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2007

Mois d'octobre

Les Echos du 22 Octobre

PORTRAIT

Ousseynou Sow admis au DEF à 45 ans

« Mieux vaut tard que jamais » ! C’est ce que nous enseigne un adage bien connu chez nous. Le cas d’Ousseynou Sow en est certainement une illustration parfaite. A 45 ans, le natif de Kayes et employé à la librairie d’un hôtel de la place n’a pas hésité à se présenter à l’examen du diplôme d’études fondamentales (DEF). Une expérience fructueuse, qui doit non seulement inspirer ses semblables ayant abandonné l’école, mais surtout la jeune génération.

Tout est parti d’une écoute radiophonique, en l’occurrence Radio France International (RFI). Féru de radio, Ousseynou Sow apprend qu’un « vieux de 70 ans a réussi au baccalauréat en France ». Alors, pourquoi pas lui. Surtout qu’il est convaincu qu’« à cœur vaillant rien d’impossible ». Bien avant, il avait vu beaucoup d’opportunités lui échapper, faute de diplôme. Et le DEF constitue une première étape d’ouverture sur le marché du travail.

L’occasion et le moment étaient donc venus pour aller à l’assaut de ce nouveau challenge. M. Sow bénéficie par la suite du soutien moral et technique de ses collègues et parents, notamment de ses deux neveux enseignants. Vu ses occupations quotidiennes, il n’a pu avoir qu’un mois pour se préparer. « Pendant tout le mois, je me suis basé sur les matières scientifiques avec l’aide de mes deux neveux. Nous faisions régulièrement des exercices pratiques. Concernant les matières comme le français et la dictée, je n’avais pas d’inquiétude majeure », nous a confié le quadragénaire qui a abandonné l’école en 1982 en classe de 6e année.

C’est donc confiant, après une période de préparation bien remplie, que Ousseynou Sow s’est présenté devant sa salle d’examen le jour « j ». « L’atmosphère de l’école le jour de l’examen ne m’a nullement fait peur. A la fin des épreuves, j’étais optimiste, car je savais que j’avais bien bossé. Seulement l’anglais m’a un peu fatigué », affirme le père de deux enfants. La longue attente des résultats ne l’effraya pas non plus. « Ce sont d’autres personnes qui ont regardé les résultats pour m’informer de mon sort. J’en étais très content et fier. J’ai d’ailleurs reçu une pléiade de félicitations et d’encouragements de toutes parts », ajoute-t-il.

L’heureux lauréat est ambitieux et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « Si les moyens me permettent, j’ambitionne de prendre des cours de gestion et d’informatique pour mieux gérer mon commerce. D’ailleurs, je suis très content quand je rencontre un gestionnaire de vocation ». Ce qui, croit-il, permettra d’améliorer sa situation professionnelle. « Je pense qu’avec l’expérience que j’ai acquise en séjournant dans des pays étrangers et avec mon service dans plusieurs hôtels de la place, un diplôme en gestion pourra m’ouvrir d’autres horizons », espère ce jumeau qui regrette amèrement d’avoir abandonné l’école.

« Les jeunes doivent étudier autant qu’ils aient l’opportunité. Et aujourd’hui, ils sont dans de plus bonnes conditions pour le faire. Sans diplôme, on a presque droit à rien et le fameux sésame est la clé de notre insertion dans le milieu professionnel et de notre participation active à la vie sociale. Si tu n’étudies pas, tu regretteras certainement », conseille-t-il aux jeunes.

En ce qui concerne ses enfants, il ne ménagera aucun effort pour les encadrer. « Ce qui m’est arrivé n’arrivera pas à mes enfants. Je me sacrifierai pour leur éducation en mettant le maximum d’atouts possibles à leurs dispositions », promet M. Sow. 

De toute façon, le cas d’Ousseynou Sow est un bon exemple plein d’enseignements  pour tous ceux qui n’ont pas de diplômes. Surtout que le chemin menant à la réussite passe par là. Le directeur de l’Unesco, Koïchiro Matsuura, n’a jamais cessé de dire que, « il n’est jamais tard de se faire éduquer. Ceux qui n’ont pas eu la chance d’obtenir un diplôme en ont toujours l’opportunité. Faute de quoi, il ne pourrait avoir aucun développement ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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7e ART

« Commissaire Balla » à partir du 27 octobre

Comment assumer le devoir de moralisation de la société face à l’invasion effrénée de tant de déviances : débauche, tentations et criminalité ? Voilà une interrogation à laquelle la série « Commissaire Balla », une pure production, de 13 épisodes de 26 minutes chacun du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), qui sera diffusée sur l’ORTM à partir du 27 octobre prochain.

« Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Nous la voulions, nous l’avons réalisée ». Ce sont des confidences d’un responsable du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) après le lancement de la série policière « Commissaire Balla ». Une production du CNCM qui sera diffusée sur le petit écran à partir du samedi 27 octobre 2007. « Commissaire Balla » est un film de 13 épisodes sur 52 prévus de 26 minutes chacun produit et réalisé par le CNCM et avec la complicité d’acteurs nationaux sous la musique de Soro Coulibaly, directeur du Badema National, et de Bassékou Kouyaté, artiste/compositeur.

Première du genre, au Mali, la série policière, dont un résumé a été projeté le vendredi 19 octobre 2007 dans la cour du CNCM parle de notre réalité, des vrais problèmes auxquels nous sommes quotidiennement confrontés. « Commissaire Balla » est cet acteur, Magma Gabriel Konaté qui, avec son unité spéciale, mène en série la lutte contre toutes sortes de fléaux, de maux : incivisme, délinquance, corruption, abus, trafic d’armes, d’enfants, de stupéfiants, pillage culturel. « Commissaire Balla », c’est la lutte contre la piraterie, l’escroquerie, la contrebande, la mendicité, l’insécurité…

Le film dévoile au fil des aventures toutes les facettes humaines : les jeux et calculs des femmes et des hommes, l’état d’esprit des jeunes, la force redoutable de l’argent, la jalousie, l’absence d’autorité. Il sera distribué par Sory Yattassaye et a coûté 8 millions de F CFA par épisode au CNCM et à ses partenaires.

Pour le directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali, Moussa Ouane, cette série est une matérialisation de l’existence du studio école « Le Bourgou », un atelier professionnel pour la création audiovisuelle, notamment les genres en épisodes. M. Ouane a mis l’accent sur la valorisation et la renaissance du cinéma malien à travers le studio école « Bourgou ». 

« Le film n’est pas que pur divertissement, mais une forme de thérapie sociale », a ajouté M. Diabaté du CNCM. A ses dires, si les moyens suivent, beaucoup peut-être fait dans le domaine du film. Il a lancé un appel aux autorités pour le décaissement rapide des sous afin de faire face aux projets.

Le lancement de la série télévisée a eu lieu le vendredi soir dans la cour du CNCM. Il a regroupé les ministres de la Culture, de la Communication et des Affaires étrangères, des diplomates accrédités à Bamako et de nombreux hommes de culture.

La projection du film a été précédée d’un défilé de mode du styliste Kandioura Coulibaly, meilleur costumier d’Afrique et qui a démontré tout son savoir-faire à travers des modèles typiquement maliens.

Amadou Sidibé

 

Avant-goût

« Commissaire Balla », c’est une série policière de 13 épisodes dont voici quelques titres : « Le Gang des tout-terrains », « L’Endormeur », « En Attendant… », « Du Fric à faire rêver », « Le silence de l’amour », « Rap Love », « Un gang en transit », « Le Gui », « La Demoiselle au volant », « Ben Boli ».

L’épisode « En Attendant » retrace l’histoire d’un riche commerçant de la place, polygame, et qui a eu deux garçons de son premier mariage : Cheickna et Baba. Cheickna aide le père à la boutique. Leurs méthodes de gestion divergent : artisanale pour Ladji, moderne pour son fils. La seconde épouse de Ladji, plus jeune que ses enfants, est très attachante et avenante. Son penchant pour créer une tension dans la famille s’exacerbe à la mort de Ladji. Oumou, la seconde, qui détient les chéquiers, se refuse aux dépenses des funérailles, faisant main basse sur la fortune du mari défunt.

Le « Commissaire Balla » enquête et découvre que la jeune femme se livrait à des transactions douteuses sur les avoirs de Ladji avec Alou, son amant. Ladji aurait été empoisonné…

En attendant les funérailles, que de révélations et de retournements ! Une série que les cinéphiles pourront apprécier très bientôt.

A. S.

 

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JOURNEES MAROCAINES

La culture chérifienne s’expose au bord du Djoliba

Les Journées marocaines prévues du 19 au 27 octobre 2007 ont ouvert leurs portes vendredi dernier au Sofitel l’Amitié. Pendant une semaine, un pan de la culture du royaume chérifien s’ouvrira aux Maliens.

Les 1res Journées culturelles marocaines au Mali sont l’initiative conjointe du Conseil régional du tourisme de Fès (CRT), de la compagnie aérienne Royal Air Maroc et de l’ambassade du Maroc au Mali en collaboration avec les autorités maliennes. Ces journées, connues sous le label de Semaine gastronomique et culturelle marocaine, traduisent l’excellente coopération entre les deux pays et témoignent de la volonté du Royaume chérifien de s’approcher davantage des pays de l’Afrique subsaharienne avec qui il partage la même histoire et les mêmes us et coutumes.

Le vice-président du CRT, Sentissi Ahmed, au cours d’un entretien avec la presse en prélude à la cérémonie d’ouverture, a expliqué que leur présence à Bamako est le sens de l’amitié avec notre pays. « Au Mali, 70 % de la population musulmane est de la confrérie Tidjani. La ville de Fès abrite la tombe de Cheick Ahmed Tidjane, le chef spirituel de cette confrérie », a-t-il témoigné.

Après le Cameroun en avril 2006, le Sénégal en mai 2007, le Mali est la troisième édition de la Semaine gastronomique et culturelle marocaine sur le continent. Le président du CRT de Fès, Driss Faceh, a indiqué pour sa part, que sa ville, de par son histoire, est composée à 25 % de populations venues d’Afrique noire. Fès, selon lui, est une ville médiévale, une ville-carrefour qui a constitué un pôle d’échanges commerciaux importants avec le reste de l’Afrique et du monde. Elle est surtout une ville profondément religieuse où se trouve le mausolée du fondateur de la Tidjania.

« Fès attire des centaines de milliers de touristes par an qui viennent pour sa beauté avec les 20 000 maisons de la Médina qui s’étendent sur plus de 90 km. Des disciples de la Tidjania y vont également en pèlerinage régulièrement », a-t-il ajouté. Pour M. Faceh, « depuis quelques années, Royal Air Maroc organise des packages attractifs en destination des passagers d’Afrique noire dans le cadre du tourisme religieux à partir de 330 000 F CFA pour une semaine ».

La délégation marocaine est composée de plus de 26 personnes ayant à sa tête des responsables du tourisme de la ville et qui sont en même temps des directeurs d’agence de voyage et d’hôtels les plus huppés de Fès. Des artisans et artistes les plus talentueux vont faire revivre au cours de cette semaine la ville de Fès sur les bords du Djoliba.

Le programme présente la gastronomie marocaine avec un dîner au buffet tout le long de la semaine, des suggestions à la carte pour le déjeuner arrosées de vin marocain. Les artisans reproduiront un souk marocain dans le hall de l’hôtel de l’Amitié. De la poterie à la tapisserie en passant par l’épicerie, les souks resteront garnis, a promis Chakir Sefrioui, secrétaire général du CRT et propriétaire d’hôtel.

Il sera servi aux visiteurs du thé à la menthe dans l’après-midi, dans les espaces communs de l’hôtel. La semaine fermera ses portes de la plus belle manière au soir du 27 octobre 2007 avec un buffet géant où sont attendus 400 à 500 convives sous un air musical marocain avec défilé de mode, animation DJ et danses traditionnelles. Des artistes de Fès parmi lesquels les danseurs peuls originaires de la Guinée-Conakry tiendront en haleine le public.

Abdrahamane Dicko

 

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Droit au but !

Nigeria, Côte d’Ivoire, Mali, Bénin sont les équipes qui vont s’affronter au 1er tour lors de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations de football « Ghana-2008 » (20 janvier-10 février) dans le groupe B. Le sort en est jeté.

« Groupe de la mort », pour certains ; « groupe assez relevé » pour d’autres… il faut simplement se convaincre qu’il n’y a ni petit groupe ni petite équipe à ce niveau, toutes les formations qualifiées ayant arraché leur ticket à la force du poignet. Le pays-hôte (le Ghana), certes exempté d’éliminatoires, est surtout appelé à honorer un contrat moral vis-à-vis des sportifs ghanéens.

Nous devons donc éviter à nous faire peur, parce qu’il faut à l’honnêteté de reconnaître que les Aigles du Mali ont aujourd’hui un potentiel à faire pâlir d’envie n’importe quelle équipe nationale sur le continent. Avec Mahamadou Diarra dit Djilla, Frédéric Oumar Kanouté, Seydou Kéita, Bassala Touré, Adama Tamboura, Mahamadou Sidibé dit Maha… et autres dans la plénitude de leur art et qui font les beaux jours de grands clubs de football du monde, il y a de quoi prétendre remporter notre premier trophée continental. Il faut seulement qu’ils mettent le cœur à l’ouvrage, qu’ils sortent de leurs tréfonds la force nécessaire à la réalisation de cette noble ambition nationale.

A l’instar des Aigles filles, impériales au 20e championnat d’Afrique des nations de basket, récemment joué au Sénégal, les protégés de Jean-François Jodar devront, dès l’entame, annoncer les couleurs : en étouffant de leurs serres leurs premiers adversaires, faire douter toutes les équipes présentes au tournoi et finalement honorer un pays qui a faim de trophées majeurs. Face à la Côte d’Ivoire en particulier, ils doivent pouvoir justifier leur appellation de « sama ta sèguè ».

La force, le courage, la détermination et surtout le sens élevé de la patrie devront être leur bréviaire dans la reconquête de l’aura de notre sport-roi. Le capitaine Diarra et ses coéquipiers sont donc invités à disputer crânement chaque ballon en mettant de côté leurs petites rivalités, en restant vigilants en défense, solidaires, généreux et percutants au milieu de terrain, décisifs en attaque, dans le respect de l’esprit du jeu.

Ceci n’est peut-être pas la mer à boire pour une équipe qui, chaque fois qu’elle a été en phase finale, a au moins atteint les demi-finales. Mais cette fois-ci, nous voulons plus pour eux, pour nous. Nous voulons qu’ils planent majestueusement sur le Ghana et l’Afrique comme ils l’on fait le 12 octobre 2007 à Lomé. Nous voulons que leur talent et leur engagement soient enfin couronnés de succès. Il faut alors qu’ils refusent de remettre à plus tard ce qu’ils peuvent faire aujourd’hui, étant donné que bien souvent la carrière d’un footballeur ne dure que le temps d’une rose.

Allez donc, bousculez tout sur votre passage jusqu’à la victoire finale !

A. M. T.

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CAN « GHANA-2008 »

Les Aigles dans le groupe de « la mort »

Depuis vendredi dernier, le Mali connaît ses adversaires de poule pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football, « Ghana-2008 » (du 20 janvier au 10 février 2008). En effet, le tirage au sort effectué vendredi dernier à Accra n’a pas tellement souri au Mali. Notre pays se retrouve dans le même groupe (B) que le Bénin, le Nigeria, et la Côte d’Ivoire que nous affronterons successivement. Un tirage qui, visiblement, n’inquiète ni les Aigles ni leur encadrement technique.

« C’est un groupe difficile, mais nous aurons notre carte à jouer ». Tel est le commentaire de l’entraîneur des Aigles du Mali, Jean-François Jodar, après le tirage au sort de la 26e Can « Ghana-2008 ». La main de Marcel Dessailly n’a pas tellement souri au Mali qui tombe dans le groupe B de Sekondi avec deux ogres du football africain : le Nigeria et la Côte d’Ivoire ! Le tableau est complété avec le Bénin qui était dans le même groupe 9 des éliminatoires avec notre pays. Les Aigles avaient terminé à la première place suivis des Ecureuils du Bénin.

Les deux équipes s’affrontent dès leur premier match. Cette rencontre sera l’occasion pour les Aigles du Mali de bien entamer la compétition par une victoire. En effet, on suppose que l’encadrement technique du Mali a pu tirer tous les enseignements de la double confrontation (1-1 puis 0-0) contre le Bénin en éliminatoires de « Ghana-2008 ». Une victoire dès le premier match est sans doute une assurance pour la suite de la compétition dans ce groupe de la mort.

Et même si Jodar dit que « ce n’est jamais facile de jouer contre une équipe qu’on a affrontée dans les éliminatoires », nous pensons que le Mali peut frapper un grand coup contre les Ecureuils lors de leur premier match. « J’espère qu’en commençant par le Bénin, nous irons jusqu’au bout », souhaite-t-il d’ailleurs.

La Côte d’Ivoire est visiblement la meilleure africaine de l’heure avec un effectif riche dans tous les secteurs de jeu. Ce pays nous a longtemps barrés la route des Can. Elle nous avait aussi privés de la 3e place lors de « Tunis-1994 ». Comme d’ailleurs le Nigeria lors de « Mali-2002 ». Les deux pays s’étaient d’ailleurs retrouvés dans le même groupe et avaient fait un match nul. Malgré ses potentialités immenses, le Nigeria est un géant à la recherche de son lustre d’antan.

Même si le Nigeria et la Côte d’Ivoire sont les super favoris de ce groupe de la mort, le Mali aura son mot à dire.

Moussa Bolly

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JEAN-FRANÇOIS JODAR

Déjà un plan de préparation

« Je veux faire mon choix en âme et conscience. Le plus important, c’est le lieu du stage bloqué, les conditions d’entraînement et faire de sorte que les joueurs ne soient pas sous pression pour faire de bons matches servant de complément à la préparation ». C’est ce qu’assure le coach des Aigles par rapport au plan de préparation qu’il compte mettre en place en vue de la 26e Can.

Et pour la préparation de « Ghana-2008 », Jean-François Jodar a déjà son idée. Cela commence le 17 et le 21 novembre 2007 (deux dates Fifa) contre des adversaires à désigner. « Il faut attendre les propositions des divers pays parce que tout le monde va chercher des matches amicaux », avoue le coach français. Ce qui est sûr, ces deux rencontres seront l’occasion pour le sélectionneur de tester de nouveaux joueurs dans l’esprit d’étoffer son effectif et raffermir les schémas tactiques qu’il compte mettre en place en fonction de ses adversaires de Sekondi.

Comme l’exige la Fifa, l’encadrement technique ne peut réellement compter sur les professionnels que 14 jours avant le début du tournoi. Ce qui donne seulement deux semaines de préparation. Ainsi, le regroupement du Mali va normalement débuter le 7 janvier 2008 comme l’espère Jean-François Jodar. La première semaine va se passer à l’étranger, probablement aux Emirats arabes unis où le sélectionneur a certainement des contacts. « Il y a beaucoup de pays dans le Golfe qui ont de bonnes équipes », commente Jodar. En principe, les Aigles vont disputer deux à trois rencontres entre le 7 et le 14 janvier 2008.

Le choix de se préparer à l’extérieur paraît judicieux parce que cela permet aux joueurs de ne pas être sous la pression quotidienne de leur environnement familial et de leurs fans. La sélection nationale reviendra ensuite à Bamako pour deux ou trois jours afin de permettre aux joueurs de se reposer pendant une journée et revoir leurs familles avant de s’envoler pour le Ghana. Ce programme de préparation prend en compte les contraintes de la Fifa par rapport aux joueurs et à leurs clubs employeurs.

En dehors de ce plan de préparation technique, le ministère des Sports et la Fédération malienne de football doivent faire une visite de terrain pour étudier les moyens d’un bon séjour de la délégation malienne à Sekondi puis à Accra où le Mali va affronter la Côte d’Ivoire lors de son dernier match de poule. Toutes les dispositions doivent être prises pour garantir les meilleures conditions de séjour non seulement aux Aigles, mais aussi aux supporters et aux nombreux journalistes maliens qui vont faire le déplacement.

Moussa Bolly

 

Programme

21 janvier 2008 à Sekondi

Nigeria-Côte d’Ivoire

Mali-Bénin

25 janvier 2008 à Sekondi

Côte d’Ivoire-Bénin

Nigeria-Mali

29 janvier 2008

Sekondi :   Nigeria-Bénin

Accra : Côte d’Ivoire-Mali

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TIRAGE AU SORT DE LA CAN-2008

Des groupes presque équilibrés

Les 16 pays africains qualifiés pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football sont désormais édifiés sur leurs adversaires de poule. En effet, le tirage au sort a eu lieu vendredi dernier au Centre des conférences d’Accra par Anthony Baffoe, Marcel Desailly et Abedi Ayew Pélé.

Déjà ce tirage permet au Ghana (groupe A) d’éviter, au 1er tour, des grosses cylindrées comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal et l’Egypte. Avec la Namibie, la Guinée et le Maroc, le tirage a été très clément pour les Black Stars qui, normalement, n’auront aucun problème pour se qualifier pour le second tour. La seconde place sera donc âprement disputée entre la Guinée, le Maroc et la Namibie. A ce niveau, la Guinée à un léger avantage sur les deux autres pays. Même si le Maroc a été le premier pays à se qualifier sur le terrain pour cette compétition.

Le Groupe B est sans doute celui de « la mort » avec le Nigeria, le Bénin, le Mali et la Côte d’Ivoire. Ainsi, le Mali et le Bénin qui s’étaient affrontés dans le groupe 9 des éliminatoires se retrouvent également dans la poule B. Seul mondialiste du groupe et vu la qualité de son effectif, la Côte d’Ivoire est la favorite de ce groupe. Mais, elle doit se méfier du Nigeria et du Mali qui ont aussi un effectif de qualité pouvant rivaliser avec les Didier Drogba, Yaya et Kolo Touré, Bakari Koné, Kalou Bonaventure, Kader Kéita… Sans compter que le Bénin aura aussi son mot à dire. C’est dire que le groupe B est sans doute le plus relevé du 1er tour de cette 26e Can.

Dans le groupe C, l’Egypte (champion d’Afrique en titre) et le Cameroun sont logiquement favoris. Mais, ils doivent se méfier du Soudan et de la Zambie. Après 30 ans d’absence, le football soudanais fait son grand retour sur la scène continentale. Il ne faut surtout pas négliger que ce pays a réussi à placer cette année deux clubs au niveau des demi-finales de la Ligue africaine des champions et de la Coupe de la Confédération africaine de football (Caf). Et la Zambie s’illustre toujours pour sa constance.

Le groupe D est sans doute le mieux équilibré avec la Tunisie, l’Angola, l’Afrique du Sud et le Sénégal. Les pronostics vont légèrement peser en faveur de la Tunisie et du Sénégal. Toutefois, il faudra se méfier aussi de l’Angola qui a fait une bonne prestation aussi bien à la Can 2006 en Egypte, qu’au Mondial de la même année en Allemagne. Et il ne faut pas non plus minimiser l’Afrique Sud. Certes, les Bafana Bafana ne sont plus au mieux de leur forme. Mais, ils auront sans doute à cœur de frapper un grand coup au Ghana avant le Mondial-2010 que le pays de Nelson Mandela abritera au nom de toute l’Afrique.

Comme l’a dit l’entraîneur du Mali, Jean-François Jodar, « on ne gagne pas un match sur papier ». C’est dire que la réalité du terrain peut réserver des surprises de taille. Seule certitude : les rencontres seront assez ouvertes.

Moussa Bolly

 

LES GROUPES

A (Accra) : Ghana, Namibie, Guinée et Maroc

B (Sekondi) : Nigeria, Bénin, Mali et Côte d’Ivoire

C (Kumasi) : Egypte, Soudan, Zambie et Cameroun


D (Tamale) : Tunisie, Angola, Afrique du Sud et Sénégal

Quelques réactions à chaud après le tirage

Roger Lemerre (sélectionneur de la Tunisie) :

« Je n’ai absolument aucune réaction spéciale. La Tunisie va préparer la Can comme d’habitude ».

Danny Joordan (directeur exécutif Comité sud-africain d’organisation de la Coupe du monde 2010) :

« Le tirage me semble équilibré. Nous voulons que cette Can-2008 soit de grande qualité, et je crois qu’elle sera excitante et très relevée : on y retrouve 3 des 4 derniers représentants africains à la Coupe du monde, à quoi il faut ajouter des grosses pointures comme le Nigeria, le Cameroun ou l’Egypte. C’est bien d’avoir ce haut niveau de compétition, pour mieux préparer les Africains pour l’échéance de la Coupe du monde 2010 ».

Claude Le Roy (sélectionneur du Ghana) :

« Notre groupe est difficile comme les autres, mais je crois qu’il y a moyen pour le Ghana de faire quelque chose. Il est clair que tout le monde voudra gagner, et on est peut-être parti pour vivre la plus belle Can de l’histoire récente ».

Dr. Bissou Mahop (officier médical de la Fédération camerounaise de football) :

« C’est jouable ! Il faudrait seulement que l’équipe du Cameroun se mette au travail, parce que toutes les autres se préparent à la compétition. Le pays qui ne va pas mettre la rigueur dans sa préparation, risque d’avoir des surprises désagréables ».

 

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REACTION MALIENNE APRES LE TIRAGE DE « GHANA-2008 »

Les Aigles ont leur chance à jouer !

Même si les Aigles sont tombés sur les Eléphants de la Côte d’Ivoire, les Super Eagles du Nigeria et les Ecureuils du Bénin, les Maliens pensent qu’ils ont leur carte à jouer. C’est en tout cas l’avis d’anciens internationaux, de techniciens et du président de la Fédération malienne de football (Malifoot).

Salif Kéita (président de Malifoot) : « Toutes les équipes se valent »

« Présentement nous avons hérité d’un groupe relevé. Tout comme d’ailleurs les autres, car qui veut gagner une Can doit franchir toutes les étapes. Le Nigeria, le Mali, la Côte d’Ivoire ou le Bénin sont des grandes équipes qui se valent. Que les Maliens soient de cœur avec leur équipe. C’est l’essentiel ! »

Jean-François Jodar (sélectionneur des Aigles) : « Nous n'avons peur de personne »

« Apparemment, c'est le groupe le plus difficile par rapport au Mali. On commencera avec le Bénin, après les deux supers favoris du groupe. Le niveau sera élevé. L'avantage pour moi, c'est que je connais le Bénin et Henry Michel me fournira certainement des renseignements sur les Eléphants que je connais à travers le joueur Emerse Fae qui a été champion du monde avec moi. Puis, je rechercherai des informations sur le Nigeria. Nous n'avons peur de personne dans notre poule qui est déjà qualifiée de groupe de la mort par nombre d'observateurs sportifs. Nous comptons aller jusqu'au bout. Je respecte toutes les équipes de mon groupe. Je ne minimise personne, même le Bénin. Les équipes présumées faibles sont les plus difficiles à jouer. Contre le Bénin, il nous faut les trois points de la victoire pour une bonne entame du tournoi. Nous devons nous préparer à temps. Nous allons donc profiter des deux prochaines dates de la Fifa pour livrer des matches amicaux ».

Idrissa Maïga dit Métiou (ancien footballeur) : « S’y prendre à temps »

« Nous avons hérité d’un groupe dont nous n’avons pas à rougir. C’est vrai que la Côte d’Ivoire à un potentiel intéressant. Mais, il faut aussi reconnaître que nous n’avons aussi bénéficié d’autant d’individualités. Je pense que l’une des deux places du second tour est à notre portée. Il suffit de travailler et de s’y prendre à temps. C’est comme en 1972 où personne ne voyait le Congo et le Mali en finale. C’est l’époque où le Mali a sorti en demi-finale le grand Zaïre. Au moins, il faut qu’on aille en outsider pour que la pression se fasse moins sentir. Nous devons bien négocier le premier match et ensuite prendre les autres un à un. Sinon actuellement les trois pays (Mali, Côte d’Ivoire, Nigeria) renferment des individualités. Le Bénin est aussi à prendre au sérieux ».

Mory Goïta (entraîneur des Espoirs) : « Une bonne préparation est nécessaire »

« Nous sommes dans un groupe très relevé avec des adversaires redoutables, habitués aux hautes compétitions. Mais, tout dépendra des vingt jours de préparation que les équipes feront pour aborder la compétition ».

Yatma Diop (ancien footballeur) : « Partir en conquérant »

« Nous pensons que tous les groupes se valent. Il suffit de travailler et d’aller au Ghana avec un esprit de conquérant. Actuellement, nous avons des joueurs de haut niveau et qui sont craints un peu partout. Le coup est jouable contre la Côte d’Ivoire que nous connaissons bien. Tout comme le Nigeria que nous avons affronter en 2002 et 2004. Le Bénin n’aura certainement pas les mêmes ambitions que nos deux autres adversaires, mais il faudra se méfier. Je pense donc que le coup est jouable et nous nous qualifierons au second tour ».

Adama Traoré dit « Boxeur » (ancien footballeur) : « Je m’attendais aux Eléphants »

« Nous sommes dans un groupe abordable. D’ailleurs, j’avais espéré qu’on croise les Eléphants. Et le Nigeria n’est plus ce qu’il était, il y a deux ou trois ans. Je conseillerai à Jodar d’appliquer le 3-5-2 pour alimenter le couloir gauche. Il doit aussi se méfier du Bénin ».

Moussa Kéita Dougutigui (coach de l’AS Bakaridjan) : « Cultiver le mental chez les jeunes »

« Nous sommes dans un groupe abordable. Il suffit de bien préparer la compétition pour passer le 1er tour. Je pense que l'entraîneur mettra toute son expérience en jeu pour forger un mental de gagneur chez des jeunes. Il doit aussi étoffer son effectif. Je crains qu'il sous-estime le Bénin. Ce qui serait risqué à ce stade de la compétition ».

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

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