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2008

Mois d'Avril

Les Echos du 16 Avril

 

MALI

Un pays à la recherche d’un pilote

Alors que le pays se dirige vers une catastrophe alimentaire sans précédent, voire une véritable famine, aucun plan d’urgence lisible n’est produit par les autorités de Bamako.

A la fin de la semaine dernière, j’ai reçu un e-mail d’un ami de Bamako, un homme naturellement optimiste depuis sa naissance et qui, aujourd’hui, sombre dans le désespoir : « Tu ne peux pas imaginer la direction que prend ce pays. Tout l’enthousiasme né du 26 mars 1991 est en train de mourir à petit feu. Les Maliens tombent peu à peu dans cette même atmosphère chloroformée du temps de Moussa Traoré. Le fatalisme gagne du terrain. Je ne suis plus capable, avec mon maigre salaire d’instituteur, de bien m’occuper de ma famille. Je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je vois venir une misère jamais vécue dans ce pays ».

Et, pêle-mêle, il me donne une indication des prix des denrées de première nécessité, du coût de la vie qui prend de l’altitude à un rythme infernal… A la fin, je n’ai pu m’empêcher de penser au régime de l’UDPM (parti unique sous GMT, Ndlr) qui, après avoir mis le pays à l’agonie, chantait alors la belle vie et surtout au président de l’époque qui, tel Néron, avait la tête dans les nuages alors que le pays brûlait de misère.

Revenons à aujourd’hui. Dans une chronique antérieure, j’avais parlé de la crise alimentaire mondiale qui pointe à l’horizon avec déjà la cohorte des émeutes qui secouent plusieurs pays. En fait, « crise alimentaire » n’est qu’un doux euphémisme car c’est carrément une famine qui menace l’Afrique noire. Et le Mali n’y échappera pas. Alors qu’au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire ou au Cameroun les gouvernements multiplient les mesures pour soulager la souffrance des populations et surtout mettent en place des stratégies pour faire face, les autorités de Bamako brillent par leur silence qui signifie, sans doute, une absence d’initiatives à long terme.

Je ne considère pas les piètres shows télévisés de quelques ministres comme une réponse politique sérieuse… Et pourtant, cela fait maintenant plus de six mois que le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Sénégalais Jacques Diouf, tirait la sonnette d’alarme : 2008 sera une année catastrophique du point de vue alimentation en Afrique ; prenez les mesures idoines sinon le mal sera terrible.

Koulouba est toujours incapable de présenter à la population un plan sérieux et crédible qui ne sera pas seulement du rafistolage mais une vraie politique nationale d’autosuffisance alimentaire. Parce que tout simplement, aucun plan n’existe. Aucune réflexion stratégique n’a été entamée. Personne ne réfléchit à la question et le président de la République ne semble pas en faire un thème sérieux.

« Tam-tam pour le Mali » ?

Je ne parle pas de discours ou d’intentions mais d’actes concrets. Que feront les autorités maliennes quand le stock mondial de riz, estimé à une réserve maximale de trois mois, sera épuisé alors que les paysans sont en pleine période de soudure ? J’imagine que la solution de Koulouba, c’est le Inch’Allah habituel. Se fermer les yeux, se boucher les oreilles en croyant encore et toujours qu’un problème escamoté se résoudra tout seul, que Dieu trouvera une solution miraculeuse à la dernière minute ; que face aux images de chérubins faméliques et rachitiques, l’Oncle Sam ou John Bill sera obligé de racler ses derniers silos pour expédier du « zangaroba » au Mali.

Après nous avoir rebattu les oreilles pendant des années sur le « développement rural », après le cirque hilarant sur l’approvisionnement en tracteurs et l’entrée du Mali dans « l’agriculture mécanisée », les pluies provoquées et tutti quanti, les griots du régime ont subitement perdu la voix face à l’implacable réalité : l’agriculture malienne n’a pas fait un pas en avant. Loin s’en faut. Nous sommes encore et toujours à la préhistoire, à la daba et à la houe. Il ne suffit pas de chanter développement pour que le pays avance dans cette voie. Gérer un pays demande une grande capacité d’analyse, de prévision et d’anticipation. Sur ce chapitre, il est triste de constater que l’avion n’a pas de pilote et ne peut anticiper une situation orageuse.

Malheureusement, ce n’est pas la première démonstration d’incurie. Il y a trois ans, la FAO avait prédit, sept mois à l’avance, une invasion acridienne qui mettrait en péril les récoltes à travers le Mali. Je me souviens d’ailleurs qu’un expert de cet organisme spécialisé des Nations unies avait exhibé une carte claire sur laquelle il indiquait les zones à partir desquelles des milliards de larves prendraient vie. Il n’y aura aucune réaction jusqu’au moment où les criquets attaqueront les champs. Comme d’habitude, les autorités ont entamé après coup leur défilé à la télévision nationale et les appels aux « partenaires ». Les dégâts ont été importants et pourtant, il était possible de les circonscrire.

Je ne sais pas ce qui taraude l’esprit des dirigeants maliens d’aujourd’hui. Je ne sais si la sécurité alimentaire du pays les intéresse. Je demande simplement de voir un plan sérieux, bien préparé et réaliste qui évitera aux 11 millions de Maliens l’humiliation d’un « tam-tam pour le Mali » au stade Wembley de Londres. Je ne veux seulement pas voir Bernard Kouchner en costume Kenzo venir palper des enfants du Mali la chair sur les os. Je ne veux pas voir des enfants français traînant un kilo de riz à l’école pour expédition au Mali.

Est-il encore possible de demander au chef de l’Etat Amadou Toumani Touré d’assumer son rôle de commandant de bord, sans se faire traiter « d’opposant », suprême injure dans un système où toute critique semble bannie ?

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

 

 

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SPECULATION DANS LE DOMAINE DU LCV

L’indifférence des autorités

C’est par un constat d’échec des négociations que la Commission de conciliation a bouclé ses travaux suite aux absences répétées des ministères impliqués dans la gestion de la spéculation foncière sur le domaine du Laboratoire central vétérinaire (LCV) .

Le comité syndical du LCV a animé hier dans ses locaux à Sotuba une conférence de presse pour se prononcer sur l’expropriation arbitraire du domaine du laboratoire par des spéculateurs fonciers et faire le point des travaux de la Commission de conciliation.

Selon le secrétaire général du comité syndical, Moussa Sissoko, la montagne a accouché d’une souris dans la mesure où, a-t-il dit, «  la Commission de conciliation a bouclé ses travaux par un PV de carence suite aux absences répétées des ministères de l’Administration territoriale et des Collectivités Locales, de la Fonction publique et de la Reforme de l’Etat ».

Aux dires du conférencier, malgré la présence des membres du gouvernement à plusieurs reprises sur le site, les constructions continuent. « Notre stupéfaction fut totale pendant que la Commission était en pleins travaux, les services de la mairie et du gouvernorat continuaient impunément à effectuer les travaux dans la zone litigieuse ».

Devant cet état de fait, M. Sissoko s’est interrogé sur la nature et la place de l’autorité dans notre pays. « Si ceux-là qui sont censés veiller au respect de l’autorité se mettent à la torpiller de la sorte, il y a lieu de s’inquiéter de l’avenir de notre pays ».

Lors de la réunion de conciliation, la partie gouvernementale avait demandé au comité syndical de suspendre son mot d’ordre de grève, le temps de résoudre sereinement le problème. Le comité syndical a accédé à cette requête en observant une trêve d’un mois attestant de sa volonté à privilégier le dialogue dans la résolution du problème.

Au comité syndical, l’on affirme que le préavis de grève déposé en février dernier n’est pas levé mais suspendu. Les travailleurs ont convenu de déterminer la suite du combat au cours d’une Assemblée générale qui devait se tenir hier dans l’après-midi.

Le site initial du LCV, jadis clôturé de barbelés dont les traces sont encore visibles, avait une superficie de 42 hectares environ sur lesquels 14 ont été bâtis pour abriter le laboratoire, les bureaux, les logements, etc. Pour le comité syndical, le nouveau contexte ne permettra plus de disposer d’un environnement propice à la production des vaccins à cause des problèmes de contamination. Mieux, dit-on, « le laboratoire ne pourra plus faire des prestations de qualité et perdra infailliblement sa crédibilité et son prestige ».

Toutefois, le comité syndical a reconnu que la direction ne dispose pas de titre foncier sur le site mais d’un plan de masse, qui date de 1972. Mais qu’en raison des engagements survenus entre les autorités maliennes et américaines en son temps, le domaine devait être préservé et pérennisé à tout prix. A ce jour, il existe sur le site litigieux 26 titres fonciers.

Construit en 1972 par l’Agence pour le développement international (AID), le LCV a été créé pour renforcer la sérothérapie qui était la seule structure fédérale de médecine animale où l’on formait les vétérinaires de la sous-région.

Mohamed Daou

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COLLEGE TECHNIQUE MODERNE

Les droits d’un ex-agent bafoués

Après 22 ans de service en qualité de secrétaire de direction et comptable au Collège technique moderne (CTM), Mariam Dolo, suite à sa démission, peine à entrer en possession de ses droits et le promoteur de l’établissement ne semble pas prêt à parler du cas de son ex-secrétaire.

Ils sont nombreux nos concitoyens qui pensent qu’il faut avoir des relations pour se tirer d’affaire à tort ou à raison. Au contraire, vous serez livré à toutes sortes d’abus ou de violations de vos droits les plus fondamentaux.

L’aventure de Mariam Dolo au (CTM) est une parfaite illustration de la maltraitance et d’abus de confiance qu’un employeur peut perpétrer sur son employé.

En effet, à la fin de sa formation au CTM où elle décroche son certificat d’aptitude professionnel (Cap) en comptabilité banque et commerce en 1985, Mariam Dolo est sollicitée par ses enseignants qui souhaitaient travailler avec elle au collège en qualité de secrétaire.

Son recrutement ayant coïncidé avec l’ouverture du CTM de Sikasso en 1985, les responsables de l’établissement lui ont conseillé de travailler dans la Capitale du Kénédougou, une proposition qui n’était pas de son goût à l’époque, mais qu’elle accepte finalement sur conseil de ses parents.

« Puisque je n’avais personne à Sikasso, à mon départ le promoteur Sylvestre Amouzougan m’a donné 15 000 F CFA qu’il a ensuite prélevés sur mon premier salaire sans m’aviser » , se souvient la secrétaire qui venait d’enregistrer sa première déception au collège.

Aussi, la direction du CTM a instruit à Mariam de « s’occuper » du directeur des études qui venait d’être muté dans son établissement. « Pour se faire, j’ai engagé 65 000 F CFA pour la prise en charge du directeur des études qui a pris les trois repas chez moi avec trois de ses camarades pendant un mois ». La surprise de Mariam fut grande lorsqu’elle remarqua la retenue des 65 000 F CFA sur deux mois de son solde au lendemain de sa nomination en tant que comptable.

M. Amouzougan aurait justifié cette mesure par le fait qu’il lui a été dit de « s’occuper » de son directeur des études mais pas le prendre en charge. « Mais comment une secrétaire peut s’occuper de son supérieur qui ne connaît rien de la ville sans lui donner à manger », s’interroge encore Mariam en larmes.

Mais c’est surtout courant janvier 1990 que Mariam Dolo, qui n’était plus en bons termes avec son directeur des études depuis qu’elle a cessé de s’occuper de ce dernier, que sa vie devient un enfer au moment du payement de salaire.

Devenue désormais l’ennemie n°1 du directeur des études et de deux autres de ses collaborateurs, ceux-ci écrivent à la direction générale de l’établissement à Bamako pour l’accuser de détournement d’argent.

« Mon chef ne voulait plus me sentir. Il m’a accusé de détournement parce que quand je suis venue chercher les salaires à Bamako, la direction m’a ordonné de payer les salaires du mois de novembre et de donner en bon de salaire le reliquat du salaire d’octobre qui restait impayé » .

Mais croyant plus à la parole du directeur des études, la direction générale a relevé la comptable avant de l’affecter à Kayes. C’est donc face à l’échec des tentatives de rencontre avec M. Amouzougan que Mme Dolo a déposé le 30 novembre 2007 sa lettre de démission, une lettre qui n’a jamais eu de réponse. En plus, la direction du CTM refuse de lui donner un certificat de travail, ce qui l’empêche de postuler à un autre emploi.

Durant deux semaines, nos tentatives pour rencontrer M. Amouzougan afin d’avoir sa version des faits ont échoué. Cependant, selon Mariam, une estimation de l’inspection de travail de Sikasso évalue à plus de 4 millions de F CFA les dommages et intérêts que le CTM lui doit.

ALakadjon

 

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PENURIE DE REGISTRES DE DECLARATION

Le défi de l’enregistrement à la naissance

Dans le but d’affirmer les droits de l’enfant, l’Unicef et plusieurs autres partenaires techniques et financiers se sont engagés avec l’Etat pour combattre les blocages dans l’enregistrement des naissances. Nonobstant cette dédicace, les défis demeurent parmi lesquels la lenteur de l’administration, les réticences des populations du Nord à enregistrer les naissances et lemanque de civisme.

L’enregistrement des naissances procure des bénéfices qui se répercutent dans les domaines de l’officialisation de l’identité de l’enfant, de l’accès aux services sociaux, de l’élaboration de statistiques et politiques de développement…

Aujourd’hui, de nombreux obstacles empêchent l’enregistrement de tous les enfants du Mali. Ils sont liés à des problèmes d’accès aux services de l’enregistrement des naissances. Ces problèmes proviennent de l’insuffisance ou de l’éloignement des centres de déclaration dans certaines régions du Nord.

Parmi d’autr e s facteurs qui freinent d’enregistrement des naissances, il y a l’analphabétisme des populations, l’ignorance par les populations des bénéfices et des procédures, les spéculations sur les coûts de déclaration et de l’acte de naissance, le poids des traditions, le mauvais accueil dans les centres de santé, etc. L’Unicef est dans un partenariat solidaire avec l’Etat. C’est dans ce cadre qu’elle s’est engagée à aider le gouvernement à relever ces défis.

Selon Zakari Adam, chef du département de la protection de l’enfant, « l’Unicef veut mobiliser tous les autres partenaires autour de l’Etat malien pour faire face à ces défis qui sont d’ordre matériel. Nous aidons l’Etat à bâtir un programme et à faire des évaluations. Notre mission est d’aider à une bonne lisibilité de l’enregistrement des naissances ». M. Adam explique que son institution se donne la mission de fournir l’Etat en matériels nécessaires dans l’enregistrement des naissances.

Stratégie nationale

Il précisera toutefois que le registre de déclaration de naissance est du ressort de l’Etat. « L’Unicef ne gère pas la question de registres de déclaration de naissances. Les registres sont souvent en retard. C’est un goulot d’étranglement lié à la lenteur des administrations » .

Pour faire face à la gymnastique liée à l’enregistrement à la naissance, le gouvernement s’est engagé à élaborer une stratégie nationale en matière d’enregistrement à la naissance. Pour réaliser ce projet , la direction nationale de la promotion de l’enfant et de la famille, appuyée par UNFPA, Plan-Mali et Unicef, a décidé de réaliser une étude nationale en vue de rassembler les éléments d’information sur les taux moyens d’enregistrement des naissances. Cette étude a consisté en une enquête dans les centres d’état-civil sur la base d’un échantillon de 15 cercles des 8 régions administratives plus le district de Bamako. Les cercles ont été choisis en fonction de critères d’ordre géographique, ethnique et socio-économique.

Les résultats rapportent que moins de la moitié, c’est-à-dire 47 % des enfants du Mali sont enregistrés à la naissance. On ne constate pas de grande disparité entre les deux sexes (50 % des garçons et 46 % des filles sont enregistrés à la naissance).

Le taux d’enregistrement varie d’un cercle à un autre. Les taux les plus élevés sont enregistrés à Bamako avec des taux supérieurs à 100 % et les plus bas à Douentza, Kidal et Gourma Rharous avec moins d’un enfant sur cinq enregistré. Une forte disparité existe entre le milieu urbain et rural (84 % contre 34 %, soit 50 points de différence).

A Douentza, Kidal et Gourma Rharous, moins de 1/5 des enfants sont enregistrés à la naissance. A Bankass et Macina, environ 1/5 est enregistré à la naissance. A Nioro du Sahel , Koulikoro, Kita et Gao plus de 1/3. A Kangaba et Bougouni, environ la moitié des enfants sont enregistrés tandis qu’à Yorosso plus de la moitié le sont.

Zakari Adam dira que malgré la multiplication des efforts, les défis liés à l’enregistrement des naissances sont nombreux.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

 

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POUR FAIRE FACE A LA FLAMBEE DES PRIX

Les propositions des commerçants sont-elles réalistes ?

Aux termes de réflexions sous l’égide de la CCIM, les opérateurs économiques ont fait des propositions au gouvernement en vue de répondre à la flambée des prix des produits de première nécessité. Si certaines de ces suggestions devaient être retenues, l’on se demande quelles répercussions celles-ci auront sur les maigres bourses des Maliens dans une atmosphère de « complicité » entre des barons du pouvoir et des opérateurs économiques.

Après avoir été rappelé à l’ordre sur la mise en place du bureau de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Jeamille Bittar a repris du service en regroupant les opérateurs économiques pour réfléchir ensemble à des pistes de propositions à l’Etat. Ils ont remis lundi au chef du gouvernement un document contenant les résultats de leurs réflexions.

Parmi ceux-ci, figurent en bonne place l’extension des exonérations à d’autres produits alimentaires comme l’huile, le lait, la farine… l’annulation de certaines taxes au niveau du cordon douanier. En somme, les opérateurs économiques disent être « prêts à abandonner des bénéfices pour le bonheur des populations ».

Si l’acte paraît louable, son aboutissement heureux ne suscite guère l’enthousiasme des citoyens dans la mesure où chacun se dit que « c’est comme d’habitude ». Par le passé, des opérateurs économiques s’étaient solennellement engagés à céder des denrées à des prix supportables pour les Maliens à la suite d’énormes sacrifices financiers consentis par les caisses de l’Etat à travers les exonérations.

Le président de la République l’a même avoué dans son intervention controversée du 8 mars dernier. « Comment allons-nous faire face à la flambée du prix du riz ? A chaque fois que nous avons accordé des exonérations à des opérateurs économiques, ces derniers avaient fini par majorer les prix… », a reconnu le chef de l’Etat.

Paradoxe et « complicité »

Les propositions des opérateurs économiques sont donc perçues par certains comme la « défense » de leurs propres intérêts. Si l’Etat devait étendre la liste des produits exonérés, ce sera sans doute bien accueilli par les opérateurs économiques qui, à en croire des observateurs, s’en serviront pour « davantage se faire les poches ».

Malgré le communiqué du gouvernement, qui en vertu des exonérations sur le riz, indique que, du 1er avril au 30 septembre 2008, le kilo du riz doit être vendu sur toute l’étendue du territoire national à 310 F CFA, le kilo atteint sur des marchés de la place 325 F CFA. Le paradoxe est patent par rapport à l’effectivité des exonérations et les prix.

Pendant ce temps, on continue de soutenir, du côté des pouvoirs publics, que les prix sont « réels » sur le marché comme prévu. Et le gouvernement, comme pour montrer qu’il est satisfait des opérateurs économiques, propose d’examiner leurs suggestions alors que ceux-ci ne sont toujours pas sans reproche.

Des compatriotes doutent de la nature des rapports entre l’Etat et les opérateurs économiques. « Il est difficile de croire en la sincérité des relations entre les commerçants et l’Etat dont des barons doivent entretenir des affinités avec des opérateurs économiques. Sinon, comment comprendre que certains parmi ceux-ci maintiennent la spéculation sans que le gouvernement ne bronche ? », tranche un économiste.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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GARDIENNAGE ET PRESTATION DE SERVICE

La convention collective signée

Le Syndicat national de surveillance et de prestation de services (Synps) a sa convention collective qu’elle a présentée à la presse hier à la Bourse du travail. Cette convention qui met de l’ordre dans le secteur ouvre les conditions de vies meilleures aux employés de ce secteur .

Hamidou Doumbia, secrétaire général du Syndicat national des sociétés de gardiennage et de prestation de services était aux anges en présentant une copie de la nouvelle convention collective signée le 29 février 2008 entre le gouvernement, le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) à laquelle il est affilié. Selon lui, le secteur était un véritable capharnaüm où les promoteurs régnaient en maîtres absolus. « Notre emploi ne sera plus un sous-emploi et nos militants pourront dormir tranquillement », a-t-il indiqué.

La convention, dont l’application est entrée en vigueur le 13 mars 2008, date de son dépôt au greffe du tribunal du travail, a l’avantage de hiérarchiser les emplois par catégories et par échelons avec une nouvelle grille des salaires. Les employés sont classés par spécialités selon le niveau d’études des titulaires.

Ainsi la grille salariale obéit à la classification des agents entre la 1er et la 11e catégorie et en échelon A, B et C. Les primes et indemnités, les congés payés ainsi que les différentes augmentations de salaires de la période 1999-2000 sont prises en compte. La convention, d’une manière générale, trace les droits et devoirs de l’employeur et de l’employé en matière de réglementation de travail.

La catégorisation des salaires fait qu’une nouvelle recrue d’une société de gardiennage classée à la 1er catégorie, démarre avec un salaire de base un peu au-dessus du Smig, soit 29 000 F CFA. La 7e catégorie échelon « A » touche 44 063 F CFA et l’échelon « B » 48 116 F CFA. Le pallier supérieur qui équivaut au poste de directeur ou la 11e catégorie échelon « B » perçoit un traitement de base de 82 033 F CFA. Son adjoint de l’échelon « A » de la même catégorie est payé à 77 015 F CFA.

Les conventions collectives sont d’anciennes revendications de l’UNTM. Elles sont parties intégrantes du Pacte national de solidarité pour la croissance et le développement, signé le 14 août 2001 entre le Premier ministre Mandé Sidibé et Siaka Diakité, le SG de l’UNTM. Le Pacte avait dès lors inscrit dans son programme d’action la relecture de toutes les conventions collectives de travail obsolètes et la conclusion d’accords collectifs dans les secteurs non couverts.

La signature de conventions collectives figure dans le point 7 des revendications de l’UNTM de 2007. L'UNTM et le CNPM avaient fait de leur priorité la relecture de huit conventions collectives. Ils y ont ajouté deux autres projets de conventions collectives que sont celles du Synps et du Syndicat national des centres de santé communautaire.

Abdrahamane Dicko

 

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FOOT

Keshi rend visite au ministre des Sports

Le nouveau sélectionneur des Aigles du Mali, le Nigérian Stephen Keshi, a rendu une visite de courtoisie au ministre de la Jeunesse et des Sports. C’était dans la matinée du 15 avril 2008. Il était accompagné du président de la Fédération malienne de football (Femafoot), Salif Kéita .

En l’absence du ministre Hamane Niang (présentement en visite de travail à Cuba), le nouvel entraîneur des Aigles a été reçu par les membres du cabinet sous la conduite du secrétaire général, Seydou Dawa. Keshi a réitéré sa joie d’entraîner les Aigles du Mali et a sollicité le soutien du département pour mener sa mission à bon port. Il souhaite se rendre en Europe, dans les plus brefs délais afin de prendre langue avec les expatriés qui constituent la composante essentielle de l’équipe nationale des seniors.

Et l’assurance lui a été donnée par M. Dawa que le ministère de la Jeunesse et des Sports tiendra tous ses engagements en ce qui concerne le contrat qui le lie à la Femafoot. Il pourra également rencontrer le ministre dès son retour.

Ancien sélectionneur du Togo, Keshi a été désigné entraîneur de l’équipe nationale de football du Mali à la suite de la signature d’un contrat avec les autorités sportives maliennes, le 31 mars 2008 à Bamako. Le technicien nigérian percevra, pendant deux ans, un salaire mensuel d’environ 7 millions de F CFA auquel s’ajouteront divers avantages dont un crédit téléphonique mensuel de 500 000 F CFA, un logement, des moyens de locomotion...

« N’importe quel sélectionneur aurait été heureux de se voir confier les rênes de l’Equipe nationale du Mali qui est un grand pays de football » , avait déclaré Stephen Keshi à l’issue de la cérémonie de signature au siège de la Fédération. Salif Kéita, président de la Femafoot, avait pour sa part salué en Stephen Keshi « l’homme de la situation » dont le choix aurait été dicté par « plusieurs raisons ». Il s’agit, entre autres, de son désir d’entraîner les Aigles, ses liens personnels avec de nombreux expatriés maliens, sa connaissance du football africain…

Le représentant du ministère de la Jeunesse et des Sports, Issa Tiéman Diarra, avait invité le technicien nigérian à veiller à ce que les « pesanteurs » locales ne lui fassent « oublier sa technicité ». Un conseil judicieux d’autant plus que beaucoup de ses prédécesseurs sont tombés dans ce piège.

Stephen Keshi était candidat au poste de sélectionneur du Mali à la suite d’un appel d’offres lancé par la Femafoot pour remplacer le Français Jean-François Jodar qui avait conduit les Aigles à la Coupe d’Afrique des nations (Can) de Ghana-2008. C’est dans le contexte du «faux-pas » enregistré à ce tournoi qu’intervient la nomination de Stephen Keshi.

Moussa Bolly

(chargé de communication/MJS)

 

 

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