La hausse des prix et la prise de mesures d’accompagnement sont des solutions envisagées par le Cadre de concertation de la filière pain (CCFP). Son président par intérim, Sidy Dagnoko nous parle dans l’interview qui suit de la situation du blé et de l’état des discussions avec le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie sur la hausse du prix du pain qu’il dit inévitable.
Il faut noter que le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie n’est pas membre du CCFP. Celui-ci regroupe tous les acteurs privés de la filière pain, y compris les associations de consommateurs. Le ministère est, bien entendu, notre partenaire. Nous l’informons de nos décisions et voyons ensemble les solutions durables à prendre. Nous avons adressé un mémo au ministère pour lui proposer des mesures. Parmi ces mesures, il y a l’augmentation des du pain. Le ministre nous a demandé de lui donner le temps de voir dans quelle mesure nous pouvons prendre des mesures d’accompagnement pour stabiliser de façon durable les décisions prises. La décision prise doit pouvoir gérer un ensemble de solutions et non un problème ponctuel.
GOUVERNANCE EN AFRIQUE
Le chaînon manquant
A l’initiative du Pnud, des gouvernants et leaders africains sont réunis à Ouagadougou au Burkina Faso, pour le 7e Forum africain de la gouvernance en Afrique.
C’est en 1997 que le Forum africain sur la gouvernance a été lancé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), dans le cadre de l’initiative spéciale du système des Nations unies pour l’Afrique. Ce forum a pour but de réunir les leaders africains, le secteur privé et la société civile pour « un partage d’expériences » à travers la réalisation d’un consensus autour du renforcement des capacités et l’amélioration de la coordination et de la mobilisation des ressources au niveau national.
En 2006 a eu lieu à Kigali, au Rwanda, le 6e Forum avec pour thème, « les défis et opportunités de l’application du mécanisme africain d’évaluation par les pairs ». Selon le ministre burkinabé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Seydou Bouda, « le forum de Kigali a révélé l’insuffisance des capacités comme étant le principal obstacle aux efforts de développement et de démocratisation en Afrique ».
La rencontre de Ouagadougou doit aboutir à des solutions pour combler ces lacunes. Lors des trois jours de travaux à Ouaga, les participants (plus de 300) venant des 5 régions d’Afrique, du système des Nations unies et des organisations internationales se pencheront sur plusieurs préoccupations de l’heure.
Il s’agit, entre autres, de la définition du rôle de l’Etat et les problèmes de développement en Afrique, le renforcement des capacités institutionnelles et humaines pour le bon fonctionnement du secteur, la légitimité de l’Etat et des dirigeants, l’amélioration de la façon dont l’Etat s’acquitte de ses obligations au moyen de la décentralisation, de la gouvernance. Le rôle des acteurs non étatiques, la mondialisation et les compétences de l’Etat ainsi que le genre et le renforcement des capacités en Afrique seront également au cœur de la réflexion.
« Nous devons, ici, faire le bilan des données d’expériences et d’enseignements tirés des efforts déployés pour relever les défis en matière de capacité en Afrique, débattre de la signification et de la définition de la notion d’Etat capable en tenant compte du contexte africain. Nous devons aussi réfléchir aux problèmes et opportunités actuels en matière de renforcement des capacités » , a dit le ministre burkinabé.
La cérémonie d’ouverture, qui a eu lieu à Ouaga 2000, était placée sous la présidence du président du Faso, Blaise Compaoré. Avant lui, plusieurs interventions ont été enregistrées comme celle du directeur pour l’Afrique du Pnud, Gilbert F. Houngbo. « Malgré tous les développements positifs qui s’inscrivent à son actif, l’Afrique reste confrontée à d’énormes défis… Bâtir un Etat capable n’est pas synonyme d’un Etat tentaculaire, encore moins d’un Etat interventionniste se substituant au secteur privé, à la société civile », a-t-il dit.
Pour sa part, Blaise Compaoré dira qu’il faut quatre choses pour développer l’Afrique : « libérer les initiatives créatrices, lutter contre le Sida, la tuberculose et le paludisme ; l’aide accrue des partenaires au développement et assurer l’intégration des économies ». Quatre préalables dont la réalisation dépend en partie du courage politique de sa clairvoyance et de celle de ses pairs.
Alexis Kalambry
(envoyé spécial)
Acceuil
FEMMES ET JEUNES DANS LE PDES
« Sous l’angle fondamental de l’emploi »
Promouvoir l’emploi des jeunes, mettre en place un dispositif spécifique de micro projets pour les femmes et réconcilier les jeunes avec la terre, sont les axes principaux du projet d’ATT pour les femmes et les jeunes, tel qu’il ressort de son Programme de développement économique et social (PDES) pour 2005-2012.
Les 13,5 millions de Maliens sont en majorité jeunes et à dominance de sexe féminin. 48 % de la population a moins de 15 ans et environ 51 % est de sexe féminin. La tranche d’âge entre 15 et 40 ans dépasse 65 % de la population. Les jeunes et les femmes constituent une frange démographique qui se superpose : en effet, sur les 65 % de jeunes que compte le pays, plus de la moitié est de sexe féminin. Plus de 70 % des Maliens vivent en milieu rural, mais la croissance démographique - qui est légèrement supérieure à 2 % - est plus forte en milieu rural (plus de 4 %) qu’en milieu urbain (un peu moins de 1,5 %).
« Dans ce sillage et parce que l’emploi demeure ma priorité, il est essentiel d’aborder la problématique commune des jeunes et des femmes, sous l’angle fondamental de l’emploi » , dit le général. Dans ce cadre, le président compte mettre en place « un dispositif d’envergure pour l’emploi des jeunes ».
Dans le Document d’orientation sur l’emploi des jeunes, il est dit que : « l’emploi des jeunes s’assimile à une question de sécurité nationale qui conditionne la paix et le développement de notre pays ». « A partir de ce constat, nous avons demandé au gouvernement de faire de l’emploi des jeunes sa priorité majeure et surtout d’initier un Programme pour l’emploi des jeunes (Pej) ».
Cependant, le Pej n’a créé à ce jour que des emplois précaires, à travers ces quatre volets que sont : le renforcement de l’employabilité des jeunes à travers les stages de qualification et l’apprentissage, le développement de l’esprit d’entreprenariat chez les jeunes, le développement de l’emploi rural à travers l’approche Himo (haute intensité de main d’œuvre) et la facilitation de l’accès des jeunes au crédit.
Un Fonds national pour l’emploi des jeunes (Fnej) a été créé en août 2003 avec une dotation de 18,5 milliards de F CFA et avec pour but de financer des programmes de création d’emploi pour les jeunes, conçus et mis en œuvre par l’Apej et à faciliter l’accès des jeunes promoteurs au crédit. A ce jour, son bilan n’est pas fait…
Un volet important du projet présidentiel pour les jeunes est le « retour à la terre ». « Au Mali, nous avons un énorme potentiel agricole inexploité, des besoins alimentaires de plus en plus importants et parfois insuffisamment couverts, et une multitude de bras non utilisés ». Cette situation est due principalement au manque d’information des jeunes demandeurs d’emplois sur les opportunités agricoles, à l’absence de cadre attractif pour les jeunes en milieu rural, au sous-équipement des systèmes de production primaire et aux problèmes de financement des projets des jeunes promoteurs.
« C’est ainsi que nous avons décidé qu’au moins 10 % de l’ensemble des surfaces aménagées seront réservés aux jeunes. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons mis à la disposition de l’Apej 100 tracteurs, en vue d’encourager des jeunes à se lancer dans l’intensification agricole » .
En plus, ATT compte, pour les jeunes, vulgariser les connaissances agricoles dans l’enseignement secondaire, créer « deux à trois autres » centres de formation technique et professionnelle aux métiers de l’agriculture et mettre en place « un dispositif financier spécifique à l’installation des jeunes dans les métiers agricoles ».
Prévenance présidentielle
En plus, prévient le général, il faut que les jeunes « comprennent qu’il est plus intéressant de travailler à la campagne en gagnant sa vie que de chômer dans les centres urbains à la recherche d’un hypothétique emploi. Les métiers de la terre peuvent être rémunérateurs. Les filières agricoles, pastorales, piscicoles et forestières offrent d’importantes opportunités. En plus de la production du riz, des céréales, des fruits et légumes, du bétail, du poisson…, il y a toutes les possibilités de transformation dans l’agro-industrie, de la fabrication et de la maintenance des équipements agricoles ».
Pour les jeunes et les femmes, il s’agira de promotion de l’emploi. « Pour ce faire, les régions seront dotées de schémas directeurs de l’emploi et de la formation professionnelle qui seront intégrés dans leur Plan de développement économique, social et culturel (PDESC). Ces schémas à mettre en œuvre seront basés sur les potentialités économiques locales en vue d’assurer le décollage économique des régions et l’émergence de pôles régionaux de croissance économique et d’emploi ».
La micro finance a connu un réel essor au Mali au cours de ces dernières années. Un plan d’action pour le développement de la micro finance en collaboration avec l’Association des professionnels et des institutions de micro finance a été adopté par le gouvernement en mai 2005. De fait, fin 2006, 800 unités de base de la micro finance sont agréées au titre des Systèmes financiers décentralisés, avec un encours global des dépôts de 37,6 milliards de F CFA et de crédit de 50,7 milliards de F CFA. Le nombre total de sociétaires recensés était de 780 945 personnes, dont 327 995 femmes. Cette dernière année, une structure nationale a été mise en place pour coordonner leurs actions.
Pour la promotion économique des femmes, il y a un volet important de construction de centres d’auto-promotion, octroi d’équipements de transformation de produits agroalimentaires, installation de plates-formes multifonctionnelles, octroi de crédits, de tracteurs…
« La question de sa participation à la vie publique, et globalement celle de sa situation sociale a été prise en compte. Ces efforts seront poursuivis pour qu’une plus grande place soit faite aux femmes dans l’exercice des responsabilités publiques. Nous continuerons à ouvrir avec elles, de nouveaux horizons, notamment en ce qui concerne la nécessité pour notre société de leur assurer tous leurs droits » .
Alexis Kalambry
Acceuil