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2008

Mois d'Avril

Les Echos du 17 Avril

 

MALIENS EN CHINE

500 de nos compatriotes menacés d’expulsion

500 de nos compatriotes installés en République populaire de Chine risquent un retour prématuré et involontaire au bercail dans des conditions fort déplorables. Ils sont dans le collimateur des autorités de ce pays, qui refusent de renouveler leurs visas de séjour pour des raisons inavouées. Si la situation reste comme telle, ils paieraient de lourdes amendes avant de dire adieu à l’empire du Milieu.

Les Maliens qui sont en Chine sont obligés de se rendre à Macao ou à Hong Kong pour renouveler leur titre de séjour. Cependant, depuis un certain temps, les autorités chinoises sont réticentes à renouveler ces titres. Du coup, des centaines de nos compatriotes se retrouvent dans une « clandestinité » qu’ils n’ont pas souhaitée.

La Chine n’est pas non plus seulement dans la tête des Maliens à cause de l’exploitation du bois d’ébène dans la Capitale de l’arachide ; elle est aussi présente dans les esprits des Maliens à cause des milliers de commerçants, de travailleurs et d’étudiants qui assurent la navette entre Bamako et les différentes localités du pays de Mao.

A côté de ceux-ci, existent beaucoup d’immigrés, qui ont choisi de s’y installer, avec le consentement des autorités locales, qui leur ont accordé des visas long séjour. Ils avaient été sans doute séduits par les perspectives que la Chine leur offrait en termes d’activités et d’affaires.

Cependant, aujourd’hui tout cela n’est devenu qu’une illusion. Car, la Chine sort ses griffes pour réprimander ces immigrés désormais non grata. Le hic est que la raison de cette chasse aux sorcières n’est pas si plausible dans la mesure où les principaux concernés ne savent pas pourquoi on ne veut plus d’eux. Pourquoi placer la barre haut face à de paisibles immigrés, qui vivraient en conformité avec les lois de leur pays d’accueil et avec les autochtones ? serait-on tenté de se demander.

Ce qui semble indigner ces immigrés, c’est que les autorités chinoises restent sourdes à toutes les sollicitations pour les visas. La dernière fois, face à la pression des immigrés qui ne bénéficient pas du soutien des autorités consulaires, les Chinois avaient accordé 5 semaines de visas, laissant pendre sur les têtes un épée de Damoclès.

Aujourd’hui, l’heure n’est plus au renouvellement mais plutôt au refoulement. Cependant, avant de rentrer au pays, ils doivent rendre compte et gorge en ce sens qu’ils sont dans une très mauvaise posture si l’on s’en tient aux dispositions chinoises en matière d’immigration.

L’isolement

Selon un des menacés d’expulsion que nous avons joint au téléphone, « pour chaque jour que l’immigré passe en Chine après l’expiration de son visa, il est non seulement emprisonné mais doit surtout payer journalièrement une somme équivalente à 300 000 de F CFA et présenter un billet d’avion avant d’être libéré et de quitter le pays ».

A quel saint doivent alors se vouer ces « pauvres » immigrés, qui ont pourtant la volonté de se mettre à nouveau en règle ? En tout cas, vraisemblablement, pas à l’ambassade du Mali à Pékin, représentant légal de l’Etat, qui reste paradoxalement muette face au calvaire de ceux qu’elle représente. Ce silence n’est pas surprenant étant donné qu’il est le prolongement d’une habitude dorénavant ancrée dans la politique d’immigration du Mali. Pr. Dialla Konaté l’a maintes fois déploré.

« Le Mali a le devoir d'aider, de soutenir les communautés maliennes où qu'elles se trouvent. Partout où je vais, je découvre des Maliennes et des Maliens qui se battent à main nue. Nos jeunes ont souvent acquis des savoirs impressionnants, mais vivent dans la précarité, la fragilité et la vulnérabilité. Ils sont comme le dieu Hercule, ils ont de la force et du savoir, mais n'ont pas de point d'appui » , a-t-il fustigé.

Le président de la République qui ne manque pas de souligner, chaque fois que l’occasion lui est offerte, l’importance des immigrés dans l’épanouissement de notre pays, a une chance de montrer aux Maliens qu’il est sensible à la cause de nos concitoyens immigrés ou de laisser les gens persister dans leur idée que « L’Etat ne fait rien pour aider nos immigrés dont le sort se trouve entre leurs propres mains ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

Le calvaire du retour

Les Maliens de Chine ont mis en place une mutuelle qui leur permettait de prendre en charge les frais des expulsés. En effet, quelqu’un dont le séjour n’est plus renouvelé se trouve du jour au lendemain en clandestinité. Du coup, ceux qui se font contrôler sans être en règle vont en prison et ne seront libérés qu’au payement d’une amende qui avoisine les 300 000 F CFA par jour et la présentation du billet retour au pays. « Nous nous sommes organisés pour faire libérer nos compatriotes, payer l’amende et le billet retour. Mais, si c’est près de 500 personnes à la fois, jamais notre mutuelle ne pourra supporter les frais », ajoute notre interlocuteur.

O. O.

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CHERTE DE LA VIE

La marche du CRJ interceptée par les forces de l’ordre

Après plusieurs rejets de sa demande d’autorisation de marcher, le Cercle de réflexion pour jeunes (CRJ) a franchi hier le Rubicon en manifestant contre la vie chère. La marche, qui a quitté l’EN Sup pour la Primature, a été interceptée par la police.

L’objectif de la marche du CRJ mercredi était de lire et de remettre au chef du gouvernement une déclaration proposant des solutions contre la cherté de la vie. Mais à équidistance de l’Ecole normale supérieure et des bureaux du Premier ministre, les marcheurs ont été arrêtés net par des éléments des forces de sécurité, dépêchés sur le lieu. Des éléments de la garde nationale étaient également en alerte au niveau de la Bourse du travail afin de contrecarrer tout éventuel débordement.

« Ce n’est pas la manière, on ne peut se lever un beau jour et marcher », a expliqué le chef de sécurité au président du CRJ, Mohamed Touré, qui répliquera que leur demande d’autorisation a été maintes fois rejetée. « On a été interceptés par la police sous prétexte qu’on n’a pas d’autorisation alors que notre demande d’autorisation a été rejetée trois fois. Et chaque fois qu’on a déposé une demande à la marie, on nous a fait payer 3000 F CFA. En fin de compte, c’est la secrétaire du gouverneur qui nous appelé pour nous dire que la marche n’est pas autorisée. Vous voyez ce pays. On a alors décidé de marcher sans autorisation. Mais avant nous avons déposé une demande au commissariat du 2e arrondissement », nous a confié le président du CRJ.

Propositions de solution

Partout au Mali, les populations ont de plus en plus de la peine à joindre les deux bouts. Les prix des produits de première nécessité (céréales, lait, sucre, farine de blé, huile…) ont augmenté dans une fourchette de 20 à 25 %. Le panier de la ménagère est désespérément vide. Des chefs de famille, incapables d’assurer la dépense quotidienne, fuient à l’aube pour ne rentrer que tard dans la soirée sur la pointe des pieds.

Face à cette situation, les autorités tentent d’endormir les consciences des populations en faisant tantôt des publicités loin de la réalité, parfois des promesses qui ne sont pas toujours réalistes. Ces promesses concernent la hausse des salaires pendant que la majorité des Maliens ne sont pas des salariés et la baisse des droits de taxes à l’importation qui n’ont pas d’impacts positifs sur les populations.

Le CRJ voulait, par cette marche, proposer au Premier ministre Modibo Sidibé la création d’une commission des prix sur le marché, l’instauration un système de contrôle des prix sur le marché, le suivi par l’Etat de l’impact de sa renonciation à de taxes d’importations…

Malgré l’interception de la marche, les jeunes ont dit à haute et intelligible voix que « La vie est chère », « Baissez les prix », « On a faim ». Sur des cartons et banderoles, on pouvait aussi lire : « Non à la vie chère », « Non à la hausse des prix », « Non à l’inflation », « Où sont les autorités ? » « La galère se lit sur tous les visages ».

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

 

Les amis d’ATT crient famine

En cette période de vie chère, il est fréquent de voir les différentes couches socioprofessionnelles protester par des marches pacifiques. Mais, il est rare de voir des enfants descendre dans la rue comme on l’a vu hier avec la marche du CRJ pour réclamer une condition de vie plus décente.

Les nombreux curieux qui ont assisté à la marche sont restés sensibles aux cris de cœur des enfants scandant « On a faim, on a faim ». ATT, qui clame sur tous les toits son amitié pour les tout-petits, peine aujourd’hui à trouver une alternative à la vie chère, à la crise scolaire et au conflit au Nord. Les droits fondamentaux des amis du président sont menacés car en plus du fait que l’école soit dans le gouffre, les autorités viennent d’être alertées du spectre d’une crise alimentaire qui plane.

A. W.

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CONTENTIEUX ELECTORAUX A LA CCIM

Koulikoro, Sikasso et Gao en ébullition

L’entente et la paix des cœurs et des esprits au sein des opérateurs économiques maliens ne sont pas pour demain. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Jeamille Bittar, a créé la chienlit dans les délégations régionales de Koulikoro, Sikasso et Gao avec la bénédiction des plus hautes autorités.

Après son hold-up électoral du 1er octobre 2006 où il s’est fait réélire avec environ 400 procurations contre 6 à son adversaire Ousmane Guittèye, Jeamille Bittar continue de défier dans l’illégalité ses camarades commerçants de Bamako et de l’intérieur.

Le dimanche 14 avril 2008, Bittar avait tenté d’induire en erreur l’ex-ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, Mme Bah Fatoumata Néné Sy en convoquant la mise en place de l’Assemblée consulaire de la CCIM, ce qui aurait été une irrégularité dans la mesure où le bureau ne saurait être mis en place alors que les délégations régionales de Koulikoro, Sikasso et Gao connaissent encore des litiges nés des élections du 6 octobre 2006.

Il fallait, au préalable, vider ces contentieux en organisant des scrutins dans ces localités pour départager les protagonistes. Pour la petite histoire, Bittar dit à qui veut l’entendre qu’il est à l’origine du départ de Mme Bah qui aurait tenté de mettre des bâtons dans ses roues. Toujours est-il que la constitution du bureau consulaire a été reportée sine die pour permettre l’organisation des élections dans les trois délégations. Mais là encore, le contentieux reste entier puisque l’organisation forcée des votes à Koulikoro, Sikasso et Gao a engendré contestations et plaintes.

A Koulikoro où le scrutin concernait les sections service et industrie, une plainte adressée au président du Tribunal administratif par le groupe « Yéléma » (proche du camp Guittèye) fait cas de nombreuses violations des textes. Le groupe « Yéléma » incrimine le groupe Sanogo prétendant défendre les intérêts de Bittar. Le groupe Sanogo est accusé d’avoir reconduit la candidature de Sékou Djiré de Fana qui a voté pour la section industrie alors qu’il est commerçant.

Sauvé par une main visible

Dans le même temps, le vote a été refusé à un militant de « Yéléma », en l’occurrence Bama Tangara (le mandataire officiel de Huicoma de Koulikoro) en lieu et place d’Alou Coulibaly, admis à la retraité. « Yéléma » déplore encore l’inattention de la commission d’organisation qui a oublié de parapher la page 3 de la liste électorale de la section service et celle de la section industrie ayant privé la majorité de leurs votants d’accomplir leur devoir. L’affichage en retard des listes électorales le jour même du scrutin et le démarrage à 10 h au lieu de 8 h des opérations de vote sont d’autres griefs adressés au juge électoral.

Le vieux Daouda Konaté, inamovible président de la délégation régionale de Sikasso est dans tous ses états. Lui aussi partageant la cause des sept milliards ou groupe Malamine Tounkara (camp Guittèye) a tout simplement refusé de voter le dimanche 14 avril. Selon lui, « tout avait été orchestré pour faire gagner les partisans de Bittar dans la section industrie ».

En sa qualité de président, il n'a été informé du vote qu'un jour à l'avance. A ses dires, Bittar les avait assurés qu'ils n'étaient pas concernés par le vote selon les textes, le ballottage qui prévalait dans la section industrie donnait droit au plus âgé de passer. Le président Konaté déplore aussi le fait que le vote se soit déroulé dans la salle d’audience du tribunal de Sikasso au lieu de la mairie comme à l’accoutumée. Le juge administratif a été saisi par une plainte sur ces cas d’irrégularités dans le Kénédougou.

Si Koulikoro et Sikasso se plaignent de l’organisation matérielle de leurs scrutins, à la délégation régionale de Gao, il n’y a même pas eu de vote. Il a été imposé une liste consensuelle dans la section service pour permettre au vieux Baba Guindo de garder son fauteuil. Un doigt accusateur est pointé sur la première Dame qui se serait impliquée par personne interposée pour faire avaler la pilule.

Certains avaient même menacé de marcher, mais ils en ont été déconseillés par leurs responsables qui se disent être « l’objet de fortes pressions ». Il faut rappeler que dans le précédent scrutin Baba Guindo avait été battu à plate couture par Néma par 94 voix contre 80.

Abdrahamane Dicko

 

 

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OFFICE DU NIGER

Détournements à la pelle

Dans le dernier rapport de la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (Casca) présenté au président de la République, l’Office du Niger est épinglé pour dilapidation de plusieurs milliards de F CFA.

Créé en 1932 par les colonisateurs français dans le Delta intérieur du Niger, l’Office du Niger avait pour ambition de créer un vaste périmètre irrigué de près d’un million d’hectares afin de développer la culture du coton au profit des industries textiles coloniales. Grâce au réseau de canaux d’irrigation et de drainage, le périmètre a permis l’aménagement de 82 000 ha de surfaces irriguées permettant la culture du riz et de la canne à sucre.

Aujourd’hui, en plus de la faiblesse de la production due en partie aux maladies du riz, la délinquance financière est devenue une pratique courante à l’Office du Niger par le fait de certains agents véreux qui n’ont aucun respect pour les deniers publics. La gestion peu orthodoxe de cette structure vient d’être prouvée par le 11e bulletin de la Casca, présenté et remis au président de la République en début avril 2008.

Dans ce rapport, il ressort que pour la seule période de janvier 2001 à août 2006, il a été constaté l’existence d’un écart non justifié s’élevant à 1 115 802 958 de F CFA entre les montants collectés au niveau des 5 zones et ceux comptabilisés. Autres griefs : la non-facturation complète des superficies mises en valeur ayant engendré un manque à gagner de 1 039 268 152 de F CFA, le non-respect des procédures d’achat de carburant pour un montant de 11 018 125 de F CFA, l’existence de marchés non exécutés pour 169 165 000 F CFA, l’absence de contrats pour certains marchés.

Le rapport note également l’existence d’un écart de 59 406 927 entre les montants encaissés et ceux reversés à la banque, le paiement indu de 11,4 millions de F CFA comme per diem ou frais de missions sur les fonds du projet Ké-Kolongotomo, l’achat de riz pour un montant de 28 403 500 de F CFA à Niono et à N’dédougou ne rentrant pas dans les activités de l’Office.

Les autres incriminations tiennent aux abus de consommation d’eau et d’électricité pour plus de 21 millions de F CFA dépassant la limite autorisée par l’accord d’établissement, le non-enregistrement des marchés ayant occasionné un manque à gagner de plus de 632 millions de F CFA pour le Trésor public, etc.

Ces détournements soulevés dans le rapport de la Casca font suite à ceux constatés par le Vérificateur général lors de sa mission de contrôle dans la zone en 2006 et qui avait débusqué un trou de 7 milliards de F CFA dont 500 millions de F CFA pour la seule zone de Niono. Dans cette localité, des poursuites avaient été engagées contre les fraudeurs : le financier, le comptable et le directeur. Ils ont été arrêtés puis relâchés.

C’est dans cette euphorie de saignée financière qui a de beau jour devant elle que le gouvernement vient de décider de la mise en œuvre d’un plan d’opération riz de 45 milliards pour la campagne 2008-2009 dont une subvention essentiellement vers les intrants et l’appui/conseil.

Les moyens affectés à l’appui/conseil avec un équipement complémentaire de 200 motos coûteront 325 millions de F CFA. La question qui taraude les esprits est de savoir si les ressources devant être mobilisées seront judicieusement utilisées ? La question mérite réponse d’autant plus que les gestions précédentes ont été calamiteuses.

Restructuré en établissement public à caractère industriel et commercial en 1994, l’Office du Niger est confronté à des défis parmi lesquels figurent les risques techniques de dégradation des sols, l’effet des problèmes de maladie du riz. De plus, le domaine du crédit agricole souffre à cause du laisser-aller.

Présentement, les niveaux de prêts impayés sont très élevés.

Mohamed Daou

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POLITIQUE

La peur de la Chine

Au-delà du problème tibétain, la Chine est surtout l’objet d’une peur qui s’exprime de plus en plus ouvertement dans les pays développés.

Le compte à rebours en vue des Jeux olympiques de Pékin est lancé, mais il ne s’agit pas simplement d’une célébration de l’idéal sportif prôné par le baron Pierre de Coubertin. Alors que les athlètes du monde entier rêvent de voir enfin leur espoir comblé devant des milliards de téléspectateurs, le gouvernement chinois fait face à une donne qu’elle avait anticipée autrement.

En effet, il y a sept ans, au moment où Pékin se voyait accorder ce rare honneur, les dirigeants de cet immense pays avaient promis de travailler dans le sens de l’amélioration des droits de l’Homme. Cet engagement valait pour le dialogue entre Etats souverains respectueux des uns et des autres. Or, nous assistons à un tout autre scénario.

En effet, depuis le début du périple mondial de la Flamme olympique, les images nous parviennent de manifestations violentes visant à « dénoncer la répression chinoise au Tibet ». Mettons une chose au clair : la Chine n’est pas un pays démocratique eu égard aux standards internationaux généralement admis. Le gouvernement local est non seulement autoritaire mais il déploie des efforts démesurés pour bâillonner toute voie dissidente. Cela étant dit, revenons aux manifestations et déclarations qui se succèdent depuis quelques semaines et presque unanimes dans la diabolisation du régime communiste.

Il est clair que les voix nombreuses qui s’élèvent en Occident et dans de rares pays sous-développés, appelant au boycott des Jeux (ou de la cérémonie d’ouverture) ne sont pas seulement un engagement altruiste envers le Tibet ou les pauvres dissidents chinois. A travers le concert de cris et de gesticulations, il se dégage une tendance nette : la peur de la Chine.

Non pas de sa capacité à organiser des jeux inédits, voire monstrueusement réussis, mais par rapport à sa puissance économique. En résumé, dans plusieurs pays, particulièrement en Occident, la Chine est devenue une menace très sérieuse, un redoutable « compétiteur » dont l’appétit commercial risque de provoquer la plus terrible des crises économiques.

Dans plusieurs pays développés, depuis maintenant une décennie, la Chine évoque surtout « une invasion de produits manufacturiers » pour citer un député canadien, des centaines d’usines fermées et des emplois perdus par centaines de milliers. Dans les cercles d’affaires, une vive inquiétude se fait jour face à cet « ogre qui étale de plus en plus son manque de modération pour les ressources minières et naturelles, particulièrement en Afrique », renchérit un sénateur à Ottawa.

Il serait certes réducteur de tomber dans la théorie du complot qui prend facilement forme dans certains esprits chagrins, mais cela ne nous empêche pas de voir que le tintamarre autour des Jeux olympiques est le vernis qui couvre des angoisses plus existentielles et surtout plus terre-à-terre : Quel sera l’avenir des sociétés riches d’aujourd’hui si 1,5 milliard de personnes devenaient aussi riches et friands de luxe ?

Ne serait-il pas possible alors que le monde développé de nos jours tombe dans une profonde déprime économique qui ferait écrouler tant d’acquis ? Y aura-t-il assez de ressources, notamment le pétrole et le gaz naturel quand les Chinois se mettront à consommer autant de carburant que les Américains ou les Allemands ?

Une étude de la prestigieuse revue américaine Foreign Policies révèle que 64 % des Américains considèrent l’empire du Milieu comme un prochain « ennemi » des Etats-Unis et ce n’est pas pour rien : les politiciens de Washington ne cessent de leur répéter que le développement de la Chine, son expansionnisme en fera sans doute, dans 15 ans au maximum, la plus grande puissance économique et militaire du monde. Cela veut dire que la Chine reprendra son titre d’Etat impérial perdu il y a près de deux siècles.

En même temps que l’angoisse d’une chute du niveau de vie s’empare de l’Occident, la Chine gruge des territoires sur des terres jusque-là contrôlées par les pays développés. En Afrique surtout, la coopération chinoise se taille une réputation enviable parce qu’elle est efficace, discrète et ne s’embarrasse guère de leçons de morale. Un expert canadien des relations internationales a vu juste en déclarant : « Pendant des siècles, les rapports de l’Occident avec l’Afrique noire se sont résumées à l’esclavage, à la colonisation et ensuite à la création d’Etats bidon et au soutien à des dictatures incompétentes et corrompues. Des milliards de dollars ont disparu sous l’emprise de la corruption, de la connivence et du paternalisme. Les Chinois ne donnent pas de leçon et construisent ce que l’Occident n’a jamais voulu construire en Afrique : des routes, des écoles, des hôpitaux et des rizières. Rien ne pourra arrêter la Chine… »

On sait que le sport est la plus grande passion des peuples. Toutefois, le brouhaha actuel autour des Jeux de Pékin est simplement une illustration des rivalités entre nations. La quasi-totalité de ceux qui pestent contre Pékin et appellent au boycott d’une façon ou d’une autre ne sont pas des sportifs et ne participeront jamais à un tournoi de quartier.

Il ne faut surtout pas les laisser, par leur hargne, voler aux vrais athlètes leur raison de vivre. Car, eux, savent que des JO perdus peuvent signifier des milliers de rêves (et de vies) brisés à jamais.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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BASKET : SADIO HAOUA SANGARE

« Meilleure joueuse » de Propad en Slovaquie

Championne d’Afrique avec les Aigles du Mali en octobre 2007 à Dakar (Sénégal), Sadio Haoua Sangaré est l’une des basketteuses les plus talentueuses de sa génération. Après les Etats-Unis, elle joue dans le Propad de Slovaquie cette saison. Un club dont elle vient d’être élue «Meilleure joueuse» pour la saison 2007-2008.

« Nous évoluons en extraligue. C’est ma première fois de jouer en Europe. Mais, Dieu merci, je me sens très bien » , nous disait récemment Sadio Haoua Sangaré. Pour la saison 2007-2008, Sadio a été élue « Meilleure joueuse » de son club qui a terminé 5e du championnat national de basket de la Slovaquie.« Même si nous n’avons pas été couronnées championnes, ce titre est un grand réconfort moral pour moi », nous a écrit (par mail) la talentueuse basketteuse.

Cette consécration est d’autant importante que le début n’a pas été aisé pour celle qui est considérée, à juste titre, comme l’une des surdouées de sa génération. « Au début, ce n'était pas du tout facile avec le froid », avoue Sadio. Mais, il aurait fallu plus pour empêcher cette boule d’énergie de tirer son épingle du jeu et de s’imposer rapidement dans l’effectif du Propad.

 Il faut souligner que cette talentueuse joueuse a beaucoup contribué au sacre de l’Equipe nationale féminine de basket du Mali au 20e Championnat d’Afrique de Dakar. Sa présence a été d'un grand apport pour le groupe. Sa prestation contre le Sénégal en finale, notamment ses nombreux paniers, ont prouvé que Sadio Sangaré n'a rien perdu de ses qualités.

Et avec sa forme actuelle, elle sera un atout de taille pour les Aigles basketteuses aux Jeux Olympiques « Pékin 2008 » (Chine), dont les préparatifs pour Hamchétou Maïga et ses coéquipières commencent en juin prochain.

Moussa Bolly

Chargé de Communication/MJS

 

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CONFEDERATION AFRICAINE DE FOOTBALL

Des techniciens pour évaluer la dernière Can

Le 1er symposium de la Confédération africaine de football (Caf) pour l’évaluation technique de la Can-2008 se déroulera en Egypte du 21 au 23 avril. Il regroupera les sélectionneurs et les directeurs techniques nationaux (DTN) du continent. Mory Goïta a été désigné par Malifoot pour représenter notre pays. Ce choix porté sur Mory ne lève-t-il pas le voile sur le nom du futur DTN ?

Organisé par la Confédération africaine de football (Caf), le premier symposium s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la profession des techniciens du continent et vise à faire une évaluation de la dernière Can, qui s’est déroulée au Ghana en janvier et février derniers. Il s’agira, pour l’instance dirigeante du football continental, de faire une évaluation technique de nos compétitions afin de trouver une thérapie.

Qu’est-ce qui a manqué dans le jeu de nos équipes, dans les systèmes de jeu ? Des réponses seront trouvées à ces interrogations. En plus, d’autres thèmes seront débattus au cours de cette rencontre.

Notre pays, qui ne dispose pas de DTN, devra bientôt en trouver avec les exigences de la convention de son homologue français et compte tenu de l’imminence des échéances. Malifoot est contraint de procéder à un choix dans les meilleurs délais.

D’ailleurs la nomination tardive d’un candidat suscite toujours un intérêt particulier chez les férus du ballon rond. A ce titre, le choix porté sur l’un des candidats au poste de DTN, en l’occurrence Mory Goïta pour représenter notre pays, lève désormais le voile sur le choix de Malifoot. C’est Sadia Cissé en personne qui a remis à Goïta le titre du voyage. Mory se rendra après-demain au bord du Nil pour prendre part aux assises des sélectionneurs et DTN du continent. A noter qu’au Caire, chaque pays peut se faire représenter par deux techniciens, mais les frais de voyage du second lui reviennent.

Une opportunité pour nos techniciens de mesurer le chemin parcouru, et s’offrir d’autres perspectives dans le cadre de leur profession. La Caf à travers ce symposium accentue ses efforts de développement et de vulgarisation de football continental. Soucieuse de ses obligations, la famille du football africain, à travers ces techniciens, ambitionne de hisser le niveau technique de notre sport-roi. Un signal fort pour le prochain Mondial qui aura lieu sur le continent, précisément en Afrique du Sud.

Boubacar Diakité Sarr

 

 

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