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2007

Mois de septembre

Les Echos du 26 septembre

CONCOURS D'ENTREE A LA FONCTION PUBLIQUE

Déjà des frustrations

A peine commencés, les concours d'entrée à la Fonction publique font un contingent de frustrés à travers le pays. Ne sachant plus à quel saint se vouer, les frustrés se résignent à continuer dans leur calvaire de tous les jours : le chômage ! L'espoir sera peut-être le secteur privé.

Des concours d'entrée à la Fonction publique auront lieu ce samedi 29 septembre dans 5 centres (Bamako, Mopti, Gao, Kayes et Sikasso). Véritablement, le nombre de postulants ne cesse d'accroître d'année en année, le chômage ayant élu domicile dans un pays où la pauvreté devenue le quotidien de la majorité de la population, surtout les jeunes diplômés. Cette année, environ un peu plus de 45 000 candidats se soumettront à une épreuve technique et à un test de culture générale.

D'ores et déjà, les frustrés sont incalculables. En premier lieu, nous avons ceux qui n'ont pas pu postuler, faute de détention de leur attestation ou de leur diplôme. Dans cette situation, ils sont des milliers de lauréats de l'année académique écoulée à traîner vainement, pendant des semaines, derrière leurs attestations. Le cas de cet élève d'une école supérieure de santé de Sikasso, venu spécialement du Kénédougou, en est la parfaite illustration.

« J'ai passé plus de dix jours à courir sans cesse derrière mon attestation et on m'a toujours dit que c'était en train d'être fait. Finalement, je n'ai pas obtenu mon droit. J'étais venu en vue de postuler au concours de la Fonction publique, mais je dois rentrer bredouille à Sikasso et aider mes parents dans les travaux champêtres en attendant peu probablement des jours meilleurs » , s'est-il plaint. Pis, en quittant Sikasso pour Bamako, tous ses parents étaient contents, car ils espéraient que « j'allais finalement pouvoir décrocher la perle rare et réduire leurs souffrances quotidiennes » .

Comme lui, un diplômé de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), qui a soutenu, il y a plus de six mois, n'a nullement vu la couleur de son diplôme. Il est donc privé de concours cette année. A ceux-ci, il faut ajouter les titulaires de diplômes étrangers, qui peinent à établir l'équivalence exigée. « Je suis titulaire d'un DEA obtenu en Russie et l'on m'a tourné en bourrique pour l'équivalence. Finalement, la chance de postuler à la Fonction publique s'est évanouie. Vraiment, après de telles longues études dans la galère, je suis déçu par ce pays » .

1200 partants, 750 postes à pourvoir

Face aux pressions et à la persistance de certains candidats, les responsables ont finalement décidé d'accepter les relevés de notes à « une semaine de la clôture des dépôts de dossiers » . Le ridicule est que « la décision n'a même pas fait l'objet de communiqué ni interne ni externe. La décision a été prise en clandestinité et c'est seulement quelques personnes qui ont pu en profiter » , s'est plaint Ahmed Kounta de la direction nationale de la fonction publique.

Ce dernier n'en croyait pas à ses oreilles lorsqu'un des candidats est venu lui présenter son relevé de notes en lieu et place de l'attestation :  « J'étais ébahi et j'ai dû demander pour ensuite obtenir la confirmation. Personne ne m'en avait informé ». Et à notre interlocuteur de continuer que « le vrai problème de ce service est la communication, dont les frais sont inclus dans le budget prévu dans l'organisation des concours » .

Il convient aussi de noter que « statutairement, le nombre de postes à pourvoir dépend du nombre de partants à la retraite. Cependant, cette année, il y a 1200 fonctionnaires qui partent à la retraite alors qu'on pourvoit seulement environ 750 postes entre des milliers de candidats ». « Où partent le reste des postes à pourvoir ? » , se demande Ahmed Kounta, qui ne parvient pas à comprendre cette situation, qui ne « s'explique pas intellectuellement » .

En tout cas, la majorité des frustrés se consolent avec l'idée que « les jeux sont faits d'avance… Ça ne change rien à mon sort dans ce pays dans la mesure où je n'ai personne pour me soutenir dans l'ombre. Donc, j'allais inutilement perdre mon temps et mon énergie » , se console d'eux.

La solution, pour eux, est de guetter du côté du secteur privé pour « faire valoir notre compétence après nous être battus pour obtenir nos attestations » . Pour eux, « contrairement à d'autres pays, la galère ne commence au Mali qu'à la fin des études » .

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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CONTROLE DES SERVICES PUBLICS

La chasse au Vérificateur général

Qu'il est curieux de voir celui qui a la mission d'identifier les voleurs professionnels faire l'objet d'une cabale aussi peu réfléchie !

Le Vérificateur général ou Végal pour faire court, est chargé, par la loi, de procéder à un audit permanent de la gestion des fonds publics. A cet effet, le législateur lui a accordé une immunité totale et un mandat très clair : il doit faire son travail en toute indépendance et probité.

Sidi Sosso Diarra, l'homme choisi par le président ATT après une offre d'emploi publique, a publié deux rapports qui, grosso modo , nous apprennent (est-ce vraiment une surprise) que près de 118 milliards (15 dans le premier rapport et 103 pour le second) ont été volés au Trésor public par des individus sans scrupule couvés au sommet de l'Etat et bénéficiant de protections souvent très puissantes.

Il ne se trouve personne au Mali pour mettre en doute la compétence de Sidi Sosso Diarra dans son domaine, l'audit de gestion. Ce n'est pas une carrière complaisante dans la fonction publique malienne qui constitue l'ossature de son pedigree. Il a prouvé sous d'autres cieux que son diplôme n'était pas le fruit du hasard ou de faveurs douteuses.

Cependant, il y a quelque chose de vraiment malsain qui se déroule actuellement dans notre pays. Depuis la publication du deuxième rapport du Végal, les plus hautes autorités de l'Etat jouent les sourds-muets aveugles à part une vague promesse du président de la République dans son discours à la nation du 22 septembre. Quand on sait que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, pour paraphraser Charles Pasqua, il y a lieu de rester sceptique.

Pire que la surdité face aux révélations du Végal, c'est la cabale qui s'organise autour de sa personne qui est inquiétante. En effet, depuis un certain temps, des journaux de la place multiplient les attaques au vitriol non pas contre l'institution ou le rapport mais contre la personne même du Végal que l'on qualifie tantôt de vindicative, puis de coléreuse pour ne pas dire que Diarra ne sait pas faire son travail ou produit des rapports sans consistance.

A la limite, on croirait que certains « journalistes » tentent de convaincre leur fantomatique lectorat que Sidi Sosso Diarra est un dangereux psychopathe qui accuse sans preuve d'honorables pères de famille. Et pendant qu'on y est, pourquoi ne pas ajouter que la corruption, le détournement de fonds publics et la prévarication sont un mythe au Mali et que le Végal pédale dans la choucroute ?

Epine dans les pieds des « saigneurs »

Il faut rappeler aux apprentis don Quichotte que le Végal est une institution inspirée du Canada, qu'ici même au Canada, aucun Premier ministre ou ministre n'aime d'amour le Vérificateur qui a pour rôle de fouiller minutieusement dans les poubelles de la gestion des fonds publics.

Si le gouvernement libéral de Jean Chrétien puis de Paul Martin a perdu le pouvoir et toute crédibilité auprès des Canadiens, c'est surtout grâce aux enquêtes de la Vérificatrice de l'époque, Sheila Fraser qui a découvert qu'à travers un programme de Commandites, les libéraux et leurs petits copains affairistes avaient soulagé les citoyens de plus de 200 millions de dollars. Et il est certain que le Parti libéral restera dans l'opposition au moins pour les dix prochaines années pour expier ce crime.

Cependant, les politiciens canadiens sont unanimes à reconnaître que le Végal est une institution absolument utile et nécessaire à la bonne gouvernance et aucun d'entre eux n'ose s'attaquer ouvertement au titulaire du poste. Cela s'appelle la compréhension et l'acceptation des règles démocratiques dans une société consciente et éclairée.

Au lieu de se lancer de manière si affligeante dans une œuvre de discrédit du Végal et dans des thèses farfelues qui ne prospéreront jamais, les ennemis commandités du Végal feraient mieux d'agir en vrais patriotes soucieux du Mali et non de leur petite personne. En faisant un vrai travail de journaliste. Comme, par exemple, en demandant au ministre Hamed Diané Séméga ce qu'il a fait des 11 millions de francs CFA dépensés (ou dilapidés) en achat de thé, café, sucre ou autres broutilles. Sinon, le gouvernement peut prendre carrément ses responsabilités et avouer que le travail de Sidi Sosso Diarra l'empêche de laisser impunis les saigneurs de la République (merci TBM pour cette trouvaille géniale).

Au Mali de l'impunité et du laisser-aller, Sidi Sosso Diarra semble devenu le cheveu dans la soupe. Pourtant, que ne pourrait-on faire en invitant tout simplement tous ces mandarins épinglés à s'expliquer devant un procureur compétent en matière financière et économique…

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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OUMAR MARIKO ACCUSE LE BUREAU DE L'AN

« Ces gens-là ne sont pas des démocrates »

Après la mise en place du bureau de l'Assemblée nationale où son groupe parlementaire n'a été représenté, la réaction du bouillant député de Sadi, Oumar Mariko, ne s'est pas fait attendre et ses petites phrases non plus. « Ces gens-là ne sont pas des démocrates, nous sommes mieux élus que la plupart d'entre eux », lance-t-il à l'endroit des groupes majoritaires à l'Assemblée nationale. Résolument inscrit dans l'opposition, le groupe Sadi-Parena s'inscrit contre la « politique néo-libérale » du gouvernement.

« L'enseignement qu'on peut tirer de cette histoire-là est que, malheureusement, ces gens ne sont pas des démocrates » . Telle est la réaction du député de Sadi Oumar Mariko, quelques heures après la mise en place du bureau de l'Assemblée nationale sans son groupe parlementaire.

Il a tenu à décortiquer le terme démocrate pour ses pairs, qui l'ignorent encore. « Etre démocrate ne veut pas dire que quand on est majoritaire, qu'on dicte sa volonté aux autres sans respect, sans être le plus proche possible des textes. Etre démocrate, c'est tenir compte du fait minoritaire et de l'expression du fait minoritaire » .

Malheureusement, fait-il remarquer, « la démarche de ceux qui sont aujourd'hui majoritaires, une majorité dont on sait la manière avec laquelle elle a été constituée, je vous renvoie aux élections législatives, a été de marcher sur le règlement intérieur. Le règlement intérieur dit que dans la constitution du bureau de l'Assemblée nationale, l'Assemblée doit s'efforcer de faire en sorte que le bureau reflète les différentes structures au niveau de l'hémicycle » . Pis, a déploré l'honorable de Kolondiéba, « il se trouve aujourd'hui que tous ceux qui sont ensemble ont déclaré une politique conforme au néolibéralisme, conforme donc à la politique appliquée aujourd'hui par le gouvernement de la République du Mali » .

Le malheur du groupe parlementaire Sadi-Parena semble être d'avoir soufflé dans une direction autre, en fustigeant « la politique néo-libérale actuelle du gouvernement ATT » . Pour le secrétaire général de Sadi, cette opposition devrait être en réalité un élément de plus pour qu'il y ait beaucoup plus d'égard vis-à-vis de son groupe. Malheureusement, dit-il, « les jeux de coulisse se sont passés, les intentions cachées ont fait leur travail à telle enseigne qu'ils sont arrivés à ignorer que nous avons été constitué le même jour que les autres comme groupe parlementaire. Il y a eu un jeu d'exclusion qui s'est fait » .

Une dictature

Un fait récurrent au sein de l'hémicycle, car, rappelle Mariko, ce n'est pas la première fois que l'AN du Mali se comporte ainsi. « On se souvient qu'il y a eu plusieurs fois des tentatives qui ont été faites pour liquider le RPM à la constitution du bureau. En réalité, c'est une dictature pour empêcher l'expression libre des gens parce qu'il y a une épée de Damoclès que l'on met pend au-dessus de votre tête pour que vous puissiez aller dans le sens du courant majoritaire » .

Désormais, le bureau de l'AN, tout comme le nouveau gouvernement, devra faire à une opposition musclée conduite par le groupe parlementaire, Sadi-Parena avec des ténors comme Mariko, Me Amidou Diabaté, Konimba Sidibé et bien d'autres.

« Nous ne leur ferons pas la cour. Loin de là, nous avons été bien élus, très bien élus et mieux élus que la plupart d'entre eux. Nous ne sommes pas prêts à ouvrir une quelconque hostilité sur les questions de bureau parce que les débats de fond viennent et au cours desquels nous allons exprimer nos points de vue. Ils feront ce qu'ils veulent faire, nous dirons ce que nous avons dans la tête et exprimerons ce que nous pensons bon pour notre pays. Un bureau ne peut pas nous empêcher de faire le travail que nous avons envie de faire » , prévient l'ancien leader estudiantin.

Parlant de l'alliance Sadi avec le parti de Tiébilé Dramé, le Parena, Mariko a affirmé que ces deux formations ont des prises de position qui s'apparentent. D'où leur amour. « Nous avons compris qu'on peut faire des choses ensemble, ne serait-ce que pour la lutte contre les privatisations sauvages, l'expropriation des paysans de leurs terres, la préservation de l'école malienne, l'accessibilité de la santé… » .

Au surplus, les deux formations ne cachent pas leur ambition de constituer un bloc de patriotes, de nationalistes, de progressistes pour, disent-elles, sauver la nation malienne.

Sidiki Y. Dembélé

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Sur la FMPOS, Mariko attaque ATT

Après la cérémonie de réconciliation entre étudiants et professeurs à la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odontostomatologie (FMPOS), tous s'attendaient à la clémence du chef de l'Etat pour gracier les étudiants détenus.

« Malheureusement, ce geste fort du président vient plus facilement quand il s'agit de la guerre au nord où des soldats et la population civile se font massacrer. Ce geste fort manque quand il s'agit de ses amis, les enfants et les jeunes. C'est bien dommage que cette attitude perturbe la quiétude dans les écoles et bloque l'évolution normale des choses » , déplore l'honorable Oumar Mariko qui avait lancé un SOS à l'AN avant même la constitution du bureau.

Aux dernières nouvelles, les examens ont été boycottés, le comité AEEM ayant posé comme préalable à leur tenue la libération des huit étudiants de médecine détenus à la Maison centrale d'arrêt de Bamako pour y purger des peines allant de 3 mois à 2 ans d'emprisonnement ferme.

« C'est Me Diabaté qui a refusé »

« Contrairement aux allégations des membres du groupe Parena-Sadi, ils n'ont pas été exclus, mais ce sont eux-mêmes qui se sont mis à l'écart. Des propositions ont été faites à Me Diabaté qui a promis d'aller consulter ses alliés. Il n'est plus revenu. Cela, il ne peut pas le nier », déclare un député de la majorité qui, tout en saluant la naissance (enfin) d'une opposition parlementaire, ne comprend pas pourquoi le groupe tient « un tel langage ».

S. Y. D.

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BANCONI-FLABOUGOU

Un homme froidement abattu

La criminalité est en train de prendre des proportions inquiétantes dans notre pays, précisément dans la capitale où il n'est pas rare d'entendre à intervalles réguliers des cas de meurtres ou autres brigandages.

Ce drame s'est produit dans la famille Fofana à Banconi-Flabougou, en Commune I, dans la nuit du 7 au 8 septembre dernier. Vers 3 h du matin, un homme s'est introduit dans la maison de Moussa Fofana. Réveillé par le bruit de l'intrus, M. Fofana saute de son lit pour l'affronter. Une lutte s'engage entre les deux hommes dans le noir qui finit par réveiller les autres membres de la famille.

Le voleur n'avait d'autres objectifs que de s'emparer du téléphone de Moussa Fofana. L'intrus profita de l'obscurité pour sortir de sa poche un couteau. Dans le combat sans merci, l'adversaire de Fofana lui plante le couteau dans le cœur et dans le ventre. Blessé, Moussa s'écroula par terre, dans une mare de sang. C'est ainsi que des voisins ont accouru chez les Fofana pour porter secours au blessé pendant que le meurtrier s'éclipsait.

Evacué d'urgence à l'hôpital Gabriel Touré, le jeune Fofana succombera des suites de ses blessures. L'affaire est portée devant le commissariat de police du 6e arrondissement. Le chef de la brigade de recherche (BR) et ses éléments se sont rendus sur les lieux pour constater les faits. Une enquête fut ouverte.

La fausse piste

A l'annonce du meurtre de Moussa Fofana, un doigt accusateur fut porté sur un colonel de l'armée malienne qui était à couteaux tirés avec le défunt sur une affaire de visa. Selon certaines indiscrétions, Moussa Fofana aurait remis plus d'un million F CFA à l'officier pour avoir un visa pour l'Espagne. Comme le visa n'a jamais été délivré, des problèmes ont surgi entre lui et son ami officier. L'affaire est portée devant le juge et le procès était prévu pour le lundi 10 septembre.

Ce qui fait que dans l'entourage du défunt, certains pensent que l'officier de l'armée en est pour quelque chose. Une piste vite abandonnée par les enquêteurs qui n'ont rien trouvé de consistant dans ces accusations même si certaines confidences avaient persisté pour dire que le militaire avait adressé des propos menaçants à l'endroit de Moussa quelques jours seulement avant sa mort.

C'est au moment où le commissariat de police du 6e arrondissement s'activait pour faire la lumière sur le meurtre de Moussa Fofana, que l'inspecteur principal du 3e arrondissement, Papa Mambi Kéita dit « Epervier du Mandé » , entre dans la danse. Grâce à une stratégie que personne d'autre n'avait imaginée, il parvient à mettre le grappin sur un certain Moussa Samaké, voisin et ami du défunt. L'enquête que ce diable de policier avait ouverte à son niveau, pour prêter mains fortes au 6e arrondissement, a permis de découvrir que Moussa Samaké avait utilisé pendant quelques fractions de secondes, le téléphone portable du défunt.

Les aveux ?

Arrêté, Moussa Samaké dénonce plusieurs autres personnes. L'affaire n'étant pas du ressort du 3e arrondissement, les suspects ont été transférés au 6e arrondissement pour la suite de l'enquête. Moussa Samaké qui a reconnu avoir ramassé le téléphone sur les lieux du drame a été coincé. Il aurait remis ledit téléphone à un certain Youssouf qui, à son tour, l'aurait vendu à Karim. La bande fut mise aux arrêts par l'inspecteur principal du 6e arrondissement, M. Maïga.

Le hic est qu'aucun des trois présumés coupables ne reconnaît être le meurtrier de Moussa Fofana. La suite de l'enquête nous édifiera.

Idrissa Sako

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PROCHAINE ABOLITION DE LA PEINE CAPITALE

Les défenseurs des droits de l'Homme soulagés

Comme on pouvait s'y attendre, les associations et ONG de défense des droits de l'Homme de notre pays adhèrent à la proposition du président de la République d'abolir la peine capitale au Mali. L'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH) qui a fait une déclaration officielle sur le sujet et la clinique juridique Démè-So donnent leur point de vue.

Lors de son traditionnel message à la nation vendredi dernier à l'occasion du 22 septembre, le président ATT a manifesté sa volonté d'abolir la peine de mort. Il appartient maintenant au gouvernement d'initier un projet de loi qui sera soumis à l'Assemblée nationale pour adoption. Une fois la loi adoptée, le chef de l'Etat procédera à sa promulgation en abrogeant toutes les dispositions antérieures contraires, notamment celles contenues dans le code pénal en vigueur au Mali.

La peine de mort est la sanction ultime en matière pénale consacrée par la loi et qui permet d'ôter la vie à un criminel par des voies appropriées comme la fusillade. Il faut dire que de 1960 à 1979, la peine de mort a été exécutée au Mali. Mais, depuis plus d'une vingtaine d'années, même si elle reste en vigueur, elle n'est pas appliquée au Mali. Toutefois, la récente déclaration du chef de l'Etat consiste à la retirer de l'ordonnancement juridique de notre pays.

Des arguments en faveur de l'abolition de la peine capitale ne manquent pas de la part des abolitionnistes comme des associations et ONG travaillant dans le domaine des droits de l'Homme. « L'AMDH salue la volonté du chef de l'Etat d'abolir la peine de mort au Mali. Depuis des années, nous avons recommandé l'abolition de la peine de mort parce que nous considérons tout d'abord qu'elle n'a pas sa raison d'être du fait qu'elle peut être prononcée suite à des erreurs judiciaires surtout dans un Etat comme le Mali où le service médical manque de moyens pour déceler à suffisance l'état psychique des délinquants » , explique Me Brahima Koné, président de l'AMDH.

Selon Me Koné, la peine capitale est anti-constitutionnelle dans le cadre du Mali d'autant que l'article 1er de la Constitution proclame le caractère sacré de la vie alors que la peine de mort est consacrée par le code pénal. « Ceci constitue un imbroglio juridique dans la mesure où le code pénal doit être nécessairement conforme à la Constitution selon la hiérarchie des normes. Les juridictions qui ont été créées pour connaître les crimes les plus graves comme ceux du Rwanda et de l'ex-Yougoslavie ne maintiennent pas la peine de mort dans leur dispositif » .

Tout Etat qui se veut moderne, poursuit le président de l'AMDH, ne doit pas maintenir la peine de mort pour la simple raison qu'elle n'est pas dissuasive comme l'expérience l'a prouvé. La volonté du président d'abolir la peine de mort est synonyme de réconfort moral pour notre interlocuteur. « C'est un choix politique jamais appliqué depuis 1979 que nous autres militants des droits de l'Homme ne peuvent qu'apprécier et c'est ce qui a valu au Mali d'être un pays abolitionniste de facto » .

Toutefois, le fait de maintenir la peine de mort et de ne pas l'appliquer comporte des risques. « La volonté de maintenir la peine de mort et ne pas l'appliquer est que, un jour, il y a des fortes chances qu'elle devienne un instrument de règlement politique. Là où l'argent et la fraude ne parviennent pas à vaincre les adversaires politiques ou à éliminer les défenseurs des droits de l'Homme parmi lesquels les journalistes pour avoir dérangé les régimes, il faut s'attendre à une parodie de justice » , avertit Me Koné.

A la clinique juridique Démé-So, l'abolition de la peine de mort n'est pas perçue non plus de façon négative. « Il faut avoir un jugement positif de cette décision parce que le Mali ne peut pas être signataire de la convention sur l'abolition de la peine de mort et ne pas introduire cette disposition dans son code. C'est une volonté politique voulue par les plus hautes autorités et qu'il faut saluer à tout point de vue » , confie Ladji Samaké, responsable chargé des prisons.

Mais cette adhésion ne fait pas occulter à l'institution de défense des droits humains certaines préoccupations relatives à la mise en œuvre de cette loi en ce sens que lors de la Cour d'assises de cette année, il y a eu un surplus de dossiers relatifs aux cas de grand banditisme avec mort d'homme et agressions.

Face à cette situation, M. Samaké suggère aux autorités la révision de notre système carcéral, c'est-à-dire que si les gens ne sont plus condamnés à mort, il faudrait que par rapport à des actes odieux, ils puissent être des reclus à perpétuité afin qu'ils ne soient plus un danger pour la société. « Car, il y a un adage qui dit qui a tué, tuera » .

De ce fait, le responsable des prisons de la clinique juridique Démé-So pense qu'il faut prendre de meilleures dispositions pratiques carcérales pour une gestion efficiente des condamnés qui se retrouveraient dans cette situation. « Aussi faudrait-il que nous soyons dotés de stratégies psychiques et psychologiques dans nos centres de détention et aller vers la construction d'un centre spécial de détention des criminels » .

La clinique juridique Démé-So préconise l'organisation, par le ministère de la Justice et ses partenaires, d'une journée d'information à l'effet de recueillir l'avis de la société civile sur cette question. L'abolition de la peine de mort permettra au Mali de ratifier le 2e Protocole facultatif relatif au pacte international sur les droits civiques et politiques. Ce qui constitue, pour le président de l'AMDH, une autre avancée.

Mohamed Daou

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  ABOLITION DE LA PEINE DE MORT

« Le non » des défenseurs de l'islam

Le point de vue du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) n'a pas varié sur la question relative à l'abolition de la peine de mort dans notre pays. Un sujet remis sur le tapis par le président de la République, qui a déclaré le 22 septembre 2007, qu'il envisage de déposer un projet de loi à l'Assemblée nationale dans les prochains jours pour abolir cette peine dans notre pays.

Selon le président de l'organisation faîtière des associations islamiques de notre pays, Thierno Hardy B. Thiam, « les musulmans ne peuvent pas aller à l'encontre des préceptes du Coran en la matière » . Sans en dire plus, M. Thiam a préféré nous renvoyer sur l'imam Boubacar Camara, membre du HCIM chargé des ulémas et qui les a représentés à toutes les phases de discussions sur l'abolition de la peine capitale à l'Assemblée nationale, au ministère de la Justice et à la section malienne d'Amnesty international. Les discussions avec ces différents interlocuteurs ont fait l'objet de recommandations écrites le 4 mai 2007.

Le HCIM a fait remarquer, que la peine de mort est définie en islam dans le cadre du talion comme édicté par Dieu dans le Coran au verset 179 de la sourate « La Vache »  :  « C'est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, oh vous doués d'intelligence, aussi atteindrez-vous la piété » . Ce qui signifie, que cette peine, selon le Coran permet « de préserver la vie humaine et la stabilité sociale » . Son abolition ouvrirait la voie à l'auto justice, l'anarchie, l'insécurité sociale de façon générale.

Le HCIM va du principe qu'en matière pénale, la peine de mort en islam est requise fondamentalement et sans équivoque dans deux cas compatibles avec nos valeurs de société et la constitution de notre pays. Il s'agit de l'attentat délibéré à la vie et du brigandage qualifié.

Les recommandations portent sur le maintien de la peine de mort telle que définie par la loi n°01-079 du 20 août 2001 pour conformité au principe islamique et parce qu'elle intègre la procédure et les conditions qui déterminent la décision juridique islamique. Le HCIM refuse de cautionner une décision juridique fondamentalement opposée à ce que Dieu et son Prophète ont décrété.

Pour le HCIM, « il faut abandonner ou tout simplement ne pas adopter le projet de loi portant abolition de la peine de mort au risque de saper les fondements sécuritaires de l'Etat et de la société (haute trahison contre l'Etat en complicité avec l'ennemi extérieur ou intérieur ne sera plus un péril, les coups d'Etat ne seront que perturbations d'ordre public…) »

Abdrahamane Dicko

 

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CONTENTIEUX

Bras de fer entre Kondo et un client

Des problèmes entre les caisses d'épargne et de crédit et leurs clients sont monnaie courante. C'est le cas de la caisse Kondo Jiguima de Médina Coura dont la gérante, Djénébou Tounkara, vient de passer deux bonnes heures dans les violons du 1er arrondissement.

Tout a commencé quand Adama Diawara dit Kaou, commerçant de motos au marché de Médine, a contracté un prêt de 3 millions de F CFA. Avant ce prêt, il avait toujours honoré ses engagements vis-à-vis de la caisse Kondo Jiguima. Son attitude a fini par créer un sentiment de confiance entre la caisse et lui.

Mais, tout va se gâter à partir du mois d'avril dernier lorsque Adama Diawara a voulu avoir un prêt de 3 millions de F CFA. Or, pour avoir ce prêt, il a fallu au préalable apporter une garantie qui peut être une lettre d'attribution d'un terrain à usage d'habitation. L'obstacle a été vite franchi par M. Diawara qui n'a pas mis assez de temps pour venir avec une lettre d'attribution au nom de sa sœur Binta Diawara accompagnée d'une procuration dûment signée par sa sœur et légalisée par la mairie de la Commune IV.

Les documents ont suivi le circuit normal au niveau de la caisse Kondo Jiguima. Tout semblait parfait et les 3 millions lui ont été versés. A partir du mois de mai, il devait commencer le remboursement du prêt conformément au protocole d'accord. Mais de cette date à maintenant, Adama Diawara n'a versé aucun sou. Malgré les avertissements et les mises en garde de la gérante, M. Diawara ne s'est jamais exécuté.

C'est à l'arrivée de son frère Ali Diawara de la France que les choses ont pris une autre tournure. Ce dernier non content de son frère et après avoir pris connaissance du prêt contre la lettre d'attribution de sa sœur, s'est rendu à la caisse. Là-bas, il soutiendra que la lettre d'attribution a été volée par son frère et que la procuration serait fausse. Il a entrepris des démarches auprès de la gérante pour avoir la lettre d'attribution qui n'a jamais voulu la lui donner.

Non content, Ali Diawara se rendra au commissariat du 1er arrondissement pour convoquer la caisse. Au 1er arrondissement, l'inspecteur Niangaly, selon Djénébou Tounkara, demandera les documents originaux. Elle dira à l'inspecteur que les documents ne sont plus à son niveau, mais au niveau du service juridique de la caisse. Deux jours après, une nouvelle convocation est servie, cette fois, au nom de la gérante.

« A mon arrivée au commissariat, sans management, on m'a enlevé mes bijoux pour me jeter dans le violon comme une vulgaire délinquante. J'y ai passé près de 2 h » , se plaint Djénébou qui se pose la question de savoir pourquoi les éléments du 1er arrondissement s'en prennent à elle au lieu du service employeur.

« Je ne comprends pas le choix du 1er arrondissement par le plaignant qui réside à Lafiabougou, en Commune IV, donc relevant du commissariat du 5e arrondissement et la caisse qui se trouve à Médina relève de la Commune II donc du commissariat du 3e arrondissement » , relève-t-elle.

« En plus n'était-ce pas mieux indiqué pour ce justicier d'inspecteur de police de référer l'affaire à un tribunal compétent pour gérer le dossier ? Combien a-t-il perçu en dessous de table pour boucler sans motif une pauvre employée qui n'a fait que correctement son travail ? Si faute il y avait n'était-ce pas au service employeur de répondre puis de sanctionner son employée ? » , s'interroge Djénébou.

Dans tous les cas, Djénébou Tounkara se réserve le droit de pousser jusqu'au bout cette affaire qui se trouve désormais entre les mains de la justice en laquelle elle dit avoir confiance.

Idrissa Sako

 

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L' OEIL DE FATOU KINE NDIAYE SUR LE MALI A SENEGAL-2007

« Les Maliennes sont de sérieuses prétendantes au sacre »

Après la victoire malienne sur la Côte d'Ivoire, nous avons approché Fatou Kiné Ndiaye, l'une des grandes basketteuses sénégalaises des années 1980. A son avis, il faut compter avec l'équipe malienne pour le sacre continental au même titre que le Nigeria et le Sénégal.

« Les Maliennes sont homogènes, impressionnantes et adroites, surtout dans le jeu intérieur où elles sont mobiles autant dans le travail défensif qu'offensif. Ce sont des joueuses valables dans n'importe quelles dispositions tactiques » , analyse l'ancienne star de la balle au panier au Sénégal, aujourd'hui consultante à la RTS (radio et télévision publiques sénégalaises). C'était après la troisième sortie victorieuse du Mali face à la Côte d'Ivoire (74-34).

Pour Fatou Kiné Ndiaye, le Mali n'a fait qu'avertir ses prochains adversaires, y compris le Sénégal. « Le Mali, d'après ce qu'elle a démontré jusque-là, est un prétendant sérieux au sacre » , dit-elle avant de jeter un regard sur le potentiel malien à Dakar.

Dans cet effectif, les cinq majeurs n'ont rien à envier au banc. « Difficile souvent pour le banc de suivre le même rythme qu'imposent les majeurs, dont Hamchétou est la pièce maîtresse » , avoue Fatou. Elle ajoute : « Que ce soit Kadi très adroite dans les tirs à trois points, ou la meneuse Fatoumata Bagayoko ou même d'autres qui suivent, elles font toujours le nécessaire » .

Même si l'ex-Lionne croit dur comme fer aux chances du Mali, elle est aussi d'avis que les Maliennes doivent « revoir certaines copies, garder la tête sur les épaules et gagner match après match. A commencer par les deux prochaines rencontres contre le Mozambique et le Sénégal en attendant les quarts de finale » .

Un avis d'experte dont doivent tenir compte les Aigles et leur encadrement technique.

Boubacar Diakité Sarr

(envoyé spécial)

 

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CHAMPIONNAT NATIONAL DE D1

Vingt-cinq ans de domination bamakoise

Commencé le 10 janvier dernier, la 25e édition du championnat national de football a pris fin, il y a quelques semaines avec le sacre du Stade malien de Bamako. Bilan d'une compétition dominée par les clubs de Bamako.


En 25 ans de compétition, les clubs de la capitale (Réal, Stade, Djoliba) se taillent la part du lion. Le Stade malien de Bamako vient en tête avec 12 couronnes, suivi du Djoliba (10) et de l'AS Réal (3). A l'intérieur du pays, aucun club n'a été sacré champion. A Bamako, l'épreuve se dispute entre le Stade malien de Bamako et le Djoliba AC, depuis le dernier titre de l'AS Réal en 1991. L'écart commence à se creuser entre les Blancs et les Rouges à partir de 2000. Que retenir de ces 25 titres déjà distribués ?

Les clubs de l'intérieur ne font que de la simple figuration en ne remportant aucun titre. L'exode des meilleurs joueurs vers Bamako, faute de, moyens est l'une des principales causes de ce déséquilibre inquiétant. De 1978 à 1982, le Djoliba a dominé la compétition en allant chercher des oiseaux rares à Ségou et à Kati. Il s'agit, entre autres, des Bouba Diarra, Seyba Sangaré, Demba Traoré, Moctar Sidibé, etc.

De 1984 à 1986, le Stade malien de Bamako a régné en seigneur sur le championnat avec le premier doublé historique du football malien en 1984. Les Stadistes avaient le prix pour recruter certains joueurs dont Moussa Kanfedeni du Niger.

Ainsi les Kabirou Bah, Bréhima Guèye, Mohamed Djilla, feu Lassine Soumaoro, Boubacar Sanogo, Modibo Doumbia « Modibo Dix », Mamadou Coulibaly dit Kouici… ont apporté leur expérience aux  Blancs de Bamako. Pour remporter la Coupe UFOA en 1992, le Stade a puisé dans son réservoir pour sortir les Mamadou Coulibaly « Brin », Ousmane Farota, Boubacar Vieuxdjan Traoré, Mahamadou Cissé « Tostao », Boubacar Guèye et Seydou Diarra « Platini ». Des joueurs talentueux et bien formés qui, en 2 ans de compétition pour certains, ont remporté un titre régional.

Au train où vont les choses, le Nianan de Koulikoro, l'AS Bakaridjan de Barouéli, le Stade malien de Sikasso… joueront le championnat sans jamais penser au titre. Même à Bamako, le CSK, l'Usfas et le COB ont intérêt à vite se ressaisir au plan organisationnel s'ils veulent prétendre un jour au titre. En tout cas, l'AS Réal est en train de mettre des structures en place et qui lorgne vers le professionnalisme avec le Centre Jean-Marc Guillou.

Il faudra aussi compter sur l'Association sportive de Bamako (ASB) dont les dirigeants ont apparemment les moyens de leurs ambitions. On le voit, l'improvisation ne sera plus permise aux équipes qui rêvent du sacre national. Le Djoliba doit faire attention, car le football évolue et la petite erreur d'organisation est payée au comptant.

Boubacar Diakité Sarr

 

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