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2008

Mois d'Avril

Les Echos du 07 Avril

 

LIMOGEAGE DE LA MINISTRE DE L’ECONOMIE

Mme Bah F. Nènè Sy l’agneau sacrificiel d’ATT

Par un décret rendu public vendredi soir, le président a mis fin aux fonctions de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Mme Bah Fatoumata Nènè Sy. Si la mesure peut paraître de « salubrité publique », elle cache mal des raisons immédiates vu finalement la précipitation dans laquelle le limogeage a eu lieu.

« Sur proposition » du Premier ministre, le président de la République, a procédé le vendredi dernier, à un réaménagement technique du gouvernement. « Réaménagement » qui n’a vu que le départ de Mme Bah Fatoumata Nènè Sy, ci-devant ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Commerce, en poste depuis le 3 octobre 2007. Elle est remplacée par Ahmadou Abdoulaye Diallo, précédemment en poste à Niamey, mais dont le CV nous apprend qu’il était déjà conseiller économique.

Ce qui est sûr, c’est que Mme Bah a dû commettre un délit de lèse-majesté ces deux jours au point de s’attirer les foudres de Koulouba. Le ton du décret ne laisse de doute à personne sur l’intention de se débarrasser d’elle. Il n’est pris aucun gant et aucune diplomatie, contrairement à l’usage, n’a été mise dans l’acte.

C’était de notoriété publique au Mali et ailleurs : la ministre de l’Economie n’était pas du tout à la hauteur de sa mission. Du coup, sa nomination a montré deux choses : aujourd’hui, il faut, pour être ministre, moins méritant et s’investir politiquement, et savoir jouer des relations. Car, le seul fait d’arme connu de Mme Bah Fatoumata Nènè Sy était qu’elle était présidente du Mouvement citoyen à Washington (Etats-Unis).

L’autre analyse, c’est que, depuis sa nomination, on la savait « techniquement limitée » et incapable de gérer un département aussi vaste. La preuve, dès les premiers mois de sa prise de fonction, de façon officieuse, le ministre des Finances, Abou-Bakar Traoré, a été chargé de la coacher et de piloter les dossiers les plus sensibles de son département.

Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Et que signifie ce limogeage en ce moment ? Il est sûr que la question de la cherté de la vie y est pour quelque chose. En effet, elle n’a pas su proposer d’alternative, et d’ailleurs, comme le soulignait si bien un confrère, son éviction et son renvoi ne feront pas que le sac du riz coûtera moins cher.

La rançon de l’amateurisme

Du coup, surgit un aspect qui cause bien de malaise : la gestion pleine d’amateurisme et de charlatanisme qui est faite dans les nominations.

Par essence, un ministre est un chef d’équipe, un manager qui a fait ses preuves au moins quelque part ou du moins qui a déjà conduit des hommes et qui est à même d’être à hauteur de mission. Dès la prise de fonction de Mme Bah, sont apparues ses limites et ses insuffisances. En tardant à la renvoyer, on a causé plus de tort à tout le pays et on a fait du Mali la risée des autres, car dans les foras où elle a représenté notre pays, nous n’avons jamais pu percer. A aucun niveau, elle n’a laissé de souvenir impérissable.

Cependant, il ne s’agit pas de lui jeter la pierre. Elle est moins comptable du désastre que ceux qui l’ont mise là. Sans déconsidérer le métier du charretier, celui-ci comme tout le monde accepterait volontiers un poste ministériel, qui doit apparaître plus comme le couronnement d’une riche carrière que comme une récompense d’un militant qui n’a jamais rien prouvé.

Le renvoi qui, du reste est arrivé comme la nomination, se présente aujourd’hui comme un aveu de manque de cohésion et de ligne directrice. L’équipe semble assez hétéroclite avec un manque de communication cohérente, et surtout de capacité à rassurer et à mobiliser les Maliens. La preuve flagrante au-delà de ce limogeage est que depuis sa mise en place, elle fait face à des crises qui, de mineurs au départ, prennent de l’ampleur faute d’une réelle gestion.

Le renvoi de Mme Bah est la reconnaissance d’un problème sans en être forcément la solution. A qui le prochain tour ?

Alexis Kalambry

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REAMENAGEMENT

La solution de facilité

ATT a choisi la solution de facilité en sacrifiant sur l’autel de la demande sociale la ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie.

Le réaménagement technique du gouvernement intervenu vendredi dernier, apparaît aux yeux de l’opinion publique comme un non-événement. Le départ de Mme Bah Fatoumata Nènè Sy est loin d’être la solution au problème de la vie chère, de la corruption, de l’école et même de l’incapacité du gouvernement à faire face aux préoccupations majeures des citoyens.

ATT a dû être influencé par les récriminations dont la désormais ex-ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie a fait l’objet au moment de sa nomination et tout au long de son séjour dans le gouvernement sur son cursus universitaire et sa compétence à diriger son département.

Un autre élément qui n’a pas plaidé en sa faveur est le bruit qui a couru ces derniers temps sur ses rapports tendus avec les opérateurs économiques. Ce cocktail de préjugés défavorables ont fini par avoir raison de Mme Bah, immolé sur l’autel de la demande sociale.

Mais en procédant de la sorte, ATT a joué la politique de l’autruche car il s’est toujours agit pour lui de déplacer les problèmes. Il n’a pas encore résolu le tiers des problèmes et n’entend manifestement pas le faire.

Exos à tour de bras

Lors de sa conférence de presse du 1e avril, le secrétaire général de l’UNTM mettait en cause la compétence du gouvernement. Il dénonçait également les exonérations accordées à des opérateurs économiques triés sur le volet comme Modibo Kéita de GDCM, Bakorè Sylla de GGB et même le vénéré Chérif de Nioro du Sahel.

Sur le plan des exos, la simple logique permet de savoir que son attribution est du ressort du ministre des Finances. Ce dernier n’a pas non plus un pouvoir discrétionnaire immuable dans le domaine. Son choix est le plus souvent guidé.

Dans ce capharnaüm de népotisme et de clientélisme, il serait injuste de pointer du doigt un seul individu. S’il s’agit de contrôler les prix, combien d’exonérations ont été accordées avant la nomination du ministre Mme Bah et qui n’ont pas du tout contribué à baisser les prix ? Personne n’a répondu de tout cela.

L’appel des Maliens en direction d’ATT pour plus de conditions de vies meilleures reste entier. Les exonérations sur le riz accordées à l’ensemble des commerçants sur une période de six mois (avril-septembre 2008) avec interdiction de reexporation et au prix de 310 F CFA le kg sont tout de même salutaires. Le gouvernement vient ainsi de renoncer à 28 % de taxes sur le riz pour l’approvisionnement correct du marché national et éviter la hausse des prix pendant la période de soudure.

Les Maliens ne mangent pas que du riz. La viande, le lait la farine de blé, le sucre, entre autres, ne sont pas non plus à la portée de la majorité. L’électricité et l’eau, les médicaments grèvent la bourse des citoyens. La vigilance doit être de mise.

Abdrahamane Dicko

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MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DU COMMERCE

Ahmadou Abdoulaye Diallo en terrain connu

Ancien militaire, polytechnicien, économiste, banquier, le nouveau ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce n’est pas en terrain inconnu. Il sort juste de l’ombre pour exercer en plein jour. En effet, cet ingénieur économiste, né le 16 mars 1959 à Bazi (Ansongo) et exerçant depuis mars dernier les fonctions de directeur des opérations au Fonds de solidarité africain (FSA), à Niamey, a été pendant longtemps, cumulativement conseiller économique du président de la République du Mali avec résidence principale à Niamey et conseiller de direction du FSA.

Marié et père de 4 enfants, Ahmadou Abdoulaye Diallo a fait ses preuves dans beaucoup de structures nationales : conseiller technique du directeur général de la Caisse autonome d’amortissement (94-97) ; directeur de la dette publique à la Caisse autonome (91-94) ; chef de la section des bailleurs de Fonds arabo-islamiques à la Caisse autonome d’amortissement, chef de la section évaluation-contrôle de l’Ombevi et chef de la Cellule de planification du ministère des Ressources naturelles et de l’Elevage… et soldat dans l’armée malienne en 1985.

Il arrive dans un département à problème. Mais, apparemment, l’homme doit avoir du répondant pour y faire face.

Alexis Kalambry

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il faut le dire

Bricolages

Malgré l’évidence, c’est-à-dire toute la gymnastique faite par les Maliens pour accéder aux céréales, il se trouve encore des autorités pour se féliciter de la « bonne campagne agricole ». A les entendre, la crise n’est que passagère et les Maliens vont bientôt recommencer à boire et à manger à leur faim. Un autre plan sur la comète pour appâter les naïfs ?

Sinon pourquoi continue-t-on donc de se moquer de nous autres qui nous battons sans répit pour survivre avec de maigres revenus défiés par le sac de 100 kilo de riz qui a atteint les 35 000 F CFA ; la viande, le poisson, le lait… devenus l’apanage des « riches » dans un pays à vocation agro-pastorale ?

La réponse est simple. Avec un mouvement syndical timoré, qui ne mobilise plus, en l’absence d’une société civile percutante et avec des associations de consommateurs dormantes… les garde-fous ont sauté, laissant le peuple orphelin au propre comme au figuré. D’où les solutions de facilité comme par exemple le limogeage de la seule ministre de l’Economie là où une thérapie de choc est nécessaire ; là où une restructuration de l’Etat, pris en otage par une poignée d’individus, s’impose. Aux grands maux, des remèdes de cheval !

De même, en livrant à la vindicte populaire des opérateurs économiques qui, ne sont pas exempts de reproche, mais en ignorant de pourfendre le système qui les a faits, l’UNTM a omis de frapper là où ça fait mal. Avait-elle seulement besoin de se donner bonne conscience ? Dans l’affirmative, sa « sortie » doit être considérée comme une autre solution de facilité ! Que dire de la marche de soutien des femmes ? Qu’elle reflète les positions ou soulage le peuple ? « Kalon fin » ! Certaines souffrances, aujourd’hui, sont indescriptibles. Là aussi, c’est passé à côté de la plaque.

Toutefois, qu’on se le tienne pour dit : le spectre du mécontentement est toujours là et se porte même comme un charme, car « il n’y a pire eau que l’eau qui dort ». Il nous faut donc préserver la demeure commune en faisant appel aux Maliens les plus compétents pour mieux atténuer la dureté du moment.

Les vraies solutions, au lieu du bricolage, sont à portée de main avec notre pétrole ! Mais notre pétrole, c’est d’abord les cours d’eau qui arrosent le pays. Notre pétrole, ce sont les ressources humaines (ingénieurs et techniciens) mis à la touche alors qu’ils sont capables de transformer en un clin d’œil notre agriculture malgré tout extensive, en locomotive du développement.

Notre pétrole, ce sont tous ces Maliens, chacun dans son domaine, aptes à servir, mais écartés sans raison. Notre pétrole, c’est la réhabilitation de la rigueur, du travail bien fait, de l’équité et de la justice… Il est vraiment temps d’agir en profondeur parce que comme le dit un proverbe chinois « le toit qui protège la maison de la pluie a été construit par temps sec ».

A. M. T.

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INSTALLATION DU BUREAU DE LA CCIM

Bittar rappelé à l’ordre

Jeamille Bittar voulait installer dimanche un bureau consulaire fantôme de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM). Il comptait sur le soutien de Koulouba qui lui a fait faux-bond cette fois-ci en reportant sine die la cérémonie.

A grand renfort de publicité, Jeamille Bittar annonçait l’installation officielle du bureau consulaire de la CCIM, prévue hier au cours d’une cérémonie au CCIB. Mais vendredi dans la journée, il a reçu des instructions de Koulouba lui intimant l’ordre de tout arrêter. Jusque-là, il avait été suivi et soutenu dans son règne hégémonique par les pouvoirs publics auxquels il doit sa réélection à l’issue d’une mascarade d’octobre 2006.

ATT, assailli par des problèmes sociaux de toutes sortes, et ne voulant pas en rajouter à ses déboires, a demandé le report sine die de la cérémonie d’installation du bureau consulaire. La mise en place dudit bureau avait été au préalable dénoncé par le camp Ousmane Guittèye, son adversaire aux élections consulaires du district de Bamako en octobre 2006 (cf. notre édition du vendredi 4 avril 2008) à cause des contentieux électoraux pendants à Koulikoro et à Gao.

Mettre les charrues devant les bœufs

Le cri de cœur des sept milliardaires a été certainement entendu par ATT. Ce dernier s’est rendu à l’évidence et a compris pourquoi Bittar se presse d’installer un bureau dans ces conditions. Pour quelqu’un qui est sûr de sa victoire, rien ne presse au risque de mettre les charrues devant les bœufs.

Il serait illégal de mettre en place le bureau qui est l’organe de délibération de la CCIM devant refléter sa configuration alors que le processus électoral suit son cours. Mais habitué à jouer à Arsène Lupin et n’ayant d’adepte que Narcisse, Bittar a fait croire à des membres de sa tendance qui s'inquiétaient de l’assentiment du ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie. Il aurait répondu « convoquons seulement la cérémonie d’installation du bureau, le reste je vais le gérer avec le ministre ».

Le report a été vu par Bittar et son entourage non comme un revers mais plutôt comme un succès. Car, toujours prêt à vanter ses exploits et ses affinités avec le régime en place même dans le mal, le tout-puissant président de la CCIM, fait croire qu’il est à l’origine de la révocation le vendredi 4 avril 2008 du ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, Mme Bah Fatoumata Néné Sy au motif que celle-ci ne s’entendait plus avec les commerçants.

Abdrahamane Dicko

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LE PAYS DANS L’IMPASSE

L’ADJ propose les Etats généraux du Mali

Face aux nombreuses crises qui secouent le pays, ce n’est pas les mesures cosmétiques et de propagande gouvernementale qui vont nous tirer d’affaire.

« Pour difficile que soit le moment, pour décevante que soit l’heure, il vient un temps où le silence est trahison » . C’est pour ne pas aller à contre-courant de cette assertion que l’Association démocratie et justice (ADJ), fidèle à sa déclaration contenue dans le Manifeste de juin 2006, est montée au créneau samedi en animant un point de presse sur un thème évocateur « Mali : l’impasse ».

La conférence de presse a eu lieu au QG de la presse (Hamdallaye ACI) et était animée par le président de l’ADJ, Pr. Abdoul Traoré dit Diop. De la cherté de la vie, à la crise au nord en passant par la crise de l’école, la corruption, la crise de gouvernance, aucune question touchant la vie de la nation n’a été occultée.

Le thème de la conférence traduit le mal malien et montre combien le peuple souffre. Personne ne peut nier le fait que ça ne va pas et il existe, selon le président de l’ADJ, des éléments qui l’attestent suffisamment. « L’heure n’est plus au charlatanisme politique et au marketing des illusions pour masquer les gestions calamiteuses. La politique, c’est l’anticipation. Et nous estimons à l’ADJ qu’il est encore possible d’anticiper sur des crises encore plus graves qui ne serviraient les intérêts de personne », a fait savoir le principal conférencier. Pour aller au fond de ses idées à travers une communication, c’est un tableau sinistre de la situation socio-politico-économique que le président de l’ADJ a dressé.

Il n’est un secret pour personne que les autorités maliennes ont expliqué la cherté de la vie par le prix du pétrole et la dégringolade du dollar. Or, cet argumentaire, selon le Pr. Traoré, ne semble pas tenir la route. « Tout ne s’explique pas par le prix du pétrole et la dégringolade du dollar. Nous payons aujourd’hui le prix d’une corruption généralisée, d’une incompétence manifeste et d’une absence de vision par rapport à notre projet de société », a-t-il expliqué.

Convaincu que ce ne sont pas de simples déclarations qui vont ébranler les sangsues de l’Etat, le président de l’ADJ pense que les contribuables seront des pauvres mammifères laissés dans la forêt à la merci des prédateurs. « Comment redonner confiance aux Maliens, alors que plus que jamais, l’autorité semble incapable de faire face aux défis de notre société et que plus que jamais l’Etat réaffirme son caractère d’Etat prédateur, toujours plus enclin à prélever sur le citoyen, au seul profit de la classe dirigeante ? », s’est-il interrogé.

Solution global

S’agissant de la crise au nord, nul n’ignore que jamais l’Armée nationale n’a compté autant de généraux, et que jamais elle n’a compté autant d’éléments pris en otage par des rebelles. Et jamais l’irrédentisme du Nord n’a pris autant des allures de revendication territoriale. Le paradoxe est patent. Toutes choses qui découlent, aux dires du président de l’ADJ, de la gestion informelle et hasardeuse du dossier avec d’incessants va-et-vient des négociateurs entre l’Algérie et la Libye.

A l’ADJ, la crise de l’école a été qualifiée comme la plus grave d’autant que, soutient-on, ce n’est ni l’or, ni le pétrole, ni l’agriculture qui tirent un pays vers le haut, mais bien ses hommes et ses femmes. Pourtant, l’école va à vau-l’eau. Et que dire de l’incroyable aveu d’impuissance du président de la République lors des festivités commémoratives du 8 mars 2008 et de l’aversion qu’il a vis-à-vis des intellectuels ?

Récusant la gestion parcellaire des problèmes, l’ADJ a proposé à l’Etat de trouver une solution globale aux problèmes et non d’en faire une gestion isolée. « La gestion parcellaire ne résoudra à rien ». Prête à apporter sa modeste contribution à l’édification nationale, l’ADJ ne s’est pas limitée au constat. Elle a proposé au gouvernement la convocation des Etats généraux de la nation. Ce qui sera une aubaine, pour les fils du pays, de s’asseoir et de se regarder droit dans les yeux en examinant sans complaisance les maux qui gangrènent le Mali.

« Les différentes crises sont liées les unes aux autres. Il faut une vision globale, sinon on n’en finira pas. Il est temps que l’on convoque les Etats généraux de la nation pour mettre à plat les difficultés qui assaillent le pays » . Qu’il s’agisse de l’école, du Nord, de la corruption, l’ADJ estime que les difficultés actuelles ne sont pas conjoncturelles mais structurelles.

L’ADJ a laissé entendre que son combat n’est pas dirigé contre tel ou tel autre mais pour le respect des principes et valeurs républicaines. Elle a néanmoins dénoncé les déclarations qu’elle a qualifiées « de mensongères » qui ont tendance à tout mettre à l’actif du régime actuel. « Nous ne sommes pas là pour faire l’apologie d’un parti politique. Mais la plupart des projets en cours aujourd’hui viennent de l’Adéma. Mais on a tendance à nous faire croire que les choses étaient mortes avant le régime actuel. Nous disons que c’est de la comédie ».

Mohamed Daou

 

Coton malien : recul de 20 ans

Profitant de la conférence de presse de l’ADJ, Dr. El Madani Diallo, ancien ministre de l’Agriculture, s’est prononcé sur la crise cotonnière au Mali qui, dira-t-il, a fait reculer notre pays d’au moins 20 ans. « Nous avons obtenu cette année 247 000 tonnes de graine contre 620 000 tonnes dans le temps ». A entendre Dr. Diallo, le problème du coton n’est pas simplement celui de la subvention. « Le vrai problème c’est un problème de rendement, de terres cultivables qui, aujourd’hui, sont affaiblis par l’utilisation des engrais ». Pourtant, a-t-il poursuivi, des solutions demeurent avec le phosphate de Tilemsi et le pourghère. A ses dires, ces deux, mis bout à bout, peuvent contribuer à la bonification de l’agriculture au Mali.

M. D.

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MARCHE DES FEMMES

Quand la Cafo fait cause commune…

La Coordination des associations et ONG féminines (Cafo) a surpris et déçu par sa marche pour le moins inattendue et hors de propos de la semaine dernière.

Le gouvernement semble à plein dans la manipulation. Après la grande bévue du 8 mars qu’aucune communication n’a pu effacer, les femmes sont devenues pour lui des proies faciles. C’est par elles que le scandale est arrivé, c’est à elles de se mobiliser, pourrait-on dire. Ainsi, presque deux jours après les femmes qui ont marché pour l’école, Mme Traoré Oumou Touré, la présidente de la Cafo, mobilisait ses troupes, sur commande, pour battre le pavé.

La marche de la Cafo peut se lire à deux niveaux : cette association apolitique, qui a quand même réussi à fédérer les femmes au-delà des clivages politiques, avait réussi à rester hors de l’arène politicienne. Sa présidente actuelle avait reçu toutes sortes de pressions en son temps pour, à l’image des autres associations de la société civile, organiser un meeting de soutien au président ATT. La Cafo avait pu faire face et éviter ce fâcheux précédent.

Mais, juste après les élections et comme par hasard, une grave crise éclatait en son sein et la tête de la présidente, qui avait osé ne pas organiser la marche, a été fortement secouée. Elle a réussi à se maintenir, mais elle semble atteinte. C’est en tout cas la seule explication possible à la marche organisée et ayant pour but de faire diversion.

En tout cas, au moment où les enjeux sont à la lutte pour maintenir le pouvoir d’achat des ménages, la Cafo organise une marche dont le but était très flou. D’ailleurs, cette marche puait à mille lieues la manipulation et l’orchestration. Ce qui ne grandit pas les organisatrices. Il y a lieu de s’interroger sur la motivation réelle de la Cafo et sur les raisons qui l’ont fait céder finalement sur un point que l’on croyait lui tenir à cœur : son indépendance et son apolitisme.

Pour garder son crédit, la Cafo devra, dans les jours à venir, organiser d’autres marches pour dénoncer cette fois-ci nos problèmes réels. En tout état de cause, après cette marche de soutien, la présidente de la Cafo convaincrait difficilement sur son indépendance et sa neutralité par rapport au pouvoir en place. En même temps, elle pose un fâcheux précédent qui marquera à jamais le Collectif des associations et organisations des femmes.

Alexis Kalambry

 

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