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2007

Mois de septembre

Les Echos du 04 septembre

Me TALL BATTU A PLATE COUTURE

La rançon de l'ambition démesurée

Me Mountaga Tall, le président du Cnid, avait juré de s'installer au perchoir, revendiquant une majorité de députés qui le soutenaient dans sa démarche. Le verdict des urnes pour le choix du président de l'Assemblée nationale est sans appel. De la majorité, même mécanique, qui s'y frotte s'y pique.

C'est en début de semaine dernière que Me Tall a officialisé sa candidature à la présidence de l'Assemblée nationale en se confiant à notre confrère L'Indépendant. Une déclaration de candidature qui sera suivie d'une conférence de presse au cours de laquelle, celui qui était considéré comme le candidat de la rupture au sein du regroupement politique ADP était allé loin dans les propos.

Il déniait même à l'Adéma, avec ses 51 députés, la majorité pour conquérir le perchoir. Avec ses 11 élus, Me Tall comptait sur le soutien de 83 autres députés de l'Assemblée nationale.

Les jeux étaient pourtant faits. L'URD, la deuxième force politique à l'Assemblée avec 36 députés, s'était entendu avec l'Adéma sur la composition du bureau de l'Assemblée nationale, le perchoir revenant au parti de l'Abeille. Tout est allé très vite. Des négociations de dernière minute menées en douce avec la grâce de Koulouba ont permis à ces deux grandes formations de faire adhérer à leur cause le groupement politique ACC connu sous le label des indépendants fort d'une trentaine de députés.

La suite est connue. Me Kassoum Tapo, qui avait maintenu sa candidature jusqu'à l'ultime moment du choix du président de l'Assemblée, s'est finalement désisté après une pause de 15 minutes réclamée par son regroupement.

Battu à plate couture

Dans la mouvance des mêmes conciliabules, d'autres formations politiques, selon nos sources, comme le MPR de Choguel Kokala Maïga, visiblement de connivence avec Me Tall et qui remettait lui aussi en cause le fait majoritaire en indiquant, que « … la démocratie n'est pas le diktat mécanique de la majorité arithmétique… » , a reconsidéré sa position.

Il serait allé personnellement faire son mea culpa au parti majoritaire le dimanche soir en le rassurant de son soutien. Démontrant sa bonne foi, le président du MPR, a accusé la presse d'avoir tronqué son discours en l'expurgeant de sa substance.

Me Tall battu à plate couture (31 voix contre 111 pour Dioncounda Traoré) a, quant à lui, préféré aller à Canossa non sans avoir fait une offre à l'Adéma. Le président du parti du Soleil levant aurait demandé à la coalition Adéma-URD le poste de 1er vice-président (qu'il occupait d'ailleurs dans le bureau sortant), comme prix de son désistement. Une offre rejetée sans autre forme de procès, dans la mesure où ce poste doit revenir à l'URD.

Dans l'entente faite entre l'Adéma et l'URD sur la composition du nouveau bureau de l'Assemblée nationale, le poste de 7e vice-président est réservé au Cnid de Me Tall. Mais selon des indiscrétions, le parti du Soleil levant risque de perdre ce fauteuil et même sortir complètement bredouille. Ce qui ne sera d'ailleurs que le prix de la témérité de son président.

Abdrahamane Dicko

 

Me Tall face à lui-même

Connu pour ses positions extrémistes et jusqu'au-boutiste, Me Tall est cette fois-ci face à ses propos. Il a annoncé qu'il a 83 députés avec lui. Les faits ont démenti cela. Ensuite, il a soutenu qu'il ne sera le vice-président de personne. Il faut que les autres l'aident à tenir cette promesse.

A. D.

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PRESIDENCE DE L'ASSEMBLEE NATIONALE

Dioncounda l'emporte face à Me Tall

La session extraordinaire de l'Assemblée nationale s'est ouverte lundi place de la République avec l'élection du nouveau président de l'Assemblée en la personne du président de l'Adéma/PASJ et président de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, mouvance présidentielle), Dioncounda Traoré.

Mes Tall (Cnid), Kassoum Tapo (ACC) et Dioncounda Traoré (Adéma/PASJ) étaient les trois candidats déclarés à la présidence de l'Assemblée nationale dont l'élection a eu lieu lundi au siège de l'institution à Bagadadji. C'est par un score sans appel (116 voix contre 31) que le président de l'Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) l'a remporté.

Dioncounda Traoré, député élu à Nara, qui est aussi président de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, la mouvance présidentielle), était opposé à Me Mountaga Tall, président du Cnid/Faso Yiriwa ton et député élu à Ségou, après que Me Kassoum Tapo eut retiré sa candidature.

Le retrait de Me Tapo est intervenu après une suspension de la séance demandée par l'honorable Oulématou Tamboura. L'élue indépendante de Ténenkou avait demandé la suspension de la séance afin permettre au groupement politique des indépendants, dont Me Tapo fait partie, de se concerter.

Selon les coulisses, Me Tapo aurait décidé de retirer sa candidature afin d'éviter que des débats ne s'enlisent autour des articles 9 et 10 du règlement intérieur de l'Assemblée, qui déterminent les modalités de candidature et la suspension des travaux pour l'élection du président.

Mais d'autres sources indiquaient que le retrait de Me Tapo se justifierait par le fait qu'il n'avait pas eu le soutien des indépendants et de ce fait il ne voulait point se faire humilier comme le sera plus tard Me Tall. Toujours est-il que, d'une façon élégante, l'honorable Tapo a retiré sa candidature, laissant Dioncounda Traoré et Me Tall se départager par le suffrage des députés.

« Je serai le président de tous les députés, je considère que tous ont voté pour moi. J'espère que vous m'aiderez à porter le lourd fardeau que vous m'aviez confié. Je serai d'égal partage entre tous les députés, tous les groupes parlementaires, toutes les sensibilités. L'Assemblée nationale soutiendra les actions du président de la République, mais elle fera aussi son travail de contrôle de l'action gouvernementale » .

Ainsi s'est exprimé Dioncounda du haut du perchoir qu'il venait d'occuper. Le nouveau président de l'AN, qui avait la gorge séchée, a indiqué qu'il allait présenter bientôt à ses collègues le programme qu'il entend mettre en œuvre pour le bonheur des députés et, partant du peuple.

Denis Koné

 

Résultats de l'élection

Nombre inscrits 147

Nombre de votants 147

Suffrage exprimé 142

Bulletin nuls 5

Dioncouda Traoré : 111 voix

Me Tall : 31 voix

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NOUVEAUX DEPUTES

Comme à la rentrée des classes

Les 147 députés s'étaient fixé rendez-vous hier pour élire le président de l'Assemblée nationale. Les parlementaires de la 4e législature ont sacrifié à la tradition des grands moments d'émotions fortes et de sensations excitantes. L'ambiance à l'Hémicycle n'était pas sans rappeler la rentrée scolaire au fondamental une matinée d'octobre.

Avant que le doyen des élus ne préside les travaux de l'élection du tout nouveau président, ce fut une partie de recréation. Les visages s'illuminaient comme sous la figure adorable d'écolier en quête de repère. Les nouveaux et les anciens se congratulaient. L'heure était aux accolades et des « grâce à Dieu on s'est retrouvé. Je suis très ravi de te rencontrer » . Seuls quelques vieux briscards du parti Adéma se risquaient au débat.

Plus loin, des groupuscules formés de nouveaux députés s'informaient sur les dernières consignes de vote par rapport au choix du celui d'entre eux qui devait occuper le perchoir après Ladji Bourama. Des séances de photo sanctionnaient et immortalisaient les premiers actes de certains élus aux sourires larges et aux rires enthousiastes. L'honorable Yaya Sangaré, par exemple, élu à Yanfolila se faufilait entre les sièges et serrait la main à ses amis un à un. Un geste assorti d'un sympathique sourire.

Dès sa rentrée dans la salle, le désormais président de l'Assemblée Dioncounda Traoré tiré à quatre s'est dirigé poliment vers Ibrahima Boubacar Kéita après les salamalecs d'usage avec les élus de son parti. Les deux hommes se sont donnés des accolades comme pour dire que la divergence des idées politiques ne fait d'eux des ennemis. Surtout qu'ils tous issus de l'Adéma originelle.

Dans la salle Modibo Kéita, il était difficile, voire impossible de connaître les tendances politiques. La seule remarque, c'était des hommes et des femmes avec des macarons et effigies aux couloirs du drapeau national, le vert, jaune et rouge.

Amadou Sidibé

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RENTREE PARLEMENTAIRE

Les bleus, les verts et les autres

La salle Modibo Kéita de l'hémicycle, les arbres, la cour de l'Assemblée nationale, tous savaient , hier, qu'un événement se préparait au sein de cette auguste assemblée. Une rentrée parlementaire qui n'avait rien à envier à rentrée des classes avec ses touts nouveaux bleus, ses verts et les autres. Une atmosphère surchauffée, malgré la pluie matinale, a plané sur tout Bagadadji durant toute la matinée.

Des alentours jalonnés par des hommes en uniformes, à l'intérieur de la salle de délibération de l'Assemblée nationale, tout vibrait au rythme des pas des nouveaux élus convoqués, hier, pour la première session de la 4e législature. La grande salle, qui porte le nom du premier président, a refusé du monde au point de contraindre certains à suivre, contre leur gré, l'événement à la télévision.

A 9 h déjà, les sièges de l'étage étaient tous occupés, les allés, les coins et recoins avaient trouvé preneurs et les commentaires fusaient de partout. « On a bien fait de sortir sous la pluie. Sinon on allait rater l'élection de Dioncounda » , confie un spectateur à son compagnon.

A peine, celui-ci ouvre la bouche qu'un de leurs voisins s'invite au débat et lance, « qui vous a dit que Dioncounda serait élu. Tu rêves ou quoi ? » . Les hostilités sont ouvertes. Nous changeons de quartier. Dans le couloir, une grosse dame, au téléphone, demande à son interlocuteur de ne plus venir, « il n'y a plus de places. Nous sommes assises à même le sol. Mieux vaut suivre à la télé » .

En bas, où siégeaient les élus vêtus de leurs plus beaux habits, c'est la couleur vert, jaune, rouge des macarons qui frappait. Entre les allées, faufilaient des confrères avec une armada de l'ORTM, des photographes aussi nombreux que les élus. « Toi aussi à l'Assemblée. Tu ne traites pas, d'habitude, de question politique » , nous lance un confrère. Une pique passée en travers de mes oreilles, attentives, au dialogue entre l'honorable Ousseyni Guindo de Sikasso et Assarid Ag Imbarcawane. Après, répondant à notre question sur ses impressions sur la campagne et cette rentrée, « ça été dur dè ! Mais ça va aller. Mon succès ? Le courage et le travail » , dit-il dans un brouhaha.

Premiers couacs

C'est IBK, l'ancien président de l'AN qui faisait son entrée dans la salle sous des applaudissements nourris. Pendant que d'anciens élus, les verts, se ruaient sur lui avec de nombreux salamalecs, d'autres, les bleus, plongeaient leurs yeux, soit dans un journal, ou regardaient partout et nulle part, l'air hagard.

Le siège 140 occupé par IBK était toujours noir de monde. Ses voisins immédiats, son colistier de la Commune IV et Safiatou Traoré de la Commune III étaient dans les bonnes grâces. Ah… ! Oumar Mariko, le bic en main, avait le nez plongé dans un document. Mais que pouvait-il écrire ainsi ? Les autres, c'est ce public venu nombreux que le président de séance ne cessait pas de menacer de faire déguerpir tant il faisait du bruit.

Avec 42 minutes de retard, le secrétaire général de l'AN, Seydou N. Kéita ouvre les débats. Au même moment éclatent des discussions entre la sécurité et des journalistes qui étaient dans les allées. Leur loge étant prise d'assaut par d'autres, Cheickna Hamalla Bathily, en tête, ils étaient obligés de s'asseoir, à même le sol, pour faire leur travail.

Après le constat d'huissier, les premières piques entre l'honorable Ouleymatou Tamboura et Ag Imbarcawane, les noms des candidats, le doyen d'âge, Moussa Oumar Diawara de Kayes, 67 ans, suspend la séance. Dans les couloirs, le premier candidat Dioncounda Traoré nous confie, « je suis confiant et j'ai été toujours confiant dans la vie » , avant de taquiner la nouvelle députée de la Commune III, « petite honorable » .

A la reprise, après l'élection de Dioncounda Traoré, des voisins à moi, ont relevé ses premiers couacs. « Au lieu d'aller saluer Mountaga, son adversaire, il se dirige d'abord vers IBK. Ah, la politique ! » . Son camarade, par contre, n'a pas apprécié le fait que, dans son premier discours, il n'ait salué et félicité son prédécesseur. Commentaires de simples spectateurs. La séance est levée. Nous nous éclipsons. Mais, le film se poursuit…

Sidiki Y. Dembélé

 

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BANQUE DE L'HABITAT DU MALI

Opération recouvrement des créances contentieuses

La Banque de l'habitat du Mali (BHM-SA), créée en 1996 pour apporter son concours financier à la promotion de l'habitat (habitat social en particulier), pour réaliser toute opération de banque et de concourir à la bancarisation du milieu rural, a connu d'énormes difficultés de recouvrement de ses créances auprès de ses différentes catégories de clientèle.

Les difficultés de la BHM-SA sont en partie liées à la mauvaise foi de certains débiteurs, aux manœuvres dilatoires d'autres, à l'absence de formalisation, au détournement d'objet du financement et ou de recettes dans plusieurs cas de figure.

En plus des difficultés de trésorerie découlant de ce constat, les exigences de provisoirement de la réglementation bancaire imposent d'entreprendre des actions vigoureuses et efficaces de recouvrement en grande masse afin d'éviter une demande de recapitalisation.

Dans la situation actuelle, il est difficile d'envisager un schéma basé sur l'intervention d'un investisseur privé. Dans l'hypothèse d'une continuité de l'exploitation, le recouvrement à grande échelle reste l'unique alternative évitant une prise de risque à l'Etat ou une recapitalisation sur les ressources publiques.

Dans ce cadre le conseil des ministres, lors de sa session ordinaire du 1er août 2007, a adopté un projet de loi créant un privilège général pour garantir les créances de la BHM-SA. Il s'agit de donner à la Banque les moyens d'assurer un recouvrement rapide de ses créances sur ses mauvais débiteurs et d'éviter à l'Etat une éventuelle participation à sa recapitalisation. Il s'agit donc de faire payer les mauvais débiteurs comme il se doit.

Pleins pouvoirs

Désormais, la BHM-SA aura l'appui officiel du gouvernement pour poursuivre tous ses mauvais payeurs. Aucun de ceux-ci ne sera à l'abri puisque la Banque détient une hypothèque légale et des titres exécutoires. Ce privilège s'exerce immédiatement après les frais d'inhumation, les frais de la dernière maladie du débiteur ayant précédé la saisie des biens ; les fournitures de subsistance faites au débiteur la dernière année ayant précédé son décès, la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective à titre d'exemples.

Ce privilège s'exerce jusqu'au recouvrement intégral des dites créances.

A l'avenir, les mauvais débiteurs de la BHM-SA qui se croyaient à l'abri, soit par des protections politiques dont ils disposent soit à cause de l'absence ou l'insuffisance des garanties à l'octroi des prêts ou qui comptaient sur les manœuvres dilatoires par des procédures judiciaires interminables, ont des soucis à se faire.

Il faut également noter que la BHM-SA n'est pas la première banque malienne à bénéficier d'une telle mesure de la part de l'Etat. En son temps, la BDM, qui se débattait dans d'énormes difficultés dues aux mauvais payeurs, avait eu recours au même système pour entrer dans ses fonds.

Alexis Kalambry

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 CRISE AU NORD-MALI

Jusqu'où négocier ?

Par la faute d'Hassan Fagaga et surtout d'Ibrahim Bahanga, le Septentrion du pays est redevenu une poudrière. Pis, le Mali fait aujourd'hui la triste et dramatique expérimentation des mines (anti-personnel et anti-char). Des actes crapuleux, voire terroristes commis par des bandits insatiables qui se sont volontairement mis en dehors du processus de paix au Nord-Mali. Malgré la gravité de la situation, le gouvernement chercherait à négocier une fois de plus avec des gens qui n'ont qu'une seule préoccupation : faire régner la terreur, propice nécessaire à l'expansion de leurs trafics.

« Le gouvernement du Mali sait pouvoir compter sur l'appui politique diplomatique et matériel des pays pour endiguer cette nouvelle menace à la paix et à la sécurité internationale que constitue le terrorisme et le trafic d'arme et de drogue »  ! C'est l'appel lancé par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, lors de la rencontre du gouvernement du Mali avec les diplomates accrédités dans notre pays. C'était samedi dernier. Cette rencontre faisait suite aux tragiques événements qui se déroulent dans le Nord-Mali depuis plus d'une semaine.

« Les actes posés par les bandits armés dirigés par Ibrahim Ag Bahanga sont graves en ce sens qu'ils constituent une rupture de la paix chèrement acquise dans cette partie du territoire national et si essentielle à la sécurité régionale voire internationale » , a souligné le ministre Ouane après avoir fait la chronologie des événements du 26 au 31 août 2007. La gravité de « ces actes terroristes » dénoncés par le gouvernement ne fait l'ombre d'aucun doute.

Mais, quelle attitude le gouvernement adoptera-t-il face à ces « bandits armés »  ? Va-t-il une fois de plus négocier aussi la libération des soldats pris en otage et le retour des insurgés dans le processus de paix ? Va-t-on une fois de plus obliger l'armée à courber l'échine devant quelques éléments armés. Voilà autant de questions que les Maliens se posent aujourd'hui.

Et lors de la rencontre de samedi dernier, le ministre Moctar Ouane a apporté un début de réponse lorsqu'il a dit, «  le président de la République va poursuivre ses efforts et ses initiatives de paix dans une approche concertée, y compris au plan régional » . Une façon implicite de dire que l'Etat se maintient toujours dans sa logique de dialogue. Et c'est dans la même optique qu'il faut situer les efforts du chef touareg, Iyad Ag Ghaly, qui aurait entamé une médiation afin d'aboutir à la cessation des enlèvements et amener les protagonistes à la table des négociations.

Faut-il négocier avec des criminels ?

Et nous demandons sincèrement pourquoi négocier ? Doit-on négocier avec des « terroristes » ou avec des « bandits armés »  ? Faut-il offrir une porte de sortie honorable à des criminels qui ont miné toute la région de Kidal faisant chaque jour des victimes civiles ? Notre réponse est claire : non ! Poser une mine anti-personnel va au-delà de la simple dissidence. C'est un acte de guerre, surtout qu'une fois posée, on ne sait plus qui va sauter dessus. C'est comme poser une bombe au centre ville et la faire exploser à une heure de pointe.

Le sort du colonel Hassan Fagaga est clair. C'est un déserteur passible de la Cour martiale. Quant à Ibrahim Ag Bahanga, il doit répondre de ses crimes devant une Cour d'assises comme tous les criminels de son acabit. Le Mali est un Etat de droit qui, en tant que tel, ne doit plus accepter que la vie de ses citoyens et de ses militaires soit banalisée comme de simples instruments de troc. Ceux qui ont dénoncé les Accords d'Alger, l'on fait en connaissance de cause : ils étaient conscients qu'avec des individus comme Bahanga, aucun accord n'était possible.

Comme des mercenaires, ce sont des gens qui ne voient que leurs intérêts. La cause touareg n'est en réalité qu'un prétexte. En réalité, ces gens n'ont pas intérêt à ce que la paix revienne au nord du Mali parce que cela n'est pas propice à l'expansion de leurs trafics. En réalité, Bahanga et ses hommes ne sont que des trafiquants d'armes et de drogue.

Des activités qu'ils ne peuvent mener en temps de paix parce que le territoire de ces trafics échapperaient à leurs contrôles. Pourquoi Bahanga ne voulait pas que l'armée se déploie sur la bande frontalière de Tinzawaten ? Pourquoi Fagaga voulait le contrôle d'une unité spéciale ? Ils veulent garder tout simplement leur chasse gardée.

Il est utopique de vouloir maintenir ces hommes dans une logique de paix. En réalité, ils n'adhèrent au processus de paix que le temps de bénéficier de quelques avantages financiers de la part du gouvernement. Et des gens comme Fagaga resteront des chevaux de Troie au sein de notre armée. Et tant qu'ils seront libres de leurs mouvements, il ne faut pas rêver de paix dans notre Septentrion.

Ils se sont démarqués volontairement du processus de pacification. Et l'Alliance du 23-Mai pour le changement et la démocratie s'est totalement démarquée d'eux. C'est dire que la majorité des ex-rebelles maliens s'inscrit toujours dans la dynamique de la paix. Il faut donc les aider à se débarrasser de leurs brebis galeuses.

Les forces armées et de sécurité doivent donc les traquer dans leurs derniers retranchements pour les neutraliser pour de bon afin d'espérer le retour définitif de la paix dans le Nord. L'armée malienne doit suivre l'exemple de son homologue libanaise qui vient de débarrasser le Liban des envahisseurs. Quel que soit le prix de leur neutralisation, nous pensons que le peuple est aujourd'hui prêt à l'assumer. Ne serait-ce que pour empêcher que les milliards que le gouvernement est en train d'investir dans cette partie du pays soient vains. Il est bon de négocier avec des « rebelles » , mais pas avec des « bandits armés » ou des « terroristes » .

Moussa Bolly

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  ASSAINISSEMENT

Bagadadji prend en main son destin

Pour prendre en main les problèmes auxquels elles sont confrontées, les populations de Bagadadji, un vieux quartier situé en plein cœur de la capitale et qui accueille une partie des familles fondatrices de Bamako et des bâtiments officiels, viennent de lancer une association.

Bagadadji est l'un des vieux quartiers de la capitale, qui connaît assez de problèmes malgré son lotissement et sa viabilisation bien avant l'indépendance. Pour le sortir de cette situation, ses habitants se sont mis dans le train du développement en mettant en place une association pour le développement dudit quartier.

« Si les autorités municipales ne font pas de nos problèmes leur affaire, nous allons nous-mêmes nous en occuper » . C'est par cet engagement qu'on peut expliquer la mobilisation des populations de Bagadadji. Cette dernière veut en effet mettre son quartier au même niveau que les autres.

De nos jours, Bagadadji figure parmi les quartiers les plus insalubres de la capitale. Et personne n'ignore (y compris les autorités de la ville et de la Commune) que la question environnementale se pose avec acuité dans cette partie névralgique de la capitale où sont logés des bâtiments publics comme l'Assemblée nationale et des lieux de culte comme, la Grande mosquée de Bamako. Le manque de caniveaux demeure un casse-tête. Quand il pleut, les habitants restent terrés chez eux jusqu'au lendemain pour ne pas emprunter les voies boueuses.

Les populations de Bagadadji veulent maintenant prendre en main leur destin commun. Ce qui explique la mise en place de l'Association locale pour le développement de Bagadadji (ALDB). Le lancement officiel de cette association a eu lieu le week-end dernier.

Selon le président de l'ALDB, Seydou Tounkara, « l'association a été mise en place par tout Bagadadji. Nous allons travailler pour mettre notre quartier au top. L'Association appuiera toutes les initiatives de lutte contre la dégradation de l'environnement et prendra des dispositions urgentes et des mesures concrètes pour lutter contre l'insalubrité chronique » .

L'ALDB s'attellera à endiguer l'insalubrité, le manque de caniveaux pour le drainage des eaux de ruissellement pendant l'hivernage, entre autres.

Sidiki Doumbia

( stagiaire )

 

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 KARI BOCOBA COULIBALY ALIAS MADOU WOLO, COMEDIEN…

« Les vrais travailleurs ne sont pas récompensés dans ce pays »

Comédien, musicien et conteur, Kari Bocoba Coulibaly a porté haut le drapeau du Mali en emportant un trophée et en classant le Mali à la tête d'une trentaine de pays lors de deux festivals en Algérie. Dans l'interview ci-dessous, il nous parle de ses exploits, de cette victoire et de la mauvaise volonté des autorités maliennes vis-à-vis de ceux qui honorent le pays.

Les Echos : Quelles sensations cela vous fait-il d'avoir honorer le Mali tout entier en remportant un trophée en Algérie ?

Kari Bocoba Coulibaly   : Avant de parler du trophée, je voudrais vous retracer un peu l'itinéraire qui m'a amené à ce succès. Je suis un comédien sorti de l'Institut national des arts (INA). Après ma formation, j'ai travaillé avec le groupe Niongolo. De 2001 à 2003, j'ai travaillé avec Bolomba. Pendant ce temps, j'ai été contacté par l'équipe « Biritez » en France et en Suisse. Tout cela est dû au professionnalisme. J'ai été partout en Europe. En 2005, il y a eu une semaine du Mali au Luxembourg où beaucoup d'artistes étaient invités sous la présidence du président de la République. J'étais invité en tant qu'artiste, comédien, conteur. Je jouais 5 à 6 fois dans la semaine dans les lycées et collèges. Auparavant, j'ai été sollicité par le Centre dramatique national de Montreuil à Paris pour donner un stage de danse et de chant traditionnel du Mali à 12 jeunes filles issues de l'immigration. En 2006-2007, ma compagnie, la troupe Tobodji a abrité la création de la pièce « 2147, l'Afrique », une co-coproduction avec la compagnie « Les Inachevés de Grenoble » avec laquelle je suis sous contrat depuis 3 ans. Cette année, je viens de participer en Algérie à deux festivals de danse traditionnelle avec la troupe Babemba d'où je suis rentré avec une coupe et la signature d'une convention pour les deux festivals faisant de moi le représentant et le sélectionneur des troupes en Afrique francophone pour les deux festivals. Il y avait plus de 30 pays des quatre continents. C'était un rendez-vous mondial. Un festival international. Le Mali a été classé 1er. Une coupe, c'est une coupe. La coupe méritait d'être présentée au palais de la République parce qu'on a pu la décrocher ; on a porté haut le drapeau du Mali. Les autorités pouvaient valoriser cette distinction. On n'a organisé qu'une petite réception. On pouvait faire mieux que ça.

Les Echos   : Vous sentez-vous néanmoins soutenu par les autorités ?

K. B. C. : J'ai toujours porté haut le drapeau de mon pays. J'utilise beaucoup d'instruments, ce qui fait de moi le plus recherché par les grands metteurs en scène. De 1987 à aujourd'hui, j'ai travaillé avec Enda-Mali. A Enda, j'ai travaillé avec des enfants en situation difficile. Mais, au jour où nous sommes, mon propre pays n'a rien fait pour reconnaître ma valeur. J'attends de l'Etat une reconnaissance. Je veux être connu dans ce que je fais. Je me suis rendu compte le mois d'avril dernier de ma popularité à Dakar. Je ne peux pas marcher dans les rues de Dakar. Au Burkina, c'est la même chose. Je mène ici un combat dont les autorités ne mesurent pas toute l'importance. Je voudrais dire aux autorités qu'elles doivent accorder le minimum d'importance aux œuvres des citoyens du pays. Sans cela, on a beau être un génie et courageux, on ne pourra rien faire pour développer ce pays. Les vrais travailleurs ne sont pas récompensés dans ce pays. J'ai l'impression que ceux qui ne sont pas fonctionnaires ne sont pas pris en compte par l'Etat. Cela crée un sentiment de frustration. Les autorités ne sont pas sérieuses.

Les Echos   : Qu'est-ce qui explique cela ?

K. B. C. : La troupe Tobodji, ma compagnie, était invitée en 2004 pour présenter une pièce intitulée « La micro finance, facteur de lutte contre la pauvreté ». C'était lors de la cérémonie de clôture d'un séminaire sur la micro finance à Ségou sous la présidence du ministre des Investissements, des Petites et moyennes entreprises. La pièce a plu à tout le monde. A l'issue de la cérémonie, le ministre a dit devant tout le monde que la pièce doit être vue par tous les Maliens. Après, il m'a pris la main et il m'a dit qu'il va s'impliquer personnellement pour que la pièce puisse faire le tour à l'intérieur du pays. Il m'a encore dit de venir le voir qu'il va faire un geste pour la troupe. Jusqu'à présent, j'attends mon audience. Il n'a pas non plus tenu sa promesse.

Les Echos : Malgré tout vous êtes toujours prêt à servir votre pays ?

K.B. C. : Le comédien que je suis, ne dois pas chômer, mais je chôme au Mali. J'ai plus de 100 pièces écrites. Je ne gagne rien au Mali. Je suis seulement collaborateur à Enda. Je n'y travaille pas à plein temps. Le Mali apparemment n'a que faire de ses stars. C'est à l'étranger que je mesure ma valeur. Toutefois, je suis toujours prêt à rendre service à mon pays.

Propos recueilli par

Sidiki Doumbia

( stagiaire )

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  REACTION A L'ARTICLE D'OUMAR BAKARY DOUMBIA

Le Mali n'est pas à voir de loin, mais de près

Si chacun regardait de loin ce grand pays avant d'adresser des correspondances de critiques, la fin de la traversée du désert ne serait pas pour demain.

La nation malienne a besoin de l'apport de tous ses enfants. Un apport constructif, mais pas décourageant. A ce jour, le Mali a beaucoup d'intelligences disséminées à travers le monde, laissant la patrie aux seules mains de novices, parce que, disent-elles, il n'y a pas de conditions meilleures. Faciles, non ?

Il est vrai que politiquement, le Mali, à l'instar des autres pays d'Afrique, n'a pas été ouvert. Les premiers dirigeants ont été allergiques à la présence des grands intellectuels. Cela est d'actualité. A les voir, on a l'impression qu'ils veulent développer ce pays sans les détenteurs du savoir-faire et de la science.

Rester et se battre comme certains l'ont fait n'a pas été l'unanimité au sein de cette élite que la nation au prix de mille sacrifices à former (certains me diront qu'ils se sont faits tout seul). Avant d'en venir à votre vision lointaine du Mali, je fais un détour non pas pour vanter un homme, mais plutôt pour présenter un exemple : Cheick Modibo Diarra.

A la différence de beaucoup d'intellectuels maliens expatriés, lui, il fait des propositions concrètes et se bat pour son pays et l'Afrique. Il analyse nos insuffisances et propose des améliorations. Il ne dit pas beurk parce qu'il a fait la Nasa !

Pour la médiocrité du clip, de Doussou Bagayoko , je comprends votre dégoût : « ces minuscules oiseaux sur le fil électrique et des danseurs nonchalants » . Au Mali, côté clip, on peut mieux faire. L'Etat est avare, des médias font peu cas de leurs clients. Vous auriez pu profiter pour faire un grand tour d'horizon sur les productions audiovisuelles du Mali et proposer des améliorations, puisque vous êtes du milieu. Par contre, pour le prof chiffonné, l'invité d' Africable qui n'a pas de nom, je crains de ne pas vous suivre.

Vous lui reprochez de gesticuler, vous le trouvez éloquent même très éloquent. Vous le trouvez honorable. Vous trouvez que son initiative est salutaire. Pourtant, vous ne supportez pas son habillement. Que voulez-vous au juste M. Doumbia ?

Comment peut-on voir les habits d'un homme et non ses idées ? Pour notre part, nous avons assez de singer les autres dans leur culture. Ainsi pour paraître à la télé, comme c'est la vitrine, il faut être nickel ? Non, on ne doit pas fuir sa réalité !

Les enseignants à l'instar des autres corps sociaux professionnels au Mali sont ce qu'ils sont. Notre professeur a montré dans toute sa grandeur, les possibilités qu'offre le pays à ses bâtisseurs. C'est largement suffisant, car il n'avait pas à être télégénique pour le faire.

Au demeurant, user le terme chiffonner à l'égard d'un aîné est manifestement un manque d'égard de soi-même et de ses lecteurs. Le savoir mérite respect et considération. Au Mali, la question des langues nationales est toujours mal accueillie par les intellectuels dans leur grande majorité alors qu'ils affirment presque tous que sans langue, il n'y a pas de développement.

Un paradoxe que vous soutenez merveilleusement bien. Même nos souteneurs sont d'accord pour la promotion de nos langues pour rentabiliser leurs aides.

M. Doumbia, pour finir, je dirais qu'aucun pays encore ne s'est développé sans prendre appui sur ses langues. Au lieu de voir les défenseurs de ces langues en messieurs, il faut analyser ce qu'ils proposent et faire des propositions avant d'aller voir le pape ou le grand imam de son pays.

Bakary Sangaré

( imprimerie Jamana)

 

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