Tout est parti d’une écoute radiophonique, en l’occurrence Radio France International (RFI). Féru de radio, Ousseynou Sow apprend qu’un « vieux de 70 ans a réussi au baccalauréat en France ». Alors, pourquoi pas lui. Surtout qu’il est convaincu qu’« à cœur vaillant rien d’impossible ». Bien avant, il avait vu beaucoup d’opportunités lui échapper, faute de diplôme. Et le DEF constitue une première étape d’ouverture sur le marché du travail.
L’occasion et le moment étaient donc venus pour aller à l’assaut de ce nouveau challenge. M. Sow bénéficie par la suite du soutien moral et technique de ses collègues et parents, notamment de ses deux neveux enseignants. Vu ses occupations quotidiennes, il n’a pu avoir qu’un mois pour se préparer. « Pendant tout le mois, je me suis basé sur les matières scientifiques avec l’aide de mes deux neveux. Nous faisions régulièrement des exercices pratiques. Concernant les matières comme le français et la dictée, je n’avais pas d’inquiétude majeure », nous a confié le quadragénaire qui a abandonné l’école en 1982 en classe de 6e année.
C’est donc confiant, après une période de préparation bien remplie, que Ousseynou Sow s’est présenté devant sa salle d’examen le jour « j ». « L’atmosphère de l’école le jour de l’examen ne m’a nullement fait peur. A la fin des épreuves, j’étais optimiste, car je savais que j’avais bien bossé. Seulement l’anglais m’a un peu fatigué », affirme le père de deux enfants. La longue attente des résultats ne l’effraya pas non plus. « Ce sont d’autres personnes qui ont regardé les résultats pour m’informer de mon sort. J’en étais très content et fier. J’ai d’ailleurs reçu une pléiade de félicitations et d’encouragements de toutes parts », ajoute-t-il.
En ce qui concerne ses enfants, il ne ménagera aucun effort pour les encadrer. « Ce qui m’est arrivé n’arrivera pas à mes enfants. Je me sacrifierai pour leur éducation en mettant le maximum d’atouts possibles à leurs dispositions », promet M. Sow.
7e ART
« Commissaire Balla » à partir du 27 octobre
Comment assumer le devoir de moralisation de la société face à l’invasion effrénée de tant de déviances : débauche, tentations et criminalité ? Voilà une interrogation à laquelle la série « Commissaire Balla », une pure production, de 13 épisodes de 26 minutes chacun du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), qui sera diffusée sur l’ORTM à partir du 27 octobre prochain.
« Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Nous la voulions, nous l’avons réalisée ». Ce sont des confidences d’un responsable du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) après le lancement de la série policière « Commissaire Balla ». Une production du CNCM qui sera diffusée sur le petit écran à partir du samedi 27 octobre 2007. « Commissaire Balla » est un film de 13 épisodes sur 52 prévus de 26 minutes chacun produit et réalisé par le CNCM et avec la complicité d’acteurs nationaux sous la musique de Soro Coulibaly, directeur du Badema National, et de Bassékou Kouyaté, artiste/compositeur.
Première du genre, au Mali, la série policière, dont un résumé a été projeté le vendredi 19 octobre 2007 dans la cour du CNCM parle de notre réalité, des vrais problèmes auxquels nous sommes quotidiennement confrontés. « Commissaire Balla » est cet acteur, Magma Gabriel Konaté qui, avec son unité spéciale, mène en série la lutte contre toutes sortes de fléaux, de maux : incivisme, délinquance, corruption, abus, trafic d’armes, d’enfants, de stupéfiants, pillage culturel. « Commissaire Balla », c’est la lutte contre la piraterie, l’escroquerie, la contrebande, la mendicité, l’insécurité…
Le film dévoile au fil des aventures toutes les facettes humaines : les jeux et calculs des femmes et des hommes, l’état d’esprit des jeunes, la force redoutable de l’argent, la jalousie, l’absence d’autorité. Il sera distribué par Sory Yattassaye et a coûté 8 millions de F CFA par épisode au CNCM et à ses partenaires.
Pour le directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali, Moussa Ouane, cette série est une matérialisation de l’existence du studio école « Le Bourgou », un atelier professionnel pour la création audiovisuelle, notamment les genres en épisodes. M. Ouane a mis l’accent sur la valorisation et la renaissance du cinéma malien à travers le studio école « Bourgou ».
« Le film n’est pas que pur divertissement, mais une forme de thérapie sociale », a ajouté M. Diabaté du CNCM. A ses dires, si les moyens suivent, beaucoup peut-être fait dans le domaine du film. Il a lancé un appel aux autorités pour le décaissement rapide des sous afin de faire face aux projets.
Le lancement de la série télévisée a eu lieu le vendredi soir dans la cour du CNCM. Il a regroupé les ministres de la Culture, de la Communication et des Affaires étrangères, des diplomates accrédités à Bamako et de nombreux hommes de culture.
La projection du film a été précédée d’un défilé de mode du styliste Kandioura Coulibaly, meilleur costumier d’Afrique et qui a démontré tout son savoir-faire à travers des modèles typiquement maliens.
Amadou Sidibé
Avant-goût
« Commissaire Balla », c’est une série policière de 13 épisodes dont voici quelques titres : « Le Gang des tout-terrains », « L’Endormeur », « En Attendant… », « Du Fric à faire rêver », « Le silence de l’amour », « Rap Love », « Un gang en transit », « Le Gui », « La Demoiselle au volant », « Ben Boli ».
L’épisode « En Attendant » retrace l’histoire d’un riche commerçant de la place, polygame, et qui a eu deux garçons de son premier mariage : Cheickna et Baba. Cheickna aide le père à la boutique. Leurs méthodes de gestion divergent : artisanale pour Ladji, moderne pour son fils. La seconde épouse de Ladji, plus jeune que ses enfants, est très attachante et avenante. Son penchant pour créer une tension dans la famille s’exacerbe à la mort de Ladji. Oumou, la seconde, qui détient les chéquiers, se refuse aux dépenses des funérailles, faisant main basse sur la fortune du mari défunt.
Le « Commissaire Balla » enquête et découvre que la jeune femme se livrait à des transactions douteuses sur les avoirs de Ladji avec Alou, son amant. Ladji aurait été empoisonné…
En attendant les funérailles, que de révélations et de retournements ! Une série que les cinéphiles pourront apprécier très bientôt.
A. S.
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JOURNEES MAROCAINES
La culture chérifienne s’expose au bord du Djoliba
Les Journées marocaines prévues du 19 au 27 octobre 2007 ont ouvert leurs portes vendredi dernier au Sofitel l’Amitié. Pendant une semaine, un pan de la culture du royaume chérifien s’ouvrira aux Maliens.
Les 1res Journées culturelles marocaines au Mali sont l’initiative conjointe du Conseil régional du tourisme de Fès (CRT), de la compagnie aérienne Royal Air Maroc et de l’ambassade du Maroc au Mali en collaboration avec les autorités maliennes. Ces journées, connues sous le label de Semaine gastronomique et culturelle marocaine, traduisent l’excellente coopération entre les deux pays et témoignent de la volonté du Royaume chérifien de s’approcher davantage des pays de l’Afrique subsaharienne avec qui il partage la même histoire et les mêmes us et coutumes.
Le vice-président du CRT, Sentissi Ahmed, au cours d’un entretien avec la presse en prélude à la cérémonie d’ouverture, a expliqué que leur présence à Bamako est le sens de l’amitié avec notre pays. « Au Mali, 70 % de la population musulmane est de la confrérie Tidjani. La ville de Fès abrite la tombe de Cheick Ahmed Tidjane, le chef spirituel de cette confrérie », a-t-il témoigné.
Après le Cameroun en avril 2006, le Sénégal en mai 2007, le Mali est la troisième édition de la Semaine gastronomique et culturelle marocaine sur le continent. Le président du CRT de Fès, Driss Faceh, a indiqué pour sa part, que sa ville, de par son histoire, est composée à 25 % de populations venues d’Afrique noire. Fès, selon lui, est une ville médiévale, une ville-carrefour qui a constitué un pôle d’échanges commerciaux importants avec le reste de l’Afrique et du monde. Elle est surtout une ville profondément religieuse où se trouve le mausolée du fondateur de la Tidjania.
« Fès attire des centaines de milliers de touristes par an qui viennent pour sa beauté avec les 20 000 maisons de la Médina qui s’étendent sur plus de 90 km. Des disciples de la Tidjania y vont également en pèlerinage régulièrement », a-t-il ajouté. Pour M. Faceh, « depuis quelques années, Royal Air Maroc organise des packages attractifs en destination des passagers d’Afrique noire dans le cadre du tourisme religieux à partir de 330 000 F CFA pour une semaine ».
La délégation marocaine est composée de plus de 26 personnes ayant à sa tête des responsables du tourisme de la ville et qui sont en même temps des directeurs d’agence de voyage et d’hôtels les plus huppés de Fès. Des artisans et artistes les plus talentueux vont faire revivre au cours de cette semaine la ville de Fès sur les bords du Djoliba.
Le programme présente la gastronomie marocaine avec un dîner au buffet tout le long de la semaine, des suggestions à la carte pour le déjeuner arrosées de vin marocain. Les artisans reproduiront un souk marocain dans le hall de l’hôtel de l’Amitié. De la poterie à la tapisserie en passant par l’épicerie, les souks resteront garnis, a promis Chakir Sefrioui, secrétaire général du CRT et propriétaire d’hôtel.
Il sera servi aux visiteurs du thé à la menthe dans l’après-midi, dans les espaces communs de l’hôtel. La semaine fermera ses portes de la plus belle manière au soir du 27 octobre 2007 avec un buffet géant où sont attendus 400 à 500 convives sous un air musical marocain avec défilé de mode, animation DJ et danses traditionnelles. Des artistes de Fès parmi lesquels les danseurs peuls originaires de la Guinée-Conakry tiendront en haleine le public.
Abdrahamane Dicko
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