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2007

Mois de septembre

Les Echos du 25 septembre

GROUPE PARLEMENTAIRE PARENA-SADI

La voix des sans voix à l'Assemblée nationale

La séance plénière de l'Assemblée nationale de lundi avait à son ordre du jour l'élection des membres du bureau. Ce fut aussi l'occasion pour le groupe parelementaire Parena-Sadi de faire sa déclaration politique. Le groupe a inscrit son action dans une opposition républicaine dont l'arme de « combat sera la Constitution et la loi », a déclaré l'honorable Me Amidou Diabaté.

Vendredi dernier, tous les groupes parlementaires, à l'exception de celui du Parena-Sadi, avaient fait leur déclaration de politique. Hier, l'honorable Me Amidou Diabaté, probable président dudit groupe, a entretenu ses collègues sur ce que le groupe Parena-Sadi entend mener comme politique au sein de l'hémicycle.

Dans la déclaration, véritable critique de la gestion du pouvoir et des affaires du pays, le groupe Parena-sadi affirme qu'il sera le porte-voix des couches les plus défavorisées et les plus faibles du pays. Il s'agit plus particulièrement des paysans de l'Office du Niger, de la CMDT, des opérations de développement ou des zones non encadrées, de tous les travailleurs des mines d'or.

Les partants volontaires à la retraite ne sont pas oubliés à l'instar des compressés, des chômeurs… Pour donner le ton, le groupe parlementaire se dit résolument engagé dans l'opposition et condamne les privatisations de l'Itema, Huicoma, du Chemin de fer du Mali et de la CMDT en cours.

Le groupe s'érrige contre la corruption et la délinquance financière. Il indique que la lutte contre ces fléaux doit être menée de façon résolue et soutenue afin que l'Etat malien puisse entrer en possession de ses fonds par des remboursements conséquents et créer ainsi les conditions financières de l'amélioration de la situation des travailleurs.

Selon le groupe, la question de l'aide aux femmes paysannes et ouvrières, chefs d'entreprises, chefs de familles ne trouve pas de réponse si une politique volontariste n'est pas mise en œuvre par l'Etat passant par la transformation des produits agricoles et de cueillette.

Le groupe a cependant salué l'adoption par le gouvernement, de la convention des Nations unies sur les droits des personnes handicapées et des couches vulnérables et il soutiendra, note Me Diabaté, toute action de protection de leurs droits.

Dans son « réquisitoire », le groupe parlementaire, souligne que les enfants n'ont pas leur place dans la rue et les carrefours des feux de signalisation, mais dans les écoles et les medersas. L'Assemblée nationale a un rôle à jouer, poursuit-il, pour « remettre les choses à l'endroit ».

Le groupe estime que le Prodec, le Prodess et le Prodej devraient s'attaquer aux maux qui minent ces différents secteurs, mais l'éducation, comme la santé et la justice vont mal, et de ce fait Parena-Sadi à l'AN sera le porte-voix des partenaires de l'école. Le groupe a ainsi renouvelé l'appel fait après l'élection du président de l'AN par le Dr. Oumar Mariko, qui demandait qu'une réponse urgente soit trouvée au problème de la FMPOS.

Par ailleurs, il a vivement condamné l'arrestation et l'incarcération des quatre directeurs de publication, du journaliste SOD et de l'enseignant Minta. Le groupe a réclamé l'abandon de toute poursuite contre eux et va déposer une proposition de loi pour la dépénalisation des délits de presse. Sur le volet judiciaire, le groupe estime que la justice dans son ensemble a besoin de réforme et salue la volonté de l'Etat d'aller à une révision du code électoral.

Denis Koné

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ELECTION DES MEMBRES DU BUREAU A L'A. N.

Le Parena-Sadi exclu

La plénière de lundi de l'Assemblée nationale a été consacrée à l'élection des membres du bureau. Après l'élection de Dioncounda Traoré le 3 septembre dernier comme président de l'Assemblée nationale, pour toute la durée de la législature, les députés ont procédé hier à l'élection des autres membres du bureau.

L'opposition représentée par le groupe parlementaire Parena-Sadi ne figure pas dans ce bureau. Me Amidou Diabaté, élu Parena dans la circonscription de Kita, a indiqué qu'il s'agissait là d'une violation du règlement intérieur de l'Assemblée qui stipule à son article 11, alinéas 3 que :  « l'élection des vices-présidents, des questeurs et des secrétaires parlementaires a lieu en s'efforçant de reproduire au sein du bureau la configuration politique de l'Assemblée nationale… »

Ainsi, le groupe parlementaire qui dispose de 9 députés pouvait-il prétendre à un poste de vice-président en l'occurrence le 6e. Ce qui n'a malheureusement pas été le cas.

D. K.

Bureau de l'Assemblée nationale

Président : Dioncouda Traoré (Adéma)

1er vice-président : Younoussi Touré (URD)

2e vice-président : Assarid Ag Imbarcawane (Adéma)

3e vice-président : Ousmane Bah (Indépendant)

4e vice-président : Baba Oumar Boré (URD)

5e vice-président : Me Kassoum Tapo RND (ACM)

6e vice-président : Abdrahamane Sylla (RPM)

7e vice-président : Mahamane Aguibou Diallo (MPR)

8e vice-président : Fanta Machini Diarra(Cnid)

Questeurs

1er questeur : Mahamadou Cissé (Adéma)

2e questeur : Moussa Cissé (URD)

Les huit secrétaires parlementaires sont : Amadou Konaté et Ibrahim Dianéssi (URD), Oumar Tapily et Mme Djénéba Maguiraga (Adéma), Mme Haïdara Aïcha Cissé et Ousseyni Guindo (Indépendants), Kissima Manguiné (MPR) et Mme Fatoumata Dicko (ACM).

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REBELLION

Qui arme les Touaregs ?

Il n'est pas facile de faire la part des choses dans une crise qui échappe de plus en plus à toute lecture stratégique.

A la suite de mon article intitulé « Nord-Mali : Rompre avec le passé » paru dans Les Echos, j'ai reçu un e-mail d'un ami belge, ancien volontaire de Terre des Hommes dans la région. Voici l'essentiel de ce qu'il m'a écrit : « … En dépit de la pertinence d'une grande partie de ton analyse, je trouve dommage que tu soupçonnes certains réseaux européens de sympathie pour la cause touarègue par ce vieux fonds raciste et colonialiste qui subsiste en Europe. Je ne nie pas le fait que des Français ou Belges sabrent le champagne en apprenant les « exploits » des hommes bleus au Niger ou au Mali ; je ne nie pas qu'il y ait des gens en Europe qui embrasseront toutes les causes du moment qu'elles permettent de maintenir l'Afrique dans la décadence, mais réduire l'apport européen aux cercles nostalgiques de l'Afrique à papa est simpliste. Après tout, ce ne sont pas les Européens qui ont créé le problème. Ce sont les Touaregs qui s'arment et combattent des pouvoirs corrompus qui ne leur font aucune place. Si tu veux savoir qui arme les Touaregs contre le Mali, cherche-le au sein des trafiquants d'armes qui prospèrent dans le monde. La question touareg n'est pas que malienne, elle interpelle aussi la conscience du monde… »

Avant d'avancer, j'aimerais rapporter quelques précisions même si ma compétence en histoire de la région reste limitée. Dans mon article mentionné plus haut, je pose des questions sur les raisons de la défaillance de l'Etat malien à trouver une solution définitive à la crise. Je précise également que les Maliens ont appris à faire la différence entre les revendications légitimes des Tamashek et le banditisme motivé par des raisons purement criminelles. En définitive, je n'accuse personne en Europe ou ailleurs ; je constate. Je pose des questions sur certaines complaisances et surtout, la propension de quelques nostalgiques de l'Afrique coloniale à glorifier le moindre geste posé par les rebelles du Septentrion.

Ces précisions étant faites, je pense qu'il est important, entre adultes, de se dire certaines vérités et d'éviter certaines connivences qui, par le silence, se muent en complicité criminelle. J'ai discuté avec de hautes personnalités maliennes qui ont géré la rébellion des années 1990 ; j'ai discuté avec des hauts gradés de l'armée malienne qui ont passé des mois, voire des années dans le Nord en ces temps-là. Ils m'ont produit des preuves irréfutables que pendant ces années de braise, des ONG européennes, sous le couvert de la mission humanitaire, fournissaient aux rebelles des véhicules tout-terrain leur permettant de commettre les attaques éclair et meurtrières contre les populations civiles.

Ces contacts m'ont remis des informations précises notamment sur le meurtre du chef d'arrondissement de Toguéré Koumbé par des rebelles à bord d'une 4x4 fournie par une ONG scandinave. Ils m'ont remis des comptes rendus détaillés des audiences que certains diplomates européens accordaient à l'aile politique de la première rébellion.

De faux amis

J'ai passé en revue toutes les informations diffusées par les ONG et certains cercles de défenseurs des droits de l'Homme : les animateurs de ces organismes n'ont jamais condamné le massacre de populations noires par les différents groupes armés du Nord. Autant ils étaient prompts à dénoncer les exactions de l'armée malienne, autant ils devenaient brusquement sourds-muets et aveugles quand c'étaient des Noirs qui étaient massacrés. Ce n'est pas du racisme ou du ressentiment, c'est la stricte vérité. Il y a également des preuves irréfragables que les insurgés recevaient de l'argent et des armes de certaines ONG européennes.

Il me semble que la simple honnêteté intellectuelle nous oblige à voir certaines réalités en face : les rebelles touaregs des années 1990 ne disposaient d'aucune source de revenus leur permettant d'acheter des armes auprès des trafiquants internationaux. Ils n'avaient même pas de quoi manger a fortiori acheter des armes. S'ils ont pu faire la guerre et tenir tête à l'armée malienne, c'est qu'ils ont été ravitaillés en armes et munitions par des personnes qui en ont les moyens. Il n'y a aucune manufacture d'armes ou de BRDM à Kidal ou Menaka. Est-ce un crime de l'avouer ? Pourquoi les fournisseurs d'armes ruent dans les brancards quand leur responsabilité est évoquée dans ce conflit ?

Je terminerai en revenant sur ma conviction profonde à propos de ce conflit : il perdure depuis 47 ans parce que le Mali est un pays mal géré, corrompu, incapable d'entrer dans la modernité et que nos gouvernants ont failli ; le conflit perdure parce que des mains étrangères alimentent le brasier. Il y a, je persiste et signe, des individus tapis dans l'ombre qui encouragent certains Touaregs à la révolte permanente. Enfin, je pense que le Mali, en tant que nation organisée, doit changer de stratégie dans sa gestion de la crise au Nord. Il faut que les Maliens se résolvent à comprendre qu'ils sont les seuls à détenir les clés de la paix. Cela passe par une prise en charge nationale du problème.

Le Mali doit mettre à l'écart, sans état d'âme, tous les bailleurs de fonds, médiateurs, ONG ou amis hypocrites de l'Afrique qui ont des agendas cachés. Il doit voir sous leur sourire, le mépris de la nation. Nous avons aujourd'hui la chance de compter parmi les Tamashek eux-mêmes au moins 95 % de personnes qui n'aspirent qu'à la paix et à la justice. Ce sont elles qui doivent aider la nation à se débarrasser des fauteurs de guerre. Le Mali n'a besoin ni de la pitié ni de la concupiscence de l'Europe pour ce faire.

Il est possible d'arriver à une paix définitive qui ôtera enfin le pain de la bouche de ceux qui se font passer pour les amis des Touaregs alors qu'ils n'accepteront jamais de les accueillir dans leur douillette Europe. Il nous faut apprendre à remettre les faux amis à leur place et détecter les vrais amis, ceux avec lesquels le Mali sera enfin en paix avec une partie intégrante d'elle-même.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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MARCACOUNGO

Le maire a-t-il détourné la femme de son ami ?

Rien ne va plus entre le maire Nouhoum Sissoko du village de « Zan Coulibaly », dans la Commune rurale de Marcacoungo, et son intime ami, Sékou Amadou Diallo, éleveur dans le même village. Une affaire de femme les oppose depuis deux ans et a été portée devant le Tribunal de première instance de Koulikoro.

Le Tribunal de Koulikoro jugera en principe à son audience de ce matin (25 septembre 2007) une affaire de détournement de femme opposant le maire du village de « Zan Coulibaly » , dans la Commune rurale de Marcacoungo, et l'éleveur Sékou Amadou Diallo qui n'est autre que son ami du village.

Sekou Amadou Diallo et le maire Nouhoum Sissoko étaient jusque-là des intimes amis. A preuve, M. Diallo a même donné en mariage sa belle-sœur (la petite sœur de sa première épouse) au maire Sissoko qui en a fait sa 4e femme.

Tout marchait bien entre les deux amis jusqu'à ce que le maire s'amourache de la seconde épouse de son ami. Ce dernier ayant constaté l'idylle a tenté de raisonner son ami afin d'éviter toute situation de conflit. Il lui a même envoyé des émissaires pour qu'il laisse sa femme tranquille. En vain !

H. B., l'épouse de M. Diallo, a fini par le quitter au profit du maire. N'ayant pas digéré d'être cocufié par son propre ami et se sentant humilié, M. Diallo porte plainte à la justice de paix de Fana contre le maire. Avant d'en arriver là, il avait saisi les autorités politiques et administratives du cercle de Dioïla ainsi que le juge de paix de Fana toujours dans le but d'un compromis. Toutes ces démarches n'ont pas fléchi le maire qui ne trouva mieux que de faire fuir H. B. loin du village.

La justice de paix à compétence étendue de Fana devant laquelle la plainte a été introduite contre le maire pour enlèvement de femme, qui devait normalement statuer sur l'affaire, a tout simplement renvoyé la plainte contre le maire et une nouvelle plainte de la femme de Sékou pour divorce au Tribunal de première instance de Koulikoro. Diallo, qui dit faire confiance à la justice de son pays, indique avoir légalement marié sa femme.

« Ma femme, le maire et moi avons été convoqués par le juge pour nous entendre. C'est après cela que ma femme a été contrainte par le maire à introduire une plainte en divorce. Et le juge a envoyé les deux plaintes, c'est-à-dire ma plainte contre le maire qui n'a pas été vidée et celle de ma femme, qui demande le divorce au procureur de Koulikoro. Là-bas nous sommes convoqués pour le 25 septembre pour le verdict » , s'indigne Sékou Amadou Diallo, qui n'a jamais souhaité divorcer d'avec sa femme.

« Un citoyen, fut-il maire, est-il autorisé à détourner la femme d'un autre citoyen au vu et au su de tous ?» , s'interroge-t-il ajoutant qu'il fait confiance à la justice de son pays. « Je n'ai demandé que ma femme qui m'a donné deux enfants durant les 7 ans de mariage que nous avons passés ensemble » .

Le maire Sissoko, dans l'hebdomadaire, « Le Progrès » , sous la plume de Boubacar Kanté, s'est inscrit en faux contre les accusations de son ami Diallo. « Je ne vis pas avec sa femme, et je n'ai jamais vécu avec sa femme. Seulement compte tenu de nos relations d'amitié, je faisais des gestes, des œuvres de bienfaisance à l'endroit de sa femme lorsqu'elle avait des problèmes avec son mari » , se défend Sissoko.

Dans tous les cas, il revient au Tribunal de Koulikoro de se prononcer sur cette affaire qui défraie actuellement la chronique à Markacoungo. Espérons que le droit sera dit, donnant ainsi une opportunité à la justice de ce pays de combler pour une fois les attentes des justiciables.

Idrissa Sako

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KALABANCORO

La mairie menacée d'être un dépotoir d'ordures

Le Collectif des femmes, l'Association des jeunes de la Commune rurale de Kalabancoro ont marché hier sur la mairie de ladite commune pour protester contre la grande insalubrité qui règne qui règne dans ce quartier. Incapables, les autorités municipales n'ont trouvé d'autres mots que de faire appel aux agents de la brigade pour accueillir les marcheurs.

Rien ne va plus entre les populations de Kalabancoro et leur mairie. Les responsables municipaux, qui sont accusés de tous les péchés d'Israël, viennent d'être une nouvelle fois désavoués par leurs mandants. Des centaines de femmes, de jeunes ont, lundi matin, cessé toute activité pour répondre à la marche organisée par la société civile. Celle-ci a exprimé son mécontentement face au silence coupable des autorités sur la gestion des ordures ménagères, septiques du quartier.

Venus de tous les secteurs du quartier, les marcheurs très remontés scandaient : « Non à l'insalubrité », « Mairie incapable et incompétente »… Sentant l'arrivée des marcheurs, le maire de la Commune Ibrahim Bamba a pris la poudre d'escampette laissant son adjoint dans le feu de l'action. Celui-ci, ne sachant quoi dire aux marcheurs, a simplement fait appel aux gendarmes pour disperser la manifestation.

Arrivées sur les lieux, les forces de l'ordre se sont contentées d'observer la scène. Dans la cour de la mairie, la déclaration lue par la représentante du Collectif des femmes, Mme Kado Mariam Timité, était révélatrice et démontrait la détermination des femmes à voir les ordures ramassées et évacuées loin des familles à défaut d'un site de dépôt final.

« Nous, femmes de la Commune, exigeons des autorités municipales l'assainissement du cadre de vie par l'enlèvement des ordures devant les familles, dans les rues et espaces publics », a attaqué Mme Timité.

L'adjoint au maire a informé qu'une commission sera créée afin qu'une solution puisse être trouvée. Les marcheurs ont fixé un ultimatum d'une semaine pour qu'un site de dépôt final leur soit indiqué. Passé ce délai, ils transformeront l'enceinte de la mairie en dépotoir. La marche d'hier fait suite à l'envahissement des rues par les ordures déposées aux devantures des familles de Kalaban-Plateau et Adekene.

Les GIE, à défaut de site indiqué, avait pris la mauvaise habitude de transformer les devantures des concessions non habitées, des espaces verts, des places publiques en dépotoirs finaux. L'entassement des immondices a contraint des familles avoisinantes à interdire le dépôt des ordures sur les sites indiqués. Ne sachant plus où déverser les ordures, les GIE ont tout simplement renoncé à les ramasser. Tant et si bien que les rues du quartier sont aujourd'hui impraticables à cause des ordures.

Les faits démontrent que dans le plan de développement de la Commune, il n'y a presque pas de politique d'hygiène et d'assainissement. La devanture de l'Ecole fondamentale Mamadou Kounta, qui mène à la rue de la brigade de gendarmerie, une partie du centre de santé, les caniveaux construits à l'occasion de la Can-2002 témoignent du désintérêt des élus communaux pour la gestion du cadre de vie.

Selon un responsable de GIE, la mairie a été maintes fois interpellée. Mais n'a jamais réagi. « Ce sont les questions foncières qui les intéressent le plus. Ils se moquent de notre santé » , a tranché un marcheur. Aujourd'hui la population veut l'implication des autorités de tutelle pour qu'une solution définitive soit trouvée à ce problème qui coupe le sommeil aux populations.

Amadou Sidibé

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EN VISITE AU MALI

Le président de la Bad décoré

Donald Kaberuka, président du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad), a été élevé à la dignité de commandeur de l'Ordre national du Mali par le président ATT. « C'est toute la Banque africaine de développement qui est décorée à travers ma modeste personne » , a déclaré le président Kaberuka à la presse. « C'est un honneur pour moi, pour la Banque et pour son personnel, dont le travail exemplaire est ainsi récompensé. Cette distinction, que je reçois avec émotion, témoigne de l'exemplarité de nos relations et nous incite à œuvrer davantage pour le développement de notre continent » .

La visite officielle du président Kaberuka au Mali a également comporté, comme il en a instauré la tradition depuis qu'il a pris les rênes de l'institution en 2005, une visite de projets pour mesurer la réalité des impacts des projets de la Bad. Il s'est à ce propos déclaré satisfait de l'impact de l'importante infrastructure hydroagricole financée par la Bad au Mali, dans le cadre du projet d'aménagement des plaines du Moyen Bani, le seuil de Talo, auquel il a consacré une visite de terrain.

Imposant ouvrage d'art, le seuil de Talo est un outil de maîtrise de l'eau, mais aussi un moyen de franchissement du fleuve, rapprochant les producteurs des centres de commercialisation et de consommation, ainsi qu'un facteur de sécurité alimentaire, d'augmentation des revenus des populations environnantes et d'amélioration de leurs conditions sanitaires et sociales. Fierté de la coopération entre la Bad et le Mali, le seuil de Talo avait été inauguré par le président Touré en début d'année.

Parmi les grandes interventions structurantes que la Bad entend financer au Mali, le projet agro-industriel sucrier de Markala bénéficie d'un intérêt marqué de la part de l'institution.

Bâti sur un partenariat public-privé, ce projet, comme le seuil de Talo, est multidimensionnel : création d'importantes opportunités d'emploi, augmentation des exportations, amélioration des revenus et des conditions de vie des populations.

Au cours d'une conférence de presse qu'il a animée dimanche avant de s'envoler, le président Kaberuka a insisté sur la nécessité d'améliorer le climat des affaires pour attirer l'investissement, condition sine qua non d'une reprise des opérations de la Bad dans le secteur privé malien.

Depuis le début de ses opérations au Mali en 1970, le Groupe de la Bad lui a octroyé 92 prêts et dons d'un montant global net d'annulations d'environ 476 milliards F CFA. Aujourd'hui, avec l'ouverture du bureau national, la Bad a renforcé sa présence au Mali et a amélioré la gestion du portefeuille.

Le président a expliqué à ses interlocuteurs maliens que l'ouverture de ce bureau s'inscrit dans un vaste programme de décentralisation visant au déploiement de 25 bureaux régionaux ou nationaux sur l'ensemble du continent, progressivement dotés de pouvoirs de plus en plus étendus.

Sidiki Y. Dembélé

 

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  JOURNEE DU BON ELEVE

L'excellence et les maux de l'école malienne

L'école malienne est en quête de repères depuis environ deux décennies et la situation s'empire d'année en année au vu et au su de tout le monde sans qu'aucune mesure véritablement efficiente ne soit prise. La troupe « Tobodji » a profité de la 6e édition de la Journée du bon élève pour, une fois de plus, dénoncer certaines pratiques.

Depuis 2002, le ministère de l'Education nationale organise, avec l'appui de certains de ses partenaires, la Journée du bon élève, une initiative louable du défunt ministre de l'Education nationale, Pr. Mamadou Lamine Traoré. La journée, dont la 6e édition a eu lieu vendredi dernier au palais de Koulouba sous la présidence du chef de l'Etat, vise essentiellement à promouvoir l'excellence en récompensant annuellement les meilleurs élèves. Inutile de dire que la cérémonie fut riche en couleur avec une centaine d'excellents qui se sont partagés 12 lots de prix.

Au-delà des remises de prix et des différentes interventions, c'est la pièce présentée par la troupe « Tobodji » de Kary Bogoba Coulibaly qui a fasciné plus d'un, tant il est plein d'enseignements à tirer et à exploiter judicieusement pour le bonheur de l'école. Dans une interview qu'il nous a accordée il y a quelques jours, le chef de file du groupe, Kary Bogoba Coulibaly dit Madou Wolo, disait que « le comédien que je suis ne dois pas chômer » .

En dénonçant pour la énième fois devant les plus hautes autorités de notre pays certaines pratiques qui minent et discréditent notre système éducatif, il n'a pas du tout chômé, le comédien ou l'homme de théâtre tout court étant le miroir de la société.

Madou Wollo a dénoncé la pratique honteuse de l'achat des diplômes. Personne n'ignore qu'il est possible d'acheter des diplômes au Mali. Cela est fait par des parents nantis pour leurs enfants non méritants ou par des fonctionnaires en quête de promotion. La conséquence est qu '»  il est impossible de compter sur une administration performante dans ces conditions et c'est le Mali qui en fait les frais surtout en cette période de mondialisation où la compétence est plus que jamais requise » .

Dénonciations

Ensuite, vient le repêchage, une « pratique désormais ancrée » dans la publication des résultats de nos différents examens, notamment le baccalauréat. Même s'il sert à gonfler les taux de réussite, le repêchage est un acte qui n'honore ni le candidat n'ayant pas le niveau requis ni la nation. Les résultats et les traitements réservés aux repêchés dans les universités étrangères l'attestent.

« Vous voyez que ces boursiers hors quota et ces boursiers qui sont là grâce à la fortune et aux relations de leurs parents font la honte de notre pays avec des notes minables qui leur coûtent souvent l'exclusion » , s'est insurgé un boursier de l'Etat dans un pays étranger. « Nous qui méritons nos diplômes avons de la peine à tenir a fortiori ces recalés » , a-t-il ajouté.

S'y ajoute l'atmosphère quasi invivable qui règne dans nos écoles, surtout au niveau des facultés, où des groupes d'étudiants ou même des professeurs, « téléguidés » prennent en otage l'année académique en bafouant tout le système mis en place.

« Comment voulez-vous que nous fassions une année universitaire pleine avec des professeurs qui se disputent le poste de doyen et des étudiants incarcérés »  ? s'est demandé un étudiant de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP). Les Maliens ont encore en mémoire la rétention des notes qui ont précédé la publication des résultats du diplôme d'études fondamentales (DEF), du baccalauréat et des Instituts de formation des maîtres (IFM).

C'est juste quelques maux parmi tant d'autres dont souffre notre école que Kary Bokoba et sa troupe ont décrié vendredi dernier à travers leur prestation devant le président de la République et un parterre de personnalités.

En tout cas, Pr. Mamadou Lamine Traoré disait qu' « étudier, c'est jeter de l'argent pour le récupérer après » . En d'autres termes, les études constituent un sacrifice financier dont les retombées suivent après. Dans de telles conditions, il est clair que l'Etat ne bénéficie aucunement des milliards de nos francs prétendument injectés chaque année dans l'éducation. Et ce n'est pas le document « Ecole apaisée et performante » qui a jusqu'à présent pu inverser la tendance.

Gageons que le message de la troupe « Tobodji » soit compris et surtout suivi d'effets. Comme le dit le poète « quand je parle de moi, je parle de vous. Ah insensé qui pense que moi je ne suis pas toi » .

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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CAN DE BASKET FEMININ

Le Mali en quarts de finale

Qui va arrêter le Mali au 20e Championnat d'Afrique des nations de basket féminin ? C'est la question que beaucoup d'observateurs se posent aujourd'hui à Dakar après la 3e victoire des Maliennes en autant de sorties. Du coup, Amchétou Maïga et ses coéquipières se qualifient pour les quarts de finale comme les Sénégalaises.

Trois matches et autant de victoires : tel est le bilan du brillant parcours de l'équipe nationale féminine de basket-ball (seniors) au 20e Championnat d'Afrique qui se déroule présentement à Dakar et à Thiès (Sénégal). Après la Tunisie et Madagascar, les protégées de José Ruiz et de Yankee (Cheick Oumar Sissoko) ont battu la Côte d'Ivoire par 74 à 34. Cette rencontre s'est déroulée dimanche soir au Stade Marius Ndiaye de Dakar.

Selon les observateurs, après les trois premières journées, seul le Mali semble se détacher du lot. Toutefois, contre la Côte d'Ivoire dimanche dernier, les Aigles auraient été « moins impériales » que lors de leurs deux premières sorties face à la Tunisie et à Madagascar. C'est ce que pense en tout cas un confrère du quotidien national du Sénégal, Le Soleil .

N'empêche, elles ont brillamment décroché leur ticket pour les quarts de finale avant même leurs deux derniers matches. En effet, après deux jours de pause (lundi et mardi), les Aigles vont rencontrer le Mozambique demain mercredi et le Sénégal le lendemain. Cette dernière rencontre est d'ores et déjà annoncée par les observateurs comme la « finale pour la première place du Groupe A » , basé à Dakar.

C'est un match très attendu dans la mesure où les Lionnes ont également signé leur troisième succès en autant de rencontres. Elles ont réalisé leur 3e victoire dimanche soir contre une accrocheuse équipe du Mozambique. Adama Diakhaté et ses coéquipières gagnent du coup le droit de passer au second tour. Selon les échos qui nous sont parvenus, face aux Lusophones, elles ont affiché un léger mieux par rapport à leurs deux précédentes sorties.

Ce qui laisse espérer qu'elles sont enfin entrées dans « leur » championnat. Mais, le match contre le Mali est attendu comme le vrai baromètre pour jauger de la forme des Maliennes et des Sénégalaises, les deux prétendantes sérieuses au trophée de cette 20e édition du Championnat d'Afrique du basket féminin.

L'Angola est la 3e équipe à s'être qualifiée en quarts de finale après trois matches. On se rappelle que les Angolaises avaient signé la première grosse surprise de ce tournoi en battant le Nigeria, double champion en titre. C'était samedi dernier, au Stadium Lat Dior de Thiès, dans le match au sommet de la poule B qu'abrite cette localité située à 70 km de Dakar.

Moussa Bolly

Erratum

Dans notre parution, d'hier, une erreur nous a fait écrire : « Le sans faute des Aiglonnes ». Il fallait plutôt lire « Aigles » et non « Aiglonnes » parce que le Mali est effectivement présent à Dakar avec les seniors de l'équipe nationale féminine de basket. Toutes nos excuses aux intéressées et à nos lecteurs pour cette erreur malencontreuse.

 

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OpeneNRICH

 

 




 
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