Les Echos du 25 Octobre
PRATIQUE MEDICALE AU MALI
Le service ORL de Gabriel Touré sauve un enfant de 2 ans
Témoignage et contribution pour un apaisement dans l’affaire dite « Me Aïda Niaré ». Que Dieu l’accueille dans sa miséricorde !
Au moment où les deux parties dans « l’affaire dite Me Aïda Niaré », sont en train d’affûter leurs « armes » d’accusation et de défense, il nous importe de prévenir que certaine tendance du verdict final pourrait établir un mur de méfiance et de mépris entre deux corps incontournables de notre société et, dont malheureusement les conséquences porteront préjudice à une victime innocente qui n’est autre que notre vaillant peuple. Ce qui, nous en sommes convaincus, n’est plus le combat de notre sœur Me A. Niaré qui monnayerait son repos paisible et éternel contre tous les avantages et bonheurs dans ce bas monde éphémère et incertain.
Le Samedi 20 Octobre 2007, aux environs de 10 h, le jeune A. D., âgé de 23 mois et 27 jours, s’avança vers sa maman en titubant et baignant dans une sueur profuse ; le spectacle ne présageait aucun signe de quiétude. Pris précipitamment dans les bras de sa maman perplexe et angoissée, l’état de l’enfant s’aggrava, il convulsait et son corps devint flasque avec une respiration saccadée ponctuée de râles.
Heureusement, le père de l’enfant également présent à la maison, prit la direction des opérations et dans une course effrénée, malgré une circulation relativement dense et dont certains usagers étaient réticents aux klaxons de détresse d’une famille durement éprouvée, relia Faladié et la Clinique Pasteur en moins de quinze minutes.
Arrivé à la clinique, le couple força la porte du pédiatre de garde, le Dr. Tatiana Kéita qui arrêta immédiatement ses consultations pour s’occuper du jeune A. D. dans la salle de réanimation. Peu après son admission et pendant que l’équipe installait les dispositifs de respiration assistée avec oxygénation, le jeune « rugbyman néo-zélandais » - parce que très porté sur la danse héroïque de ces sportifs au début de leur match - fit un arrêt cardiaque. Avec un calme olympien, Dr. Tatiana et son équipe, armés de courage et de compétence, ont pu faire revenir le « colonel » A. D. - cet autre surnom lui est également attribué par ses admirateurs pour sa grande endurance - à la vie.
Continuant leur investigation, Dr. Tatiana et son équipe constatèrent à travers la radiographie, la présence d’un corps étranger dont la nature n’était pas identifiable comme l’aurait été un objet métallique (pièce de monnaie par exemple). Ce constat engagea une autre course contre la montre pour ne pas dire contre la mort en vue d’extraire cet objet en cause et qui gênait énormément la respiration, un seul poumon de l’enfant étant fonctionnel.
Devant une telle situation qui assombrissait l’horizon, les parents de l’enfant s’activaient au niveau de l’ambassade de France pour obtenir une évacuation diligente de l’enfant sur la France. L’avion commercial n’acceptant pas un tel client, la recherche d’un « avion médicalisé » ou l’aménagement médical d’un coin du vol régulier, se posa avec acuité.
Pendant que ce problème était en voie de résolution grâce à la persévérance et à la disponibilité de Mme Kanouté, autre tante du jeune patient, le corps médical conseilla la famille de surseoir à toute opération d’évacuation jusqu’à la stabilisation complète de l’état général de l’enfant. La famille accepta ce sage conseil et mit ses démarches d’évacuation immédiate en veilleuse.
Ne disposant pas d’équipement requis pour l’extraction de l’objet incriminé, le Dr. Tatiana et son équipe firent appel à la compétence du service d’oto-rhino-laryngologie (ORL) de l’hôpital G. Touré. Le Dr. Timbo, collaborateur direct du Pr. Ag Al Hussein (en mission) se présenta à la Clinique Pasteur pour examiner l’état de l’enfant et le cliché de sa radiographie.
Le diagnostic du praticien confirma la présence de l’objet qu’il va falloir extraire mais il précisa qu’après le cas malheureux de Me A. Niaré, il recommande l’établissement d’un document écrit et signé des parents pour le mettre à l’abri de toute poursuite en cas de problème. C’est alors qu’un membre de la famille du jeune malade, également du corps médical rassura le Dr. Timbo avec son cas personnel. Il rappela qu’en 1984, il a été évacué sur les Etats-Unis pour un soin très délicat.
« A la veille de l’intervention, dans la nuit, l’anesthésiste et le chirurgien de l’hôpital Mont Sinaï de New York se présentèrent à nous pour nous révéler leur bilan professionnel notamment le nombre de cas reçus, le nombre de personnes sauvées et le nombre de sujets ayant perdu la vie au cours de leur intervention et ils terminèrent par la question suivante à savoir : quelle consigne laisserez-vous à votre famille en cas de décès ? »
« Notre réponse était que nous avons quitté notre pays par avion qui aurait pu déjà nous ‘trahir’, pour recourir à la compétence des praticiens de cet autre pays. Nous leur demandons tout simplement de s’acquitter de leur devoir dans la limite stricte de leur compétence et de laisser le reste entre la Main du Tout-Puissant, le Seul Maître de la Vie et de la Mort ».
Après le rappel de ce bref récit, nous fixâmes le praticien en le tapotant à l’épaule et en le rassurant de toute notre confiance en lui et en son équipe. Cela a effectivement suffi pour mettre en confiance le Dr. Timbo qui engagea aussitôt la procédure d’intervention (transport sécurisé du jeune A. D. de la Clinique Pasteur à l’hôpital G. Touré, la constitution de l’équipe d’intervention y compris les anesthésistes de garde).
Arrivé au service d’ORL de l’hôpital vers 14 h 30, l’équipe parvint à extraire l’obstacle en moins de 45 minutes. C’était le pépin d’une pomme cannelle (connue sous le nom sounsoun en bamana). A la fin de l’opération, le Dr. Timbo nous appela pour nous informer du déroulement parfait et de la réussite totale de l’intervention et que le rescapé est sain et sauf.
Après environ 24 h d’observation à la Clinique Pasteur, le jeune champion regagna son domicile à Faladié éteignant ainsi toute opération d’évacuation en France, transformant les pleurs et les tristesses des tantes, oncles, amis des parents, grands parents et autres alliés en joie et en mauvais souvenirs. Le rendez-vous lui a été donné pour le 23 octobre après qu’il ait fini de fêter la veille, son 2e anniversaire. Nous saisissons cette occasion pour souhaiter une longue vie et une santé de fer au « colonel ». Nous référant au cas de notre sœur Mme Touré Me Aïda Niaré (que Dieu honore sa mémoire) et celui d’A. D., nous ne cesserons de rappeler ces versets du Saint Coran :
« Nous (Dieu) avons fixé un terme à tout. Quand ce terme arrive, personne ne peut le retarder ni l’avancer » (sourates 10, Jonas et 16, les Abeilles).
« Et si Allah fait qu’un mal te touche, nul ne peut l’écarter en dehors de Lui. Et s’Il te veut un bien, nul ne peut repousser Sa Grâce. Il en gratifie qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et c’est Lui, le ‘Pardonneur’, le Miséricordieux » (sourate 10, Jonas, verset 107).
Puissent le rappel du cas du jeune A. D. et celui de ces versets du Saint Coran, désarmer les protagonistes de « l’affaire dite Me A. Niaré » pour laisser place aux prières pour le repos de l’âme de tous ces patients qui n’ont pas pu être sauvés et pour la santé et le bien-être de ceux qui ne bénéficient pour le moment que d’un sursis, c'est-à-dire tous ceux qui sont encore vivants mais qui doivent s’efforcer de vivre dans la paix et dans la concorde avant le terme fixé pour chacun.
L. H.
N. B : le titre et le surtitre sont de la rédaction
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GROGNE SYNDICALE A LA SONATAM
La moutarde monte au nez des « tabatiers »
Mécontents de la non-prise en compte du cahier de charges déposé sur la table de la direction, les travailleurs de la Société nationale des tabacs et allumettes du Mali (Sonatam) ont pris en otage l’usine mardi dernier.
L’atmosphère était inhabituelle mardi dernier à la Sonatam où aucune machine n’a tourné en raison du débrayage observé par les travailleurs. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont empêché le directeur général, Eric Tangui, et son staff d’accéder à leurs bureaux pour ne pas dire qu’ils ont été bloqués à la principale porte de la société. « Eric va t-en ! On en a assez ! Eric, le dictateur, restituons nous nos droits ! » pouvait-on lire sur des pancartes à la faveur du sit-in organisé par les travailleurs pour dénoncer ce qu’ils appellent les mauvaises pratiques du DG.
« Il donne de fausses promesses. Au cours des négociations pour le départ de 154 travailleurs en mai dernier, il nous a promis d’augmenter les salaires. Mais, jusque-là, il ne s’est pas exécuté. Aujourd’hui, nous avons compris que c’était un piège pour mettre dehors des collègues. Il n’a pas d’égard vis-à-vis des lois réglementaires et conventionnelles du pays » , a critiqué Mamadou Diabaté, secrétaire général du comité syndical de la Sonatam.
En mai dernier, la Sonatam a compressé 159 travailleurs sur les 286 qu’elle comptait tout en maintenant le même niveau de production et de vente et refuse, selon le syndicat, l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs restants. De plus, il déclare avoir constaté avec amertume l’installation d’un climat d’injustice administrative. Il en veut pour preuve le cas d’un cadre informatique relevé de ses fonctions et mis à la direction des ressources humaines suite à un problème survenu sur le réseau informatique.
« Dans le cadre du plan social élaboré par le directeur en mai dernier, il avait invité Ousmane Coulibaly à s’inscrire et lui avait proposé 17 millions de F CFA. Une offre que ce dernier a refusée. Voilà, pour un simple problème survenu sur le réseau informatique, le DG n’a trouvé mieux que de le relever de son poste » . Pour le comité syndical, le fameux plan social n’est ni plus ni moins qu’une volonté manifeste du DG d’aller à la réduction drastique du personnel par le truchement du licenciement abusif.
Au rayon des doléances des travailleurs, l’on peut classer l’augmentation générale des salaires, l’arrêt de la cession du patrimoine de la Sonatam, la mise en place d’une cellule de réinsertion des déflatés, la révision des conditions d’octroi des prêts, l’établissement d’une politique de santé, l’élaboration d’un plan de formation, etc.
Au regard de la crise de confiance qui s’est installée entre la direction et le personnel, le syndicat exige le départ du DG pour n’avoir pas honoré ses engagements. Grâce à l’intervention de la présidente du conseil d’administration, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, le calme est revenu hier. En principe, les négociations reprennent aujourd’hui entre la direction et les représentants des travailleurs de la Sonatam.
Mohamed Daou
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AUGMENTATION DU PRIX DU PAIN
Le gouvernement demande un sursis
Les professionnels du pain ont décidé d’augmenter le prix du pain de 125 F CFA à 150 pour la baguette de 150 g à et de 250 à 300 F CFA pour le gros pain de 250 g. La mesure devait entrer en vigueur le 15 octobre 2007, mais le gouvernement a demandé un sursis afin d’amorcer le dialogue pour des propositions concrètes.
L’augmentation du prix du pain est une initiative du Cadre de concertation de la filière pain (CCFP). Ce regroupement de professionnels du secteur est composé de boulangers, de meuniers et d’associations de consommateurs. Cette proposition de réajuster les prix découle de la situation de hausse que connaît le blé sur le marché international. Cette céréale, qui est la matière de base du pain, a augmenté de 102 % entre juillet 2006 et octobre 2007. La crise est mondiale puisqu’elle frappe les plus grands pays producteurs de blé comme l’Australie, l’Argentine, l’Ukraine, les USA, la Russie, etc.
Les prix proposés à la hausse sont de 150 F CFA pour la baguette de 150 g et de 300 F CFA pour le pain de 250 g, applicables à compter du 15 octobre 2007. Ce réajustement est assorti d’autres mesures d’accompagnements afin de stabiliser les prix ainsi fixés. Le CCFP revendique en même temps l’exonération de la TVA au bénéfice des boulangeries sur les achats des intrants et les coûts des facteurs de production ; l’implication de l’Etat dans le projet blé du Mali piloté par la Compagnie malienne de développement de blé (CMDB) ; la prise par l’Etat de mesures économiques volontaristes allant dans le sens de la protection des unités industrielles locales évoluant dans la filière pain ; l’accélération du projet d’installation des kiosques à pain au compte des livreurs et des détaillants.
Non à la diminution de poids
Au mois d’août 2007, une concertation du CCFP avec le gouvernement avait donné lieu à la diminution de poids. La baguette est passée de 200 g à 150 g et le gros pain de 400 g à 300 g. Mais, apparemment, la diminution de poids n’est pas la solution, à long terme pour le CCFP, qui estime que la majorité des boulangeries n’ont pas la technologie pour doser le pain à 150 g. La plupart le font à 160 et 170 g. Ce qui constitue une perte énorme qui les a plongés dans une situation de précarité. Le prix du blé n’étant pas non plus maîtrisé par un pays africain, il serait difficile, pour nos Etats, de les subventionner à tout bout de champ.
Tout cet argumentaire a été développé avec le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Mme Bah Fatoumata Néné Sy, le lundi 8 octobre 2007. Mme la ministre s’est dite consciente et préoccupée par le phénomène. Avant de s’envoler pour l’Assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale à New York, aux USA, elle a demandé à ses interlocuteurs et au nom du gouvernement d’observer une trêve de quelques semaines. Cette trêve lui permettra de renouer les fils du dialogue pour des propositions concrètes.
Pour le CCFP, aucun pays au monde surtout du Sud, ne pourra contenir la crise liée à un problème d’offre et de demande. En plus, nos Etats ne pourront pas continuer à subventionner le secteur au risque de se faire taper sur les doigts par les bailleurs de fonds. C’est pourquoi, le CCFP a trouvé comme solution de réajuster les prix en fonction du coût de la matière première, dont le sac de 50 kg coûte aujourd’hui 20 000 F CFA contre 17 500 F précédemment.
La hausse pourrait être effective la semaine prochaine.
Abdrahamane Dicko
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