Lundi, la commission ad hoc s'est attelé à rendre le règlement intérieur conforme à la Constitution après que la Cour constitutionnelle eut rejeté, vendredi, la première mouture.
La Cour constitutionnelle avait décelé dans celle-ci plusieurs articles du règlement qui ne respectaient pas la Constitution (voir Les Echos n°2960 du mardi 18 septembre).
Ainsi, à la relecture du document, les députés ont purement et simplement supprimé les alinéas des articles et les membres de phrase incriminés par la Cour constitutionnelle. Ils ont reconduit les anciens articles non querellés.
Le règlement intérieur amendé n'a pas suscité de débat à la plénière d'hier et a été adopté à l'unanimité des députés présents, soient 125 voix. Après l'approbation du règlement intérieur par la Cour constitutionnelle, ce qui ne saurait plus tarder, nous a-t-on dit de source sûre, l'Assemblée va procéder à l'élection des autres membres du bureau.
BANDIAGARA
Des lots à usage d'habitation uniquement pour les riches
Le Conseil communal de Bandiagara a décidé d'attribuer des lots à usage d'habitation la semaine dernière à 250 000 F CFA par parcelle ; soit un quart de million ! Une vision, semblerait-il ! Une vision sur l'avenir ou bien des visions sur les retraites politiques bien dorées.
Comme le marigot « Yamé » de Bandiagara, le Conseil communal de la ville vient de briser le rêve des pauvres. Bandiagara, la grande calebasse, naguère ville où il faisait bon vivre, terre d'hospitalité, de culture où l'islam, le catholicisme et l'animisme se côtoient avec respect, est devenu un carrefour touristique.
Le lait frais, le petit mil, le riz, le miel, la volaille, qui étaient auparavant à la portée de tous les habitants, sont devenus des denrées rares à la portée des seuls riches. A Bandiagara, on n'entend plus les oiseaux chanter le long du « Yamé » ; les grenouilles ne coassent plus ; la vie est dure malgré les efforts des uns et des autres.
Quand le marigot « Yamé » a ravagé une partie de la ville à la suite des pluies torrentielles de la nuit du 4 juillet 2007, le maire et son Conseil communal, dans un élan patriotique, apportèrent leur soutien matériel et moral aux hommes et femmes et aux tout-petits. Merci à M. le maire et à son Conseil communal. Merci à l'administration pour le travail accompli. Merci aux généreux donateurs.
Cependant, l'arbre ne doit pas cacher la forêt ; les concessions ancestrales de la ville de Bandiagara sont bondées de personnes formant de nombreux foyers dans une exiguïté qui frise la morale. Que de discours décrivant cette situation ! Que de courriers demandant aux autorités les lotissements afin que les pauvres aient leurs lots !
Les honorables maires Abdramane Tembely et Boureima Tembely ont plaidé cette cause noble partout où l'occasion s'est présentée. A la faveur de l'inondation, la Commune urbaine de Bandiagara, grâce à l'administration, a reçu gracieusement 44 hectares 2 ares 95 centiares pour les concessions de sinistrés et le reste pour les populations. Merci à l'Etat malien.
Bandiagara ! Bandiagara ! Bandiagara ! Notre ambition, notre raison d'être et de vivre. Bandiagara est coupé du Mali à partir du fameux pont de Goundaka ; sclérosé, amputé, grippé, il demeure malade au vu et au su de tout le monde ; de nous tous Dogons, Toucouleurs, Peuls, Mossi...
Cependant, Bandiagara, grâce aux bénédictions des anciens qui « dorment » au cimetière essaye de trouver sa voie. Bandiagara ne sera pas une terre de spéculation. Au moment où Bandiagara vit les heures dures de son existence, au moment où la pauvreté a dépassé le seuil de la tolérance, où la jeunesse se cherche, le Conseil communal a décidé d'attribuer des lots à usage d'habitation la semaine dernière à 250 000 F CFA par parcelle ; soit un quart de million ! Une vision, semblerait-il ! Une vision sur l'avenir ou bien des visions sur les retraites politiques bien dorées.
Une population de pauvres, de nécessiteux, une ville où les emplois n'existent pas. Voilà l'image de notre ville. Pouvons-nous cautionner un tel prix au moment où le riz coûte cher et tout est dur ? Les chefs de quartier accepteront-ils cette situation ? Et les hommes politiques ? Le peuple de Bandiagara, un peuple pacifique par essence, est fatigué. Ce peuple, naguère soumis à des difficultés, des contraintes naturelles, commence à comprendre que trop c'est trop.
Bandiagara ne doit pas accepter la surenchère, les mondes politique, associatif, bref toutes les composantes de la ville refuseront cette décision qui exclue les pauvres. Et vous les députés, les honorables nouvellement élus, acceptez-vous de cautionner cette décision ? En tout cas, le président de la commission domaniale M. Abdramane Karambé, conseiller municipal à l'Alliance Miria-RDT-Bdia et Ramat, a décidé de démissionner refusant catégoriquement la surenchère. Bravo camarade ! « Tignè kà fô baara ka kè » !
Au moment où le président ATT fait de la lutte contre la pauvreté son cheval de bataille en construisant des logements sociaux, ses cousins, les conseillers municipaux de Bandiagara, s'engagent dans la lutte pour l'exclusion du pauvre en vendant chèrement les lots à usage d'habitation à un quart de million. Arrêtez camarades conseillers municipaux de la Commune urbaine de Bandiagara !
Arrêtez d'exclure vos frères, vos parents, vos sœurs, les pauvres qui vous ont donné leurs suffrages ! « Halte à la spéculation et stop à la surenchère pour éviter la magouille et la corruption » (président Modibo Kéita). Sachez camarades que les larmes des pauvres couleront et vous anéantiront comme le « Yamé » le 6 juillet 2007.
L'ADP, le Mouvement citoyen et les associations sont là ; ils parleront et agiront. Nous n'accepteront plus les hommes et femmes qui veulent sacrifier notre ville pour des visions électoralistes.
Oumar Karambé
(SG du Miria, président Commission électorale de l'ADP-Bandiagara)
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EAU ET L'ELECTRICITE
Les préalables d'une nationalisation du secteur
Pour réussir la nationalisation du secteur eau et électricité, il faut l'adhésion de toutes les forces de la nation et le respect d'un certain nombre de principes. C'est, du moins, ce qui ressort de la conférence-débats de la Coalition des alternatives dettes et développement (CAD-Mali) sur les enjeux et défis de la nationalisation de l'eau et l'électricité. C'était hier à la mairie de la Commune IV.
Fidèle à sa mission de conscientisation des peuples, la Coalition des alternatives africaines dettes et développement (CAD-Mali) a réuni, mardi à la mairie de la Commune IV à Lafiabougou, les acteurs de la société des communes III et IV autour du thème de la nationalisation de l'eau et l'électricité : enjeux et défis. Un thème d'actualité eu égard aux crises énergétiques et à la problématique de l'accès à l'eau potable dont notre pays fait face ces dernières années.
Au-delà de cette problématique, l'eau et l'électricité sont devenues, aux dires de Dounantié Dao, secrétaire général de CAD-Mali, des facteurs de différenciation sociale. « Les familles riches se reconnaissent à travers l'électricité et le robinet, tandis que les familles pauvres demeurent toujours avec la lampe-tempête et le puits. C'est injuste. Et c'est pourquoi, nous avons initié avec Oxfam-Solidarité de Belgique cette série de conférences à travers le pays sur la question » , a-t-il attaqué.
Convaincu que la privatisation n'est pas la panacée, CAD-Mali fonde l'espoir sur la nationalisation du secteur aussi stratégique que l'eau et l'électricité. « La nationalisation étant le transfert à la collectivité de la propriété de certains moyens de production appartenant à des particuliers en vue, soit de mieux servir l'intérêt public, soit d'assurer l'indépendance de l'Etat ou d'interdire la réalisation de bénéfices privés dans certaines activités… elle recèle une idée de contrôle collectif » , a indiqué le conférencier Abdoul Wahab Diakité. En termes clairs, le combat de la nationalisation exige l'existence d'un noyau de patriotes prêts pour le sacrifice ultime pour le pays.
Les enjeux, tout comme les défis sont énormes, a-t-il souligné. Ils vont de la responsabilité à l'implication effective de tous les acteurs (politique, décideurs et société civile), en passant par la confiance, l'efficacité du contrôle collectif, une large communication dans les principales langues sur le processus de nationalisation (avantages et difficultés), etc.
Pour y parvenir, l'Etat devra utiliser toutes les potentialités du pays (hydroélectricité, énergie solaire, éolienne), mettre un système de lutte efficace contre la fraude, alléger la procédure d'abonnement. La société civile étant invitée à faire en sorte que l'eau ne devienne pas une marchandise et que l'électricité ne demeure pas un luxe pour le citoyen malien et soient accessibles à tous.
Des défis que les participants à la conférence de mardi se sont engagés à relever car, de l'avis du coordinateur des chefs de quartier de la Commune IV Birama Traoré, « privatiser des secteurs aussi stratégiques que l'eau et l'électricité signifie enlever l'âme du pays entier. Parce que la majorité des populations, qui sont pauvres, n'y auront pas accès. Il est inconcevable aujourd'hui de voir que des quartiers de Bamako comme Lassa, Sibiribougou, Kalabanbougou ou Sogonafing n'ont ni accès à l'eau ni à l'électricité » .
De quoi faire preuve, pour l'Etat, de solidarité agissante vis-à-vis de ces populations démunies.
Sidiki Y. Dembélé
Des chiffres
L'accès à l'eau et l'électricité et à moindre coût est nécessaire pour assurer un développement minimum. Malheureusement, le constat qui se dégage est amer. Près d'1,5 milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau, 2,6 milliards n'ont pas accès à l'assainissement. 34 000 personnes meurent chaque jour de manque d'eau potable. Au Mali, seuls 15 % de la population ont accès à l'électricité en milieu urbain contre moins de 5 % en milieu rural, 57 % ont accès à l'eau, selon des chiffres officiels.
S. Y. D.
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