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2007

Mois d'octobre

Les Echos du 16 Octobre

PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL

Quand ATT se concocte son Nepad

Les autres avaient leurs plans Omega ou leur Nepad, il fallait au général, une version locale et propre. Alors est né le « Programme de développement économique et social » (PDES). Ici, nous vous présentons le projet dans sa globalité avant, dans les jours à venir, d’entrer dans les détails.

Le PDES est devenu le référent national, ici par tout le monde, mais connu de très peu de nos compatriotes. Que fera ATT pour la santé ? L’éducation ? La sécurité ?... Toujours la même réponse invariable : référez-vous au PDES.

Selon le président ATT, « le PDES cherchera à produire davantage, à distribuer équitablement les fruits de la croissance, puis à investir dans l’avenir et à moderniser la société ». Il comprend 11 points. Selon l’ordre dans le document qui fait près de 100 pages, on peut retenir : démocratie et gouvernance ; défense et sécurité ; une plus forte croissance économique ; une stratégie de puissance agricole ; renforcer le programme d’expansion des infrastructures ; développer le secteur privé ; l’insertion des femmes et des jeunes dans les secteurs productifs ; investir dans les ressources humaines ; culture et sports ; les Maliens de l’extérieur et l’intégration.

Pour la législature 2007-2012, ATT ambitionne une croissance « d’au moins 7 % par an ». Ce qui est sûr, c’est que, déjà pour 2007, c’est raté, puisque les prévisions les plus optimistes ne donnent pas plus de 5,6 %.

Le budget connu est de plus de 1700 milliards de F CFA pour réaliser au moins une partie de l’ambition présidentielle : « plus de 600 milliards F CFA pour le réseau routier, plus de 700 milliards de F CFA pour l’énergie ; plus de 400 milliards de F CFA pour l’économie réelle »

Pour le logement, il est prévu la construction de 10 000 logements sociaux, le développement des infrastructures de télécommunications.

« Le PDES a pour base un système éducatif performant et un système de santé au bénéfice de tous. Il s’agira de développer un partenariat toujours plus accru pour une école apaisée afin de faire de l’école un creuset socio-économique en mettant l'accent sur l'enseignement technique et professionnel et de remodeler notre université pour en faire un moteur d’innovation. Les établissements préscolaires seront multipliés pour mes amis de toujours les tout-petits. L’objectif est d’atteindre un taux de scolarisation de 100 % dans le primaire en 2012 » .

Ni maître d’œuvre ni partenaire financier

« Notre projet n’est pas une banale promesse électorale, oubliée aussitôt les élections passées. Ce n’est pas non plus un programme gouvernemental complet, lequel devra être défini dans un cadre politique et administratif précis. C’est plutôt un ensemble de propositions et d’actions auxquelles pourront adhérer - à titre personnel ou à travers des groupements - tous ceux et celles qui voudront nous accompagner sur le difficile mais exaltant chemin du décollage socio-économique de notre pays. Il s’agit bien d’un projet de société, celui d’un Mali qui gagne » , dit ATT, pour justifier la pertinence de son projet.

ATT ambitionne de « porter la production agricole à 10 millions de tonnes à l’horizon 2012 ». Pour le moment, cette production est de 2,5 tonnes (chiffres de 2006).

« Le PDES vise à accélérer le processus de développement économique et social du Mali. Concrètement, la première ambition du PDES est d’assurer une croissance forte et soutenue, produisant les opportunités et la prospérité pour tous les citoyens, ouvrir la voie à l’atteinte des OMD à l’horizon 2015 ; permettre ainsi à tous les Maliens d’acquérir enfin les droits fondamentaux de tout être humain : manger à sa faim, avoir accès à l’eau potable, bénéficier des soins de base dans un rayon de 5 km, envoyer tous ses enfants - garçons et filles - à l’école primaire, et créer les conditions d’emplois pour la majorité des jeunes du pays » .

Mais, dans les faits, il est un chapelet de bonnes intentions. Le PDES énumère nos problèmes, cite des solutions, mais ne dit pas comment nous y parviendrons. Le cas le plus banal est celui du financement : rien que pour les trois secteurs prioritaires : le budget dépasse les 2000 milliards de F CFA. Et nulle part, il n’est dit comment mobiliser ce financement. Pour ce qui concerne l’école, le PDES fixe à 100 % le taux de scolarisation à la base avant la fin du dernier mandat du général.

En définitive, le PDES reste un vaste et ambitieux projet, mais, il a surtout besoin de rééquilibrage et d’arbitrage. A ce jour, il reste des vœux, avec nulle part un maître d’œuvre ou un financier annoncé.

Alexis Kalambry

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LE COACH DES AIGLES FACE A LA PRESSE

Jodar dénonce la violence contre nos supporteurs

Après la brillante qualification des Aigles pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations « Ghana-2008 », le sélectionneur national a animé hier sa traditionnelle conférence de presse au siège de Malifoot. L’occasion était bonne pour le technicien français de faire le bilan des éliminatoires et d’évoquer les perspectives en vue de la « Can-2008 ».

D’entrée de jeu, Jean-François Jodar a regretté les incidents survenus à la fin du match contre le Togo. Il n’a pas tardé à montrer son mépris vis-à-vis de ces actes « d’animosité » perpétrés par « quelques supporters togolais », qui sont tout de même à dissocier du reste du peuple togolais et de leurs autorités, auteurs d’un accueil chaleureux réservé aux Aigles.

Selon lui, de tels incidents pourraient motiver les grands clubs européens à ne plus libérer leurs joueurs pour leurs sélections nationales. Sur la blessure du joueur de Stock City (D2, Angleterre) Mamadi Sidibé, Jodar dira que le Mali a la chance d’avoir un bon médecin, qui s’est bien occupé de lui avant une intervention chirurgicale au CHU Gabriel Touré aussitôt après l’arrivée de la délégation officielle.

Le technicien français s’est dit très satisfait de ces éliminatoires, dont le bilan est positif avec 6 matches joués sans aucune défaite (3 victoires et trois nuls). Pendant leur parcours, les Aigles ont marqué 10 buts et n’en ont encaissé qu’un seul. Ce qui leur a valu la première place du groupe avec 12 points. Au total, 22 joueurs ont participé à ces éliminatoires. Parmi ceux-ci, l’entraîneur national dit avoir dégagé un « noyau de 12 joueurs ».

De ces éliminatoires, Jodar retient aussi la solidité défensive de ses poulains, la capacité du milieu de terrain à garder le ballon à l’image des joueurs expérimentés comme Seydou Kéita et Mahamadou Diarra « Djilla ». Toutefois, il a regretté que l’équipe n’ait marqué aucun but sur corner.

Consignes respectées

A propos du match de vendredi dernier, Jodar a affirmé que ses joueurs ont respecté les consignes données, à savoir, entre autres, contenir la forte pression du public togolais. Dans cette logique, il avait demandé à ses protégés, particulièrement au milieu de terrain, de garder le ballon. Le coach des Aigles a ajouté qu’il avait sciemment laissé certains de ses atouts offensifs sur le banc de touche, histoire de disposer de plus d’armes offensives au moment opportun.

De l’avenir, il en a été question lors de ce point de presse. Le sélectionneur national a déclaré s’être déjà mis au travail pour les préparatifs pour la phase finale. De ses propos, il est ressorti qu’il ne dispose pas de beaucoup de manœuvres avant le tirage au sort, prévu vendredi prochain dans la capitale ghanéenne.

« Nous avons jusqu’à lundi prochain pour tout finaliser » , a-t-il affirmé. Ce qui est sûr, a-t-il dit, les Aigles se prépareront dans des conditions idoines, à commencer par les matches amicaux jusqu’au choix de l’hôtel qui les hébergera lors de la Can.

Concernant l’objectif du Mali dans cette Can, Jodar préfère ne pas « mettre la charrue devant les bœufs ». « Il faut d’abord passer le cap des matches de poule avant de penser à quoi que ce soit », a-t-il dit.

L’entraîneur national n’a pas oublié d’adresser ses remerciements au PDG d’Airness, Malamine Koné, à la Fédération malienne de football, au président de la République, à ses joueurs, au staff technique et médical et à l’ensemble du peuple malien pour leurs appuis.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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INSTITUT DE FORMATION ISLAMO-CHRETIEN

L’Ific, terreau du dialogue inter religieux

L’Institut de formation islamo-chrétien (Ific), qui était basé à Rome, a été délocalisé à Bamako. Il s’occupera de la formation pour l’ensemble de l’Afrique francophone. Son inauguration a eu lieu le lundi 15 cotobre sous la présidence de Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako et des leaders des religions islamique et chrétienne.

L’Ific est provisoirement logé au Centre « Foi et rencontre », situé dans l’enceinte du lycée Prosper Kamara à Hamdallaye. Il a pour ambition de mieux préparer le personnel des églises à la rencontre avec les musulmans.

Selon père Josef Stamer, son directeur, « l’Ific se veut un instrument au service des églises d’Afrique, catholiques comme protestantes pour une meilleure compréhension et une rencontre plus ouverte avec nos sœurs et frères de l’islam. Il se veut lieu de formation des formateurs à la rencontre islamo-chrétienne ».

A travers une année d’études, l’Institut veut offrir une connaissance objective et détaillée des réalités, notamment celles qui sont vécues par les musulmans africains. Il vise en même temps à offrir une approche positive de ces réalités et une réflexion chrétienne sur elles.

« Chacun doit apprendre sa religion et la religion de l’autre. C’est cela la rencontre des religions » , a dit Mme Sy Kadiatou Sow selon qui Ific est la construction de l’être humain à travers sa conscience car tout développement a pour socle la construction de l’être humain.

Abondant dans le même sens, le représentant de l’Amupi de la Commune IV expliquera que « sans religion, il n’y a pas d’humanité. l’Ific est une bonne initiative qui va construire l’humanité dans notre pays ».

Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako, dans son discours, citera les points communs que l’église a avec l’islam : la foi, l’unicité de Dieu, Abraham, Marie, Jésus, la prière, le jeûne, l’aumône…

L’Institut a ouvert ses portes avec 8 étudiants de diverses nationalités. Les cours sont dispensés par des professeurs professionnels et expérimentés. Les conditions d’accessibilité : avoir le bac et en faire la demande.

La cérémonie a pris fin par la célébration de l’eucharistie.

Sidiki Doumbia

(stagiaire )

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FESTIVAL « LES VOIX DE BAMAKO »

Fantani veut faire revivre le passé

Le cercle des festivals malien s’agrandit avec « Les voix de Bamako », une initiative de l’association « Kolomba ». A l’initiative de sa présidente Fantani Touré, épouse de Habib Dembélé dit Guimba, elle organisera du 2 au 9 février 2008, au Palais de la culture la 1re édition du festival « Les voix de Bamako ». Une fête organisée exclusivement par des artistes et artisans maliens.

A travers ce festival, l’association « Kolomba » entend rehausser la tradition, l’art et la culture de l’Afrique en général, du Mali en particulier. La nouvelle a été donnée par Fantani Touré au cours d’un point de presse tenu le lundi 15 octobre à son domicile.

« Les voix de Bamako » , selon Mme Guimba réunira au Palais de la culture, (village du festival) des artistes et artisans de tous les pays africains résident à Bamako autour de la musique, de l’artisanat, de l’environnement. Les artistes et hommes de culture à travers des conférences débats aborderont les questions de l’excision, du Sida, du paludisme et de la tuberculose.

Le festival, aux dires de Mme Guimba, se propose d’aider les jeunes talents à se faire connaître à l’occasion d’un concert géant dont le podium sera dressé sur les berges du fleuve Niger en face du Palais de la culture dans un espace qui jouxtera une rue marchande où seront exposés des produits de l’artisanat, des restaurateurs de plusieurs pays invités.

Des maîtres de la parole comme Sotigui Kouyaté, Youssouf Tata Cissé, Hamadoun Tandina, des griots, des « fina » vont faire revivre les grandes histoires du Mali et d’Afrique. Des artistes de renommée internationale, dont Manu Dubango, Princesse Erika, Mogobè, les rappeurs Pitcho et Pablo sont attendus. Ils partageront la scène avec leurs collègues nationaux. Une fenêtre sera ouverte sur les femmes en situation difficile.

Cette première édition qui sera placée sous le signe de la valorisation de la culture bozo « sera une première au Mali », a précisé Fantani.

Les bénéfices du festival, à l’en croire, financeront la construction d’un centre artistique et artisanal, dans lequel des formations seront dispensées. Pour elle, ce centre permettra la valorisation des métiers de l’art et de l’artisanat, le développement d’activités génératrices de revenus dans les métiers de l’art.

Le financement, qui n’est pas encore bouclé, est estimé à 84 millions de F CFA.

Amadou Sidibé

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ELIMINATION DU TRAVAIL DES ENFANTS

Le BIT remet 400 millions de F CFA aux agences d’exécution

Pour prévenir et éliminer les pires formes de travail des enfants, le Bureau international du travail (BIT) sur financement des Etats-Unis et de la France a mis, hier, 400 millions de F CFA à la disposition de 4 agences d’exécution. La signature du programme d’action, qui s’étendra sur 24 mois, s’est déroulée dans un hôtel de la place .

Partout dans le monde, le travail des enfants est un problème de plus en plus préoccupant en raison de ses conséquences négatives sur le développement physique et intellectuel des jeunes, mais aussi de son impact désastreux sur les économies nationales.

D’après les estimations du BIT, 250 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent pour gagner leur vie dans le monde. Près de la moitié d’entre eux travaillent à plein temps et 70 % le font dans un environnement dangereux. S’agissant du Mali, 54 % des enfants de 10 à 14 ans exerceraient une activité économique, selon une étude réalisée par le BIT.

C’est pour prévenir et éliminer les pires formes de travail des enfants que le BIT à travers un financement des Etats-Unis d’Amérique et de la France a procédé lundi à la signature de 4 accords de contribution financière avec des agences d’exécution. Il s’agit de l’ONG Jiekataanié, Mali-Enjeu et l’ONG Réseau appui et conseil (Rac). La signature de ces accords, qui consacre le lancement du programme d’appui au renforcement des capacités institutionnelles et programme d’action de lutte contre le travail des enfants, était présidée par le directeur national du travail, Mahamadou Diakité.

Les programmes d’action paraphés vont s’étendre sur 2 ans et concerneront les domaines de l’artisanat rural et de l’agriculture. Ils toucheront les régions de Kayes, Sikasso, Ségou et le district de Bamako. Les programmes d’action prévoient également le retrait et la réinsertion de 6750 enfants à risque ou victimes des pires formes de travail dans les petites exploitations minières, les carrières traditionnelles, l’agriculture, l’industrie artisanale rurale et l’économie informelle urbaine des régions de Ségou, Sikasso, Kayes et le district de Bamako.

Le projet apportera un appui stratégique au gouvernement malien et aux autres intervenants dans leurs efforts de développement et de mise en œuvre d’un programme assorti de délai visant l’élimination des pires formes de travail des enfants. Il s’attachera à prendre à la racine le problème de l’utilisation répandue d’enfants dans le travail dangereux et de manière dégradante.

De plus, il facilitera l’obtention des ressources humaines et financières nécessaires à la lutte à l’échelle nationale contre les pires formes de travail des enfants, en formant des liens solides avec des programmes de développement sectoriels et d’autres interventions de réduction de la pauvreté, en particulier, celles visant à améliorer les chances d’éducation et de formation professionnelle pour les enfants à risque.

Concrètement, le projet permettra de soustraire 9000 enfants maliens des pires formes de travail, que ce soit au moyen de la prévention ou d’activités directes de soustraction et de réinsertion.

Pour le directeur national du travail, le travail des enfants à des fins d’exploitation économique est une atteinte grave à leurs droits fondamentaux. Et Mahamadou Diakité d’espérer que les accords de contribution financière signés permettront de renforcer de manière significative les moyens d’intervention des agences d’exécution.

Le point focal du BIT par la voix de Michel Grégoire a indiqué que le fait d’astreindre à des travaux pénibles des enfants est un déni de la dignité humaine. Toutefois, a-t-il reconnu, le travail des enfants au Mali a reculé de 11 % de 2002 à 2006. « Au 21e siècle, aucun enfant ne devait être brutalement exploité ou astreint au travail dangereux ». Il a salué le rôle positif joué par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre les pires formes de travail des enfants.

La cérémonie de signature des accords a été suivie de l’ouverture de l’atelier de renforcement des capacités nationales en matière de lutte contre le travail des enfants.

Mohamed Daou

 

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L’APRES MATCH TOGO-MALI

Une soirée cauchemardeuse pour les Maliens

Colère, crime, chasse aux sorcières ! Difficile de trouver des mots pour décrire l'état dans lequel étaient les Maliens (joueurs, supporters, journalistes, autorités) présents au Stade de Kegué à Lomé vendredi dernier après la victoire des Aigles sur les Eperviers du Togo (2-0).

« Il n'y a pas de mots pour décrire notre colère ce soir. Il n'en existe pas pour traduire ce que nous vivons et ce que nous avons vécu. Non cela n'est pas descriptible » , racontaient des supporters togolais. Des hooligans togolais, y compris des éléments des forces de l’ordre se sont rués sur les Maliens dès le coup de sifflet final.

Entre la stupéfaction et l’indignation, le crime a atteint son comble. Sur la pelouse de Kegué, dans les vestiaires, dans les environs du stade…, une véritable chasse aux sorcières a été déclenchée contre les Maliens. Des confrères étrangers dont Faouzi Mahjoub (Jeune Afrique), Jack Roux (Site Internet africafoot.com) et Fritz Koum (correspondant de RFI au Gabon) ont été témoins de ce spectacle lugubre. Et ils ont unanimement reconnu n’avoir jamais assisté à un tel scénario, à une telle violence gratuite sur des supporters d’un pays.

Ce qui s'est passé au Stade de Kegué vendredi dernier est très grave. Notre confrère photographe de L’Essor a même été touché à la tête par un projectile et son appareil a été brisé par un agent de sécurité.

Les difficultés des Maliens avaient commencé dès le matin à l’entrée du stade. Pour avoir accès à la partie de la tribune qui leur a été réservée, certains se sont rendus au stade aux environs de 9 h. Et il a fallu l’intervention du coordinateur du match, le Marocain Mohamed Bahhou, pour que ces derniers puissent s’y installer. Il avait été saisi par le consul du Mali à Lomé, Bakary Diarra, accompagné du vice-président de Malifoot, le contrôleur général de police Baba Diarra.

Et même avoir la feuille de match fut la croix et la bannière pour les journalistes maliens. Le but de Kanouté a refroidi le stade où l’on n’entendait plus que les Maliens soutenant les Aigles. « Ils vont vivre un calvaire. Si ça se termine ainsi Kegué sera en deuil aujourd’hui », a attaqué un confrère togolais. Certainement excédés, des supporters togolais ont attaqué des Maliens à coup de bouteilles d’eau pour les contraindre à se taire. Le banc de touche des Aigles n’a pas été épargné et Jodar a failli l’abandonner pour l’aire de jeu sous le regard indifférent du commissaire et des coordinateurs Caf du match.

C’était la confusion totale ! Et quand le second but malien est arrivé, les Maliens avaient le dessus dans les tribunes. Entre-temps, les Togolais maudissaient leurs joueurs, leur fédération… Ils en voulaient notamment aux frondeurs, Adebayor en tête. Ces incidents se sont déroulés sous les yeux du Premier ministre, Me Agboyibor, et du chef d’état-major des armées togolaises. Et il y avait au moins sept ministres du gouvernement togolais.

Tout ce beau monde s’est éclipsé abandonnant les Maliens à leur triste sort. Un seul ministre, par ailleurs président du comité provisoire de la Fédération togolaise de football (Bernard Walla), est resté dans la tribune et après dans les vestiaires pour vivre le calvaire avec les Maliens.

Les supporteurs gravement blessés après le match, ont été évacués samedi matin de Lomé vers Bamako par vol spécial.

Boubacar Diakité Sarr

(envoyé spécial)

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DECES DE DRISSA FOMBA

Adieu intrépide guerrier du temple !

Décédé il y a quelques jours à Angoulême (France), Drissa Fomba a été accompagné à sa dernière demeure (au cimetière d’Hamdallaye) par une foule de parents, d’amis, de fans et de footballeurs.

Au cours d'un banal entraînement,Drissa Fomba (30 ans), se sent mal. Il regagne les vestiaires avant de s'effondrer littéralement. L'intervention d'un joueur secouriste et les efforts de l'équipe médicale du Samu du centre hospitalier d'Angoulême n'y pourront, malheureusement, rien. Drissa Fomba décède en arrivant à l'hôpital. Ce joueur de devoir a donc tiré sa révérence à la tâche. Mais, comme le dit un adage de chez nous, la bonne sauce ne reste pas longtemps dans la marmite.

« Un garçon remarquable » , se souviennent ses dirigeants. Drissa Fomba était arrivé au Sporting-Club Angérien en septembre 2005. Il y aura joué durant deux saisons, en équipe première, souvent au milieu de terrain. Mais, polyvalent, il pouvait occuper d'autres postes. « C'était un excellent joueur, un meneur d'hommes, un garçon remarquable, honnête », témoigne Denis Lavaud, le président du club de Saint-Jean-d'Angély.

Drissa s’apprêtait d’ailleurs à demander à M. Lavaud l'autorisation de quitter le club. « Nous ne pouvions pas le garder. D'autres clubs lui proposaient de l'argent et il voulait partir. J'allais lui donner évidemment l'autorisation de quitter le SCA. Il avait des pistes », indique encore le président du club angérien. Il ajoute, « les autres Maliens du club (Diagouraga et Traoré) comme tous les joueurs ainsi que les dirigeants sont aujourd'hui anéantis, effondrés. Drissa était vraiment adoré ».

Il reste, évidemment, à déterminer les causes exactes du décès du jeune footballeur malien. Selon Gérard Piveteau, président du club de Sireuil, l'entraînement en question était « léger, à base d'étirements et d'échauffements. Drissa Fomba n'a même pas couru ! ». Le joueur angérien ne devait d'ailleurs pas participer à cette séance. Son ami Diawara, avant-centre du club de Sireuil (Charente), ne pouvant pas se rendre à l'entraînement faute de véhicule, Fomba décida de l'y conduire. Et de se joindre, ensuite, à l'entraînement des Sireuillois. On connaît la suite.

Elégant, serein et efficace, Drissa Fomba a fait le beau jour du Djoliba et de l’équipe nationale du Mali. Il fallait se réveiller de bonne heure pour tromper la vigilance de ce défenseur qui cédait rarement à la panique. Avec les Becken (Boubacar Diarra) et Boubacar Nientao, il était le pilier du bastion défensif du Mali dans les années 1990. Vainqueur de la Coupe Cabral en 1995 à Banjul (Gambie), il a été le premier capitaine des Aigles du Mali à remporter un trophée à l’extérieur du Mali.

Drissa a ensuite tenté sa chance dans de nombreux championnats en Europe avant d’atterrir au Sporting-Club Angérien (SCA), le club de football de Saint-Jean-d'Angély où la mort l’a fauché ! Le jeune joueur malien laisse une femme éplorée et deux jumeaux en bas âge. La victoire et la qualification pour la « Ghana-2008 » était sans doute le meilleur hommage que les Aigles pouvaient lui rendre ce vendredi 12 octobre où il a rejoint sa dernière demeure. Que son âme repose en paix !

Moussa Bolly

 

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