D’un coût global de 14,2 milliards de F CFA sur une période de six ans, le Padepa-KS est financé par le gouvernement du Mali et la Banque africaine de développement (Bad), qui intervient pour plus de 11 milliards de F CFA. Le Projet couvre la zone agro-pastorale de Kayes Sud (cercles de Bafoulabé, Kéniéba, Kita et la partie sud du cercle de Kayes).
Dans notre pays, l’élevage constitue la troisième filière d’exportation après l’or et le coton. Il représente la principale source de revenu pour environ 30 % de la population. Malgré tout, les productions animales restent à un niveau modeste.
Les raisons de cette faible performance du cheptel sont multiples et liées à plusieurs contraintes : insuffisance quantitative et qualitative des ressources alimentaires, notamment pendant la saisons sèche, le potentiel génétique limité des races autochtones et la présence de certaines maladies du bétail.
Lancé le 1er décembre par Mme Diallo Madeleine Ba, le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Padepa-KS est l’un des projets élaborés par le département de l’Elevage pour lever ces contraintes.
Selon le ministre, la mise en œuvre du Padepa-KS contribuera de façon significative au développement de la production animale à travers l’amélioration de la couverture sanitaire, l’appui-conseil renforcé des acteurs de l’élevage et l’amélioration des systèmes traditionnels de gestion des troupeaux et des parcours.
Le projet dans la zone de Kayes Sud permettra l’aménagement concerté de 400 km d’axes de transhumance et la réalisation du schéma d’aménagement du territoire (SAT) et du plan communal d’action environnementale (PCAE) au niveau de 12 communes.
Ousmane Traoré, le coordonnateur du nouveau Projet ajoutera que c’est dans le souci d’apporter des réponses appropriées aux contraintes qu’a été élaboré le Padepa-KS
La zone de Kayes Sud, enclavée, dispose de ressources agro-sylvo-pastorales importantes. Elle constitue une zone de développement tant pour l’élevage sédentaire que pour l’élevage transhumant. Le Padepa-KS entend contribuer à l’intensification des systèmes d’élevage adaptés au contexte de la zone d’intervention et à lutter contre la pauvreté rurale.
A LA RECHERCHE DE MOUTONS VOLES A KOROFINA
Des éléments du 6e arrondissement en mission agressés
Un guide blessé et des policiers mis en déroute : c’est le bilan d’une opération de la brigade de recherche du 6e arrondissement visant à restituer à leur légitime propriétaire six moutons volés en fin novembre à Korofina Nord. Les policiers ont été pris à partie par toute une famille. L’on a frôlé la justice populaire.
La pré-fête est un moment propice de vols de bétail dans les concessions. Un cas survenu à Korofina en Commune I est édifiant à plus d’un titre. Fin novembre 2008, le commissariat de police du 6e arrondissement est saisi pour une affaire de vol de 6 moutons. Puisque la fête s’approche à grands pas, les victimes de vol en désespoir de cause n’ont d’autre choix que de se livrer à la recherche d’un bélier pour la fête.
C’est ainsi qu’ils se sont rendus au marché du bétail de Luna Park sur la route de Koulikoro mais dans l’intention de payer un mouton. Selon l’inspecteur divisionnaire Moussa Diarra, chef de la brigade de recherches du 6e arrondissement, les victimes identifient un de leurs moutons. Sans autre forme de procès, ils informent le revendeur que la bête et 5 autres ont été volées dans leur concession il y a peu. Ce dernier explique que l’animal lui a été vendu par un jeune homme, qui habite à Korofina Nord.
Avec la certitude que le mouton leur appartient, les victimes sont allées à la police pour dire qu’elles ont aperçu un de leurs moutons avec un revendeur de bétail. Aussitôt, le commissariat du 6e arrondissement dépêche une équipe sur les lieux aux fins d’interpeller le revendeur. Dans la foulée et continuant toujours ses investigations, le 6 arrondissement dans la soirée du 28 au 29 décembre 2008 envoie une équipe en compagnie du revendeur dans la famille du voleur. C’est à partir de là, selon l’inspecteur divisionnaire Moussa Diarra, que la goutte d’eau déborde le vase. « Lorsque nos agents ont pénétré la famille, ils se sont présentés au chef de famille. Mais il y avait un groupe de jeunes parmi lesquels un est venu fermer la porte et ils ont commencé à livrer un combat singulier aux agents », explique-t-il.
Aux dires de notre interlocuteur, l’équipe (deux agents) accompagnée d’un jeune homme qui connaît la famille a été la cible d’attaques des jeunes de la concession. « C’était la confusion totale. Les deux agents ont été blessés : l’un au bras gauche et l’autre à la mâchoire », confie le chef de la brigade de recherches. Alors qu’il attendait dans un taxi, le jeune guide a entendu des bruits dans la cour.
C’est ainsi qu’il a escaladé le mûr pour assister les agents qui ont été enfermés dans une chambre pour être sauvagement bastonné. « Dès qu’il a sauté le mur, un des frères des malfrats lui a fait directement face. Et c’est une lutte au corps à corps qui s’est engagée entre les deux hommes. Néanmoins, le jeune est parvenu à maîtriser son adversaire », témoigne M. Diarra.
Toujours, selon lui, c’est en voulant défendre son frère qui était en position de faiblesse « qu’une jeune fille s’est saisie de l’eau chaude et l’a versée dessus sur le jeune homme qui a été gravement blessé ». Les agents ne devront leur salut qu’à l’intervention d’une vieille personne de la famille. Par la suite, affirme le chef de la brigade de recherches, « le lendemain une personne de bonne volonté nous a informé que le chef de famille et son fils, qui est l’auteur principal du vol de moutons, s’étaient rendus dans une famille à Korofina pour confier les 5 moutons restants. Informés, nous avons poussé les recherches pour les récupérer ». Les moutons au nombre de 6 ont été restitués à leur propriétaire.
Après les accrochages, plusieurs personnes ont été interpellées pour avoir participé à la violence exercée sur des éléments du 6e arrondissement. En attendant de mettre la main sur le principal auteur du vol qui a pris la poudre d’escampette, l’inspecteur Moussa Diarra, assure que l’enquête suit son cours normal et que les auteurs de l’acte seront présentés au procureur de la République de la Commune I dans les jours à venir.
Mohamed Daou
Acceuil
« LE SALAIRE DES LIBERATEURS DU MALI » SUR LE MARCHE
Les violences sur Modibo Kéita et ses compagnons dans un livre
Le marché du livre malien vient de s’enrichir d’un nouveau titre : « Le salaire des libérateurs du Mali », une œuvre d’Amadou Seydou Traoré qui a fait l’objet d’une conférence-débats samedi dernier au Centre Djoliba.
« Le salaire des libérateurs du Mali » est une périphrase qui fait allusion aux tortures et autres traitements inhumains (salaires) infligés par le régime militaire aux responsables de l’US-RDA et autres Maliens qui ont réellement lutté pour l’indépendance du Mali.
La salle de conférence du Centre Djoliba s’est révélée très étroite pour contenir les nombreux Maliens et Maliennes, dont certains sont venus spécialement de l’étranger pour assister au lancement du livre d’Amadou Seydou Traoré.
« Le salaire des libérateurs du Mali » est un livre à la fois historique et politique. Il retrace l’histoire politique du Mali de l’indépendance à 1968 et évoque les péripéties vécues par les dirigeants du pays après le coup d’Etat. Il évoque également les circonstances dans lesquelles le coup d’Etat de 1968 est venu mettre fin au régime du président Modibo Kéita ainsi que les conditions de détention des cadres et autres responsables de l’Union soudanaise (US-RDA).
Le livre offre 120 illustrations, dessins et photos au lecteur et est vendu au prix unitaire de 10 000 F CFA. Il a été l’objet d’un débat intéressant et plein d’enseignements. Les principaux animateurs de la conférence-débats étaient Seydou Badian Kouyaté, ancien ministre du Plan et du Développement, connu aussi comme écrivain, Cheick Oumar Cissoko, ancien ministre de la Culture…
Témoignage crédible
En introduisant le livre, l’auteur a précisé que : « j’ai écrit ce livre sans aucune haine envers qui que ce soit, parmi les personnages, il n’y a pas un seul que je haïsse », a indiqué Amadou Seydou Traoré. Il a ajouté : « ce qui est important dans la vie d’un homme, c’est d’agir dans la bonne direction ».
Pour Amadou Seydou Traoré, le livre se veut être un témoignage du « vécu », « l’odyssée » du président Modibo Kéita et de plusieurs autres Maliens victimes des 23 ans de répression sous la dictature militaire.
Au cours des débats, l’auteur fera comprendre que l’US-RDA a été victime de son choix politique pour la liberté. A en croire, Seydou Badian Kouyaté, l’US-RDA avait élaboré un programme de développement du pays. Ce document, témoignera-t-il, à été déchiqueté par les putschistes.
Si au cours des débats, les conférenciers ont prôné tolérance et paix, ils ont par ailleurs estimé que l’heure de la réhabilitation de Modibo Kéita et de certains Maliens, victimes innocentes des 23 ans de régime militaire, a sonné. « Tout n’a pas été parfait, reconnaît d’ailleurs l’auteur du livre ». C’est en raison de cela qu’il a affirmé que toute contradiction au livre serait la bienvenue pour enrichir le débat.
Pour Cheick Oumar Cissoko, Amadou Seydou Traoré « a fait son devoir » en écrivant ce livre qui révèle des « situations historiques et politiques, les ambitions qui ont amené Moussa Traoré et ses camarades à faire le coup d’Etat ».
Denis Koné
« Modibo avait 160 000 F maliens à son arrestation »
« Tout n’est pas bon à dire. On ne dira jamais tout » . C’est du moins ce qu’a dit dans son témoignage une des victimes du régime militaire et proche collaborateur du président Modibo Kéita.
Selon son témoignage, à son arrestation le président Modibo Kéita avait en tout et pour tout 160 000 francs maliens. Lui avait 80 000 francs. A ses dires, le traitement subi après les arrestations était des plus inhumains mais tout cela n’est pas bon à dire et ils ne le diront jamais. « Cependant, les souffrances vécues et subies ont été une voie qui a conduit vers la dignité, l’honneur », a-t-il estimé.
« Niantao n’est pas un héros »
« S’il y a une chose que je regrette, c’est le fait d’avoir entendu sur les ondes de l’ORTM, des propos le 22 septembre dernier qui prenaient Niantao pour un héros » , s’est offusqué un témoin. Faut-il savoir qu’à Kidal, Niantao avait construit une prison surnommée « le Fort de Niantao », une cellule de deux mètres carrés, dit-on.
Pourquoi le Mali a refusé la souveraineté en 1958 ?
A cette question adressée à l’auteur du livre, il répondra que « le Mali a refusé l’indépendance en 1958 parce qu’il n’était pas prêt et surtout que les dirigeants de l’époque voulaient s’inspirer aussi de l’exemple d’Ahmed Sékou Touré ». Pour M. Traoré, « Sékou Touré avait déjà en 1958 réussi à organiser son peuple, ce qui n’était pas le cas pour le Mali ».
« Ma vie de soldat », une œuvre exemplaire
Le livre du capitaine Soungalo Samaké est très bien accueilli par certaines victimes du régime militaire, en l’occurrence par Victor Sy. M. Sy n’a pas tari d’éloges à l’endroit de ce soldat qui fait dans « Ma vie d’un soldat », son mea culpa.
D. K.
Acceuil