Les Echos du 04 Août
CONTROLE DE L’AXE SEKOKOTO-BAFING-FALEME
Mode d’emploi d’un tripatouillage au MET
C’est peut-être pour 200 millions de F CFA seulement à se partager en cachette que la crédibilité du Mali est aujourd’hui fortement entamée auprès de bailleurs de fonds et autres partenaires au développement qui interviennent dans la construction de la route Sekokoto-Bafing-Falémé. Le bureau de contrôle tunisien, préalablement choisi mais victime d’un véritable micmac, est poussé à la sortie au grand dam de la Bad et de la BOAD.
L’appel d’offre pour le contrôle des travaux de la route Sekokoto-Bafing-Falémé en date du 10 mai 2007, malgré la clarté des choses, continue de faire polémique ; une situation voulue et entretenue par des autorités du ministère de l’Equipement et des Transports (MET).
De quoi s’agit-il au juste ? Il convient tout d’abord de préciser que la construction de la route Sekokoto-Bafing-Falémé entre dans le cadre du Programme d’aménagements routiers et de facilitation du transport sur le corridor Bamako-Dakar par le Sud, Uémoa/Mali-Sénégal.
Pour le contrôle des travaux, un appel d’offre a été lancé le 10 mai 2007. Plusieurs entreprises de contrôle ont soumissionné. Mais suite à une présélection rigoureuse, seuls trois bureaux de contrôle ont été retenus. Il s’agit du Groupement Louis Berger/GIC, de la Socetec/SCET-Tunisie et du Groupement Cira/AIC Progetti.
À l’issue du dépouillement, le Groupement Louis Berger/GIC, qui s’est classé premier, a été proposé à la non-objection de la Banque africaine de développement (Bad) et de la Banque ouest-africaine pour le développement (BOAD), principaux bailleurs de fonds du programme.
Mais, l’institution bancaire continentale, basée à Tunis, constatant que le chef de mission n’a pas un diplôme suffisant pour le travail demandé, a refusé de donner sa caution au Groupement Louis Berger/GIC, qui a été de ce fait éliminé.
Ne restaient plus en lice que la Socetec/SCET-Tunisie, qui a proposé 1,4 milliard de F CFA, et le Groupement Cira/AIC Progetti qui a fait une offre de 1,6 milliard de F CFA, soit une différence de 200 millions de F CFA.
Le bon sens voulait dès lors que l’entreprise classée 2e (de surcroît la moins disante), en l’occurrence la Socetec/SCET-Tunisie, soit automatiquement proposée, ce que la Bad avait d’ailleurs fait en demandant que son dossier lui soit communiqué.
Munie des quitus, c'est-à-dire les non-objection de la direction générale des marchés publics (DGMP) et des bailleurs de fonds, la Socetec/SCET-Tunisie devient adjudicatrice provisoire du marché le 12 mars 2008 et avait même commencé à faire certaines prestations en attendant la signature définitive de son contrat.
Une offre, deux dépouillements
On croyait l’affaire close. Mais c’était sans compter avec le Groupement Cira/AIC Progetti qui se serait plaint auprès de la DGMP pour contester les procédures de passation de ce marché. La DGMP, à son tour, saisira la Bad aux fins de réunir une nouvelle commission de dépouillement des offres.
Le 8 juillet 2008, cette commission, comme par enchantement, proposera le Groupement Cira/AIC Progetti avec une deuxième non-objection de la DGMP. Autrement dit, sur un même marché, la direction générale des marchés publics a accordé deux non-objection à deux entreprises concurrentes. Il fallait le faire !
Hélas, manque de pot : la Bad décèle des irrégularités dans le dossier de Cira et entre autres incohérences, la non-concordance des noms et dates de naissance sur le CV et le diplôme du chef de mission proposé.
Une source proche du dossier indique que le chef de mission en question serait un certain Daniel Noël Toukpo sur le diplôme et Dadié Noël Toukpo sur le CV, ce qui, dira-t-il, doit valoir à Cira la note zéro à l’évaluation. De plus, ajoutera-t-il, M. Toukpo aurait signé une attestation de disponibilité pour le chantier sur la période du 1er octobre 2007 au 31 mars 2010 et que le Groupement a régulièrement prorogé la durée de validité de son offre chaque fois que l'administration le lui a demandé. "Ce qui équivaut à la fourniture d'une fausse information".
Des vices inacceptables ailleurs, mais sur lesquels certains techniciens du ministère de l’Equipement et des Transports veulent fermer les yeux, ne voyant que leurs propres intérêts aux dépens de l’intérêt collectif. Tant et si bien que certains partenaires qui voulaient construire au moins trois ponts sur l’axe participant davantage au désenclavement intérieur et extérieur du Mali commencent à traîner le pas.
Certaines personnes qui se disent proches du ministre Séméga et, par voie de conséquence du président de la République, tentent en réalité de l’induire en erreur. Tout en sabotant les efforts du président de la République dans la mise en œuvre de son Programme de développement économique et social (PDES), ils se font de l’argent à gogo.
En attendant, la Socetec/SCET-Tunisie, complètement irritée, aurait fait part de son indignation à qui de droit et entend faire valoir ses droits.
Affaire à suivre.
La rédaction
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POUR MANQUE DE MOYENS LOGISTIQUES
Les policiers du 10e patrouillent à pied
Le commissariat de police du 10e arrondissement de Niamakoro en Commune VI mène depuis plus de cinq mois ses patrouilles à pied. Une corvée que les agents sont obligés d’endurer suite à une panne de leur unique véhicule de patrouille.
Profitant de sa cérémonie d’intronisation, il y a quelques semaines, le directeur général de la police, le contrôleur général Niamé Kéita, avait promis de s’investir pour le renouveau de la police malienne afin que celle-ci puisse assumer pleinement son rôle de sécurisation des hommes et de leurs biens.
A l’état actuel des choses, l’objectif est loin d’être atteint. En effet, en plus de l’indiscipline qui prévaut dans les rangs des hommes en uniforme, certains commissariats de police manquent cruellement de moyens logistiques pour mener à bien leurs activités quotidiennes. C’est le cas du commissariat du 10e arrondissement, à Niamakoro. Là-bas, les agents, à défaut d’un véhicule, font leurs patrouilles nocturnes à pied.
Le taxi pour les prévenus
« Depuis plus de cinq mois nous faisons les patrouilles à pied et nous sillonnons uniquement là où nos pieds peuvent nous amener » , déplore un agent qui révèle qu’ils ont même de la peine à transporter les détenus. Il précise que « pour le transport des détenus au parquet, nous empruntons soit un taxi soit nous faisons usage de la voiture principale du commissaire ».
Le commissariat du 10e arrondissement qui est un poste stratégique couvrant plusieurs quartiers (Niamakoro, Sénou, Faladié, Cité Unicef…), dont certains sont considérés comme des nids de bandits de grand chemin, est plus jamais dans le besoin d’un moyen de locomotion.
Selon notre source, le véhicule de patrouille de son service qui se trouve à l’état d’épave à cause de la répétition des accidents qu’il a subis a été à maintes reprises réparé par la mairie de la Commune.
Lasse, cette dernière a finalement soutenu qu’elle n’est plus en mesure de prendre en charge les frais de réparation.
Amadou Waïgalo
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IL FAUT LE DIRE
Justice ?
La récente signature d'une charte de bonne conduite, qui lie dorénavant tous les acteurs de la justice, est la preuve si besoin est que notre 3e pouvoir est bel et bien une écurie d'Augias qui mérite d'être « nettoyée au Kärcher ». La justice malienne aujourd’hui rédemptrice de la justice malienne ? Hum ! Souffrez encore une fois que nous jugions que ce ne soit qu’une simple manifestation « du culte de la persévérance dans l’erreur ».
Dans une société primitive, les citoyens épris de paix et de justice allaient applaudir des deux mains. Ici, ils ont accueilli la nouvelle, la moue dubitative, car ils savent que nulle part au monde, l’on ne parviendra à faire du neuf avec de l’ancien ; que désormais, ici, il n’y aura qu’exceptionnellement justice quand des hommes qui doivent enfiler la tenue du bagnard porteront la toge du juge droit, loyal et impartial ?
« Qui a bu boira », dit l’adage. Alors, gardons-nous de croire au père Noël ! Un garde des Sceaux, qui voulait naguère faire le ménage, n’a-t-il pas été prié de prendre la porte ? Toutefois, l'accord intervenu entre les syndicats de magistrats et de greffiers, les ordres ou chambres d’avocats, de notaires, d’huissiers, de commissaires-priseurs et le ministère de la Justice a au moins le mérite de soulever des questionnements.
Est-ce donc à dire qu'avant le 26 juillet 2008, date de la signature de la charte, de nombreuses décisions de justice, rendues au nom du peuple souverain du Mali, ne l'ont pas été dans les règles de l'art ? Si oui, est-ce que les verdicts en cause seront annulés ?
Au demeurant, un juge, un avocat ou un notaire... ne prête-t-il pas serment avant d’entrer en fonction ? N'y a-t-il pas des règles et principes clairs qui régissent ces professions et qui s’appliquent aux contrevenants ? Or, ces derniers temps, aucun juge ou auxiliaire de justice à notre connaissance n’a fait l’objet même d’une simple mesure administrative.
Allons donc ! Ce n'est qu'une nouvelle opération de charme destinée à tromper le peuple qui doit pourtant se convaincre que « les jugements de cours et de tribunaux vous rendront noir ou blanc selon que vous soyez riche ou pauvre ». Il doit se convaincre qu'il risque d'en être longtemps ainsi dans ce Mali qu’on a délibérément égaré, et où la « réussite » ne se juge plus qu’à la seule aune du pouvoir d’achat.
Des juges et auxiliaires de justice ne sont certes pas les seuls coupables (des éducateurs, des apprenants, des médecins, des ingénieurs, des administrateurs maliens, de plus en plus, se moquent, comme de l’An 40, de leurs éthiques et déontologies pour ne se prosterner que devant le commandant Argent). Mais, les tares du 3e pouvoir, dernière soupape de sécurité, ont certainement le plus de répercussions négatives sur notre développement social et humain durable.
Et alors ?
A. M. T.
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