Les Echos du 04 septembre
Me TALL BATTU A PLATE COUTURE
La rançon de l'ambition démesurée
Me Mountaga Tall, le président du Cnid, avait juré de s'installer au perchoir, revendiquant une majorité de députés qui le soutenaient dans sa démarche. Le verdict des urnes pour le choix du président de l'Assemblée nationale est sans appel. De la majorité, même mécanique, qui s'y frotte s'y pique.
C'est en début de semaine dernière que Me Tall a officialisé sa candidature à la présidence de l'Assemblée nationale en se confiant à notre confrère L'Indépendant. Une déclaration de candidature qui sera suivie d'une conférence de presse au cours de laquelle, celui qui était considéré comme le candidat de la rupture au sein du regroupement politique ADP était allé loin dans les propos.
Il déniait même à l'Adéma, avec ses 51 députés, la majorité pour conquérir le perchoir. Avec ses 11 élus, Me Tall comptait sur le soutien de 83 autres députés de l'Assemblée nationale.
Les jeux étaient pourtant faits. L'URD, la deuxième force politique à l'Assemblée avec 36 députés, s'était entendu avec l'Adéma sur la composition du bureau de l'Assemblée nationale, le perchoir revenant au parti de l'Abeille. Tout est allé très vite. Des négociations de dernière minute menées en douce avec la grâce de Koulouba ont permis à ces deux grandes formations de faire adhérer à leur cause le groupement politique ACC connu sous le label des indépendants fort d'une trentaine de députés.
La suite est connue. Me Kassoum Tapo, qui avait maintenu sa candidature jusqu'à l'ultime moment du choix du président de l'Assemblée, s'est finalement désisté après une pause de 15 minutes réclamée par son regroupement.
Battu à plate couture
Dans la mouvance des mêmes conciliabules, d'autres formations politiques, selon nos sources, comme le MPR de Choguel Kokala Maïga, visiblement de connivence avec Me Tall et qui remettait lui aussi en cause le fait majoritaire en indiquant, que « … la démocratie n'est pas le diktat mécanique de la majorité arithmétique… » , a reconsidéré sa position.
Il serait allé personnellement faire son mea culpa au parti majoritaire le dimanche soir en le rassurant de son soutien. Démontrant sa bonne foi, le président du MPR, a accusé la presse d'avoir tronqué son discours en l'expurgeant de sa substance.
Me Tall battu à plate couture (31 voix contre 111 pour Dioncounda Traoré) a, quant à lui, préféré aller à Canossa non sans avoir fait une offre à l'Adéma. Le président du parti du Soleil levant aurait demandé à la coalition Adéma-URD le poste de 1er vice-président (qu'il occupait d'ailleurs dans le bureau sortant), comme prix de son désistement. Une offre rejetée sans autre forme de procès, dans la mesure où ce poste doit revenir à l'URD.
Dans l'entente faite entre l'Adéma et l'URD sur la composition du nouveau bureau de l'Assemblée nationale, le poste de 7e vice-président est réservé au Cnid de Me Tall. Mais selon des indiscrétions, le parti du Soleil levant risque de perdre ce fauteuil et même sortir complètement bredouille. Ce qui ne sera d'ailleurs que le prix de la témérité de son président.
Abdrahamane Dicko
Me Tall face à lui-même
Connu pour ses positions extrémistes et jusqu'au-boutiste, Me Tall est cette fois-ci face à ses propos. Il a annoncé qu'il a 83 députés avec lui. Les faits ont démenti cela. Ensuite, il a soutenu qu'il ne sera le vice-président de personne. Il faut que les autres l'aident à tenir cette promesse.
A. D.
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PRESIDENCE DE L'ASSEMBLEE NATIONALE
Dioncounda l'emporte face à Me Tall
La session extraordinaire de l'Assemblée nationale s'est ouverte lundi place de la République avec l'élection du nouveau président de l'Assemblée en la personne du président de l'Adéma/PASJ et président de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, mouvance présidentielle), Dioncounda Traoré.
Mes Tall (Cnid), Kassoum Tapo (ACC) et Dioncounda Traoré (Adéma/PASJ) étaient les trois candidats déclarés à la présidence de l'Assemblée nationale dont l'élection a eu lieu lundi au siège de l'institution à Bagadadji. C'est par un score sans appel (116 voix contre 31) que le président de l'Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) l'a remporté.
Dioncounda Traoré, député élu à Nara, qui est aussi président de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, la mouvance présidentielle), était opposé à Me Mountaga Tall, président du Cnid/Faso Yiriwa ton et député élu à Ségou, après que Me Kassoum Tapo eut retiré sa candidature.
Le retrait de Me Tapo est intervenu après une suspension de la séance demandée par l'honorable Oulématou Tamboura. L'élue indépendante de Ténenkou avait demandé la suspension de la séance afin permettre au groupement politique des indépendants, dont Me Tapo fait partie, de se concerter.
Selon les coulisses, Me Tapo aurait décidé de retirer sa candidature afin d'éviter que des débats ne s'enlisent autour des articles 9 et 10 du règlement intérieur de l'Assemblée, qui déterminent les modalités de candidature et la suspension des travaux pour l'élection du président.
Mais d'autres sources indiquaient que le retrait de Me Tapo se justifierait par le fait qu'il n'avait pas eu le soutien des indépendants et de ce fait il ne voulait point se faire humilier comme le sera plus tard Me Tall. Toujours est-il que, d'une façon élégante, l'honorable Tapo a retiré sa candidature, laissant Dioncounda Traoré et Me Tall se départager par le suffrage des députés.
« Je serai le président de tous les députés, je considère que tous ont voté pour moi. J'espère que vous m'aiderez à porter le lourd fardeau que vous m'aviez confié. Je serai d'égal partage entre tous les députés, tous les groupes parlementaires, toutes les sensibilités. L'Assemblée nationale soutiendra les actions du président de la République, mais elle fera aussi son travail de contrôle de l'action gouvernementale » .
Ainsi s'est exprimé Dioncounda du haut du perchoir qu'il venait d'occuper. Le nouveau président de l'AN, qui avait la gorge séchée, a indiqué qu'il allait présenter bientôt à ses collègues le programme qu'il entend mettre en œuvre pour le bonheur des députés et, partant du peuple.
Denis Koné
Résultats de l'élection
Nombre inscrits 147
Nombre de votants 147
Suffrage exprimé 142
Bulletin nuls 5
Dioncouda Traoré : 111 voix
Me Tall : 31 voix
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NOUVEAUX DEPUTES
Comme à la rentrée des classes
Les 147 députés s'étaient fixé rendez-vous hier pour élire le président de l'Assemblée nationale. Les parlementaires de la 4e législature ont sacrifié à la tradition des grands moments d'émotions fortes et de sensations excitantes. L'ambiance à l'Hémicycle n'était pas sans rappeler la rentrée scolaire au fondamental une matinée d'octobre.
Avant que le doyen des élus ne préside les travaux de l'élection du tout nouveau président, ce fut une partie de recréation. Les visages s'illuminaient comme sous la figure adorable d'écolier en quête de repère. Les nouveaux et les anciens se congratulaient. L'heure était aux accolades et des « grâce à Dieu on s'est retrouvé. Je suis très ravi de te rencontrer » . Seuls quelques vieux briscards du parti Adéma se risquaient au débat.
Plus loin, des groupuscules formés de nouveaux députés s'informaient sur les dernières consignes de vote par rapport au choix du celui d'entre eux qui devait occuper le perchoir après Ladji Bourama. Des séances de photo sanctionnaient et immortalisaient les premiers actes de certains élus aux sourires larges et aux rires enthousiastes. L'honorable Yaya Sangaré, par exemple, élu à Yanfolila se faufilait entre les sièges et serrait la main à ses amis un à un. Un geste assorti d'un sympathique sourire.
Dès sa rentrée dans la salle, le désormais président de l'Assemblée Dioncounda Traoré tiré à quatre s'est dirigé poliment vers Ibrahima Boubacar Kéita après les salamalecs d'usage avec les élus de son parti. Les deux hommes se sont donnés des accolades comme pour dire que la divergence des idées politiques ne fait d'eux des ennemis. Surtout qu'ils tous issus de l'Adéma originelle.
Dans la salle Modibo Kéita, il était difficile, voire impossible de connaître les tendances politiques. La seule remarque, c'était des hommes et des femmes avec des macarons et effigies aux couloirs du drapeau national, le vert, jaune et rouge.
Amadou Sidibé
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