Dans les actes, il est disqualifié pour parler et juger les autres, puisqu’il fait pire. En témoigne, le rapport de la Section des comptes de la Cour suprême sur sa gestion.
Le Vérificateur général a été institué au Mali par la loi n°03-030 du 25 août 2003, avec pour mission d’évaluer les politiques publiques à travers un contrôle de performance et de qualité ; contrôler la régularité et la sincérité des opérations de recettes et de dépenses des administrations ; proposer aux autorités publiques les mesures et actions propres à assurer une meilleure adéquation du coût et du rendement des services publics…
Pour ce faire, un Vérificateur général a été nommé pour 7 ans non renouvelables. La même loi n°03-030 du 25 août 2003 lui confère des avantages à nulle autre pareille : il a 1000 litres de carburant par mois, 2,5 millions de F CFA comme salaire, une prime de sujétion de 250 000 F CFA, une indemnité de responsabilité de 300 000 F CFA, une indemnité de logement de 500 000 F CFA, une prime d’installation de 4 millions, une indemnité forfaitaire de 400 000 F CFA par mois pour l’eau, l’électricité et le téléphone.
Mais, depuis un certain temps, le Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, défraie la chronique. D’abord, il entretient des rapports des plus exécrables avec son personnel (nous y reviendrons) mais pis, a une gestion qui ne prêche pas par l’exemple.
Tenez, alors que l’Etat lui alloue 400 000 F CFA pour ses frais de téléphone, eau et électricité, le Végal a, par exemple, pour le mois de septembre 2008, dépensé pas moins de 4 millions de F CFA en frais de téléphone. L’équipement de sa maison a coûté au bas mot 25 millions de F CFA, pour une dotation de 4 millions F CFA. Pour ses missions, même lorsqu’il est invité, le Végal se donne une avance à justifier de 9 millions F CFA. Sur les fonds du Bureau, il paie pas moins de 530 000 F CFA par mois de frais de gardiennage.
Mais, à ce jour, et au vu de ce qui se passe, il y a de quoi remettre en cause tout le travail accompli. Dans les actes, il est disqualifié pour parler et juger les autres, puisqu’il fait pire. En témoigne, le rapport de la Section des comptes de la Cour suprême sur sa gestion.
Affaire à suivre.
TRANSPLANTATION D’ORGANES AU MALI
Le témoignage d’un « mort-vivant »
Au lendemain de la première conférence africaine sur la transplantation d’organes qui a réuni la crème des spécialistes du monde entier dans notre capitale, Les Echos publie le témoignage d’un transplanté malien. Du manque d’eau pour son appareil de dialyse à Bamako au rejet du rein qui lui a été greffé en France, il témoigne de son cas personnel, un calvaire qui le poursuit encore.
A un peu plus de quarante ans, Abdoulaye Kéita est un cas d’école et d’étude pour la crème de la néphrologie mondiale réunie dans notre pays pour la première fois. En effet, la première conférence africaine sur la transplantation d’organes a regroupé en fin de semaine dernière les experts des cinq continents à Bamako. Cette opération touche quelque 36 personnes sur un million en Europe, une dizaine en Asie et seulement 0,2 en Afrique subsaharienne, selon le Pr. Ibrahim Khalil Maïga de l’hôpital du Point G., premier spécialiste malien et africain en néphrologie qui se prépare prochainement à effectuer sa grande première de greffe de rein dans notre pays.
L’insuffisance rénale, explique le spécialiste, est une maladie dont la durée de traitement est assez longue et très onéreuse. Mais, poursuit-il, le Mali est un des rares sinon le seul pays au monde où le traitement est subventionné par l’Etat avec un budget voté chaque année par l’Assemblée nationale depuis maintenant plus de dix ans.
Il faut dire que les premières dialyses ont commencé dans notre pays en 1997 dans des conditions cliniques et sanitaires assez approximatives avec un manque criard de moyens (seulement deux appareils de dialyse, des consommables très difficiles à acquérir…) et de professionnels - le professeur a été longtemps le seul spécialiste du pays, voire de la sous-région - sans parler de la pauvreté ambiante des malades qui ne facilite rien.
C’est d’ailleurs un de ces grands malades du pays, à qui le même professeur Maïga, à l’époque seul spécialiste du pays - aujourd’hui deux autres néphrologues garnissent son service - accordait seulement quelques heures de vie après l’avoir reçu dans son service suite à une hospitalisation d’urgence.
Abdoulaye Kéita raconte. « J’ai été admis au service de cardiologie dans un état de souffrance inqualifiable. Au bout de quelques jours, mon état s’empirait et n’eût été la grande vigilance d’un interne qui a tout de suite détecté de quoi je souffrais, je serais déjà passé de l’autre côté ».
Son histoire, M. Kéita en fait le récit imbibé du sentiment de celui qui a vu passer les anges de la mort. Il hoche la tête, avale une grosse salive pour dénouer sa gorge puis continue : « On me fait immédiatement admettre au service de néphrologie B. Le professeur Maïga convoque ma famille pour lui dire qu’il me reste seulement quelques heures à vivre et que ce n’est pas la peine de me garder. Je suis ramené à la maison, pour ‘mourir’ parmi les miens. Mais une semaine après, un ami a réussi à contacter le cabinet de la ministre de la Santé. Grâce à cette entremise, je suis admis au service de dialyse. J’y suis un traitement pendant six mois ».
Le professeur Maïga lui-même confirme qu’effectivement il a reçu au mois de janvier 2000 M. Kéita, « un activiste estudiantin », le qualifie-t-il, dans un état comateux. Le ministère de la Santé aurait-il agi pour cela ? La famille de M. Kéita croit en tout cas que parce qu’elle n’avait pas les moyens de s’offrir une dialyse pour sauver leur fils, qu’elle a été renvoyée la première fois.
Une femme de cœur au secours !
Aujourd’hui, le professeur Maïga déclare que la dialyse est entièrement gratuite au Mali et que les consommables et les médicaments le sont aussi. « Nous demandons une participation symbolique de 2500 F CFA au malade », précise-t-il. Mais on sait que l’activiste estudiantin avait organisé un sit-in sur la pelouse du palais de Koulouba en 2000 avec quelques malades équipés de leurs appareils pour dénoncer le manque d’eau à l’hôpital du Point G indispensable à leur traitement alors même que la pelouse du jardin du chef de l’Etat verdit sous le soleil de plomb que connaît le pays à cette période de canicule. Femme de cœur, la première Dame Adame Ba Konaré, a évité le drame en promettant à M. Kéita et ses camarades le soutien de l’état.
Le professeur Maïga qui a servi à Berlin en Allemagne, un pays reconnu comme un modèle en matière de médecine en Europe, commente cet épisode anecdotique en déclarant qu’en Afrique, il y a toujours des problèmes au début et des personnes pas très complaisantes compliquent toujours les situations les plus anodines. Aujourd’hui, son service suit 75 malades chroniques et des patients arrivent de douze pays du continent pour suivre un traitement à l’hôpital du Point G.
Une évaluation externe de son service par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Société internationale de néphrologie (SIN) vient de conclure des résultats très satisfaisants et des encouragements et félicitations qui font de la tenue de la première conférence africaine sur la transplantation rénale, dont son service est au cœur, un succès total.
Certes le Mali a fait du chemin. Aujourd’hui deux centres de dialyse existent à Bamako qui permettent à tous les patients auparavant obligés de rester en Europe pour suivre leur traitement. Pour les expatriés, un coût forfaitaire modique d’environ 100 000 F CFA (soit 150 euros) a été instauré pour leur faciliter les visites au pays.
Ce palier dans les services de qualité franchi avec succès, le professeur, associé à l’Université de Boston aux Etats-Unis, veut maintenant pratiquer à Bamako les opérations de transplantation rénale. Il explique : « Une transplantation, c’est un an de traitement sous dialyse. C’est une opportunité extraordinaire pour notre pays de réduire les coûts, c’est une grande chance pour les malades africains ». C’est d’ailleurs pour tout cela que le chef de l’Etat s’est porté ambassadeur auprès de ses collègues sur la cause.
Un acte très symbolique
Pourtant l’Association franco-malienne des insuffisants rénaux (Afmir), créée fin 2001 par le très militant Abdoulaye Kéita qui en est d’ailleurs le vice-président, doute de la bonne réussite de la transplantation rénale. « Pour greffer un rein, il faut d’abord bien épurer le corps insuffisant. Lorsque j’étais au Mali, au lieu des 3 séances de dialyses hebdomadaires qui devait durer quatre bonnes heures, souvent je n’étais dialysé que deux heures pour permettre aux autres malades d’être soulagés un tant soit peu faute d’appareils », se souvient M. Kéita dont l’association, à ce jour, a envoyé une quinzaine d’appareils de dialyse à l’hôpital du Point G pour aider les malades locaux, qui n’ont pas les moyens, à se soigner.
Aussi l’on n’ignore pas les difficultés qu’ont tous les pays du monde pour trouver des donneurs volontaires d’organes. Dans certains pays pauvres, c’est une véritable mafia qui contrôle le don d’organes. Un trafic monstrueux existe, avec très souvent pour acteurs les personnels de santé. Comment notre pays, pourra mieux contrôler le don d’organes pour éviter que les malades prioritaires ne soient négligés au profit des plus offrants ?
L’association des insuffisants rénaux, penche plutôt pour le développement de la dialyse qui, même coûteuse, éviterait au malade les risques de complications car, explique-t-on, il faut une équipe de suivi multidisciplinaire et un traitement post-opératoire assez onéreux. « Rien que pour les médicaments (antibiotiques et molécules pour faciliter l’acceptation du greffon par l’organisme) c’est une ordonnance mensuelle de pas moins de 2000 euros (un peu plus d’un million de F CFA) » sans compter les analyses et les visites, etc.
L’Afmir a, à ce jour, envoyé une quinzaine de machines de dialyse à l’hôpital du Point G. L’Association compte une centaine de membres tous des dialysés maliens en région parisienne. « Si nous nous étions positionnés pour défendre les droits des insuffisants rénaux, nous refuserons du monde », affirme Ibrahim Koné le président de l’Association.
Les problèmes entre les malades et les soignants à Bamako sont nombreux. Il explique le cas de l’infirmier G. qui aurait exigé d’un immigré en visite au pays 3 millions de F CFA pour pouvoir suivre ses séances de dialyse. L’Association a depuis mis au point une procédure de remboursement des frais des malades vivant en France par la sécurité sociale. L’infirmier G. a établi finalement un reçu en bonne et due forme pour permettre au patient en question de rentrer dans ses droits.
On parle encore du serment d’Hippocrate !
O. Diagola
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EID 2008
Le gouvernement épinglé
La 13e édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) placée cette année sous le thème « EID, un moyen de contrôle de la gestion des affaires publiques », a été un moment fort d’émotion de révolte, tant les injustices ont encore de beaux jours devant elles au Mali.
Tribune d’expression populaire permettant aux citoyens de participer au contrôle de la gestion des affaires publiques les travaux de la 13e édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) se sont déroulés le mercredi 10 décembre 2008 au CICB sous la présidence du Premier ministre, qui avait à ses côtes des membres du gouvernement, des chefs d’institution, des représentants des corps constitués et d’un public nombreux.
Cette année en décidant de jumeler l’organisation de la 13e édition de l’EID à la célébration du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948), les autorités maliennes voulaient témoigner, à travers l’EID, du génie créateur du peuple malien.
Après la présentation des membres du jury d’honneur présidé par le Me Idrissa Seydou Maïga, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali, le ministre de la Justice, Maharafa Traoré, a rappelé que le règlement intérieur de l’EID lui fait obligation de rendre compte du traitement accordé par le gouvernement aux interpellations faites au cours de l’édition précédente.
« Le nombre d’interpellation retenue pour la 12e édition était de 56 dont 28 ayant fait l’objet de rejet » , a rappelé M. Traoré qui a précisé que seuls deux départements n’avaient pas répondu à des « interpellations classées pour suite à donner ».
Les recommandations de la 12e édition de l’EID étaient relatives, selon lui, aux centres de détention, aux droits des femmes, aux droits des enfants, aux activités des sociétés minières, à la situation scolaire et aux élections.
Sur toutes les questions, dira le ministre, le gouvernement a fourni des efforts, principalement la poursuite de la politique de modernisation et d’humanisation par l’alimentation de la couverture sanitaire de la population carcérale.
Des membres du gouvernement interpellés ont donné des éléments de réponse sans que ceux-ci ne convainquent parfois certains interpellateurs comme c’est le cas des jeunes volontaires de l’Apej qui n’ont cessé de huer quelques fois le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle.
Injustices à gogo
L’EID est sans doute une tribune pour les sans-voix qui ont exploré toutes les pistes pour que justice soit faite. De toutes les interpellations de la 13e édition, celles de Mme Djiré Oumou Sanogo, domiciliée aux 300-Logements à Garantiguibougou et Marie Bernard Sangaré, un inspecteur de police à la retraite, qui ont retenu l’attention des observateurs.
La première a interpellé le ministre de l’Artisanat et du Tourisme sur ce qu’elle a appelé la violation de la vocation d’une maison des 300-Logements transformée en un établissement d’artisanat et du tourisme par un couple. Située dans la rue 553 porte 158, la maison en question est contiguë à celle de Mme Djiré qui a révélé que des familles ont saisi le maire de la Commune V pour dire leur désarroi.
« Le comble est que les intéressés estimant être harcelés, ont porté plainte contre moi. Mon combat, c’est contre l’illégalité. J’ai quand même le droit d’élever mes enfants dans un environnement sain » , a-t-elle plaidé.
Pour sa part, Marie Bernard Sangaré a demandé aux membres du jury d’accorder une attention particulière à sa requête.
En effet M. Sangaré s’est vu déposséder de son champs de 5 hectares par un opérateur économique à Koulikoro. Il a affirmé avoir exploité son champ, un titre foncier (TF) acquis en 1985. Mais c’est vers les années 1992 que sa galère a commencé avec la subite apparition d’un richissime commerçant en possession de documents lui attribuant les 5 hectares de Marie Bernard Sangaré.
Selon la plaignante, le directeur des domaines a cédé son champ au 2e acquérant pour plus de 1,5 million F CFA. L’affaire a pris une tournure grave lorsque l’opérateur accompagné des éléments de la gendarmerie est parti abattre au Bulldozer tous les arbres fruitiers de son champ.
« Au cours d’une rencontre avec le procureur général de Koulikoro le préfet et le directeur des domaines ont reconnu que le lot m’appartient » , a noté Marie Bernard Sangaré qui a précisé que l’opérateur économique persiste à occuper son champ malgré des décisions de justices en sa faveur.
« Quand il a fini d’abattre tous mes arbres, il a procédé au morcellement. Je suis intervenue lorsque j’ai appris qu’il voulait vendre les parcelles à l’Energie du Mali (EDM-SA) » .
Apres 30 ans de service rendu à son pays M. Sangaré un sexagénaire a déploré le déficit de justice au Mali. Toutes choses qui permettent, « de raccourcir la vie des anciens ».
Au vu de tout ce qui a été dit au cours de cette 13e édition de l’EID, force est de reconnaître que le gouvernement malien, même s’il manifeste plus de volonté pour une justice équitable, a encore du chemin.
Amadou Waïgalo
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