Décidément, le Nord est la partie la plus agitée de notre pays ces derniers temps. La zone est le théâtre de scènes qui sortent de l’ordinaire. Au moment où les populations du Septentrion vivent dans la peur de la rébellion, qui n’est pas finie, voilà qu’un Mig de notre armée s’écrase lors d’un atterrissage forcé.
L’avion de combat, qui a fini sa course dans un champ s’est brisé en trois morceaux jeudi à Gao, selon des informations confirmées par le bureau de presse de l’armée. Le pilote, qui avait décollé d’une base aérienne dans la même zone, a tenté un atterrissage forcé après avoir senti des ennuis mécaniques. Selon nos sources, le pilote a pu s’éjecter de l’appareil avant le crash final. Il s’en est sorti indemne. Au sol, l’on ne déplore pas de perte en vie humaine.
Présents à Gao dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat d’un gendarme dans la localité, les ministres de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Sadio Gassama, et son collègue de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné, se sont rendus sur les lieux du crash. Au moment où nous mettions sous presse, les causes de l’accident étaient indéterminées.
C’est la deuxième fois qu’un appareil de notre armée s’écrase en l’espace de six mois. Un scénario similaire s’était produit exactement le vendredi 18 mai 2007. Un hélicoptère de type Tétras de l’armée de l’air s’est écrasé à Sanankoroba dans le champ du directeur général de la douane. Là aussi, le lieutenant-pilote, Mama Sékou Lélinta, s’en est sorti indemne.
ESPACE UEMOA
Panique sur les banques et établissements financiers
Les ministres des Finances des huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) viennent de durcir les conditions de création et d’exercice du métier de banque dans notre espace.
Le 17 septembre dernier, réunis à Dakar, les ministres des Finances des huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ont décidé de relever le capital social minimum applicable aux banques et établissements financiers de l’Uémoa.
En clair, selon la décision des ministres, à partir du 1er janvier 2008, pour obtenir un agrément d’ouverture d’une banque ou d’un établissement financier, il faut disposer d’un capital de 5 milliards de F CFA pour les banques et d’un milliard de F CFA pour les établissements financiers.
Les banques qui existent déjà dans la zone Uémoa ont trois ans, c'est-à-dire, jusqu’au 31 décembre 2010, pour relever leur capital à ce niveau ou mettre la clé sous le paillasson.
Selon la décision des ministres, juste après 2010, c'est-à-dire après le relèvement du capital à 5 milliards F CFA, la Bcéao procèdera à une seconde évaluation, et ce, sans précision de délai. Après 2010, les banques devraient porter leur capital à 10 milliards F CFA minimum, et les établissements financiers à 3 milliards de F CFA.
Affaire à suivre.
Alexis Kalambry
Acceuil
DEDOUANEMENT AUX FRONTIERES
Le calvaire des opérateurs économiques
Aux frontières, les opérateurs économiques sont constamment la proie des douaniers, accusés d ’» abus de pouvoir ». S’il est indéniable que la douane malienne contribue pour plusieurs milliards au budget national, certains opérateurs économiques, désabusés, qualifient les douaniers aux frontières d’instigateurs de « racket ».
Le dédouanement consiste à sortir un bagage, une marchandise des entrepôts de la douane en acquittant des droits. Selon la législation douanière en vigueur au Mali, toutes les marchandises entrant dans notre pays doivent passer par le cordon douanier.
Cependant, force est de remarquer qu’aux frontières maliennes, les opérateurs économiques, surtout ceux transportant les marchandises de nos pays voisins, sont victimes de toutes sortes d’extorsions d’argent de la part d’agents douaniers « motivés par l’appât du gain ». Le hic est que ces opérateurs économiques font face à un double obstacle : celui des étrangers et celui de leurs propres compatriotes. Toutefois, il convient de souligner que « nous arrivons à nous tirer facilement d’affaire avec les douaniers étrangers ».
Le cas de Mme Fofana est éloquent. Important des marchandises de Cotonou, elle perd et son temps et son argent, le plus souvent sans suite concluante tant les négociations avec les agents douaniers perdurent.
« Souvent, je passe des heures et des heures à les prier et à leur proposer des sommes qu’ils jugent insuffisantes. On me menace même de me garder là-bas avec les marchandises », s’indigne-t-elle. Son calvaire est le même que celui d’une autre opératrice économique sur l’axe Bamako Conakry : « Chaque agent essaie de nous soutirer de l’argent en plus de la somme exorbitante dûment payée », nous confie-t-elle. Ce qui dépasse l’entendement de notre interlocutrice, c’est la « renaissance » d’autres frontières. « Les agents des frontières signalent notre arrivée à leurs collègues des autres postes. Arrivés à ces lieux, on nous fait encore payer comme si nous n’avions pas légalement payé auparavant », accuse une vieille femme.
Une mafia
Un candidat malheureux à la dernière présidentielle dans notre pays avait promis de rétablir l’égalité entre tous les opérateurs économiques devant le cordon douanier en cas d’élection. L’histoire lui a donné raison, car les taxes douanières sont fixées à la tête du client. Pour échapper à toutes ces tracasseries, la ruse de certains opérateurs économiques a été de créer des liens de familiarité avec à la fois les douaniers et les chauffeurs ou simplement de se faire recommander par un « bras long ».
« J’essaie de me rapprocher du cercle des douaniers le plus possible par les approches verbales et par les gestes. A titre d’exemple, à chaque voyage, j’apporte de beaux cadeaux à certains agents », affirme sereinement cette dame. Et de se féliciter que « c’est ce qui me facilite la tâche. Parfois, je reçois des bouts de notes de laisser passer ».
En tout cas, de nombreux opérateurs économiques continuent de faire les frais de cette « mafia » avec la ruine de leur commerce. « J’avais commencé avec des millions, mais mes affaires ont lamentablement périclité, car je n’ai pas pu faire face aux douaniers. Maintenant, je me contente de vendre des pagnes au marché », proteste cette jeune commerçante.
Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)
Acceuil