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2008

Mois d'Avril

Les Echos du 08 Avril

 

SENAT

Qu’est-ce qui fait courir Oumar Ibrahim ?

Pour transformer son Haut conseil des collectivités en Sénat, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara fait feu de tout bois et ne minimise aucun forum pour son plaidoyer.

Le Sénat constitue la chambre haute d’un Parlement. En France par exemple, il représente les collectivités territoriales et des Français établis hors du pays. Les sénateurs, en France en tout cas, sont élus pour un mandat de six ans au suffrage universel indirect par 150 000 grands électeurs. Les élections sont organisées tous les trois ans et concernent la moitié des sièges.

Le Haut conseil des collectivités du Mali est une émanation de la décentralisation. La Loi fondamentale de février 1992 a chargé le Haut conseil des collectivités de veiller et de contribuer à la promotion de la décentralisation, au renforcement de la démocratie locale, à la promotion des approches nouvelles de développement harmonieux du territoire, à la prise en compte de la diversité humaine et géographique du pays dans la mise en œuvre des politiques sectorielles et à la promotion du développement local et régional.

Les conseillers sont élus par un système de grands électeurs sur les listes des municipales. Sans avoir tous les attributs d’un Sénat, il en joue presque tous les rôles. Ainsi, au rang des successeurs du président de la République en cas d’empêchement diriment, le président du Haut conseil des collectivités vient en 3e position. C’est dire combien l’institution compte.

Et pourtant, son président n’est pas satisfait. Lors des dernières assises de son parti, il s’est fait remonter les bretelles, car l’Adéma/PASJ n’a pas voulu le suivre. Nonobstant cela, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara continue sa croisade solitaire. A chaque occasion, il plaide pour la transformation de sa structure en Sénat.

Le samedi dernier, à l'occasion de la cérémonie d'ouverture de la 5e édition de la Journée du Haut conseil des collectivités, qui avait d’ailleurs pour thème… : "Rôle du bicamérisme dans la promotion de la démocratie", il est revenu sur la question.

Cependant, modifier ou transformer le Haut conseil aujourd’hui ne reviendrait-il pas à remettre en cause la décentralisation elle-même ? Qu’est-ce que Oumarou Ibrahim a contre le Haut conseil ?

Lui seul a les réponses.

Alexis Kalambry

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TIEKORO BAGAYOKO

Un homme peu ordinaire

Si l’exemple de vie de cet homme peu ordinaire est à méditer, son exemple de mort le serait davantage.

On ne se serait jamais attendu qu'un ex-opposant au Comité militaire de libération nationale entreprenne une réflexion étonnée sur Tiékoro Bagayoko, lieutenant de l'armée malienne en 1968, colonel déchu de tout honneur militaire, à la veille de son expédition à Taoudenit dix ans plus tard, d'où il ne devait pas revenir. Mais le présent texte est loin d'être une réhabilitation. Il relève simplement du devoir de l'intellectuel d'interroger l'énigme où qu'elle se trouve, au-dessus de la rumeur et de la contingence, afin de donner à l'histoire des hommes et des idées toute sa surface, toute son épaisseur.

Je suis de la génération de Mai-1968, de cette année de terribles bouleversements survenus, un peu partout dans le monde, et qui laissa sa trace au Mali par le putsch militaire organisé par le lieutenant Moussa Traoré et ses complices. Pendant que, quelques intellectuels se barricadaient dans leurs certitudes révolutionnaires, les populations saluaient longuement l'événement avec des débordements de joie, une fois la stupeur passée. Parmi les nouveaux maîtres du jour élevés au pinacle, un mythe naquit : celui de l'officier qui avait osé interpeller le président Modibo Kéita sur la route de Koulikoro.

Court sur pieds mais pétillant de santé, l'assurance en soi frisant l'arrogance, Tiékoro subjuguait d'abord par ce regard d'acier qui seyait bien au premier flic du nouveau régime qu'il devint, préférant sur dix années, ce poste haut en couleur à un maroquin ministériel quelconque. L'état de grâce ne dura guère entre les conjurés. Il dura moins entre le régime militaire et ses contempteurs, embusqués au coin de l'idéologie et qui se trouvèrent être les syndicalistes (vite récupérés) et surtout, le monde scolaire, enseignants et étudiants joints.

C'est dans ces circonstances qu'en 1970, j'ai approché Tiékoro Bagayoko (si ce n'est le contraire), en tant que secrétaire général du bureau scolaire de l'Ecole normale secondaire de Badalabougou. Les grèves étaient alors véritablement suicidaires, parce que le régime était en jeunesse, adulé du peuple et au moins cautionné par le contexte international. Le moindre écart était sanctionné par un séjour au Camp para de Djikoroni, dont les manœuvres vexatoires sont parfaitement décrites dans la biographie de son ex-directeur en la personne du capitaine Soungalo Samaké.

L'ensemble des établissements scolaires et universitaires de Bamako s'étant fédérés dans un bureau de coordination pour mieux résister, une grève fut unanimement décrétée. Tiékoro, à la tête d'un important détachement de paras, entreprit de faire le tour des établissements en se livrant à des démonstrations de force. C'est ainsi qu'il tint le siège de la colline de Badalabougou, dont les élèves furent rassemblés à coups de crosses et de ceinturons. Et du balcon, majestueux devant des corps endoloris, il convoqua le bureau scolaire au premier rang, décrétant, pour faire exemple que ses membres fussent « rasés à sec, au tesson de bouteille et aux frais de l'Etat ». (Nous dirons, pour être honnête, que notre proposé à l'exécution du supplice attendit que son chef se retire pour nous raser normalement, à huit clos, contre notre promesse ferme de ne pas ébruiter le subterfuge).

Ce bref témoignage de pratiques d'alors se renforça bientôt de faits et de rumeurs accréditant toute la place prise par le redoutable directeur général des services de sécurité au sommet de l'Etat. Le côté original du personnage fit le reste. Jetant son dévolu sur le Djoliba Athletic Club, il en fit sa chose, distribuant privilèges et passes droits à ses affidés, s'accaparant de l'équipe nationale comme d'un dû, dans une atmosphère de despotisme absolu. On racontait que Tiékoro était un fêtard, monopolisant le Motel, où les « Ambassadeurs » jouaient à guichets fermés pour lui et sa cour, laquelle était entretenue par les plus gracieuses des femmes de Bamako souvent arrachées à leurs époux.

Puis, condamné au bagne de Taoudénit, l'ex-terreur du régime vécut une vie, peu ou pas connue du public, et qui est en fait l'objet de la présente réflexion. C'est l'occasion de saluer tous ces témoignages qui s'accumulent sur la période la plus brutale de notre Histoire récente (1968-1978), parce que chacun d'entre eux nous apporte des éclairages nouveaux qui permettent enfin une approche objective des faits. Deux documents explicites forment la matière de la réflexion qui suit. Il s'agit de « Ma vie de soldat » du capitaine Soungalo Samaké et, surtout de « Transferts définitifs » du colonel Assimi Dembélé.

Le portrait qu'ils dressent de l'ancien apparatchik, sur ses dix ans de bagne est assez stupéfiant. Transplanté du bureau ministériel dans les mines de sel, si bientôt Tiékoro est contraint de s'adapter à sa nouvelle condition, il impressionne par son maintien. Voici un bagnard qui ne donne, à ses gardes et à ses codétenus, aucun signe d'aigreur de sa situation et qui, au contraire, verse dans la dérision et l'humour. La qualité de sa préparation à la mort dit assez la hauteur de son courage.

Tiékoro a été battu trois jours de suite avant d'être assassiné parce qu'il refusait d'être exterminé à la tâche. « On ne dira jamais à mes enfants que je suis mort en train de prendre des briques », dit-il à Soungalo. Sachant son dernier jour venu, il s'habille de la tenue du Djoliba et avoue à son codétenu : « On m'a dit par l'intermédiaire de deux soldats qu'on va me tuer aujourd'hui. Si je meurs [...] il faut m'habiller avec la tenue du Djoliba, me mettre les souliers de football et m'enterrer. [...] Le Bon Dieu me recevra. Il me dira : Eh toi ! Depuis que tu es né, qu'est-ce que tu as fait de bon ? Il va me donner un grand coup de pied : « badanw ! » et je vais me retrouver dans le paradis ».

Mais la dérision de Tiékoro atteint une dimension insoupçonnable pour un condamné à mort sachant sa fin proche, car il précise à Soungalo : « Si je meurs, il ne faut pas prier sur moi, car je ne prie pas moi-même ». A ce niveau important de la question, notons d'abord un petit problème d'exégèse dans le livre du colonel Dembélé qui a eu le privilège d'avoir détenu le testament politique et moral de l'intéressé et de l'avoir produit, puis reproduit.

Dans la lettre manuscrite que Tiékoro adresse au capitaine Souley en 1978, il est le premier responsable politique de ce niveau à déchirer un tabou profondément enfoui dans notre culture. L'aveu vaut les circonstances de sa confession puisqu'il s'abreuve à l'imminence de la mort certaine. L'auteur ne joue plus les fanfarons, mais la sincérité, puisque Tiékoro, écrivant à Souley, parle en fait de Tiékoro à Tiékoro. Une grande ferveur spirituelle et philosophique s'élève alors d'une plume que l'on pensait médiocre. « Des fois, écrit le prisonnier, je songe qu'il y a une certaine fatalité dans mon cas, cet acharnement du sort que méritent ceux qui luttent pour de grandes idées. [...] Il faut savoir mourir pour mériter de vivre selon son éthique. Un militaire, un politicien est un candidat pour la mort. Qui a tué sera tué (souligné par l'auteur). Une mort en provoque toujours une autre ».

L'inéluctabilité et la proximité de la mort commandent la lucidité, notamment, quant au sens à donner à une vie qui, hier seulement, semblait si bien accomplie. « Des fois, je me demande si je n'avais pas été fou. J'avais fait d'un grain de sable une montagne. J'ai choisi l'armée, j'ai fait un coup d'Etat pour venir au pouvoir et voilà que ce pouvoir me commande la mort » .

Puis, est abordée l'incontournable question métaphysique de l'existence de Dieu, au seuil de basculer dans le néant intégral. La gravité de l'interrogation permet au colonel Dembélé d'en éluder la réponse dans la reproduction du manuscrit de l'intéressé. Pour la bonne raison que celle-ci est très claire : Tiékoro ne croit pas en Dieu. « Je dis souvent, clame-t-il, que l'enfer c'est pour les vivants, car eux seuls peuvent souffrir. Pour nous autres non croyants, c'est à cela que nous pensons. [...] La mort, c'est la paix éternelle. La justice divine veille-t-elle ? Je ne suis pas croyant, mais pour les croyants, c'est peut-être oui ». (Souligné par l'auteur.)

La bataille décisive qui importe aux jeux de l'intéressé et dont il confie le soin à Souley, c'est sa réhabilitation sur le plan moral « [...] me rendre propre dans la question des finances. Tu sais bien que je n'ai rien détourné. Je n'ai rien réalisé et rien bouffé. [...] Je ne peux pas tout expliquer sans salir le Mali. Tu me comprends ».

Si l’exemple de vie de cet homme peu ordinaire est à méditer, son exemple de mort le serait davantage.

Pascal Baba Couloubaly

(antropologue)

 

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SECTION ADEMA/PASJ DE SIKASSO

Des néo-militants et le retour de Tangara

La rentrée politique de la section Adéma de Sikasso, placée sous le signe de « l’unité et la cohésion », a été marquée par l’adhésion de nouveaux militants et le retour d’anciens camarades. Il s’agit notamment du transfuge du RPM, du Mouvement citoyen et ex-maire de Sikasso, Mamadou Tangara.

Il y a quelques années, le président de l’Adéma, Dioncounda Traoré appelait à la reconstitution de la grande Famille Adéma. A travers cet appel, le président du parti de « l’Abeille » également président de l’Assemblée nationale, demandait à tous ceux qui avaient claqué la porte de la ruche pour divergence politique à regagner la « famille ».

A Sikasso, l’appel a été attendu. La rentrée politique de la section a été mise à profit par d’anciens « rouge et blanc » pour signer leur retour pendant que des Sikassois manifestaient leur intérêt en adhérant au parti. Parmi les revenants, il est à signaler la présence de l’ancien maire Adéma (1998-2003), Mamadou Tangara, ancien membre de l’Adéma qui avait fait défection au profit du RPM d’abord et du Mouvement citoyen ensuite.

L’importance de la rentrée ne pouvait laisser indifférents les responsables du parti qui ont effectué le déplacement de Sikasso lui donnant un éclat particulier. Des délégations, composées de cadres du parti, conduites par le président se sont données rendez-vous dans la Capitale du Kénédougou afin de prôner l’unité et la reconstitution.

L’événement, qualifié d’historique, a été l’occasion, pour la section, de tester sa capacité de mobilisation. Malgré une chaleur caniculaire, la tribune située au pied du Mamelon a été prise d’assaut par des militants galvanisés. Sur place, les slogans sur les affiches aux couleurs de la ruche dénotaient tout le sens de l’événement : « La grande retrouvaille dans la famille Adéma de Sikasso », « Dialogue, confiance, discipline pour la reconstitution de la famille Adéma ».

Qualifiée d’amorce à la reconstitution de l’Adéma originelle, la cérémonie a été placée sous le signe de « l’unité et la cohésion ». Le retour en famille de Mamadou Tangara, et d’autres militants a été considéré par le président Dioncounda Traoré de point de départ de la reconstitution, entreprise depuis quelques années. « Il s’agit, pour nous, d’ouvrir la porte sinon de l’enlever à tous ceux qui veulent partager les idéaux de l’Adéma ».

En écho, le président de la section de Sikasso, Issa Diarra, a ajouté que ces retours et adhésions entrent dans l’esprit d’ouverture, de dialogue et de tolérance. « Il nous appartient dès à présent de nous faire mutuellement confiance, d’être tolérants les uns envers les autres et de se pardonner tout en se rappelant que nul n’est infaillible », a dit M. Diarra. Selon lui, il s’agit de tourner cette page pour bâtir de nouveau.

Mamadou Tangara, porte-parole des revenants, a affirmé qu’il signe son retour avec le gotha de l’association qui a été créée en son nom. Déterminé à atteindre les objectifs du parti, M. Tangara a invité les militants et sympathisants à enjamber les divergences de vue et à faire table rase des différends du passé. « Faisons vivre les actes positifs du présent, renforçons les acquis, faisons confiance à l’avenir, recherchons ce qui nous unit. Le parti en a besoin ».

Ces retours et adhésions se font au moment où le parti a entériné la levée de la sanction de Soumeylou Boubèye Maïga, 1er vice-président, et de 4 autres membres du CE suspendus pour « avoir violé la ligne du parti ». Ils précèdent d’autres cérémonies qui ont consacré le retour d’autres militants de la première heure.

Amadou Sidibé

 

Ils ont dit

Tiémoko Sangaré(ministre Adéma) :

« Je suis réaliste, je me dis qu’il y a un certain nombre de paramètres. Quand vous les réunissez, il n’y aura aucune raison que vous ne réussissiez pas. Les premiers indicateurs ont été aujourd’hui identifiés, mis en marche, ce qui présage de l’harmonie avec l’ensemble des autres indicateurs qui vont venir. Et si cette harmonie est garantie, le succès sera au bout ».

Yaya Sangaré(député) :

« Avec le retour de Tangara, je crois que ça va donner plus de force à l’Adéma dans la ville de Sikasso. Ce qui est une bonne chose pour la reconstitution de la grande famille. Comme le président Dioncounda lui-même l’a dit, il faudrait que l’exemple soit suivi par des instructions que tous ceux qui sont parti puissent revenir. Je crois qu’avec tous ce beau monde, si tous les fils se retrouvaient, il n’y a pas de raison qu’ensemble sereinement l’Adéma ne se passe pas aux vraies questions de développement qui se posent au Mali actuel ».

Adama Diarra(section de Sikasso) :

« On vient d’enregistrer le retour d’hommes et de femmes dont l’apport est considérable dans la ville. C’est un excellent mouvement qu’il faudrait entretenir. Et je pense que nous sommes bien partis pour aborder les élections communales de 2009, le point de mire, le point de rassemblement pour mobiliser davantage nos militants. Il nous revient à nous maintenant au sein de l’Adéma de faire le maximum pour assurer la cohésion et mettre le focus sur les élections communales à venir ».

A. S.

 

Un parcours en dents-de-scie

L’ancien maire Mamadou Tangara a évolué successivement dans l’UDPM sous le président Moussa Traoré. A l’avènement de la démocratie, il adhère au Parti malien pour le développement (PMD) alors dirigé par Ngolo Sanogo, avant de rejoindre les rangs de l’Adéma/PASJ.

C’est en tant que conseiller Adéma qu’il a été porté à la tête de la mairie de Sikasso, suite à des élections controversées. Il avait fallu qu’IBK, Premier ministre à l’époque, se déplace à Sikasso pour que cette élection soit possible, sous haute surveillance policière.

En 2002, Mamadou Tangara quitte l’Adéma pour le RPM. Après un court séjour au RPM, il choisit l’indépendance et parraine l’Asomata (Association pour le soutien à Mamadou Tangara) en vue des élections communales. L’histoire rattrape l’ancien maire, à travers un rapport accablant de la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration, sur sa gestion foncière.

Ce dossier foncier de la mairie finit par le conduire en prison en 2005. A la faveur d’une liberté provisoire, l’ancien maire adhère au PCR présidé par Ousmane Ben Fana Traoré. Mamadou Tangara regagne le Mouvement citoyen avant de revenir à l’Adéma.

A. S.

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EXPULSION DES MALIENS DE LIBYE

Bamako est-il complice de Tripoli ?

Ces dernières années, des Maliens sont fréquemment et sans ménagement refoulés de la Libye, « un pays frère et ami ». Cette pratique continue sans qu’une voix officielle se délie alors qu’il ressort de la responsabilité de l’Etat de défendre nos compatriotes de l’intérieur comme de l’extérieur. Ce silence fait peser de forts soupçons sur la volonté des autorités de mener une réelle politique d’immigration.

Le refoulement des Maliens de la Libye semble avoir atteint son paroxysme avec des milliers de refoulés selon un décompte annuel. Cette statistique s’est confirmée, voire alourdie, samedi dernier avec le « retour au bercail » de 120 de nos compatriotes, arrivés à bord d’un avion spécialement affrété. Ces citoyens parmi lesquels de nombreux jeunes étaient partis à la quête d’un devenir meilleur. Après avoir bravé de nombreux obstacles périlleux, ils étaient arrivés en Libye avec la conviction que ce pays allait les accueillir les bras ouverts.

Mais, l’illusion s’est transformée en calvaire tant le séjour aura été jalonné d’entraves. Même s’il faut avouer que les immigrés doivent se conformer aux règles en vigueur dans les pays d’accueil, ce sont les traitements inhumains qui ressortent des différents témoignages. Tout comme dans les déclarations des Maliens refoulés manu militari du Mozambique via l’Afrique du Sud il y a quelques mois, beaucoup de ces immigrés « non grata » en Libye ont soutenu avoir été « emprisonnés, battus et dépossédés de nos biens ».

Dans le cas de samedi dernier, des immigrés, très remontés contre les autorités accusées de ne pas les défendre « valablement et dignement », étaient réticents à l’idée de revoir leurs parents les mains vides, dans la mesure où ils perçoivent le fait de rentrer bredouille à la maison comme une « humiliation ». A défaut d’empêcher leur rentrée « prématurée et sans saveur » au pays, pensent-ils, les autorités, qui affirment régulièrement entretenir une « coopération exemplaire » avec la Libye, auraient pu les soutenir pour qu’ils ne soient pas sevrés de leurs biens gagnés à la sueur de leur front.

Paradoxe libyen

Jadis considéré comme une nation « exemplaire » en matière de coopération Sud-Sud, le pays de Mouammar Kadhafi est en train de revoir sa position vis-à-vis des immigrés sur son territoire. Et cela, estiment des citoyens, « en complicité sécrète » avec le pouvoir en place. Car, arguent-ils, comment comprendre que des Maliens soient « sauvagement » renvoyés chez eux d’un pays « ami » sans que l’Etat ne bronche ? Et d’ajouter qu’Oumar Bongo a donné un bon exemple en répliquant à l’expulsion de deux Gabonais de la France.

Le hic, c’est que les gens ont du mal à reconnaître le guide de la Jamahiriya libyenne dans sa volonté de faire de la Libye un modèle de pays respectueux des droits de l’Homme. Qui peut parler de droits de l’Homme quand des êtres humains sont battus et reconduits aux frontières ? Pour un confrère, « on ne parle pas de droits de l’Homme quand il s’agit de menotter les gens pour prendre la direction de Bamako ».

Qui plus est, des observateurs croient savoir que l’Union africaine suppose la suppression de barrières et de frontières entre les Etats du continent, et de surcroît l’égalité entre tous les ressortissants africains. Dans un tel contexte, le guide libyen, qui est l’un des instigateurs et fervent défenseur de cette union du continent, se trouverait dans une mauvaise posture quand c’est son pays qui s’élève contre des « compatriotes africains ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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RAPPORT DE LA CASCA

Le 11e Bulletin présenté à ATT

Sur les 117 rapports de contrôle et d’inspection reçus par la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (Casca), 35 ont été transmis à la justice.

Hier, à Koulouba le 11e bulletin du rapport de la Casca a été présenté et remis au président de la République, Amadou Toumani Touré, en présence du Premier ministre, des membres du gouvernement et des responsables de structures de contrôle de l’administration.

Couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2007, le Bulletin porte sur 117 rapports de contrôle et d’inspection des structures de l’administration publique.

Tel que présenté par le patron de la Casca, Bréhima Diallo, sur les 117 rapports reçus par la Casca, 35 ont été transmis aux autorités judiciaires et portant notamment sur les gestions calamiteuses à l’Amader, à la Daf du ministère de la Santé, à la Daf du ministère de l’Energie, des Mines et de l’Eau, la trésorerie régionale de Koulikoro, la mairie de Niono, l’Office du Niger, l’hôpital de Kati, le Bureau des produits pétroliers, etc.

De sa création en 2002 à nos jours, la Casca a étudié 800 rapports dont une centaine a été transmise à la justice. « L’un des piliers d’une gouvernance est le devoir de rendre compte. Tous les dossiers qui exigent d’être transmis à la justice le seront », a promis le président de la République.

Saluant les efforts toutes les structures de contrôle, ATT dira que « la lutte contre la corruption n’est pas un spectacle. Nous n’abandonnerons rien et nous allons débusquer les délinquants financiers. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce qui nous revient ».

La lutte contre la délinquance financière est un combat de longue haleine. C’est la raison pour laquelle le directeur de la Casca a demandé aux autorités de faire preuve de diligence dans le traitement des dossiers en même temps que cessent les protections et que l’autorité de l’Etat soit exercée dans toute sa rigueur.

Et à Bréhima Diallo de relever certains dysfonctionnements. Il s’agit de la faiblesse des services de contrôle qui ne vérifient qu’une infime partie des recettes publiques, la lenteur de transmission des rapports, l’absence de contrôle hiérarchique, la lenteur du traitement des dossiers au double plan administratif et judiciaire. Autres irrégularités soulevées par M. Diallo, c’est le pilotage à vue comme mode de gestion et l’absence de sanction. « Personne ne semble se soucier de ses responsabilités. Seuls les avantages liés aux postes importent ».

La Casca publie chaque année un Bulletin d’information.

Mohamed Daou

 

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CHERTE DE LA VIE

Le Redecoma dénonce la flambée des prix

A la célébration de la Journée mondiale des droits des consommateurs, édition 2008, le Regroupement pour la défense des consommateurs du Mali (Redecoma) n’a pas manqué de faire part de la préoccupation des consommateurs maliens face à la cherté de la vie.

L’occasion a été saisie par le Redecoma pour demander aux autorités compétentes de prendre des mesures diligentes et appropriées pour susciter la baisse des prix des produits de première nécessité.

Ainsi, lors de sa réunion de bureau tenue le 5 avril dernier à son siège le Redecoma, a constaté avec regret que depuis un certain temps les prix ne sont plus stables. Au contraire, ils connaissent des augmentations.

Face à cette situation de hausse continue des prix des produits vitaux, le Redecoma a réitéré son appel et a demandé au gouvernement d’être proactif afin que le dialogue et la concertation tant prônés puissent produire leurs effets et éviter aux consommateurs maliens des situations dramatiques.

Pour le Redecoma, en plus du riz importé pour lequel des d’exonérations sont prises, un élargissement des mesures similaires aux produits comme le lait, l’huile, le sucre et la farine est impératif car, il est convaincu qu’aucune mesure n’est de trop pour soulager les souffrances de la population aux périodes de crise et pour préserver la paix sociale, gage du développement.

Idrissa Sako

 

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DIFFICILE CHOIX DU DTN

Le dossier bloqué

Le mois de décembre était le délai fixé par Malifoot pour le dépôt des dossiers de candidature au poste de directeur technique national. Karounga Kéita, 1er vice-président de Malifoot était chargé d’exécuter la mission. A présent, force est de constater qu’il y a des problèmes dans le choix du DTN.

Tous les sportifs maliens savent qu’une offre de candidature avait été lancée par la Fédération malienne de football (Malifoot) pour le choix d’un directeur technique national des Aigles. Tout le monde sait aussi que c’est au lendemain de la signature de la convention entre la Fédération française de football (FFF) et Malifoot que le 1er vice-président de Malifoot, Karounga Kéita, assisté d’une commission, a été choisi pour prendre le dossier en main. Les dossiers, au nombre de 5 ou 6 selon des sources proches de la Fédération, ont été réceptionnés par Malifoot.

Mais jusque-là l’équipe dirigée par le 1er Ballon d’or africain n’arrive pas à choisir le nouveau DTN. Là s’arrête l’information commune. Depuis c’est le mutisme. Aucune information sur le choix du DTN ne filtre. Sauf que Malifoot se fait désirer, or le temps passe. On s’approche du début des éliminatoires combinées Can et Mondial-2010. Après la nomination du nouvel entraîneur, le public sportif malien s’inquiète et s’interroge sur le cas de la direction technique nationale des Aigles.

Entre-temps certains candidats font des campagnes médiatiques dans les journaux et radios de la place. Puis, comme par enchantement et avant dépouillement, des voix proches de Malifoot, semblent décidées à imposer leur choix. Comme on le voit, la balle est dans le camp de Salif Kéita et de son équipe.

Au vu de tout ce qui précède, on peut se poser la question de savoir si Malifoot, malgré l’offre de son homologue français, a besoin d’un DTN comme disait récemment l’ancien sélectionneur des Aigles Jean-François Jodar. « Malifoot n’a pas besoin de ce poste parce que depuis mon arrivée personne ne m’a approché à ce sujet », affirmait-t-il.

Pour mémoire, c’est à la proposition de la FFF, prête à la prise en charge d’un stage d’une durée de six mois à Clairefonatine, que l’idée de créer un poste de DTN a pris corps. Mais l’on ne sait plus à quel jeu jouent les dirigeants de notre sport roi.

Boubacar Diakité Sarr

 

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Du nouveau aux éditions jamana

Les noces viciées du Nonmon

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Droit et pratique du droit au Mali

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Les pièges du destin

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Le mouvement mondial des femmes

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Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
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