Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2007

Mois de Septembre

Les Echos du 18 Septembre

PASSEPORT DIPLOMATIQUE DES DEPUTES

La Cour constitutionnelle recule

La Cour constitutionnelle avait, parmi les raisons du rejet du projet de règlement intérieur de l'Assemblée nationale, évoqué le passeport diplomatique. Les députés n'ont pas corrigé cette partie.

Les Neuf sages, qui avaient laissé les députés jouir du passeport diplomatique lors de la législature précédente, ont voulu les en priver cette fois. C'était sans compter avec les parlementaires qui y ont vu, au-delà des 9, une main pas si invisible que cela. En effet, sans dire ouvertement que c'était là une tentative du président ATT, ils s'en sont référés directement à lui.

« Il n'est pas question que nous perdions des droits » , affirme un honorable. Selon nos sources, certains ont contacté le président ATT en personne qui, la main sur le cœur, a assuré qu'il n'y est pour rien, mais qu'il s'investira pour que leur reste ce droit.

Du coup, la commission, qui a travaillé hier pour tenir compte des desiderata de la Cour constitutionnelle, n'a même pas fait cas du passeport. « Il n'est pas question que l'on se laisse faire. Nous sommes avec ATT, mais, nous sommes des élus, il faut qu'on le sache et qu'on nous traite comme tels » , ajoute notre interlocuteur.

Quoi qu'il en soit, tout semble entrer dans l'ordre, et, comme il l'a dit (notre source), « lui et nous avons eu là une occasion de nous jauger » .

Alexis Kalambry

Acceuil


REGLEMENT INTERIEUR DE L'AN

Les députés revoient leur copie

Les députés sont conviés ce matin à une séance plénière pour se pencher sur le règlement intérieur de l'hémicycle. Vendredi, la Cour constitutionnelle a trouvé que des articles entiers ainsi que des membres de phrase étaient anticonstitutionnels.

Après l'élection de Dioncounda Traoré au perchoir, le 3 septembre dernier, les élus de la nation s'attèlent maintenant à doter l'institution d'un règlement intérieur. Celui-ci peine à trouver son chemin. La Cour constitutionnelle ayant renvoyé, vendredi, le projet de règlement intérieur, élaboré par la commission ad hoc présidée par l'honorable Assarid Ag Imbarcawane. Si dans leur arrêt N 07-181/CC-CC du 15 septembre 2007, les neuf sages du Dibida (quartier où siège la Cour constitutionnelle) ont déclaré, le document recevable, dans le fond ils ont décelé que certains articles du règlement intérieur notamment les articles 25 et 26 étaient contraires à la Loi fondamentale. Les membres de la Cour ont également déclaré contraires à la Constitution des membres de phrase de certains articles ou certains mots.

Il s'agit en l'occurrence de l'article 13. Cet article, dans le projet de règlement est ainsi libellé : « Les candidatures doivent être déposées au secrétariat général de l'Assemblée nationale au plus tard une heure avant l'heure fixée pour l'ouverture du scrutin. Elles doivent provenir des groupes parlementaires ou des députés non inscrits. Lorsque pour les autres membres du bureau, le nombre de candidat est égal au nombre de sièges à pourvoir, on peut procéder par un vote bloqué ».

Dans l'arrêt, les neuf sages indiquent que, le membre de phrase « lorsque, pour les autres membres du bureau, le nombre de candidat est égal au nombre de sièges à pourvoir, on peut procéder à un vote bloqué de liste », est anticonstitutionnel. Ils l'ont motivé en se référant à l'article 64 de la Constitution, qui dispose entre autres, que « tout mandat impératif est nul et que le droit de vote des membres de l'Assemblée nationale est personnel… »

Des articles anticonstitutionnels

Dans son arrêt, la Cour constitutionnelle estime, que le vote bloqué de liste de candidats oblige l'électeur à se prononcer pour cette liste sans pouvoir faire ni adjonction ni suppression de noms, ni modification de l'ordre de présentation des candidats. Pour les neuf sages, la faculté de pouvoir élire les autres membres du bureau de l'AN sur une liste bloquée de candidats oblige le député électeur à donner sa voix sans distinction à tous les candidats de liste. « Ce vote obligatoire est contraire à l'article 64 de la Constitution » notifient-ils dans l'arrêt.

L'article 25 du règlement intérieur établi et adopté le 7 septembre dernier disposait : « L'Assemblée nationale en vertu des dispositions constitutionnelles procède aux nominations personnelles dans les organismes sous-régionaux, régionaux et internationaux conformément aux textes les régissant ». Pour les membres de la Cour, aucune disposition de la Constitution n'autorise l'hémicycle à procéder à des nominations personnelles dans les organismes sous régionaux, régionaux et internationaux. Les sages ont aussi du coup rejeté l'article 26 du règlement intérieur, qui stipulait la représentation proportionnelle pour toutes nominations personnelles prévues à l'article 25. Considérant que la discussion et la fixation de l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée sont faites par la conférence des présidents, que le gouvernement auquel cet ordre de jour est notifié ne peut être obligé d'assister à cette conférence des présidents, la Cour a indiqué qu'en conséquence, le verbe « devoir » utilisé dans l'alinéa 2 in fine de l'article 54 du règlement n'est pas conforme à la Constitution.

La Cour a également rejeté l'article 58 du règlement au motif que celui-ci portait atteinte au principe d'égalité des députés. Cet article donnait droit aux seuls présidents des commissions générales et présidents de groupes parlementaires de demander la suspension de la séance.

Les alinéas 7, 9, et 10 de l'article 90 du règlement intérieur ont été aussi déclarés non conformes à la Constitution. Les dispositions de cet article imposaient au gouvernement de réagir dans un délai de 30 jours aux résolutions adoptées par l'AN suite aux travaux des commissions spéciales d'enquête. Pour les sages, aucune disposition de la Constitution ne permet au parlement d'imposer un tel délai au gouvernement.

C'est dire que les députés doivent se contenter des questions orales et que les membres du futur gouvernement n'auront pas de soucis à se faire en laissant dormir dans des tiroirs poussiéreux des dossiers importants n'ayant aucune pression sur les épaules.

Denis Koné

 

[haut]

Acceuil


NOUVEAU GOUVERNEMENT

ATT lié par ses promesses

Annoncé depuis plus de deux ans, le nouveau gouvernement peine à voir le jour. Plus de cinq mois ont passé depuis la réélection d'ATT et plus deux semaines se sont écoulées après l'ouverture de la session extraordinaire de la quatrième législature sans que les Maliens soient fixés sur leur sort qui est intimement lié à la personnalité de l'exécutif.

Le président de la République Amadou Toumani Touré (ATT), qui rempile pour un second et dernier quinquennat, a-t-il les mains véritablement libres pour procéder à la nomination d'un nouveau gouvernement ? La question taraude les esprits de plus d'un observateur de la scène politique.

En juin 2005, le président ATT avait coupé court aux rumeurs relatives à un remaniement ministériel. Il déclarait à l'occasion de son traditionnel débat de presse du 8 juin, commémorant son accession au pouvoir, « qu'il attendait d'avoir toutes les cartes en main pour se décider » .

A l'époque, des informations faisaient de plus en plus état de la détérioration du climat entre lui et le président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéita, avec comme conséquence la sortie du gouvernement du représentant de ce parti. Le président ATT avait préféré le terme de « réaménagement technique » , qui signifierait à son entendement le remplacement des ministres nommés sous la bannière d'un parti politique et qui ne voudraient plus rester dans le bateau du consensus.

Les mois et les années ont passé, il n'y a pas eu de remaniement ou même de réaménagement technique du gouvernement. Même la démission du ministre de l'Environnement et de l'Assainissement, Nancoma Kéita, juste après l'élection présidentielle du 29 avril 2007, n'a pas fait bouger le président de la République.

Cacophonie

L'opinion nationale attendait la rentrée de l'Assemblée nationale le 10 septembre 2007 pour s'attendre à la formation d'une nouvelle équipe gouvernementale. Peine perdue.

L'homme du consensus, au profit de qui une quarantaine de partis politiques et une kyrielle d'associations ont tout mis en œuvre pour sa réélection et qui a recueilli plus de 70 % des suffrages est resté otage de ce même consensus qu'il a forgé à sa manière. ATT lié par ses promesses semble oublier que la Constitution lui donne les pleins pouvoirs de nommer le Premier ministre de son choix et les ministres sur propositions du Premier ministre.

Depuis plus de deux ans, les mêmes supputations vont bon train. Comme si d'aucuns avaient le sort lié à un changement de gouvernement, le pays semble arrêté de fonctionner. L'actualité majeure n'est dominée que par ça.

Entre-temps, certains se sont lancés dans une campagne médiatique pour être Premier ministre ou ministre. Il n'y a pas de jour qui passe tant qu'un cadre proche d'ATT ou un grand inconnu ne soit présenté dans la presse comme étant le successeur de l'actuel Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga D'autres sont même présentés comme des hommes du président à qui il aurait promis le sésame.

Abdrahamane Dicko

[haut]

Acceuil


AFFAIRE FEUE TOURE AIDA NIARE

L'engagement des agents socio-sanitaires

Le dossier de feue Me Touré Aïda Niaré est loin de connaître son épilogue. Les deux agents médicaux incriminés, Dr. Mohamed Kéita et Mme Dembélé Salimata Daou sont certes en liberté provisoire, mais leurs collègues sont décidés à obtenir du parquet leur blanchiment surtout qu'« il  n'y a eu aucune faute professionnelle ». Tel était l'objectif principal de la grande rencontre des agents socio-sanitaires samedi dernier au CICB .

L'affaire Touré Aïda Niaré, qui remonte au mois de juillet dernier, continue toujours de défrayer la chronique. L'avocate est consultée, hospitalisée au Centre hospitalier universitaire Gabriel Touré, puis évacuée d'urgence sur un hôpital de Paris. Elle y rend l'âme le 25 juillet 2007.

Depuis, l'affaire ne cesse de faire du bruit avec l'arrestation, l'incarcération et la mise en liberté provisoire de Dr. Kéita et Mme Dembélé pour manquement professionnel suite à des plaintes déposées par l'Ordre des avocats et la famille de la défunte. « N'ayant décelé aucune faute professionnelle » , les agents socio-sanitaires souhaitent l'acquittement pur et simple de leurs deux collègues. C'est la conclusion de la rencontre, qui a permis de mettre tout le monde au même niveau d'information dans cette affaire.

Pour obtenir l'acquittement de leurs collègues, les professionnels de la santé vont engager des avocats spécialistes, dont Me Modibo Diakité du Mali, un du Sénégal et un de la France, en plus des experts en la matière. C'est ainsi qu'ils ont prévu des cotisations de tous les professionnels de la santé afin de faire face aux dépenses qui les attendent.

Les motions de remerciements et de soutiens de tous les syndicats et associations socio-sanitaires n'ont pas manqué tout au long de la rencontre, à commencer par Pr. Salif Diakité, le président du comité de crise. Ce dernier est revenu sur les efforts déployés par le comité du début jusqu'à la mise en liberté provisoire de leurs collègues avant d'adresser moult « merci » à ces collègues pour la solidarité dont ils ont fait preuve.

Ouvrir une nouvelle page

Comme l'a dit un syndicaliste, « il a fallu que deux membres de la famille sanitaire soient inculpés de façon abusive pour éveiller notre conscience commune » , les professionnels de la santé sont maintenant conscients de la lutte qu'ils doivent mener. Ils ne veulent plus être des « victimes expiatoires » .

Soucieux du devenir des agents et de la fonction sanitaires, les hommes en blouse blanche veulent dorénavant agir à l'unisson en mettant fin aux divergences et à certaines pratiques qui règnent jusqu'à présent au sein de leur corporation. Ils pensent en général que la situation à laquelle ils font face aujourd'hui est la résultante du « désintérêt que nous avons pour notre propre sort » .

Dr. Béfon Cissé, représentant des différents collectifs de santé du Mali, initiateur de la rencontre, a souhaité la moralisation de la fonction sanitaire et la défense des agents sanitaires dans l'exercice de leurs fonctions. Pour cela, il a demandé que « chacun fasse ce qu'il a appris à faire » . Tout en souhaitant être à l'avant-garde des textes et lois les concernant et à l'élaboration desquels ils doivent désormais être associés, surtout qu'ils sont représentés à l'hémicycle. Les représentants des différents syndicats de la santé, y compris ceux des régions (Kayes, Koulikoro, Sikasso), souhaitent une révision du statut d'agent sanitaire.

« Unis et mobilisés, nous vaincrons les adversités et les obstacles qui se dresseront sur notre chemin » , a affirmé Dr. Cheick Oumar Dia.

On se souvient que les médecins avaient un moment exigé l'exhumation du corps, qui serait de nature à blanchir purement et simplement les personnes incriminées. Cette idée est toujours d'actualité, car certains intervenants en sont encore partisans : faire une autopsie de la dépouille pour qu'enfin éclate la vérité.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

[haut]

Acceuil


MILLENUIM CHALLENGE ACCOUNT

Plus 244 milliards de F CFA mis à la disposition du Mali

Avec l'échange de documents, les Etats-Unis mettent à la disposition de notre pays, les fonds alloués aux trois projets du Millenium Challenge destiné à la réduction de la pauvreté.

C'est par un échange de documents entre le directeur général par intérim de Millenium Challenge Account (MCA-Mali), Mahamane Bania Touré, et l'ambassadeur des Etats-Unis au Mali S. E. Terence Mc Culley qu'est entré en vigueur le programme Millenium Challenge Account. La cérémonie s'est déroulée lundi au siège de MCA-Mali à l'ACI-2000 en présence des représentants de la société civile et du secteur privé.

M. Touré, au nom des plus hautes autorités, a rappelé tout l'intérêt que le pays porte au programme de réduction de la pauvreté. Le DG a assuré la partie américaine quant au respect des engagements pris. « Ces 3 projets cadrent parfaitement avec le programme de développement économique et social (PDES) du chef de l'Etat » .

De son côté, l'ambassadeur américain a souhaité l'implication de tous afin que les projets aient un impact sur la réduction de la pauvreté à son terme. M. Touré a donné l'assurance que les travaux se dérouleront conformément à la convention.

La convention, d'une durée de 5 ans est dotée d'un montant de 460,8 millions de dollars, soit 244,8 milliards de F CFA. Ils seront mobilisés pour la réduction de la pauvreté à travers la réalisation de trois projets. Il s'agit du projet d'irrigation d'Alatona (122,3 milliards de F CFA), de l'amélioration de l'aéroport (46,7 milliards F CFA). La mise en valeur d'une plate-forme pour les activités industrielles pour faire face à la croissante demande pour l'industrie est le 3e projet que le MCA prendra en compte.

Amadou Sidibé

 

[haut]

Acceuil


DIVERSIFICATION DE L'ECONOMIE AFRICAINE

L'agriculture offre d'immenses potentialités

L'agriculture peut être la clé de la diversification de l'économie africaine et donner au continent une place respectable dans le commerce international. Pour ce faire, il faut que l'Afrique crée les meilleures conditions lui permettant de tirer le maximum de profit de ses immenses potentialités agricoles.

L'un des principaux objectifs de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa) est d'aider les pays d'Afrique subsaharienne à diversifier leur économie, c'est-à-dire à ne plus tout miser sur les exportations de pétrole et de gaz naturel, voire du coton et à privilégier les exportations de produits agricoles dont le continent regorge.

« Nous sommes ici pour faire en sorte que l'agriculture travaille pour les Africains et pour leur économie » , avait déclaré à la presse, le 17 juillet, un responsable du ministère américain de l'Agriculture, Mark Keenum, à l'occasion du 6e forum annuel de l'Agoa, qui se tenait à Accra les 18 et 19 juillet. Les chocolats et les ananas du Ghana, les fleurs coupées d'Ouganda et les agrumes d'Afrique du Sud sont certains des produits qui figurent sur la liste des quelque 6000 articles pouvant être exportés en franchise de droit de douane aux Etats-Unis en vertu de l'Agoa, loi commerciale adoptée par le Congrès en 2000.

« Si les exportations de produits agricoles sont encore faibles par rapport à celles de pétrole et de gaz, elles augmentent régulièrement et entraînent la création de nombreux emplois » , a indiqué M. Keenum. L'Agoa, a-t-il expliqué, a permis de renforcer les échanges entre les Etats-Unis et l'Afrique subsaharienne. Ceux-ci ont atteint le chiffre record de 71 milliards de dollars en 2006, année où les exportations africaines aux Etats-Unis ont augmenté de 17 % pour atteindre 59,2 milliard de dollars.

Les exportations de produits agricoles africains, pour leur part, ont augmenté de 33 % et ont atteint 360,8 millions de dollars. Mais, ils n'ont représenté que moins de 1 % de l'ensemble des exportations, alors que les exportations de pétrole et de gaz ont constitué plus de 80 % de l'ensemble des exportations africaines à destination des Etats-Unis dans le cadre de l'Agoa. Ce qui n'est pas forcément l'objectif recherché par cette loi commerciale.

Si le secteur énergétique génère des recettes pour les Etats africains, il crée bien moins d'emplois que l'agriculture et, a indiqué M. Keenum, « il est souvent la proie de la corruption » . Sans compter que l'exploitation et l'exportation des hydrocarbures profitent plus aux dirigeants qu'aux pays producteurs comme on le voit au Congo, au Gabon, au Tchad, au Soudan, en Angola… où de vraies dynasties ont été constituées autour des revenus du pétrole au détriment de l'intérêt national.

Pour nombre de spécialistes du développement et du commerce, notamment le président de la sous-commission des affaires africaines de la Chambre des représentants, Donald Payne, ces chiffres ci-dessus cités sont troublants. Ce déséquilibre, estiment-ils, « compromet les efforts visant à réduire la pauvreté entrepris dans le cadre de l'Agoa » .

« Le meilleur moyen de relever le niveau de vie des pauvres en Afrique, notamment des femmes et des enfants, c'est d'encourager la croissance du secteur agricole et d'autres secteurs dans les zones rurales où la majorité de la population vit et travaille » , avait souligné le secrétaire général adjoint du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Comesa) devant la sous-commission des affaires africaines.

Après avoir reconnu que le pétrole et le gaz naturel étaient les deux produits dominants des échanges entre l'Afrique et les Etats-Unis, M. Keenum a fait remarquer que des exemples tels que la décision de la société Cargill de construire au Ghana une usine de transformation du cacao, qui coûtera 70 millions de dollars, montraient qu'il était possible d'inverser cette tendance. « L'usine Cargill pourrait produire jusqu'à 120 000 tonnes de beurre de cacao, de poudre de cacao et de liqueur de cacao. Ces investissements contribueront à la prospérité de la population locale grâce aux emplois qu'ils créeront » , a-t-il précisé.

Pour sa part, le ministre ghanéen du Commerce, de l'Industrie et du Développement du secteur privé, Alan Kyerematen, a déclaré que « la possibilité d'exporter plus de 6400 produits en franchise de douane, sans contingent, vers le marché de consommateurs le plus important du monde devrait être un encouragement suffisant pour que chaque pays africain s'efforce de produire sur une grande échelle tout un éventail de produits destinés à l'exportation » .

Le Mali peut ainsi tirer de grands profits, aussi bien au niveau des devises et que des emplois dans la commercialisation des mangues, du beurre de karité, des textiles. « Après tout, créer des emplois, gagner des devises étrangères et accroître en conséquence le niveau des revenus, en particulier pour les gens défavorisés et vulnérables, c'est cela réduire la pauvreté » , a ajouté M. Kyerematen.

De l'avis de M. Keenum, le gouvernement ghanéen, qui a accueilli le forum de l'Agoa cette année, a fait « un excellent travail en organisant une conférence novatrice qui rassemble des responsables politiques, des hommes d'affaires, des universitaires et des représentants d'organisations internationales » et qui reflète ainsi la diversité du marché mondial.

« Les Etats-Unis ne doutent pas que le Ghana continuera à être un exemple important pour le reste du continent africain en raison des réformes politiques et économiques qu'il a entreprises et des progrès qu'il a réalisés dans ces domaines » , a-t-il ajouté. Un exemple qui doit servir de référence aux autorités maliennes car, jusqu'à preuve du contraire, on ne voit pas réellement ce que le pays tire de l'Agoa.

Moussa Bolly

 

[haut]

Acceuil


LES LEÇONS DE LA SAISON DANS NOS CLUBS

Entre satisfaction et mobilisation des forces

La saison 2006-2007 s'est achevée il y a quelques semaines avec les sacres du Stade malien de Bamako en championnat et du Djoliba en Coupe du Mali. Dans les différents comités, l'heure est au bilan des activités menées. Certains responsables et présidents se sont confiés aux « Echos ». Suivons-les.

Le Club olympique de Bamako a déjà commencé à tirer les enseignements de la saison écoulée. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Ousmane Diarra alias   Ba Ousmane et Sidi Dembélé, respectivement vice-président et ancien président de la Fédération malienne de football (Malifoot) ainsi que membre du comité exécutif du COB.

Selon eux, on peut se situer à trois niveaux pour bien cerner le parcours des Verts. Le premier niveau c'est l'échec du championnat géré par la Fédération comme un champ de patates (janvier septembre) et qui était « arrangé pour les besoins de certains clubs » . A leurs avis, « la Fédération a reporté plusieurs matches pour faire plaisir à certains clubs » . Or pour un championnat digne de ce nom, il convient de mieux harmoniser le calendrier.

La mauvaise gestion du calendrier, et surtout les litiges comme l'affaire des 6 points retirés au CS Duguwolowila, ou encore celui qui a opposé l'Association sportive de Korofina (Asko) au COB. Des litiges dont la gestion controversée prouve à suffisance la carence du bureau fédéral, à travers ses commissions, à gérer notre football.

De l'avis des dirigeants du COB, l'incohérence entre les arbitres dans les jugements est une preuve qu'ils sont mal formés. Pour revenir au championnat, M. Diarra précise que le COB a connu un échec du début à la fin parce que les fleurs n'ont pas donné la moisson espérée.

« Nous avons dominé le championnat de la tête aux épaules et nous sommes tombés devant l'incurie de l'injustice et de l'esprit partisan des dirigeants du football malien » , analyse-t-il. Par ailleurs, il souligne que « le COB misait sur la Coupe du Mali et l'on avait mis le paquet. Malheureusement, depuis 3 ans les mêmes causes produisent les mêmes effets. Un phénomène nouveau pointe à l'horizon au sein du sport malien : c'est la corruption des joueurs au profit des clubs dit grands. Nous invitons les uns et les autres à plus de responsabilités et au sens du devoir » .

En Coupe du Mali, les Verts sont sortis par « la petite porte » . Et « nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes et à la fragilité de nos sociétaires. Le mental n'a pas suivi. Imaginez que nos joueurs ont été approchés en pleine compétition alors que, au COB, tous les joueurs de ces trois dernières années ont un salaire mensuel. A cela, il faut ajouter la sélection des joueurs en équipe nationale. Un phénomène qui se passe de tout commentaire. Alors nous invitons tous les acteurs à plus de retenue et de responsabilités » .

Mobilisation des supporters au Stade

« Suite à la régression progressive des activités des comités, nous avons décidé de prendre en main la destinée de ces différents comités. Depuis le sacre nous avons lancé une série d'opération dont les cotisations et la vente des cartes de 1000 F CFA. Nous ferons des efforts supplémentaires pour aider le comité de gestion dans les transferts des joueurs » , souligne Boubacar Coulibaly dit Vieux, secrétaire général du Comité des supporters du Stade malien de Bamako.

C'est dire que les supporters des Blancs de Sotuba ont « un amour fou » de leur club. « Nous sommes à jour vis-à-vis des Blancs de Bamako et nous invitons les comités à en faire autant. Les cartes en vente se payent » , ajoute M. Coulibaly.

« Après le sacre du Stade, jeunes, enfants et adultes ont commencé à se manifester. Lors de la dernière journée du championnat nous avons organisé une caravane, nous pensons que cette mobilisation sera davantage soutenue la saison prochaine. Nous pensons dès à présent à nos objectifs qui sont le titre de champion, la Coupe du Mali et la phase finale de la Ligue des champions » , conclut Vieux. Ce dernier objectif est sans cesse remis à l'ordre du jour sans succès. Cette saison sera-t-elle la bonne ?

A Hèrèmakono, le fief du Djoliba, on ne cache pas sa satisfaction d'avoir remporté la Coupe du Mali après des saisons stériles. Comme les autres responsables de clubs, Boubacar Touré, secrétaire général du DAC, a accepté de tirer les leçons de la saison qui vient de s'achever. Selon lui, « malgré certains problèmes qui ont entravé quelque peu la saison, la mobilisation était au rendez-vous. Les différents comités ont soutenu financièrement l'équipe. Beaucoup ont pris leurs cartes de supporters » , se réjouit-il.

« Le bilan est satisfaisant » , déclare Boubacar Touré. Même son de cloche du côté du président du Djoliba, Karounga Kéita dit Kéké, qui affirme que le bilan est plus que satisfaisant. « La saison a été une réussite, car nous avons presque tout raflé. Nous avons remporté la Coupe du Mali et les championnats d'honneurs des juniors et cadets » , se réjouit le premier responsable des Rouges de Bamako.

Nonobstant tous ses efforts, M. Touré reconnaît que beaucoup reste à faire au niveau des comités. « En réalité il faut plus de mobilisation dans les comités » , souhaite-t-il. Mais, en attendant, les Rouges pensent déjà aux futures batailles. « On disputera l'année prochaine la Coupe Caf, le championnat et la Coupe du Mali » .

« Nous devons œuvrer à consolider les acquis sur le plan potentiel, faire face à la compétition africaine et se fixer toujours comme objectif le championnat national, la Coupe du Mali et la Coupe Caf » , instruit le président Kéita. « Dans la vie d'un club, d'une association sportive, il y a toujours des hauts et des bas. Nous avons fait un travail positif et ce travail mérite d'être soigné, encouragé et suivi. Nos objectifs restent intacts : réaliser nos ambitions » , conclut Kéké. Au Djoliba, comme au niveau même du football malien, les bas sont le plus souvent liés plus à la mauvaise gestion qu'à des questions de conjoncture.

Une saison laborieuse au Réal

« Il faut reconnaître qu'au niveau du conseil d'administration, un effort a été fait par le président Amadou Diadié Touré. Ce conseil a joué sa partition sans grands moyens. Je rends hommage à tous et toutes pour le résultat obtenu » , souligne Idrissa Maïga dit Métiou, vice-président de l'AS Réal de Bamako et responsable de sa section football.

« Au niveau de l'encadrement technique, Mamadou Coulibaly a fait son travail, tout comme ses prédécesseurs. Nous savions que Mad Coulou allait aboutir à ce résultat. C'est un excellent entraîneur qui a une qualité que beaucoup n'ont pas. Au-delà de l'entraînement, il est d'abord psychologue » .

Le travail de Mad Coulou est d'autant plus appréciable qu'il a pris une équipe très mal en point et qui se cherchait dans les profondeurs du classement du championnat national. Sans compter qu'il devait concocter une équipe avec des joueurs venus de divers horizons. Ce qui fait que le Réal a mis du temps à trouver une homogénéité. L'hommage que les dirigeants du Réal lui rendent est donc tout à fait mérité.

Mais, déjà, les dirigeants des Scorpions pensent à la prochaine saison. « Nous avons des leaders en attaque. Nous souhaiterons renforcer davantage d'autres secteurs. Au milieu de terrain, nous avons des travailleurs, mais à ceux là, il faut ajouter un animateur qui a la possibilité de garder le ballon, et d'accélérer. Malgré tout, globalement nos joueurs ont fait une saison exceptionnelle » , indique Métiou.

Sur le plan de la mobilisation, le Réal n'est pas bien nanti, car disposant de peu de supporters comparé au Stade ou au Djoliba. Toutefois, « les quelques supporters que nous avons ont fait des efforts, ils ont soutenu l'équipe à Bamako et sur les stades de l'intérieur » , souligne Idrissa Maïga.

Le vice-président du club ajoute : « Il faut donc que les résultats suivent pour les encourager davantage. Nous comptons sur eux la saison à venir, car ils ont un rôle fondamental à jouer. Pour ce faire, il faut réorganiser les comités qui ne fonctionnent pas. Le meilleur supporter, c'est celui qui anime son comité et qui apporte des moyens au club » .

Pour leurs clubs, les dirigeants réalistes manquent de tout sauf de l'ambition. « Nous avons des ambitions pour ce club qui a longtemps souffert » . Pour réaliser ces ambitions, ils misent sur la formation. « Le centre de football Jean-Marc Guillou poursuit son petit bonhomme de chemin. D'autres sections comme le football féminin, le rugby ont vu le jour » , affirme Métiou.

Dans le camp des Noir-Blanc, l'heure est à l'unisson pour que les Scorpions retrouvent leur lustre d'antan pour éviter que les joutes nationales ne se limitent plus à la stérile rivalité entre le Djoliba et le Stade malien de Bamako.

Boubacar Diakité Sarr

 

[haut]

Acceuil


Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

Prix:3000f cfa

Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

Prix:4000f cfa

Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org