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2008

Mois de Décembre

Les Echos du 16 Decembre

 

DIFFICILE ACCES AUX ARV ADAPTES

16 000 enfants maliens menacés de mort

Quoique que gratuits, les enfants infectés par le Sida restent les laissés pour compte des anti-rétroviraux qui ne sont pas adaptés à leur âge et à leur poids.

A deux ans de la date fixée par l’Onudida en 2005 pour l’accès universel au traitement pour tous d’ici 2010, le chemin déjà parcouru par le Mali est remarquable. L’intervention des autorités a favorisé une politique d’accès gratuit aux anti-rétroviraux pour tous les malades du VIH/Sida dès 2004. Des structures de prise en charge des enfants infectés et affectés ont aussi été mises en place afin de leur réserver  un cadre plus agréable.

Mais, le Sida chez les enfants n’est pas la même chose que chez les adultes. Il reste l’une des réalités les plus difficiles à appréhender. La définition des doses de médicaments adaptées à leur âge et à leur poids est délicate. La lutte contre la pandémie étant celle de tous les pays, on dénombrait en 2002, quelque 800 000 nourrissons infectés par le VIH (600 000 par le canal de la transmission mère-enfant). Près de 580 000 enfants sont morts du Sida.

On estime à 2,1 millions le nombre d'enfants de moins de 15 ans qui vivent aujourd'hui avec le VIH dans le monde. Plus de 80 % de ces enfants vivent en Afrique. Le Mali n’est pas en reste. Le nombre d'enfants (de 0 à 14 ans) vivant avec le VIH est estimé à 16 000, 5500 avaient besoin d'un traitement ARV en 2006 et 600 enfants seraient sous ARV depuis la fin de 2007. Le nombre des enfants et orphelins vulnérables (OEV) est passé de 12 360 en 2005 à 24 877 en 2007.

Cette difficulté d’accès à des médicaments adaptés a été débattue lors d’un atelier à la 15e Icasa à Dakar. Le panel a été animé par Dr. Siobtam Crowly, chargé des questions du VIH/Sida aux Nations unis, et par le Pr. Douati, chargé des questions de pédiatrie au Kenya. Ils ont éclairé la lanterne de l’auditoire sur cette question cruciale qui, selon eux, mérite une attention particulière.

L’espoir vient de l’Inde

Une des plus importantes difficultés se situe au niveau de la conception des ARV. En effet, les firmes pharmaceutiques ne se soucient pas d’une présentation pédiatrique sous forme de combinaison à doses fixes (trois molécules dans un seul comprimé) des médicaments antisida, comme il en existe pour les adultes.

Evoquant les difficultés, un spécialiste de la maladie accuse les firmes qui ne s'occupent pas de produire des médicaments antisida sous une posologie et une présentation pédiatrique « parce que les enfants ne sont pas un marché attractif », ajoute-t-il. Ainsi, ne pas avoir de comprimés faciles à utiliser est l'obstacle majeur pour le traitement des enfants. Selon un médecin qui a requis l’anonymat, « les médicaments sont trop gros pour être avalés par des enfants. Il faut les écraser. D'autres doivent être cassés en deux pour obtenir un dosage correspondant à leur poids ». Ce qui, martèle-t-il, n'est pas une bonne méthode et comporte un risque de surdosage, qui peut s'avérer toxique pour les enfants.

Toutefois, l’espoir est permis dans l’accès universel aux traitements. Une firme pharmaceutique indienne vient de mettre sur  le marché la première trithérapie en un comprimé, spécialement conçue pour les enfants. Mais beaucoup reste à faire pour développer des médicaments pédiatriques spécifiques....  Le médicament est très attendu par les structures de prise en charge des enfants infectés et affectés par le VIH. « Nous espérons toutefois avoir accès à ces combinaisons à doses fixes », note un interlocuteur.

Amadou Sidibé

(envoyé spécial à Dakar)

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CORRUPTION

L'immobilisme fatal

La « mangercratie » représente une menace particulière pour nos jeunes démocraties voulues et attendues par la majorité de nos populations.

Le détournement de milliards de nos francs dans les entreprises publiques continue à défrayer la chronique. Les concussionnaires, les pillards, les combinards, les fourbes et les roublards ont pris en otage les entreprises publiques et les institutions pour liquider les Républiques. Le Mali émergent dont nous rêvions, n'est pas pour demain. Car l’environnement international est malsain.

Dans nos pays respectifs, les truands sont des hommes admirables et respectables qui siphonnent astucieusement les capitaux de l'Etat. La perfidie corruptrice des acteurs politiques et mandataires publics n’a de parallèle que la politique du ventre entretenue par les gouvernements. Et, nos Etats sont devenus « kleptocrates ».

La gouvernance défectueuse de nos Etats est l'un des terreaux fertiles de la corruption, celle-ci trouve de plus en plus des conditions favorables à son déploiement dans l'anarcho-capitalisme actuel qui consacre le culte absolu de l'argent, dont le dieu unique est le marché absolu.

La logique marchande qui sous-tend la mondialisation consiste à subordonner cyniquement la rationalité à la rentabilité. Cette logique dont la fin est la constitution d'un pan-marché, exacerbe les appétits de ceux qui, par la corruption et la criminalisation des économies de l'Etat émasculé aux plans politique et économique, veulent accumuler à tout prix.

« La corruption est un mode de conquête brutal, par une minorité agissante, des richesses de l'Etat » . Quand la corruption domine la gouvernance d'un Etat, on est dans une sorte de pandémonium où prospère l'utilitarisme et où l'on n'est plus contraint, dans sa vie privée comme dans sa vie publique, ni par les lois humaines ni divines. Lorsque la corruption des pouvoirs publics est si endémique qu'elle affecte la justice, les forces de l'ordre et toute la gouvernance, l'Etat apparaît comme un système mafieux.

Il y règne la spéculation de l'argent sale, les rackets et la spoliation des droits individuels. Un Etat aussi institutionnellement rançonné, motive le développement de toutes sortes de délinquance et de criminalité. Un tel Etat est complice de sa propre déliquescence. Ne pouvant plus démonter l'industrie de la corruption qu'il a su lui-même construire en son sein, il assiste, de façon impuissante, à son anéantissement.

Le monopole est par essence exclusif : le système mafieux dont le pouvoir est considérablement déterminant dans un Etat déliquescent domine absolument la marchandisation de certaines valeurs. Le chef d'un réseau mafieux n'investit pas nécessairement le marché d'un secteur économique de façon exclusive parce que ses produits sont les meilleurs, ni parce qu'il offre les meilleures conditions de vente. Sa monopolisation du marché peut s'expliquer par ses appuis politiques, son trafic d'influence ou l'intimidation physique d'éventuels concurrents.

Le membre d'un gouvernement corrompu qui veut s'octroyer le marché des fournitures de bureau dans son propre département ministériel n'admet pas que son offre soit aussi publiquement soumissionnée que les autres. Son offre passe a priori pour la meilleure parce que c'est la sienne. De la librairie, qui exécute les livraisons, à la comptabilité-matières, qui réceptionne le matériel, en passant par le service du contrôle financier, chargé de vérifier la régularité des transactions, il est absolument déterminant : la librairie est la sienne ou celle d'un autre membre de la famille mafieuse à laquelle appartient ; le comptable-matières et le personnel du contrôle financier sont à sa solde, ses prête-noms et ses figurants sont ses divers modes d'existence dans le vaste tissu politique, administratif et commercial corrompu. Il est l'ego central, se rapportant à tout ou rapportant tout à son pouvoir, en dépit des lois en vigueur.

Les lois, des papiers hygiéniques

Le système mafieux comporte des réseaux inextricables. La gestion de ces réseaux, comme du système qui les comporte, est favorisée par de solides appuis politiques, sociaux, économiques et d'autres formes de complicité. La mafia densifie ses réseaux et les rend davantage efficaces en y recrutant des agents occupant des postes stratégiques dans les institutions de l'Etat et les services publics.

Le système mafieux exploite ses complicités politiques pour faire nommer ses agents dans les secteurs qu'il veut contrôler absolument. Dans la recherche du monopole des affaires publiques, on ne nomme pas nécessairement les agents à des postes de responsabilité suivant les critères de qualification, de compétence ou de conscience professionnelle. Ce qu'on exige des agents, c'est qu'ils soient fidèles au système mafieux dont ils risquent de compromettre le fonctionnement en limitant et en rendant publiques les gabegies et autres malversations financières.

Pour éviter de telles difficultés, le prince corrompu use et abuse de son pouvoir discrétionnaire pour nommer ses fidèles à des postes de responsabilité dans l'appareil politique de l'Etat. Les promotions perdent alors leur fonction pédagogique, celle qui consiste à sanctionner, par une récompense, la moralité des agents intègres, et à susciter une émulation destinée à motiver les autres agents à améliorer la qualité de leurs prestations.

Les promotions participent plutôt de la volonté du système mafieux de satelliser l'appareil politique et économique de l'Etat par des agents qui sont fidèles. La promotion de ces complices est donc, à proprement parler, la cooptation de ceux qui sont en mesure de faire régulièrement allégeance au prince corrompu et participer, de ce fait, à la survie du système mafieux. Le placement des agents corrompus dans les repères stratégiques du vaste filet de la mafia n'est donc pas l'atomisation fortuite de ceux-ci.

L'atomisation des membres à travers le réseau s'explique par les contraintes de la division du travail où chaque agent joue un rôle spécifique. Mais il y a une coordination effective de l'activité des atomes ainsi dispersés. Les agents de la mafia ne sont donc que les différents éléments de la même structure organique. Dans ce cas, les contrôleurs du budget, les inspecteurs du trésor, des douanes, les trésoriers-payeurs et même les caissiers sont, au plan financier, les modes d'existence du principe déterminant de la structure mafieuse qui va suborner, pour sa protection, certains membres du corps judiciaire et des agents des forces de l'ordre.

La corruption acquiert une dimension internationale lorsqu'elle devient tentaculaire que ses réseaux débordent largement les frontières d’un Etat. Quand un Etat devient pour elle un horizon étroit, la corruption transcende ses limites institutionnelles et géographiques. Elle existe comme une multinationale. La multinationalisation de la corruption est consécutive aux collisions que le grand capital a avec les régimes corrompus du système rentier international.

Le désir d'accroître indéfiniment le capital en maximisant le profit des investissements, amène les gérants des réseaux de la corruption à soudoyer l'élite politique corruptible de l'Etat lorsqu'ils ne placent pas à la tête des personnes à la solde du grand capital. La politique néocolonialiste se traduit dans les faits par la mainmise économique des gouvernements, des polices et des armées autochtones qui, par corruption matérielle et idéologique ou les deux à la fois, acceptent de jouer le rôle que jouaient auparavant les gouverneurs, administrateurs et militaires venus des métropoles impérialistes.

Le courtage est une politique de dépendance. Les relations internationales sont, à cet égard, corrompues par l'appétit des monopoles des pays dont les trusts, les combinats et autres communautés d'intérêts, exercent sur les politiques et les économies des Etats pauvres, d'énormes contraintes.

Tant que l'autorité des tyrans des régimes à la solde du grand capital assure le déploiement du système rentier, les puissances d'argent du capital financier international accroissent la puissance des tyrans, au point de les aider efficacement à se maintenir au pouvoir par la force brutale ou par des artifices ingénieux comme la corruption des consciences, au moyen du matraquage médiatique destiné à parer en or de véritables ordures politiques.

Le tyran qui est le courtier politique à la solde du grand capital est présenté, au moyen de puissantes techniques de communication de masse contrôlées par les agents internationaux du système rentier, comme le libérateur du peuple, l'homme qui a ramené la stabilité dans son pays, le défenseur des droits de l'Homme, etc. Alors qu’il s'agit en réalité d'un agent corrompu du système rentier, sa puissance tutélaire.

Dénoncer l’incurie d'un tel agent, c'est contester le vouloir politique et économique de celui dont il est le vassal local. Cela revient également à encourir le courroux de ce personnage puissant dont l'agent tire sa substance politique, car il n'est que l'avatar politique du système dont il protège localement les intérêts et qui, en retour, lui assure le pouvoir politique.

Un monde des enchanteurs ?

Conscients du fait que la manipulation politique de leurs régimes par la bourgeoisie internationale est susceptible de déstabiliser leur pouvoir, certains gestionnaires politiques préviennent cela en cherchant des alliés ou de solides appuis dans le système rentier national. Ils lui cèdent alors même ce qu'ils ne peuvent pas concéder à leur peuple. Ils conçoivent ces appuis ou ces alliances politiques qu'ils réalisent dans le dos du peuple, comme des polices d'assurance contre d'éventuels sinistres politiques préjudiciables à leur pouvoir.

Par rapport au peuple, ils se croient tout permis tant que leur pouvoir a la protection et la bénédiction des lobbies financiers internationaux. S'étant assuré de l'appui de certaines multinationales occidentales à qui elle avait cédé le droit de piller le pays, ces régimes médiocres se permettent de narguer leurs peuples avec une arrogance jupitérienne.

La corruption réalise des merveilles dans le paradoxe : la génération spontanée de grosses fortunes, l'apparition miraculeuse de nouveaux riches, la superbe déréglementation de la société, la requalification des individus dans un nouveau système de valeurs... La magie de la corruption consiste à produire des effets contraires aux lois et morales en vigueur pour atteindre des objectifs particuliers en empruntant cyniquement le sens interdit. C'est cette magie qui fait dire à certains que « la corruption consiste à faire passer une chose pour une autre, un homme pour un autre, un incapable pour un capable, une pacotille pour une richesse ».

Le corrupteur et le corrompu sont des enchanteurs qui passent pour les détenteurs d'un pouvoir exceptionnel, celui de donner au bronze la valeur de l'or, aux vessies des lanternes et aux lucioles l'importance des étoiles. Dans une société corrompue, le normal devient l'anormal et vice-versa. De même, les quantités négligeables qui n'avaient pas réussi jusque-là à forcer l'attention de leur communauté ou de la société globale acquièrent, par ce qu'ils ont accumulé au moyen de la pratique efficace de la corruption, la notoriété et la respectabilité qui leur faisaient défaut. On les appelle désormais « Excellence », « Honorable ».

On observe qu'aux valeurs sociales classiques se substitue une éthique particulière, définie par la nécessite d'accumuler à tout prix, et finalisée sur la volonté de faire aussi partie de ceux qui forcent le respect de tous par ce qu'ils peuvent déterminer, par leur richesse et le pouvoir subséquent, le devenir de la société dans laquelle ils vivent. Grâce à la corruption, le corrompu bénéficie de la protection bienveillante de la communauté.

Dans nos communautés, on considère ceux qui ont bâti d'énormes empires financiers par la prédation et la subtilisation des biens de l'Etat comme des modèles de réussite sociale qui font honneur à leur famille ou à leur localité d’origine. Ce sont les références qui assurent à la famille ou aux courtisans ses lettres de noblesse politique. Le rêve de chaque communauté est de voir se multiplier en son sein ce genre de spécimen dont l'itinéraire d'accumulation est pourtant défini par de nombreux crimes économiques.

Dans l'administration, la corruption a la magie de faire passer les incompétents pour les compétents et ces derniers pour ce qu'ils ne sont justement pas. Les promotions dans une gouvernance corrompue sont relatives à l'efficacité avec laquelle ceux qui cherchent des postes de responsabilité mènent les pénibles transactions occultes. Très souvent, les promotions sont, dans le cadre d'une gouvernance défectueuse, consécutives au parrainage, au népotisme, au favoritisme ou au clientélisme, lorsqu'elles ne sont pas tout simplement considérées comme des valeurs marchandes ne devant revenir qu'aux enchérisseurs.

Le tout n'est pas de produire un dossier complet dans une gouvernance corrompue. Il faut surtout le « suivre », car il ne sera jamais traité spontanément. Il faudra contacter personnellement ceux qui sont chargés de le traiter dans tel ou tel ministère, afin que de les motiver à en assurer la diligence. Voulez-vous inscrire votre enfant à l'école ? Vous devez soudoyer le chef de l'établissement. Voulez-vous résoudre vos problèmes de santé ? Il vous faudra contenter les appétits souvent élastiques de l'infirmier ou du médecin.

Voulez-vous que l'audience que vous demandez auprès de certaines personnalités vous soit accordée ? Intéressez les personnes chargées de diligenter votre demande ! Un ambassadeur doit-il intervenir pour assister un compatriote en détresse dans un pays étranger, le représentant de l’Etat doit être rémunéré rubis sur ongle avant services rendus. Vous a-t-on privé de consommation d'eau et d'électricité pour cause de non-paiement de vos factures ? Cela ne fait rien. Entendez-vous tout avec l'agent de la société d’électricité. Cela est aussi valable quand on veut bénéficier des missions ou d’une quelconque promotion, même dans l’armée ou les majors de promotion sont engagés comme secrétaires particuliers.

Dans une administration dominée par la corruption, il est courant de constater que les citoyens qui se rendent ostensiblement coupables de corruption sont également ceux qu'on nomme à des postes de responsabilité administrative, comme si leurs mœurs étaient mystérieusement devenues ce qui est requis pour justifier de telles promotions.

Pour exemple, dans le récent rapport du Végal, au Mali, plusieurs personnalités qui assument encore des fonctions importantes sont citées. Sans suite réservée. La fin de la récréation, annoncée en grande pompe, reprise en boucle par la presse, doit-elle être considérée comme un grand bluff ? On ne peut indéfiniment continuer à casser la poussière sous le tapis. Faut-il considérer le combat contre la corruption, le détournement des deniers publics et la spoliation des immeubles et terrain de l'Etat, comme le dernier chantier de nos gouvernements ?

Voilà une situation, vécue dans beaucoup de pays de notre continent, qui doit interpeller tous les citoyens, patriotes à se mobiliser pour construire une vraie démocratie, seul gage pour le développement de nos pays. L’Etat de nos nations n’est pas une fatalité.

(correspondance particulière)

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SUR LES AFFAIRES SCABREUSES DU DISTRICT

Le maire du district s’explique sans convaincre

Dimanche soir sur le plateau de la Télévision nationale, le maire du district voulait soigner son image ternie par bien des affaires scabreuses. Mais il est passé à côté de la plaque.

Le maire du district était l’invité de « Questions d’actualité » de l’ORTM le 14 décembre 2008. Un plateau d’argent qui semblait être gracieusement offert à celui qui a seulement cinq mois à la tête de la mairie, pour convaincre l’opinion publique bamakoise sur différents sujets qui ont défrayé la chronique ces derniers temps.

De nombreux téléspectateurs ont vu en l’invité de l’ORTM un maire aux allures dictatoriales, prêt à en découdre avec des citoyens de sa cité. Le retrait de lots aux attributaires qui n’ont pu les mettre en valeur depuis quelques années et la construction de magasins sur le passage piéton au Marché rose sont des sujets sur lesquels Adama Sangaré a fait une sortie des plus musclées, donnant l’impression qu’il « est l’autorité qui marche avec le bâton ».

S’agissant des lots retirés à Kalabancoura, il s’est appuyé sur un décret qui autorise effectivement le retrait de lots non construits au bout de trois ans. Il a fait comprendre que l’application dudit décret avait été mise en veilleuse sous le mandat de son prédécesseur, mais que le conseil du district de l’époque avait simplement observé un sursis pour calmer une certaine fronde. Selon lui, aucun lot n’a jusque-là été retiré et ils ont au contraire accordé un délai de trois mois aux usagers de lots concernés pour se mettre en règle.

Le maire oublie pourtant que des lots avaient été bel et bien retirés et réattribués à des personnalités de l’Etat. Une liste de nouveaux acquéreurs de ces parcelles avait même été publiée par un confrère. Le sursis de trois mois et le fait que les lots restent avec leurs premiers bénéficiaires découlent d’une instruction expresse du chef de l’Etat, sollicité par les « spoliés ».

L’ersatz de Néron

Dans l’affaire du Marché rose, Adama Sangaré fait hors sujet lorsqu’il parle d’associations multiples de commerçants détaillants qui lui posent un problème d’interlocuteur. Il est allé jusqu’à « mouiller » la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) qu’il dit impliquer dans tout ce qu’il entreprend. L’Association des commerçants détaillants du Marché rose « Yérédèmè-ton » est le seul regroupement professionnel qui a voix au chapitre depuis la reconstruction du Marché rose en 1994. Les actions de « Yérédèmè-ton » ont été déterminantes dans la construction de kiosques aux alentours du marché pour faire de la place à tous les occupants.

Le passage piéton a été vendu dans un but purement mercantile à six individus qui ont chacun payé 5 millions de F CFA à la mairie, soit 30 millions de F CFA au total. Selon ses propres propos sur le plateau de l’ORTM, « la construction de ces nouvelles boutiques sur le passage piéton va créer des revenus pour le district et pallier le problème de place ».

A l’entendre ainsi, il n’a que faire du respect de l’aspect environnemental et sécuritaire au marché. Les passages piétons n’ont pas été laissés par simple commodité par l’architecte ou pour être morcelés plus tard, mais ce sont des voies d’accès pour les clients et même des issues de secours en cas de sinistre.

Pour montrer qu’il est un homme de poigne, le maire a laissé entendre que « les commerçants du Marché rose ne doivent pas s’opposer à l’autorité qu’il est surtout dans les affaires comme celles-ci, puisqu’il peut faire intervenir la police comme il l’a fait pour éviter la casse aux boutiques ».

Une invite aux occupants du Marché rose, appelés à encaisser d’autres coups puisqu’il est permis au maire de Bamako de vendre l’espace qu’il veut là où il veut. De quoi faire pâlir d’envie le dictateur antique Néron.

Abdrahamane Dicko

 

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20 sur 20

Merci Daga !

Après 19 ans de marche plus ou moins difficile (septembre 1983-juin 2002), la RTM, devenue entre-temps l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali, dégringole aujourd’hui, parodiant très souvent sa « passion du service public », en amour insensé pour la musique, les feuilletons et autres divertissements.

Manque de débats contradictoires entre le gouvernement et l’opposition, ignorance des thèmes mobilisateurs, etc. l’élan a été cassé non pas à cause de la qualité des agents, mais de la volonté d’un régime qui se prétend un idéal de démocratie alors qu’il déteste la critique, fut-elle constructive.

Ni les plaintes des citoyens et des partis politiques, ni les injonctions de l’Assemblée nationale n’ont conduit la télé à changer de cap et à s’adapter à notre réalité, à être une télé au service de l’ancrage de la démocratie. Dommage ! Elle n’a d’yeux et d’oreilles que pour l’actualité présidentielle ou gouvernementale, les comptes-rendus de séminaires, le bric et le broc.

Invité du JT du samedi 6 décembre 2008 à l’occasion des 25 ans de la « BNI », un ancien de l’Office, en l’occurrence Baba Dagamaïssa, a mis les pieds dans le plat, faisant le procès de l’ORTM dans sa forme actuelle parce que, pense-t-il, il ne contribue en rien à éclairer l’éleveur de Diré, le paysan de Bambara Maoudé, le travailleur de la capitale, l’étudiant ou la simple ménagère en butte à toutes sortes de difficultés.

Merci Baba Daga ! C’est du 20 sur 20. Car même les tentatives de réponses des plus hautes autorités ne peuvent éroder la consistance de votre analyse. Mais voyez-vous, la vérité est toujours dure à avaler par ceux qui veulent tronquer la réalité.

Bayer

 

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ATT A L’ASSISTANCE :

« Je préfère galérer au Canada qu’en Afrique »

Le président de la République a fait une intervention remarquable faisant tordre de rire l’assistance. D’entrée de jeu, il dira qu’il se réserve de faire, « un discours classique ». S’adressant à la jeunesse d’Afrique sur le sujet qu’il « maîtrise » le mieux (la guerre) il a rappelé qu’il la connaît mieux que qui conque.

« Je suis soldat, j’ai géré des guerres ici et ailleurs » . ATT a déploré le fait que notre continent se soit transformé en un berceau de conflits. Selon lui, l’une des causes des guerres en Afrique c’est le pouvoir.

« Vous remarquerez qu’à chaque fois que le pouvoir est partagé chacun se calme » , a fait noter le président qui a regretté que l’une des difficultés majeures qu’affrontent les gouvernements africains est la gestion de l’éducation.

Pour le chef de l’Etat, les écoles africaines sont utilisées comme une « arme politique ». Il a avoué ne pas comprendre le comportement « orgueilleux » de la jeunesse d’aujourd’hui. « A notre temps, nous-nous sommes comportés de la sorte, je me rappelle sur la colline du savoir (campus de Badalabougou) nous sommes sortis pour réclamer plus de lait dans notre café. Or Dieu seul sait que c’est à Bamako que certains d’entre nous ont pris pour la première fois un café », a-t-il ironisé. Il a poursuivi : « comme j’ai emmerdé quand j’étais étudiant j’espère qu’un jour d’autres vont vous emmerdez quand vous accéderez la colline du pouvoir ».

ATT a raconté que lors de son récent voyage au Canada, un étudiant malien lui fait part de ses « galères ». En réponse, le président lui a rappelé également qu’au bercail aussi on galère, sinon plus. « Je préfère galérer au Canada qu’en Afrique », a tranché le chef de l’Etat, provoquant l’hilarité dans la salle.

A. W.

 

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HISTOIRE CANADIENNE

La corde du pendu

Comment trancher, devant une cour, des questions qui relèvent à la fois de la vie personnelle, des choix intimes, de la morale et de la compassion.

Il vient de se passer, au Québec, un événement qui fera désormais jurisprudence ou, à défaut, restera marqué dans les annales de l’institution judiciaire canadienne. Un jury de 12 personnes a déclaré « non coupable », au terme d’un procès chargé en émotion, un jeune accusé de 24 ans, Stéphane Dufour.

M. Dufour était poursuivi par le procureur de la reine, pour avoir aidé son oncle Chantal Maltais (c’est bien un homme malgré le prénom qui prête à confusion) à se suicider. Pour bien comprendre l’histoire, commençons par le commencement, comme le dirait mon cher prof de biologie-chimie de Bla, Yô Diarra.

En juin 2006, Chantal Maltais se dit au bout du rouleau, incapable de continuer à endurer les douleurs atroces que lui causent sa poliomyélite et autres maladies arthritiques. Il avait demandé, à plusieurs reprises, à des membres de sa famille, de l’aider à mourir « dans la dignité », avant qu’il ne soit un légume. Refus catégorique des personnes sollicitées. Puis, il s’ouvre à son neveu Stéphane Dufour, en dernier ressort. Il sait que Stéphane est un jeune garçon attardé, au QI très faible.

En fait, ce dernier est immature au point qu’il se laisse facilement embobiner par ses connaissances et proches. L’oncle est reconnu comme manipulateur, colérique, sournois et surtout, incapable d’accepter qu’on lui refuse un service. Il ordonne donc à son neveu de lui préparer une potence dans son placard, en l’occurrence une laisse pour chien. M. Dufour s’exécute et quitte l’appartement sans se douter des intentions de son oncle.

Le lendemain, quand l’accusé vient prendre des nouvelles de son parent, il voit, à travers la porte entrouverte, un corps qui pend. Terrifié, il fait demi-tour et va chercher sa mère, la sœur de Chantal Maltais. C’est elle qui entre dans la maison et découvre le corps. Elle appelle la police et le bureau du coroner qui, après constat, conclut à un suicide. Fin du premier épisode.

Cependant, Stéphane Dufour, mentalement pas mûr, n’a pas conscience de ce qui s’est passé et raconte, de la manière la plus innocente, l’histoire à un autre oncle qui se précipite, comme un délateur, à la police pour rapporter les dires de son naïf neveu. Stéphane Dufour est convoqué au poste. Il n’exige pas la présence d’un avocat et confirme les propos du mouchard. Il est arrêté et accusé de meurtre non prémédité, ce qu’on qualifie ici de « meurtre au second degré ». L’affaire fait tout un bruit à Alma, région distante d’environ 400 km de Montréal. Les médias et l’opinion publique s’emballent.

Pour les uns, il s’agit d’une « assistance au suicide » sinon « d’euthanasie » selon les extrémistes ; pour les autres, nous avons affaire à une simple affaire de compassion. L’avocat de Dufour, lui, défend la thèse de la manipulation de son client par un oncle autoritaire et égoïste. L’accusé risque la prison à vie ou un maximum de 14 ans avant libération conditionnelle. Par le passé, les tribunaux canadiens ont systématiquement reconnues coupables les personnes impliquées dans ce genre d’affaires, directement ou indirectement. Mais, cette fois, on sent que la population, la vox populi, est du côté de Stéphane Dufour.

La semaine dernière donc, à la fin du procès, le juge a donné aux douze jurés des directives claires : ils ne sont pas là pour réécrire la loi, seulement pour décider, à la lumière des faits, preuves et témoignages présentés, si l’accusé est coupable du crime qui lui est reproché. La défense a mis l’accent sur la faible capacité intellectuelle de son client, ne se privant pas, au passage, de s’épancher largement dans les médias, histoire de s’attirer le maximum de faveur populaire. Après quatre jours de délibération, le jury, souverain, a décidé que Stéphane Dufour n’était coupable de rien du tout. Point barre !

Il n’y a eu aucune réaction de sa part à l’énoncé du verdict. Sa famille, toutefois, a fondu en larmes, soulagée. Le directeur des poursuites criminelles a refusé de commenter le verdict, se contentant de dire qu’il envisage de faire appel même si ses chances de succès sont quasiment nulles.

Dans les médias cependant, c’est la folie furieuse. Deux camps aux positions bien tranchées s’affrontent dans des échanges où se mêlent morale, émotion, droit, religion et même… apocalypse.

Dans le premier camp, celui des « pro-vie », on s’inquiète des conséquences de cette décision qui, selon un zélé prédicateur est un permis de tuer : « Désormais, chaque fois que vous aurez dans votre famille, un malade, un vieillard inutile, un sidéen ou simplement un empêcheur de dormir tranquille, vous pourrez le tuer en invoquant la compassion ou la douleur insupportable que provoque son cas. Nous nous acheminons vers une société qui ne tolère plus la vieillesse, la maladie, la souffrance… » de conclure notre futurologue en extase.

Dans ce même camp, un pasteur en quête de gloire inonde les tribunes libres de son message moralisateur : « Seul Dieu donne la vie et Lui seul peut la prendre ! » (Entre parenthèses : ce pasteur milite dans un groupuscule extrémiste qui réclame le rétablissement de la peine de mort, abolie en 1976 au Canada).

Dans le camp opposé, les arguments ne manquent pas non plus : « Quand une personne souffre de manière intolérable et inhumaine et réclame le droit de mourir, il est indécent, voire criminelle de le lui interdire », entend-on le plus souvent. « Il n’est pas normal de poursuivre en justice des gens qui aiment leurs proches et les aident à ne plus souffrir… En Belgique ou en Suisse, l’aide au suicide est d’ailleurs légale ».

Quant au gouvernement du Canada, sa position est claire : ni l’euthanasie ni l’aide au suicide ne seront légalisées, et il n’y aura aucune exception. Les poursuites seront systématiques chaque fois qu’un cas similaire se posera.

La société canadienne, elle, restera encore longtemps divisée et fatalement, avec le vieillissement de la population et les maladies handicapantes et douloureuses qui se multiplient, le débat reviendra dans les médias, comme une récurrence éternelle. Au fond, on se pose une question plus profonde : Comment arrive-t-on à préférer la mort à la vie ? Il me semble que lorsqu’on en arrive à cette extrémité, la question n’est plus juridique ou morale, elle devient simplement humaine.

Quel genre de monde sommes-nous en train de fabriquer au point où l’on discute, sur la place publique, de la nécessité de solliciter la mort ou pas ? Sommes-nous franchement arrivés à ce point de désincarnation et d’insensibilité qui nous autorise, autour d’un thé ou d’un café, à discuter des arguments pour ou contre la mort de quelqu’un ? Est-ce, de manière involontaire, ce qu’a voulu expliquer réellement Darwin dans sa théorie sur la sélection naturelle : Seuls les plus forts survivent ?

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

 

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