Mais où sont donc passées les six salles de classes qui devaient être construites à l’école fondamentale des 1008-Logements de Yirimadio ? C’est la question que se posent et la directrice de cet établissement et le directeur du Centre d’animation pédagogique (Cap) de Faladié.
Il y a quelques semaines, un camion débarque avec des équipements, 144 tables bancs, le bureau et la chaise du directeur à l’école des 501-Logements. Vingt-quatre heures après, le chauffeur repart récupérer les mêmes équipements, arguant qu’il s’est trompé de destination. Direction : l’école des 1008-Logements. Stupéfaits, les directeurs des deux établissements saisissent le directeur du Cap de Faladié. Ce dernier aussi, tout comme son conseiller à l’orientation, M. Camara, restent bouche bée.
A la mairie de la Commune VI, le 5e adjoint au maire, Ténémakan Koné, chargé d’éducation, n’en revient pas non plus. C’est par notre canal d’ailleurs qu’il apprend que des équipements ont été livrés à l’école des 1008.
D’ordinaire, les équipements sont livrés après la construction de l’école. Mais pas avant. En attendant d’y voir clair, le D.Cap a offert, sur bon, 72 tables-bancs à l’école des 501-Logements et les 72 autres ont été livrés à celle des 1008.
Les autres équipements sont stockés dans les magasins du Cap. « On ignore les raisons pour lesquelles les salles n’ont pas été construites. Dès qu’elles le seront, nous allons mettre en place les équipements », promet le D.Cap, M. Diakité.
GOUVERNANCE EN AFRIQUE
Les onze engagements de Ouagadougou
Le 7e Forum sur la gouvernance en Afrique a pris fin vendredi dernier à Ouagadougou par l’adoption d’un engagement dit de Ouagadougou.
Organisée par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), la rencontre de Ouagadougou, qui était le 7e du genre, a regroupé plus de 500 participants de 32 pays et 15 institutions.
Le Forum sur la gouvernance en Afrique est une initiative spéciale pour l’Afrique lancée en 1997. Son objectif est de rassembler les dirigeants africains, les représentants du secteur privé, les organisations de la société civile et les partenaires au développement autour des problèmes de l’Afrique.
La cérémonie de clôture a été co-présidée par les présidents Blaise Compaoré du Burkina Faso et Paul Kagamé du Rwanda qui, à cette occasion, se sont prêtés aux questions directes des participants. Les participants, « tout en reconnaissant que de remarquables progrès ont été faits sur le continent pour un meilleur devenir pour les populations, se sont interrogés sur des thèmes qui ressortent des expériences fournies par les rapports nationaux ».
Parmi ces thèmes, on peut citer : la définition du rôle de l’Etat et les problèmes de développement en Afrique ; le renforcement des capacités institutionnelles et humaines pour le bon fonctionnement du secteur public ; la légitimité de l’Etat et de ses dirigeants ; l’amélioration de la gouvernance locale, notamment à travers la décentralisation, le rôle des acteurs non étatiques…
Le Mali a présenté un rapport sur la situation de la gouvernance dans notre pays (nous y reviendrons). Les participants au forum, après trois jours de discussions en ateliers, ont adopté une série de 11 recommandations qui sont :
- encourager les gouvernements africains à œuvrer au renforcement de l’Etat de droit, en assurant notamment l’efficacité, l’intégrité et l’indépendance du système judiciaire ;
- inciter les gouvernements africains à prendre les initiatives et décisions de manière participative et inclusive, pour accroître la légitimité de l’Etat ;
- renforcer l’intégrité morale ainsi que les capacités intellectuelles et professionnelles, tant en ce qui concerne le leadership que la gestion de la chose publique ;
- préparer les générations futures à une citoyenneté responsable, à travers un système éducatif adéquat ;
- convier les gouvernements africains à envisager la bonne gouvernance comme garante de la stabilité du système politique et susceptible d’offrir de meilleures opportunités à tous les citoyens en vue de développer et d’améliorer leurs conditions de vie ;
- identifier les partenaires techniques et financiers à accroître l’aide publique au développement, en tant que moyen supplémentaire nécessaire aux Etats africains pour entreprendre les réformes indispensables ;
- œuvrer pour le renforcement de l’intégration économique régionale pour mieux tirer profit du processus de la mondialisation ;
- prendre des mesures nécessaires pour engager et approfondir le processus de décentralisation, en mettant l’accent sur le transfert effectif aux collectivités locales des compétences et des ressources requises ;
- veiller à la prise en compte de la dimension genre dans le processus d’édification de l’Etat capable en Afrique ;
- créer un environnement favorable au développement des capacités des acteurs non étatiques en vue de leur participation effective à l’émergence et à la consolidation de l’Etat capable ;
- promouvoir les principes de bonne gouvernance dans le domaine de l’environnement en raison de son impact sur le développement et de susciter ainsi des actions pertinentes et ciblées impliquant les communautés aux échelles internationale, régionale, nationale et locale.
Depuis son lancement, le Forum africain sur la gouvernance (FAG), a tenu six éditions avant celle de Ouagadougou. La première a eu lieu en 1997 à Addis-Abeba. Les thèmes débattus jusqu’ici sont : « les réformes constitutionnelles, les médias, le renforcement des capacités et la décentralisation » ; « la responsabilité et la transparence » ; « la bonne gouvernance et la gestion des conflits » ; « la contribution du processus parlementaire au renforcement de la bonne gouvernance en Afrique » ; « la gouvernance locale et la réduction de la pauvreté en Afrique » et « l’application du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs : défis et opportunités ».
Le thème, la date et le lieu du prochain FAG seront fixés par le Pnud « après concertation de ses partenaires ».
Alexis Kalambry
(envoyé spécial)
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PDES ET RESSOURCES HUMAINES
100 % de scolarisation d’ici 2012 !
Le Projet de développement économique et social du président ATT, parlant de ressources humaines, compte mettre l’accent sur « un système éducatif performant et un système de santé au bénéfice de tous ». Pour y parvenir, ATT s’engage à scolariser 100 % de la population avant la fin de son mandat .
« L’éducation est une des grandes priorités de notre pays. Ceci explique les efforts constants, humains, matériels et financiers engagés ces dernières années par le gouvernement » , affirme, d’entrée de jeu, le document.
Les problèmes de l’éducation au Mali ont longtemps porté sur le niveau de couverture de l’éducation de base, notamment pour la scolarisation des filles, la surcharge des classes due à la faiblesse du nombre des écoles, le faible taux d’enseignants par rapport au nombre d’élèves, le déficit des manuels scolaires.
Pour faire face à ces déficits, le gouvernement a lancé en 1996, avec l’appui de la Banque mondiale, le Programme décennal de l’éducation (Prodec) qui a permis d’améliorer la qualité de l’enseignement à travers la formation des enseignants, l’équipement des infrastructures, l’élaboration des programmes et des méthodes pédagogiques, et l’acquisition du matériel didactique.
En septembre 2006, le gouvernement du Mali et la Banque mondiale ont signé l’accord de financement de la phase II du Pise portant sur une enveloppe de 35 millions de dollars, soit environ 17,5 milliards de F CFA. Cette phase permettra au Mali, avec l’appui de ses quinze partenaires au développement, d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en contribuant à l'amélioration du taux de scolarisation dans le primaire, de la qualité de l'éducation, mais aussi à la réduction des disparités régionales entre filles et garçons.
Pour les 5 ans à venir, le PDES se propose de faire de l’école un creuset socio-économique, pour soutenir le développement de nos atouts économiques, ouvrir de nouvelles opportunités d’emplois et de ressources à notre jeunesse, la préparer à une intégration régionale de plus en plus poussée et souhaitée.
Aussi, le PDES entend mettre l’accent sur l’enseignement technique. En fonction de ces besoins, seront créés des centres de formation technique spécialisés. Il veut également « remodeler notre université pour en faire un moteur d’innovation : le temps est venu d’ouvrir une réflexion hardie sur l’université pour l’adapter à nos besoins actuels et à venir, en faire un véritable espace d’enseignement et de recherche pour notre développement ».
Pour la petite enfance, il s’agira de multiplier les établissements préscolaires, les maternelles, les centres de développement de la petite enfance, la Case des tout-petits et autres unités ludiques pour le plus grand nombre d’enfants. Les collectivités de base seront encouragées et soutenues dans cette voie. Mais, le nec plus ultra, c’est que « le PDES poursuivra les programmes ci-dessus qui seront amplifiés en vue d’atteindre l’objectif d’un taux de scolarisation de 100 % dans le primaire à l’horizon 2012 ».
Pour ce qui est de la santé, le gouvernement du Mali, avec l’appui de la Banque mondiale, a lancé en 1999 le Programme de développement sanitaire et social (Prodess), pour une durée initiale de 5 ans. Les objectifs du Programme visaient à : élargir l'accès aux soins de santé et aux services de référence ; améliorer la qualité, l'efficience et l'efficacité des services socio-sanitaires, notamment ceux relatifs à la santé, à la reproduction et à la nutrition ; renforcer les capacités institutionnelles de l'Etat à mieux organiser, gérer, suivre et évaluer le système de santé et d'action sociale.
« S’agissant de la lutte contre la propagation du VIH/Sida, le gouvernement a initié en 2004, avec l’appui de la Banque mondiale, le Projet multisectoriel de lutte contre le Sida, dénommé Map. Doté d’un fonds de 13 milliards de F CFA, le Map, qui couvre une période de 5 ans, a pour objectif de maîtriser la propagation de l’épidémie du VIH/Sida en soutenant les efforts de prévention/sensibilisation, de conseil et dépistage, ainsi que d’accès aux traitements et aux soins. Il repose sur une approche multisectorielle impliquant les organismes publics, les organisations de la société civile et les entreprises privées.
Des avancées importantes sont déjà enregistrées : gratuité des soins anti-rétroviraux, traitement ARV pour 10 000 personnes (soit 45 % de taux de traitement, ce qui dépasse largement l’objectif de 25 % recommandé par l’OMS), extension du nombre de sites de prévention relative à la transmission mère/enfant et création de nouveaux centres de conseil et de dépistage volontaire, anonyme et gratuit.
« En cela, le PDES est un programme de partage équitable des efforts et de justice sociale. En cela, notre Projet prend toute sa dimension de lutte effective contre la pauvreté » , ajoute ATT. Il manque seulement le comment au document…
Alexis Kalambry
Acceuil