Dépenses de prestige, auto-octroi d’avantages indus, heurts quasi-quotidiens avec le personnel… Toutes les pages de ce journal ne suffisent pas pour énumérer les récriminations à l’égard du Vérificateur général.
Non content de se « taper », à la fin de chaque mois, plus de 4 millions de F CFA d’argent public pendant que la plupart de ses compatriotes vivent dans la pauvreté crasse, celui qui était perçu à sa nomination comme le redresseur de torts que toute la République attendait est tombé bien bas : en étant pris (la formule est d’un confrère) la main dans le « pot de confiture ».
C’est que la gestion du Végal, « vérifiée » par la Section des comptes de la Cour suprême, est l’apologie de la délinquance financière et du mauvais management des ressources humaines. Au BVG, les « affaires » sont entachées d’irrégularités inadmissibles de la part de celui qui est censé incarner la lutte contre la corruption. Entre lui et les structures contrôlées et auxquelles il reproche dans ses rapports plus de 130 milliards de F CFA disparus : c’est jus vert et verjus.
Délit d’initié, dépassements d’indemnités, collaborateurs oppressés auxquels des avancements légaux sont refusés… ont fini par rendre l’atmosphère « sosso-toxique » au BVG où le « chef » s’est mué en terreur pour tous. Comme un pistolero, il tire sur tout ce qui bouge.
Imbu de sa personne, le Bamananké en est arrivé à oublier l’adage qui dit que « la longévité appartient au serpent qui sait faire preuve de discrétion ». Mais de pondération, il n’a que dalle ! C’est pourquoi lui qui devait incarner Lucky Luke pour envoyer derrière les barreaux les prédateurs de la nation, s’est transformé en Joe Dalton, chef de la fratrie des pickpockets du Far West.
Pour avoir détourné le BVG de sa mission historique en donnant plus dans le folklore de mauvais goût, le Végal n’a pas rendu service au pays et mériterait d’avoir sur la pierre tombale une épitaphe du genre : « Ci-gît Sidi Sosso Diarra, Dors en paix Zéro ! ».
REGARD D’UN LECTEUR SUR L’ORTM
« Vingt-cinq ans de Sida culturel »
« L’un des domaines où l’ORTM a réussi le mieux, c’est celui de l’abrutissement de nos enfants et la dégradation de nos mœurs ». Tel est le jugement implacable d’un lecteur des Echos qui invite la télé nationale à faire preuve d’ingéniosité et à s’adapter à ses missions.
Le 25e anniversaire de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali m’offre l’occasion de livrer quelques lignes sur ce service.
En 25 ans, on dispose d’un recul suffisant permettant de constater le développement remarquable de l’ORTM sur le plan de l’outillage et des compétences. Cet impressionnant essor de notre moyen de communication devait normalement lui permettre de servir de rempart à notre nation contre les forces d’acculturation.
Mais en voyant certains programmes diffusés par l’ORTM, on reste perplexe quant à ses objectifs. Je commence par les films (brésiliens et autres) qui font fortement sensation au sein de notre jeunesse (surtout les filles) ; lettrées et non lettrées se ruent sur le petit écran et les passions se déchaînent bruyamment. Une de mes filles qui a eu la chance d’étudier est constamment sollicitée comme interprète. Une des nombreuses téléspectatrices lui demande : « Qu’a-t-il dit ? » En recevant la réponse, elle se met à rire à gorge déployée et à crier.
Et pourtant, si ces films ont quelque chose de sacré, c’est bien ce que l’ORTM leur a donné. Notre pays regorge de talents artistiques. L’ORTM dispose déjà d’une collection de films maliens. Des films bien faits qui reflètent nos réalités et nos préoccupations. En aucune façon, ils ne peuvent manquer d’intérêt pour notre jeunesse. Pour des raisons commerciales, nous ne pouvons y accéder. Or, je suis sûr que les films étrangers qui peuvent avoir une influence néfaste sur notre jeunesse, ne sont pas cédés gratuitement.
L’un des domaines où l’ORTM a réussi le mieux, c’est celui de l’abrutissement de nos enfants et la dégradation de nos mœurs. C’est lui qui fait miroiter les habillements et les danses pornographiques ; c’est lui qui focalise l’intérêt sur des futilités comme les élections Miss. On se justifiera en me disant que d’autres pays et même d’importantes institutions l’organisent. Cela ne veut rien dire. Quand le vent souffle, chacun s’occupe du fardeau qu’il a sur la tête. Je voudrais savoir ce que ces élections Miss apportent concrètement sur le plan de la culture et l’éducation. Ne peut-on pas y substituer un divertissement plus intéressant ?
Je ne dis pas que l’ORTM ne fait que du mauvais. Par exemple, ses descentes dans le terroir profond pour pérenniser notre folklore doivent être encouragées, tout comme l’octroi d’un espace d’antenne au magazine culturel Nko. Ce ne sont que des exemples sur la longue liste des bons programmes.
L’ORTM a un rôle extrêmement important à jouer pour notre épanouissement dans un monde où l’argent et la communication règnent. On s’inquiète quand beaucoup d’usagers de notre station, des artistes notamment, parlent de la marchandisation des services de l’ORTM. Je n’insiste pas sur ce point, préférant laisser le soin à ceux qui l’affirment d’en donner les preuves.
Pour terminer, j’exhorte l’ORTM à rester attentif à la préservation de nos valeurs culturelles. Il y a un autre Sida moins connu, mais non moins grave qui a pour nom : l’acculturation. C’est elle qui réduit l’homme au rang de bête de somme ; qui le condamne à vivre sans repères et sans défense dans la jungle que constitue le monde d’aujourd’hui.
Drissa Doumbia
(écrivain, domicilié à Yirimadio, Tél. : 76 28 02 42, Bamako)
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DROITS DE L’HOMME
La DUDH décortiquée
Dans le cadre du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH, 10 décembre 1948), le ministère de la Justice, en partenariat avec la société civile, a organisé le samedi 13 décembre 2008 au Centre Djoliba, une conférence-débats sur la Déclaration universelle.
« Dignité et justice pour tous » , c’est le thème choisi cette année par l’Assemblée générale des Nations unies pour célébrer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH).
Me Moussa Maïga président de la Commission des droits de l’Homme du Mali, a fait un exposé l’historique de la DUDH, un texte qui, a-t-il rappelé, a été initié par les Nations unies au lendemain de la 2e Guerre mondiale (qui a fait des millions de morts) pour prévenir tout acte de barbarie et de torture sur la personne humaine. Dans son tout premier article, a-t-il souligné, la DUDH stipule que : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ».
A l’unanimité, la conférence a soutenu que la DUDH est la « mère » de tous les droits. « C’est avec la DUDH que la dignité humaine a retrouvé toute sa place dans les textes et lois des nations », a noté Me Maïga, qui a regretté qu’aujourd’hui des individus trouvent encore des moyens pour porter atteinte à la dignité humaine à travers, dira-t-il, l’Internet, les pratiques de clonage…
Au Mali, le conférencier a regretté que c’est surtout « la petite délinquance » qui subit la loi dans toute sa rigueur. A la suite de Me Moussa Maïga, Mme Kéita Fatoumata Dicko de l’Association malienne des droits de l’Homme tout comme M. Kéita du programme Appui conjoint des Nations unies à la promotion des droits humains et du genre au Mali (ACDHG), conférenciers, ont soutenu que la DUDH est une déclaration, « d’intention », qui n’est pas un « instrument contraignant ».
« Il a fallu faire recours à d’autres textes pour amener la DUDH à être contraignante » , ont expliqué les conférenciers, qui ont cité la Charte internationale des droits de l’Homme comme un exemple de textes contraignants de la DUDH.
Parlant des principes de la DUDH, M. Kéita affirmera qu’ils ont pour noms : l’universalité, l’inviolabilité, l’inaliénabilité, l’indivisibilité, l’interdépendance et la collective corrélation. Au cours de la conférence, l’AMDH a fait une projection de film sur la situation des droits de l’Homme au Mali qui a provoqué l’émoi dans la salle.
Amadou Waïgalo
Dégoûtantes prisons maliennes
L’un des conférenciers, Me Karembé (Avocats sans frontières), a fait un exposé sur « situation carcérale et procès équitable ». Il a déploré l’engorgement des centres de détention et les difficiles conditions sanitaires des détenus et des gardes à vue dépassant les délais légaux. « Présentement, il y a 3834 hommes et 119 femmes détenus dans nos prisons », a-t-il révélé avant de saluer l’effort des autorités qui ont, dernièrement, selon lui, pu assurer les 3 repas dans les prisons.
A. W.
Acceuil