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2007

Mois d'octobre

Les Echos du 26 Octobre

SIDY DAGNOKO, PRESIDENT PAR INTERIM DU CCFP

« La hausse du prix du pain est inévitable »

La hausse des prix et la prise de mesures d’accompagnement sont des solutions envisagées par le Cadre de concertation de la filière pain (CCFP). Son président par intérim, Sidy Dagnoko nous parle dans l’interview qui suit de la situation du blé et de l’état des discussions avec le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie sur la hausse du prix du pain qu’il dit inévitable.

Les Echos : Pour quelles raisons envisagez-vous d’augmenter le prix du pain ?

Sidy Dagnoko : Cette hausse que nous envisageons est liée à l’augmentation du prix du blé sur le marché international. Cette crise a commencé depuis 2006. Nous sommes dans un processus d’augmentation qui dure depuis 10 à 12 mois. De décembre 2006 à octobre 2007, le prix du blé a progressivement grimpé chaque mois. Nous sommes à un cumul de près de 102 % de hausse. Cela nécessite la prise de dispositions et de mesures. Le blé est la matière première qui entre dans la fabrication du pain. La conjoncture ressentie sur le blé a une répercussion sur toute la filière du pain, du producteur de blé à l’industrie de transformation, du distributeur au consommateur.

Les Echos :Vous annonciez une augmentation à compter du 15 octobre 2007. Où en êtes-vous avec le ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce avec qui vous êtes en pourparlers ?

S. D. : Il est d’abord important de signaler que la situation que nous vivons n’est de la responsabilité de personne. Le cours du blé ne dépend pas de la volonté d’un Etat, d’un ministre, d’un opérateur économique. C’est une situation que nous subissons de plein fouet comme d’autres Etats africains. Nous ne pouvons que prendre des mesures pour atténuer ses effets. Nous discutons avec le ministère de tutelle avec lequel nous examinons les voies et moyens pour rendre supportables les effets de la hausse. En août déjà, c’est à la suite de nos discussions que nous avions convenu de la diminution du poids de la baguette de 200 g à 150 g et celle de 300 g à 200 g. Cette mesure s’est avérée inefficace puisque 90 % des boulangeries ne peuvent faire que du pain de 160 à 165 g. La deuxième précision est que nous avons rencontré le ministère pour l’informer de la situation et de notre décision d’augmenter à compter du 15 octobre 2007 la baguette de 125 F CFA à 150 F CFA et le gros pain de 200 F CFA à 300 F.

Il faut noter que le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie n’est pas membre du CCFP. Celui-ci regroupe tous les acteurs privés de la filière pain, y compris les associations de consommateurs. Le ministère est, bien entendu, notre partenaire. Nous l’informons de nos décisions et voyons ensemble les solutions durables à prendre. Nous avons adressé un mémo au ministère pour lui proposer des mesures. Parmi ces mesures, il y a l’augmentation des du pain. Le ministre nous a demandé de lui donner le temps de voir dans quelle mesure nous pouvons prendre des mesures d’accompagnement pour stabiliser de façon durable les décisions prises. La décision prise doit pouvoir gérer un ensemble de solutions et non un problème ponctuel.

Les Echos : Est-ce que vous sursoyez à l’augmentation ou quelles dispositions avez-vous prises ?

S. D. : Nousavons sciemment retardé la hausse des prix parce qu’il s’agit, pour nous, de terminer avec le ministère l’adoption des mesures d’accompagnement. Ce retard est surtout dû au fait, que Mme la ministre est en déplacement aux Etats-Unis où elle participe à l’assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale. Nous sommes au stade d’analyse des mesures d’accompagnement de l’augmentation des prix.

Les Echos : L’application des mesures est pour quand ?

S. D. : Elle interviendra dès que nous aurons terminé. C’est un ensemble de discussions à mener. Mais il faut savoir que seule l’assemblée générale du CCFP est souveraine pour prendre une décision. Tout compte fait, elle se réunira dès la semaine prochaine pour statuer. Mais elle tient tout d’abord à discuter des mesures d’accompagnement.

Les Echos :L’augmentation est-elle évitable ?

S. D. : L’augmentation est quasiment inévitable pour la simple raison que si on devait appliquer de façon arithmétique l’augmentation réelle des cours du blé, l’une des répercussions serait de vendre la baguette à 200 F et le gros pain à 400 F CFA. Notre souci est de prendre en compte les consommateurs du Mali. Nous avons souci de faire en sorte que l’ensemble des mesures d’accompagnement puissent autant que possible diminuer les effets de la hausse et amorcer quelques solutions durables parmi lesquelles, le développement de la culture du blé au Mali, la normalisation du secteur de la boulangerie, l’installation des kiosques de vente de pain, la formation et l’encadrement des acteurs de la filière. Toutes ces mesures d’accompagnement vont contribuer à stabiliser la situation et à rendre l’augmentation la moins contrayante possible.

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

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 GOUVERNANCE EN AFRIQUE

Le chaînon manquant

A l’initiative du Pnud, des gouvernants et leaders africains sont réunis à Ouagadougou au Burkina Faso, pour le 7e Forum africain de la gouvernance en Afrique.

C’est en 1997 que le Forum africain sur la gouvernance a été lancé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), dans le cadre de l’initiative spéciale du système des Nations unies pour l’Afrique. Ce forum a pour but de réunir les leaders africains, le secteur privé et la société civile pour « un partage d’expériences » à travers la réalisation d’un consensus autour du renforcement des capacités et l’amélioration de la coordination et de la mobilisation des ressources au niveau national.

En 2006 a eu lieu à Kigali, au Rwanda, le 6e Forum avec pour thème, « les défis et opportunités de l’application du mécanisme africain d’évaluation par les pairs ». Selon le ministre burkinabé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Seydou Bouda, « le forum de Kigali a révélé l’insuffisance des capacités comme étant le principal obstacle aux efforts de développement et de démocratisation en Afrique ».

La rencontre de Ouagadougou doit aboutir à des solutions pour combler ces lacunes. Lors des trois jours de travaux à Ouaga, les participants (plus de 300) venant des 5 régions d’Afrique, du système des Nations unies et des organisations internationales se pencheront sur plusieurs préoccupations de l’heure.

Il s’agit, entre autres, de la définition du rôle de l’Etat et les problèmes de développement en Afrique, le renforcement des capacités institutionnelles et humaines pour le bon fonctionnement du secteur, la légitimité de l’Etat et des dirigeants, l’amélioration de la façon dont l’Etat s’acquitte de ses obligations au moyen de la décentralisation, de la gouvernance. Le rôle des acteurs non étatiques, la mondialisation et les compétences de l’Etat ainsi que le genre et le renforcement des capacités en Afrique seront également au cœur de la réflexion.

« Nous devons, ici, faire le bilan des données d’expériences et d’enseignements tirés des efforts déployés pour relever les défis en matière de capacité en Afrique, débattre de la signification et de la définition de la notion d’Etat capable en tenant compte du contexte africain. Nous devons aussi réfléchir aux problèmes et opportunités actuels en matière de renforcement des capacités » , a dit le ministre burkinabé.

La cérémonie d’ouverture, qui a eu lieu à Ouaga 2000, était placée sous la présidence du président du Faso, Blaise Compaoré. Avant lui, plusieurs interventions ont été enregistrées comme celle du directeur pour l’Afrique du Pnud, Gilbert F. Houngbo. « Malgré tous les développements positifs qui s’inscrivent à son actif, l’Afrique reste confrontée à d’énormes défis… Bâtir un Etat capable n’est pas synonyme d’un Etat tentaculaire, encore moins d’un Etat interventionniste se substituant au secteur privé, à la société civile », a-t-il dit.

Pour sa part, Blaise Compaoré dira qu’il faut quatre choses pour développer l’Afrique : « libérer les initiatives créatrices, lutter contre le Sida, la tuberculose et le paludisme ; l’aide accrue des partenaires au développement et assurer l’intégration des économies ». Quatre préalables dont la réalisation dépend en partie du courage politique de sa clairvoyance et de celle de ses pairs.

Alexis Kalambry

(envoyé spécial)

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 FEMMES ET JEUNES DANS LE PDES

« Sous l’angle fondamental de l’emploi »

Promouvoir l’emploi des jeunes, mettre en place un dispositif spécifique de micro projets pour les femmes et réconcilier les jeunes avec la terre, sont les axes principaux du projet d’ATT pour les femmes et les jeunes, tel qu’il ressort de son Programme de développement économique et social (PDES) pour 2005-2012.

Les 13,5 millions de Maliens sont en majorité jeunes et à dominance de sexe féminin. 48 % de la population a moins de 15 ans et environ 51 % est de sexe féminin. La tranche d’âge entre 15 et 40 ans dépasse 65 % de la population. Les jeunes et les femmes constituent une frange démographique qui se superpose : en effet, sur les 65 % de jeunes que compte le pays, plus de la moitié est de sexe féminin. Plus de 70 % des Maliens vivent en milieu rural, mais la croissance démographique - qui est légèrement supérieure à 2 % - est plus forte en milieu rural (plus de 4 %) qu’en milieu urbain (un peu moins de 1,5 %).

« Dans ce sillage et parce que l’emploi demeure ma priorité, il est essentiel d’aborder la problématique commune des jeunes et des femmes, sous l’angle fondamental de l’emploi » , dit le général. Dans ce cadre, le président compte mettre en place « un dispositif d’envergure pour l’emploi des jeunes ».

Dans le Document d’orientation sur l’emploi des jeunes, il est dit que : « l’emploi des jeunes s’assimile à une question de sécurité nationale qui conditionne la paix et le développement de notre pays ». « A partir de ce constat, nous avons demandé au gouvernement de faire de l’emploi des jeunes sa priorité majeure et surtout d’initier un Programme pour l’emploi des jeunes (Pej) ».

Cependant, le Pej n’a créé à ce jour que des emplois précaires, à travers ces quatre volets que sont : le renforcement de l’employabilité des jeunes à travers les stages de qualification et l’apprentissage, le développement de l’esprit d’entreprenariat chez les jeunes, le développement de l’emploi rural à travers l’approche Himo (haute intensité de main d’œuvre) et la facilitation de l’accès des jeunes au crédit.

Un Fonds national pour l’emploi des jeunes (Fnej) a été créé en août 2003 avec une dotation de 18,5 milliards de F CFA et avec pour but de financer des programmes de création d’emploi pour les jeunes, conçus et mis en œuvre par l’Apej et à faciliter l’accès des jeunes promoteurs au crédit. A ce jour, son bilan n’est pas fait…

Un volet important du projet présidentiel pour les jeunes est le « retour à la terre ». « Au Mali, nous avons un énorme potentiel agricole inexploité, des besoins alimentaires de plus en plus importants et parfois insuffisamment couverts, et une multitude de bras non utilisés ». Cette situation est due principalement au manque d’information des jeunes demandeurs d’emplois sur les opportunités agricoles, à l’absence de cadre attractif pour les jeunes en milieu rural, au sous-équipement des systèmes de production primaire et aux problèmes de financement des projets des jeunes promoteurs.

« C’est ainsi que nous avons décidé qu’au moins 10 % de l’ensemble des surfaces aménagées seront réservés aux jeunes. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons mis à la disposition de l’Apej 100 tracteurs, en vue d’encourager des jeunes à se lancer dans l’intensification agricole » .

En plus, ATT compte, pour les jeunes, vulgariser les connaissances agricoles dans l’enseignement secondaire, créer « deux à trois autres » centres de formation technique et professionnelle aux métiers de l’agriculture et mettre en place « un dispositif financier spécifique à l’installation des jeunes dans les métiers agricoles ».

Prévenance présidentielle

En plus, prévient le général, il faut que les jeunes « comprennent qu’il est plus intéressant de travailler à la campagne en gagnant sa vie que de chômer dans les centres urbains à la recherche d’un hypothétique emploi. Les métiers de la terre peuvent être rémunérateurs. Les filières agricoles, pastorales, piscicoles et forestières offrent d’importantes opportunités. En plus de la production du riz, des céréales, des fruits et légumes, du bétail, du poisson…, il y a toutes les possibilités de transformation dans l’agro-industrie, de la fabrication et de la maintenance des équipements agricoles ».

Pour les jeunes et les femmes, il s’agira de promotion de l’emploi. « Pour ce faire, les régions seront dotées de schémas directeurs de l’emploi et de la formation professionnelle qui seront intégrés dans leur Plan de développement économique, social et culturel (PDESC). Ces schémas à mettre en œuvre seront basés sur les potentialités économiques locales en vue d’assurer le décollage économique des régions et l’émergence de pôles régionaux de croissance économique et d’emploi ».

La micro finance a connu un réel essor au Mali au cours de ces dernières années. Un plan d’action pour le développement de la micro finance en collaboration avec l’Association des professionnels et des institutions de micro finance a été adopté par le gouvernement en mai 2005. De fait, fin 2006, 800 unités de base de la micro finance sont agréées au titre des Systèmes financiers décentralisés, avec un encours global des dépôts de 37,6 milliards de F CFA et de crédit de 50,7 milliards de F CFA. Le nombre total de sociétaires recensés était de 780 945 personnes, dont 327 995 femmes. Cette dernière année, une structure nationale a été mise en place pour coordonner leurs actions.

Pour la promotion économique des femmes, il y a un volet important de construction de centres d’auto-promotion, octroi d’équipements de transformation de produits agroalimentaires, installation de plates-formes multifonctionnelles, octroi de crédits, de tracteurs…

« La question de sa participation à la vie publique, et globalement celle de sa situation sociale a été prise en compte. Ces efforts seront poursuivis pour qu’une plus grande place soit faite aux femmes dans l’exercice des responsabilités publiques. Nous continuerons à ouvrir avec elles, de nouveaux horizons, notamment en ce qui concerne la nécessité pour notre société de leur assurer tous leurs droits » .

Alexis Kalambry

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PARTIS POLITIQUES

L’UDD à la croisée des chemins !

Les outrances dont nous avons fait l’objet ces derniers temps ne nous divisent pas, nous avons tranché la question la semaine dernière dans une interview accordée à un de vos confrères de la place tout en sachant que la malveillance et la calomnie sont le lot quotidien des hommes politiques.

L’UDD est à la croisée des chemins sans doute oui ! nous avons été dramatiquement floués. Cependant nous représentons actuellement la 6e force politique en dépit des adversités que nous connaissons çà et là.

L’ostracisme que nous avons subi nous renforce et nous inspire à être plus affirmatifs et ambitieux. L’UDD enregistre de nos jours 343 conseillers communaux parmi lesquels on compte 23 maires et un conseiller national, 3 députés à l’issue des dernières législatives de juillet 2007. Ceci est l’aboutissement d’une présence permanente sur le terrain. Nous sommes en situation de mener les combats à venir, dans la perspective des prochaines élections municipales en dépit des chausses trappes courantes.

Le conseil exécutif a donné mandat pour améliorer et intensifier notre représentation dans les régions dans le but de réaliser une couverture optimale du parti tout en participant au débat national avec loyauté.

Un programme d’activités est en cours d’adoption et cela donnera l’opportunité au groupe d’experts de l’UDD de se prononcer avec acuité, dans un cadre d’échange et de concertation, sur les grandes questions de la nation notamment liées à la gouvernance, au financement public des partis politiques, au Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté, au plan décennal pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), au PDES qui est un ensemble de propositions et d’actions du projet de société du candidat élu de l’ADP à l’élection présidentielle, et j’en passe.

Il existe un équilibre institutionnel qui prévaut, que nous soutenons. L’UDD tient à rassurer ses militants sur toute l’étendue du territoire : objectivement, tout va bien. Nous venons par ailleurs d’endurer la perte cruelle de Dr. Madani Touré, 1er vice-président du parti. Cela nous ramène à la dure réalité de la condition humaine et nous interpelle vers plus de cohésion afin que les démons de la division ne nous abusent.

Mme Sidibé Awa

(secrétaire à la communication de l’UDD)

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TIC

Les populations de Djenné formées à l’informatique

Dans le cadre du renforcement des capacités des responsables et décideurs locaux de la Commune de Djenné, une vingtaine de personnes (élèves, étudiants, conseillers municipaux, fonctionnaires) ont commencé une formation en informatique depuis le 10 septembreau Clic-Pinal.

Cette formation vise à donner une connaissance nécessaire à ces débutants en Technologies de l’information et de la communication afin d’élargir le réseau des utilisateurs des Tic. Ils seront des relais bénévoles pour faire la promotion auprès des collectivités et de l’administration locales. Ces bénévoles ont affirmé tout leur intérêt pour cette formation et leur nouvelle activité d’information et de sensibilisation auprès des décideurs et responsables locaux de Djenné.

« Cette formation nous permettra d’avoir une connaissance de base et par la suite une compétence solide afin de participer à la promotion des Tic qui est un raccourci pour aboutir à un véritable développement socio-économique à la base » , reconnaît Diadié Daou, l’un des participants à la formation.

Il a été constaté à Djenné que rares sont les responsables et décideurs locaux qui ont une notion en informatique. Ils ont des difficultés à venir se former par complexe ou même généralement par méconnaissance de tous les avantages que les Tic peuvent leur offrir. Il n’est pas rare de voir, dans certains services, des ordinateurs neufs couverts de poussière, faute d’utilisateurs.

C’est pourquoi il poursuivra, « la tâche ne sera pas facile pour nous car nous serons bientôt face à une catégorie de personnes qui ont une phobie des Tic. Mais, c’est à nous de leur sortir de ce néo-analphabétisme », souligne M. Daou.

Dans tous les cas, cette opération se veut un catalyseur dans le cadre de l’appropriation des Technologies de l’information et de la communication par non seulement les décideurs et les responsables locaux, mais aussi pour la communauté de Djenné. Déjà, le maire de la Commune est prêt à soutenir cette activité en ce qui concerne les rencontres avec les autorités et tous les conseillers municipaux de la mairie.

Lévy Dougnon

(correspondant à Djenné)

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MAHAMADOU SIDIBE, GROUPE JAMANA/ONE WORLD AFRICA/DJENNE

« Les Tic offrent de grandes opportunités aux populations »

Responsable du Centre de Conseil communal de Djenné, Mamadou Sidibé est également membre du groupe Jamana/One World Africa/Djenné. Il est également ingénieur agronome sortant de l’Institut de formation et de recherche appliquée (IPR/Ifra). Dans cet entretien, il nous parle de l’accès des populations aux Tic dans la localité de Djenné.

Les Echos : En tant que responsable local et membre du groupe de partenariat Jamana/One world Africa/Djenné, pouvez-vous nous faire l’état de lieux de l’accès des populations aux Tic dans le cercle de Djenné ?

Mahamadou Sidibé : Je préfère aborder cette interview sous une casquette d’utilisateur des Ntic ou membre du groupe de partenariat Jamana/One World Africa/Djenné et non de responsable local. Ce qui m’amère à dire que l’accès des populations aux Tic dans le cercle de Djenné demeure timide. Cependant, il paraît plus prometteur au regard de la qualité des utilisateurs. Il faut comprendre par cette qualité la présence d’autres couches (artisans, guides, commerçants et souvent des illettrés sollicitant l’appui constant des gérantes et d’autres utilisateurs) différentes de celle des intellectuels et cadres de la ville qui restait la principale utilisatrice des Tic, il n’y a pas très longtemps.

Les Echos : Dans le cadre du renforcement de la voix des pauvres et personnes marginalisées (Jamana/One World Africa) que comptez-vous faire dans le domaine des TIC ?

M. S. : Comme mentionné plus haut, je souhaite être perçu comme un utilisateur des Tic, à la limite comme un accompagnateur et non un bailleur. A cet effet, avec l’équipe Jamana/One World Africa/Djenné, nos actions s’inscriront dans le cadre de l’information et la formation des couches démunies afin qu’elles tirent le maximum de profits de l’utilisation des Technologies de l’information et de la communication. Sans l’information, la sensibilisation et la formation, il sera difficile à cette population de Djenné, vu son faible revenu, d’exploiter cette opportunité que leur offre les Tic.

Les Echos : Quelles sont les opportunités qui s’ouvrent avec l’apprentissage des Tic par les populations rurales ?

M. S. : Les opportunités qui s’ouvrent avec l’apprentissage des Tic par les populations sont énormes. Il ne s’agit plus de se limiter à l’apprentissage, mais aussi d’améliorer la santé publique, de mettre l’éducation à la portée d’une plus grande partie de la population ou de renforcer la démocratie à la base. Il faut aussi ajouter la promotion (si je peux me le permettre) de leur terroir et des valeurs artistiques et culturelles qui s’y trouvent, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. La coopération décentralisée et le développement du partenariat Nord-Sud, l’ouverture au monde extérieur, la culture du savoir être et du savoir-faire sont, entre autres, avantages que les populations locales peuvent tirer de la maîtrise des Tic.

Les Echos : Quelles sont les difficultés à franchir pour atteindre ces objectifs ?

M. S. : Les difficultés à franchir pour un meilleur apprentissage des Tic et leur appropriation par les populations rurales se résument à l’analphabétisme d’une frange importante de cette couche rendant cet apprentissage difficile, voire trop compliqué dans une certaine mesure, la faible perception des liens entre les besoins/visions de développement des acteurs ruraux et les services des Tic, le faible engagement des décideurs politiques locaux dans le programme de promotion des Tic…

On ne saurait non plus oublier, comme obstacles, l’insuffisance de moyen permettant de couvrir des programmes de promotion tant sur le plan financier que matériel, le manque de synergie entre les composantes du système d’acteurs et l’implication passif (voire la non-implication) des autres structures d’accompagnement de ces acteurs pouvant assurer une mobilisation financière et sociale autour du programme et l’inexistence d’un axe de collaboration prédéfinie, clair et planifié entre le dispositif d’accompagnement du processus de promotion des Tic et les autres acteurs d’encadrement.

Les Echos : Un appel à l’adresse des responsables et décideurs locaux ?

M.S : La logique d’une action de promotion des Tic suppose une articulation entre les considérations sociales, économiques et techniques… La prise en compte de ces différentes considérations implique forcément trois niveaux d’acteurs à savoir : les décideurs, les bénéficiaires et l’encadrement technique. A cet effet, j’invite les responsables et décideurs locaux à leur engagement dans le processus de renforcement des capacités des populations rurales en Tic à travers non seulement leur soutien, leur participation active aux différents projets de promotion Tic existants, l’appropriation et l’intégration de leurs programmes de développement mais surtout l’orientation des acteurs d’accompagnement vers cette action. Il faut aussi noter l’encadrement technique. Les décideurs doivent favoriser la mobilisation sociale autour des actions de promotion des Tic à travers le développement des activités rendant plus perceptibles les liens entre la vision de développement des bénéficiaires, des décideurs et les services ou avantages des Tic pour mieux susciter leur intérêt. Nous devons nous atteler tous à la définition des axes de collaboration avec les autres intervenants (Projets, ONG, Service technique…) au développement de synergie entre les composantes du système d’acteurs du programme de renforcement de capacité des populations rurales et à l’accompagnement des collectivités territoriales dans l’identification et la recherche de financement des projets fédérateurs de renforcement des capacités des populations rurales en Tic.

Propos recueillis à Djenné, par

Lévy Dougnon

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ASSASSINAT DE LUCKY DUBE

Une condamnation unanime dans le monde

L’Afrique du Sud n’est pas la seule à pleurer son musicien de légende, star pacifiste tuée au soir du 18 octobre 2007. C’est un hommage unanime qui lui est rendu à travers le monde entier. Il sera conduit à sa dernière demeure, au Kwazulu natal, demain samedi dans l’intimité familiale.

« Quand j’ai appris son décès vendredi matin (19 octobre) sur les ondes de la Chaîne II de l’ORTM, je n’y ai pas cru. Je me disais qu’il était tout simplement blessé. Hélas, une fois au bureau, je me suis rendu compte de l’évidence en me précipitant sur Internet : Lucky Dube a été bel et bien tué »  ! C’est le témoignage d’un jeune étudiant, fan de reggae. Et durant toute la journée du vendredi dernier, nous avons eu droit à des témoignages de ce genre.

« Pourquoi lui ? » C’est la question que beaucoup de fans nous ont posée. Et ils continuent à se la poser une semaine après la mort brutale de Lucky Dube, l’idole du reggae sud-africain, star mondialement connue. La jeunesse africaine reste tétanisée par « le meurtre d’un homme unanimement respecté, devenue une légende vivante dans son pays et sur le continent ».

Depuis l’annonce de son décès, les radios et les chaînes de télévision africaines n’ont cessé de reprendre en boucle ses chansons et ses clips. Elles ont été aussi inondées d’appels d’auditeurs en état de choc. En Afrique du Sud même, c’est toute la classe politique du pays qui a immédiatement rendu hommage au chanteur arraché à l’affection de ces millions de fans à la fleur de l’âge.

Près de 72 h après son assassinat (dimanche 21 octobre 2007) la police qui avait promis de « retourner chaque pierre » pour retrouver les tueurs, a annoncé l’arrestation de quatre personnes suspectées d’avoir tiré jeudi soir sur Lucky Dube pour tenter de lui voler sa voiture. Mais, ni ces arrestations ni même la victoire des Springboks en finale de la Coupe du monde de rugby le 20 octobre 2007 ne suffisent à atténuer le deuil et l’angoisse des Sud-Africains. Car la mort brutale, et « tellement inutile », selon un commentateur local, de Lucky Dube « souligne une fois de plus que face à la violence ordinaire, la vie des Sud-Africains se joue chaque jour à la roulette russe ».

« Pourquoi ne lui ont-ils pas demandé ses clefs ? Il les aurait données ! Et puis ses assaillants l’auraient reconnu… » , se désolait son producteur, interviewé le surlendemain du meurtre par l’hebdomadaire Mail and Guardian. Cette « mort invraisemblable » a même conduit un autre journal, le Sunday World, à évoquer un règlement de comptes entre l’artiste et des associés.

Mais pour l’heure, à défaut d’indices crédibles, c’est bien une tentative de « hijaking » (vol armé de véhicule) qui aura été fatale à Lucky Dube. Celui-ci même qui chantait en 2001, « as-tu jamais songé que tu pouvais quitter ta maison et rentrer chez toi dans un cercueil ? ». Ce titre prémonitoire dénonçait la hausse de la criminalité. Lucky a toujours placé les maux de son pays au cœur de sa musique.

Un engagement constant

Sans savoir que sa vie même allait en devenir le symbole. A commencer par ce surnom qui semble aujourd’hui si mal choisi : « Lucky » ! Philip Dube le doit au miracle de sa naissance, après plusieurs fausses couches de sa mère. Né en août 1964, Lucky connaîtra l’enfance classique d’un petit Noir pauvre sous l’apartheid. Elevé par une mère restée seule suite au départ du père, alcoolique.

Après s’être distingué au sein de la chorale de l’école, Lucky se lance à 18 ans et se fait connaître par la musique zouloue traditionnelle, le « mbaqanga ». Cinq albums suivront jusqu’à la découverte du reggae et de la combinaison unique qu’il offre en associant des messages politiques et des airs populaires. Mais, dans l’Afrique du Sud des années 1980, le reggae est inexistant. Un premier album, Rastafarian Never Die (un rastaman ne meurt jamais), sorti alors que le pays est placé sous Etat d’urgence, sera censuré par la radio sans connaître pour autant le succès. Mais, Lucky Dube rencontre son public dès son deuxième album, Think About the Children sorti en 1985. Pendant dix ans, son reggae mélodieux et swinguant va contribuer à dénoncer les abus de l’apartheid bien au-delà des frontières de son pays.

En 1989, Prisoner devient un chef d’œuvre et un hit mondial, 100 000 copies de l’album seront vendues en seulement cinq jours. En 1991, House of Exile rend hommage aux combattants anti-apartheid, singulièrement à Nelson Mandela. Devenue une star internationale, Lucky Dube chantera avec Sting, Peter Gabriel et… Céline Dion.

Pourtant le combat politique n’effacera jamais les préoccupations du quotidien dans l’inspiration de ce rastafari qui ne buvait pas et n’a jamais fumé. D’ailleurs dans Slave (esclave), il dénonçait les ravages de l’alcoolisme. Et sur son dernier album, Respect, sorti en avril dernier, il appelait ses compatriotes à cultiver le respect mutuel. « Sans se soucier des dollars et du bling bling », chantait-il. Raté !

Lucky, a été tué un soir juste pour une Chrysler grise. Les artistes sont comme les autres messagers : ils sont toujours victimes des maux qu’ils ont toujours combattus ! Hélas !

Moussa Bolly

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