Les Echos du 11 septembre
ALPHABETISATION EN AFRIQUE
Bamako dresse l'état des lieux
La Conférence régionale africaine sur l'alphabétisation qui se tient à Bamako va tenter de donner un nouvel élan à l'alphabétisation en Afrique où il faudra au moins 11 milliards de dollars américains, selon Koichiro Matsuura , le directeur général de l'Unesco, pour relever le défi du taux de l' aphabétisation sur le continent.
La Conférence régionale africaine sur l'alphabétisation, dont l'ouverture a été présidée hier par le président de la République, en présence de plusieurs épouses de chefs d'Etat africains, de hautes personnalités et d'experts en matière d'alphabétisation, va dresser un état des lieux de l'alphabétisation sur le continent africain.
En Afrique, moins de 60 % des adultes savent lire et écrire, soit un des taux d'alphabétisation les plus bas du monde. La conférence de Bamako intitulée « le renouveau de l'alphabétisation pour faire face aux défis africains et internationaux » , tentera d'identifier les meilleures politiques et initiatives novatrices afin de donner un nouvel élan à l'alphabétisation en Afrique.
La question des coûts et du finnancement des programmes d'alphabétisation sera au cœur de la conférence avec une table ronde qui débattra d'une nouvelle budgétisation de l'alphabétisation. Selon le directeur général de l'Unesco, Kîochiro Matsuura , 11 milliards de dollars américains sont nécessaires pour relever le defi de l'alphabétisation en Afrique.
Le président de la République, Amadou Toumani Touré, qui a indiqué avoir pris l'engagement de relever le taux d'alphabétisation, a souligné que nous ne pouvons relever le défi qu'en affectant des moyens beaucoup plus importants à l'alphabétisation et à l'éducation non formelle. Or, de nos jours, a-t-il ajouté, elles ne recoivent que 1 % des budgets nationaux.
Selon ATT, le faible soutien des partenaires financiers et techniques, qui d'ailleurs ne sont pas nombreux à privilégier l'alphabétisation dans leur politique d'aide, est l'une des raisons qui font que le taux d'alphabétisation en Afrique reste encore à la traine . Il a lancé un appel afin que les engagements de Jomtien , Dakar, du Millénaire et de la Décennie des Nations unies pour l'alphabétisation soient traduits en actes concrets.
Au cours des trois jours de travaux, les participants débattront particulièrement de la situation de l'Education pour tous (EPT) en Afrique et du rapport Dakar+7 et procéderont à l'évaluation des mecanismes de coordination de l'EPT.
Denis Koné
Acceuil
ALPHABETISATION
Une arme contre la propagation du Sida
« L'alphabétisation est essentielle au développement de nos cités, y compris la réduction de l'impact du VIH/Sida » : telle est la position défendue par certaines ONG comme « Jeunesse et développement » au cours de la Conférence régionale panafricaine sur l'alphabétisation qui se tient au CICB depuis hier.
On comprend alors aisément qu'elles revendiquent 3 % des budgets nationaux consacrés à l'Education. C'est la condition sine qua non pour que nos Etats et les populations puissent réellement bénéficier des avantages de l'alphabétisation.
L'alphabétisation ne peut pas être un élément clef du développement de nos pays tant que, dans la plupart des Etats, l'offre éducative pour les adultes est insuffisante aussi bien au niveau quantitatif que qualitatif. D'une façon générale, les gouvernements n'accordent que la portion congrue à l'éducation non formelle. Et pourtant, les discours politiques ne cessent de marteler que l'éducation, notamment l'alphabétisation, est la clef de voûte du développement.
Depuis plus d'un demi-siècle, l'éducation est reconnue comme un droit humain. Paradoxalement, un adolescent sur cinq est privé de ce droit car ne sachant pas utiliser l'écrit pour communiquer. Et là aussi, les femmes sont frappées par la disparité car une femme sur trois n'a pas encore accès à ce droit fondamental. Comme le disait Aoyagi Shigeru , directeur de l'alphabétisation et de l'éducation non formelle à l'Unesco, « il est scandaleux que ce droit soit toujours violé dans de telles proportions à l'échelle mondiale » .
Ce défi est pourtant à relever sans démagogie aucune si l'on veut venir à bout des fléaux comme le VIH/Sida. Et cela est d'autant vrai que, comme l'indique « Jeunesse et développement », la pauvreté, le faible niveau d'éducation, l'accès difficile à l'information sont le plus souvent évoqués comme des facteurs favorisant l'infection au VIH.
Pour le président de cette ONG, Mamadou Koné, « l'alphabétisation favorise une attitude responsable concernant la santé et la prévention » . Il est en effet indéniable que le niveau de connaissance qu'une population a du VIH/Sida conditionne sa réaction et son comportement vis-à-vis de cette pandémie ainsi qu'à l'égard des personnes infectées ou affectées. Ce qui donne à l'alphabétisation toute son importance à juguler la propagation de ce fléau. Elle permet surtout aux différentes communautés de mieux réagir à la pandémie.
Moussa Bolly
Acceuil
UNIVERSITE DE BAMAKO
Suspension du mot d'ordre de grève au Cenou
Conscient de l'impact négatif d'une grève du Centre national des œuvres universitaire ( Cenou ) sur le déroulement des examens de fin d'année, l'Etat a finalement accédé aux doléances de son syndicat vendredi dernier. D'où la levée du mot d'ordre de grève des 11, 12 et 13 septembre 2007 du Cenou .
Le comité syndical du Centre national des œuvres universitaires ( Cenou ) avait déposé à la Primature, au ministère de la Fonction publique, au ministère de l'Education nationale et à sa propre direction un préavis de grève pour les 11, 12 et 13 septembre 2007.
Si les autorités s'étaient montrées indifférentes face à la grève que les travailleurs du Cenou ont observée le mois dernier, elles ont dû mesurer, cette fois-ci, l'ampleur et les conséquences désastreuses de la grève sur les étudiants surtout en cette période d'examens.
Suite au préavis du mot d'ordre de grève en date du 23 août 2007, le secrétaire général du ministère de la Fonction publique, Maharafa Traoré, a demandé au comité syndical du Cenou de lui « communiquer ses propositions de conciliateurs en vue de la mise en place d'une commission de conciliation » . C'est ainsi que le Cenou a jeté son dévolu sur professeurs Younouss Hamèye Dicko et Baba Akhib Haïdara (anciens ministres) et de Mme Diakité Sanaba Sissoko.
La réunion de conciliation, qui a regroupé autour d'une même table tous les acteurs concernés, a eu lieu jeudi dernier au ministère de l'Education nationale. Les syndicalistes en sont sortis le sourire aux lèvres, car les autorités se sont engagées à donner des suites favorables à leurs différents points de doléances qui sont entre autres : la tenue du premier conseil d'administration, la dotation du Cenou en local adapté, la notation du personnel et la signature des contrats des contractuels et leur inscription à l'INPS.
Par conséquent, « l'assemblée générale du Cenou a décidé de suspendre la grève en vue de permettre au ministère de l'Education et à la direction du Cenou de satisfaire entièrement le syndicat » , a informé Aboubacar A. Oumar, secrétaire général du syndicat Snesup-Cenou .
Toutefois, le syndicat s'accorde le droit de tout mettre en œuvre y compris la grève si les engagements ne sont pas respectés. « En cas de non-satisfaction, le comité syndical se réserve le droit d'entreprendre toute action légale susceptible de lui permettre de faire aboutir ses revendications » , précise le communiqué de l'assemblée générale, tenue vendredi dernier.
Pour l'heure, l'état a exécuté un de ses engagements, en mettant à la disposition de la commission des bourses des moyens adéquats pour la gestion des bourses nationales.
Les étudiants, qui n'avaient pas hésité à saisir le ministre de l'Education nationale et toutes les personnes susceptibles d'agir favorablement après la grève de 48 h du mois dernier, peuvent maintenant se réjouir que les protagonistes soient sur le chemin de la satisfaction des différentes doléances.
Ogopémo Ouologuem
( stagiaire )
Acceuil