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2008

Mois d'Avril

Les Echos du 11 Avril

 

CRISE DE REGISTRE DE NAISSANCE

Des milliers d’enfants sans acte de naissance

Mettre la main sur le carnet de déclaration de naissance à la maternité de Korofina par exemple relève aujourd’hui du parcours du combattant, des citoyens attendant plus de 6 mois avant d’avoir le précieux document. Le même manque de registre est constaté dans plusieurs autres maternités et centres de santé publics et privés du district. Extrapolée, cette situation fait qu’aujourd’hui 3/4 des enfants maliens n’ont pas d’acte de naissance.

L’enregistrement à la naissance est l’un des premiers droits de l’enfant. Il doit être spontané. Chaque enfant a droit à un carnet de naissance au moins une semaine après sa naissance. Lorsqu’une femme accouche, la maternité lui délivre à sa sortie une fiche. Normalement, quelques jours après l’accouchement, les parents du nouveau-né font la déclaration avec cette fiche à la maternité afin de retirer le carnet de déclaration de naissance de l’enfant.

A présent, ces carnets manquent à la maternité de Korofina, en Commune I. Selon le surveillant général du centre de santé de référence de Korofina, « il est vrai que les carnets de déclaration de naissance manquaient dans notre maternité. La crise était nationale. Le problème se situait à la mairie. Mais, depuis lundi on a à notre disposition des carnets ».

Malgré l’appui des partenaires au développement engagés à ce que chaque enfant ait un acte de naissance, ce droit fondamental de l’enfant continue d’être bafouillé dans notre pays. Ce qui se passe à la maternité de Korofina est une réalité dans plusieurs autres centres de santé du pays.

« On se dote de registres de déclaration au ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Après on vérifie si les pages sont correctes et on les renvoie au tribunal. Les registres de déclaration sont ensuite cotés et paraphés par le président du tribunal. Après quoi, on les distribue aux centres de santé agréés de la Commune selon les demandes. Les registres dorment au niveau du tribunal, c’est pour cette raison qu’ils manquent souvent dans les centres de santé » , confie le chargé de communication de la mairie de la Commune I.

En 6e année et sans acte de naissance

Selon lui, « nous sommes gênés du fait que la population nous fait chaque fois des reproches. Ce problème fait qu’aujourd’hui 3/4 des enfants n’ont pas d’acte de naissance ». Et d’ajouter que les mairies sont en train de tout mettre en œuvre afin de concrétiser le souhait des partenaires au développement, qui consiste à délivrer des actes de naissance à tous les nouveau-nés. « On ne doit rien payer en retirant l’acte de naissance », précise-t-il.

En effet, pour notre interlocuteur certains de leurs agents profitent du moment de retrait des actes de naissance pour faire payer aux gens la taxe de développement régional et local (TDRL) qui fait 3000 F CFA. « Cela n’est pas normal. Beaucoup de nos agents ne savent pas que la TDRL et l’acte de naissance ne sont pas liés. L’acte de naissance est gratuit. Nous sommes en train de former nos agents ».

« Si vos agents ne sont pas formés pourquoi les laissez travailler ? » peste alors un citoyen, père de famille domicilié en Commune I, qui assistait à notre entretien. Ce dernier ajoutera que depuis 2 ans, il court toujours derrière les actes de naissance de ses jumeaux. « Quand ma femme a accouché, la maternité lui a donné un carnet de naissance. J’ai été au centre d’état-civil du Banconi pour retirer les actes de naissance. La secrétaire m’a dit de payer 3000 F CFA. Je lui ai dit que je ne paye rien puisqu’on dit chaque fois à la télé qu’on ne paye rien au retrait de l’acte de naissance. Elle n’a pas accepté de me livrer les papiers. J’ai donc décidé de régler mes comptes à la mairie centrale. Là, c’est pire », témoigne-t-il.

Il ajoutera que « la fille de ma sœur fait la 6e année cette année, mais elle n’a pas d’acte de naissance. Le mari de ma sœur est pauvre, c’est pour cette raison, à la naissance de la fille, quand on a essayé de le faire tourner en bourrique, il a tout laissé tomber. Jusque-là, la fillette n’a pas d’acte de naissance. En plus de mes jumeaux, je suis en train de me débrouiller pour lui trouver un acte de naissance ».

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

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EFFONDREMENT D’UN IMMEUBLE A N’GOLONINA

Deux agents de la mairie de la Commune II incarcérés

Après l’effondrement d’un immeuble à N’golonina, deux agents du service de l’urbanisme de la mairie de la Commune II ont été arrêtés et écroués mardi dernier à la Maison centrale d’arrêt.

Le 14 mars 2008, un immeuble en construction à N’golonina, en Commune II s’est écroulé. Le bilan : trois morts dont le chef de chantier et le maçon principal. Qu’est-ce qui a fait que le bâtiment s’est effondré ?

Les résultats de l’enquête mettent en avant le non-respect des normes de construction en termes de dosage et d’installation des poteaux d’attente. L’enquête a également mis en cause la responsabilité de trois agents du bureau de l’urbanisme de la mairie de la Commune II. Il s’agit de Sékou Ba, Tiéoulé Dembélé et Abdoulaye Diarra.

Si les deux premiers cités ont été arrêtés le 8 avril dernier, le troisième, Abdoulaye Diarra, est encore libre pour raison de santé. Toutefois, il est tenu de se présenter tous les vendredi au juge d’instruction. Le chef d’inculpation retenu contre Sékou Ba et Tiéoulé Dembélé est la complicité dans la mesure où les agents du service de l’urbanisme ont à charge le contrôle technique des chantiers, c’est-à-dire qu’ils doivent s’assurer du respect de la qualité et de la quantité du dosage des matériaux utilisés.

Sur la base de ces précisions, les agents du service de l’urbanisme peuvent ordonner l’arrêt des travaux en cas d’inobservation des normes. Or, dans le cas de l’immeuble de N’golonina, il a été démontré que les normes de constructions ont été foulées au pied. Et si l’on en croit des sources, les agents incriminés aujourd’hui auraient intimé l’ordre au propriétaire du chantier d’arrêter les travaux.

L’injonction n’a pas été respectée car le propriétaire aurait acheté le silence des agents de la mairie. Pourront-ils convaincre de leur innocence dans cette affaire ? Sont-ils les seuls coupables ? En attendant de comparaître devant un tribunal, Sékou Ba et Tiéoulé Dembélé méditent sur leur sort à Bamako Coura.

Mohamed Daou

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SANTE PUBLIQUE

Sus à la tuberculose

Le Mali a célébré hier la Journée mondiale contre la tuberculose. C’était au CICB sous la présidence du chef de l’Etat. La mobilisation commune contre cette maladie est un remède efficace pour qu’elle soit un triste souvenir pour le Mali.

Dans le monde, 26 % de personnes de la tranche d’âge 15-59 ans meurent annuellement de tuberculose, dont 98 % dans les pays en développement. L’Afrique compte 21 % de cette statistique. Et le Mali n’est pas en reste avec « 32 000 cas de tuberculoses attendus en 2007 ».

L’engagement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des autorités locales pour une croisade contre le fléau s’est avéré nécessaire. Le thème 2008 de la Journée mondiale de la tuberculose : « Je m’engage. Halte à la tuberculose » s’inscrit dans cette optique.

Avec en tête le président de la République, le Mali semble résolument déterminé à repousser cette maladie hors de ses frontières. Surtout qu’elle émerge à nouveau et est fréquente chez les porteurs du VIH/Sida, a souligné le ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré.

Après avoir déclaré que l’Etat consacre chaque année 200 millions de F CFA de son budget à la lutte contre la tuberculose, le ministre Touré précisera que l’engagement des autorités s’est matérialisé par des avancées significatives à travers le pays. Au nombre de ces progrès : des campagnes de sensibilisation, des formations au traitement, l’assistance aux centres de santé y compris la gratuité des soins que nécessite la maladie.

Se félicitant de l’accompagnement bénéfique des partenaires de l’Etat, le ministre plaidera la détermination collective « parce qu’en plus des efforts actuels pour prévenir, dépister et guérir la tuberculose, de nouveaux outils sont nécessaires pour transformer radicalement la lutte contre la tuberculose et contenir la menace de souches mortelles qui résistent aux médicaments à l’image de la tuberculose à bacille multi-résistant ».

Appels à l’action concrète

Plus qu’un simple rituel, la célébration de la Journée mondiale de la tuberculose se présente donc comme un message à l’action dans la mesure où chacun a un rôle à jouer. La sensibilisation des citoyens sur la tuberculose est importante car la maladie est toujours stigmatisée dans notre pays. A cet égard, l’information pourrait s’avérer déterminante.

Tout en assurant les décideurs politiques de l’aide de son organisation, Mme Diallo Fatoumata Binta Tidiani, représentante de l’OMS au Mali, a souhaité une croisade collective dans laquelle le « rejet des victimes de la tuberculose et sa stigmatisation » seront combattus. Toutes choses qui concordent avec les affirmations du président du Comité antituberculeux et de la lutte contre les maladies respiratoires.

Isaac Mambi Touré a indiqué que son association a toujours fait siens les problèmes rencontrés dans la lutte contre la tuberculose, mais a toutefois déploré le paradoxe qui existe à son sujet malgré l’existence d’une thérapie de choc. Il a invité la société civile à sortir de son « inertie ».

Comme pour primer le mérite et booster l’excellence, des prix ont été remis aux structures sanitaires (de la capitale et de l’intérieur) et à des personnes qui se sont distinguées dans la croisade contre la tuberculose.

La cérémonie a été émaillée de prestations musicales de Mah Kouyaté n°1 et du groupe « les Barons de Bamako », sans oublier le comique sketch mais véhicule de messages forts présenté par le Réseau d’étudiants en médecine d’Afrique de l’Ouest.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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DECONCENTRATION DU PAIEMENT DES PENSIONS

Des mesures salutaires pour les retraités

Grâce à l’implication du ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, la Caisse des retraites du Mali (CRM) est en passe de sortir la tête de l’eau.

Il y a plusieurs années, la Caisse des retraites du Mali (CRM) est confrontée à une situation financière difficile qui a occasionné des remous chez les retraités. Pour trouver une solution aux maux, la RCM s’est engagée dans une politique de réformes. Elle a pour objectif d’atténuer le déficit technique des régimes de pension.

Une politique de déconcentration de la CRM tant au niveau régional que local est en cours. La mensualisation et la décentralisation du paiement des pensions étaient depuis de longues années réclamées par les aînés qui avaient d'énormes difficultés avec le paiement trimestriel de leurs pensions. Les efforts déployés par le département ont permis, depuis deux ans, le paiement mensuel.

Les réformes, à en croire la directrice générale de la CRM, Mme Oumou Marie Dicko, citée par notre confrère Le Républicain du jeudi 10 avril 2008, découlent de la mise en application du Pacte de solidarité pour la croissance et le développement conclu en 2001 entre le gouvernement et ses partenaires sociaux.

« L’objectif final recherché est la satisfaction des retraités affiliés à la Caisse et surtout de rapprocher la CRM de ses usagers dans le cadre de la modernisation de l’administration prônée par le gouvernement » , ajoute Mme Dicko dans une interview qu’elle a accordée à notre confrère.

Les mesures adoptées auront pour effet : l’augmentation des cotisations par un rehaussement du taux de la part patronale ainsi que par l’élargissement de l’assiette des cotisations, la diminution de la subvention accordée par l’Etat à la RCM suite à la réduction du déficit technique.

La séparation des procédures de gestion des paramètres techniques, l’institution d’un régime de retraite par capitalisation et le paramétrage technique des régimes conformément aux normes internationales admises en matière de sécurité sociale sont aussi des objectifs visés.

Dans un communiqué de presse, nous apprenons que le ministre en charge des retraités, dans le cadre de la poursuite du dialogue social avec les partenaires sociaux, a rencontré le bureau de la Fédération nationale des retraités (Fnar). La rencontre avait pour objectif d’informer largement les partenaires sociaux sur les grandes réformes en cours.

Amadou Sidibé

 

Qu’est-ce que la CRM ?

Erigée en établissement public national à caractère administratif par la Loi n°93-013/AN-RM du 14 février 1993, la Caisse des retraites du Mali a été créée par la loi 61-70/AN-RM du 18 mai 1961. Les principales missions à elle dévolues sont : la gestion de la dette viagère de l’Etat et la participation au développement économique et social du pays par le placement de ses excédents de ressources, l’encaissement des cotisations des fonctionnaires civils, militaires et des parlementaires, la cession et le paiement des pensions de retraite ; la régularisation des droits à pension des différents bénéficiaires.

La CRM gère trois régimes de pension dont le régime de pensions des fonctionnaires civils, le régime général de pensions militaires et d’invalidité, et le régime parlementaire des députés. Ses sources de financement, quant à elles, sont constituées par les retenues pour pensions prélevées sur les traitements des tributaires, la contribution versée par le budget employeur, les recettes diverses, les recettes provenant du rachat par la République française des pensions des anciennes caisses de retraites et du remboursement des retenues versées à ces caisses par les tributaires en activités, la subvention de l’Etat, ainsi que les dons et legs.

A. S.

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EPILOGUE

Les pensions de la misère

L’Afrique traditionnelle (et le Mali avec) ignore la notion de retraite parce que l’habitude y est de travailler jusqu’à la vieillesse, souvent jusqu’à la mort. Pour bien illustrer ce propos venant du fond des âges, l’adage populaire disait que la vieillesse ne donne le droit de se reposer que lorsqu’on a un soutien, un pourvoyeur de moyens de subsistance.

Cette philosophie de la vie qui poussait nos anciens à se servir de leur descendance comme d’un système de sécurité sociale n’était pas spécifique à l’Afrique puisque l’Europe des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, elle aussi, est passée par cette phase mais s’est séparée d’elle à la faveur de l’évolution de la société et de la perte de vitesse de la grande famille dans ces pays-là à la fin du XIXe siècle.

La recherche du soutien dans la vieillesse était une préoccupation pour tout le monde, mais plus pour les hommes que pour les femmes dans la mesure où c’étaient eux qui, dans bien des cas, devenaient les chefs de famille. La polygamie, le fait, pour un homme, d’avoir plusieurs épouses, s’expliquait aussi en partie par le souci de l’homme devenu chef de famille d’être secouru dans la vieillesse par une progéniture nombreuse majoritairement constituée de garçons.

L’homme qui n’avait pas d’enfant envisageait la vieillesse avec tristesse et amertume car il entamait cette dernière étape de la vie, convaincu qu’il serait à la charge de ses semblables, ce qui en milieu rural et même urbain n’était guère une perspective reluisante. On a beau souligner le grand rôle de la solidarité africaine, qui combat la solitude et l’égoïsme, qui aide la veuve et l’orphelin, est contre l’exclusion, le fait de vieillir sans enfant ni petit-fils, même dans un milieu où on s’occupe particulièrement bien des personnes âgées, faisant très peur et les gens épuisaient toutes les voies de recours pour ne pas être réduits à ce semi-abandon.

L’idéal était, en milieu rural surtout, de se marier à plusieurs femmes et de faire beaucoup d’enfants avec elles. Cette condition remplie permettait à l’homme, qui entrait dans le troisième âge, d’envisager le futur avec optimisme et confiance car était alors éloigné le spectre des durs travaux de la campagne qui épuisaient prématurément plus que de raison. L’Europe ayant aboli la grande famille à la fin du XIXe siècle l’a remplacé par des institutions sociales comme la sécurité sociale (cas de la France) et les hospices de vieillards en plus de la pension de retraite et d’autres droits sociaux encore.

Cette nouvelle conception du travail et de sa fin fut introduite chez nous au cours du demi-siècle de domination européenne que nous avons connu. Mais tout comme en Europe ces nouvelles dispositions ne furent pas appliquées systématiquement à tout le monde : elles le furent seulement aux salariés de la fonction publique, de l’armée des entreprises et des sociétés commerciales. La grande masse des ruraux en était exclue, de même que les artisans et les autres catégories sociales travaillant pour elles-mêmes dans le privé.

La retraite accompagnée d’une pension fut généralisée dans les colonies françaises à la fin de la 2e Guerre mondiale lorsque les colonisés ont acquis des droits politiques et syndicaux. Il fut convenu alors qu’après un certain nombre d’années de travail, le travailleur avait droit au repos professionnel en plus d’une pension lui permettant de vivre (ou de survivre) décemment. Les premiers bénéficiaires de ces mesures survenues après 1945 furent probablement des militaires (anciens tirailleurs sénégalais) qui, logiquement, ont été les premiers retraités des colonies pour avoir été des campagnes de 1914-1918, de 1939-1945 et des guerres d’Algérie et du Vietnam.

Lesdites mesures furent étendues à tous les travailleurs des colonies sous la IVe et la Ve République. A l’indépendance, en 1960, beaucoup de pays africains des colonies françaises adoptèrent simplement le système français de la retraite. Le Mali opta pour le paiement trimestriel de la pension qui fut gardé jusque sous la IIIe République (vers les années 2000-2001). Dans les temps du paiement trimestriel, notamment sous le CMLN et l’UDPM, la retraite fut assimilée à l’enfer à cause du paiement irrégulier des pensions et leur bas niveau. Les salaires de ce pays figuraient au nombre des plus bas de la sous-région et même du continent, les pensions elles aussi se trouvaient dans cet état, insuffisantes et jamais payées à temps.

De 1966 à 1991 (périodes du CMLN et de l’UDPM), la vie de retraité fut pénible et presque ramenée à celle d’un clochard ou d’un mendiant. Seuls les militaires, payés à temps, vivaient dignement. Les autres, la grande majorité, ne parvenaient pas à toucher leurs pensions, végétaient plus qu’ils ne vivaient. L’irrégularité dans le paiement des pensions conduisit à beaucoup de discours dans les foyers, de même que des décès, notamment des enfants, parce que le chef de famille ne peut pas faire face à la situation sur le plan financier. Tout dépendant de la pension, lorsque celle-ci n’était pas payée, c’était la catastrophe pour tout le monde.

L’avènement de la démocratie en mars 1991 a amené un grand changement. De trimestriel, le paiement est devenu mensuel, de même que les montants ont été revus à la hausse. Mais beaucoup reste encore à faire parce que comparées aux autres pensions de la sous-région, celles du Mali apparaissent comme dérisoires et sont appelées, pour cette raison, les pensions de la misère par certains analystes.

Facoh Donki Diarra

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PENSIONS DES RETRAITES

De nouvelles modifications

Suivant les nouvelles mesures de la réforme sur la pension des retraités, c’est l’Etat qui cotisera désormais à hauteur de 20 % contre 8 % présentement .

La mensualisation du paiement des pensions est une vieille requête des fonctionnaires retraités civils et militaires qui percevaient trimestriellement la pension. Le conseil des ministres du 17 mars 2004 a adopté le projet de loi relatif à cette mensualisation. L’adoption de ce projet de loi fait suite à l’accord conclu entre le gouvernement et les partenaires sociaux dans le cadre du Pacte de solidarité pour la croissance et le développement, inscrit dans le programme pluriannuel (2001-2005).

Depuis quatre ans, la direction générale de la Caisse des retraites du Mali sous la conduite du ministère du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, a entrepris une réforme des textes sur la pension des fonctionnaires civils retraités, des militaires et récemment des députés.

Les mesures envisagées par le redressement étaient de relever le niveau de cotisation des fonctionnaires en activité de 4 à 6 %, l’abonnement versé par l’Etat va de 8 % à 12 % et la cotisation des fonctionnaires civils et militaires retraités va consister à l’abandon à terme du quart de la pension, c'est-à-dire les 25 % de la majoration pour famille nombreuse instituée sous le régime colonial pour encourager la natalité.

Mais cette proposition n’a pas eu l’assentiment des délégués de la Fédération nationale des associations et retraités (Fnar) qui a relevé publiquement que ce principe n’était pas nécessaire dans la mesure où l’Etat (12 %) et les fonctionnaires actifs (6 %), soit au total 18 % n’étaient comparables aux 25 % de sacrifice demandé aux retraités.

En 2005, les délégués de la Fnar ont dénoncé les nombreuses dérives de la réforme et réclamé le maintien des dispositions de l’ordonnance (79.7 CMLN du 18 janvier 1979) assorti à la limite d’un toilettage de certains articles devenus caducs. Il est apparu nécessaire de prendre d’autres mesures de réforme afin de sauvegarder le système et de le pérenniser au profit des générations futures.

Après des études et concertations avec les partenaires, le gouvernement a décidé de procéder à une relecture des textes relatifs aux pensions. Des innovations ont été apportées. Il s’agit de la refonte en un seul texte des différents textes qui régissent les pensions.

Ces mesures, qui n’entraînent pas de diminution de la pension d’ancienneté, vont contribuer à l’équilibre de la Caisse des retraites du Mali et à la viabilité du régime des pensions des fonctionnaires civils, des militaires et des députés. Suivant les nouvelles modifications, c’est l’Etat qui cotise désormais à hauteur de 20 % au lieu de 8 %. Le travailleur cotise toujours sur la base de 4 % et l’on demande au retraité d’accepter de perdre le quart de sa pension.

La suppression de certaines incohérences concerne notamment l’article 53 de l’ordonnance 79.7 CMLN du 18 janvier 1979 qui précise que « les pensions et rentes d’invalidité sont de plein droit révisées en cas d’augmentation du traitement indiciaire des fonctionnaires en activité, elles sont majorées dans la même proportion que les traitements indiciaires et pour compter de la date d’effet de la majoration de ces derniers ».

Mohamed Daou

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OBSEQUES DE MAMADOU KEITA DIT CAPI

L’hommage de la nation à un grand sportif

Décédé le 9 avril 2008 à Bamako à l’âge de 61 ans des suites d’une longue maladie, Mamadou Kéita « Capi », ex-gloire du football, ex-entraîneur et DTN des Aigles du Mali, a eu droit à des obsèques nationales le 10 avril au stade Omnisports Modibo Kéita. Personnalités politiques, du sport et citoyens anonymes ont tenu à saluer la mémoire de l’homme qui s’était dédié corps et âme au football malien. Quelques réactions recueillies pour vous.

Souleymane Drabo(directeur général de l’Amap):

« J'étais avec Mad’Diarra et lui en 1960 au lycée Technique de Bamako, on jouait ensemble. Avec sa taille, on était étonné de le voir évoluer au poste de gardien de but. Il était assisté à l'époque de Mamadou Fané, professeur d'éducation physique. Ce dernier l'a beaucoup aidé et il s'est affirmé par son travail pour compenser sa petite taille. Comme joueur, on lui reconnaît les mêmes qualités comme entraîneur, un certain entêtement, beaucoup de détermination. Son parcours parle pour lui en tant que technicien. Sa réussite n'est point un hasard ».

Fatoumata Bintou Sangaré(lavandière des Aigles à la retraite):

« J’ai connu Capi en 1958. Et depuis que je lave les maillots des joueurs, j’ai noté un Capi hors du commun. C'est un technicien du football hors pair, mais humble. Il est devenu par la suite un salut pour notre sport-roi quoi qu’on dise. C’est un patriote, un passionné qui a fait du bien à notre football, le genre de technicien qu'on aime côtoyer, qu'on aime voir travailler ».

Karim Doumbia (président de l’AJSM) :

« Capi, c'est quelqu'un qui avait un appétit de vie, un appétit professionnel jamais rassasié. Il avait toujours beaucoup d'exigences. Il avait un côté insatisfait et c'était uniquement pour faire avancer notre football. Comme caractère, disons qu’il était un technicien passionné, chaleureux. Il était le leader de sa génération. Il était un bon camarade avec qui on avait beaucoup de plaisir à travailler et qui transmettait son savoir, un perfectionniste avec le sens du travail bien fait ».

Alou Sanogo (président de la section basket du Djoliba) :

« C'était un professeur du foot, un technicien et un homme extraordinaire, qui avait beaucoup d'humilité. C'est en sa qualité d’entraîneur du Biton de Ségou que je l'ai connu. C'est une nouvelle terrible pour le sport en général et le football en particulier ».

Béatrice Doumbia (amie de Capi) :

« Je suis bouleversée. C'était un très grand entraîneur et un être humain d'une très grande qualité et intégrité. Il était devenu un ami. Tous ceux qui aiment le football sont aujourd'hui en deuil et s'inclinent devant sa mémoire. C'était un garçon très attachant, toujours souriant, la joie de vivre personnifiée. Je crois que c'est l'image qu'il faut garder de lui, l'image d'un grand technicien ».

Sadia Cissé (ancien coéquipier de Capi) :

« C’est une grande perte. Capi était un symbole de la détermination. C'est un neveu que j’ai côtoyé au sein d'un petit club du nom de l'Association sportive de Médine (ASM) avec Siré Diallo et Salif Kéita Domingo. Nous avons évolué ensemble jusqu'au niveau de l’élite. J'ai signé au Djoliba, Capi et Siré Diallo ont signé au Stade malien de Bamako et Salif Kéita Domingo au Réal. On s’était retrouvé par la suite en équipe nationale. Capi était le dernier rempart du Mali à la Can ‘Yaoundé- 1972’. Il a été un joueur et un technicien actif, estimé de tous au sein des Aigles. Apprécié par les joueurs tout comme par le grand public pour sa très grande compétence professionnelle, il était le porte-drapeau des valeurs de notre jeu. Comme pour paraphraser le Hongrois George Tosh, de tout le football malien, nous perdons un ami ».

Idrissa Touré dit « Nani » (ami de Capi)  :

« C'est énorme ce qui nous tombe sur la tête. J'ai eu un plaisir énorme à travailler avec lui et à vivre avec lui. C'est le genre de garçon que j'aurais cru immortel dans le métier ».

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

 

 

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