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2007

Mois d'octobre

Les Echos du 18 Octobre

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Les travailleurs licenciés d’Huicoma interpellent ATT

En dépit des assurances données, notamment la promesse d’un plan social, lors de la privatisation de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), le repreneur a cru bon de licencier 395 travailleurs au motif que l’usine manque de graine de coton, sa matière première. Des travailleurs, qui tirent aujourd’hui la queue du diable, sortent de leur réserve et interpellent le chef de l’Etat sur ses obligations à l’équité et à la justice sociale.

« Monsieur le président,

Huicoma a été privatisée en 2005 et l'Etat malien a cédé la majeure partie de ses actions au groupe Tomota. Dans l'acte de cession signé entre le gouvernement et le groupe Tomota il est stipulé en son article n°8-4 que le repreneur doit établir un plan social négocié avec les travailleurs en 60 jours. Lors d'un de vos passages à Koulikoro, les travailleurs et toute la population ont manifesté leur inquiétude face à une éventuelle privatisation. Vous avez donné des assurances et vous avez dit ce jour que vous n'accepterez aucune privatisation de Huicoma qui n'est pas accompagnée d'un plan social qui préserve le droit des travailleurs.

Monsieur le président, le constat est aujourd'hui amer : du 2 juin 2005 à ce jour aucun plan social n'a été mis en place et mieux depuis le 5 octobre 2007, 395 travailleurs ont reçu leur lettre de licenciement de l'employeur soit :

- Koutiala (135 travailleurs)

- Kita (44 travailleurs)

- Koulikoro (200 travailleurs)

- Bamako (16 travailleurs)

Ce licenciement est intervenu après 3 mois de chômage technique sans salaire pour les travailleurs.

Comment comprendre Monsieur le président, qu'entre la déclaration radio-télévisée du secrétaire général de l'UNTM à l'occasion du 1er mai 2007 qui disait que le plan social Huicoma était un acquis et la date du 13 juin 2007 les travailleurs partent en chômage technique et viennent d'être licenciés.

Monsieur le président, la mise en chômage technique des travailleurs est motivée par le manque de graines de coton selon le repreneur. Cette situation est-elle vraie ou a-t-elle été créée ? L'histoire nous le dira un jour. Sachez seulement Monsieur le président que pendant ces trois mois, certaines familles n'ont pas mangé à leur faim, certains foyers se sont brisés, faute de soins certains ont vu leurs proches mourir.

Vos amis les enfants qui sont chez nous n'ont pas encore pris le chemin de l'école, car nous n'avons pas les ressources nécessaires pour y faire face. Par anticipation, nous avons sollicité le concours de la Fondation pour l’Enfance créée par vous et gérée aujourd'hui par Madame votre chère épouse. Nous sommes toujours à l'attente.

Monsieur le président, votre mandat vient d'être renouvelé par le peuple souverain. Lors de votre précédent mandat vous vous êtes investi dans la lutte contre la pauvreté, l'emploi des jeunes et le partage équitable des ressources de l'Etat en créant des structures comme l'Apej, en octroyant des tracteurs aux jeunes et aux paysans, en rendant certains médicaments gratuits pour ne citer que ceux-ci. Ce qui a valu un prix pour la bonne gouvernance, les Etats-Unis d'Amérique vous ayant accordé le MCA qui fait aujourd'hui la fierté de tous les Maliens et tous les Africains. Il faut faire en sorte que vos efforts ne soient pas vains, car 395 travailleurs licenciés sans plan social constituent des chômeurs fabriqués sans possibilité de réinsertion et qui ne pourront pas faire face à leur devoir de chef de famille.

Cependant Monsieur le président, l'arbre ne doit pas cacher la forêt, il y a eu des insuffisances dans la privatisation de Huicoma et un non-suivi régulier de ce dossier au niveau du gouvernement et de ses structures. Le gouvernement à travers ses structures ne s'est intéressé qu'à l'aspect investissement du repreneur, sans se soucier des autres obligations prévues dans l'acte de cession.

Monsieur le président Huicoma n'appartient pas au groupe Tomota, car l'Etat y détient encore 12 % des actions et les travailleurs sont également actionnaires. Il appartient donc à l'Etat actionnaire, à l'Etat cédant de suivre la privatisation de Huicoma jusqu'à son terme. Donc nous tenons l'Etat pour responsable de tous les déboires que nous connaissons aujourd'hui. En son temps, Mme la ministre des Domaines de l'Etat a été interpellée devant les élus de la nation, par le député Mangané de Koulikoro. Toutes les inquiétudes de l'honorable ce jour sont maintenant devenues réalité. On peut se tromper Monsieur le président, mais il ne faut pas persister dans l'erreur. C'est pourquoi étant le premier magistrat du pays, nous réclamons justice par conséquent nous demandons :

- La mise en place du plan social ;

- Une commission d'enquête sur le manque de graines de coton ;

- La vérification des comptes Huicoma ;

- Le reversement à l'INPS de nos cotisations sociales.

Monsieur le président nous nous remettons à votre sagesse, à votre sens de l’équité et de la justice ».

Ont signé au nom des travailleurs

1. Mme Thiéro Founé Sissoko

2. Amadou Diallo

3. Zoumana Dembélé

4. Ibrahima Diabaté

5. Modibo Coulibaly

6. Mme Diarra Gna Coulibaly

7. Mme Konaté Sira Camara

8. Mme Haïdara Salimata Samaké

9. Cheickné Kanté

10. Amadou Togora

11. Abdoulaye Traoré

12. Amadou Traoré

13. Mohamed Lamine Ouattara

14. Bakary O. Samaké

15. Boubacar Traoré

16. N’tji Coulibaly

17. Siaka Diakité

18. Laraby Kampo

19. Sibiry Diarra

20. Amirou Traoré

21. Yacouba Konaté

22. Luther Konaté

23. Mamoudou Traoré

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STOOLKITS CONTRE VIH/SIDA

Le HCNLS et Starcom découvrent « le vaccin social »

Le Mali a réalisé des efforts considérables dans la prévention et dans la prise en charge des victimes du VIH/Sida, mais beaucoup reste à faire pour prendre le dessus sur cette pandémie. C’est ce qu’a certainement compris le Haut conseil national de lutte contre le Sida (HCNLS) en confiant l’élaboration des manuels didactiques pour toutes les catégories socioprofessionnelles à l’agence de communication Starcom. L’atelier de partage de ces Stoolkits de sensibilisation a eu lieu hier au siège de l’Asdap.

En vue de réduire les impacts du VIH/Sida sur nos populations, le HCNLS va renforcer la sensibilisation de nos compatriotes dans une dynamique de communication multisectorielle. C’est dans ce cadre qu’il a sollicité l’agence de communication Starcom pour l’élaboration des Stoolkits, qui sensibiliseront dans les milieux scolaires et professionnels et toute la population en général.

Six mois, c’est la période qu’il a fallu pour la mise au point de ce « vaccin social ». Ce document précieux est le fruit d’un travail de longue haleine et d’une collaboration fructueuse entre consultants nationaux et internationaux d’une part et la prise en compte de toutes les composantes de notre société, sous l’impulsion de Starcom. Tous les intervenants en matière de lutte contre le Sida dans les secteurs publics, privés et de la société civile ont participé à l’atelier de partage d’hier.

L’objectif était de « partager, critiquer, amender » les Stoolkits, surtout que « Starcom n’a pas la prétention d’avoir le monopole de l’expertise en la matière ». Comme l’a laissé entendre Mme Ndiaye Rama Diallo, directrice générale de Starcom, sa structure s’est appropriée tous les voies et moyens susceptibles de lui permettre d’accomplir un travail complet et efficace.

Ainsi, ces Stoolkits, a-t-elle souligné, sont la résultante d’une « vision partagée dans le contexte d’une nécessaire synchronisation des expériences du monde en matière de réplique au VIH/Sida » et une « ouverture aux expériences éprouvées ailleurs et transposables dans le contexte malien, sous condition d’adaptation » en conformité avec les principes généraux édictés par le HCNLS.

Mme Ndiaye n’a pas tari d’éloges à l’endroit du secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le Sida, Malick Sène. Visiblement touché, ce dernier, qui a symboliquement reçu les Stoolkits, les a appréciés à leur juste valeur. Pour M. Sène, ces documents constituent une étape importante dans la stratégie nationale de lutte contre le Sida, car ils permettront, à travers deux types de communication (toutes des communications de masse), de « renverser la tendance ». Il a enfin assuré que les manuels de sensibilisation élaborés pour la première fois au Mali seront distribués à grande échelle afin de produire les effets escomptés.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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STATUT DE L’OPPOSITION AU MALI

Quels droits et devoirs pour le futur leader ?

Le Mali dispose déjà d’une loi portant statut de l’opposition adoptée par l’Assemblée nationale en sa séance plénière du 1er juillet 1995. Elle a été promulguée par le président Alpha Oumar Konaré le 15 septembre de la même année. Mais elle est presque tombée dans les oubliettes.

Aujourd’hui, l’apparition d’une opposition parlementaire à l’Assemblée nationale rend impératif l’opérationnalité d’un statut pour l’opposition et son futur leader. Aussi, l’idée du président ATT de « renforcer le statut de l'opposition » et « faire de son leader une personnalité reconnue de l'Etat… », serait-elle la bienvenue. Du moins pour le renforcement de la démocratie au Mali.

Selon l’ancienne loi, les devoirs de l’opposition sont, entre autres, de contribuer au développement de l’esprit démocratique, respecter la Constitution et les institutions, défendre les intérêts supérieurs de la nation, cultiver la non-violence comme forme d’expression, cultiver l’esprit républicain par le respect de la règle de la majorité, suivre l’action gouvernementale et, le cas échéant, la critiquer de façon objective et constructive.

Ses droits se résument entre autres, en une représentation en fonction de son poids politique au sein des organes et des institutions où elle siège, un libre accès aux renseignements par voie d’audience spéciale dans les ministères et administrations publiques. Quant à sonchef, le leader peut être reçu par des missions diplomatiques accréditées au Mali et les personnalités étrangères en visite dans notre pays.

Toutefois, la nature de ces visites ne doit pas comporter d’engagements contraires aux dispositions des lois et aux intérêts du pays. Bref, la loi de 1995 limitait le pouvoir et les droits de l’opposition. ATT pourrait s’inspirer de la contribution du politologue sénégalais et professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, M. Diagne.

Selon ce dernier, l’opposition et son leader dans nos pays africains doivent disposer d’un statut sur mesure. Pour lui, le leader de l’opposition devra disposer d’un statut ex-officio. Il pourrait être membre de droit du bureau de l’Assemblée nationale s’il ne l’est pas, il devrait avoir droit à la couverture médiatique des manifestations liées à l’accomplissement de sa mission, un droit de réplique aux messages ou autres interventions médiatisées du président de la République ou du chef du gouvernement.

Une place de choix dans le protocole républicain devrait lui être réservée dans le décret sur les préséances. Il devrait être invité à toutes les cérémonies officielles de la République et traité avec les égards et honneurs dus à son rang. Il pourrait faire partie des délégations qui accompagnent le président de la République lors de ses déplacements à l’intérieur ou à l’extérieur du territoire national. Il pourrait être associé à l’accueil des hôtes de marque de la République. Il pourrait lui être confié des missions spécifiques d’envergure nationale ou internationale et, surtout, être consulté ou reçu en audience par le chef de l’Etat chaque fois que cela s’impose.

Des avantages matériels et protocolaires pourraient être conférés au chef de l’opposition. Il devrait être doté de ressources financières suffisantes pour une prise en charge efficiente de son secrétariat, ses frais de déplacement et de recherche. Un bureau à l’Assemblée nationale devrait lui être affecté. Il devrait également bénéficier d’une sécurité rapprochée, d’un logement de fonction, d’un véhicule de service avec ses ingrédients, une place de choix dans le protocole républicain, un passeport diplomatique…

Concilier multipartisme et opposition

Le poste de leader de l’opposition, estime le politologue, sera toujours en compétition car le chef de l’opposition d’aujourd’hui peut se retrouver demain aux commandes de l’appareil d’Etat ou bien rétrograder et laisser la position à un autre leader. Il est investi de ce statut pendant toute la durée de la législature. Il perd ce statut, hormis la défaite électorale, en cas de déchéance de son mandat, de décès, de démission ou d’empêchement définitif. Le parti qu’il représente lui désigne alors un successeur, conformément à ses règles statutaires. De même, si son parti intègre le gouvernement, il perd cette qualité au profit du leader du parti d’opposition arrivé en troisième position lors des dernières élections législatives, et ainsi de suite.

En s’inspirant de ce modèle, qui est d’ailleurs canadien, notre politologue pense qu’il est possible de concilier le multipartisme intégral avec le statut du chef du principal parti de l’opposition. Au Canada, notamment dans les provinces qui le composent, il existe bien un « statut de l’opposition officielle qui, juridiquement, diffère des autres partis d’opposition qui peuvent siéger au Parlement et avoir même des groupes parlementaires », ajoute-il. L’opposition officielle est incarnée par le parti politique qui a obtenu le plus grand nombre de sièges parlementaires après le parti majoritaire.

Dans le contexte malien, ce parti est évidemment le Rassemblement pour le Mali (RPM). Un tel système permet au peuple, au cours d’élections législatives, de confier le pouvoir d’Etat à la majorité et de donner une prime d’encouragement au second parti dont le chef représente l’opposition officielle. Pour le Professeur, cette faculté restituée au peuple permet de contourner les tractations des états-majors des partis politiques qui pourraient, s’ils étaient chargés de le coopter, prendre en otage le chef de l’opposition.

Pour le politologue, dans tous les pays où il existe, le chef de l’opposition est choisi sur une base institutionnelle et politique et non sociologique. En effet, le leadership de l’opposition n’a de sens que si celui qui l’incarne est avant tout un représentant du peuple siégeant à l’Assemblée nationale. Il doit s’intégrer dans les structures républicaines et s’exprimer à travers des voies institutionnelles. Mais, cette vision du statut de l’opposition et de son leader ne semble pas être partagée par le Parena.

Pas d’opposition prébendière

Son député et secrétaire général, Me Amidou Diabaté, indiquait dans les colonnes de l’Essor que « nous n'avons pas besoin d'une opposition prébendière. Il existe déjà chez nous une loi portant statut de l'opposition. Je ne crois pas que l'opposition ait un seul jour formulé des critiques contre cette loi. Le plus grand service que l'on peut rendre aujourd'hui à l'opposition, c'est de respecter la Constitution et le jeu normal des institutions. L'opposition n'est pas demandeuse de fonds. Elle ne demande que des moyens constitutionnels ».

L'opposition, pense donc Amidou Diabaté, a beaucoup de droits prescrits dans la Constitution. Le responsable du Parena ajoute qu’on n'a pas besoin d'une loi pour que le chef de l'Etat, qui est le président de tous les Maliens, comprenne qu'il faut consulter l'opposition. On n'a pas non plus besoin de codifier cette démarche républicaine. «  La Constitution suffit pour cela », pense-t-il. Il ajoute, « je pense par ailleurs que l'existence du Parlement est la meilleure garantie pour que l'opposition soit entendue. Mais, à condition que ses droits soient réellement respectés ».

C’est dire donc que le débat est déjà relancé et il urge que la classe politique malienne explore toutes les voies afin que l’opposition d’aujourd’hui comme celle de demain soit la vraie opposition dont le pays a besoin.

Denis Koné

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PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL

La part belle à la défense, la portion congrue à la sécurité

Le second chapitre du Programme de développement économique et social (PDES) est consacré à la « défense et sécurité ». Dans les faits, il est plus question de défense que de sécurité.

« En matière de défense, nous avons la conviction qu’il faut nous tourner vers le futur, en construisant l’armée de nos besoins, plutôt que de conserver l’Armée de nos habitudes » , c’est là une vieille rengaine du président, une antienne qui nous est servie depuis 2002 et qui introduit ce chapitre.

Dans le PDES, le général commence par ce qu’il a déjà fait depuis son accession au pouvoir en 2002 en matière de défense et de sécurité : réorganisation de l’appareil de commandement, maintien en condition, préparation opérationnelle des troupes, renforcement des effectifs, amélioration des conditions de vie et de travail, équipement de nos différents corps…

L’armée malienne a prêté main forte sur beaucoup de champs : le 2e Bataillon pour le maintien de la paix et l’assistance humanitaire a vu le jour dans ce cadre et a déjà été déployé aux opérations humanitaires de maintien de la paix en Afrique et dans le monde, comme en témoigne notre présence en Haïti, en RDC, au Darfour…

« Les ressources humaines, constituant le premier potentiel de combat, doivent être en permanence adaptées en effectif et en qualité. On note à cet égard : le renforcement des effectifs et leur rajeunissement avec 6794 personnes recrutées ; une présence significative du personnel féminin qui est présent à tous les niveaux du service et du commandement ; l’accroissement de la qualité de l’enseignement militaire dans nos centres de formation et écoles, dont celles à vocation sous régionale : l’Ecole d’état-major et l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye qui vient d’être inaugurée et l’amélioration des conditions de vie (augmentation des soldes consécutive à la revalorisation générale de la grille des salaires, la hausse de la valeur du point d’indice, l’augmentation de la Prime générale d’alimentation et de la Prime générale d’alimentation spéciale, la rénovation des camps…) » .

L’option du président est « l’adaptation constante des capacités des forces armées à nos besoins réels de “sécurité humaine globale” et non de “défense réactive”, leur préparation accrue pour le maintien de la paix et l’assistance humanitaire afin de soutenir notre présence dans les différents mécanismes de prévention, de gestion des conflits et de maintien de la paix, notamment de la Cédéao et de l’Union africaine ».

En matière de sécurité, le document énumère les recrutements, achats de matériels, construction de locaux, mais, véritablement rien n’est dit par rapport à comment ATT compte s’y prendre pour « veiller au renforcement de la sécurité des personnes, des biens, de la sécurité routière » ou pour « mettre en place un dispositif de couverture sécuritaire du territoire plus adapté, d’alerte susceptible de répondre dans des situations d’urgence en matière de sécurité et de faire face aux risques de catastrophe ».

Comme ailleurs jusque-là, cela sonne comme des slogans de campagne, ou en tout cas des propos peu tenus, manquant de rigueur ou d’argumentations à même de convaincre. A ce niveau, il n’est dégagé aucun budget, aucun mécanisme.

Alexis Kalambry

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PATRIMOINE CULTUREL

La 2e Semaine nationale en vue

L’édition 2007 de la Semaine nationale du patrimoine culturel se tiendra du 22 au 25 octobre au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba. Placé sous le signe de « Terra 2008, 10e Conférence internationale sur l’étude et la conservation du patrimoine bâti en terre », le thème retenu est « Habiter au Mali, enjeux et perspective de l’architecture de terre ».

Afin d’attirer l’attention de l’opinion publique sur la tenue de la Semaine nationale du patrimoine culturel de cette année, la direction nationale du patrimoine culturel a animé mardi après-midi un point de presse au CICB. Klessigué Sanogo, directeur national par intérim du patrimoine culturel, conférencier, a focalisé son exposé sur le choix du thème et l’importance de la semaine.

Cette année, la Semaine sera consacrée au thème : « Habiter au Mali, enjeux et perspective de l’architecture de terre ». Pour le conférencier, il faut rappeler ce thème pour savoir les enjeux du patrimoine architectural dans notre pays. Et d’ajouter que dans les villes aussi bien que dans les campagnes, l’architecture en terre illustre encore une bonne partie de l’histoire, des savoirs et savoir-faire des peuples, de leurs cultures et de leurs rapports au monde physique.

« Voici pourquoi, faisant sienne cette préoccupation universelle, le ministère de la Culture a placé d’édition 2007 de la Semaine nationale du patrimoine culturel sous le signe de la 10e Conférence internationale sur l’étude et la conservation du patrimoine bâti en terre qui se tiendra dans notre pays en 2008 » , a-t-il justifié.

Le conférencier fera savoir que « depuis 1976, conscient du rôle primordial du patrimoine culturel dans l’édification et le renforcement de l’identité culturelle nationale d’une part, de la nécessité de le préserver dans sa diversité pour la consolidation de la diversité des expressions culturelles d’autre part, le gouvernement a institué la Semaine nationale du patrimoine culturel. Chaque fois qu’elle se tient, la manifestation se déroule autour d’un thème spécifique ».

Prévue du 22 au 25 de ce mois, la Semaine vise à rassembler des experts nationaux des différents domaines de l’architecture de terre, à échanger sur le thème et les sous-thèmes retenus. Il sera naturellement question des avantages liés à l’architecture de terre et des dangers qui pèse aujourd’hui sur sa survie.

Au programme de la rencontre figure une série de communications, une exposition photos sur « Habiter au Mali » et des visites de sites.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

 

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INCIDENTS APRES TOGO-MALI

Tentative de minimisation des Togolais

Pour échapper aux sanctions de la Confédération africaine de football, le Comité de gestion du football togolais tente aujourd’hui de minimiser les incidents qui ont éclaté après la victoire des Aigles sur les Eperviers (2-0) à Lomé vendredi dernier. Son secrétaire général se focalise sur le fait que Mamadi Sidibé n’a pas été blessé par un « coup de couteau ». Et pourtant, le bilan produit pas le même Comité est accablant car faisant cas de 83 personnes blessées.

« Aucun joueur malien poignardé »  ! Voilà l’argument sur lequel compte le Comité de gestion du football togolais pour se défendre devant la Confédération africaine de football (Caf). Mais, « au total 83 blessés légers, dont 71 Maliens ont été dénombrés lors de ces incidents », a pourtant reconnu Espoir Sronvi, le secrétaire général dudit comité sur le site officiel de la République togolaise (www.republicoftogo.com).

Curieusement, M. Sronvi s'est dit « surpris par les déclarations des joueurs maliens sur des médias internationaux ». Il s’attaque surtout à Mamadi Sidibé (Stoke City, D2 anglaise), qu’il confond d’ailleurs avec Maha, accusé d’avoir « menti ». En effet, il souligne sur le site web que, « aucun joueur malien n'a été poignardé par des supporteurs togolais. Le gardien de but malien Mamadi Sidibé a menti ».

« Très irrité ce jour, ce joueur s'est fait blessé en donnant un coup de poing aux vitres des vestiaires » , a précisé M. Sronvi. Ce qu’il ignore, c’est que l’attaquant malien avait déjà tenu à préciser les circonstances de sa blessure. « En fait, après le match, les supporters togolais ont envahi le terrain. Dans la mêlée, un des supporters m’a porté un coup à l’œil. C’est pourquoi, j’ai quelques points de sutures sur mon arcade droite. Ensuite, en partant dans les vestiaires, je me suis pris dans la vitre avec une grosse blessure au bras droit... On va voir avec les médecins ce qu’il faut faire exactement », avait-il expliqué à nos confrères de L’Aube.

N’empêche que l’international malien de Stoke City, Mamadi Sidibé, a été lâchement agressé par un supporter togolais à la suite de l’envahissement de la pelouse du Stade de Kégué après le coup de sifflet final à Lomé. Avec l’arcade droite ouverte, le malheureux a frôlé le pire en cognant la vitre des vestiaires. Il a eu les muscles et les veines de son bras droit perforés.

« Dans le vestiaire il y avait du sang partout sur le sol car les supporters maliens aussi ont été blessés et du coup ils sont venus se réfugier dans notre vestiaire. Ils ont aussi cassé les carreaux ! On ne se sentait pas vraiment en sécurité, même à l'intérieur du vestiaire » , a raconté Cédric Kanté à la radio RMC. Un fait minimisé par la partie togolaise. Même si le secrétaire du Comité de gestion reconnaît que « ce sont des évènements déplorables pour un match de football, facteur de rapprochement des peuples ».

Ce qu’il ne peut pas nier, c’est que Frédéric Kanouté a pris un coup de ceinture, Momo a été cogné à la tête et Mamadi Sidibé a pris un coup de poing. « Il était KO par terre, il avait l'arcade défoncée », témoigne Cédric Kanté. Et ce que M. Sronvi feint d’ignorer, c’est que ces incidents se sont passés sous les yeux de nombreux envoyés spéciaux des journaux et agences de presse crédibles.

La Fédération malienne de football (Malifoot) et les joueurs maliens n’ont donc besoin de mentir parce que tout s’est déroulé sous le regard désemparé d’autres témoins oculaires. Lundi et mardi, ces regrettables incidents étaient étalés à la une de presque tous les sites Internet. Et ce sont là des preuves accablantes et irréfutables contre la partie togolaise qui croit pouvoir échapper à une lourde sanction de la Caf en minimisant l’ampleur des actes crapuleux commis sur les joueurs et supporters maliens.

Moussa Bolly

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REGARD SUR LE FOOTBALL MALIEN

Maintenant en route pour Accra !

Les espoirs, les juniors et les cadets maliens ont manqué tous leurs rendez-vous cette année. Mais, les Aigles ont réussi à se qualifier sur le fil pour la 26e Can « Ghana-2008 ». Ce qui est un baume réconfortant au cœur des Maliens. Même si ce succès ne doit pas nous faire oublier les échecs, nous devons maintenant nous tourner vers l’avenir de notre sport roi. Et l’avenir le plus immédiat est la Can-2008 que nous devons préparer avec soin pour espérer réaliser notre rêve de toujours : le sacre continental !

En tombant devant les Eléphants espoirs, samedi dernier au Stade du 26-Mars de Yirimadio (1-2), les Aigles espoirs ont fait officiellement leurs adieux aux Jeux olympiques, « Pékin-2008 ». Mais, leur sort avait été scellé après la défaite (1-3) d’Abidjan et même avant, c’est-à-dire dès le soir de la défaite 2-1 devant les Zambiens à Bamako.

Franchement, qu’aurions-nous pu, même en battant la Côte d’Ivoire samedi dernier ? Entretenir tout simplement un rêve jusqu’au bout. Trêve de supputation, ce qui est fait est fait. Un Aigle, ça vole rarement bien, mais le courage, il en a à revendre. Et qui sait si notre dame Coupe d’Afrique (Can) ne lui ouvrira pas son cœur pour la première fois en terre ghanéenne. En un mot, il ne nous reste plus que la Coupe d’Afrique des nations. C’est une autre mission digne d’intérêt et qui doit être préparée comme il faut.

Les forces positives du football malien doivent s’unir pour mener à bien l’expédition ghanéenne. Cela passe avant tout par une définition rigoureuse des compétences et une désignation sans complaisance des sujets à commettre à cette tâche. Chacun ira ainsi de son côté chercher le meilleur matériel pour l’édification d’un ouvrage commun : la victoire des Aigles du Mali ! Le sacre continental tant attendu !

Nous en avons le potentiel humain aujourd’hui avec des joueurs de classe comme Frédéric Oumar Kanouté, Seydou Kéita, Mahamadou Diarra, Mohamed Lamine Sissoko, Boubacar Sidiki Diakité, Adama Tamboura, Moussa Coulibaly, Drissa Diakité… Il suffit de s’y prendre à temps dans les préparatifs de cette Can, « Ghana-2008 ». Déjà, vendredi prochain, nos adversaires de poule seront connus. Nous avons au moins deux mois pour les étudier et mettre à nu leurs faiblesses.

Nous pouvons gagner ce défi à condition de rester unis et soudés derrière nos Aigles. Au lieu de créer méfiance et division au sein de la grande famille du sport malien (ministère de la Jeunesse et des Sports et Fédération), les échecs des Aigles cadets, juniors, espoirs sur les deux fronts doivent apparaître comme un acte expiatoire et unificateur. La paix des braves ! C’est le seul intérêt du pays. Si chacun joue sa partition avec loyauté et patriotisme, il n’y a pas de raison qu’on ne tienne pas la route au Ghana.

Tenir la mesure, c’est maîtriser les moyens logistiques et humains. C’est-à-dire s’offrir le meilleur cadre de travail (hébergement, transport, entraînement…) pour gagner le trophée. Tout cela, c’est maintenant que ça se prépare. Maintenant avec le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, Hamane Niang qui est déterminé à traduire sur tous les stades d’Afrique le slogan, « un Mali qui gagne » en performance sportive. Ce dernier qui n’est pas en terrain inconnu, bénéficie, il faut le dire, de préjugés favorables pour gagner ce pari !

Boubacar Diakité Sarr

 

Ils ont dit après la qualification :

Mahamadou Diarra « Djilla » (capitaine des Aigles)  :

« Nous étions venus pour rendre aux Eperviers la monnaie de leur pièce. C’est fait ! Je ne peux qu’être fier ».

Bassala Touré dit Kokè (doyen des Aigles) :

« Nous sommes venus à Lomé en équipe commando car il nous fallait une victoire. Nous étions très motivés avant la partie. Cette victoire est l'aboutissement d'un long travail. Elle vient nous donner le ticket de « Ghana-2008 ». Elle montre donc toute notre détermination. C’est dommage qu’il y ait eu des incidents malheureux. Nous souhaitons prompt rétablissement aux blessés, surtout à notre coéquipier Mamadi Sidibé agressé par des hooligans. Cette qualification va mettre du baume au cœur des supporters qui ont été durement touchés pendant et après le match ».

Mahamadou Sidibé « Maha » (gardien de but des Aigles)  :

« Avant tout, je souhaite prompt rétablissement aux blessés, notamment notre coéquipier Mamadi Sidibé. Ceci étant, c'est très remontés que nous avons attaqué la partie. Il y a deux ans, face aux mêmes Togolais, nous n’avions pas joué notre football. Donc nous devions une revanche à nos supporters, au peuple malien. Vers la fin de la première mi-temps nous avons marqué un but. Nous nous sommes alors dits que ça ne pouvait mieux commencer. Nous n'avons plus douté de notre victoire. Nous étions sûrs de notre affaire ! »

Propos recueillis, à Lomé, par

Boubacar Diakité Sarr

 

Les coulisses de Lomé

Une grande générosité

A Lomé, M. Ben Labat, ambassadeur du Mali au Ghana, Bénin et Togo avec résidence à Accra a remis au nom de l’Office malien du tourisme de Lomé un chèque de 300 000 F CFA aux supporters des Aigles. A ce chèque, il faut ajouter les sommes de 1 million de F CFA de l’équipementier des Aigles Malamine Koné pour l’achat des billets et les 500 000 F CFA du ministre Hamane Niang. Ces gestes se situaient dans le cadre du soutien aux Aigles. Le ministre Hamane Niang a dit, à cette occasion, que les Maliens doivent mettre l’accent sur le civisme et le patriotisme.

Du beau monde

Outre le ministre Niang, on notait la présence à Lomé de l’Assemblée nationale avec Assarid Ag Ibarcawane, Me Kassim Tapo et Mahamadou Cissé (questeur) ainsi que de plusieurs membres du bureau fédéral. On notait aussi la présence de l’équipementier des Aigles, Malamine Koné, et son staff au complet. L’ambassadeur du Mali à Accra Lomé et Cotonou et ses collaborateurs étaient aussi très actifs pour résoudre les difficultés de la délégation malienne.

Cambriolage chez Mohamed Touré

Notre compatriote Mohamed Touré, chef du service culturel des Maliens de Lomé est en ce moment inconsolable. Des malfrats lui ont rendu visite dans la nuit du 12 au 13 octobre, et ne lui ont pas fait de cadeau. Ils ont emporté tout chez lui : télévision, vidéo, minichaîne, bijoux etc. Rien n’a été épargné !

Pas de concert à Kégué…

Initialement prévu au Stade Kégué de Lomé, une semaine avant le match Mali-Togo, le concert du rastaman Tiken Jah Fakoly a été transféré au stade municipal de Lomé. Motif, le chanteur ivoirien a été qualifié d’émissaire des marabouts maliens pour « miner » la pelouse du stade. Mais à quoi cela a servi ? A rien ! L’équipe commando envoyée à Lomé n’avait pas besoin de marabouts pour remettre les Eperviers à leur place !

La fête se gâte chez Valère

Le vendredi dernier, Valère promoteur à la loterie nationale du Togo et fervent supporter des Eperviers était inconsolable après la défaite de son pays. Avant le coup d’envoi, il a fait dresser une grande table devant sa télé avec plusieurs bouteilles de boissons que ses invités buvaient. Et la boisson attendait au frais. Mais, à la fin du match, Valère s’est retrouvé seul parce qu’aucun de ses invités n’a pu tenir le coup. La fête était gâtée.

Rassemblés par

B. D. S.

 

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