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2007

Mois de septembre

Les Echos du 05 septembre

SITUATION AU NORD

Frustration et indignation de citoyens

Le double raid mené par Ibrahim Bahanga à Tjédjarett et à Tinzhawaten au nord du Mali, à la frontière algérienne, contre des convois civils et militaires alimentent tous les débats à Bamako. Au « grin », dans les services, au marché, les journaux, tous déplorent ces agissements de Bahanga et dénoncent le mutisme de l'Etat malien et de l'armée.

Deux embuscades et un véhicule de forains qui sautent sur une mine anti-personnel. Conséquences : 10 morts, des blessés, huit véhicules de l'armée malienne et de particuliers enlevés ou détruits avec des vivres et munition, une quarantaine de militaires pris en otage. C'est l'œuvre d'Ibrahim Bahanga et de ses hommes dans la région de Kidal entre le 27 et le 29 août derniers.

Si l'on ne sait pas encore les raisons de ces agissements de ce que les autorités appellent des « bandits », des interrogations et critiques fusent de partout. Surtout de la part du citoyen ordinaire qui s'interroge sur les raisons de ce réveil brutal des démons de la terreur dans le Nord-Mali et de la capitulation d'hommes en uniformes.

« Je suis sidéré d'apprendre qu'Ibrahim Ag Bahanga a réussi à capturer nos militaires comme des poulets. C'est incompréhensible. Je n'arrive vraiment pas à y croire. Comment est-ce possible ? » , s'interroge Sékouba Sylla, entrepreneur. Pour lui, « on ne nous a pas tout dit sur cette affaire. Ce n'est vraiment pas clair » .

Il propose, tout de même, aux autorités de ne pas opter pour la voie de la négociation avec Bahanga et compagnie. Mais, de les mater avec la dernière énergie. Une idée partagée par Oumar Sangaré, professeur de français dans un lycée de la place qui soutient que, « Bahanga ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Tant qu'il peut, il continuera à harceler et humilier les forces armées du Mali qui ne semblent pas avoir une capacité de réaction. Il revient naturellement aux hommes du général Seydou Traoré, chef d'état-major des armées, de prendre les dispositions idoines pour mettre hors d'état de nuire ces bandits qui sèment la terreur au nord » .

Plus de communiqué de presse

Fatoumata Diarra, gérante d'une cabine téléphonique, dit également ne pas comprendre le manque de réactions des autorités maliennes face à ce qu'elle appelle de la provocation démesurée, « rien que des communiqués de presse. Nous n'avons pas besoin de cela, des innocents sont en train de mourir pour rien. Il faut que le gouvernement sorte de son silence mortel » , dénonce-t-elle.

Quant à Sidi El Moctar, étudiant à l'EN Sup, il s'interroge sur les vraies motivations de Bahanga. « Je crois que les Accords d'Alger prennent en compte toutes les préoccupations des trois régions du Nord. Pourquoi se lancer encore dans des attaques avant même les impacts de ces accords. A mon avis, ce Bahanga ne veut que de l'argent. Je suis sûr que si le gouvernement lui donne une mallette, il va la fermer. Or, cela n'est pas une solution durable. Il faut le mettre hors d'état de nuire. C'est tout » , soutient-il.

Pour Mohamed Touré, ressortissant du Nord et fonctionnaire à la retraite, Bahanga est loin d'incarner la communauté touarègue de Kidal et ses agissements ne sauraient engager les populations qui ne demandent qu'à vivre en paix dans un Mali uni et démocratique. Ce qui expliquerait, d'ailleurs, la désolidarisation de l'Alliance du 23-Mai pour le changement et la démocratie. 

Du côté des partis politiques, seule une réaction est tombée du côté du Parti pour la renaissance nationale (Parena) de Tiébilé Dramé qui, dans une déclaration, exprime sa vive inquié­tude devant l'immobilisme des autorités. Tout en dénonçant le manque de rigueur et l'amateurisme du gouvernement, le parti du bélier blanc fait des propositions pertinentes de sor­tie de crise.

Selon le Parena, qui a rompu avec le mutisme ambiant de la classe politique, une solution démocratique et durable à la crise du Nord passe par « la mise en place auprès du président de la République d'une cellule stratégique composée de professionnels et chargée de veiller à l'unité et l'inté­gration nationales ; la création d'un grand min­istère chargé du Développement des régions sahéliennes et sahariennes, la concerta­tion sans exclusive avec tous les voisins et tous les pays frères concernés par la question du Nord   » .

Tous déplorent l'utilisation, pour la première fois, de mines anti-personnel au Mali, des armes de destruction massive et demandent à l'Etat de sortir de son mutisme et de dépasser le temps des communiqués.

Sidiki Y. Dembélé

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REGLEMENT INTERIEUR DE L'AN

La commission ad hoc mise sur pied

C'est une commission de 27 députés qui a été chargée mardi de rédiger le règlement intérieur de la 4e législature de l'Assemblée nationale. Mais face aux questions de préoccupation nationale, l'Assemblée nationale a d'ores et déjà choisi de mettre en place des commissions informelles sur le Nord, la FMPOS et le conflit frontalier avec la Guinée.

Après l'élection de Dioncounda Traoré président de l'Adéma comme président de l'Assemblée nationale lundi, les députés planchent à présent sur la rédaction du règlement intérieur.

Hier, les travaux de la plénière de la session extraordinaire ont été consacrés à la formation de la commission ad hoc qui rédigera le règlement intérieur de l'Assemblée nationale.

Aux termes d'échanges très sereins, une commission composée de 27 députés a été installée. Elle devra soumettre son projet lundi prochain à l'Assemblée qui le transmettra ensuite à la Cour constitutionnelle pour avis.

Le règlement intérieur de l'AN est une loi organique qui déterminera, entre autres, la configuration de l'hémicycle, la formation du nouveau bureau ainsi que les groupes parlementaires.

Selon l'ancien règlement intérieur, un parti politique qui dispose de 5 députés peut former son propre groupe parlementaire. Il semble que cette disposition pourrait changer. Pour la législature, qui s'ouvre, le nombre de députés sera revu à la hausse (7 députés).

Le processus de rédaction et d'adoption du règlement intérieur de l'AN pouvant prendre deux semaines, les honorables ont mandaté leur président, Dioncounda Traoré, de former deux commissions informelles restreintes (une sur le Nord et l'autre sur la situation qui prévaut à la Faculté de médecine de pharmacie et d'odontostomatologie, le conflit frontalier avec la Guinée, entre autres).

Ces commissions informelles auront pour tâche, au nom des députés, d'échanger avec le président de la République afin que des solutions urgentes soient trouvées à ces problèmes.

Denis Koné

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SCOLARISATION DES FILLES AU MALI

Le gouvernement en quête de synergie

La communication écrite présentée par le ministère de l'Education sur la scolarisation au Mali, à la session ordinaire du conseil des ministres du 29 août 2007, suscite beaucoup d'espoir. Elle marque non seulement une avancée énorme en la matière, mais redonne l'espoir dans l'atteinte de l'Objectif du Millénaire en matière d'Education pour tous. A condition bien sûr que les chiffres soient réels.

« La réalisation de l'Objectif de l'Education pour tous que vise notre pays nécessite la conduite d'actions d'envergure destinées à accroître l'offre d'accès à l'école tout en améliorant la qualité de la formation » , lit-on dans le communiqué du conseil des ministres du 29 août 2007. Au cours de cette rencontre hebdomadaire de l'exécutif, il a été examiné une communication relative au document de Politique nationale de scolarisation des filles et son plan d'action.

« Les mesures engagées dans ce sens au cours des dernières années se sont traduites par un relèvement significatif du taux de scolarisation » , indique le communiqué. C'est ainsi que le taux brut de scolarisation au 1er cycle est passé de 67 % en 2002-2003 à 75 % en 2005-2006. Au 2e cycle, il est passé de 30 % à 41,5 % au cours de la même période. Comme on le voit, le bond est réel, même si la qualité laisse à désirer.

Mais, ces chiffres sont déjà contestés par certaines de nos sources dans le secteur de l'enseignement qui les trouvent « loin de la réalité » . Comme nous dit un responsable d'Association de parents d'élèves (APE), « il est évident que le Mali a fait beaucoup d'efforts pour relever ses taux de scolarisation. Mais, je trouve les statistiques avancées par le département comme un peu démesurées » .

D'ailleurs, le gouvernement apporte un bémol à ce progrès du taux de scolarisation en soulignant que, « en dépit de ces avancées, des disparités, parfois importantes, existent lorsque que l'on procède à une analyse des résultats par genre » . Ainsi, au 1er cycle, le taux brut de scolarisation des filles est passé de 56,4 % en 2002-2003 à 65,1 % en 2005-2006 alors que celui des garçons est passé de 77, 9 % à 85,1 %, soit un écart de 20 points.

Au 2e cycle du fondamental, le taux pour les filles est passé de 21,7 % en 2002-2003 à 31,1 % en 2005-2006. Pour les garçons, il est passé de 38,5 % à 52,1 %, soit un écart de 21 points. Les disparités entre filles et garçons se constatent également en matière de taux d'admission aux examens et de pourcentage de redoublement. Tout comme elles constituent une réalité palpable dans les autres ordres d'enseignement.

Pour le gouvernement, « la persistance d'une telle situation constitue un frein au développement et un obstacle à l'atteinte des objectifs de réduction de la pauvreté » . C'est donc fort logiquement que la politique de scolarisation des filles se fixe pour objectif de l'améliorer afin de réduire et, à terme, éliminer les disparités liées au sexe conformément aux engagements internationaux pris par le Mali, aux réformes entreprises dans le secteur de l'éducation et à la politique de promotion de la femme et de l'enfant.

A cet effet, il est prévu de renforcer les mesures déjà prises et d'entreprendre d'autres actions spécifiques en faveur de la scolarisation des filles. Il s'agit, entre autres, de l'information et de la sensibilisation des acteurs afin de lever les contraintes culturelles et sociales, de favoriser par des mesures incitatives l'inscription et le maintien des filles à l'école, de renforcer la capacité des structures dans la dynamisation et le suivi de la stratégie de scolarisation des filles et, enfin, d'impliquer les collectivités locales et la société civile dans la mise en œuvre de la politique de scolarisation des filles. Cette quête de synergie est très importante même si elle se limite pour le moment aux collectivités locales et à la société civile. Le rôle des médias est ainsi occulté pour le moment.

Cette synergie est d'autant importante que, si l'on s'en tient aux données des organisations internationales, le Mali est loin d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière d'Education pour tous. Et ce ne sont pas les efforts du seul gouvernement, aussi louables soient-ils, qui vont suffire à combler le gap. La décision d'envoyer les filles à l'école au même titre que les garçons, dépend avant tout des familles et des communautés. C'est à ce niveau que le plaidoyer est important.

Moussa Bolly

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APRES UNE OPERATION D'EXSTROPHIE VESICALE

Amadou Diané retrouve le sourire

L'exstrophie est une malformation grave et rare qui se rencontre aussi bien chez le garçon que chez la fille. C'est une aplasie des parois antérieures de la vessie, de l'abdomen sous ombilicale et du sphincter urétral. Les faces postérieures de la vessie et de l'urètre sont ainsi directement ouvertes sur l'extérieur sans protection.

Chez le garçon, la verge épispade est rabattue vers le haut devant la plaque vésicale. Chez la fille, le clitoris est bifide. L'urine s'écoule en permanence dehors par les méats urétéraux visibles sur la plaque vésicale, parce qu'il n'y a plus de réservoir vésical. Il s'y associe une malformation du bassin avec un écart des pubis.

Une hernie bilatérale associée est fréquente avec parfois une ectopie testiculaire. Le diagnostic est très fortement soupçonné sur l'échographie anténatale devant l'absence permanent et de visualisation de la vessie. Il est confirmé dès la naissance par l'aspect très caractéristique de la partie basse de l'abdomen avec une zone plus ou moins cruentée correspondant à la face postérieure de la vessie bombant en avant lors des cris de l'enfant.

C'est de ce mal dont souffrait Amadou Diané, aujourd'hui âgé de 3 ans, qui vient de rentrer au Mali après une opération subie avec succès en Italie. Amadou Diané avait été prise en charge par le gouvernement malien qui l'avait évacué au Maroc pour un traitement qui a été sans succès.

En mars 2007, lors de la rencontre internationale des femmes protagonistes, la famille du petit Diané s'est confiée à l'association Grafi Onlus que préside Mme Shongo Safiatou Sakho. Cette association avec ses partenaires italiens ainsi que la Fondation pour l'Enfance de Mme Touré Lobbo Traoré ont décidé de la prise en charge et ont réussi par des quêtes, dîners de bienfaisance, à hospitaliser le petit garçon à l'hôpital Bambino Gesu de Rome, puis à Pérouse toujours en Italie à l'hôpital dans la section urologie pour une opération.

Amadou Diane et sa mère doivent retourner en Italie où le jeune garçon doit subir d'autres interventions (cinq au total) qui sont également prises en charge par l'association Grafi Onlus et ses partenaires qui ont décidé d'assister l'enfant jusqu'à l'âge de 18 ans.

En séjour au Mali, l'association Grafi Onlus (Groupe de recherche, actions et formations en Italie, organisation non lucrative de l'utilité sociale) a visité certains centres de santé communautaires afin de recueillir leurs doléances.

Boubacar Diakité Sarr

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LUNDI APRES-MIDI SUR LA RIVE DROITE

La pluie paralyse la circulation

Pris dans un courant d'eaux de ruissellement provoqué par des pluies diluviennes, les habitants de la rive droite du fleuve Niger ont passé un sale après-midi le 3 septembre 2007. Flash-back sur un embouteillage monstre.

Un bouchon de plus de deux kilomètres entraînant une file de véhicules pris dans un courant d'eau, le tout provoquant une paralysie totale de la voie sur les deux sens : tel était, le lundi soir, la circulation sur l'avenue de l'OUA ou voie expresse. Les usagers de ce tronçon reliant le pont des Martyrs à la rive droite du fleuve et la brettelle qui va de la voie expresse au pont Fahd ont passé un sale temps.

Cet embouteillage indescriptible a été provoqué par des pluies diluviennes tombées le lundi après-midi aux environs de 15 h sur la rive droite du fleuve Niger. Alors qu'une seule goutte n'avait pas arrosé d'autres quartiers de la capitale, certains habitants des quartiers situés de l'autre rive du fleuve nageaient dans des eaux de ruissellement. Des concessions ont été complètement inondées.

La situation était des plus pénibles pour de nombreux usagers qui regagnaient leurs domiciles après une journée de labeur. Des voitures et engins à deux roues étaient pris en tenailles par des eaux qui pouvaient atteindre plus d'un mètre de hauteur par endroits.

La plupart de ces engins, qui s'échinaient à se frayer un chemin, tombaient en panne. La poignée d'agents de la Compagnie de circulation routière (CCR), en faction devant le rond-point de l'immeuble Sékou Ly, assistaient impuissants à ce spectacle diluvien.

Ambulances et sapeurs pompiers dans l'engrenage

Même des véhicules de sapeurs-pompiers et des ambulances, qui partaient en direction de la ville, soit pour secourir des victimes, soit pour déposer des patients dans un hôpital ont été pris dans l'engrenage pendant un bon moment. Ils n'ont pu en sortir que grâce à la sollicitude de policiers et le concours d'autres personnes.

Les agents de la CCR n'avaient d'autre choix que de faire bifurquer les automobilistes sur l'axe de la corniche qui passe derrière la colline de Badalabougou et mène sur la voie expresse qui part du pont Fahd pour l'aéroport international de Bamako-Sénou.

La voie expresse, comme la plupart des artères principales de la capitale, ont été aménagées pendant la Can-2002. Malheureusement, elles ne disposent pas de collecteurs pour le drainage des eaux usées. Les petits fossés creusés de part et d'autre font encore les frais de l'incivisme des populations, qui y déversent des ordures de toutes sortes. Ces fossés sont obstrués de nos jours.

Il urge de les curer ou même de construire des collecteurs en leur lieu et place. Cela est d'autant plus important que ce genre d'inondation peut provoquer mort d'hommes. Ces eaux de ruissellement peuvent facilement dégrader les routes bitumées réalisées à coût de milliards de F CFA. Ce serait une perte énorme pour l'Etat et le contribuable malien que de refaire chaque fois les mêmes travaux alors qu'une solution simple est à portée de main.

Abdrahamane Dicko

 

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  MONDIAUX D'ATHLETISME

L'apprentissage se poursuit pour les athlètes maliens

Les lampions se sont éteints sur la 11e édition des championnats du monde d'athlétisme qui se sont déroulés du 25 août au 2 septembre 2007 à Osaka (Japon). Ils étaient nombreux les absents africains à Osaka pour diverses raisons. Des Nigérians, aux Ghanéens en passant par les Sénégalais sans oublier les Mozambicains à travers leur championne, Maria Mutola, 33 ans (800 m), blessée.

Le Mali était présent avec deux athlètes qui ont été une fois de plus aux durs apprentissages de la discipline au plus haut niveau. Avec une si faible représentation, le Mali n'avait aucune chance de médaille dans ces championnats.

Les deux athlètes, Ibrahim Maïga (400 m haies) et Kadiatou Camara dite « La » (200 m) ont été éliminés dès le tour préliminaire. Toutefois, Ibrahim a pu battre le record national. Après un mauvais parcours aux Jeux africains d'Alger (juillet 2007) avec une médaille de bronze en athlétisme, le pays revient bredouille d'Osaka.

N'empêche que l'Afrique ne revient pas bredouille d'Osaka. Avec une seule médaille d'or à Helsinki (Finlande en 2005), le Kenya a bien rectifié le tir en devenant le 1er pays africain au classement des médailles avec 13 médailles, dont 5 en or. Il est suivi de l'Ethiopie, meilleur pays africain sur les deux dernières éditions. Le pays, qui était 3e nation du monde en athlétisme derrière les Etats-Unis et la Russie en 2005 à Helsinki, a pu compter sur ses deux grandes stars, Kennenissa Bekelé (10 000 m) chez les hommes et Tirunesh Dibaba (5000 m).

Ces deux pays, malgré la forte chaleur d'Osaka, ont su se mettre en évidence pour sauver l'honneur de l'Afrique. Une satisfaction pour Hamad Kalkaba Malboum, le président de la Confédération africaine d'athlétisme.  « C'est un travail remarquable du Kenya qui a pourtant perdu beaucoup d'athlètes à cause du phénomène de naturalisation » , a apprécié le Camerounais.

Même son de cloche chez Lamine Diack, président de la Fédération internationale d'athlétisme qui trouve « les résultats encourageants qu'on pouvait déjà sentir chez les catégories cadettes et juniors dans ces pays d'Afrique de l'Est » . Cinq pays africains ont obtenu des médailles. Il s'agit de l'Ethiopie, du Kenya, de l'Ouganda, du Maroc et de la Tunisie.

Le continent africain était en mesure d'obtenir plus d'une vingtaine de médailles à Osaka. Mais, déjà Helsinki, l'Afrique avait globalement perdu de son influence avec seulement six médailles d'or contre 11 aux mondiaux précédents en France. Mais, le continent est aujourd'hui victime du talent de fils débauchés sans vergogne par les pays riches.

Ainsi, Bernard Lagat (1500 et 5000 m), l'ancien Kenyan, a défendu et remporté une médaille pour les Etats-Unis. Un cas parmi tant d'autres que dénoncent les dirigeants africains avec regret. « Des médailles qui nous échappent » , soupirait Hamad Kalkaba Malboum, président de la CAA à Osaka. L'Afrique doit aujourd'hui se battre pour enrayer cette fuite inacceptable de ses talents vers d'autres horizons.

Et ce combat doit être une priorité pour le Sénégalais Lamine Diack, réélu à la tête de la Fédération internationale d'athlétisme à Osaka.

A 74 ans, ses pairs viennent de lui renouveler leur confiance pour un ultime mandat de 4 ans (2007-2011). Le Sénégalais, ancien sauteur en longueur et ministre des Sports de son pays, a recueilli 167 voix contre 9. Il souhaite utiliser sa dernière présidence pour relancer l'athlétisme, une discipline qui a notamment perdu de son importance à l'école.

Et le congrès de l'IAAF a changé de système de gestion en intronisant deux vice-présidents aux côtés de Lamine Diack. Il s'agit du Français Sébastien Coe (50 ans), double médaillé d'or du 1500 m aux Jeux de Moscou et Los Angeles et Sergueï Bubka (43 ans), sextuple champion du monde de saut à la perche et toujours détenteur du record du monde de la spécialité avec un saut à 6,14 m.

Gageons qu'ils sauront apporter à l'athlétisme le sang neuf dont il a besoin pour redorer son blason, en luttant efficacement contre des fléaux comme les naturalisations et surtout le dopage.

Boubacar Diakité Sarr

 

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