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2008

Mois d'Avril

Les Echos du 18 Avril

 

HOPITAUX

Le DG de Gabriel Touré dans le collimateur des internes

Profitant jeudi matin d’une assemblée générale d’information au Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré, les faisant fonction d’interne ont manifesté leur colère et ont mis en garde le directeur de l’hôpital Gabriel Touré qui, selon eux, met en cause l’application du protocole d’accord et le mémorandum prônant l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Les revendications des internes, qui se sont traduites par des grèves intempestives, l’année dernière, avaient mis à genou les établissements sanitaires, perturbant sérieusement leur fonctionnement normal. Plusieurs étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) avaient même été arrêtés et emprisonnés au lendemain de l’organisation d’un concours d’internat contesté par les étudiants.

C’est donc à l’issue de ces événements douloureux qu’un protocole d’accord a été signé le 24 novembre 2006 entre le ministère de la Santé, les responsables des établissements hospitaliers et la coordination nationale des internes. Aujourd’hui, les internes ne décolèrent plus à cause du retard pris dans l’exécution du protocole d’accord et même du mémorandum signé le 24 avril 2007.

Selon le coordinateur national des internes, Samou Diarra, le directeur du CHU Gabriel Touré est le principal responsable du blocage dans l’application du protocole d’accord et du mémorandum. Il a révélé que ce dernier dit ne pas reconnaître le mémorandum. Le paiement des 500 F CFA par jour et par interne inscrit dans le protocole a commencé, selon les internes, dans certains centres de référence, mais à Gabriel Touré le directeur aurait refusé de payer le dû des faisant fonction d’interne arguant que les conventions ne sont plus valables.

Aussi, les internes maintiennent toujours leur position sur l’organisation du concours d’internat. «Nous n’avons rien contre le concours d’internat, il faut qu’il soit organisé avec les élites et non avec une minorité d’étudiants. Il faut aussi que les gens qui ne seront pas admis aient un statut car nous ne pouvons pas admettre après plus de 10 ans d’études que nous soyons jetés comme des laissés-pour-compte sans statut », a expliqué Samou Diarra.

M. Diarra s’est indigné contre le fait que les travaux d’organisation des thèses soient suspendus à la FMPOS. A l’en croire, cette mesure nuit aux efforts de recherche des étudiants finalistes qui sont en manque de moyens. Or, dans le mémorandum, il est dit que « les étudiants en année de thèse dans les établissements publics hospitaliers (EPH) bénéficient, pendant une période n’excédant pas 2 ans, d’une indemnité mensuelle de 15 000 F CFA jusqu'à la soutenance. Que le concours ait lieu ou pas », a-t-il rappelé.

Les futurs médecins ont averti qu’ils ne céderont pas tant que leurs doléances ne seront pas satisfaites. Le spectre d’un bras de fer qui ne profite ni aux patients ni aux autres usagers des hôpitaux est bien là.

Amadou Waïgalo

 

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RAPPORT EDUCATION DE BASE-FEN

La hache de guerre enterrée

Dans un communiqué dont nous avons pris connaissance le 6 mars dernier lors d’un point de presse de la Fédération de l’éducation nationale (Fen), « le bureau national de la Fen demande à toutes ses structures régionales, locales et communales et aux syndicats fédérés de boycotter les ministres en charge de l’Education, et ce jusqu’à nouvel ordre ».

Les deux ministres étaient accusés de « négligence et de mépris » vis-à-vis des enseignants. Surtout que lors de sa marche sur le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de Recherche scientifique, la Fen avait déploré n’avoir été accueillie que par le chef de cabinet. Elle n’arrivait pas aussi à digérer l’absence de Sidibé Aminata Diallo, qui, aux dires du syndicat, depuis sa prise de fonction, n’avait daigné rencontrer la Fen, pourtant bien représentée au niveau de l’enseignement fondamental.

Tout cela appartient aujourd’hui au passé. Car les deux protagonistes ont fumé le calumet de la paix. Conscient que les défis sont énormes pour remettre l’école sur les rails et qu’un bras de fer n’arrange pas la nation, le département du MEBALN n’a pas hésité à rencontrer la Fen. Aussi a-t-elle voulu agir dans la logique prônée par son premier responsable. « L’école malienne est en retard et tous nos pays voisins nous ont dépassés. Si nous ne nous battons pas ensemble pour que l’école marche, nous aurons perdu car la concurrence qui nous entoure ne dit pas son nom », répétait la ministre lors d’une de ses tournées à l’intérieur du pays.

Ouvrant les débats, le secrétaire général du MEBALN, Aboubacrine Alpha, a souligné toute l’importance que son département accorde aux enseignants : « Nous sommes conscients du rôle incontournable des enseignants dans l’école. Et le dialogue ne peut en aucun cas être interrompu entre le ministère et un syndicat d’enseignants ». Par rapport à l’absence du département à la marche de la Fen, le secrétaire général dira que « ce n’est ni une négligence ni une ignorance de la Fen, mais il y avait un événement parallèle ».

Comme pour signifier que son département regrette cette rupture de dialogue, Aboubacrine Alpha ajoutera que « si nous avions su que notre absence serait interprétée de cette façon, nous aurions été présents ».

Appelant ses interlocuteurs à « faire une croix » sur cette affaire, il a invité le syndicat à reprendre sa collaboration avec son département et à faire en sorte que l’école malienne puisse « retrouver le bon chemin ».

Se montrant réceptif, le secrétaire général de la Fen, Youssouf Ganaba, à la tête d’une délégation, s’est dit disposé à oublier le passé et à faire front commun avec le MEBALN pour le futur. « Nous étions un peu sur les nerfs, mais le plus important est l’avenir. L’école est aussi notre préoccupation et nous sommes disposés à accompagner l’Etat », a promis M. Ganaba. Toutefois, a-t-il averti, la Fen vérifiera « la bonne foi de l’Etat » pour une collaboration franche.

D’ores et déjà, le secrétaire général du MEBALN, Aboubacrine Alpha a assuré que la situation des contractuels du fondamental, qui sont en grève depuis quelques jours, est en bonne voie.

Souhaitons que ces retrouvailles fassent des émules, et que le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et la Coordination syndicale des enseignants du secondaire (Coses) s’en inspirent pour le déclic tant attendu au niveau du l’enseignement secondaire.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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LCV

Les travailleurs en grève de 48 h

Les travailleurs du Laboratoire central vétérinaire (LCV) observent depuis hier un arrêt de travail de 48 h. Cette grève fait suite à l’échec des négociations entre la Commission de conciliation et les ministères impliqués dans la gestion du litige foncier qui oppose le LCV à des particuliers et à l’Armée de l’air.

A la demande de la partie gouvernementale, le comité syndical a retiré en mars dernier son préavis de grève qu’il avait déposé sur la table du ministère de la Fonction publique. Le temps pour le gouvernement d’y voir clair et de prendre une décision. Mais à la surprise du syndicat, la Commission de conciliation a bouclé ses travaux par un constat d’échec des pourparlers suite aux absences répétées des ministères impliqués.

Si le gouvernement ne tranche pas définitivement la question, le comité syndical menace d’observer une autre grève de 72 h après celle en cours. Mercredi, les ministres de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, de l’Elevage et de la Pêche, du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme se sont rencontrés pour examiner la question sans pourtant parvenir à une solution.

Mohamed Daou

 

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DECES D’AIME CESAIRE

Le monde de la littérature en deuil

Le chantre de la négritude Aimé Césaire est mort jeudi 17 avril à l’âge de 94 ans. Au Mali, sa disparition a été ressentie par les éditeurs comme une énorme perte. Le président de l’Organisation malienne des éditeurs du livre (Omel) affirme que c’est un baobab qui est tombé.

Nous écrivions dans notre parution d’hier qu’Aimé Césaire était dans un état critique. La maladie dont il souffrait a eu finalement raison de lui jeudi dans la mi-journée. Le poète martiniquais, chantre, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, de la « Négritude », et auteur du « Cahier d'un retour au pays natal » est mort le 17 avril 2008 à l'âge de 94 ans au CHU de Fort-de-France (Martinique).

Au Mali, le décès d’Aimé Césaire a été ressenti avec une grande amertume. Le président de l’Organisation malienne des éditeurs de livres, Hamidou Konaté, directeur général des éditions Jamana ne tarit pas d’éloges à l’endroit de celui qu’il considère comme le père de la négritude. « La mort d’Aimé est une très grande perte pour l’Afrique. Césaire a été un grand panafricaniste convaincu. Il a éveillé la conscience des Noirs. Perte aussi pour le monde du livre. Son livre, Cahier d’un retour au pays natal, est dans toutes les sphères. Nous ne pouvons que nous incliner devant la mémoire de ce grand homme. Nous souhaitons qu’il y est d’autres Aimé Césaire ».

La directrice de Cauris éditions, Kadiatou Konaré que nous avons joint au téléphone, s’est dit bouleversée. Au-delà de l’humaniste, du grand poète, le décès de Césaire est ressenti par elle comme celui d’un être cher.

On se rappelle qu’en juin 2003, au moment où la Martinique fêtait les 90 ans de Césaire, Mme Dramé Kadiatou Konaré organisait à Bamako une manifestation de 3 jours pour lui rendre hommage. Mme Dramé se souvient de ses rencontres avec celui qu’elle considère comme son grand-père. « Nous sommes allés le voir et échanger. Nous lui avions dit que la jeunesse malienne africaine lui sera reconnaissante surtout avec la création du mouvement comme la négritude. Nous souhaitons qu’il soit à jamais immortel ».

Aimé Césaire a consacré sa vie à la poésie et à la politique. C’est en 1939, dans son célèbre recueil « Cahier d'un retour au pays natal » qu'il fait une entrée fracassante en poésie, employant pour la première fois le terme de « Négritude »

Amadou Sidibé

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EPILOGUE

Les enfants de la brousse

Pour beaucoup de gens, la nature est divisée en deux parties distinctes dont l’une est peuplée de bêtes sauvages, de jinè et de génies et l’autre par les êtres humains. La partie habitée par les animaux sauvages et les esprits correspond à la brousse et à la forêt et celle où vivent les hommes au village.

Il est difficile de dire laquelle de ces deux populations est la plus nombreuse. Mais, vu les activités de déforestation qui se mènent actuellement de toutes parts et le surpeuplement actuel des continents, on peut affirmer que la population animale est en baisse tandis que celle des humains augmente.

Il y a un demi-siècle, les routes n’étaient pas sûres à case de la férocité des bêtes sauvages et il était quasiment impossible de voyager sans arme sur les grandes distances. Au début du XXe siècle, par exemple, la faune du Mali (ex-Soudan français), selon plusieurs récits, était très dense et l’on rencontrait dans la savane une multitude d’espèces animales dont certaines ont emporté l’admiration des explorateurs européens d’abord, celle des colons ensuite.

Dans certaines zones, les chroniques villageoises sont pleines de récits dans lesquels les voyageurs ont été dévorés de nuit par des hyènes affamées ou par d’autres fauves. Nos brousses et nos forêts regorgeaient de beaucoup d’espèces animales dont en grand nombre, des pachydermes et des fauves, de même que des petits ruminants et des troupeaux d’oiseaux de toutes sortes.

Dans les années 1960, la seule région de Mopti pouvait nourrir tout le Mali en poisson. Actuellement, c’est à peine si elle peut assurer ses propres besoins. Les produits chimiques, qui sortent des usines et se déversent dans le fleuve, ainsi que les nombreuses actions de prédation de l’homme ont grandement contribué à décimer les populations de poissons non seulement dans les fleuves (Niger et Sénégal) mais également dans les cours d’eau. La pêche, qui était florissante au point de devenir une activité de subsistance comme l’agriculture et l’élevage, a été progressivement délaissée parce que considérée comme non rentable.

La chasse a connu la même évolution. Dans les années précédant la colonisation et même pendant, elle avait été bénéfique aux chasseurs et les nourrissait bien. D’où l’essor à cette époque de célèbres chasseurs et de musiciens de la chasse comme Ngonifo Bourama (Wassoulon) et Nonkon Hamari (Bélédougou).

La chasse, à cette époque, à cause de l’abondance du gibier, était massivement pratiquée, mais obéissait à des règles qui étaient un ensemble de conventions que les maîtres enseignaient à leurs élèves avant de les autoriser à aller vivre de la chasse. Les mêmes règles étaient observées par les chasseurs de l’eau qu’étaient les pêcheurs professionnels (Bozos et Somonos).

De façon générale, la pratique de la pêche et de la chasse n’autorisaient pas les usagers à y faire du n’importe quoi. Autant il leur était permis de tuer ce dont ils avaient besoin, autant ils étaient tenus de préserver certaines vies, même quand elles pouvaient leur rapporter gros. Mais, actuellement la désertification et la sécheresse, ajoutées aux effets de la prédation de l’homme, ont conduit au dépeuplement de la population animale et à une baisse considérable des ressources halieutiques.

Plus grave, la construction de grands barrages (Sélingué et Marakala) a eu comme conséquence le développement de la pêche industrielle qui n’épargne aucune espèce de poisson et détériore les berges des fleuves alors que les pêcheurs traditionnels, les Bozos et les Somonos, tout en prenant leur pitance dans l’eau, la respectaient presque religieusement.

Cette pêche industrielle, dont la production n’est plus uniquement destinée à la consommation intérieure, mais également à l’extérieur, a pratiquement retiré du circuit tous les acteurs qui la pratiquaient avec des moyens artisanaux (pirogue, filet, hameçon, etc.) Elle a notamment plongé dans le marasme les régions dont l’activité économique principale était la pêche et l’exploitation des activités fluviales.

Le braconnage qui est l’exercice illégal de la chasse, fait de plus en plus de victimes au sein de la population animale (les enfants de Makoungoba). Selon plusieurs témoignages, la complicité des autorités locales avec les braconniers dans ces abattages clandestins est évidente. Dans tous les cas, le monde animal subit de plus en plus durement les assauts conjugués de la désertification et de l’action de l’homme. Les animaux, dans ce conteste, fuient de plus en plus vers les fleuves et les grands cours d’eau et pour les voir, il faut maintenant aller vers ces points d’eau.

Partout la population animale est en chute libre pour des raisons liées à la dégradation de l’écosystème. Au Mali par exemple beaucoup de races animales comme les girafes et les ânes sauvages ont disparu ou sont en voie de l’être. C’est pour cette raison que les pouvoirs publics, à travers les services techniques comme les Eaux et Forêts, tentent d’en sauver et de pérenniser ces races.

Facoh Donki Diarra

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CONSOMMATION DE LA VIANDE DE BROUSSE

Sources de contamination à de graves maladies

La consommation de certaines espèces animales par les populations peut provoquer des maladies mortelles.

Si les premiers hommes vivaient de cueillette, il n’en demeure pas moins que la chasse a été aussi importante dans leur survie. Les populations rurales ont, depuis des siècles, vécu de l’agriculture, de la chasse et de la pêche jusqu’à ce que le temps leur ait apporté de nouveaux produits de consommation, changeant certaines de leurs habitudes alimentaires.

L’habitude de consommer de la viande de brousse a atteint les citadins qui, selon des sociologues, ne sont autres que les fils des populations rurales. Activité socio-économique, les populations tirent des revenus et leur alimentation de la chasse. Jusqu’à une époque récente, la viande issue de la chasse était consommée et par les citadins et par les campagnards. Au Mali, la viande de petits mammifères est consommée sans restriction par les populations.

Avec les épidémies et la détection de pandémies grâce à l’évolution de la médecine et des recherches scientifiques, beaucoup ont pris leur distance vis-à-vis de la viande de certaines espèces. C’est surtout le cas des citadins. C'est dans ce contexte que des études menées récemment révèlent, selon Dr. Souleymane Dembélé, que « l'ingestion de la viande crue ou très peu cuite, est source de contamination de l'homme par les bactéries et surtout par les virus d'origine animale ».

Malgré les avertissements réitérés des pouvoirs publics et des centres de santé, de nombreuses populations continuent de consommer la viande de chimpanzé, de gorille et d'autres espèces herbivores. Le contact et la consommation d'animaux trouvés morts ou malades sont déconseillés par les services sanitaires et d'hygiène publique, ajoute Dr. Dembélé.

Des études menées par l'Institut Pasteur en collaboration avec certains centres de recherches médicales tropicales d'Afrique centrale, aux dires de notre spécialiste, révèlent et réitèrent que la consommation et surtout la manipulation (dépeçage et partage) de gibier d'une chasse légale ou du braconnage s'avèrent dangereux pour l'homme.

« Le virus d'origine animale est une source potentielle d'épidémiologie géographiquement limitée. C'est le cas de l'épidémie d'Ebola, enregistrée dans la sous-région de l’Afrique centrale et qui est particulièrement mortelle » . Il y aurait aussi l’adaptation du virus à l'homme qui serait à l'origine de pandémies comme le Sida dont les deux virus responsables (HIV1 et HIV2), dérivent respectivement de deux rétrovirus simiens en particulier le SIV du chimpanzé et le SIV du cercocèbe.

Des réservoirs de virus

Cette maladie, précise le vétérinaire, n’a pas encore fait son apparition au Mali. Mais à ses dires, la prudence doit être de mise.

Pour corroborer sa thèse, il rappelle que l'épidémie de peste, survenue en Mandchourie au début du siècle et qui était liée à la capture et au dépeçage des marmottes, avait entraîné dans un domaine tout à fait différent le passage du rétrovirus responsable de la leucémie-lymphome à cellules T à la paraparésie spastique tropicale. D'où, l'affection neurologique associant un syndrome pyramidal, des troubles de la sensibilité et des troubles sphinctériens.

Cependant, à l’en croire, les animaux contaminés du Monkey Pox, issus de la chasse ou du braconnage, portent parfois de manière bien visible, sous forme de pustules les stigmates de l'affection. « C'est surtout les singes, les antilopes et les écureuils des forêts qui sont atteints. Ces derniers constituent le véritable réservoir du virus ».

Quant à la trichinose, qui est une parasitose, elle se transmet de l'animal à l'homme parce qu'il aura mangé de la viande insuffisamment cuite ou crue d'omnivores comme le phacochère, les potamochères ou encore des carnivores dont la viande contiendrait des larves de parasite. Celles-ci vont se multiplier chez l'homme, leur nouvel hôte, et serait à l'origine de diverses manifestations pathologiques comme les diarrhées, les œdèmes et les douleurs musculaires pouvant se compliquer avec des troubles neurologiques et une défaillance cardiaque mortelle.

Le parasite trichinella nelsoni est présent dans la plupart des pays au sud du Sahara. Bien que peu de cas humains aient été signalés en Afrique sub-saharienne (Tanzanie, Sénégal, Afrique de l'Ouest), l'augmentation considérable de la consommation de la viande de brousse, l'apparition de nouveaux modes de cuisson et la disparition de certains tabous alimentaires ne peuvent que multiplier les risques de voir apparaître de petites et nouvelles épidémies.

Amadou Sidibé

 

 

Des espèces en disparition

Chasser des espèces sauvages pour leur viande n'est pas une nouveauté. Cela a été une source primaire de protéines pour les hommes vivant dans les villages. Cette viande est appelée viande de brousse car elle provient d'animaux qui vivent dans une région qui est appelée « la brousse ».

Au Mali, la chasse n'est plus supportable pour bien des animaux sauvages et plus spécialement les grands singes, les lions, les panthères, les éléphants, les girafes, les porcs et pics, les phacochères, les grands oiseaux et d'autres petits mammifères, qui souffrent d'un dramatique déclin.

Les populations locales en particulier perdent les ressources de la faune sauvage et la forêt de laquelle ils ont été dépendants pendant des siècles. De plus en plus, les animaux sont abattus afin de contrôler les ravages qu'ils peuvent faire aux cultures. Finalement, les chasseurs eux-mêmes vont se retrouver face à de graves problèmes à l'avenir lorsqu'ils auront éliminé des populations animales entières.

A. S.

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FAUNE MALIENNE

Le règne de la prédation

Par le passé, le Mali renfermait une faune enviable que les populations entretenaient. Aujourd’hui, cette faune se meurt à cause des citoyens qui ont des attitudes peu respectueuses à son égard, mais surtout de l’Etat qui déçoit en étalant sur ce plan aussi le laxisme dont il fait preuve dans la sauvegarde de bien d’autres patrimoines communs.

La faune désigne l'ensemble des espèces animales vivant dans un même lieu (forêt, village, brousse…). Jadis considéré comme un pays abritant l’une des meilleures faunes d’Afrique de l’Ouest, voire d’Afrique, le Mali n’a plus de faune digne de ce nom. Les forêts classées se font de plus en plus rares et bon nombre d’animaux qui y résidaient ont disparu au grand dam des citoyens conscients de l’importance d’une faune.

Selon un vétérinaire, « le Mali ne peut plus se targuer de posséder des faunes exceptionnelles comme auparavant. Tout le potentiel dont notre pays disposait a laissé place à des souvenirs forts regrettables. Non seulement l’habitat de la faune est en dégradation continue, mais aussi les bêtes n’y circulent plus ».

La cause de cette dégradation est avant tout humaine avec des exploitants qui pensent que la faune est infinie. Ainsi, les chasseurs y mènent couramment leurs activités sans songer à la préservation de certaines espèces rares. Inutile de dire que des animaux comme l’hippopotame, le phacochère… existent rarement au Mali. Pis, l’habitat de la faune est de plus en plus bradé par les citoyens, peu préoccupés par sa sauvegarde pour l’intérêt collectif.

Il est vrai que les exploitants des faunes contribuent à sa dégénérescence, mais ils ne sont pas les seuls responsables de cet état de fait. Que fait l’Etat à qui incombe la responsabilité de sauvegarder ce potentiel ?

Laisser-aller

Il est en effet difficile, voire impossible d’imaginer que le Mali possède une politique viable en matière de conservation de la faune.

Cela est d’autant plus vrai que dans certains de nos pays voisins, où l’on ne tergiverse sur la question de la faune, des campagnes de sensibilisation, des sanctions sont régulièrement prises contre ceux qui enfreignent aux dispositions en vigueur en la matière. Qui plus est, en préservant la faune et son habitat, se disent-ils, ils participent à la conservation d’un maillon essentiel dans l’établissement d’un cadre de vie décent pour les populations.

« J’ai été dans beaucoup de pays voisins et j’étais à la fois émerveillé et chagriné de voir toute la valeur que ces pays accordent à la faune et de remarquer qu’au même moment cette ressource précieuse était foulée aux pieds au Mali » , s’est indigné un fan des espèces animales.

La preuve tangible de cet anéantissement est l’ex-fameux Parc zoologique de Bamako dont tous les visiteurs, nationaux et étrangers, étaient fiers. Aujourd’hui, cet espace n’est plus que l’ombre de lui-même dans la mesure où la plupart des animaux que l’on pouvait y admirer ont disparu, faute d’entretien.

L’amertume des populations est perceptible parce que, se demande-t-elles, quoi de plus beau que de se pavaner devant des animaux, pas courant à voir ? « Autrefois, les week-end, je prenais ma famille pour faire un tour au Parc zoologique qui était extraordinaire. Aujourd’hui, je suis plus que déçu. Où sont partis des animaux comme l’éléphant ? Je ne suis pas du tout satisfait car j’avais déjà vu tous ces animaux. Donc, ma visite n’a servi à rien », s’est indigné un visiteur mécontent.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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