Les Echos du 31 Octobre
LE GOUVERNEMENT MALIEN AU CŒUR D’UN SCANDALE
Le ministre Hamed Sow rattrapé par son passé au CDE
Notre confrère, « Le Républicain », avait révélé une affaire pas nette entourant la « démission » du nouveau ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Hamed Sow du Centre pour le développement des entreprises (CDE), une structure de l’Union européenne, basée à Bruxelles (Belgique). Malgré les dénégations de la délégation de l’Union européenne à Bamako, « Les Echos » est à mesure de prouver le scandale qui éclaboussera le gouvernement.
Les faits ? Notre compatriote, Hamed Sow, qui a fait sa carrière au Centre pour le développement de l’entreprise (CDE), comme chef d’unité, puis comme directeur, a été accusé, en mars dernier, à la suite de dénonciations internes, de créer des conflits d’intérêt dans l’attribution des fonds du CDE, une structure de l’Union européenne.
L’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), qui est une direction générale attachée à la Commission européenne, chargée de mener des enquêtes dès lors que des soupçons de fraudes, irrégularités au détriment des finances communautaires lui sont rapportés, a été saisi et a déclenché une enquête en décembre 2006 à charge du directeur du CDE.
D’après les faits qui lui sont reprochés, Hamed Sow aurait, dans le cadre de ses fonctions de chef d’unité puis de directeur du Centre de développement des entreprises, favorisé l’attribution de subventions par le CDE à des entreprises dont il serait actionnaire.
Effectivement, comme l’a révélé « Le Républicain », dans le cadre de ses enquêtes, une mission de l’Olaf a séjourné au Mali et a eu des contacts avec des notaires et d’autres pontes du monde des affaires.
En juin 2007, Hamed Sow a démissionné de son poste. Pour certains observateurs, il l’a fait plus pour se mettre à l’abri et ne pas subir une suspension le temps des enquêtes, que « pour se mettre à la disposition de son pays » comme cela a été distillé dans la presse.
Mépris du peuple et des partenaires
Le gouvernement malien était au courant depuis le 24 septembre 2007 des accusations de son employeur contre lui, puisque depuis cette date, une correspondance (voir fac-similé) a été adressée au Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, avec ampliation à la délégation de l’Union européenne à Bamako et à l’ambassadeur du Mali à Bruxelles, S. E. M. Ibrahim Bocar Ba.
Dans cette correspondance restée sans suite d’après nos informations, l’Olaf demandait au gouvernement, « dans le cadre des excellentes relations qui prévalent entre le Mali et la Commission européenne », de lui prêter assistance dans le déroulement de son enquête au Mali « par exemple en désignant une instance officielle qui posséderait les compétences nécessaires à l’accomplissement des démarches à réaliser avec les enquêteurs de l’Olaf chargés du dossier ».
Pour toute réponse, M. Sow a été nommé par le président Amadou Toumani Touré au poste stratégique de ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau en remplacement de Hamed Diané Séméga (à qui le Vérificateur général reproche une dépense de 11 millions de F CFA en un jour dans l’achat de thé), muté au « juteux » poste de ministre de l’Equipement et des Transports. Ces deux chefs de départements auront pour partenaire dans l’exécution de leurs missions l’Union européenne. Autant dire qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du… Danemark.
Nous y reviendrons.
Alexis Kalambry
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PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL
ATT traite passablement les Maliens de la diaspora
Dans le cadre du PDES, ATT compte mieux maîtriser les flux migratoires et lutter contre « la migration clandestine ».
ATT n’a pas d’idée du nombre des Maliens de la diaspora. C’est l’impression qui reste à la lecture du Programme de développement économique et social, sur le chapitre « Maliens de l’extérieur ». En effet, après une longue énumération de tout ce qui a été fait pour eux : 1er Forum de la diaspora malienne en 2003, ouverture de bureaux d’accueil, d’information et d’orientation des Maliens de l’extérieur de retour au pays à l’aéroport et à la gare ferroviaire et également à Kayes, le suivi de l’exécution du programme Tokten, celui de l’exécution des activités du Fonds de solidarité prioritaire dans le cadre de la mise en œuvre du co-développement avec la France, il ne retient que deux points. Ces points portent sur la maîtrise des flux migratoires et la migration clandestine.
« Le gouvernement du Mali et l’Union européenne sont convenus de la création d’un Centre d’information et de gestion des migrations qui sera un projet pilote sous-régional pour une gestion concertée et globale des problèmes migratoires et l’établissement de liens entre migration et développement afin de faire de la migration une opportunité pour tous et non une menace pour chacun » .
Le Centre d’information et de gestion de la migration et la Maison des Maliens de l’extérieur déjà initiés par les autorités maliennes seront donc des outils complémentaires à usages multiples qui auront pour vocation : le renforcement des capacités du gouvernement du Mali en matière de connaissance et de gestion des flux migratoires et des Maliens de l’extérieur ; la valorisation du capital humain, financier et technique des Maliens de l’extérieur avec une attention particulière pour le renforcement et l’extension du programme Tokten : échanges scientifiques et techniques, échanges entre les universités, centres d’agronomie et les établissements médicaux maliens, régionaux et européens ; la lutte contre la migration clandestine.
« L’inauguration de la Maison des Maliens de l’extérieur et du Centre d’information et de gestion des migrations, la création du Centre africain d’études et de recherches sur les migrations (CAERM), l’organisation de la 2e édition du Forum de la Diaspora, la création de coopératives de l’habitat, le lancement de l’étude sur la Mutuelle de santé, sont autant d’activités du mandat à venir » .
Les efforts qui seront poursuivis pour améliorer les prestations des missions diplomatiques et consulaires au bénéfice de la communauté malienne, identifier les actions potentielles à mener pour encourager leur participation au processus de développement et pour mieux valoriser l’image des Maliens et du Mali.
Alexis Kalambry
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PROMESSE TENUE DE FAIRE LIBERER DES ETUDIANTS
Le Pr. Amadou Touré gagne à la FMPOS
Aux termes de sa visite à la Faculté de médecine au cours de laquelle les professeurs ont accusé l’Etat d’attiser le feu dans la crise de la FMPOS, le ministre de l’Enseignement secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique Pr. Amadou Touré avait promis de tout faire pour obtenir la libération des étudiants emprisonnés. Promesse tenue.
C’est fait : les neuf étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS), détenus à la Maison centrale d’arrêt (MCA) depuis plus de deux mois, sont libres depuis le lundi après-midi. Ainsi l’a décidé, comme on l’attentait, la Cour d’appel de Bamako lors de son audience publique du 29 octobre 2007.
Après la condamnation de leurs clients par le Tribunal de première instance de la Commune III, les avocats des étudiants emprisonnés avaient interjeté appel de la décision et depuis tout le monde universitaire attentait le verdict de la libération, synonyme de retour à l’apaisement à la FMPOS.
Maintenir le flambeau de l’apaisement
Face à l’urgence de la situation, le ministre des Enseignement secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Amadou Touré, lors d’une rencontre le week-end dernier avec les professeurs de l’établissement, avait manifesté sa volonté de s’impliquer personnellement pour la libération des étudiants, condition sine qua non à la tenue des examens de fin d’année, qui, on se le rappelle, ont été boycottés à plusieurs reprises par les étudiants.
Joint par nos soins, l’un des ex-détenus, le secrétaire général du comité AEEM de la FMPOS, Moussa Yacouba Sanogo, s’est dit heureux. Tout en regrettant les événements, il a remercié ses camarades pour leur solidarité et leur soutien. Pour lui, ses camarades doivent maintenant préparer sérieusement les deux sessions.
Le dénouement de cette crise au-delà de l’apaisement qu’il est susceptible de ramener au sein de l’établissement est, selon de nombreux observateurs, une fierté pour le tout nouveau ministre de l’Enseignement supérieur qui souhaite gérer l’école par le dialogue et l’écoute de tous les partenaires de l’école malienne.
Amadou Waïgalo
Liste des ex-détenus
- Moussa Yacouba Sanogo (5e année médecine, SG comité AEEM)
- Yacouba Karabenta (4e année médecine, SG adjoint AEEM)
- Salif Koné (5e année médecine, secrétaire aux revendications AEEM)
- Moussa Sambou Dembélé (5e année médecine, secrétaire à l’organisation AEEM)
- Bourema Dembélé (5e année médecine, secrétaire aux relations extérieures adjoint AEEM)
- Amadou Koné (6e année médecine, responsable de classe)
- Sékou Yattara (1re année médecine, responsable de classe)
- Basseré Magassa (5e année médecine, responsable de classe)
- Chaka Kéita (coordonnateur national des faisant fonction d’internes)
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