cette manœuvre frauduleuse est trouvé mort arme au point en dehors de la ville de Gao. Or, selon une correspondance du 5 mai 2005 signée du Directeur National de la Conservation de la Nature, il n’était pas possible de créer pour Bandar Ben Mohamed Ben Abdrahamane El Saud, une zone entre « Tamasna Sud et Azaouagh Nord » pour quatre raisons: La zone englobe déjà la partie accordée à la société « Chasse Sheikh Ahmed Maktoum et fils SARL » ; La zone comprend une réserve de faune qui bénéficie d’un financement de la coopération française ; Le Mali a déjà signé des engagements avec des partenaires pour la création de cette entité. Et la zone dépasse de loin les superficies susceptibles d’être accordéeS en matière de concession du droit de chasse.
Malgré tout, toujours est-il que Bandar Ben Mohamed d’Arabie Saoudite bénéficie de l’appui des autorités du Mali au mépris de nos lois et qu’il vient fréquemment au Mali chasser sur la zone créée par arrêté du ministre de l’Environnement et accordée à la société « Chasse Sheikh Ahmed Maktoum et fils SARL ».
Selon beaucoup de témoins, le désordre serait dÛ en partie au nouveau ministre de l’Environnement, certes, mais aussi son conseiller occulte, un coopérant français à la retraite, qui s’est reconverti dans ce trafic juteux pour lui. D’ailleurs, Bandar Ben Mohamed Ben Abdrahamane El Saud aurait bénéficié d’une autorisation spéciale du ministre de l’environnement et chasse actuellement dans la zone sous contrat avec la société « Chasse Sheikh Ahmed Maktoum et fils SARL » avec la bénédiction du Gouverneur de Gao, et ce depuis le 9 décembre dernier, alors que la chasse n’est même pas officiellement ouverte conformément à l’article 47 de la loi régissant la chasse au Mali.
Affaire à suivre
Alexis Kalambry
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LA QUESTION DE L’ENVIRONNEMENT
Et si l’on révisait le Totémisme ?
Il me semble que c’est Victor Hugo qui a proclamé que « le 19 ème siècle est grand » et prédit que « le 20 ème sera heureux ».
Les scientifiques pensent que le 21 ème siècle aura moins de chance si l’homme continue à vivre comme il l’a toujours fait, c'est-à-dire en détruisant son environnement pour le soumettre à sa domination. La question essentielle de ce siècle est devenue celle de l’environnement, au point que la question même de la présence de l’homme sur la terre commence à pointer le bout du nez. Claude Lévi-Strauss (dont nous venons de fêter le 100 ème anniversaire) l’avait susurré en craignant que « le monde ne finisse comme il avait commencé, c’est à dire sans l’homme ».
La question ne se pose plus de savoir ce qui va nous arriver, si nous continuons à pratiquer ce consumérisme destructeur et à scier toutes les branchettes sur lesquelles nous nous tenons désormais dans la plus grande précarité, mais bien de se demander ce que nous pouvons faire pour renverser les tendances et retarder les échéances.
Gloire aux militants de Kyoto, au GIEC, à Al Gore et à bien d’autres qui ont pris la température (aujourd’hui fort alarmante) du péril et se battent pour conjurer le danger ! Mais il faut ajouter que cette guerre est planétaire, multiforme. Chacun doit balayer devant sa porte.
Et là je pense que l’Afrique a des solutions originales, des modèles à proposer, sur la base de la revalorisation du totémisme.
Je sais bien que certains vont froncer les sourcils, et que d’autres iront même plus loin en tentant de ringardiser l’approche. Je leur dirais tout simplement que nous n’avons plus beaucoup de choix et qu’ils me rappellent cette histoire comique : un amant se fait surprendre par un mari cocu ; et pendant que ce dernier frappe obstinément à la porte pour se faire ouvrir, la femme demande à l’amant de sauter par la fenêtre ; quand celui-ci, effrayé, lui fit remarquer qu’ils sont quand même au 13 ème étage de l’immeuble, la femme lui rétorqua que ce n’était vraiment pas le moment d’être superstitieux !
Revenons aux choses sérieuses.
Sur quelles bases s’appuie notre approche ?
L’Afrique est, par excellence la terre du totémisme, cette croyance qui rattache un groupe social donné à un ancêtre mythique appartenant le plus souvent au règne animal ou au règne végétal. Pour rappel, Cheikh Anta Diop (cf. Nations Nègres et Cultures) l’avait même placé parmi les critères essentiels permettant d’affirmer l’origine égypto-nubienne des Nègres. Autrement dit, le référentiel fondateur des civilisations négro-africaines s’appuie très fortement sur le totémisme.
Encore quelques rappels rébarbatifs, mais nécessaires à la compréhension des fondements du mythe et de ses implications.
Freud (cf. Totem et Tabou) situe son origine dans les premiers parricides qui ont permis à l’homme d’éliminer l’existence du mâle dominant dans la société humaine et de fonder la civilisation (on est parfaitement en droit de penser que l’hypothèse de Freud se place aux moments de l’apparition de la famille punaluéenne décrite par Engels d’après Morgan). Mais c’est ce même parricide qui a amené le sentiment de remords chez les enfants meurtriers et induit l’assimilation de l’ancêtre assassiné à un totem, lequel sera désormais sacré pour le clan, donc protégé de toute menace. Ainsi, par exemple, les DIARRA ne s’attaqueront jamais au lion parce que celui-ci est le symbole de l’ancêtre naguère assassiné qu’ils se doivent maintenant de protéger, par remords. Et même quand les Coulibaly se jurent de ne plus manger de silure parce que celui-ci les a soustraits à l’ennemi en leur faisant traverser un fleuve sur son dos, le postulat de l’ancêtre assassiné n’est pas remis en cause : c’est bien parce qu’il avait au préalable reconnu les siens (qui eux ne l’avaient peut-être pas encore identifié) que le poisson leur avait gracieusement offert ses services.
Il n’empêche que malgré ses très séduisantes explications, Freud a quand même conclu à la nature profondément névrosée du totémisme qui n’est finalement pour lui que « la persistance de la peur de l’inceste ».
Et maintenant, quelles sont les implications de ce mythe ?
L’hypothèse de Claude Lévi-Strauss (cf. Le totémisme aujourd’hui) nous semble plus logique et plus positive que les conclusions de Freud : c’est parce qu’il affirme cette parenté profonde entre le règne animal et / ou végétal et son clan que l’homme va s’appliquer à lui même la vision qu’il a de ces règnes. On ne peut pas affirmer plus clairement l’harmonie entre l’homme et la nature !
Nous serions incomplets si nous ne signalions pas qu’il existe de très nombreuses variantes du totémisme, à tel point que beaucoup d’auteurs renoncent à toute classification : du serpent-python bienfaiteur du royaume de Ouagadou aux varans protecteurs de la cité de Diamarabougou-Markala, en passant par le serpent-génie qui rendait régulièrement visite au père de Camara Laye (cf. L’Enfant noir), le puits sans fond de Djonkoloni et les innombrables bois sacrés qu’abritaient nos villages, l’univers du négro-africain est décidément truffé de signes révélateurs du contrat entre l’homme et la nature, ou mieux, de la fusion quasi charnelle entre l’homme et la nature (comme l’atteste de façon magistrale l’intégration des Pygmées à la forêt).
Récapitulons.
Nous (négro-africains) avons une société totémique.
Nous avons donc forcément au niveau du clan un ancêtre tutélaire qui peut être un animal, un arbre, une brindille, un cours d’eau …..
Nous avons par ailleurs un continent dont les forêts sont pillées sans retenue aucune, dont les espèces animales disparaissent à un rythme hallucinant, dont les cours d’eau s’ensablent ou pourrissent sous le poids des déchets de toute nature. Nous subissons plus que tout autre les effets de l’agonie de la planète. Tout Africain conscient est aujourd’hui hanté par une angoisse existentielle centrée sur la question de savoir quel monde nous allons laisser à nos enfants.
Pourquoi donc, face à ce désastre, ne pas sublimer ce groupe social qu’est le Clan, en lui confiant la haute responsabilité de protéger son totem ? En rêvant (un tout petit peu), on peut parfaitement imaginer un espace africain où des espèces animales et végétales seraient « parrainées » par des communautés claniques, qui par effet de réciprocité, seraient amenées à respecter également celles des autres ! On pourrait extrapoler en exploitant à fond tous les méandres de la totémisation. Pourquoi des communautés urbaines comme Bamako ne s’engageraient-elles pas à protéger le caïman qu’elles ont adopté comme porte-bonheur ? Pourquoi la nation malienne dans son entièreté ne s’interdirait-elle pas de tuer l’hippopotame pour l’avoir choisi comme emblème depuis le 13 ème siècle ? Pourquoi toutes ces équipes nationales de foot, de basket, d’athlétisme ne jureraient-elles pas respect à ces innombrables mascottes animales qu’elles se plaisent à exhiber sur les terrains de compétition ?
On pourrait rêver d’un monde bénéficiant d’une meilleure biodiversité. On pourrait tout simplement rêver d’un meilleur monde.
Bien entendu, il y aura des précautions à prendre. Le groupe social (Clan, tribu ou autres) a si souvent été folklorisé ! Si souvent été instrumentalisé au profit d’intérêts politico-maffieux ! Mais ces dérapages ont pu survenir parce qu’on avait justement réussi à les détourner de leur vocation, celle de préserver l’identité du groupe social pour assurer sa présence dans le monde, donc son intégration au monde. En remettant le clan sur ses pieds, on peut espérer ralentir son dépérissement et par ricochet, espérer ralentir l’émiettement de nos sociétés.
Et si les environnementalistes et les chercheurs en sciences sociales voulaient bien se donner la peine d’examiner cette approche ?
Et si les ministres africains en charge de la Culture et ceux en charge de la Recherche se penchaient sur cette proposition ?
Abdoul Traoré dit Diop
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ENERGIE ET ENVIRONNEMENT SOUS OBAMA
Au compte de la relance économique
Le futur président des USA ambitionne de redorer le blason de l’économie américaine avec, en partie, des politiques énergétiques et environnementales grandeur nature. Annoncée lundi dernier, l’équipe chargée des deux secteurs s’activera à assurer non seulement l’indépendance énergétique de l’Amérique avec à la clef millions d’emplois, mais aussi à faire face aux challenges environnementaux de notre temps comme le réchauffement climatique.
Si l’économie et les guerres en Irak et en Afghanistan ont été des sujets décisifs lors de l’élection présidentielle du 04 novembre dernier, l’énergie et l’environnement n’en ont pas été moins. Les candidats ont tiré de toutes leurs forces pour proposer des solutions viables face aux problèmes énergétiques et environnementaux qui menacent l’humanité. Barack Obama s’est particulièrement montre impressionnant dans cet exercice, et son rival républicain McCain, pour revenir dans la course, avait jeté son dévolu sur le gouverneur Sarah Palin d’Alaska comme nominée à la vice-présidence, en avançant l’argument que cette dernière avait réalisé de belles choses dans le domaine de l’énergie. Ce qui n’a pas fait de poids devant les messages de changement lances par l’ex-sénateur de l’Illinois. « Notre pays ne peut plus se permettre les politiques habituelles, pas en un moment où le challenge énergétique auquel nous faisons face est si grand et que les conséquences de l’inaction sont si dangereuses. Nous devons agir rapidement et efficacement pour transformer notre économie entière, de nos voitures à nos habitations en passant par nos carburants et nos usines ».
Dans le domaine de l’énergie, l’homme prévoit de grandes révolutions qualifiées d’ « audacieuses » par bon nombre d’observateurs et d’experts. A long terme, son plan s’articulera surtout sur l’indépendance énergétique des USA, qui importent notamment le pétrole du Moyen-Orient et du Venezuela alors que, pour le court terme, les efforts seront accentués sur la réduction du prix de l’essence à la pompe. Croyant que les USA sont confrontés au double challenge de leur liaison au pétrole étranger et du réchauffement climatique, lesquels sont la résultante de « notre dépendance aux fossiles combustibles », Obama est convaincu que ce n’est point une utopie d’avoir « notre propre source d’énergie ».
L’homme qui sera investi le 20 janvier compte injecter 150 milliards de dollars dans le financement des énergies renouvelables au cours des dix prochaines années. Tout en rendant l’Amérique énergétiquement indépendante et en la propulsant à la pointe de la technologie d’un secteur économique, ces dépenses permettront de créer 5 millions d’emplois. Une ambition qui est une partie intégrante de son objectif de mettre l’économie américaine sur les rails, à travers entre autres, l’abondance de l’emploi.
Environnement viable
Et mention en a été faite lundi dernier lors de la présentation de son équipe en charge de l’énergie et de l’environnement. « Nous pouvons créer des millions d’emplois, en commençant par un plan de redressement économique qui met les Américains au travail de construction éolienne, panneaux solaires et de véhicules économes en carburant. Nous pouvons susciter le dynamisme de notre économie à long terme par des investissements dans les énergies renouvelables qui donneront vie à de nouvelles entreprises et industries, avec de bons emplois qui paient bien et qui ne peuvent pas être sous-traités ».
La question qui en découle naturellement est d’où viendront les ressources nécessaires à l’application de ce plan. Le futur président défend que « le fondement de notre indépendance énergétique est ici, en Amérique : la puissance de l’énergie éolienne et solaire, les nouvelles plantes, les nouvelles technologies dans l’innovation de nos scientifiques et des entrepreneurs ainsi que le dévouement et la compétence de notre main-d’œuvre ».
Le mot « Hybride » est assez révélateur de cette ambition présidentielle. Obama s’est fixé un objectif d’un million de voitures hybrides sur les routes américaines d’ici à 2015. Ce qui comptera aussi dans la sauvegarde de l’environnement quand on sait que la pollution atmosphérique est grandement liée au gaz dégagé par ces engins. « Un programme de plafonnement et d’échange s’appuiera sur la puissance du marché pour réduire les émissions dans un bon rapport coût efficacité, de manière flexible. Dans le cadre de ce programme, un plafond national sur les émissions de carbone sera établi. Les émissions permises seront réparties en quotas individuels qui représentent l'autorisation d'émettre par quantité. Les entreprises seront libres d'acheter et de vendre des quotas afin de continuer à opérer de la manière la plus rentable. Celles qui seront en mesure de réduire la pollution à un faible coût
pourront vendre leurs quotas supplémentaires aux entreprises confrontées à des coûts élevés. Chaque année, le nombre de quotas diminuera de façon à réaliser les objectifs de réduction annuelle ».
Le président élu souhaite particulièrement instaurer un seuil contraignant de gaz à effet de serre pour les constructeurs d’automobiles. Et 4 milliards en crédits d’impôts et garanties de prêts seront consacrés aux fabricants d’équipements automobiles afin de garantir des véhicules propres « made in America ».
Les sources d’eau ainsi que les tuyaux d’écoulement des eaux usées bénéficieront d’une plus grande attention afin d’assurer que les populations continuent d’avoir accès a des eaux respectant les normes.
Qui parle d’environnement parle de forêts et de parcs. L’Amérique, surtout l’Etat de Californie, connaît de temps en temps des incendies qui ont des conséquences dramatiques sur l’écosystème. Obama promet d’user de tout son pouvoir pour la restauration et la préservation de la faune et de son habitat, y compris les moyens législatifs. Toutes choses qui contribueront à éloigner l’Amérique et le monde des effets tant craints du réchauffement climatique. Par rapport à ce dernier, Obama voudrait faire de l’Amérique un pionnier de la prévention du fléau avec le renforcement des structures environnementales internationales et des gestes significatifs.
Pour la conduite de ces objectifs nobles, le natif d’Honolulu (Hawaï) a eu la clairvoyance de constituer une équipe chevronnée. Il a aussi eu le bon sens de discuter d’énergie et d’environnement avec l’ancien vice-président Al Gore, qui, avec Bill Clinton, a judicieusement exploité les deux secteurs pour enfin partir avec un bilan flatteur à tout point de vue.
Ogopémo Ouologuem
(USA)
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